Fouda Fabrice

Manchester City : où est la statue de Yaya Touré ?

Le vendredi 13 mai dernier, aux côtés de celles de David Silva et Vincent Kompany, a été inaugurée devant l’enceinte de Manchester City, l’Etihad Stadium, la statue de Sergio Aguero. Une superbe récompense pour ce joueur mythique qui a participé aux plus belles heures de gloire des Sky Blues, au même titre que l’ivoirien Yaya Touré, oublié…

La signature qui a tout changé…

Contacté par Roberto Mancini, Yaya Touré a signé à Manchester City en 2010, la même année que David Silva, une saison après Vincent Kompany et avant Sergio Aguero. Lorsqu’il arrive, les mancuniens viennent de terminer cinquièmes de Premier League et sont qualifiés pour la Ligue Europa, une compétition qui ne reflète pas assez les investissements consentis par les nouveaux propriétaires émiratis du club.

Il faut passer à la vitesse supérieure et grâce à l’ancien Monégasque, les hommes de l’actuel sélectionneur de l’équipe nationale d’Italie y parviendront. MCFC finira 3e en championnat, se qualifiera pour la Ligue des Champions et remportera son premier trophée depuis 35 ans, sur un but de l’inévitable Yaya Touré.

Cette saison, « le Mimo », derrière David Silva, sera le second joueur de champ le plus utilisé du collectif, à égalité avec Kompany, avec 50 matches disputés pour 12 buts. Indéniable, un apport qui se confirmera l’année suivante, le titre de champion décroché à la dernière minute de la dernière journée. Blessé, Yaya Touré sortira à la mi-temps de cette opposition mythique à QPR, Kun Aguero inscrira le but de la victoire, sans pour autant ôter au Pachyderme sa patte dans cette aventure qui aboutira sur le troisième titre de champion de City.

Yaya Touré, le meilleur Citizen de tous les temps

Au delà de ces trophées symboliques et très importants dans l’histoire de Manchester City, Yaya Touré a révolutionné l’entrejeu des mancuniens en bleu. Jamais au Ardwick AFC, un milieu de terrain n’avait eu tant d’impact sur le jeu. En 2014, il terminera même troisième meilleur buteur de la Premier League avec 20 buts et 10 passes décisives, 24 et 13 toutes compétitions confondues, entrant par la même occasion, dans la légende de cette équipe qui n’a pas le droit de l’oublier.

En tout, Yaya Touré aura passé 8 ans, 316 matches, 79 buts et 45 passes décisives à Man City. Il sera poussé vers la sortie par Pep Guardiola, avec qui il entretient une relation conflictuelle depuis le FC Barcelone. Un départ forcé qui le conduira hors de ces locaux qu’il a définitivement marqués, certainement comme le meilleur Citizen de tous les temps. Un statut qui aurait dû lui construire une statue…

Génial mais spécial

En effet, malgré tout ce qu’il a fait pour Manchester City, Yaya Touré se contentera du centre d’entraînement pour briller à jamais, loin des regards des fans et à l’abri des projecteurs du stade. Les hommes de Pep peaufineront leurs tactiques dans des installations qui portent désormais le nom du champion d’Afrique. Un hommage qui de joie fait barrir l’Éléphant, « heureux » malgré tout, d’être au-dessus de Joe Hart et Pablo Zabaleta dans ladite hiérarchie :

« C’est quelque chose de génial. Ça me permet de voir à quel point j’ai été important pour le club. Voir Manchester City faire un geste de la sorte, c’est spécial. Ça veut dire que je serai toujours présent au club. Et je me sens privilégié par rapport à des joueurs comme Joe Hart, Pablo Zabaleta qui sont également restés longtemps et qui n’ont pas eu cette chance. »


Kevin De Bruyne : Surcoté comme Lionel Messi

Le football est devenu ce qu’il est. Certains diront moderne, quand la réalité reste celle d’une activité en régression, Kevin De Bruyne adulé à tort…

Toujours pas au niveau…

Kevin De Bruyne est un excellent professionnel. Studieux, un élève qui fait tout ce que son professeur lui demande à la perfection. Un exemple qui une fois sorti du carcan « scolaire », perd sa particularité. Il est ambidextre, ses passes sont belles et précises, mais trop souvent inexistantes lors des grandes échéances. Attendu il était à Bernabeu face au Real Madrid, remplacé il fût… par le stratège Guardiola qui réussit à faire jouer Yaya Touré en stoppeur…

Touré devant De Bruyne

Bienvenu dans tout ce qu’il y a de plus subtil dans un tacticien. Pep est si fort qu’il vient de découvrir que Gabriel Jesus joue avant-centre. Cet été, le brésilien va partir désabusé à Arsenal, tel Gnégnéri en 2010 de Barcelone pour Manchester City.

https://www.youtube.com/watch?v=-zM09vccLbM

Après avoir disputé 118 matches chez les Blaugrana, le natif de Bouake en Côte d’Ivoire va finalement décider de porter un maillot dans lequel il évoluera à son poste. Box-to-box extraordinaire, n’est pas défenseur central tout homme mesurant 1m88 comme l’indique l’étiquette. Contrairement aux idées reçues, il y en a qui récupèrent, relancent et mènent le jeu : le meilleur joueur de l’histoire de Man City par exemple.

À l’image de sa statue devant l’Etihad Stadium, Yaya Touré n’a toujours pas trouvé à West Gorton St Mark’s, un joueur à sa hauteur. Pas même De Bruyne, malheureusement. KDB a beau être bon, son talent reste strictement inférieur à celui du frère de Kolo. Quadruple Ballon d’or Africain, le champion d’Afrique 2015 est la première vraie star du City émirati. Après le fiasco Robinho, Roberto Mancini a donné les clés de son système à l’unique buteur de la finale du premier titre de l’ère dorée des Sky Blues, le premier du club depuis 35 ans.

