Fouda Fabrice

Football : L’Africain à l’épreuve de la simplicité

L’Afrique entière est choquée aujourd’hui par la disparition de la brillante Diary Sow. Nommée deux fois « meilleure élève du Sénégal », auteure d’un livre, notre tristesse grandit en son absence. On continue de chercher la sénégalaise de 20 ans. Mais on se demande pourquoi n’a-t-elle pas fini ses études au Sénégal ? Une réponse pourtant évidente : elle ne pouvait pas. Le Continent Noir reste encore cette terre qu’on veut fuir pour réussir. Un caractère bien illustré dans le football…

L’avenir avant tout

Aujourd’hui de nombreux joueurs d’origine africaine hésitent entre le pays de leurs parents et leurs pays d’accueil. Que peut-on leur dire si ce n’est : « Pensez à votre avenir ! ». Quand on voit comment le jeu le plus simple est géré en Afrique, on ne peut que les encourager à rester en Europe. C’est bien d’être authentique, mais c’est mieux de penser à sa famille. Tant qu’ils sont traités avec dignité, les footballeurs africains ont le droit de jouer pour les pays européens.

Immigration choisie

Où va le football africain ? On ne le sait pas encore. Ce dont on est sûr cependant, c’est la destination de ses meilleurs joueurs. Les partenariats sud-nord se multiplient et le rapport de force reste le même. Affichée, la volonté est claire : vendre le maximum de talents.

Qui perd gagne

Le football africain ne cherche plus à nourrir ses footballeurs, il cherche à les vendre à l’extérieur. Mais est-ce que le Vieux Continent peut tous les accueillir ? Non. Chez eux aussi, il y a des pauvres. Il y a des enfants qui rêvent de jouer dans des grands clubs. Des rêves brisés par des jeunes sur qui la difficulté n’a plus d’effets.

On parle souvent d’âge, mais ce n’est pas toujours ça. Le poids de la vie a eu raison de son physique et l’adolescent s’est endurci. Imbattable désormais, il suscite naturellement la haine de ses nouveaux concurrents : c’est la montée des extrémismes.

Le développement ou rien…

Les antagonismes entre les deux sociétés montent et parce que les africains ne peuvent pas rentrer, ils luttent contre le racisme. Fuyant les difficultés de leurs soccers, ils sont obligés de se battre pour survivre.

Pourtant, ça aurait été plus simple si les championnats locaux étaient bien structurés. Ce développement aurait considérablement réduit les départs et permis aux Africains de bien gagner leurs vies sur place. Seuls les obstinés seraient alors partis…

https://www.youtube.com/watch?v=Z1hvEsdkmok

En outre, le prochain président de la CAF aura un grand chantier. Si le football africain ne met pas en place une politique africaine calquée sur ses réalités. S’il ne s’arme pas d’une institution forte et d’un mercato qui fera circuler les capitaux entre clubs africains, il va disparaître. La Chine se ferme, l’Europe se radicalise et le Moyen-Orient n’est pas forcément chaud. Le compte à rebours à commencer…


Racisme : Ne touchez pas au mot « négro » !

Les réactions à chaud n’ont jamais refroidi les ardeurs de la vérité. Si le racisme peut être combattu aujourd’hui c’est parce que des mots comme « négro » existent. L’effacer ou tenter de le faire serait indubitablement un crime contre l’humanité. Dans ce mot, il y a les expressions confondues d’une histoire à assumer et d’un chemin certain vers la liberté.

Responsabilités

Ce serait trop facile de voir dans le mot « négro » une locution qu’il faudrait interdire pour éradiquer le racisme. Les stades vides, on a bien vu que les ultras n’étaient pas les seuls vecteurs de ce fléau socio-historique. Leurs réactions passionnelles montrent même que la préméditation n’est pas de leur ressort. S’ils le font sans réfléchir, certains prennent le temps de penser leur méprise avant de l’exprimer.

