Fouda Fabrice

CAN 2021 : une saison blanche et sèche

La nouvelle est tombée ce mercredi 15 janvier. La prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN) se jouera en hiver. Sous le soleil zénithal qui décrit ce mois tomberont donc des flocons de neige. La nouvelle formule de la Coupe du Monde des Clubs a eu raison de la nouvelle formule de la CAN : un nouveau désaveu pour le football africain.

Organisée en été, en pleine saison des pluies, la CAN moderne était supposée mettre l’Afrique du foot sur le bon chemin. Elle devait permettre aux Afropéens de rallier leurs sélections sans prendre le risque de perdre leur place en club, et donner plus de panache à la compétition reine du football africain… Dommage.

Afropessimisme

Un couac encore une fois lié à la volonté du football africain de privilégier une partie de ses enfants. On avance, on recule : on revient sur une décision sans tenir compte de l’africanité de la situation. L’été et l’hiver sont évoqués comme s’il n’y avait pas de saison sur le Continent Noir. Un langage qui démontre bien que les Africains s’éloignent de leur réalité.

À sens unique

La Coupe d’Europe passe à 24, la CAN passe à 24. Les clubs européens ne veulent pas libérer les joueurs africains, on joue en Juin. Un joueur africain brille en Europe, il est élu meilleur joueur africain. Et l’Afrique alors dans tout ça ? Est-ce qu’un européen qui gagne en Afrique peut être élu meilleur joueur européen ?

Autant de questions, de réponses qui montrent simplement que le football africain n’évolue pas. Il travaille juste pour les autres. Et comme le dit un proverbe africain : « on n’éduque pas son enfant en nourrissant celui du voisin. »


Quique Setién : Du plus grand au plus petit

Au Cameroun on dit : « enlever la fenêtre pour mettre la porte ». Une expression qui prend tout son sens devant l’éviction d’Ernesto Valverde et la nomination d’Enrique Setién Solar à la tête du FC Barcelone jusqu’en Juin 2021. Une arrivée qui suscite déjà des interrogations. Des questions pertinentes sur la capacité de l’ancien du Bétis Séville à faire mieux que son prédécesseur.

C’était mieux avant

Tout juste parti qu’on le regrette déjà. Qui l’aurait cru ? Qui aurait parié que le successeur de Valverde soit un technicien bien moins fort que lui. Surtout pour un grand club comme Barcelone. Si c’était pour mettre Setién, les Blaugrana auraient mieux fait de garder l’ancien élément de Johann Cruyff.

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🚨 C’EST OFFICIEL !!!

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Lorsqu’il arrivait en Catalogne, le natif de Viandar de la Vera avait quand même un pédigrée imposant. Finaliste de la Coupe de l’UEFA avec l’Espanyol, triple champion de Grèce avec Olympiakos et vainqueur de la Supercoupe d’Espagne avec l’Athletic Bilbao, l’ancien entraîneur du FC Valence était au moins capable de finir cette saison. Xavi prêt à prendre les rênes en fin d’année, pourquoi n’ont-ils pas attendu ?

Un de perdu, 0 de retrouvé

Le jeune et plein d’avenir Mauricio Pochettino, Massimo Allegri et Leonardo Jardim libres. Jorge Jesus et Marcelo Gallardo disponibles, qu’est-ce que Quique Setién a de plus que les autres ? Comment les Alzugrana pourront sortir du double traumatisme de la Remontada avec un homme qui n’a pas pu éliminer Rennes en Europa League après avoir gagné au match aller ? (0-2/1-3)

0 titre, 0 expérience en Ligue des Champions, 62 ans, même la comparaison avec Maurizio Sarri est mal placée. Le « Papy Boom » de l’espagnol n’a rien à voir avec celui de l’italien. Le transalpin aurait pris la tête des Bleus et Grenats cette année que ce pari n’aurait choqué personne. Il a fini second de Serie A avec Naples, gagné l’Europa League avec Chelsea : et c’est pour ça qu’il est à la Juve aujourd’hui. En d’autres termes, Setién a beau aimer le jeu de Cruyff, il n’a pas la carrure pour lui succéder.