City bat Stoke City (1-0), remporte la FA Cup avant de décrocher la Premier League l’année suivante, après un scénario dantesque que les mancuniens bleus n’oublieront jamais. But de Sergio Aguero à la 94e minute, QPR s’effondre (3-2) et le vainqueur de la Coupe des Coupes 1970 s’installe au sommet du football anglais. Le début d’une ère sur laquelle Kevin De Bruyne surfe encore aujourd’hui…

De Bruyne dans la brume…

Monstre domestique, Manchester City est encore tombé où on l’attendait. Après avoir perdu la finale de la Ligue des Champions contre Chelsea en 2021, les britanniques vont sortir en demi-finale en 2022, sans un grand De Bruyne. Une ixième fois, le belge est resté cloîtré dans sa fonction de bon milieu de terrain. Historique pour City, son palmarès international demeure aussi riche que celui de la Belgique. Il brille dans les rendez-vous décisifs autant que Lionel Messi en Ligue 1. Qui aurait cru que le sextuple Ballon d’or argentin, 6 buts dans le cinquième championnat du top 4 européen, finirait ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Paris ?

https://twitter.com/_BeFoot/status/1523967834266681344

Un grand joueur sublime ses coéquipiers, il ne les accompagne pas. Kevin De Bruyne est trop mécanique pour être un génie. Pour passer à la vitesse supérieure, l’ancien sociétaire du KRC Genk doit quitter Guardiola et se lancer un autre défi : rejoindre un collectif au sein duquel il devra penser pour passer la balle. À MCFC, il connaît par cœur, le déplacement de tous ses coéquipiers. Il excelle mais se heurtera bientôt à un besoin humain de liberté qui le poussera à s’opposer à son entraîneur. Un clash devrait bientôt avoir lieu entre le Red Devil et le Citizen


L’Afrique, l’Algérie, de Belloumi à Belmadi

One, Two, Three, pourquoi toujours l’Algérie ? Devant les caméras de sa fédération, Djamel Belmadi a tenu des propos très virulents à l’encontre de l’Afrique Noire. De son discours, sont sorties des phrases clivantes qui s’inscrivent dans une série algérienne qui malheureusement ne date pas d’hier.

https://www.youtube.com/watch?v=wywAwLMkSNE

Belloumi en 1982 : « Pour le monde arabe »

Alors que l’Algérie vient de terrasser l’ogre allemand, l’Afrique se réjouit de la retentissante victoire d’une de ses nations en Coupe du Monde. En 1982 en Espagne, la bande à Rabah Madjer va magnifiquement défaire les Adlers, signant leur beau succès par une sortie médiatique que les africains n’oublieront jamais. « Je dédie cette victoire au monde arabe », déclarait alors Lakhdar Belloumi, auteur du but de la victoire des Fennecs sur la Mannshaft (2-1).

https://twitter.com/_BeFoot/status/1405624226598490127

Feghouli en 2014 : «  Pour les Algériens du monde, les arabes et les musulmans »

28 ans après Belloumi, ce sera au tour de Sofiane Feghouli de montrer son affection au peuple africain en le snobant. Champion d’Afrique en 2019, le milieu offensif de Galatasaray va célébrer la qualification de sa sélection pour les huitièmes en déclarant, à l’issue du nul concédé face à la Russie (1-1) :

« Cela fait trois ans que je suis arrivé en sélection, mon objectif principal était de faire une grande coupe du monde et de créer mon histoire. Hamdoullah ya rebi, aujourd’hui c’est fait, voila l’Algérie passe en huitièmes. Je suis très fier et cette qualification : c’est pour tous les algériens du monde, tous les arabes et tous les musulmans. Maintenant il faut se reposer et penser au huitième de finale ».

https://twitter.com/JDZFootball/status/1252252531234877440

Belmadi en 2022 : «  Nous on a pas ce traitement là quand on va en Afrique »

Depuis la dernière CAN, l’Algérie a entamé une rude descente aux enfers. Éliminée au premier tour de l’édition camerounaise, elle ne réussira pas à conserver son titre au pays de Samuel Eto’o.

Incapables de battre la Sierra Leone (0-0), la Guinée Équatoriale (1-0) et la Côte d’Ivoire (3-1), les doubles champions d’Afrique finiront lanternes rouges de leur groupe, avant de sombrer lors des barrages qualificatifs pour la Coupe du Monde au Qatar. La faute à un Cameroun indomptable, qui va mettre Djamel Belmadi dans tous ses états.

De la joie de la victoire du match aller (0-1), le tacticien va passer par la désillusion de la défaite du match retour (2-1), pour chuter dans l’agression verbale. Un mois après l’élimination, le natif de Champigny-sur-Marne va encore s’en prendre à M. Gassama en particulier, l’arbitre du match Algérie-Cameroun, et à l’Afrique Noire en général :

« Plus jamais de la vie on laissera deux-trois personnes conspirer contre notre pays, on ne laissera plus jamais un arbitre comme ça mettre à mal un pays comme le nôtre. Je dois dire que je n’ai pas aimé du tout voir cet arbitre aller tranquillement à l’aéroport et boire son café et manger un mille-feuille. Nous, quand on va en Afrique, nous n’avons pas de traitement de faveur. Lui, il a volé notre espoir. Je ne dis pas qu’il faut le tuer, mais il ne faut pas le laisser tranquille, c’est plus qu’un hagar ! »


