Fouda Fabrice

Manchester City : Les oubliés du Ballon d’or

Lionel Messi a donc reçu son sixième Ballon d’or. Après avoir remporté deux titres sur le territoire espagnol, l’argentin a été congratulé par France Football. Une double victoire domestique, insignifiante devant le ravage fait par Manchester City en Angleterre l’an passé. Community Shield, Coupe de la Ligue, FA Cup, Premier League, ils ont tout pris. Et bien plus…

La cerise sur le gâteau

En effet, certains hommes de Pep Guardiola ont su capitaliser leur saison exceptionnelle. Ajouter à leurs quatre médailles d’argent, une en or. Histoire d’exister à l’échelle supérieure. De mettre une couronne sur ce succès sans précédent en remportant un trophée international pour oublier l’échec en Ligue des Champions.

C’est le cas de Riyad Mahrez, champion d’Afrique et seulement  10e au classement. De Gabriel Jesus, Fernandinho et Ederson, vainqueurs de la Copa América avec le Brésil. Et aussi et surtout du portugais Bernado Silva, 9e , victorieux de la Ligue des Nations en tant que meilleur joueur de la compétition. Le Cityzen a fait une saison pleine, brillante et supérieure à celle de Messi. Une prestation (13 buts, 10 passes décisives en 51 matches) qui ne suffirait pas pour prétendre au Golden Ball… Le but roi !


Lionel Messi : Le Ballon d’or de la discorde

Les réseaux sociaux ont grondé. Triste, l’Afrique s’est sentie volée, spoliée, trahie. Lundi passé à 21h30 au Théâtre du Châtelet à Paris, elle a été comme choquée, le classement du Ballon d’or 2019 dévoilé. Lionel Messi sacré c’est déjà assez dur, mais s’il faut encore que Sadio Mané ne soit pas sur le podium, ça devient très injuste…

https://twitter.com/LaLigaFRA/status/1201611620641841153

Illusion d’optique

Qui ça étonne encore… Non il ne s’agit en rien du morceau du groupe de rap français La Rumeur. Mais d’une rumeur bien vérifiée. Une information dévoilée quelques jours plutôt par le quotidien espagnol Mundo Deportivo. Lionel Messi est bien le nouveau lauréat de France Football. Et ce n’est pas le film qui a été diffusé en son honneur lors de la cérémonie qui dira le contraire.

https://twitter.com/mundodeportivo/status/1199210394943971328

En effet dans ce court-métrage, on peut déjà constater une touche de plus. Remarquer que bien avant le 2 Décembre, la Pulga avait posé devant 6 Ballons d’or. Et non pas 5… Il savait donc probablement déjà qu’il serait vainqueur. Certainement Ronaldo et Mané aussi, absents de la remise.

https://twitter.com/francefootball/status/1201612831797530624

Des critères, des questions

Les défections de CR7 et SM10 peuvent sembler anodines. Sauf qu’elles ressemblent à un malaise qu’on exprime. Le capitaine des Quinas a préféré recevoir son titre de meilleur joueur de Serie A. Pendant que le Lion de la Terranga félicitait l’Albiceleste à distance. Disant se concentrer sur le prochain match de Liverpool. Et Van Dijk alors, le favori de Jürgen Klopp ?

https://twitter.com/SkySport/status/1201633124544897024

Bref il y a un problème. Une véritable gêne qui émane des critères propres au Ballon d’or. On parle de charisme et Messi est devant Van Dijk et Ronaldo ? On parle de carrière et Messi est devant Sergio Ramos, Iniesta, Xavi, Ronaldo, le meilleur buteur et passeur de l’histoire de la Ligue des Champions et ses 700 buts ? On parle de grands défenseurs, pourquoi Sergio Ramos n’a jamais été si bien classé ? Les statistiques individuelles privilégiées et Van Dijk est devant Ronaldo et Sadio Mané ?

Carton rouge

Ça sent le costard sur mesure. Les critères doivent s’appliquer à tout le monde. Si Messi a été sacré parce qu’il a été plus décisif que les autres, Van Dijk ne devrait pas être deuxième devant le turinois et son coéquipier chez les Reds. Disons que le but est la chose la plus difficile à faire sur un terrain de football. Tout en précisant que si c’est le cas, c’est bien parce qu’il y a des défenseurs et un gardien de but.

L’Europe, le monde ?