Stigmat

Le terme « négro » n’est qu’une cicatrice de l’histoire. Une statue qu’il ne faudra pas déboulonner pour renvoyer une bonne image à l’audience. Avoir bonne conscience demande plus que de la colère superficielle. Éduquer les générations futures sur les méfaits de leurs aînés, blancs comme noirs, est la seule façon de changer cette injure en bonne leçon. Le but est de fixer la balafre droit dans les yeux et de se dire : « Plus jamais je ne ferai ça ».

Des chaînes aux médailles

S’attaquer au mot « négro », reviendrait également à voler aux noirs leurs noblesses. Le négro n’est pas qu’un esclave, encore moins un homme qui troqua jadis son avenir contre du whisky et des tissus pagnes. C’est aussi une personnalité à la peau noire, douée d’une remarquable finesse d’esprit.

Il est la racine d’une affirmation atemporelle qui ne cesse de contredire ces clichés qui avilissent son être. Le rire où on attendait les pleurs, le chant contre les plaintes, la création pour humilier la résignation : le nègre et sa médaille. Négritude, Negro Spirituals, Nations Nègres et Cultures, Negrissime l’homme noir devrait rester.

Bonne année 2021 à tous !


Football : quel avenir pour les stars ?

Au centre du business du sport roi, les stars sont sur le point de perdre leur éclat. Partout dans l’Europe, les grands clubs semblent vouloir se séparer de ses footballeurs qui leur coûtent extrêmement chers. Le football est sur le point de prendre un virage décisif quant aux conditions de leurs présences dans les équipes qui le composent.

https://www.youtube.com/watch?v=SMYAgWksJOk&t=1s

Messi et Ronaldo en tête

L’une des illustrations de ce tournant reste l’avenir incertain des deux grandes stars du Ballon Rond. Où iront Messi et Ronaldo l’an prochain ? La Juventus s’est positionnée sur une reconstruction et ne devrait pas prolonger, à contrecœur probablement, le Portugais.

https://www.youtube.com/watch?v=vkvji4xEGJ8

Quant aux Barcelonais, ils ne veulent pas l’avouer, mais vendre le roi Léo leur ferait un bien fou. Ils flirtent avec la faillite et se séparer de l’Argentin leur permettrait d’envisager un avenir plus serein. Notamment avec les talentueux Pedri, Riqui Puig et autres Mingueza. Le Covid-19 grogne et les portes s’ouvrent grandement…

Ventes forcées, crise oblige

Diégo Costa out de l’Atlético Madrid, Coutinho re-poussé dehors par Barcelone, Ozil invité à quitter Arsenal, Falcao Galatasaray, Rabiot la Juventus et Pastore qui ne veut pas partir de la Roma, la tendance à la vente des gros salaires n’est plus une vue de l’esprit. Les arènes sont vides, il faut bien renflouer les caisses. Les seuls droits télés ne pèsent plus si forts dans la balance.

Il faut dire qu’une tribune couverte de bâches publicitaires au lieu de supporters, ne donne pas une si belle image que ça. Aujourd’hui qu’ils ne sont plus là, on se rend compte de l’importance quasi fatale des fans. Les « stades-sandwichs » c’est bien mais ça ne rassasient toujours pas.

Les eldorados financiers se ferment

La fin de la Starmania est d’autant plus certaine que seuls « ceux qui ne respectent pas le fair-play financier » comme dirait Mourinho, peuvent encore faire des folies. Et dans ce cas précis, deux catégories se dégagent clairement :

  • les clubs riches qui n’appartiennent pas à l’UEFA
  • et le doublon formé par Man City et le PSG.

En écoutant le lusophone, on sait très bien qu’il ne conjugue pas les verbes du premier groupe. C’est à dire celui de la Chine qui a plafonné les salaires des étrangers, de la MLS, de l’Arabie Saoudite ou du Qatar, lieux par excellence pour les vedettes sur la fin. Son dévolu est indubitablement jeté sur les deux équipes qui aimeraient enrôler La Pulga. Des ambitions onéreuses qui montrent bien qu’elles auront à cœur de contourner un fair-play financier, attendu au tournant, pour y arriver.

