Mohamed Salah : Meilleur joueur africain ?

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La nouvelle est tombée le 14 décembre. Mohamed Salah a été sacré pour la deuxième fois d’affilée, Joueur Africain de l’année. Les 44 buts qu’il a inscrits la saison passée ont largement joué en sa faveur. Toutefois, le Pharaon n’a rien gagné cette année. Rien en Europe, rien en Afrique… Il est un joueur remarquable certes mais sans trophées. Le meilleur des joueurs est supposé être celui qui tire son équipe vers la victoire finale. Ce stade-là, le buteur de la Mersey n’arrive pas encore à le franchir…

Mohamed Salah par Анна Нэсси – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Effet papillon

Mais l’égyptien n’a rien demandé à personne, on le sait même capable de refuser une récompense individuelle. Il l’a prouvé en déclinant, au profit de James Milner, le titre d’ « homme du match » après la victoire 0-4 de Liverpool à Bournemouth en Premier League : « Je ne vais pas prendre ce prix aujourd’hui. Je veux le féliciter pour son incroyable carrière. » Un prix qu’il méritait puisqu’il a largement contribué à ce succès en faisant un triplé. Une prestation fabuleuse couronnée par ce troisième but épique où il élimine deux fois le gardien avant de finir l’action de l’extérieur du pied gauche.

Mohamed Salah par FootballCoin – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Si Jurgen Klopp et ses hommes avaient perdu 5-4, Salah aurait-il été élu homme du match ? Non. C’est la victoire de Liverpool qui couronne Salah. Mo Salah est donc tout autant victime de la mode que ceux qu’il a dépassés. On pense à ce titre de meilleur joueur de Premier League. On en revient à Kevin De Bruyne, David Silva ou Sergio Aguero qui ont été bouffés crus par les statistiques du Red. Des performances stratosphériques qui ont éclipsé la prestation collective de Manchester City l’an passé. Salah a été plébiscité par ses collègues du championnat sans que son palmarès ne soit pris en compte. C’est la « coutume » ! Ce titre de « Men’s PFA Players’ Player of the Year » est dans la continuité de ce qui se fait depuis bientôt 10 ans.

Didier Drogba par Ben Sutherland – Image Flickr CC-BY 2.0

Les critères semblent uniquement individuels dans ce sport d’équipe où on joue pour gagner. On omet que les partitions personnelles existent pour servir le collectif. C’est au meilleur servant que devrait revenir la palme du meilleur joueur. L’égyptien est clairement le meilleur joueur de Liverpool. Mais à l’échelle supérieure, il est aussi « Ballon d’or » que Luka Modric, Lionel Messi en 2010 et Cristiano Ronaldo en 2014. Pour ne citer qu’eux…

Yaya Touré par Alejandro Ràzuri – Image Flickr CC-BY 2.0

L’Afrique encore sur la touche

On pourrait en effet citer d’autres « meilleurs » sans mérite, notamment sur le continent en question. Et comment ne pas revenir sur ces mots de Yaya Touré en janvier 2016 après le choix de P.E Aubameyang comme meilleur joueur africain 2015 : « Je suis beaucoup déçu. C’est triste de voir l’Afrique réagir de la sorte, qu’elle ne donne pas d’importance aux choses africaines ! (…) Je crois que c’est ce qui fait la honte de l’Afrique. Car se comporter de la sorte, c’est indécent ! Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Nous, les Africains, nous ne montrons pas que l’Afrique est importante à nos yeux. Nous privilégions plus l’extérieur que notre propre continent. C’est ce qui est lamentable ».

Yaya Touré victorieux de la CAN avec la Côte d’Ivoire en 2015 par Ben Sutherland – Image Flickr CC-BY 2.0

L’ivoirien champion d’Afrique cette année, s’était senti esseulé devant un titre qu’il a longtemps chassé avec les Eléphants. Sa déclaration est si vraie qu’elle nous rappelle que l’ancien cityzen a lui aussi « fait honte à l’Afrique » en remportant quatre titres de meilleur joueur africain sans aucun titre africain. Il est l’héritier d’une longue lignée qui prend racines en 2001 avec le sénégalais El-Hadji Diouf.