Aussi, le journal français se défend de tout favoritisme. On les croit sur parole. Mais comment expliquer qu’il n’y a qu’un seul continent pris en compte pour élire le meilleur joueur du monde. A l’image des précédentes listes des potentiels Ballons d’or, les joueurs représentés  évoluent tous sur le Vieux Continent. Le football est-il uniquement européen ? Non.

En toute objectivité

Afin de justifier l’échec de Mané, nombreux sont ceux qui évoquent les journalistes africains. Ceux-là mêmes qui ont voté pour Messi en masse. Sauf que là n’est pas le débat. Le point d’interrogation est ailleurs. Formulé tel que suit : que fait le vote dans une performance sportive ? Un jour on votera le vainqueur d’un match. Et ce sera totalement absurde comme ça l’est déjà. Ceux qui ont voté pour Messi sont fans de Messi. C’est de la subjectivité pure et simple. S’il faut objectivement juger la prestation de l’argentin sur cette année, il est hors-jeu d’au moins 10 mètres.

Ses statistiques d’extraterrestre n’ont apporté au Barça que 2 titres domestiques : la Supercoupe d’Espagne et la Liga. Quand Ronaldo lui remportait  2 titres nationaux et un international : la Supercoupe d’Italie, le championnat italien et la Ligue des Nations. Et Alisson Becker soulevait 2 trophées internationaux : la Copa América et la Ligue des Champions.

https://twitter.com/Squawka/status/1147989200651935746

Un doublé qui fait du Brésilien le joueur ayant remporté le plus de grandes compétitions en 2019 : en compagnie de l’oublié Roberto Firmino. Et pour tout dire : c’est lui le vrai Ballon d’or. Ce N°1 a été élu meilleur gardien dans toutes les compétitions qu’il a jouées l’an passé. Et ses chiffres sont plus que stratosphériques…


Unai Emery : et un de plus…

Après seulement 18 mois à la tête d’Arsenal, Unaï Emery a été saqué. En difficulté en championnat, premier de sa poule en Ligue Europa, le technicien espagnol n’a pas survécu à la défaite à domicile face à Francfort 1-2. Un but d’Aubameyang, un doublé du japonais Kamada qui annule le rêve de l’ancien coach parisien de ramener les Gunners en Ligue des Champions. Et pose une fois de plus le problème de la responsabilité de l’entraîneur dans les échecs d’une équipe.

https://twitter.com/lessentiel/status/1200362207923593219

Emery out !

En effet Unai Emery est le principal coupable des mauvais résultats de son club. Vainqueur de 3 Ligues Europa, le natif de Fontarrabie est malheureusement entré dans le cercle de ces tacticiens qui pensent comme des journalistes. Ces analystes qui induisent leur public en erreur en insinuant que le football se réduit à l’offensive. Il a mis 80 millions d’euros sur Pépé, un joueur dont il n’avait pas besoin, et il a délaissé l’aspect qui fait le plus défaut aux Canonniers depuis des années maintenant : la défense. Il paie désormais le prix fort…

Aubameyang, Lacazette, Özil… Arsenal n’avait pas besoin d’un autre attaquant. Les Londoniens ont tout ce qu’il faut dans ce secteur. Le jeune Martinelli aurait suffi à lui seul. Surtout qu’avec Saka, Willock et Nelson, il y a de quoi tourner sans trembler. Ces gamins du centre de formation suffisent largement pour penser à étoffer le secteur défensif des Rouges et Blancs.

Mustafi, David Luiz et Socratis : c’est pas l’assurance tout risque. Arsenal avait besoin d’un jeune et bon défenseur central après la prometteuse saison passée et la finale perdue d’Europa League. Nathan Aké de Bournemouth par exemple, aurait été un transfert idéal. Tout comme Zagadou de Dortmund. 80 millions d’euros auraient suffi pour ces deux joueurs…

Joueur-président

Cependant, le football est devenu ce qu’il est devenu. On a donné plus de 20 ans à Wenger, et en un an et demi sa succession est déjà remise en cause. C’est le foot d’aujourd’hui : le sport de l’impatience. On cherche vite un bouc-émissaire de l’échec et puis on le met à la porte. Il est temps de mettre aussi les dirigeants et les joueurs devant leurs responsabilités. Jusqu’à quand on va virer les entraîneurs pour faire plaisir aux joueurs et dédouaner les présidents ?

Un coach ne peut pas devenir mauvais du jour au lendemain. Il faut que les instances du football se penchent sur ce cas. La solution idoine serait certainement qu’un entraineur finisse la saison qu’il a commencée. Tant que les joueurs sauront qu’ils sont capables de faire virer leur manager à leur guise, ils resteront les plus forts. Et le football finira par en pâtir.


