Fouda Fabrice

Diego Maradona : le contre-exemple

Diego n’est plus. Le football pleurera à jamais l’un de ses plus prestigieux rois. Des larmes justifiées sur le plan sportif, mais souvent remises en cause sur le plan éthique. Diéguito n’a pas toujours été un exemple sur le terrain et c’est aussi ça le problème.

QCM

C’est l’exception qui confirme la règle. La popularité de La Pelusa n’a de sens que dans l’opposition qu’elle suscite. Un homme apprécié de tous, ça n’existe pas. Le Maître faisait peut-être l’unanimité, mais pour le footballeur Peter Shilton, il a oublié de se faire pardonner :

« Il est le plus grand joueur que je n’ai jamais affronté. Mais ce que je n’aime pas, c’est qu’il ne se soit jamais excusé. À aucun moment, il n’a admis avoir triché et dit qu’il voudrait s’excuser. À la place, il a utilisé son expression,  »main de Dieu ». Ce n’était pas juste […]. Mais je suis attristé d’apprendre sa mort à un si jeune âge. »

Une pensée corroborée par l’entraîneur de Nantes, Christian Gourcuff, qui va plus loin et pense à la jeunesse :

« Maradona, je l’ai admiré, je l’ai vu évoluer dans ses meilleures années. Sur le plan technique, sur le plan de la virtuosité, c’était phénoménal […]. C’était un joueur d’exception […]. Après, c’était sans doute un chic type, je ne sais pas, je ne le connais pas. Mais il a eu une vie qu’on ne peut pas donner en exemple. Il faut relativiser : ce n’est pas parce qu’il est décédé qu’il doit devenir un exemple pour la jeunesse. »

https://twitter.com/RMCsport/status/1332311984583438336

Et Omar Da Fonseca, le plus grand fan de La Pulga* de lui répondre au micro de RMC Sport :

« Évidemment, il faut peser les mots. Si on dit que c’est un exemple, non. Se droguer, avoir plusieurs femmes, il ne faut pas le faire. Mais vous n’avez pas idée de ce qu’est la banlieue sud de Buenos Aires dans les années 1960. Un jour, il avait dit qu’il venait de la cave, du sous-sol, et qu’il avait touché les étoiles. Il s’est retrouvé seul à un moment donné. Il a connu le trou, et il s’est aussi baigné dans des endroits où il y avait des robinets en or. »

Des déclarations édifiantes, qui écorchent toute la délicatesse du culte voué à Maradona. Entre blasphèmes et tolérance de la malice, on surfe sur un sujet qui pourrait bien tirer notre avenir vers le bas. « La main de Dieu » n’a pas seulement donné l’avantage à l’Argentine face à l’Angleterre. Elle a, 20 ans après, eu aussi raison d’un joueur soupçonné d’avoir triché pour gagner son seul et unique trophée. Les Three Lions s’excuseront-ils pour le traitement infligé à Pelé (et à l’Argentine) en 1966 ?

Carton rouge

Le retour du bâton ? Le terrain seul ne suffira pas pour inculper qui que ce soit. Il n’est la preuve que si tu triches, tu auras le salaire qui va avec. Tous ceux qui gagnent le méritent, et inversement.

En déifiant la maladresse de Diego, on l’a définitivement enfoncé. Maintenu dans l’erreur, il en a fait une vie. On lui a donné l’impression que la duperie était acceptable et il a continué dans ce sens, pensant qu’il était intouchable. Après 1986, il utilisera encore sa main pour jouer de la tête au « pied-ballon ». Il pérennisera de ce fait un geste antisportif, que Thierry Henry et le sextuple Ballon d’or Lionel Messi reprendront après lui.

Pour le grand bonheur du sport roi ? Pas spécialement. Quand on voit ce qu’a subit Titi après sa main face à l’Irlande, on peut d’ores et déjà mesurer l’impact d’un tel acte. Une attitude que la VAR (l’assistance vidéo à l’arbitrage) n’encouragera certainement plus. À moins qu’on l’enlève pour entretenir l’esprit du jeu, comme disent certains…

https://twitter.com/football_fr/status/1331860293669040131

Sévir pour servir

« Où était la VAR lorsqu’on avait le plus besoin d’elle ? », se questionnait le Daily Star pour rendre hommage à l’Argentin. Ce titre choquant pose un problème néanmoins fondamental. Une question existentielle dont la réponse devrait servir aux générations futures.