Retour sur Terre

Dans le cas contraire, nos chères étoiles devront amorcer un atterrissage forcé. À moins de s’écraser, elles ont l’occasion de redevenir des « personnes normales » en retouchant des « salaires normaux ». C’est ça ou le chômage avant la reconversion.


Tuchel viré, Paris repart à zéro

Thomas Tuchel n’est plus l’entraîneur de Paris. Le meilleur technicien de l’ère Qatarie vient de se faire éjecter, après une victoire 4-0 sur Strasbourg. Mauricio Pochettino prendra sa place et aura la lourde tâche de construire une équipe qui semble avoir fait le mauvais choix.

L’histoire à la poubelle

C’est quasiment une règle au nouveau PSG. Si vous voulez être sûr de partir, il faut faire partie de l’histoire du club. En plus de mettre ses véritables anciennes gloires sur le côté, les dirigeants qatariens se chargent aussi des nouvelles.

Après Cavani, c’est au tour de Tuchel de se faire saquer sans ménagement. Le premier entraîneur à mener les Bleus et Rouges en finale de Ligue des champions succède malheureusement au meilleur buteur de leur histoire. Quel avenir radieux veut-on construire sans passé glorieux ? On se le demande bien…

Pocho, le nouveau « mister » ?

La dernière fois que les Qataris ont viré un entraîneur en cours de saison, c’était en décembre 2011. Antoine Kombouaré, champion d’Automne, partait et laissait alors son siège à Carlo Ancelotti. Une arrivée en fanfare qui devait se terminer en queue de poisson la saison d’après.

Sans avoir remporté le titre de champion qui lui était promis la première année, l’Italien se rattrapera la deuxième. Avec 83 points, 12 de plus que Marseille, il soulèvera son seul trophée au PSG. Sera-t-il pareil pour l’ancien tacticien de Tottenham ?

Un palmarès néant, un grand rêve

Malgré tout l’amour que lui porte les médias, Pochettino reste un entraîneur sans titres. Il est d’ailleurs le seul de l’ère QSI à débarquer avec ce statut. Kombouaré et Tuchel, les moins titrés de cette période, avaient au moins gagné des coupes nationales. La Coupe de France pour le premier et la Coupe d’Allemagne pour le second.

Même s’il a joué la finale de la C1 avec les Spurs, c’est sur un échec que l’Argentin reviendra dans la capitale française. Paris prend donc un gros risque, d’autant plus que l’effectif devrait être moins reluisant l’an prochain.

https://www.youtube.com/watch?v=OJimZaUWxRo

Leonardo écouté, dribblé et bientôt viré ?

S’il y en a un qui devait être content après l’annonce de cette éviction, c’est bien Leonardo. Le directeur sportif du Paris SG a enfin eu ce qu’il voulait. Tuchel est parti de Paris mais Allegri n’est pas arrivé. Le Brésilien a été écouté sans être suivi. Une situation bien résumée par le site Foot Mercato :

« Comme il y a deux ans et demi pour Thomas Tuchel, c’est bien Doha qui a tranché pour le nouvel entraîneur en favorisant finalement Mauricio Pochettino. Une manière de contre balancer aussi un peu le pouvoir de Leonardo, tout en nommant un entraîneur libre et réputé sur la scène européenne »

La traditionnelle guerre parisienne qui oppose le directeur sportif à l’entraîneur peut donc commencer. Le nouveau manager est là et l’ancien pourrait s’en aller s’il ne fait pas le poids. Affaire à suivre…


Gerard Houllier : Ode à un génie

Le 16 Décembre dernier, le Stade d’Anfield Road lui a rendu un dernier hommage. En battant Tottenham de la plus belle des manières, Liverpool s’est associé à ses supporters pour accompagner l’un de ses plus grands managers vers l’Éternité. C’est l’épilogue d’une vie marquée par une carrière épique qui a considérablement impacté l’histoire du football mondial.

Le premier roi du Parc des Princes

Aujourd’hui sous la houlette d’un Émir, Paris n’est pas à ses premières heures de gloire. Les Qataris jouissent d’une fondation qui a été solidement imbriquée par des pionniers qui croyaient dur comme fer à ce jeune club.