Algérie – Cameroun : En vert et contre tous…

Au football il n’y a pas que des vainqueurs et des vaincus. Il y a aussi les Algériens, ceux qui ne perdent jamais pour rien…

Un cauchemar à Blida

En Afrique on va vraiment en Coupe du monde. Le schéma des éliminatoires africaines du Mondial est de loin le plus excitant de la planète foot. Phase de groupe, barrages entre leaders et le spectacle peut commencer. Se prolonger pour ne jamais se terminer, l’Algérie pleurant toujours sa dernière défaite contre le Cameroun.

https://twitter.com/cfootcameroun/status/1518902113178468352

Et pourtant tout avait bien commencé. Une belle victoire à Japoma et leurs supporters dansaient à Douala. Slimani a marqué et les Guerriers du Désert ont gagné (0-1). Tout le monde est content. Jeté dans les airs par ses joueurs et son staff, Djamel Belmadi célèbre son 46e anniversaire de la plus belle des manières. Pas de problèmes d’arbitrage, de pelouse, d’hébergement, de climat ou même de sorcellerie, le match retour n’est qu’une formalité…

À Blida, le Cameroun est attendu pour rendre les armes. Céder au cœur de cette forteresse imprenable dans laquelle sa sélection n’a jamais perdu. Après le nul de 2016 (1-1), place à la victoire de 2022 (1-2). Un but partout, on joue les arrêts de jeu des prolongations, les Algériens se dirigent vers le Qatar quand soudain sur une remise en jeu, un centre de Fai Collins, une déviation de Ngadeu, Toko Ekambi climatise tout un peuple. Le « ministre du bonheur », les mains sur la tête, s’effondre et pleure. C’est la fin du monde…

La honte après l’humiliation…

Défaite, éliminée, l’Algérie ne va pas s’avouer vaincue pour autant. Plainte, elle va porter contre l’arbitrage. Du jamais vu, elle veut faire rejouer une rencontre qu’elle a logiquement perdue, accusant M. Bakary Gassama d’avoir conspiré avec Samuel Eto’o pour la sortir. Un scénario ubuesque, la fondation du ridicule est posée et la maison commence à prendre forme.

https://twitter.com/RMCsport/status/1517155735909527555

Sur la table de la FIFA, un solide dossier faits de captures d’écrans et de déclarations partisanes, est posé. Les Lions Indomptables « tremblent ». Les fans s’emportent, rêvent d’une disqualification du Cameroun, manifestent à Zurich devant le siège de la faîtière du football mondial, se ridiculisent. La honte…

https://twitter.com/237lions/status/1517058109306515459

« Je ne dis pas qu’il faut le tuer… »

Pire que l’échec, il y a la mauvaise foi. Pour un sport, il n’y a pas plus nocif et dégoûtant qu’un mauvais perdant. Déclenchant la vendetta, Belmadi va oublier le placement scandaleux de ses joueurs sur le but de « Tokodinho », pousser le bouchon très loin et accuser M. Gassama les coups de sifflets finaux sifflés.

En conférence de presse, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille charge l’officiel gambien, à l’aéroport, deux fois, il l’agresse verbalement avant d’appeler à son lynchage, dans une interview accordée, tenez vous bien, à la Fédération Algérienne de Football. Le garant de la crème du football algérien, un mois après avoir perdu face à un pays que sa nation n’a battu qu’une fois en 9 confrontations, n’a toujours pas perdu son fiel :

https://twitter.com/DZfoot/status/1518235088055672837

« Plus jamais de la vie on laissera deux-trois personnes conspirer contre notre pays, on ne laissera plus jamais un arbitre comme ça mettre à mal un pays comme le nôtre. Je dois dire que je n’ai pas aimé du tout voir cet arbitre aller tranquillement à l’aéroport et boire son café et manger un mille-feuille. Nous, quand on va en Afrique, nous n’avons pas de traitement de faveur. Lui, il a volé notre espoir. Je ne dis pas qu’il faut le tuer, mais il ne faut pas le laisser tranquille, c’est plus qu’un hagar ! (…) »

« Les deux choses à régler le plus impérativement en Afrique sont l’arbitrage et les infrastructures, assure Djamel Belmadi. Les terrains, ça va un peu mieux. Mais quand on voit le niveau de l’arbitrage, on est encore loin du haut-niveau. Pour moi, on est encore à l’âge (…) préhistorique. Voulu ou pas voulu ? Certains y trouvent-ils leur intérêt, dans cette CAF, peut-être dans cette FIFA, je ne sais pas ? En tout cas, c’est un constat, c’est un fait »

https://twitter.com/cfootcameroun/status/1518683955763068928

Le monde est choqué, les africains en premiers. « Ces gens là », sont submergés par la violence des propos de cet homme qui aurait visiblement voulu être un asiatique. Des sanctions sont demandées, la Fédération Camerounaise de Football menace… : la comédie a assez duré. Si les coéquipiers d’André Onana ont confondu les verts avec la pelouse, c’est certainement parce qu’ils leur ont marché dessus. Jusqu’à quand va-t-on supporter l’insupportable ? La mort d’Albert Ebosse n’a-t-elle pas suffi ?

En vers et contre tous…

Une grande nation de football ne gagne pas seulement, elle sait aussi perdre. « Vaut mieux que l’Algérie gagne à Blida », dixit quelqu’un, est une de ces phrases qui n’ont pas leur place dans le jargon du sport roi. On a battu le Brésil à Maracana (7-1), la France au Stade de France, l’Italie à Palerme, pourquoi ne battrait-on pas l’Algérie à Blida ? Il est temps que les algériens arrêtent de compter sur l’inconduite de leurs supporters pour gagner des matches à domicile.