Personne n’est parfait. Juger Maradona n’est du ressort d’aucun homme, pour paraphraser Habib Beye. Cependant, ce n’est pas pour autant qu’on doit sacraliser la tricherie. Ce serait « malsain », comme dirait Christian Gourcuff, de le faire : d’enseigner à ses enfants la déloyauté. Les défauts sont faits pour être anéantis : pas entretenus. Si on l’avait puni, si la VAR était née en 1986, Maradona serait peut-être encore vivant aujourd’hui.

*Surnom de Lionel Messi


Diego dans l’Éternité

La facture de 2020 continue de s’allonger. L’addition est plus que jamais salée. Les cœurs ne cessent de s’attrister, frappés par une succession de mauvaises nouvelles. Après Pape Diouf, Michel Hidalgo, Christophe Dominici, Kobe Bryant, Stephen Tataw, Manu Dibango et autres Mory Kanté, c’est au tour de Diégo Armando Maradona Franco de nous quitter. Il avait 60 ans…

El Pibe de Oro

3 jours de deuil national décrétés, une veillée au palais présidentiel, c’est dire la dimension de l’homme. Un footballeur devenu l’icône d’un peuple qui ne cessera pas de s’incliner devant les prouesses de sa vista. Un gaucher pur porté par un génie inimitable, Diego était plus qu’un joueur de football. Adulé par les uns, prié par les autres, le monde entier le pleure…

Les hommages affluent dans tous les sens. Pelé, Cristiano Ronaldo, Messi, Kylian Mbappé, Didier Drogba, Samuel Éto’o, Yaya Touré, Cristiano Ronaldo, Rivaldo, Michel Platini, River Plate … ses amis comme ses ennemis saluent l’immensité de son génie.

Parti trop tôt

Issu d’un milieu pauvre, Maradona est rapidement devenu celui qui devait porter sa famille. Grâce au football, il va donner une vie de rêve à ses parents, son frère et ses cinq sœurs. Des moments de joie souvent ternis par une vie extrêmement mouvementée.

Entre addiction à la cocaïne et sorties chaudes, le Maître a tourmenté son talent en même temps que sa femme et ses enfants. Une hygiène qu’il paiera probablement de sa vie, son corps meurtri par ses nombreuses escapades. Il part quasiment jeune pour un sportif à la retraite.

Naples, Argentine : mêmes honneurs

Sorti de l’hôpital après son opération risquée au cerveau, on pensait le revoir très vite. Des remontada, on en a vues avec lui. Il finissait toujours par revenir de ses cendres. Rendre joyeux ses nombreux fans comme lorsqu’il sortait des tunnels pour rejoindre la pelouse. Son jardin, ce lieu au sein duquel tant à Naples qu’en Argentine, il était porté en triomphe.

Admiré pour avoir donné à ces Bleus des trophées inespérés : deux championnats italiens, une Coupe de l’UEFA pour le Napoli et une Coupe du Monde pour les Albiceleste. Nous sommes en 1986 et son match face à l’Angleterre entrera dans les livres d’histoire. La main de dieu, le but du siècle : une victoire qui décrit bien ce qu’était la personnalité de Dieguito. Un homme extrêmement pieux, tourmenté par sa part d’ombre… Repose en paix Diego. A la mort de son ami, le joueur Pelé a souhaité réagir : « Quelle triste nouvelle. J’ai perdu un grand ami et le monde a perdu une légende. Il reste encore beaucoup à dire, mais pour le moment, que Dieu donne de la force aux membres de sa famille. Un jour, j’espère que nous pourrons jouer au ballon ensemble dans le ciel.« 


CAN 2022 : l’Algérie ne connait pas l’humilité

La course vers la CAN 2022 tire à sa fin. En mars prochain se joueront les ultimes journées de ses éliminatoires. Les derniers qualifiés se joindront au Cameroun, au Sénégal, au Mali, à la Tunisie et à l’Algérie. Les Fennecs ont validé leur ticket en prenant 4 points sur 6 lors de la double confrontation contre le Zimbabwe. Un aller-retour qui démontre encore toute la force des champions d’Afrique en titre, sans justifier l’arrogance de leur sélectionneur vis-à-vis du football africain.

https://twitter.com/topofthefoot/status/1329146725911629826

Au sommet de la montagne…

En effet, Djamel Belmadi, sur RMC Sport, n’a pas du tout été tendre avec le football africain : « le football africain est particulier. (…) Parce que les terrains, la distance, tout l’environnement est difficile (…) J’aurais du mal à imaginer une bonne équipe européenne avoir le même rendement en Afrique. »

En évoquant son dernier match, il va même ajouter : « il y a moins de 48 heures, à 15 h de l’après-midi, sur un terrain pourri, 30 degrés et c’est tout de suite très difficile  »

Tout le monde sait que le football africain n’est pas parfait. On peut lui reprocher son manque d’organisation, ses pelouses, mais pas son climat. Le temps qu’il fait en Afrique n’est pas voulu. Comme sur tous les continents, il s’impose. Ce sont ses réalités. C’est ça ou l’Algérie traverse la Méditerranée pour aller jouer dans la zone Euro.