Contre-pied

Toutefois, quand on sait que le Barça refuse de prendre un grand nom pour ne pas recadrer Messi, on comprend que QS soit à sa place. L’équipe catalane ne veut pas d’entraîneurs charismatiques parce que ces derniers n’accepteraient pas de recevoir des ordres d’un joueur. Et c’est là tout le problème des champions d’Espagne en titre. On pense plus au Roi Léo qu’à l’équipe. Et on oublie que la pérennité d’un tacticien est fonction de ses résultats. Et non de sa proximité avec la Pulga.

Setién garnira probablement son palmarès avec des trophées domestiques. A l’image de Valverde, il profitera de l’aura du FCB pour se faire un nom. Et ne réussira certainement pas à permettre au quintuple champion d’Europe de revenir au sommet de la scène internationale. Si le Barça ne veut pas sombrer définitivement, que ses dirigeants pensent enfin à son avenir. Messi est sur le déclin, et son club aussi s’il continue de le suivre comme un mouton de Panurge…


Supercoupe d’Espagne : Un format inspirant

Ce fût une première dans l’histoire du sport roi. Dans la foulée de la Ligue des Nations, le football espagnol a présenté au monde une Supercoupe inédite. Le pays d’Iniesta a osé passer de la classique opposition entre le vainqueur du championnat et celui de la coupe, à un Final Four haletant. Les deux premiers de la Liga et les finalistes de la Copa Del Rey s’affronteront désormais pour remporter la Supercoupe d’Espagne*. Deux demi-finales, une finale ou l’expression d’un format révolutionnaire qui fait déjà saliver.

Un plat plus épicé

En entrée on a eu droit à la victoire du Real Madrid sur Valence 3-1. En plat de résistance le succès à suspens de l’Atlético Madrid sur Barcelone 3-2. Et en dessert un derby Madrilène remporté au bout des tirs aux but par les Merengues (0-0/4-1 aux t-a-b). Un menu de gourmet qu’on n’aurait certainement pas eu avec le buffet précédent. Plus léger…

Plus de Clasicos !

Avant la Supercoupe d’Espagne opposait son champion en titre au vainqueur de sa Coupe en aller-retour. Une double confrontation qui a donc juste été remplacée par deux matches à véritables enjeux. Il n’est désormais plus question d’assurer à l’aller pour être sûr de gagner au retour. Mais de jouer deux fois en aller simple pour la gagne ou c’est le retour à la case départ. 3 finales qui donnent plus de poids à un trophée majeur souvent négligé pour le nombre « 2 » ses prétendants. Quand tous les titres se jouent pourtant sur un match…

50-50

FIFA, UEFA. Dans ce football farouchement à la quête des droits TV, ce format devrait faire des envieux. Etre quasi certain de rassembler quatre grosses écuries chaque année. De réunir le Real Madrid, le Barça, l’Atlético Madrid et un prestigieux outsider pour ce qui est de la Liga, est une aubaine pour les diffuseurs et les téléspectateurs. Le juste milieu trouvé entre la compétitivité et l’envie de gagner. 4 équipes pour une Supercoupe c’est le maximum que l’on puisse faire. Rien à voir avec 48 au lieu de 32 ou de 24 au lieu de 16. La logique « phase-finale » est respectée…

*Normalement le Real Madrid n’aurait pas dû participer à cette édition. La Maison Blanche doit sa présence au fait que le FC Barcelone ait été finaliste de la Coupe du Roi. En plus d’avoir terminé en tête de la Liga.


Zinédine Zidane : Bravo !

Les questions sur son retour se sont longtemps posées. Sera-t-il capable de poursuivre sur sa stratosphérique lancée ? Est-il réellement un grand entraîneur ? Son éviction a fait la une comme jamais. The Sun a même parlé d’une somme de 14 Millions d’Euros proposée à José Mourinho pour qu’il attende et ne signe pas dans un autre club. Le temps que Zizou sombre. Sauf que le double champion d’Europe sait reconnaître un boss lorsqu’il en voit un.