Le football africain en danger

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, vient de lâcher une nouvelle bombe. De profiter de sa tournée en Afrique pour célébrer les 80 ans du TP Mazembé et proposer la création d’une Ligue Africaine de 20 équipes : « Il faut prendre les 20 meilleurs clubs d’Afrique et les faire jouer dans une ligue africaine ». Une idée sensée tirer le football africain vers le haut. Mais qui une fois encore ne sert nullement ses intérêts.

https://twitter.com/Footballogue/status/1200132660410114048

L’Afrique spectatrice…

En quoi une ligue fermée de 20 équipes sur 54 nations serait-elle bénéfique à l’Afrique ? En rien. Déjà l’Afrique n’est pas un pays. Elle ne peut donc pas rentrer dans le top 10 du jour au lendemain comme le veut le dirigeant suisse : « Une telle ligue peut générer au moins 200 millions de revenus, ce qui la placerait dans le top 10 mondial, du jour au lendemain. » Il n’y a que 5 continents et le Berceau de l’Humanité court à sa perte s’il pense aller rapidement. Il ne s’agit pas de faire vite, mais de bien faire.

https://twitter.com/AfterRMC/status/949046181782372352

Encore des éléphants blancs ?

Si malgré ses grands moyens l’Europe freine cette notion de ligue fermée, c’est qu’il y a un problème. Une question d’éthique se pose : d’équilibre. La base du sport étant l’équité. Le football africain n’a pas besoin de s’enfermer pour se développer. C’est contraire à la réalité du sport roi. Il est plutôt nécessiteux d’un développement à la base : pays par pays. D’une édification sportive fondée sur les réalités socio-économiques africaines.

Des règles et c’est tout !

Le ballon rond du Continent Noir a besoin de statuts. D’argent pour accompagner ces articles structurants. Il faut taper du poing sur la table pour professionnaliser les championnats locaux. L’organisation est la seule solution aux carences du football africain. Créer une ligue fermée c’est créer une ségrégation dans le milieu du football. D’un côté les plus forts, de l’autre les plus faibles. Et puis tout le monde est content ? Cette vision du monde a toujours débouché sur une catastrophe. Et les africains devraient le comprendre…


Paris méprise Cavani

Depuis l’arrivée de Mauro Icardi au PSG, une question se pose. Ou du moins se posait. Qui de lui ou de Cavani jouera ? Une réponse évidente, l’uruguayen blessé lorsque l’argentin débarquait à Paris. Un remplacement devenu problématique dès le retour de l’Athlète pour le Christ* dans la capitale française. Le coach et nombre de consultants sont unanimes à ce sujet : Cavani doit se battre pour reconquérir sa place…

Cavani avec la Coupe de la Ligue en 2014 par Liondartois – Wikipédia CC BY-SA 4.0

Fair-play

Des interventions justes, le football régi par la concurrence. Chaque joueur au sein d’une équipe doit lutter pour gagner sa place ou la retrouver. Cavani était titulaire indiscutable avant de se blesser. Et lorsqu’il est revenu, il est tombé sur un MI en mode Mission Impossible. Une forme si dévastatrice qu’elle a poussé l’avant-centre naturel de l’équipe sur la touche.

Le monde à l’envers…

Toutefois, lorsqu’il s’agit de Neymar, la réponse est différente. Tuchel n’est pas le papa de l’ancien Santiste. Mais sait se montrer autoritaire devant le Napolitain. Le brésilien peut mépriser Paris autant qu’il le veut, se blesser pendant plusieurs semaines et revenir titulaire incontesté. Et là personne ne dit qu’il doit regagner sa place.

Il vient il joue et même quand il est mauvais, on lui trouve des justificatifs : c’est le football de Messi. Sauf que Cava est au PSG ce que Léo est à Barcelone : le meilleur buteur de l’histoire du club. 195 buts et 30 passes décisives, s’il y a donc quelqu’un qui ne doit pas se battre pour sa place c’est bien le Celeste*. Il a l’ADN de ce club avec qui il rêve de gagner la Ligue des Champions. Luis Cavani, le père d’Edinson Cavani :

Il est obsédé par ça. Sur sa table d’asado, il a marqué comme objectif de remporter la Ligue des Champions avec le PSG.