Du Nord au Sud

Sinon, que l’Algérie s’adapte. D’autant plus que le climat du Continent noir appartient certainement au groupe des plus cléments du monde. L’hiver, l’été, le soleil brûlant et désertique du Moyen-Orient qui nous force à jouer le Mondial en novembre, ne sont pas plus doux que le ciel africain. Au contraire…

Aussi, dire qu’aucune équipe européenne ne peut s’en sortir en Afrique, c’est se contredire. L’Algérie aussi, c’est l’Afrique. Ses joueurs évoluent en Europe et sont champions d’Afrique. Ils arrivent à s’y imposer comme avant eux les Rabah Madjer, Salif Keita, Laurent Pokou, George Weah, Didier Drogba, Yaya Touré, Seydou Keita, El Hadji Diouf, Samuel Éto’o etc. Conclusion : tu peux être européen et jouer en Afrique.

Prestation surcotée

Ce que les Algériens font n’a rien d’exceptionnel. Belmadi n’est pas le premier sélectionneur africain à gagner avec l’équipe nationale de son pays. Les Ghanéens Charles Kumi Gyamfi et Fred Osam-Duodu, Stephen Keshi le Nigerian, et Hassan Shehata l’Égyptien l’ont fait avant lui.

On en fait un peu trop dans les médias. Ils ne sont que deux fois champions d’Afrique. Ils viennent de dépasser le Soudan et l’Éthiopie pour égaler la RDC et la Côte d’Ivoire. Ils ont battu la Colombie 3-0 et fait nul contre le Mexique 2-2 en amical : rien d’extraordinaire.

En matches officiels, le Cameroun a battu l’Argentine de Maradona, la Colombie d’Higuita et Valdérama et le Brésil de Ronaldinho. Le Nigrria a plié l’Espagne de Raul et Fernando Hierro. L’Égypte a terrassé l’Italie de Buffon et Pirlo et le Sénégal a recalé la France, championne du monde en titre.

Et que dire du but de Mahrez à Hararé ?

Magnifique, mais moins impactant que ce que Mboma a pu faire au même endroit le 17 Août 1997. Ce n’était pas les Warriors de Kadéwéré, mais de Bruce Grobbelaar. Le célèbre portier de Liverpool, sélectionneur à cet instant, a vu son gardien se faire clouer par deux missiles de Patrick Magique. Pied gauche – pied droit : pleine lucarne. Le Cameroun s’impose 1-2 et se qualifie pour le Mondial 1998.

Un effectif inférieurs à d’autres

Pour grandir l’Algérie, son effectif est souvent brandi. Et pourtant, il est moins éblouissant que celui du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Nigéria ou même du Ghana. Le Gabon a Aubameyang, l’Égypte Salah, le Maroc Ziyech et Akimi : Riyad Mahrez est l’arbre qui cache la forêt de guerriers sur lesquels se fonde leur caractère bien trempé. Rappelant ainsi à tous qu’au Caire, Benlamri et les siens ont battus les Lions de la Terranga aux poings… : pas dans la technique…

Pas de surprises…

En Afrique, il y a eu des équipes bien plus fortes et plus dominantes que l’Algérie. Dans le jeu comme dans les victoires, on peut citer : le Cameroun entre 1982 et 1990, le Cameroun du début des années 2000, le Ghana de la fin des années 1970, le Nigéria entre 1994 et 1998 ou l’Égypte de 2006 à 2010. Autant de générations qui contrairement au pays de Bennacer, ont gagné hors du Maghreb.

De ce fait, il faudra peut-être attendre pour le voir enchaîner un second succès consécutif au Cameroun. Patienter pour percevoir un changement chez eux, car on se souvient aussi des propos de Beloumi et de Feghouli, qui à l’issue de leurs belles prestations aux Mondiaux 82 et 2014, snobaient déjà l’Afrique en dédiant leurs succès au monde arabe. Au point ou le site Africa Top Sports se demandait le 27 Juin 2014 : L’Algérie représente-t-elle réellement l’Afrique au Mondial ?