Parmi eux Gérard Houllier. Après avoir passé trois saisons à Lens, dont une à la 4e place qualificative pour la Coupe de l’UEFA, le natif de Boulogne-Billancourt sera l’entraîneur du premier PSG champion de France. Nous sommes en 1986, deux ans avant son départ.

État désuni

Derrière ce sacre, la côte de Gerard Houllier monte. D’adjoint de Michel Platini, sélectionneur de l’équipe de France à ce moment, il passe à numéro un sur le banc des Bleus. Un court passage marqué par une date mémorable : celle du 17 Novembre 1993. Ce jour où la Bulgarie viendra battre les Tricolores à domicile (1-2) pour les priver de la World Cup 94.

La faute à un certain David Ginola, entré en jeu en fin de match. Sur un centre manqué, l’attaquant Parisien sera à l’origine de la plus grande déception du technicien Français. De son imprécision naitront la contre-attaque et le but qui privera la France d’un été aux USA. Une réalisation d’Émil Kostadinov…

Steven Gerard Houllier

Toutefois, le tacticien ne restera pas sur cet échec. Il sera nommé Directeur Technique National de l’équipe de France, participera au sacre mondial de 98 avant de se poser sur la grande île. En Angleterre, il rejoint le club de Liverpool et contribue à le relever.

En plus d’être l’homme de ce quintuplé historique* de 2001/2002, GH est un lanceur de légendes. Il restera à jamais le manager qui a montré la voie aux mythiques joueurs que sont Steven Gerrard, Jamie Carragher et Michael Owen, le Ballon d’or. Vainqueur d’une autre Coupe de la Ligue en 2003, sa « virée rouge » sera dangereusement freinée par une bissection aortique. Laquelle l’éloignera du terrain pendant un moment après avoir failli lui prendre sa vie.

Un retour gagnant à Lyon

Après son triomphe Liverpulien, Gérard Houllier pérennisera l’hégémonie Lyonnaise des années 2000. Champion en 2006 et 2007, il remportera avec les Lions ses derniers trophées en tant qu’entraîneur.

À l’OL il reviendra en qualité de conseiller extérieur, après un dernier poste d’entraîneur dans le club Anglais d’Aston Villa. Une escale écourtée par ce souci à l’aorte qui lui sera finalement fatal le 14 Décembre 2020. Dans l’imaginaire, il restera à jamais l’un des pionniers du succès des tacticiens Français hors de l’Hexagone. Il avait 73 ans…

*Coupe de la Ligue – FA Cup – Coupe de l’UEFA – Supercoupe d’Europe – Community Shield


PSG – Basaksehir : Quel impact ?

« Être un homme est plus important qu’être un champion », dit la maxime. Des mots d’Éric Cantona idéalement assimilés par Pierre Wébo et son jeune frère Demba Ba, initiateurs d’un acte qui fera date dans l’histoire du football. Il y aura certainement un avant et un après 08 Décembre 2020. Les sorties confondues de Paris et de Basaksehir feront bien mieux que s’opposer aux mots de Sebastian Coltescu.

https://www.youtube.com/watch?v=d7HSpVIWer4

L’union fait la force

La NBA avait lancé la mode, la NFL, la MLB, Golf PGA, la WTA et la MLS avaient suivi. En refusant de jouer les Playoffs après le shooting subi par Jacob Blake, les Bucks de Milwaukee déclenchaient une révolution qui devait s’exporter hors de la bulle d’Orlando.

Désormais les joueurs utilisent leur image pour lutter contre le racisme. Après les tweets et les posts : les actes. Les paroles en l’air s’inclinent dorénavant devant des actions concrètes, témoignant de l’union qui s’installe entre les noirs et de nombreux sportifs. C’est le début d’une ère durant laquelle, le footballeur noir n’acceptera plus n’importe quoi. Ou non…

Un feu de paille ?

