Racisme : le football est-il cerné ?

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3 décembre 2020

Racisme : le football est-il cerné ?

« Qui n’est pas raciste ? ». C’est la question qu’il faudra peut-être se poser à l’avenir. Même le gentil Edinson Cavani est passé à la trappe. Son « merci petit négro » à un internaute n’a pas eu la chance de sortir d’un morceau de rap. Au sein de ce mouvement, les noirs sont bien visés, comme Diégo nommait Alphonse Tchami, son ancien coéquipier. Et au buteur camerounais de rajouter : « Diego, lui aussi m’appelait « El Negro ». On s’entendait bien et il m’invitait souvent à ses soirées, avec les autres joueurs de l’équipe. »

Un pour tous…

Sauf qu’il faut sanctionner. Malgré ses très bonnes prestations contre Southampton et le PSG, le Mancunien servira d’exemple. Les mots de ce genre ne sont plus acceptés. Bien vouloir mettre la main sur votre bouche pour laisser parler votre cœur. Sinon, subissez les conséquences d’une fédération qui a besoin de leçons pour redorer son blason.

Une intégrité salie par la sortie de son patron. Avant, Glen Clarke donnait des leçons, sanctionnait les potentiels racistes : aujourd’hui, c’est lui le raciste. Le temps d’un mot, on a découvert un homme, frappé de plein fouet par sa propre locution. Celle d’un individu qui n’a fait que reprendre un refrain partagé par ceux qu’il vise et divise.

Tous pour un…

Nous sommes donc dans le bon sens. Les noirs aussi s’appellent Négros. Bien ou non, c’est une réalité. Le racisme est certainement la figure de style la plus utilisée au monde. On aime tous donner de petits sobriquets aux êtres qui nous entourent. La Pioche, la Bête, la Pulga, la Pelusa : le football en est la preuve. Dans cette activité populaire où chambrer est un art, vivent en bonne intelligence surnoms et noms d’oiseaux. Tout dépens maintenant du tempo dans lequel la passe est donnée.

Si Zlatan surnomme Bailly « Kunta Kunté », ce n’est sûrement pas pour le confondre à un esclave. Derrière ce « petit ballon piqué » se cache une amitié : la vraie. Celle où on avale les tacles glissés avec beaucoup de philosophie. Un rire jaune mêlé d’humour qui prête souvent à confusion. Oui… Di Canio est fasciste mais pas raciste. Les Chemises Noires aiment le noir, ça saute aux yeux. Ce sera toujours mieux de voir la vérité en face que de l’avoir dans son dos.

NEG-US

Le premier facteur de racisme, c’est la familiarité. Il faut se fréquenter pour se mépriser. Les phrases qui nous blessent le plus sont souvent de ceux qui nous connaissent le mieux. Ils nous voient, nous côtoient et savent où frapper pour nous faire mal. Si un homme devait choisir entre les mots de sa femme en colère et les cinq lettres de négro, il aurait assurément opté pour ce dernier.

Il faut punir l’outrage pas le mot. C’est le contexte qui définit l’effet. Il y a bien une différence entre « Imbécile » et « IMBÉCILE ». « Négro », « Nègre » et « Sale Nègre ». Cheikh Anta Diop, dans Nations Nègres et Culture disait  : « J’appelle Nègre, espérant être d’accord avec tous les esprits logiques, un être humain dont la peau est noire ». 

Le problème, ce n’est pas le racisme mais l’action qui lui succède. Les noirs doivent apprendre à analyser et régler eux-mêmes leurs situations. Si une plainte s’impose, qu’elle soit portée sans tollé. Le dolorisme ne grandit pas, il transforme en cible évidente. En pleine liberté d’expression, à vous de décider de ce qui est bon pour votre personne ou non. Le racisme le plus vil est la marque déposée de celui qui vous dicte vos goûts et vos couleurs.

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