La formation : l’avenir du football

Le Barça est au bord de la faillite. Il faut réduire les salaires et vite. C’est 190 Millions d’Euros ou rien. Sans cette somme le club Blaugrana court à sa perte. S’enfonce dans une crise sans joueurs, comme précédents, dont la formation est la seule solution. L’avenir d’un football qu’il faudra revoir à la base.

https://www.youtube.com/watch?v=RvYscMsilLA

Problèmes d’éthique

Les salaires stratosphériques sur lesquels roulent le football, commencent à peser lourd sur la balance. Sociale, parce qu’on a besoin de justice pour entretenir une société. Le sport roi qui jadis élevait les prolétaires, les multiplie dorénavant. Même si personne ne le dit, nombreux sont ceux qui le pensent. Maintenant c’est à leur tour de travailler pour les autres. De rembourser leurs dettes à cette économie, sur le déclin, qui leur a donné une si belle vie.

https://www.youtube.com/watch?v=ItCmwf1GTqw

Foot-aises

C’est l’aristocratie désormais. On parle argent et après on verra. La monnaie peut-elle servir de seul moteur à une activité ? C’est la question qu’il faut se poser, quand on voit tous ces gros salaires qui peinent depuis à trouver un club : pratiquer leur métier. Pour jouer, ils seront tous obligés à un moment donné, de battre en retraite. C’est ça ou la retraite… anticipée.

Disparaître ou s’adapter

Des joueurs il y en aura toujours. Pour pallier à ces départs qui se dessinent à l’horizon, former des futurs footballeurs deviendra une obligation. Avant le jeu, les mentalités devront changer. Une rémunération plus adaptée à la situation sera pensée et les anciens, qui n’auront pas fait de sacrifices, seront abandonnés. À moins que la crise ne s’arrête, l’avenir c’est la redistribution des richesses.


Blessures dans le foot : et si les joueurs étaient payés comme des infirmiers ?

La NBA va reprendre le 22 décembre prochain. C’est acté, chaque franchise jouera 72 rencontres en saison régulière. Les joueurs verront aussi leur salaire baisser. Un sacrifice à la hauteur des évènements qui montrent bien que ces milliardaires, qui ne perdront rien de leur superbe, gardent une oreille attentive sur ce qu’il se passe à l’extérieur. Dans ce sport ou le banc joue, l’empathie entretient le jeu. Il donne ainsi une leçon à son roi : le so-cœur

Chaire à canon

Désormais, le débat fait rage. Les blessures s’accumulent, les grands joueurs s’inquiètent, les petits dorment tranquillement. Les muscles des plus forts lâchent derrière ce calendrier infernal et animent les discussions. Cette période relance une furie qui date de bien avant le confinement. « On va tuer les joueurs » disent certains. Mais qui va tuer les joueurs, sinon ceux qui les envoient en pâture ?

https://twitter.com/ActuFoot_/status/1325188288525692930

Médias-tiques

Récemment, le journal L’Équipe accusait Mourinho d’être le principal responsable de la défaite de Tottenham face à Anvers, en Europa League (1-0). Il n’a en effet pas aligné son équipe type : il a perdu. C’est à croire que personne dans la rédaction du quotidien n’a vu Davies se rater sur l’unique but du match. Ce manque d’attention crayonne bien le monde moderne du ballon rond.

Ce monde, c’est celui d’un football ultra médiatisé, au sein duquel seules les stars comptent. On divise, on catégorise, on intronise : faire jouer les autres devient une aberration, une option de mauvais entraîneur, quand tout le contraire est attesté dans ce sport collectif. C’est maintenant que l’on reconnaîtra les vrais managers, ceux qui se soucient de tous leurs joueurs, qui protègent leurs stars…

https://twitter.com/lequipe/status/1321904936058265600

Training day

Chaque équipe a un effectif. 23 éléments et plus, dont le rôle est de se soutenir mutuellement en cas de fatigue. Du moins, si l’entraîneur le veut bien. C’est lui le boss, c’est lui qui a le dernier mot. S’ils se blessent tant, c’est aussi parce qu’il ne fait pas confiance à tout le monde. Si chacun jouait un match sur deux le temps que l’orage se calme, il y aurait certainement moins de blessures. Le problème n’est pas le calendrier, c’est la méthode. Les grandes équipes ont deux équipes. Le football doit s’adapter ou se confiner.

https://www.youtube.com/watch?v=e0ePiyD4VyE

Caprices

Ils étaient tous tristes de ne plus pouvoir jouer. Sur les réseaux sociaux, ils ne cessaient de regretter les terrains. Aujourd’hui, ils veulent faire marche arrière, avec les mêmes salaires : c’est le règne de la facilité. « Du repos ! », réclament-ils après plus de trois mois d’inactivité. C’est quoi, le problème, finalement ? L’hygiène de vie ou la mentalité…?