« Ne mords pas la main qui te nourrit », conseille un adage français. Le football génère beaucoup d’argent. Beaucoup de familles sont nourries par sa manne financière. Sortir du terrain est donc, au vu de ce contexte, un acte qui ne mènera nulle part. S’il n’y a pas de matches, il n’y aura pas de football. En quittant la pelouse, les joueurs prennent le risque de perdre leur métier, ce qui ne semble pas être leur objectif. Conclusion : rien ne devrait changer. Le débat devrait juste être déplacé.

Un problème ajourné

Coltescu sera puni. L’UEFA l’éloignera des pelouses pour l’installer dans la société. Il n’y aura plus de racisme dans les stades, mais à l’extérieur. Il y a donc plus de chance dorénavant qu’il y ait plus de racistes dans la société que sur la cour du roi des sports. D’autant plus que pour ne pas être considéré comme raciste, il faut se taire. Tant que rien n’est dit, tout est beau.

Une haine décuplée

Sauf qu’il y a la liberté d’expression. « Négro » est un élément de langage : un terme qui signifie noir en Espagnol. L’éradiquer est donc purement et simplement infaisable. Le prononcer est un droit dont nombre d’individus aimeraient jouir. En leur refusant cette souveraineté, on crée une frustration qui devrait se retourner contre les noirs. Tout est de ce fait réuni pour que les nationalistes se radicalisent. Devant ces mesures qui les empêchent de s’exprimer librement, ils pesteront.

On risquerait donc d’assister à une recrudescente des actes anti-noirs sur et en dehors des terrains. Ce que personne ne souhaite évidemment. Mais que faire si ce n’est constater l’évolution de cette gangrène ? Avant c’étaient les supporters maintenant ce sont les officiels. En outre, subir les conséquences de cette histoire injustement écrite est inévitable…


Quand le racisme rencontre un Lion Indomptable

Le 08 Décembre 2020 est désormais une date historique. Pour le football européen, voir deux équipes en Ligue des Champions, quitter la pelouse pour soutenir un des leurs victime de racisme : c’est du jamais vu. Le monde a assisté à une révolution initiée par un homme qui a refusé de s’abaisser au niveau du règne animal. Pierre Wébo, le Lion Indomptable…

L’histoire de ma vie

Ancien attaquant, Pierre Wébo a toujours été celui qui dit non. Son style a habituellement déplu, mais il est longtemps resté indispensable aux équipes dans lesquelles il a jouées. En s’opposant au Negru de Sebastian Coltescu, l’entraîneur adjoint de Basaksehir n’a fait que rester fidèle à sa personnalité. Celle d’un talent qui comme face à la Côte d’ivoire le 04 Septembre 2005, refuse de rester à la place de second qui lui est attribuée.

Nous sommes à Abidjan en éliminatoires de Coupe du Monde. Dans un choc où Eto’o était attendu pour répondre à Drogba, c’est Wébo auteur d’un triplé, qui réalisera la promesse du Pichichi de « faire dormir les Ivoiriens à 19 h ». Un peu comme cette idée que l’ancien Barcelonais avait émise, sortir du terrain en cas d’actes racistes, qu’il a appliquée avec intransigeance. Renouant de ce pas avec ses origines. Celles qui ont fait de lui un sportif révolutionnaire.

Le Cameroun, pays de football

Dans MBAPPÉ LEPPÉ, il y a PELÉ. Au cœur du nom du premier grand joueur de l’histoire du football camerounais, il y a l’ADN du meilleur joueur de tous les temps. Ce n’est donc pas un hasard, si Mbappé est considéré comme le nouveau Pelé. Le français d’origine camerounaise plonge ainsi ses racines sur une terre qui jouit des mêmes caractéristiques humaines et géologiques que celle du roi du sport roi.

En effet, le Brésil et le Cameroun formaient une seule terre avant. Un pays que la Pangée en se disloquant a séparé et que le Commerce Triangulaire, Traite Négrière, a reformé. Comme par hasard, les « Brésiliens » du Cameroun sont souvent des côtiers, des fils du Littoral comme Milla, Bell, Boumsong, Song, Eto’o, Mboma et autres Mbappé.