Cependant la CAN n’est pas la seule compétition africaine à être ignorée depuis 2001 lors des récompenses individuelles suprêmes de la CAF. La Ligue des Champions en prend aussi pour son grade. Si Patrick Mboma en 2000 est le dernier à avoir été élu meilleur joueur africain grâce à une victoire à la CAN, le dernier meilleur joueur africain vainqueur de la compétition reine des clubs africains c’est le guinéen Cherif Souleymane du Hafia Conakry. C’était en 1972 et il succédait à Ibrahim Sunday. Le ghanéen venait de perdre la finale de la C1 en 1971 avec l’Asante Kotoko contre le Canon de Yaoundé. À cette époque on parlait de Ballon d’or Africain…

Match de Football en Ligue des Champions entre le CA tunisien et le MAS marocain de Fès par Citizen59 – Wikimedia Commons CC-SA

Entre 1971 et 1986, tous les lauréats du Ballon d’or africain étaient des locaux. L’exception qui confirme cette règle est le camerounais Théophile Abega, toulousain et champion d’Afrique en 1984 au moment de sa nomination. Le football africain vivait alors son âge d’or. Il y avait vraiment de quoi rêver plus grand. Les mondiaux de 1982 et 1986 en sont l’illustration même, avant d’être la fin d’une époque… Depuis personne n’a succédé à Badou Zaki. L’immense gardien marocain est le dernier Ballon d’or africain à avoir été couronné sur son continent. Ce ne sont pas les talents qui manquaient pourtant.

Mohamed Aboutrika en duel avec Fabio Cannavaro par Muhammad Ghafari – Image Flickr CC-BY 2.0

L’Afrique toujours sur la touche

L’Afrique a hérité de nombreux joueurs locaux qui méritaient le statut du meilleur joueur africain. Parmi eux, Mohamed Aboutrika. Le meneur de jeu égyptien fût le chef d’orchestre de la plus grande sélection de l’histoire du football africain. Avec elle, il a été trois fois de suite champion d’Afrique entre 2006 et 2010. Un succès réédité en club sous les couleurs d’Al Ahly où il remporte 5 Ligues des Champions de la CAF. Idem pour le congolais Trésor Mputu qui fût finaliste du mondial des clubs en 2009 au TP Mazembe, le tunisien Youssef Msakni et le sud-africain Percy Tau. Ces derniers furent respectivement champions d’Afrique en 2011 avec l’Espérance de Tunis et en 2016 avec les Mamelodi Sundowns.

Cape Town en Afrique du Sud par Falco – Image Pixabay CC0

A l’inverse des deux premiers, l’Aigle de Carthage et le Bafana Bafana ne resteront pas toute leur carrière en Afrique. Le premier s’en ira au Qatar en 2013 et le second en Angleterre cette année. Un choix probablement financier pour le joueur d’Al-Duhail Sports Club, un autre dit « de carrière » pour le Brésilien (surnom des Mamelodi Sundowns). Le natif de Witbank quitte la ligue professionnelle sud-africaine pour Brighton en Premier League. Mais le joueur de 24 ans sera directement prêté en D2 Belge au RU Saint-Gilloise. Il n’a pas reçu de permis de travail au Royaume-Uni.

Entrance to the The Mamelodi Sundown football club in Ekurhuleni, Gauteng, South Africa par NRJ ZA Wikimedia Communs CC-BY SA

Une démarche qui ne valorise en rien le football africain. Quitter un champion d’Afrique pour jouer les premiers rôles en Asie c’est bien mieux que de signer en bas de tableau européen. Evoluer c’est avancer et non reculer ! Il s’agit surement de sa touche à lui mais aussi d’une pensée africaine généralisée. Il faut jouer en Europe pour être pris au sérieux en Afrique : être « européen » pour être meilleur joueur africain. C’était le cas en 2017, c’est le cas en 2018. Les compétitions majeures africaines demeurent mésestimées. Mohamed Salah est plus l’un des meilleurs joueurs européens que le meilleur joueur africain. Rappelons qu’il n’a encore rien gagné avec son équipe nationale…

CAN 2019 : Les lions blessés, comme indomptables

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Le 2 décembre dernier, le Lion blessé de Fotouni perdait la finale de la Coupe du Cameroun face à Eding Sport 1-0. Un stade omnisports de Yaoundé comble, une belle fête, la fugace occasion pour les Camerounais, grands fans de football, d’oublier leur réelle déception de perdre l’organisation de la CAN 2019.