Isco, Casemiro, Theo Hernández et Zinedine Zidane par Антон Зайцев – Wikimédia Commons CC BY-SA 3.0

« Qu’on parle de moi au Real, ça ne me plaît pas. Zidane est l’un des nôtres. Nous avons tous connu ce type de situation, quand les résultats ne sont pas ceux que les gens attendent. Mais il y a autre chose, le manque de respect, et ça, ça ne me plaît pas (…) Je peux vous parler avec respect d’un club unique, que j’ai entraîné avec fierté, mais aussi vous parler avec respect d’un entraîneur qui est en place et qui n’est pas n’importe quel entraîneur dans l’histoire du Real Madrid. »

José Mourinho

Vamos !

En 2010, le natif de Setúbal demandait déjà au champion du monde 98 de se rapprocher des terrains.

« S’il est prêt à le faire, ce ne sera que du bonus et du bonheur, pour le football d’abord, et pour lui. S’il doit s’investir, ce sera au quotidien. S’il en a envie, il faut l’encourager à le faire. On a besoin des gens qui sont compétents, qui aiment le football. Il y a trop de gens qui ne le sont pas »

José Mourinho

Une doléance logique, un vœu exaucé par l’ancien conseiller du président Florentino Pérez : que du bonheur pour le football. Les fans du Real Madrid en l’occurrence sont contents d’avoir Zizou avec eux. De compter dans leur rang un tacticien de cette envergure.

Sans conséquences !

En effet Zidane n’est pas seulement celui qui a gagné grâce à Cristiano Ronaldo. En plus d’être l’ainé qui a permis au portugais de mieux vieillir, il est un technicien qui sait faire des choix forts quand il le faut. Le milieu de terrain Valverde en est l’exemple parfait. Grâce au compatriote de son idole Enzo Francescoli, le Real Madrid a décroché sa première étoile de la saison. Sur une faute décisive sur Morata : un carton rouge. Avec Mariano, Rodrygo, Vinicius Junior, Ferland Mendy. Contre une équipe de l’Atlético quasi complète. Sans Bale, sans Benzema, sans Hazard, ZZ est allé chercher son premier titre sans CR7.

Je ne fais que gagner…

0-0 (4-1 aux t-a-b). Une victoire en Supercoupe d’Espagne face aux hommes de Diégo Siméone qui montre bien que lorsqu’on a gagné 9 finales sur 9, on ne peut qu’être qu’un grand. Quant à ceux qui se demandent encore quel est son style, la victoire suffira comme réponse. Et Guardiola devrait vite s’en rendre compte.

Man City, le Real Madrid, nul ne sait encore qui sortira vainqueur de ce huitième de finale de Ligue des Champions. Mais le nom du favori est connu. Serein, Zidane n’a plus rien à prouver. Madrid revient fort et les Cityzens affronteront juste un manager meilleur que le leur. La fusion d’Arrigo Sacchi et de Michael Jordan pour résumer…


PSG – Monaco : Les fantastiques limites de Paris

Monaco et Paris ont proposé une rencontre de grande classe ce dimanche 12 Janvier. Un Cashico d’un niveau européen qui a opposé les meilleures attaques de Ligue 1. Les 4 fantastiques de l’ASM ont répondu aux 4 fantastiques du PSG. Tout en relançant le débat sur la possibilité pour les parisiens d’évoluer en 4-2-4 (ou 4-4-2) contre une équipe de haut niveau.

Gratin…            

Pierre Ménes a parlé de « bouillie » pour évoquer le travail de Jardim sur le Rocher. C’est gentil, c’est gratuit et c’est à la fin du choc de la 20e Journée de L1. Sur le plateau du Canal Football Club, le consultant français a encensé le match nul de Roberto Moreno et s’est attaqué à son prédécesseur, champion de France. En oubliant évidemment de préciser que le lusophone est parti sur une victoire 5-1 contre Lille. Et avant d’ajouter que des  « émissions subalternes » reviendraient sur la capacité du PSG à jouer avec ses 4 galactiques devant.

Sauf que tout le monde a le droit de donner son point de vue sur le PSG, du moment où c’est respectueux. Il n’y a pas d’avis supérieur à un autre. Surtout que si les projecteurs sont tant braqués sur Thiago Silva et les siens, c’est à cause de toutes les fleurs qu’on leur jette. Paris est un grand d’Europe. Paris a la meilleure attaque du monde. Paris, Paris, Paris suscite des interrogations…

Attention Dortmund !