Schéma du Commerce Triangulaire (Esclavage) par Sémhur – Wikipédia CC BY-SA 3.0

Non pas pour dire que l’équipe nationale leur appartient, comme pensent ou pensaient certains. Mais pour humblement rappeler que nombre des éléments de sa terre appartiennent à cette zone. Des virtuoses qui par leur qualité exceptionnelle, ont entretenu l’idée avérée d’un Cameroun, à l’instar du Brésil, pays de football et plus encore.

Le Cameroun au service du football africain

De « la Tanière », sont sorties les plus grandes révolutions du football africain. L’Afrique subsaharienne doit beaucoup au football camerounais. Les Lions Indomptables sont les premiers à avoir montré que les sélections d’Afrique Noire pouvaient rivaliser avec les grandes nations. Invaincu au Mondial 1982, c’est grâce à la performance en 1990 du finaliste de la Coupe des Confédérations 2003 que le nombre de pays africains est passé de 2 à 3 en 1994 et à 5 à partir de 1998.

À cela vous pouvez ajouter les maillots démembrés de 2002 et la combinaison de 2004. Ces révolutions vestimentaires sanctionnées jadis par la FIFA qui semblent s’inscrire dans l’avenir du Ballon Rond. Jeu simple qui a vu le Vieux Lion* devant un poteau de corner et Thomas Nkono dans un jogging, repenser les célébrations des buteurs et les tenues de gardien de but.

https://www.youtube.com/watch?v=Yf6S9vxuJ5I&t=6s

Du vert-rouge-jaune sur le football européen

Ces derniers jours en Europe, les Camerounais explosent comme jamais. Entre Moukoko qui bat les records de précocité, Mbappé qui marque son 100e but à Paris, Matip qui fait oublier Van Dijk à Liverpool, Nkoulou qui marque, Vincent Aboubakar qui redonne au Besiktas des couleurs, Toko Ekambi qui brille à Lyon, Bahoken à Angers, Ganago à Lens et Choupo-Moting qui se fait respecter au Bayern, Wébo surfe sur une vague positive. Un vent venu du centre du Continent Noir qui annonce peut-être des jours meilleurs pour le quintuple champion d’Afrique… et son continent ?

*Surnom de Roger Milla


Papa Bouba Diop : à jamais le premier

L’ultime ligne droite de cette année est engagée. 2020 va se terminer en laissant dans son dos des familles tristes, diminuées par le remarquable passage de la faucheuse. On n’a même pas eu le temps de pleurer Maradona qu’un autre géant s’en est allé. Un Lion de la Terranga : Papa Bouba Diop. Il n’avait que 42 ans…

Taille Patron

1m94 était sa taille. Sur un terrain de football, on ne remarquait quasiment que lui. Il était même pour Paul Scholes, l’illustre milieu de terrain de Manchester United, l’un des adversaires les plus coriaces qu’il ait eu à affronter : « Vous souvenez-vous de Papa Bouba Diop ? Il a également joué pour Fulham. Grand, imposant, ils l’appelaient l’armoire. Aller au duel avec lui, c’est une perte de temps. »

C’est dire l’impact de l’ancien des Cottagers dans l’entrejeu. Un génie bien au chaud, derrière un physique imposant, éclairé par une technique au-dessus de la moyenne. De la tête, du pied, couché, debout, balle au pied, Bouba Diop était un technicien redoutable.

Au centre de l’histoire

Pour son pays, le natif de Dakar n’était pas qu’un excellent international. Lorsqu’il quittait son métier pour sa patrie, il arrivait avec la même énergie. Sous le maillot sénégalais, c’était quasiment un autre homme. Un champion qui n’aura pas la chance de célébrer un trophée avec sa sélection, mais qui procurera à son public ses plus vives émotions. Pour faire simple, Bouba Diop, 11 buts en 63 capes, est :