La triste nouvelle est tombée le vendredi qui a précédé ce match qui clôture la saison sportive de leur chère patrie. De nombreux observateurs, à l’instar du site d’information Camfoot, se sont interrogés sur la « franchise de la CAF » comme sur « la partition » jouée par le pays hôte. Quoiqu’aux yeux de ceux qui connaissent réellement le football camerounais, les lions indomptables n’ont jamais si bien porté leur nom.

MustangJoe – Image Pixabay CC0

Indomptables

Pour tout dire, le football camerounais n’a jamais vraiment brillé par son organisation. Ses écarts en dehors des terrains sont aussi indomptables que ses joueurs. Les problèmes de primes, les factures impayées d’hôtel et autres manquements ont continûment rythmé les courses dévorantes de la sélection nationale, sans jamais toutefois altérer son efficacité continentale.

Le Cameroun est champion d’Afrique en titre. Il l’est par le biais d’une équipe que personne n’attendait à ce niveau en 2017. Une victoire retentissante qui s’est achevée sur un chef d’œuvre d’Aboubakar Vincent. Le buteur du FC Porto concluait ainsi un parcours exceptionnel où son équipe envoyait successivement au tapis le Sénégal de Sadio Mané et Kalidou Coulibaly, le Ghana d’André Ayew quadruple champion d’Afrique et l’Égypte de Mohamed Salah, septuple champion d’Afrique. Un sacre au caractère inédit qui s’ajoute au beau palmarès d’un pays coutumier des rendez-vous où on ne l’attend pas.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

L’équipe nationale camerounaise occupe la seconde place de son groupe, ce qui l’assure d’être probablement qualifiée pour la CAN 2019. Une poule qu’elle partage avec le Maroc, leader et probable futur organisateur, le Malawi et les Comores. Les « Cœlacanthes » (le petit nom des comoriens) seront d’ailleurs les derniers invités à « Mfandena », le stade de l’équipe nationale camerounaise. Troisièmes à trois points des Lions indomptables, les coéquipiers d’Ali Ahamada tenteront de jouer les trouble-fêtes devant des favoris naturels. N’en déplaise à leurs détracteurs, les camerounais quintuples champions d’Afrique seront bien à prendre au sérieux à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Galvanisés par leur récente défaite 2-0 au Maroc lors des qualifications, ils seront motivés pour aller chercher leur sixième couronne. Au cours de cette rencontre, ils s’étaient sentis lésés par l’arbitrage.

Hiroo Yamagata – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Les triomphes du football camerounais en Coupes d’Afrique se manifestent « toujours » de façon consécutive. Enclenchée, sa domination s’étend naturellement sur au moins deux ans, voire quatre. Des victoires en 1984 à Abidjan, 1988 au Maroc, après une finale perdue face à l’Égypte en 1986. Des victoires en 2000 au Nigeria, 2002 au Mali. Une victoire 2017 au Gabon, donc en 2019 au Maroc ? L’hypothèse est aussi plausible que lorsque le défenseur Lucien Mettomo était « comme chez lui » dans le nid du rival historique nigérian. Nous sommes le 13 février 2000 au Surulere Stadium de Lagos et le Stéphanois s’apprête à soulever ce trophée orné de ses couleurs vertes et blanches du drapeau des « Green Eagles ». Nigeria – Cameroun, deux buts partout, 120 minutes de grand jeu et de tirs aux buts de folie pour mettre en évidence l’incorrigible paradoxe camerounais. Un contraste entre l’organisation et les résultats sur le terrain, qui n’empêche pas le Cameroun de rester le second plus grand pays de football en Afrique et une référence dans le monde matière cuir.

