Algérie – Cameroun : En vert et contre tous…

Article : Algérie – Cameroun : En vert et contre tous…
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27 avril 2022

Algérie – Cameroun : En vert et contre tous…

Au football il n’y a pas que des vainqueurs et des vaincus. Il y a aussi les Algériens, ceux qui ne perdent jamais pour rien…

Un cauchemar à Blida

En Afrique on va vraiment en Coupe du monde. Le schéma des éliminatoires africaines du Mondial est de loin le plus excitant de la planète foot. Phase de groupe, barrages entre leaders et le spectacle peut commencer. Se prolonger pour ne jamais se terminer, l’Algérie pleurant toujours sa dernière défaite contre le Cameroun.

Et pourtant tout avait bien commencé. Une belle victoire à Japoma et leurs supporters dansaient à Douala. Slimani a marqué et les Guerriers du Désert ont gagné (0-1). Tout le monde est content. Jeté dans les airs par ses joueurs et son staff, Djamel Belmadi célèbre son 46e anniversaire de la plus belle des manières. Pas de problèmes d’arbitrage, de pelouse, d’hébergement, de climat ou même de sorcellerie, le match retour n’est qu’une formalité…

À Blida, le Cameroun est attendu pour rendre les armes. Céder au cœur de cette forteresse imprenable dans laquelle sa sélection n’a jamais perdu. Après le nul de 2016 (1-1), place à la victoire de 2022 (1-2). Un but partout, on joue les arrêts de jeu des prolongations, les Algériens se dirigent vers le Qatar quand soudain sur une remise en jeu, un centre de Fai Collins, une déviation de Ngadeu, Toko Ekambi climatise tout un peuple. Le « ministre du bonheur », les mains sur la tête, s’effondre et pleure. C’est la fin du monde…

La honte après l’humiliation…

Défaite, éliminée, l’Algérie ne va pas s’avouer vaincue pour autant. Plainte, elle va porter contre l’arbitrage. Du jamais vu, elle veut faire rejouer une rencontre qu’elle a logiquement perdue, accusant M. Bakary Gassama d’avoir conspiré avec Samuel Eto’o pour la sortir. Un scénario ubuesque, la fondation du ridicule est posée et la maison commence à prendre forme.

Sur la table de la FIFA, un solide dossier faits de captures d’écrans et de déclarations partisanes, est posé. Les Lions Indomptables « tremblent ». Les fans s’emportent, rêvent d’une disqualification du Cameroun, manifestent à Zurich devant le siège de la faîtière du football mondial, se ridiculisent. La honte…

« Je ne dis pas qu’il faut le tuer… »

Pire que l’échec, il y a la mauvaise foi. Pour un sport, il n’y a pas plus nocif et dégoûtant qu’un mauvais perdant. Déclenchant la vendetta, Belmadi va oublier le placement scandaleux de ses joueurs sur le but de « Tokodinho », pousser le bouchon très loin et accuser M. Gassama les coups de sifflets finaux sifflés.

En conférence de presse, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille charge l’officiel gambien, à l’aéroport, deux fois, il l’agresse verbalement avant d’appeler à son lynchage, dans une interview accordée, tenez vous bien, à la Fédération Algérienne de Football. Le garant de la crème du football algérien, un mois après avoir perdu face à un pays que sa nation n’a battu qu’une fois en 9 confrontations, n’a toujours pas perdu son fiel :

« Plus jamais de la vie on laissera deux-trois personnes conspirer contre notre pays, on ne laissera plus jamais un arbitre comme ça mettre à mal un pays comme le nôtre. Je dois dire que je n’ai pas aimé du tout voir cet arbitre aller tranquillement à l’aéroport et boire son café et manger un mille-feuille. Nous, quand on va en Afrique, nous n’avons pas de traitement de faveur. Lui, il a volé notre espoir. Je ne dis pas qu’il faut le tuer, mais il ne faut pas le laisser tranquille, c’est plus qu’un hagar ! (…) »

« Les deux choses à régler le plus impérativement en Afrique sont l’arbitrage et les infrastructures, assure Djamel Belmadi. Les terrains, ça va un peu mieux. Mais quand on voit le niveau de l’arbitrage, on est encore loin du haut-niveau. Pour moi, on est encore à l’âge (…) préhistorique. Voulu ou pas voulu ? Certains y trouvent-ils leur intérêt, dans cette CAF, peut-être dans cette FIFA, je ne sais pas ? En tout cas, c’est un constat, c’est un fait »

Le monde est choqué, les africains en premiers. « Ces gens là », sont submergés par la violence des propos de cet homme qui aurait visiblement voulu être un asiatique. Des sanctions sont demandées, la Fédération Camerounaise de Football menace… : la comédie a assez duré. Si les coéquipiers d’André Onana ont confondu les verts avec la pelouse, c’est certainement parce qu’ils leur ont marché dessus. Jusqu’à quand va-t-on supporter l’insupportable ? La mort d’Albert Ebosse n’a-t-elle pas suffi ?

En vers et contre tous…

Une grande nation de football ne gagne pas seulement, elle sait aussi perdre. « Vaut mieux que l’Algérie gagne à Blida », dixit quelqu’un, est une de ces phrases qui n’ont pas leur place dans le jargon du sport roi. On a battu le Brésil à Maracana (7-1), la France au Stade de France, l’Italie à Palerme, pourquoi ne battrait-on pas l’Algérie à Blida ? Il est temps que les algériens arrêtent de compter sur l’inconduite de leurs supporters pour gagner des matches à domicile.

Les ambiances électriques ne sont belles que lorsqu’elles ne dépassent pas le cadre du football. Les attaques aussi virtuelles que physiques qui ont suivi la défaite de l’Algérie contre le Cameroun, sont honteuses. Elles donnent une image négative d’un football qui peut certainement faire mieux que ce poète algérien qui déclara jadis : « Dieu pardonnera tout le monde, sauf Bakary Gassama ».

Ceci dit, ci-dessous quelques vers, piqués sur Twitter, de la poésie Made In Djazair. Des surréalistes :

« D’aujourd’hui, oui pour le racisme contre les Africains. Maintenant j’ai compris pourquoi les Africains étaient victimes de la traite des marchés comme esclaves »

« Il paraît que tes frères qui sont en Algérie maintenant vont devenir mes esclaves, j’ai besoin de 4 noirs ».

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