Mercredi le 14 août à Istanbul se jouera la Supercoupe d’Europe entre Liverpool et Chelsea. Illustre affiche 100 % anglaise qui lancera la nouvelle saison européenne : une autre course entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Une année où les deux superstars du ballon rond auront encore énormément à donner…

Lionel Messi : Déjà vu ?

Messi vient encore de rater l’occasion de remporter un titre avec sa sélection. Il se retrouve ainsi dans une posture similaire à celle de l’année passée. Situation embarrassante où il devait alors laver l’affront d’une Remontada et d’un autre raté sous le maillot de l’Argentine. Cette fois la Roma a été remplacée par Liverpool, la France par le Brésil et le mondial par la Copa América.

Malgré des statistiques individuelles stratosphériques. En dépit de son statut d’intouchable, le Blaugrana sera obligé de remporter un trophée international pour redorer son blason de quintuple Ballon d’or. C’est ça ou le vrai début de la chute. D’autant plus qu’il n’est plus vraiment jeune à presque 33 ans. Et qu’un champion du monde vient d’arriver en Catalogne. Quand on sait que les joueurs de l’Atlético Madrid possèdent souvent un tempérament fort, on peut véritablement craindre le pire entre Antoine Griezmann et le roi Léo : les deux gauchers…

Cristiano Ronaldo : Un nouveau challenge

En signant à la Juventus, Cristiano Ronaldo s’est trouvé une nouvelle jouvence. Bien qu’il ne soit plus tout jeune lui aussi, le Turinois semble encore tout à fait capable de relever ce défi. Un impératif, étant donné qu’il a été acheté pour ça… : remporter la Ligue des Champions avec la Vieille Dame.

L’an passé Max Allegri avait trop compté sur sa qualité individuelle pour aller au bout. Après son triplé salvateur en huitièmes retour face à l’Atlético, le coach italien a pensé que l’Ajax devenait une évidence. Il s’est trompé. Il a laissé Douglas Costa sur le banc et les quadruples champions d’Europe ont logiquement pris le dessus sur les triples. Cuisant échec qui a précipité le départ de l’ancien technicien du Milan AC.

Maurizio Sarri est donc arrivé de Chelsea, accompagné du hollandais De Ligt, du gallois Ramsey et du français Rabiot. Un recrutement turinois. Des choix sobres et très efficaces qui devraient aider les Zèbres à tenir tête aux Britanniques. Et pour cela, il faudra que CR7 soit au rendez-vous. Sa victoire en Ligue des Nations semble lui avoir redonné le sourire derrière une saison en demi-teinte en club.

Malgré une fantastique saison, le FC Barcelone ne remportera pas la Ligue des Champions. La faute à un Liverpool renversant. Une équipe des Reds battue 3-0 à l’aller, victorieuse 4-0 à Anfield au retour. Couac qui naturellement dans une telle écurie, crée la polémique sur les réelles valeurs de certains cadres. Et comme le roi Messi est intouchable, les regards se tournent forcément vers la touche. Ernesto Valverde est montré du doigt et déposé sur un siège éjectable. Une nouvelle place de libérée pour le Portugais José Mourinho…

José Mourinho par Steindy – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Victime de sa mode

Le 8 Mars 2017, le Barça est devenu le premier club de l’histoire de la Ligue des Champions à se qualifier après avoir perdu 4-0 à l’aller. Les Blaugrana de Luis Enrique humiliaient alors le PSG 6-1 à domicile pour piètrement tomber en quart de finale face à la Juventus. 3-0 à l’aller, 0-0 au retour, les Catalans entamaient ainsi une « Dégringolada » en C1 qui devait porter le sceau de leur « propre création » : la Remontada. Liverpool succède à la Roma et les champions d’Espagne sombrent dans le déni.

Redmontada, Romantanda, l’histoire prend une autre tournure et remet en question la qualité tactique d’un entraîneur qui au final, n’a rien montré sur la scène internationale. On dit que les grandes équipes ne perdent pas deux fois de suite : son FCB a perdu deux fois de suite après avoir gagné au match aller sur trois buts d’écart. C’est suffisant pour être débarqué d’une telle institution.