Les ambiances électriques ne sont belles que lorsqu’elles ne dépassent pas le cadre du football. Les attaques aussi virtuelles que physiques qui ont suivi la défaite de l’Algérie contre le Cameroun, sont honteuses. Elles donnent une image négative d’un football qui peut certainement faire mieux que ce poète algérien qui déclara jadis : « Dieu pardonnera tout le monde, sauf Bakary Gassama ».

https://twitter.com/DZfoot/status/1511141917312040960

Ceci dit, ci-dessous quelques vers, piqués sur Twitter, de la poésie Made In Djazair. Des surréalistes :

« D’aujourd’hui, oui pour le racisme contre les Africains. Maintenant j’ai compris pourquoi les Africains étaient victimes de la traite des marchés comme esclaves »

« Il paraît que tes frères qui sont en Algérie maintenant vont devenir mes esclaves, j’ai besoin de 4 noirs ».

https://twitter.com/cfootcameroun/status/1518946910983315457


Samuel Eto’o a pris un grand risque en nommant Rigobert Song sélectionneur du Cameroun

La nouvelle est tombée ce lundi 28 février 2022. Rigobert Song, ancien capitaine emblématique du Cameroun, double champion d’Afrique, est le nouveau sélectionneur des Lions Indomptables. Le premier choisi par Samuel Eto’o, qui à peine élu, vient de prendre un grand risque…

https://twitter.com/cplussportafr/status/1498619054411505664

Toni et banni

Toni Conceicao et le Cameroun c’est officiellement terminé. Le Portugais a été limogé après avoir obtenu la troisième place à la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN). Samuel Eto’o a donc écouté la voix du peuple et nommé un Camerounais à la tête du Cameroun.

Toni n’ira pas au terme d’un contrat qu’il a mené avec brio. Qualifiant son équipe pour les barrages de la Coupe du Monde en battant la Côte d’Ivoire, il a notamment réussi a rallumer cette flamme que le Cameroun avait perdue en 2019 lorsque champion d’Afrique en titre, il se faisait sortir en huitièmes de finale de la CAN en Égypte, comme l’Égypte. Éliminé par les Pharaons avec la meilleure attaque de la CAN (14 buts), le technicien ne bénéficiera pas du fruit de son travail.

Choupo vainqueur…

Au-delà de son résultat qualifié de décevant malgré la progression magistrale qui caractérise son mandat, Toni Conceicao a également succombé aux plaintes de Choupo Moting. Peu utilisé à son goût à la CAN, le joueur du Bayern Munich avait accusé son sélectionneur de ne pas le respecter et décidé de mettre une croix sur la sélection tant qu’il était là.

Monsieur Choupo voulait jouer, mais à la place de qui ? Vincent Aboubakar, 8 buts en 7 matches ? En club il n’est pas titulaire, pourquoi en équipe nationale le serait-il ? Si Choupo Moting ne marque pas, c’est normal qu’il ne joue pas. En 2017, il n’est pas venu et le Cameroun a remporté la CAN. En 2019, il a été capitaine lorsque le Nigeria a sorti les quintuples champions d’Afrique.

https://twitter.com/AllezLesLions/status/1498572775019188224

Terminant cette 32e Coupe d’Afrique sans but, il avait même été mis sur le banc contre le Ghana, un match crucial, par Clarence Seedorf, le tacticien de l’époque. Être une doublure en Europe ne suffit pas pour jouer chez les Lions. Choupo Moting aurait-il eu la même attitude contre Julian Nagelsmann, son entraîneur au Bayern ?

https://twitter.com/Roro89F/status/1498778535108005898

Choupo Moting est un excellent joueur. Cela dit, de la même façon qu’il a maximisé les minutes qu’on lui a données au PSG et au Bayern Munich, il doit le faire en sélection. À l’image des clubs parisien et bavarois, le Cameroun est une grande équipe où les places sont chères. Lorsqu’il était titulaire à Schalke, il était titulaire en sélection. À lui de faire une introspection…

https://twitter.com/cfootcameroun/status/1498585356798767107

Eto’o dans l’étau

La nomination de Rigobert Song à la tête du Cameroun est un gros risque pris par Samuel Eto’o, président de la Fédération Camerounaise de Football. Le quadruple Ballon d’or africain joue sa popularité sur ce choix. On n’attendra pas de Rigo qu’il sélectionne Choupo Moting, mais qu’il termine en beauté le travail que son prédécesseur a commencé. S’il se rate, ça ne sera plus de la faute de Toni mais de celui qui l’a choisi. Conceicao aurait échoué que tout le monde aurait déclaré : « on vous l’avait dit ! ». Maintenant qu’il s’agit d’une décision du Hall Famer de l’Inter Milan, la peur a changé de camp…


Algérie : Djamel Belmadi, toujours entrain de pleurer…

La CAN 2022 est finie. Le Sénégal est champion d’Afrique et Djamel Belmadi continue de pleurer…

Trop d’excuses

Éliminée au premier tour de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, l’Algérie n’a toujours pas digéré sa honte. En conférence de presse, son sélectionneur Djamel Belmadi est encore revenu sur les raisons d’un échec que tout le monde connaît. Évidemment c’est de la faute des autres. « J’ai un goût amer de cette CAN, les joueurs ont un sentiment d’humiliation. Il faut faire fort pour ne pas aller en 8e de finale. Ça reste en moi », a-t-il d’abord lâché, ajoutant ensuite :