AnnRos – Image Pixabay CC0

Un mal pour un bien ?

Le Cameroun pays organisateur de la CAN, c’est déjà arrivé une fois. C’était en 1972 et sa sélection se faisait prématurément sortir en demi-finales par le « petit » Congo, futur vainqueur. La victoire des « Diables Rouges » allait permettre au football camerounais de connaître une réforme nationale qui devait changer les fauves blessés en lions indomptables. Une déconvenue oui, mais la CAN perdue a tout pour redevenir un facteur de progression. Les supporters de Samuel Eto’o, Parick Mboma, Rigobert Song, Roger Milla, « Docteur » Abega, Mbida « Arantes », Samuel Mbappé Leppé… le méritent. C’est l’occasion de frapper un grand coup sur ce mode de gestion délicat, réanimer le football local et enfin franchir ce palier.

Gagner ou non la prochaine CAN ne doit rien changer. Le Cameroun a suffisamment fait ses preuves sur son continent : il est temps d’aller conquérir le monde. Et la seule façon d’y parvenir, c’est de s’organiser en dehors du rectangle vert comme un modèle footballistique. La « philosophie du cœur » fonctionne encore dans l’univers de la confédération africaine, mais perd toute son aura au moment de participer au Mondial et à la Coupe des Confédérations. Dans une Afrique qui progresse, il est temps que les lions indomptables deviennent définitivement une icône.

Duncan Hull – Image Flikr CC-BY 2.0

CAN 2015 : Comme des pharaons, les éléphants après les lions ?

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Les deux dernières coupes d’Afrique (Gabon – Guinée équatoriale et Afrique du Sud) ont eu la particularité d’avoir survécu sans deux gros morceaux du football africain : le Cameroun (4 fois vainqueur) et l’Égypte (7 fois vainqueur). En analysant de près le début des éliminatoires de la prochaine CAN, on a envie de dire : à qui le tour ? Le Nigeria piétine mais les supers eagles aiment bien conclure à la fin. Il serait donc fort probable que malgré leur début catastrophique, ils défendent leur titre au Maroc, mais … A qui donc le tour ? Et si c’était le tour de la Côte d’Ivoire ?

Un favori pas comme les autres

Une fois vainqueur de la coupe d’Afrique – en 1992 au Sénégal –, la Côte d’Ivoire est devenue au début du 21e siècle – notamment avec l’arrivée de Drogba – le meilleur favori du football africain. Avec leur génération dite dorée, elle a toujours été considérée par les médias comme la meilleure équipe africaine mais l’est-elle effectivement ? L’a-t-elle vraiment été ? Durant huit années au sommet des pronostics les plus sûrs, les ivoiriens n’ont jamais rien gagné. De 2006 à 2014, malgré deux finales jouées, les pachydermes sont restés des figurants dans le groupe de la mort.

Aujourd’hui encore après avoir été éliminée au premier tour par une Grèce nettement inférieure à elle, la côte d’Ivoire repart aux éliminatoires sur les mêmes bases : vainqueur sur le papier et perdante sur la pelouse. Avec une victoire défaitiste face à une Sierra Leone en crise et une raclée à Yaoundé, les oranges restent égaux à eux-mêmes : favoris. A ce triste sort s’ajoute la perte de leur capitaine emblématique, le winning eleven Didier Drogba, dont la seule présence faisait trembler les filets. Yaya Touré aura du mal à porter ce brassard déjà très lourd après deux rencontres et remplacer Tito sur l’herbe et dans le cœur des ivoiriens. Pour les hommes d’Hervé Renard, troisièmes avec trois points, la RDC sera très difficile à jouer dans cet aller-retour crucial. Il est temps pour eux d’être des favoris qui gagnent.

Can 2015 : Le retour des lions indomptables ?