Ils pleurent, se plaignent mais jamais ne songent à tacler leurs mirobolantes mensualités. À côté d’eux, il y a pourtant ces gens qui les soignent, les choient, luttent contre un ennemi invisible, au péril de leur vie pour 1.000 fois moins qu’eux, patients peu sportifs. Un peu de respect. Reconnaissez au moins que vous êtes des privilégiés. Au lieu de geindre, redonnez le moral à votre société. Le but est de marquer, pas d’encaisser.

https://www.youtube.com/watch?v=sXHRNzIVTxk

Bénédictions…

Vous êtes bénis, il est peut être temps de partager. De revoir vos rémunérations pour faire vivre les autres. Si on réduisait l’énorme masse salariale des professionnels pour signer plus d’amateurs, garnir les effectifs, il y aurait sûrement moins de blessés. Plus de joueurs seraient alors aptes à jouer, et le spectacle continuerait sans bobos et sans interruptions.


PSG : Léonardo aurait-il perdu ses pouvoirs ?

Le PSG traverse une période difficile. Le club est en tête de son championnat, troisième de sa poule en C1, à trois points des places qualificatives pour le second tour et l’entraîneur, Thomas Tuchel, est menacé. Faute de résultats, il capitalise toute l’attention, ouvrant ainsi la porte à une sortie très attendue de son directeur sportif. Une séance médiatique qui comme par hasard, arrive après une autre pour clarifier une situation assez révélatrice de la perte de pouvoir de Léonardo, directeur sportif du PSG.

Comme un grand

Le Paris Qatari aura 10 ans l’an prochain. Le temps où Léonardo était le Grand Manitou du projet semble révolu. Le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, n’est plus un jeune apprenant du monde du football. Pendant qu’à Milan et Antalyaspor, le Brésilien alignait les contre-performances après Paris, lui accumulait de l’expérience.

Derrière le champion du Monde, l’homme d’affaire a oublié Ibra, signé Neymar, Mbappé et surtout Toto Tuchel. Comme un grand, l’ancien tennisman a mené sa barque tout seul et conduit son club en finale de Ligue des Champions.

Révolutions

Oui, c’était avec Léo, direz-vous. Cependant, les options qui ont permis au PSG de franchir un palier sont ceux de Tuchel, notamment Choupo-Moting. Le Camerounais a sûrement refusé de revenir, parce qu’il attendait une certaine considération dans les yeux de son ancien patron, obligé de le prolonger. Ses absences, alors, s’accumulaient.

On a préféré garder le magnifique Jésé et titulariser Icardi, le remplaçant de Cavani. Un bien grand mot, une énigme, un choix de Léo. La fibre italienne a encore frappé. Sauf que tout le monde n’est pas dupe… Zlatan, Thiago Silva, ou Thiago Motta. D’ailleurs, tout ça, c’est le passé. Ney et Kyky ont pris le pouvoir. Pour que l’ancien capitaine de l’Inter retrouve les buts, il faudra soit qu’il parte, soit qu’on force la paire à jouer pour lui. Bref il faudra attendre l’année prochaine…

La Bundes – Ligue 1…

Pour savoir si le buteur Argentin est encore en mesure de marquer, il faudra patienter. Le temps que Tuchel parte lui aussi, parce qu’il faut dire qu’il est cerné, le petit. Même son entraîneur n’est pas impressionné par son transfert à 50 millions d’euros, histoire de montrer à son mentor qu’il est déjà sur les starting-blocks.

Le Bayern l’attend lui aussi, qui sait. « Les Allemands aiment bien mettre en lucarne tous les ballons renvoyés dans l’axe par les Français », dit le logo de la Bundesliga. Qui savait pour Choupo-Moting ?

Paris Football Club

Qui aurait cru qu’il pouvait refuser Paris, dire non à Léo ? Et si le vrai départ à venir était celui de l’ancien Parisien ? Sa sortie en faveur de Marseille ne serait-elle pas une façon pour le Carioca de fuir ses responsabilités ?