3-3 était donc le score de ce match. Neymar a lancé les hostilités. Gelson Martins et Golovin l’ont suivi et ont redonné l’avantage aux Asémistes. Avant que Ballo Touré ne marque contre son camp. Que Neymar ne s’offre un doublé sur pénalty. Et que Slimani ne rentre et n’égalise. Un retour à la marque. De nombreuses occasions manquées par l’équipe de la Principauté. Des signes qui mettent toute la fébrilité des hommes de Tuchel en exergue quand Neymar, Icardi, Mbappé et Di Maria ne font pas les efforts défensifs à la perte du ballon.

Marco Reus, Jadon Sancho, Mario Götze, Thorgan Hazard, Julian Brandt, Paco Alcácer… Rien qu’en pensant à la force offensive du Borussia Dortmund. Lorsqu’on se dit qu’elle sera boostée par l’expérience hexagonale de son coach Lucien Favre. Qu’elle reviendra revigorée. Renforcée par l’arrivée du jeune prodige norvégien, second meilleur buteur de la Ligue des Champions, Erling Braut Håland : on peut craindre le pire pour ses futurs adversaires en C1.

Dans une opposition entre deux équipes jouissant quasiment des mêmes caractéristiques. A l’aube d’une double confrontation où le but à l’extérieur devrait jouer un grand rôle, les montées d’Achraf Hakimi risquent de faire très mal à Juan Bernat et ses compères. Une image, des conjonctures qui prouvent bien que le BVB donnera probablement du fil à retordre aux franciliens. Les champions d’Europe 1997 ne sont pas un si bon tirage que ça pour les Rouges et Bleus. Des ajustements s’imposent…


Pelé : L’homme noir aux 1281 buts

Selon les derniers classements qui circulent sur Internet et dans certains médias, le meilleur buteur de tous les temps serait Josef Bican. Un buteur austro-tchèque qui aurait marqué 1400 buts (voire 5000) parmi lesquels 805 ont été véritablement acceptés. Un total suffisant pour être en tête. Soit 58 buts devant le 3e de cette ordonnance. L’Auriverde qui a inscrit 1281 buts en 1363 matches et 21 ans de Samba : Pelé…

Pelé a dépassé les limites de la logique

Johann Cruyff

Officieux !

On part donc de plus de 12 centaines de buts à 767. Soit un total de 514 buts enlevés par l’International Federation of Football History & Statistics (IFFHS). L’institution qui décernera à Josef Bican le titre de meilleur buteur du siècle dernier. Pourquoi ? La raison véhiculée serait que les 514 buts marqués par O’Rei n’étaient pas durant des matches officiels.

Pourtant lorsqu’on dénombre les 689 buts et les 715 buts de Messi et Ronaldo, on recense bien ceux des matches amicaux. Le total de 70 buts de l’argentin en 138 sélections, n’était pas tous en matches officiels. 34 d’entre eux sont survenus en matches amicaux. En matches non-officiels…

« De retour en sélection après trois mois de suspension, Lionel Messi a marqué le seul but de la victoire (1-0) de l’Argentine contre le Brésil, privé de Neymar, dans un match amical peu spectaculaire vendredi en Arabie Saoudite. (…) Messi a inscrit son 69e but en sélection »

Football. Amical : Messi offre à l’Argentine la victoire contre le Brésil – Ouest-France

La vraie vérité

Adrien PRIGENT d’Ouest-France déclarera par exemple dans son article Loin devant Cristiano Ronaldo, qui est Josef Bican, le meilleur buteur de l’histoire du foot ? :

« Dans les consciences collectives, Pelé est « l’homme aux 1 000 buts » mais c’est une hérésie. Même s’il soutient le contraire, bon nombre de ses réalisations ont été marquées dans des rencontres non-officielles. Donc, pas comptabilisées (…) »

L’homme au 5000 buts (en français)

Pas comptabilisés par qui ? Pourquoi croirait-on aux 5000, 1400 et 805 buts de Pepi* marqués entre 1928 et 1955 ? Et pas aux 1281 de Pelé marqués entre 1956 et 1977 ? Pourquoi croire à une vérité qui varie ? Et ignorer une autre demeurée fidèle à elle-même ? C’est une polémique qui n’a aucun sens.