Eurosport.fr

C’est pourtant assez clair. Lorsqu’on compare les apports de Cavani et de Neymar, on se rend compte que le premier a plus donné à Paris que le second. Passion, amour du maillot, dépense énergétique, buts, Cavani est le joueur que toutes les équipes aimeraient avoir sauf Paris. Même le Real Madrid s’est penché sur son cas. Celui d’un attaquant complet qui sait défendre quand il le faut. Et qu’on ose opposer à Icardi : en parlant de statistiques.

Compte à rebours…

On résume la carrière du Matador à une dizaine de matches de l’ancien Interiste. Et pourtant lorsqu’Edi arrivait de Naples, il faisait partie des meilleurs attaquants au monde : il n’avait pas été écarté par son club pour mauvais comportement.

Tant que l’équipe sera bonne, Icardi marquera. Mais le jour où il n’y aura plus personne pour lui donner des caviars devant les buts vides, il ne servira à rien. Aussi, ce qu’il y a de certain c’est qu’aucune institution ne se construit sur l’injustice. L’avenir ne s’écrit pas en crachant sur le passé. Paris a tout intérêt à ce que Cavani parte par la grande porte. Ou ce sera le vrai début de leur fin après les mauvais départs d’Antoine Kombouaré et de Blaise Matuidi…

*Surnom de Cavani

*Surnom de la sélection uruguayenne


Afrofuturisme : le football africain dans 50 ans

En 2010 nombre de pays africains fêtaient les 50 ans de leurs indépendances. Le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigeria etc. devenaient des nations à part entières. Et rejoignaient le gotha des territoires aptes à présenter une sélection lors d’une compétition internationale officielle. La Confédération Africaine de Football (CAF) née en Février 1957, voit donc son panel s’élargir. Et le football africain s’affranchir… ?
L'équipe d'Égypte en 1920 par la Bibliothèque nationale de France
L’équipe d’Égypte en 1920 par la Bibliothèque nationale de France – Wikipédia (Domaine Public)

For us by us

Avant cette époque l’Afrique n’avait « logiquement » pas le droit de solliciter une place en Coupe du monde. Égypte, Soudan, Éthiopie et Afrique du Sud, les pays libres sur le Continent Noir se comptaient sur les doigts de la main. 1930, 34, 38, 50 et 54 furent donc rationnellement des mondiaux n’ayant vu aucun pays africain passer, à l’exception de l’Égypte en 1934.

Aussi après cette vague d’indépendances, il devenait tout aussi cartésien que la CAF évolue dans son rôle. Frustrée de devoir batailler contre l’Asie et l’Océanie, la présidence du soudanais Mohamed Abdelhalim demande une véritable place africaine en Coupe du Monde. Requête qui arrivera après le boycott des éliminatoires de la World Cup 1966. Ainsi, le nombre de places passera progressivement de une équipe en 1970 à 2 (1982, 1990), 3 (1994), 5 (Dès 1998) et même 6 lorsque l’Afrique du Sud devint en 2010, la première nation africaine à organiser un mondial.

Iceberg

Un signe qui devrait prouver que le football africain a fortement progressé. Eh bien non ! Si dans les années 60 et la fin des années 80, l’Afrique a connu l’apogée de son sport roi. Si à ce moment ses talents évoluaient pour la plupart en Afrique, pour les africains et attiraient les regards extérieurs, ce n’est plus le cas désormais.

Au-delà des nombreux génies qui ravissent les enceintes européennes, la seule grande satisfaction internationale africaine jusqu’ici. Ses véritables faits d’armes restent les finales de Coupe des Confédérations et de mondiaux des clubs joués par le Cameroun en 2003, le TP Mazembe en 2010 et le Raja Casablanca en 2014. Respectivement face à la France, à l’Inter de Milan et au Bayern de Munich. Pour le reste, le Cameroun quart-de-finaliste du mondial 1990 n’a jamais été dépassé. Les Lions Indomptables furent égalés par le Sénégal en 2002 et le Ghana en 2010. Le reste n’est que régression…

En 2018 en Russie, aucun pays africain sur cinq n’est sorti de sa poule : une première. La CAF est aujourd’hui sous tutelle de la FIFA. Et une Coupe du monde des clubs sera organisée quasiment en même temps que la Coupe d’Afrique des Nations. Une compétition FIFA qui remplace une autre. La Coupe des Confédérations : le seul « calice » de la fédération reine du football qui mettait toutes les confédérations sur le même pied d’égalité. Lequel a vu une équipe nationale africaine jouer une finale de « coupe du monde ». Après avoir battu le Brésil (1-0) et la Colombie (1-0)…

Le Brésil et le Cameroun s'affrontent lors de la Coupe des Confédérations 2003
Brésil – Cameroun (Coupe des Confédérations 2003) par Liondartois via Wikipédia

Tristement célèbre

La Ligue des Champions de la FIFA sera donc remplacée par un autre mondial : un tournoi où les places ont encore été redistribuées sans aucune objectivité sportive. Pourquoi 8 clubs pour l’Europe et 3 pour l’Afrique ? Une question dont la réponse se trouve nécessairement dans un champ lexical vieux de plus de 60 ans.