« Je ne peux pas tout dire, mais c’est à vous de comprendre. Nous avons cinq joueurs qui n’ont pas eu le Covid. En fonction des endroits où nous étions, il y a des législations. Belaïli, quand il revient d’Algérie, il est positif au Covid. 10 jours de quarantaine. J’ai parlé de Belaïli parce que vous savez qu’il était positif. Mais 23 joueurs sur 27 étaient positifs. La moitié du staff aussi. C’était une hécatombe, la préparation était chaotique », a raconté l’entraîneur, avouant qu’ils ont joué malades à Douala et mis leurs adversaires en danger.

https://twitter.com/AllezLesLions/status/1498191253355311104

L’Algérie sans masque…

En essayant d’expliquer que l’Algérie a été victime d’un complot, Belmadi a donc démontré que la Confédération africaine de football (CAF), chargée de s’occuper des tests Covid à la CAN, a protégé son équipe. 23 joueurs sur 27 positifs, c’est pire que les Comores : c’est un match perdu sur tapis vert. Un fait qui aurait dû empêcher l’ancien marseillais de parler, que non ! Il continue et se permet même d’accuser l’arbitrage :

« On n’avait pas de force pour courir. Ce sont des données athlétiques. Ce sont nos fondamentaux, ça se voit à l’entraînement. On va donner du mérite à notre staff médical et nos intendants. C’était impossible à gérer. On faisait des tests tous les matins. On avait peur chaque matin pour savoir qui ne serait pas disponible (…) On a joué un match de Coupe d’Afrique contre une équipe hispanophone avec un arbitre guatémaltèque. Après 8 minutes, on avait 2 cartons jaunes, il agressait nos joueurs et moi-même », se souvient le technicien. Et nous de lui demander : « l’Algérie n’a-t-elle jamais joué un match avec un arbitre francophone ? »

https://twitter.com/ActuFoot_/status/1482818079360958466

La fameuse pelouse

Dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde au Qatar, le Cameroun ira à Blida après avoir reçu l’Algérie à Japoma. Un stade que les algériens connaissent bien pour y avoir évolué durant la dernière CAN. Dans le groupe C, les algériens ont été tenus en échec par la Sierra Léone (0-0), battus par la Guinée Équatoriale (1-0) et la Côte d’Ivoire (3-1). 4 buts encaissés, un marqué, un point que Belmadi attribue encore à la pelouse :

« Normalement, ils jouent à Yaoundé. Exceptionnellement, ils nous font jouer à Japoma. On est traumatisés par la pelouse pas par le stade, ni la ville. On ne se déplace pas pour faire du tourisme. » 

https://twitter.com/AllezLesLions/status/1498054284935577603

Un temps révolu ?

Vainqueur de la CAN en 2019, Djamel Belmadi ne nous avait pas habitué à tant de jérémiades. On a aimé et apprécié le charisme d’un magnifique tacticien qui a su transmettre à son équipe nationale la force de caractère indéniable du peuple le plus fier du monde. Il donne une image de l’Algérie qu’on ne connaît pas. On ne reconnaît pas le pays qui a donné un coup de pouce à de nombreux leaders africains, dont le grand Nelson Mandela. La déception est grande…

https://twitter.com/MKACITV5M/status/1152706394946252801

Au lieu de passer son temps à accuser les autres, Belmadi devrait faire un diagnostic de ses derniers matches. Il a été incapable de battre le Burkina Faso en aller-retour sur deux « excellentes » pelouses. L’Algérie en matches officiels est sur une série de 4 matches sans victoire. 2 nuls deux défaites face à des équipes qui n’appartiennent pas au top 10 africain, comme dirait Nabil Djellit, consultant de Canal+, pour dénigrer les victoires du Cameroun à la CAN contre le Burkina Faso, l’Éthiopie, les Comores et la Gambie.

https://twitter.com/caf_online_FR/status/1480270216839974912

Gros melon, grosse désillusion

Cette attitude de Djamel Belmadi dénote d’une certaine arrogance des nord-africains vis-à-vis de leurs frères du sud. Si un pays d’Afrique du nord perd en Afrique subsaharienne, c’est forcément à cause du climat, de la pelouse, de la fatigue, du Covid, voire de la sorcellerie : de la mauvaise foi caractérisée. Guerriers du désert, ils se plaignent du soleil.

Lire aussi : CAN 2021 : « Vous ne pouvez pas changer l’humidité, ni le soleil », Joseph-Antoine Bell tacle l’Algérie (africatopsports.com)

Les équipes du Maghreb sont plus techniques que celles du sud du Sahara, un cliché racialiste qui ne dit pas son nom. On oublie qu’en termes de talents purs l’Afrique noire est largement au-dessus de l’Afrique septentrionale. De Roger Milla à Sadio Mané en passant par George Weah, Kalusha Bwayla, Abedi Pelé, Eto’o, Okocha, Nwankwo Kanu, El Hadji Diouf, Drogba, Yaya Touré, Aubameyang, elle n’a jamais cessé de briller par sa qualité.

Et Albert Ebossé ?

Au Cameroun, l’Algérie aura l’occasion qu’elle a manquée d’aller réconforter, en lui rendant visite, la famille d’Albert Ebossé, joueur camerounais mort dans un stade en Algérie. Ses parents pleurent encore et il est temps de faire preuve d’empathie, et oublier ce statut désormais perdu. La meilleure équipe du continent ce n’est plus l’Algérie, c’est le Sénégal.