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Quatre ans après l’avoir quitté en quart de finale, le Cameroun est sur le point de retrouver cette coupe d’Afrique qui lui est si chère. Barrée tour à tour par le Sénégal en 2012 et le Cap-Vert en 2013, la sélection tricolore a le devoir de nous faire oublier leurs différentes débâcles internationales, aussi bien sur le continent qu’en dehors. Avec six points de pris sur six possibles, face à la RDC (0-2) et à la Côte d’Ivoire (4-1), les coéquipiers de Stéphane Mbia semblent bien partis pour le Maroc. Prendre six autres – précieux – points dans cette double confrontation avec la Sierra-Léone, le petit poucet du groupe, ne devrait leurs pas causer de problèmes.

Un contexte favorable

A la suite du mondial camerounais au Brésil les carottes semblaient cuites. Les prestations comportementales et sportives de Samuel et les autres faisaient – à juste titre – de nos lions des bonnets d’ânes. C’était sans compter sur la portée négative de cet accident prémédité du ndamba (1) en terre camerounaise. En 2010 la pilule était passée mais après Manaus, ils ont tous été chassés. Le Cameroun a été exorcisé et a pu repartir à zéro. Le drapeau est reparti dans les bras de Wolke Finke et Stéphane Mbia est nommé capitaine au nez et à la barbe de l’ancien vice-capitaine Nicolas Nkoulou. Il sera respectivement secondé dans son action par Vincent Aboubakar et Eric Maxime Choupo-Moting. Le Cameroun gagne donc une nouvelle ère et les premiers résultats sont très prometteurs : six buts marqués et un encaissé en deux matches : il y’a de quoi s’enflammer.

Une équipe jeune en forme et puissance

Beaucoup pensaient qu’après la génération Eto’o, le Cameroun aurait du mal à trouver le chemin des filets. C’est vrai, au vu de ses statistiques historiques et stratosphériques, qu’il sera dur de l’oublier mais il faut savoir déjà que personne n’est éternel, personne n’est irremplaçable (surtout quand on n’est pas irréprochable). S’il a remplacé, il sera remplacé. C’est certainement vrai que la vitesse avec laquelle ils ont été remplacés est inhabituelle pour la science du football. Mais il est plus certainement vrai encore que le football camerounais est pétri de talents. Il est odieusement vrai que la gérontocratie était plus qu’en vigueur dans les vestiaires des lions depuis au moins quatre ans. Les jeunes étaient sélectionnés et systématiquement ignorés. On voit avec ce nouvel état d’esprit qu’ils ont tort de tuer la jeunesse, qu’ils ont eu tort de nous priver du « président » Clinton Njié. Auprès d’une telle forme, le fond ne saurait être un obstacle surtout que derrière le fiasco brésilien, les crinières, les têtes fortes de la tanière (Mbia, Nkoulou, Choupo-Moting, Matip, Njié, Aboubakar) semblent avoir retrouvé le poil de la bête. Rendez-vous les 11 et 15 octobre pour la conclusion.

Liste des joueurs convoqués:

I- GARDIENS

NDY ASSEMBE FC Nancy
ABOGO Pierre Sylvain Tonnerre de Yaoundé
ONDOUA Joseph Fabrice FC Barcelona

II- DEFENSEURS

DJEUGOU Cédric – Coton Sport de Garoua
GUIHOTA Jérôme – FC Valenciennes
NLATE EKONGOLO Brice – O. Marseille
NKOULOU Nicolas – O. Marseille
BANA MOUSSA – Coton Sport de Garoua
BAGNACK Frank – FC Barcelona
OYONGO BITOLO Ambroise – New York Red Bulls
Bedimo Henri

III- MILIEUX:

ENOW EYONG –
MBIA Stéphane –
LOE Raoul Cédric – C.A Osasuna
SALLI Edgar – A.S Monaco
ZOCK Guy Christian – Cosmo de Bafia
MANDJECK Georges – Kayseri Erciyesspor
KOM Franck – Etoile Sportive du Sahel

KIBONG à MBAMBA Marc – Konyarspor

IV- Attaquants

CHOUPO-MOTING Eric – Schalke 04
MOUKANDJO Benjamin – Stade Reims
ABOUBAKAR Vincent FC – Lorient/Porto
KWEUKE Léonard – Caykur Rizespor
N’JIE Clinton – O. Lyon
ETOUNDI Franck – FC Zurich

NB : Matip sera le grand absent

1 ballon dans le langage urbain camerounais

 