En fait le football africain n’a jamais vraiment été pris au sérieux. Il est resté un divertissement quand les autres professionnalisaient le leur. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas su se démarquer. Les décisions prises par l’administration chargée de le gérer, ne lui ont jamais apporté grand-chose. La preuve : avant les dates d’organisation des compétitions étaient adaptées aux réalités locales et connues à l’avance. Aujourd’hui c’est un véritable questionnement philosophique. Peu de ligues locales sont professionnelles. N’en parlons même pas des équipes, de la qualité des stades, de l’état des pelouses, des problèmes de primes, de l’arbitrage, de la violence dans les stades etc.

Black or white ?

On est passés de 16 à 24 pour suivre la mouvance. Sans se demander si c’était le bon moment pour l’Afrique. Peut-on faire pire ? Certainement. Avant ça, il y a eu la naissance du CHAN. Un désaveu, un abandon explicite du football local. Une option unique qui le réduit à une compétition d’un mois pour attirer les recruteurs étrangers. Une démonstration tangible que les yeux de son ballon rond sont rivés vers l’Europe. Comment sera le football africain dans 50 ans ? Bien mieux. Puisqu’il est carrément reparti à zéro…


Euro 2020 : La Finlande enfin récompensée

Ce week-end, la Finlande a logiquement battu le Liechtenstein. Une victoire 3-0 qui l’a directement envoyée au prochain Championnat d’Europe des Nations. Les pilotes de Formule 1 Mika Häkkinen, Valteri Bottas et Kimi Räikkönen (champion du monde en 2007) ne sont donc plus les seuls à avoir fait passer leur nation à la vitesse supérieure. Sur un nuage, les Huuhkajat* : une autre course réussie. Une qualification inédite qui pourtant n’a rien d’extraordinaire. Quand on connaît la qualité des joueurs que ce maillot blanc a bercés entre la fin des années 90 et le début des années 2000.

Jaja

Eh oui ! Avant Pukki, il y a eu des tubes à Helsinki. De vrais génies du football qui faisaient bien mieux que jouer à Norwich City. Parmi eux, l’excellent milieu offensif de l’Ajax Amsterdam, Barcelone et Liverpool. Vainqueur en 1995 et meilleur buteur de la Ligue des Champions en 1996 : Jari Litmanen. Oh Jaja ! a-t-on envie de chanter, tant ses prestations étaient des chefs d’œuvres. Meilleur buteur de l’histoire des Hiboux*, il était ce virtuose alliant élégance et efficacité pour le bonheur d’un autre chef d’orchestre. Son compatriote, l’ancien capitaine des Reds de Liverpool : Sami Hyypiä.

Sami Hyypiä par Dmitrij Nejmyrok – Wikipedia CC BY-SA 3.0

You’ll never walk alone

La légende au 459 matches et 35 buts chez les Scousers. Ce défenseur central d’1m96 a lui également marqué l’Europe pendant 19 ans de carrière. Prestigieux parcours durant lequel il fera une escale de 10 saisons (1999 – 2009) à Anfield Road. Remportant notamment lui aussi une C1 et de nombreuses compétitions majeures aux côtés des Steven Gerrard et autres Xabi Alonso. La preuve que si ce duo absolument exceptionnel n’a pas connu de compétitions majeures avec sa sélection, c’est que le niveau du sport roi à l’époque était très élevé. Maintenant qu’il y a 24 équipes à l’Euro, c’est bien plus facile. Mais pas moins gratifiant. Bravo à eux…

https://twitter.com/SkyFootball/status/1195410690753941504

*Surnom des joueurs de l’équipe nationale de Finlande


Cris de singes : ça sent le ridicule !