L’Égypte, par exemple…

L’Égypte est la preuve que l’Algérie et toutes les équipes maghrébines se plaignent trop. Sans parler, les Pharaons ont fait ce qu’ils avaient à faire à la CAN : jouer. Pendant que les autres se lamentaient, Gabaski et les siens se préparaient. Un exemple pour toute l’Afrique dans le sérieux, le professionnalisme et la préparation des matches et des compétitions.

https://twitter.com/ActuFoot_/status/1490611556924772352

Septuples champions d’Afrique, les Egyptiens ont éliminé à Japoma la Côte d’Ivoire qui a laminé l’Algérie, à Japoma. Sans aller aux prolongations et aux penaltys, ils ont sorti le Maroc qui était arrivé au Cameroun tambour battant avec ses matelas, ses lits, sa nourriture pour repartir les bras ballants, évitant la confrontation avec le pays organisateur, Lion Indomptable, dompté par la meilleure équipe d’Afrique de tous les temps.

https://twitter.com/NoContextBailly/status/1486411414231302144

L’humilité précède la gloire…

L’Algérie éliminera peut-être le Cameroun lors de ces barrages, tout est possible dans le football. Mais peu importe le résultat, les Camerounais resteront meilleurs que les Algériens. Seule l’humilité sauvera Djamel Belmadi et son équipe. 7 fois mondialiste, un record en Afrique, le Cameroun a remporté plus de CAN que l’Algérie, la Tunisie et le Maroc réunis, 5 contre 4. Pour gagner, il faut savoir rester à sa place. Les Fennecs pleurent, la caravane passe…


Le football peut développer l’Afrique : réponse à Foumi

Dite sous-développée, l’Afrique cherche encore à sortir de sa caverne. Elle n’a toujours pas trouvé sa voie et pourtant elle est spécialisée dans le sport roi…

https://twitter.com/AllezLesLions/status/1497977059079032839

Lire aussi : Le football ne peut pas être la priorité des Africains – Avec Foumi – Avec Foumi (mondoblog.org)

Le football construit

Le football n’est pas un jeu. Le jeu le plus simple est un métier qui paye très bien son homme et attire les foules comme la gloire. Il élève les individus avant les immeubles, l’objectif ultime. « Men are building buildings. We are building Men », dixit le sport des anglais.

https://twitter.com/CanalFootClub/status/1217400757487591424

Lorsqu’un pays organise une compétition internationale, il ne construit pas que des stades. À côté de ces enceintes luxueuses, des hôpitaux se lèvent, des hôtels poussent, des routes se faufilent et des écoles se profilent. Les retombées financières sont telles que toutes les cases économiques sont cochées. Le football est un axe de développement ultra fiable…

https://twitter.com/fifacom_fr/status/1496038369779924994

L’Occident s’est construit autour des loisirs, voire des plaisirs. Regardez l’Espagne ! Elle n’a rien de plus que de nombreux pays africains : elle a le sport. Formule 1, handball, basketball, tennis, football, les Espagnols ont misé sur la sueur pour trouver l’or. Si vous avez un Sadio Mané dans chaque village, un homme capable de construire un hôpital, un stade et une école, l’Afrique serait développée depuis des lustres.

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Le football accélère le processus de développement. Dix stades de football, c’est dix obligations de construire des hôpitaux, des routes, des écoles etc. En un mois le Cameroun est passé de pays du tiers monde à pays capable d’organiser la Coupe du Monde. Un pays sous-développé peut-il organiser le mondial ? Les contours de la notion de développement sont maintenant redéfinis. Un pays développé est-il un pays avec de belles infrastructures ? Certainement non. Le développement est un tout que le football est capable de donner.

Le football crée l’emploi

Le football c’est tout un écosystème. Dans son environnement, il n’y a pas que les footballeurs. Il y a les arbitres, les entraîneurs, les stadiers, les agents chargés de la sécurité, les médecins, les infirmiers, les avocats, les huissiers, les présidents, les directeurs, les formateurs, les journalistes, les réalisateurs, les producteurs, les cinéastes, les acteurs, les chanteurs, les DJ, les commerçants, les hommes d’affaire, les techniciens de surface, les nounous, les jardiniers, les maçons, les menuisiers, les cuisiniers, les plombiers, les cordonniers, les stylistes, les informaticiens, les graphistes, les community managers, les webmasters, les rédacteurs web, les youtubeurs, les blogueurs… Quand le football va bien, tout le monde va bien…

Le football édifie

Collectif, le football est un facteur de cohésion sociale. À mon poste, je joue pour mon coéquipier, mon voisin, mon compatriote, pour voir mon équipe gagner, mon pays se développer. Rassembleur, il développe en vous un sentiment d’appartenance, l’empathie, la confiance en soi. Luttant contre la délinquance juvénile, il suscite le sens de la responsabilité, le leadership, l’abnégation et la discipline par dessus tout.

Les footballeurs sont des adultes déguisés en enfants maturés par une activité qui les oblige à penser plus vite que leur ombre. Ils scolarisent des enfants, financent des projets. Ils résolvent des problèmes de physique en une seconde, quand les intellectuels ont souvent besoin de deux heures… : le match est fini.

Sur la pelouse ils font face à tous les maux de la société : violences verbale et physique, racisme, injustice etc. Dans un monde idéal, les matchs de football remplaceraient les guerres. Real Madrid – Barcelone…

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Le football entretient la méritocratie

Pour jouer au football, un pied et une sphère suffisent. Papier froissé, emballage rembourré, bouteille en plastique, tous les moyens sont bons pour taper dans un « ballon rond ». Le rêve est permis, pas besoin de payer une pension pour ça. Pauvres, riches, l’important c’est d’être bon balle aux pieds. Sur la cour du roi des sports, tout le monde est sur le même « foot » d’égalité…

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ABDO-MEN

Quand le monde s’est arrêté, le sport a continué de le garder en vie. Esclavage, colonisation, l’histoire nous a appris que les premiers noirs libres étaient des sportifs. Ils couraient pour gagner la liberté, ils courent pour gagner leur vie. George Weah président du Liberia était par exemple un ancien footballeur international. Le football a tellement donné à l’Afrique qu’il serait quasiment ingrat de dire le contraire. En termes de capitaux, d’élites, aucune discipline, toutes catégories confondues, n’a fait mieux que cette activité qui n’a pas besoin d’argent pour se développer.