L’histoire ne fait que tenter de dérober au meilleur footballeur de l’histoire les fruits de son travail. La preuve étant qu’à Santos, la ville où il a passé 18 ans de sa carrière, le 19 Novembre est dit « Jour Pelé » : le jour où le natif de Três Corações a inscrit son 1000e but. Les brésiliens ne savent-ils pas compter ?

Les chiffres ne mentent pas

Les européens ne sont pas les seuls êtres capables de manier les bâtonnets. Sur les autres continents aussi 1+1=2. D’autant plus qu’il ne faut pas être un statisticien de génie pour savoir compter des buts. Il faut aimer le football et c’est tout. Le comptage des buts de Pelé a été magnifiquement détaillé sur sa page Wikipédia. Avec des sources à l’appui, pour ceux qui ont honte de « faire du Wikipédia ».

Le seul joueur à avoir remporté 3 Coupes du Monde est bien auteur de 1281 buts. Et dire le contraire c’est mentir. Les jeunes doivent savoir ce que le Roi Pelé a réalisé dans le football. Ils ont le devoir de ne jamais oublier qu’à 17 ans, Edson Arantes Do Nascimento avait remporté la Coupe du Monde et empilé 89 buts en 67 apparitions sur toute l’année civile 1958. 66 en 40 matches officiels et 14 en 14 matches amicaux avec le Santos FC. Et 9 en 7 matches avec la sélection brésilienne. Dont 6 en 3 à la Coupes du Monde…

*Surnom de Bican


Edinson Cavani : Tu es gentil, tu t’assois et tu nous regardes jouer.

Edinson Cavani n’ira pas à l’Atlético de Madrid cet hiver. L’ancien Napolitain attendra Juin pour suivre Diégo Siméone. Son club, en la personne de Leonardo, a décidé qu’il ne bougerait pas. Le meilleur buteur de l’histoire du PSG est subitement redevenu un maillon essentiel aux yeux de son entraîneur et de son directeur sportif : sans rentrer dans leur plan de jeu pour autant. Les grosses échéances arrivent et il faudra un remplaçant digne de ce nom aux 4 fantastiques : Mbappé, Neymar, Di Maria et Mauro Icardi. C’est à croire que le Céleste n’a jamais rien fait de fantastique pour les Rouges et Bleus.

Monopôle

La place de l’uruguayen serait donc désormais en équipe B. Il n’y aura malheureusement pas de tapis rouge pour cet acteur majeur de l’histoire de l’équipe parisienne. On l’humilie. On l’empêche d’aller retrouver une place de titulaire dans une plus grande équipe que celle aux pieds de la Tour Eiffel, pour le mettre sur la touche. Un mépris à nul autre second, une option détestable qui rappelle les départs d’Antoine Kombouaré, de Carlo Ancelotti et de Blaise Matuidi.

On veut croire que Paris n’ait pas voulu renforcer un potentiel concurrent européen : mais c’est loin d’être le cas. Ni pour l’argent, sans aucune raison valable, Cavani est conservé par orgueil. On a suggéré au monde entier qu’il n’était plus bon à rien et les Colchoneros sont venus prouver le contraire. Assurer que le football français et son porte-flambeau regretteront longtemps d’avoir ignoré l’un des meilleurs attaquants de la dernière décennie. Car si le corps d’Edi est encore à Paris, son cœur est déjà à Madrid…


Ballon d’or Africain : BOFF !

Les résultats du scrutin sont tombés. Et il n’allait pas manquer ça une seconde fois. Dans son boubou noir, Sadio Mané s’est déplacé pour l’Afrique. Une option victorieuse pour le désormais Ballon d’or Africain 2019. Un titre qui n’étonne personne. Mais crée à nouveau des remous. A l’image de l’héritier d’El Hadji Diouf et de Cristiano Ronaldo lors de la dernière cérémonie du Ballon d’or France Football, Salah et Mahrez n’étaient pas là. Une absence remarquée qui, malgré les excuses de l’Algérien, montre bien qu’il y a une énorme fissure sur la cour du sport roi.