Il y a deux semaines, Mario Balotelli était encore victime de racisme. Face à l’Hellas Verone, le joueur de Brescia subissait une fois de plus l’assaut de supporters scandant des cris de singes. Une attitude qui provoquera le courroux du buteur italien et son envie de quitter le terrain. Ce qu’il ne fera pas finalement. Il marquera un but somptueux en fin de match. N’empêchera pas son équipe de perdre 2-1. Mais démontrera bien que la seule façon de lutter contre le racisme, c’est de l’ignorer de la plus belle des manières.

https://twitter.com/beinsports_FR/status/1191026047531311108?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1191026047531311108&ref_url=http%3A%2F%2Fsport24.lefigaro.fr%2Ffootball%2Fetranger%2Fitalie%2Factualites%2Fde-nouveau-victime-du-racisme-balotelli-repond-par-un-superbe-but-980369

Stéréotypes

On a tendance à faire de l’Italie la maison du racisme. Ce qui est très réducteur. Il y a du racisme en Italie mais l’Italie n’est pas raciste. Les comportements insupportables qu’on rencontre dans certains stades de La Botte sont présents en Angleterre, en France, en Belgique, en Espagne, en Russie et dans d’autres pays à travers l’Europe. La preuve qu’il est difficile d’enfermer le racisme dans une boite de conserve et de lui coller une étiquette.

Bien…

Aussi, de quel racisme parle-t-on véritablement ? De celui qui divise le monde en race ou de celui qui place une race au-dessus d’une autre ? S’il s’agit du premier, il sera carrément impossible de lui faire opposition. C’est ce racisme qui définit le monde. Qui le régularise. Au-delà du côté noir, blanc et autres, nous représentons tous une lignée, une famille, un nom : une race.

Il y a 7 milliards de races. Et pour revenir au football, sur une pelouse chacun porte son maillot : représente une couleur. Preuve que lorsque le racisme est utilisé à bon escient, il fait du bien. Il met les gens à leur place et facilite les rencontres. La meilleure équipe devrait être celle qui a remporté le plus de trophées. Et non celle qui évolue en Europe, par exemple. Dans le sport le racisme doit servir à la performance.

Soeurs noires par 5DMédia – Pixabay CC0

Ou bien ?

Par contre s’il s’agit de ce racisme qui place une race au-dessus d’une autre, parlons d’injustice. Car le problème n’est pas le racisme mais l’action qui lui succède. L’injustice est le mot le plus approprié pour définir cette action inique. Et qui dit injustice dit différence de traitement. C’est injuste ce que les sud-africains font aux habitants africains étrangers. C’est injuste d’organiser la Coupe du monde des clubs en même temps que la Coupe d’Afrique des Nations. C’est injuste de voir les fédérations africaines accepter ça sans rien dire.

C’est injuste d’enlever la Coupe des Confédérations. De ne lui avoir pas donné le nom Coupe Marc-Vivien Foé, mort durant un match de sa compétition. C’est injuste de penser que parce que tu remportes la C1 en Europe, tu es forcément supérieur à ceux qui le font dans d’autres confédérations. C’est injuste d’arrêter un match, de sanctionner un supporter pour des cris de singes… C’est la liberté d’expression qui le dit.

Supporters par Ben_Kerckx – Pixabay CC0

Comme un symbole

Le supporter qui fait un cri de singe est aussi victime du système que le noir qu’on qualifie de singe. Très souvent le joueur noir qui le subit est ultra plus riche que lui. Il peut quand même laisser passer ce geste qui n’en veut pas à sa vie. Et se concentrer sur plus important. Le chien aboie la caravane passe, dit le proverbe. Toi homme noir, qu’est-ce que tu fais d’un enfant qui fait un cri de singe dans un bus ? Tu le sors ? Tu le fais arrêter par la police ? Tu sors du bus et arrive en retard à  ton travail ? Ou tu t’achètes ta voiture ? On peut suspendre un supporter à vie d’un stade, il vivra hors du stade.

Ces gens qu’on qualifie de racistes ont été éduqués par des intellectuels qui disaient de l’homme qu’il descend du singe. Et qu’en Afrique il s’est arrêté en chemin. Le vrai racisme n’est pas dans les tribunes : il est dans les livres. Les cris de singes ne sont qu’un bouc émissaire. Et s’attarder dessus c’est nier tout le travail que les leaders noirs ont fait pour l’homme originaire d’Afrique.

Ségrégation raciale par WikiLmage – Pixabay CC0

Blackout

Le dolorisme ne grandit pas l’homme noir. Il l’affaiblit au contraire. Les débats, les hashtags #noiretfier sur les réseaux sociaux pour soutenir les noirs victimes de cris de singe, finissent par rendre le combat des noirs ridicules et les humilient encore plus. Surtout quand on sait que Présence Africaine est basée à Paris.