La force noire

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L’impérialisme grandissant, le football arrive sur les terres africaines avec la colonisation. Fusils au dos, bibles en main, les colons foulent le sol africain balle au pied. Le cuir blanc se tâche de noir et le football devient logiquement une religion. Les africains apprennent vite et ne tardent pas à introniser le sport roi. Dès 1934, le berceau de l’Humanité fait ses premiers pas loin de ses terres. L’Afrique rime désormais avec Jules Rimet. L’Égypte, doyen des États africains indépendants, devient la première équipe africaine à participer à une coupe du monde de football. En 1957 La C.A.F (Confédération Africaine de Football) est créée. La première organisation panafricaine aura pour rôle de réunir les fils de sa terre en leur vantant les mérites du ballon rond à travers des compétitions continentales. Mais depuis 1974, le mondial s’est assombri. La primaire prestation lugubre de l’Afrique noire a laissé un goût amer au monde du football. A l’avenir, les épopées légendaires de 1982 et 1990, 2002 et 2010 appartiennent au passé. Les lions passent dorénavant pour des singeries. Maintenant, il faut payer avant d’être servi.

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L’important c’est de participer

À la fin du mondial 2014 au Brésil, l’Afrique a encore brillé par sa stupide cupidité. Les noirs africains sont apparus aux yeux du monde comme des bêtes sauvages avides d’argent. De Boye – défenseur ghanéen – embrassant son enveloppe d’argent à Assou Ekotto – défenseur camerounais – donnant un coup de tête à son propre coéquipier, on aura tout vu. On aura surtout remarqué qu’à chaque fois qu’une équipe africaine parlait de prime, elle se faisait battre au match qui suivait.

Parler de racisme autour du ballon rond c’est bien mais lorsqu’on voit des singeries pareilles on se dit c’est ridicule. Ce n’est pas de leur faute si on est noir. Comme les chefs de village qui vendaient leurs jeunes bras à l’esclavage pour un verre de scotch et un miroir, les stars black ont piétiné l’espoir de tout un continent pour une poignée de dollars.

Même si l’Afrique a pour la première fois présentée deux équipes au deuxième tour de la coupe du monde, les prestations africaines au mundial sont restées noires. On pense évoluer pourtant la régression est aussi palpable que considérable. Quand on regarde les prestations américaines, asiatiques et océaniennes on a honte d’être africain. La plus grande de nos fournitures sur la scène mondiale est un quart de finale quand en Asie, Europe et Amérique c’est au moins les demi-finales. De 1934 à 2014, l’important n’est que de participer.

Les noirs sont les meilleurs joueurs du monde, des stars du football planétaire, mais leurs étoiles brillent dans l’obscurité. Yaya Touré, Eto’o et compagnie – adulés et bien payés dans leurs clubs – n’ont jamais su donné que des coudes dans le dos à leurs frères africains. Oui c’est peut-être la faute de l’environnement autour – si les zaïrois ont pris 18 buts sans rien marquer en 1974 – si le mythe de l’Homme Blanc est si bien préservé mais à qui la faute si la mentalité noire est si cupide? À qui la faute si les noirs ne font et n’ont jamais rien fait ? Quand on pense pour son pays on ne pense plus à sa panse. On pense à ces supporters qui se meurent – et meurent – pour leurs idoles. Quand on joue on ne devrait penser qu’à ça. On ne peut pas suivre deux lièvres à la fois. Ou vous jouez pour votre nation ou vous jouez pour votre argent. Roger Milla est le joueur africain du siècle, non pas parce qu’il a « ignoré » Jeanvion, mais parce qu’il jouait pour son pays même en club. La Zambie a prouvé – après l’Egypte – qu’un match – qu’une compétition – ne se gagne pas sur le papier mais sur la pelouse. Didier Drogba, meilleur joueur de tous les temps à Chelsea c’est bien, mais la Côte d’Ivoire championne du monde de football c’est encore mieux. Si le Nigéria et le Cameroun ont été médaillés d’or aux jeux olympiques en 1996 et 2000 c’est que l’important n’est plus de participer.

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