  • le premier buteur sénégalais en Coupe du monde
  • le seul buteur de la première victoire sénégalaise en Coupe du monde. C’était contre la France, championne du monde et d’Europe en titre, en ouverture du Mondial 2002
  • le premier joueur sénégalais à inscrire un doublé à un mondial (contre l’Uruguay)
  • le meilleur buteur du Sénégal en Coupe du monde avec 3 buts
  • l’un des éléments clés de la meilleure équipe du Sénégal de tous les temps, seconde écurie africaine à jouer un quart de finale de Coupe du Monde* et finaliste de la CAN 2002.
https://twitter.com/wiwsport/status/1333480588590903299

Trois fois grand

À l’annonce de son décès, les hommages se sont naturellement multipliés. De Lookman à Diouf en passant par Harry Redknapp, Didier Dorgba, Sadio Mané, Habib Beye et Diomansy Kamara, le football pleure un joueur trois fois grand : par la taille, le cœur et le talent. Une qualité qui a notamment explosé au Grasshopper Zürich, à Lens, à Portsmouth et à l’AEK Athènes. Clubs dans lesquels il fût respectivement champion de Suisse, vice-champion de France, vainqueur de la FA Cup et champion de Grèce.

https://twitter.com/Direcfootball/status/1333898076185108482

Tout un palmarès pour ce joueur formé à l’ASC Diaraf. Un exemple d’intégrité qui aura aussi arboré les couleurs de Vevey Sports, son premier club européen, Neuchâtel Xamax, Fulham, West Ham et Birmingham avant de prendre sa retraite et de nous quitter des suites de la maladie de Charcot le 29 novembre dernier. Il rejoint ainsi Pape Diouf, son sélectionneur Bruno Metsu, l’ex international Sénégalais Jean Mendy, et le Marocain Mohamed Abarhoun. Reposez en paix…

*Le Sénégal a joué les Quarts de Finale du Mondial dès sa première participation en 2002


Ligue des Champions : la France respire

Aux côtés de Romain Grosjean et de Kévin Escoffier, le sport français a frôlé la catastrophe. Rescapés du « feu et de l’eau », la Formule 1 et la Voile ont failli assister aux décès cumulés de ces deux pilotes. Leurs navires coupés en deux, de la peur l’Hexagone est passé au soulagement sans vraiment savoir comment. En espérant certainement qu’un autre miracle se produise les prochains jours en Ligue des Champions…

Deux victoires sur trois

Mardi et mercredi ne sont pas forcément les jours que les fans de football français préfèrent. C’est la C1 et dans cette galaxie, les clubs français sont souvent dépassés. Même Paris, finaliste de la dernière édition, semblait succomber à cette difficulté. C’est sans compter sur le manque de réalisme de Manchester United et le mauvais coaching de son manager.

Deux détails qui permettront au PSG d’arracher une victoire précieuse dans la course aux huitièmes. Tuchel et les siens gagnent 1-3 et rejoignent Marseille parmi les vainqueurs de cette 5e journée. Les Olympiens ont stoppé la mauvaise série de 13 défaites de suite en battant l’Olympiakos 2-1 grâce à un doublé de Payet. Quant aux Rennais, ils ont perdu contre Krasnodar 1-0. Il s’agit de leur 4e revers en 5 rencontres.

Griezmann, Dembélé et Giroud au sommet

Cinq buts en deux matches, voilà le bilan d’Olivier Giroud en C1. Auteur d’un quadruplé contre Séville, le champion du monde a assuré sa place pour le prochain Euro. Sauf blessures, le Bleu sera bien dans le groupe de Deschamps en Juin 2021.

https://twitter.com/ChampionsLeague/status/1334268838595211266

À ses côtés, on devrait aussi retrouver les Barcelonais Griezmann et Dembélé, auteurs d’excellentes prestations face à Ferencvaros. Grizou a marqué sur une Madjer et Ousmane a transformé un pénalty, donné une passe décisive et terminé la rencontre avec le brassard. Un bon signe pour la suite des évènements…

https://twitter.com/ChampionsLeague/status/1334268077597454340

Frappart frappe fort

De la joie sur le banquet gaulois, il en avait également chez les arbitres. Stéphanie Frappart, en officiant pour le match Juventus – Dynamo Kiev, est devenue la première femme à diriger un match de Ligue des Champions. Après avoir battu ce record en Ligue 1, Ligue 2 et Supercoupe d’Europe, son sifflet sera celui qui validera le 750e but de Ronaldo en carrière. Que du bonheur…

https://twitter.com/Eurosport_FR/status/1334157614956089347


Racisme : le football est-il cerné ?