S’apitoyer pour un cri de singe c’est dire que Martin Luther King et les autres n’ont rien fait. Ce qui est évidemment faux. Esclavage, colonisation, avant on tuait des noirs pour des futilités. Aujourd’hui grâce au sport, les noirs constituent une véritable aristocratie. Tout à fait capable de sourire devant ces fils des basses classes. Très souvent descendants de ces ouvriers qui se baladaient à travers le monde sous les ordres de l’impérialisme, une balle en main. Ce ballon, avatar du sport : le premier facteur de la libération de l’homme noir.

Martin Luther King par Botana – Pixabay CC0

Emprise

Se plaindre d’une personne c’est accepter que votre vie dépens d’elle. Vous avez déjà vu un chinois déplorer des gestes de kung-fu dans les tribunes ? Ou vouloir coacher une équipe européenne ? Il s’en fout éperdument. Il ne sait même pas si c’est possible. Il est focalisé sur son objectif : rendre fier son pays d’origine. Les africains se plaignent de racisme parce qu’eux aussi méprisent leurs racines. Ils ont souvent honte d’être africains : de l’assumer. Et la réalité finit toujours par les rattraper.

Combien d’anciens footballeurs noirs sont revenus en Afrique racheter des clubs pour en faire de grandes écuries ? Combien sont revenus transmettre leur savoir à leurs jeunes frères ? Si Habib Beye revenait entraîner la Jeanne d’Arc de Dakar ? Que Samuel Eto’o reprenait l’Union de Douala ? Ou Yaya Touré s’asseyait sur la touche de l’ASEC d’Abidjan ? Etc. Il n’y a pas que les postes de sélectionneur ou de dirigeant de fédération qui peuvent changer le football africain. Si tous ces anciens joueurs, au lieu de rêver du Real Madrid et du Barça qui ne les recruteront jamais, inondaient les clubs africains de leur compétence, l’injustice diminuerait fortement.

Enfant africain par Numbercfoto – Pixabay CC0

Black to the future

Guy Roux a pris Auxerre en 2e Division Française pour l’emmener en Ligue des Champions. Mourinho a commencé professeur de sport au Portugal. Guardiola s’est lancé en Catalogne. Sir Alex Ferguson a débuté en Ecosse. On ne respecte que ceux qui ont du respect pour eux-mêmes. Les africains doivent arrêter de se voiler la face. Qu’ils pensent à l’Afrique comme une terre de développement. Lorsque tu choisis de jouer pour ou dans un pays, il faut accepter ses réalités sociales et surtout historiques. Si l’Europe était si difficile, vous n’y vivriez pas. On ne peut pas être bon et mauvais à la fois. On peut juste comprendre que certaines personnes ne nous aiment pas. Et avancer…


Sélections : Le pays fait du bien

Après l’Islande (0-1), la France vient encore de remporter un match sur un pénalty. Grâce à ce coup de pied transformé par l’inévitable Olivier Giroud, les Bleus ont difficilement battu la Moldavie. Une victoire 2-1 après avoir mené au score qui passe mal mais fait du bien. La France est qualifiée, elle a battu l’Albanie 0-2, peut encore gagner l’Euro et c’est ce qui compte. Notamment pour Olive et Grizi, buteur face aux Albanais. Les deux coéquipiers profitent ainsi de ce passage en sélection pour retrouver un peu de sourire. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas les seuls.

J’existe…

L’entraîneur Moldave, Engin Firat, a raison de se plaindre de l’arbitrage. Il n’est pas le premier et il ne sera pas le dernier. Il y avait bien faute sur l’égalisation de Varane mais bon… C’est le football moderne. La Moldavie n’allait quand même pas battre la France au Stade de France. Derniers de la poule, ils ont mené mais ils ont logiquement perdu. Et malheureusement redonné de la force à leurs adversaires. Eux qui à l’instar de leur bourreau OG9, n’en demandait pas plus pour se rassurer. Pour montrer à Frank Lampard qu’il a tort de se passer de lui.

Et Grizou aussi…

Cependant, si ça peut rassurer le buteur des Blues, Griezmann aussi ne va pas bien. Il joue au Barça mais n’arrive pas à imposer son standing de champion du monde dans le monde de Messi. Ses appels de balle sans effets nous rappelle ceux de Thierry Henry avant lui et nous annonce peut-être un orage en équipe de France. A la Knysna ? Pas du tout. Mais si ça continue comme ça. Si Lenglet n’arrête pas son cirque rapidement, les Bleus risquent de se prendre des bleus à l’Euro. Surtout que Ronaldo revient très fort en sélection.