S’il a frappé aussi fort, c’est certainement pour envoyer un message à ceux qui ne l’écoutent plus. Luis Fernandez et les supporters n’ont pas aimé, qu’en sera-t-il de l’Émir, supporter numéro 1 ? Tout de blanc vêtu, il n’a pas dû apprécier l’éclaboussure. Léonardo :

«  Les autres clubs qui ont commencé à gagner dans les années 1970, comme l’Inter ou l’Ajax, ont été construits dans les années 1890. Il y a une culture dans la ville, une culture à construire. Paris, par exemple, n’a jamais été exactement la ville du foot. C’est toujours Marseille »

Il faut dire qu’au PSG on n’aime pas trop les « Payet ». On préfère les strass, c’est l’ADN du projet. En touchant à Paris, Léo a taclé les Qataris. On ne plante pas sa graine sur une terre où elle ne poussera pas. Sauf si « on » a une case en moins…

Renaissances

D’autant plus qu’« on » a le moral en berne. Épargné par la justice, Al Khelaifi a dû mettre le PSG de côté pour un moment. Confiné à Doha, c’est de loin qu’il observe son DS utiliser ce genre de propos : rappeler qu’un départ de l’entraîneur, le choix de son supérieur, n’est pas d’actualité. De ce fait, qui donc est sur la grille ? Et si la fin de l’histoire se résumait à ses débuts ?


Paris : Tuchel pour Galtier ?

D’après le journal L’Équipe, le départ de Thomas Tuchel du PSG serait inévitable. Léonardo en tête, les joueurs ensuite et Thiago Motta probablement, seraient ouverts à un départ de l’Allemand. Une situation utilisée par les médias Français pour battre campagne en faveur d’un entraîneur Français à la tête de l’actuel meilleur club Français.

Galtier après Blanc ?

Après avoir désespérément rêvé d’un retour de Laurent Blanc, les caméras Françaises auraient jeté leur dévolu sur Christophe Galtier. D’après certains d’entre eux, l’homme fort de Lille serait même le meilleur entraîneur de Ligue 1 actuellement, devant Tuchel. Un curieux qualificatif, quand on sait que son club occupe la 2e place du classement derrière le champion en titre Parisien.

Procuration

Normalement le numéro 1 est premier… Sauf qu’on parle quand même du tacticien qui a cartonné le Milan AC, leader de Série A, à domicile 0-3. Avant de revenir sur terre à Brest, cueillis à froid par de surprenants Bretons. Un succès qui ferait d’Olivier Dall’Oglio le meilleur entraîneur de Ligue 1 par K.O : l’homme qui a battu 3-2 l’homme qui a battu 5-1 l’homme qui a battu le Real Madrid 3-0.

Une redondance qui démontre à quel point le départ de Tuchel est souhaité. Annoncé à Lyon comme Laurent Blanc, c’est peut-être à Paris que le meilleur entraîneur de Ligue 1 en 2013, à égalité avec Carlo Ancelotti, va poser ses valises. Il succéderait alors à un gros gagneur qui selon certains, n’a aucun mérite. Comme dirait quelqu’un : « les titres avec le PSG ne veulent rien dire. » C’est l’argent des Qataris qui ferait tout le boulot…

À qui mieux mieux

Alors qu’en est-il du palmarès de Tuchel sans le PSG ? Est-il meilleur que celui de Galtier… sans le PSG ? Oui, sans aucun doute. Même s’ils ont chacun gagné un seul trophée domestique, la Coupe d’Allemagne pour l’un et la Coupe de la Ligue Française pour l’autre, l’ancien technicien de Dortmund a une belle longueur d’avance sur le Marseillais. Notamment grâce à son quart de finale de Ligue des Champions perdu face à Monaco en 2017.

C’était sa première fois en C1, et le meilleur entraîneur de l’histoire du BVB en terme de pourcentage de victoires*, a fait un beau parcours. Un tapis rouge digne de celui qui sera élu cette année meilleur entraîneur de Bundesliga.

Léo dans la Botte

Cependant, il faudra bien plus à Galtier pour investir la touche du club de sa capitale. Le rival du club de sa ville natale n’a d’yeux que pour l’Italie. Le directeur sportif de Paris utilisera encore ses réseaux pour sortir du Jardin de l’Europe, le futur coach de son équipe. Au grand dam certainement, de tous ceux qui pensent à l’Hexagone pour la succession de Tuchel. Quoique..

*Thomas Tuchel a quitté Dortmund avec 63% de victoires


Le PSG, Tuchel et les médias français

Samedi, le 7 novembre, le PSG a accentué son avance sur Lille. Désormais à cinq points des Dogues, les Bleus et Rouges ont eu raison des Rennais au Parc des Princes (3-0). Une victoire imposante qui malgré la cascade de blessures secouant le club de la capitale, n’impressionne pas plus d’un. Les critiques à l’encontre de Thomas Tuchel continuent de se faire entendre. Des voix de plus en plus fortes, qui ont tendance à agacer le technicien allemand…

https://twitter.com/CanalFootClub/status/1325202940995510273

Quiproquo

En effet, Olivier Tallaron en a pris pour son grade. Le journaliste de Canal+, en interviewant l’entraîneur parisien à la fin du match contre Rennes, a payé pour tous ceux qui critiquent le bilan du natif de Krumbach. Éric Carrière a bien essayé de le défendre, mais il n’a fait qu’occuper son poste habituel de meneur de jeu. Tuchel, énervé, s’est éclipsé, reprochant au commis du Canal Football Club et ses collègues un manque de respect. TT :