Chaise vide : 2e épisode

Peut-être le Pharaon ne faisait qu’éviter son pays, la fédération qui a oublié de voter en sa faveur pour le prix The Best. Et le champion d’Afrique choisissait de privilégier Man City aux Awards de la Confédération Africaine de Football. Auteur d’un magnifique but durant la victoire à l’extérieur des siens face à Man United en demi-finale de Coupe de la Ligue (1-3). Devenu une pièce essentielle de son club, le Citizen a préféré prendre ses distances avec sa sélection en particulier (pour des raisons personnelles). Et le football africain en général… ?

Effet papillon

Il reviendra peut-être lorsqu’il sera sûr de gagner. Le jour où les compétitions africaines serviront à récompenser les africains. Ou même avant, si City remportait la Ligue des Champions. Le Fennec recevrait certainement alors le Ballon d’or Africain (pour la seconde fois). Et pas le Ballon d’or France Football. Puisque remporter la C1 de l’UEFA ne suffit pas pour succéder au Roi Léo. Mais pèse énormément dans l’élection du meilleur joueur de la CAF. En gros pour être sacré en Afrique, il faut être visible en Europe. C’est simple…

Qu’on le couvre d’or !

Une réalité qui fait mal, tant certains sont blessés par le dédain dont ils font l’objet. La récompense de « Garrincha » ressemble plus à une consolation qu’à une consécration : à un sport divisé par un « bonbon » qu’à une fête. La sixième étoile de Messi continue de causer du tort au ballon rond. Et ce, au point où CR7 rejoigne Dubaï pour recevoir le prix du meilleur joueur de l’année 2019. Un trophée en or en l’occurrence…

C’est dire à quel point le BOFF a perdu en considération. Et sa petite sœur « noire » par la même occasion. Comment Mané, Ronaldo, Salah et Mahrez seront reçus cette année (s’ils reviennent) aux solennités respectives de France Football et de la CAF ? Affaire à suivre… à rattraper et à dépasser. Le football étant un sport collectif !


Arbitrage : Man vs Machine

Les révolutions technologiques ont toujours été à l’origine de nombreuses disputes. Des questions à choix multiples qui n’ont fait que déboucher sur deux réponses : « non, elle ne volera pas la place de l’homme » et son contraire. Le reproche qui semble véritablement être fait à l’assistance vidéo désormais. Cet outil devenu l’ennemi d’un ami qu’il était censé soutenir.

Tuée par le ridicule

La VAR est-elle hors-jeu ? Peut-on se demander aujourd’hui qu’elle est en activité. Dans ce sport conservateur, elle se fait difficilement une place. On lui reproche de ralentir le jeu, de le dénaturer, et pourtant elle ne fait que montrer du doigt ses incohérences. Trahir l’incapacité de certains officiels (voire plus).

https://twitter.com/ActuFoot_/status/1208803358729003008

Lorsqu’on voit la faute de Gazzaniga sur Marcos Alonso durant le derby Tottenham – Chelsea. Qu’on se penche sur la main de Smalling dans la surface lors de la réception du Torino par la Roma ce dimanche 05 Janvier 2020. Quand on réalise qu’il a smashé le ballon devant l’arbitre et que ce dernier est allé regarder la VAR, on cogite. On se dit : soit il ne voit pas bien. Soit ils le font exprès pour décrédibiliser la VAR. Le but  étant qu’on l’éradique purement et simplement.

Le doute sur le bénéfice                  

Pourtant le mode AV ne fait que démontrer que le football n’est pas si simple que ça. Et que sa probité varierait en fonction des équipes. Il y a eu tellement de méprises sur les pelouses que si certains trouvent le moyen de penser qu’il faut enlever la VAR, c’est qu’il y a plus qu’un problème dans ce sport. On refuse le hors-jeu au millimètre mais si le ballon frôle un joueur avant de sortir, on siffle une touche, un corner contre lui. Et que dire des cheveux qui marquent des buts ?