« Qui n’est pas raciste ? ». C’est la question qu’il faudra peut-être se poser à l’avenir. Même le gentil Edinson Cavani est passé à la trappe. Son « merci petit négro » à un internaute n’a pas eu la chance de sortir d’un morceau de rap. Au sein de ce mouvement, les noirs sont bien visés, comme Diégo nommait Alphonse Tchami, son ancien coéquipier. Et au buteur camerounais de rajouter : « Diego, lui aussi m’appelait « El Negro ». On s’entendait bien et il m’invitait souvent à ses soirées, avec les autres joueurs de l’équipe. »

Un pour tous…

Sauf qu’il faut sanctionner. Malgré ses très bonnes prestations contre Southampton et le PSG, le Mancunien servira d’exemple. Les mots de ce genre ne sont plus acceptés. Bien vouloir mettre la main sur votre bouche pour laisser parler votre cœur. Sinon, subissez les conséquences d’une fédération qui a besoin de leçons pour redorer son blason.

Une intégrité salie par la sortie de son patron. Avant, Glen Clarke donnait des leçons, sanctionnait les potentiels racistes : aujourd’hui, c’est lui le raciste. Le temps d’un mot, on a découvert un homme, frappé de plein fouet par sa propre locution. Celle d’un individu qui n’a fait que reprendre un refrain partagé par ceux qu’il vise et divise.

Tous pour un…

Nous sommes donc dans le bon sens. Les noirs aussi s’appellent Négros. Bien ou non, c’est une réalité. Le racisme est certainement la figure de style la plus utilisée au monde. On aime tous donner de petits sobriquets aux êtres qui nous entourent. La Pioche, la Bête, la Pulga, la Pelusa : le football en est la preuve. Dans cette activité populaire où chambrer est un art, vivent en bonne intelligence surnoms et noms d’oiseaux. Tout dépens maintenant du tempo dans lequel la passe est donnée.

Si Zlatan surnomme Bailly « Kunta Kunté », ce n’est sûrement pas pour le confondre à un esclave. Derrière ce « petit ballon piqué » se cache une amitié : la vraie. Celle où on avale les tacles glissés avec beaucoup de philosophie. Un rire jaune mêlé d’humour qui prête souvent à confusion. Oui… Di Canio est fasciste mais pas raciste. Les Chemises Noires aiment le noir, ça saute aux yeux. Ce sera toujours mieux de voir la vérité en face que de l’avoir dans son dos.

NEG-US

Le premier facteur de racisme, c’est la familiarité. Il faut se fréquenter pour se mépriser. Les phrases qui nous blessent le plus sont souvent de ceux qui nous connaissent le mieux. Ils nous voient, nous côtoient et savent où frapper pour nous faire mal. Si un homme devait choisir entre les mots de sa femme en colère et les cinq lettres de négro, il aurait assurément opté pour ce dernier.

Il faut punir l’outrage pas le mot. C’est le contexte qui définit l’effet. Il y a bien une différence entre « Imbécile » et « IMBÉCILE ». « Négro », « Nègre » et « Sale Nègre ». Cheikh Anta Diop, dans Nations Nègres et Culture disait  : « J’appelle Nègre, espérant être d’accord avec tous les esprits logiques, un être humain dont la peau est noire ». 

Le problème, ce n’est pas le racisme mais l’action qui lui succède. Les noirs doivent apprendre à analyser et régler eux-mêmes leurs situations. Si une plainte s’impose, qu’elle soit portée sans tollé. Le dolorisme ne grandit pas, il transforme en cible évidente. En pleine liberté d’expression, à vous de décider de ce qui est bon pour votre personne ou non. Le racisme le plus vil est la marque déposée de celui qui vous dicte vos goûts et vos couleurs.