« Si vous savez ça, je ne comprends pas la question. Pour moi, vous manquez de respect aux joueurs qui sont là, vous manquez de respect à la performance de l’équipe en posant cinq questions sur Marquinhos, deux sur (Alessandro) Florenzi, aucune sur le match, aucune sur l’adversaire. Ça montre que vous n’avez pas du tout de respect pour ce que l’équipe doit faire ici, et ça, c’est très triste pour moi… »

Incompréhension

L’ancien entraîneur de Dortmund ne comprend toujours pas pourquoi il est acculé de la sorte. Finaliste de la C1 et auteur d’un quadruplé domestique la saison dernière, il ne trouve pas de mots pour apprécier les pierres qu’il se mange. Malgré un bilan si formidable, il est obligé de justifier ses choix tout le temps. Notamment celui de Marquinhos, le défenseur qu’il a transformé en milieu défensif.

Et pourtant, il ne sera ni le premier ni le dernier tacticien à le faire. Sir Alex Ferguson avait changé Alan Smith, attaquant, en milieu défensif pour remplacer Roy Keane. Ancelotti trouva jadis que Sergio Ramos pouvait évoluer en numéro 6. Mourinho a fait jouer Robert Huth, Pépé et Kurt Zouma, défenseurs centraux, comme attaquant et milieux défensifs. Pep Guardiola a utilisé Yaya Touré en défenseur central. Et tout récemment, Rudi Garcia transformait Bouba Kamara, défenseur central, Maxwell Cornet et Bouna Sarr, ailiers, en milieu défensif et arrières latéraux.

C1 parmi tant d’autres

Des faits qui démontrent tout le bien fondé de l’action de Toto Tuchel. Danilo a tort de parler ainsi à son supérieur. Il est peut-être incompris, mais ses résultats montrent qu’il a raison de tenter des coups, quitte à les recevoir. Ceux qui lui reprochent en sourdine de ne pas avoir gagné la Ligue des Champions, ne comprennent rien au football. Perdre 1-0 face au Bayern, sextuple champion d’Europe, c’est déjà une victoire. Pas besoin de faire un dessin…

Il suffit juste de rembobiner pour voir ce qu’il se passe. Faire quelques pas en arrière et revoir Kombouaré, Ancelotti, Blanc et Emery se faire trucider par des médias omniprésents. En France, plus que dans d’autres pays, les micros et les caméras ont beaucoup de pouvoir sur le football.

C’est à croire, même, que les joueurs suivent plus les débats que leurs entraîneurs, très souvent victimes d’une opinion tactique répandue sur un plateau. La Ligue 1 est le seul championnat au monde ou l’on voit des joueurs, à la mi-temps, fatigués, s’arrêter pour parler aux journalistes. Prendre le risque de gâcher une minute sur les 15 imparties à la récupération pour arriver en retard à la causerie.

Traditions

En outre, on joue avec l’indiscipline pour mieux accabler les entraîneurs. Aussi, si Tuchel était viré par Leonardo, le PSG repartirait à zéro, comme d’habitude. Joueurs – dirigeants – médias… La logique du Triangle de Bermudes qui a longtemps freiné l’évolution de Paris serait actée. Et comme dirait Einstein (voire quelqu’un d’autre) : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »


Sinaly Diomandé : un futur grand

La Côte d’Ivoire, depuis la retraite de Didier Drogba, se cherchait un avant-centre. Un éléphant digne de ce nom qui saurait remplacer à merveille l’ancien buteur Marseillais : une attente comblée avec l’arrivée de Sébastien Haller. Tel un Hummer, le Hammer arrive pour garnir une attaque à l’intérieur de laquelle, aux côtés de Gervinho, Pépé, Zaha, Boga et autres Gradel, il sera la pointe. Le joueur providence d’un secteur, mais pas d’une équipe. Le mérite revenant à un jeune défenseur de 19 ans épatant de solidité : Sinaly Diomandé.

Made In Africa

Comme il est de coutume dans ce sport, l’Afrique a encore apporté sa contribution. La Grande Team formée par Mané, Yaya Touré, Salah & Co a récemment été complétée par Diomandé. Polyvalent, le défenseur de l’Olympique Lyonnais rejoint une liste d’éléments nés, formés sur le Continent Noir et capables d’évoluer au haut niveau. Une nouvelle trouvaille de l’Académie Jean-Marc Guillou qui démontre bien que l’Afrique, autant que le pays de Laurent Pokou, n’est pas à cours de talents.