Un double boulot

L’objectif de la VAR n’est pas de déshumaniser le football. Elle lui donne juste un second souffle. Une adaptation primordiale à l’actualité qui prouve bien que si les journalistes ne faisaient pas du post-arbitrage, on n’en serait pas là.

Les médias sont les principaux utilisateurs de la vidéo. Ce sont eux qui transmettent, retransmettent et analysent chaque action au millimètre pour faire éclater la vérité. Donc même si on enlevait la VAR, elle resterait dans les téléphones, les tablettes, les ordinateurs, les télévisions et tous les autres appareils dotés d’une caméra. L’être humain y compris ! En outre, la dissoudre reviendrait à éteindre les écrans. Ce qui est impossible dans ce monde hyper connecté.

One way !

Les arbitres n’ont de ce fait plus d‘autres choix que de devenir des consultants et de faire leur travail. De s’améliorer en acceptant l’aide de leurs collègues assis autour d’une table à suivre les matches. Car ce qui est certain, c’est que la VAR ne prendra pas la place des hommes en noir. Elle augmentera leur nombre…


Antoine Kombouaré : Casque d’or for ever

La magie de la coupe a une nouvelle fois opéré. Ses rencontres épiques ont encore vu des amateurs terrasser des professionnels. En l’occurrence ceux de Saint-Pryvé-Saint-Hilaire. Victorieux de Toulouse 1-0 en 32e de finale de la Coupe de France. Un triomphe historique pour un club de National 2 : la défaite de trop pour Antoine Kombouaré. Limogé quelques heures après.

AK quarantaine

Une sanction à la mesure des résultats. 2 victoires et 11 défaites, c’est ce qu’on peut appeler un cuisant échec. Des louanges ne méritent pas de tomber sur ce type de résultats, mais là quand même (comme disent les québécois). Les tacles appuyés dont AK fait l’objet sont un peu excessifs. On parle d’un discours dépassé par un tacticien qui ne prêche que le combat. Mais qu’est-ce qu’il faut dire à des joueurs d’une équipe 20e sur 20 ? Bravo vous êtes les meilleurs ?

Limites

On dit toujours, il ne faut pas dézinguer les joueurs. Si vous êtes l’entraîneur d’un capitaine qui dans votre dos, sur le banc, regarde le Clasico de son téléphone pendant que son équipe se fait laminer : vous faites quoi ? Vous lui demandez le score? Comment motiver des joueurs qui sont sûrs de ne pas descendre en D2 en cas de relégation ? Qu’est-ce que vous dites à des cadres qui comptent sur leurs agents pour se sauver ?  

Ni dépassé, ni mauvais, Kombouaré est un bon entraîneur. Une ixième victime de ce football de plus en plus dénué de toutes valeurs sportives. L’un des bien trop rares managers noirs qui a su tâcher ce ballon blanc. Le calédonien  qui a ramené Paris sur le trône du football français. Une Coupe de France, 61 victoires, 37 nuls et 34 défaites. 13e en 2010, 4e en 2011, 1er en 2012, Casque d’or est parti de la capitale française en laissant les qataris au sommet de la Tour Eiffel.

Ce qui est discutable, c’est le timing. S’il ne voulait vraiment pas d’Antoine Kombouaré, Leonardo aurait pu convaincre les Qatariens dés le début de saison. Le foot, ce n’est pas une formule 1. Les entraîneurs sont des êtres humains. La gestion des hommes, c’est quelque chose de fragile.

Daniel Bravo, ancien joueur du PSG et consultant sur Canal +

Loyautés

Le natif de Nouméa était donc tout juste âgé de 49 ans quand Leonardo et le PSG le remerciaient pour bons résultats. Sur une phase ascendante de sa jeune carrière d’entraîneur, le champion de France 1994 aurait dû être contacté par des équipes de haut de tableau… Ce qu’Al-Hilal a naturellement fait en D1 Saoudienne.

12 victoires, 3 nuls, 3 défaites loin des 5 grands championnats. Au-delà du Vieux Monde, continent sur lequel les entraîneurs noirs ne sont visiblement bons qu’à diriger des équipes en difficulté. Des options qui expliquent mieux pourquoi le pourcentage de succès de l’ancien défenseur Parisien sur une touche n’est que de 36,6 %.