Cristiano Ronaldo par Ludovic Péron – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.5

Magnificient Seven

On aurait pu minimiser ce triplé de CR7 face à la Lituanie, mais il y a eu ce France – Moldavie. Une rencontre qui confirme encore plus la légende de Cristiano Ronaldo. Un coup du chapeau (+ un but contre le Luxembourg) dédicacé à Maurizio Sarri et la Juventus. Je ne suis pas encore fini, semble-t-il leur dire en réalisant cette performance tonitruante. Après tout, c’est vous qui voulez gagner la Ligue des Champions. C’est donc à vous de mettre votre meilleur joueur en confiance.

Personne n’est au-dessus de la hiérarchie. Tout le monde a le droit d’être remplacé, certes. Mais sortir un footballeur de ce calibre à la 55e, c’est osé : même quand c’est réussi. Dans cette victoire 1-0 face au Milan, Dybala a marqué. Mais rien ne dit que Ronaldo ne l’aurait pas fait. La saison sera longue et un Ronaldo impliqué c’est un atout majeur pour le collectif. Avec le portugais, la Juve a plus de chance de gagner la C1 que sans. Surtout que le capitaine des Quinas a depuis compris qu’un trophée en sélection est plus important qu’un autre en club. La patrie d’abord…


Karim Benzema : Et si on lui collait la paix ?

Olivier Giroud crève l’écran en Bleu. Le coq est d’aplomb. Marque des buts importants et continue d’écrire sa légende dans la basse-cour. Une forme dévastatrice qui devrait ravir les dirigeants du football français. En l’occurrence Noël Le Graët, le patron de la Fédération Française de Football. Qu’avait-il à s’attaquer aussi inutilement à Karim Benzema. L’ancien Gone lui avait déjà demandé de l’oublier pourtant. Le buteur franco-algérien a été sportivement écarté de l’équipe de France et tout le monde le sait. L’avant-centre de Chelsea est meilleur que celui du Real Madrid. Pourquoi rallumer le feu ?

Terrain

Il y a quelques jours, Noel Le Graët déclarait :

« Je n’ai jamais critiqué ses qualités. Il montre encore cette année à Madrid qu’il est l’un des meilleurs joueurs à son poste mais l’aventure en bleu est terminée. »

Karim Benzema rappelle qu’il est le seul à pouvoir mettre un terme à sa carrière chez les Bleus – France24.com

Une pique incompréhensible : une récidive curieuse. Et si Noel Le Graët voulait simplement faire pression sur Benzema pour qu’il arrête sa carrière internationale. Une fin qui signifierait la victoire de la FFF sur le Madrilène. Et ferait enfin taire la polémique sur la non-convocation de KB9 en équipe de France. Sauf que c’est sans compter sur la fermeté du pote de Booba. S’il est apparu dans le clip « Glaive » du rappeur, ce n’est surement pas pour rendre les armes. D’où ce texte qui envoie du lourd :

« Noël je croyais que vous n’interfériez pas dans les décisions du sélectionneur!Sachez que c’est moi et moi seul qui mettrait un terme à ma carrière internationale.
Si vous pensez que je suis terminé, laissez-moi jouer pour un des pays pour lequel je suis éligible et nous verrons. »

Karim Benzema rappelle qu’il est le seul à pouvoir mettre un terme à sa carrière chez les Bleus – France24.com

Une réponse sèche qui a le mérite d’être claire. De suggérer que le patron français empêcherait le Merengue de jouer pour l’Algérie. Une thèse déjà corroborée par l’agent de l’attaquant des mois plus tôt… Le gallinacé veut jouer avec les fennecs. Mais ce ne sera pas possible ! La FIFA est très claire là-dessus : on n’a qu’un seul pays. Tu aurais dû y penser au début, Karim. Peut-être il y aura une jurisprudence Benzema. Qui sait ?

Temps mort 2.0

Mais en entendant que ça n’arrive pas, on continue d’être certain que Benzébut ne tendra pas l’autre joue. Le clash est allé trop loin pour cesser. « Il n’y a qu’Didier qu’on n’aime pas. J’passe le Salaam à toute l’équipe », assure le Duc de Boulogne* dans « Glaive » justement. Et justement ça tombe bien, puisque Didier Deschamps ne semble pas disposer à s’y opposer. Il aurait pu pardonner après son titre de champion du monde. Se mettre au-dessus de ce crin et faire passer la France à la vitesse supérieure. Que non ! Les profils de Giroud et Benzema sont compatibles sur un terrain : on en restera là. Dommage…

*Surnom de Booba