Si on sort de notre intellectualisme pour rentrer dans le pragmatisme du développement, on se rendra compte que le football est un minerai précieux que l’Afrique n’a pas su exploiter à bon escient, contrairement à certains. Une fois de plus, ce sont les autres qui profitent de ses richesses. Égoïstes, les Africains ne se projettent pas au-delà de leurs abdomens. Les footballeurs ont des plaquettes de chocolat…


CAN 2022 : mention spéciale au Cameroun

Cette CAN 2022 n’est pas seulement celle de la victoire du Sénégal. Elle est aussi le succès d’une nation qui a encore démontré toute sa grandeur en matière de football : le Cameroun…

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Une organisation réussie…

La CAN 2022 est la meilleure de tous les temps. Bien qu’elle ait été mal accueillie par des critiques infondées, elle a été une véritable fête.

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Magnifiques, ses cérémonies d’ouverture et de fermeture ont encadré une organisation ambassadrice d’une Afrique subsaharienne capable de grandes choses. Niveau Coupe du Monde, cette CAN à 24 était celle de toutes les émotions. On pleure encore les morts d’Olembe, autant que l’on déplore ce mouvement médiatique qui veut donner une nationalité à la fatalité. Le drame du Heysel fait-il de l’UEFA une mauvaise organisation ?

Une attaque de folie

Premier pays d’Afrique noire à organiser une CAN à 24, le Cameroun n’a pas été ridicule devant son public. Meilleure attaque de la compétition avec 14 réalisations, les hommes de Toni Conceicao ont proposé un jeu flamboyant incarné par un buteur d’exception : Aboubakar Vincent.

Absent il y a trois ans en Égypte, il avait clôturé la CAN 2017 sur un chef d’œuvre. Contrôle poitrine, sombrero, reprise de volée, AVC est de retour avec un nouveau tube. 8 buts, une prouesse qu’on avait pas vue depuis Laurent Pokou en 1970.

Sur le front de l’attaque des quintuples champions d’Afrique, il n’y a pas qu’Aboubakar Vincent. Abouchou, comme le surnomment ses admiratrices, a été épaulé dans son œuvre par Karlito. Auteur de 5 buts, Karl Toko Ekambi est le second meilleur buteur de la CAN.

En résumé, le Cameroun a :

  • la meilleure attaque : 14 buts
  • le meilleur buteur : Aboubakar Vincent (8 buts)
  • les meilleur passeurs : Fai Collins, Martin Hongla (3 passes)

Un mental de Lion Indomptable…

Le bilan du Cameroun à sa Coupe d’Afrique est de 5 victoires, un nul et une défaite. Les quintuples champions d’Afrique ont été battus aux tirs au but par la meilleure équipe africaine de tous les temps, l’Égypte, la seule contre laquelle ils ont perdu en finale de la CAN (1986 et 2008).

On est donc sur une suite quasiment logique qui force le respect de cette sélection dont le mental ne souffre d’aucune culpabilité. Indomptables, les Lions ont remporté trois matches après avoir été menés :

  • 1-0 contre le Burkina Faso : victoire 2-1
  • 1-0 contre l’Éthiopie : victoire 4-1
  • 3-0 contre le Burkina Faso : victoire aux penaltys 3-3 (5-3 aux t-a-b)


CAN 2022 : Comment le Cameroun a changé le Sénégal en grande nation de football…

Champion d’Afrique, le Sénégal est enfin un grand de son continent. Comme le Portugal en 2016, les coéquipiers de Sadio Mané sont passés de bons joueurs à gagneurs. Une croissance méritée qu’ils doivent beaucoup au Cameroun, leur plus redoutable adversaire…

CAN 1992 : la désillusion

Le Cameroun est passé maître dans l’art de battre les pays organisateurs de la CAN. Leurs 5 étoiles ont d’ailleurs été décrochées derrière des victoires sur leurs hôtes respectifs. En 1984, 1988, 2000, 2002 et 2017, les Camerounais ont gagné après avoir battu la Côte d’Ivoire au premier tour (2-0), le Maroc en demi-finales (1-0), le Nigeria en finale (2-2, 5-3 aux t-a-b), le Mali en demi-finales (3-0) et éliminé le Gabon en 2017 lors de la phase de poule, suite à un match nul et vierge.

Il ne fait donc jamais bon de croiser ces Lions Indomptables chez soi. Même s’ils ne gagnent pas le trophée au final, ils causent quand même beaucoup de dégâts. C’était le cas en 1998 au Burkina Faso, victoire du Cameroun 1-0, et ce sera idem six ans plus tôt au Sénégal.