Un espoir pour la Côte d’Ivoire

Barré en club par le duo Lindelof – Maguire, Éric Bailly avait besoin d’être épaulé en sélection. Ses prestations devenant de plus en plus moroses, le champion d’Afrique 2015 continuait de se morfondre dans le doute. Après deux CAN plutôt ratées, le Mancunien devrait renaître avec l’arrivée du Lyonnais. D’autant plus que le Gone peut aussi évoluer en arrière latéral, et laisser Ismaël Traoré pourvoir cette arrière garde trop friable jusqu’ici.

En mode patron

Tout comme celle de Lyon d’ailleurs. Depuis que SD2 a quitté la réserve pour les A, le club Rhodanien semble avoir trouvé une certaine stabilité derrière. Titulaire indiscutable, l’Ivoirien enfile les matches comme les bonnes performances, pour le plus grand bonheur de son entraîneur évidemment :

« On voulait développer Sinaly cette saison. Il a pris confiance lors de son match à Lille. Contre Monaco, il avait été bon mais je l’avais trouvé un peu crispé après le penalty. Il avait pris un jaune, et il faut qu’il gère ce genre de situations. On a fait de la vidéo pour lui montrer certaines choses. Il est perfectible, à l’écoute, généreux. La matière première, il l’a. Et elle est impressionnante. Tactiquement, il faut encore bosser avec lui. Avec Claudio Caçapa, on a travaillé en ce sens avant le match à Lille »

Espérons donc que ça dure…


Football club : « les hommes mentent, mais pas les chiffres »

Le 15 octobre, sur le plateau de La Grande Team*, Teeyah, Roger Stéphane, Yelo et les autres s’interrogeaient sur la réelle valeur des buteurs d’aujourd’hui. « Football moderne : la dictature des chiffres », était le titre du sujet épluché. Le nom donné à ce morceau choisi, qui reflète bien la réalité  d’une discipline confrontée à une vérité qui l’oppose à son passé.

De Pelé à nos jours

Le 19 novembre est célébré au Brésil le 1000e but de Pelé. Une date qui toutefois, n’empêche pas certains de réduire le nombre de buts du roi à 767. On reprocherait à l’homme aux 1000 buts d’avoir marqué durant des matches d’exhibition. Pourtant, Olivier Giroud, avec 26 buts en matches amicaux, est désormais second meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. Quelle différence y-a-t-il entre un match amical et un match d’exhibition ? On se le demande bien.

https://www.youtube.com/watch?v=p6gbSX3-BAg

D’autant plus qu’aujourd’hui, des rencontres officielles se jouent avec cinq changements. Un véritable affront quand on sait que jusqu’en 1970, il n’y avait pas de remplacement dans les matches… Bienvenue dans le football moderne. Un jeu qui sait tout sur tout, au point de se convaincre que le passé ne compte pas. Un enfant gâté qui a honte de ses parents, voilà qui explique mieux pourquoi le footballeur moderne ne respecte pas ses supérieurs.

https://www.youtube.com/watch?v=QenUdQSldqw

MODERN-IS-ME

C’est la conjoncture actuelle. Le football est le seul sport qui ignore son histoire. Le jour où la Décima du Real Madrid sera contestée – comme les 1000 buts de Pelé – arrive à grandes enjambées. Parce que la Coupe des Clubs Champions a changé de nom pour devenir Ligue des Champions, les Merengues devraient perdre leurs 6 premiers trophées pour n’en compter que 7. C’est l’histoire d’une politique qui sans dire le nom de son parti, en adopte un autre pour effacer son passé.

Sur le papier

Un cocktail interdit sur la cour du roi des sports : c’est toute l’ambigüité de cette manipulation numérologique. Comment construire un avenir sans son passé : faire pousser une plante sans ses racines ? On joue avec les chiffres pour installer certains et détruire d’autres et on omet l’essentiel : la victoire.

Nos chers grands buteurs sont souvent très petits pendant les grands matches. Là où Zidane te mettra un doublé de la tête, Messi sortira la tête baissée. L’argentin de 33 ans n’a jamais marqué au second tour d’un Mondial, mais il est meilleur que Maradona. Les chiffres sont catégoriques là-dessus. Quoique, peut-on vraiment se fier à des « gens » qui disent que Giroud est meilleur que Platini ?

*Émission sportive de « La 3 » chaîne de télévision ivoirienne