Dans leur tanière, la magnifique génération emmenée par feu Jules Bocandé et entraînée par Claude Leroy, allait tomber en quart de finale devant les quart-de-finalistes de la Coupe du Monde 90. Résultat : 1-0 pour le Cameroun, but d’Ernest Ebongue…

CAN 2002 : la désillusion 2.0

10 ans après l’insuccès de la CAN 1992, le Sénégal va connaître une seconde désillusion contre le Cameroun. Sur les pelouses du voisin et frère malien, une finale qui opposera deux rois de la jungle pour le triomphe de celui qui refuse de se faire dompter.

https://www.youtube.com/watch?v=jLYc64OIBNs&t=18s

Face à une équipe au sommet de son art, 9 buts marqués, 0 encaissé, probablement le meilleur collectif de l’histoire de la CAN, le capitaine Aliou Cissé va manquer son penalty et donner la victoire à la sélection de Samuel Eto’o et Patrick Mboma. Les Lions de la Terranga ont appris…

CAN 2017 : l’histoire se répète

Devenu sélectionneur, Aliou Cissé aura l’occasion de prendre sa revanche. Le Sénégal joue contre le Cameroun en quart de finale de la CAN 2017 et l’histoire va se répéter. 0-0 durant le temps réglementaire, les sénégalais vont s’incliner aux tirs aux buts. « Imitant » son entraîneur en 2002, Sadio Mané va manquer son penalty et donner la victoire à la sélection d’Aboubakar Vincent. Les Lions de la Terranga ont encore appris…

CAN 2019 : le Cameroun, champion d’Afrique en titre…

Éliminé en 2017 par le futur vainqueur, Aliou Cissé sera maintenu à la tête de l’équipe nationale de sa patrie. Une confiance qui donnera de meilleurs fruits, les sénégalais finalistes de la CAN pour la seconde fois de leur histoire : un nouvel échec. Champion d’Afrique en titre, l’Algérie prend la place du Cameroun et bat le Sénégal 1-0. La leçon de trop pour les Lions de la Terranga…

CAN 2022 : Enfin indomptables…

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« Tout vient à point à qui sait attendre », dit le proverbe. Attendu, Aliou Cissé a enfin répondu présent. « Les joueurs ont écrit l’histoire en gagnant contre l’équipe la plus titrée d’Afrique et en gagnant sur la terre camerounaise », a déclaré l’ancien joueur du PSG.

Les déboires de 2002, 2017 et 2019 se sont donc changés en victoire inédite. Tombeurs des égyptiens, les Lions ont remporté leur premier titre au Cameroun, sans perdre le moindre match. 5 victoires, deux nuls, 9 buts marqués, deux encaissés, ils ont tout simplement été INDOMPTABLES


PSYCANALYSE : notre équipe-type de la CAN 2022

Les meilleurs pour la fin. Après une longue séance de PSYCANALYSE, découvrez l’équipe-type de la CAN 2022 qui en est ressortie…

Gardien de but : Gabaski

Mohamed Abou Gabal de son vrai nom, Gabaski est un gardien de but exceptionnel. Entré en jeu contre la Côte d’Ivoire à la place d’El Shenawy, il a marqué cette compétition de l’empreinte de ses gants.

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Dans son jardin lors des tirs aux buts, le portier du Zamalek en Égypte, a stoppé 5 tentatives en tout, en comptant celle de Sadio Mané. L’ivoirien Éric Bailly, les camerounais Harold Moukoudi et Lea Siliki et le sénégalais Bouna Sarr, ont tous bu de l’eau de sa bouteille magique.

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Cela dit, Gabaski ce n’est pas seulement un spécialiste des coups de pieds de surface. Excellent sur sa ligne, il est sur la lignée du légendaire El Haddary. Sans lui, Nayef Aguerd aurait certainement qualifié le Maroc ou Bamba Dieng accéléré la victoire des siens. Un but encaissé, un de moins qu’Édouard Mendy du Sénégal, il est le meilleur gardien de la CAN.

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Défense : Nouhou Tolo, Kalidou Koulibaly, Casteletto, Fai Collins

Pour « protéger » Gabaski, ses adversaires les plus coriaces ont été choisis. De gauche à droite, on aura Nouhou Tolo, le Lion Indomptable qui a dompté Mohamed Salah en demi-finales, Kalidou Koulibaly, le roc sénégalais, les camerounais Jean Charles Casteletto et Fai Collins, meilleur passeur de la CAN. L’ancien arrière droit du Standard de Liège a délivré 3 passes décisives.

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Milieu de terrain : Namphalys Mendy, El Neny

480 minutes, l’Égypte a joué 4 prolongations de suite, des huitièmes en finale. Tactique, un exploit physique que le milieu de terrain d’Arsenal, Mohamed El Neny, a su mettre en exergue via sa carburation. Homme du match contre la Côte d’Ivoire, le Gunner a été l’un des poumons de cette superbe équipe égyptienne. Un exemple de foi et d’abnégation résumé dans un petit sénégalais : Nampalys Mendy. Un renard pour tout dire, champion d’Afrique des sentinelles…

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Attaque : Sadio Mané, Aboubakar Vincent, Toko Ekambi, Mohamed Salah

100 buts ont été inscrits durant cette CAN, dont 8 pour le seul Aboubakar Vincent. Meilleur buteur, l’ancien joueur du FC Porto est le premier à avoir réalisé un tel exploit depuis l’ivoirien Laurent Pokou en 1974. Une joie qu’il a partagée avec son coéquipier Karl Toko Ekambi, meilleur buteur de la Ligue Europa, auteur de 5 buts.

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Pour encadrer les deux camerounais, rien de plus logique que la présence de Sadio Mané et Mohamed Salah. Le meilleur joueur de la CAN, 3 buts et deux caviars, et son coéquipier, 2 buts et une offrande, ont tous les deux porté leurs sélections. S’affrontant en finale, ils ont parachevé, l’un dans la joie l’autre dans les larmes, un parcours riche en émotion. Liverpool au sommet, une belle réponse à leur manager Jurgen Klopp, qui avait qualifié la Coupe d’Afrique de petit tournoi…