Il y’a quelques jours, Xavi déclarait : « le Barça doit à nouveau dominer les matches. » En fait ce que l’ancien capitaine des Alzugrana voulait dire, c’est que le Barça doit revenir sur le toit de l’Europe. Son club de cœur domine les rencontres : mais sur la péninsule Ibérique. José Mourinho, en parlant de Messi (donc du Barça) :

« Pour être le meilleur, il faut être un winner, pas seulement un top-player. Il n’est pas possible d’être le meilleur sans gagner des grandes choses. C’est fondamental (…) Je doute donc que Messi mérite le Ballon d’Or. On pensait tous qu’il était de retour, mais il a encore échoué en Ligue des Champions. Pour être le meilleur, il faut gagner. »

Lionel Messi par Laia – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Un choix logique

Qui pour gagner dans ce cas ? Pour dire à Messi ce qu’il ne veut pas entendre ? Pour prendre la place de l’ancien technicien de l’Athletic Bilbao ? On sait que le Barça aime ceux qui ont travaillé pour la « Maison ». Les anciens du club sont particulièrement appréciés chez le géant vêtu de Bleu et Grenat. Guardiola, Luis Enrique, Valverde, le Special One ? Une option judicieuse ce serait en tout cas. En plus d’y avoir travaillé aux côtés de feu Bobby Robson, le lusophone a le profil idéal pour rallumer la flamme de la victoire suprême dans ce club. Cette équipe qui l’a adopté dans ces débuts. Cet adversaire qui a nourri sa notoriété. Une formation qui son identité perdue, se transforme de plus en plus en équipe d’Argentine moderne.

On nomme les entraineurs qui font plaisir à Messi et pendant ce temps l’équipe n’évolue pas. Etre titulaire ne se résume plus à la performance sportive mais à la proximité avec La Pulga en dehors du terrain. La présence d’Iniesta a longtemps caché ce fait, mais aujourd’hui c’est trop flagrant. Le Barça est nécessiteux d’un coach de caractère. Un homme capable de mettre fin à cette attitude nonchalante sur la pelouse. José Mourinho, évoquant le quatrième but de Liverpool contre Barcelone en demi-finale retour de Ligue des champions :

« Si cela arrive dans un match de U14 ou de U15, on pourrait se dire: ‘Les gamins sont en train de dormir, ils n’ont pas la mentalité pour jouer au football, ils doivent apprendre les bases du jeu’. Mais on parle des meilleurs joueurs du monde, et le fait de concéder ce but veut tout dire au niveau de leur état d’esprit. »

Neymar face à Piqué par Danilo Borges/Portal da Copa – Wikipedia CC BY 3.0 BR

Le bouquet et le piquet

Dans sa marche impériale sur le terrain (pendant que ses coéquipiers défendent), le quintuple Ballon d’or est accompagné par une paire toute aussi prestigieuse. Le problème c’est qu’elle est à vocation défensive : Busquets et Piqué. Ces deux joueurs sont la preuve qu’il y a énormément d’injustice dans le très fameux football moderne.

De nos jours, ceux qui jouent ne le méritent pas toujours. Ça fait longtemps que les dossards 5 et 3 de Barcelone devraient être sortis des starting lineups. Ils ont suffisamment montré leurs limites sur la pelouse.

Busquets n’est clairement pas un bon numéro 6. Il a juste été entouré de milieux aussi complets que talentueux. Xavi, Iniesta, ou encore Xabi Alonso (en sélection) étaient les arbres qui cachaient sa forêt de défauts. Maintenant que son équipe a fortement besoin de lui, d’un vrai récupérateur, ils ressortent royalement.

Idem pour Gerard Piqué. Pour le passer, il suffit de le fixer. Les performances du conjoint de Shakira font chanter la défense Barcelonaise. Ses partenaires dans l’axe sont obligés de faire un double boulot, tant il est absent. Lui également a eu la « chance » de partager l’axe avec des défenseurs de grande classe. Puyol, Sergio Ramos et les autres ont longtemps couvert ses lacunes : ce n’est plus possible. Les tacticiens à la merci de Messi et de ses acolytes doivent laisser la place aux véritables entraineurs. Si Valverde avait remporté la Ligue des Champions à la place de Klopp ou Pocchetino, ça aurait été injuste. Le football récompense le travail. Les « mecs sympas » n’ont plus leurs places au Camp Nou. José Mourinho :

« La vraie innovation, ce n’est pas la technologie. Tu peux avoir le dernier drone, les derniers GPS, ce qui fait la vraie différence, c’est ce qu’on appelle le ‘know how’ [‘savoir comment faire’]. Beaucoup d’entraîneurs se cachent derrière la technologie, l’innovation, mais le vrai secret n’ est pas là. Quand je travaille, tous les jours je pense : entraînement de qualité. Avoir un entraînement de haut niveau, c’est un droit que les joueurs ont. C’est mon devoir envers les joueurs de le leur donner tous les jours. Une règle d’or. Il y a quelques jours, j’ai entendu un joueur parler de son coach : ‘Mon entraîneur, c’est un bon mec, un mec sympa, il a un grand cœur, c’est un homme fantastique. ‘Mais il ne dit jamais que son entraîneur est un grand entraîneur. Mais que veux-tu que les joueurs disent de toi ? Que tu es un grand entraîneur. La base, c’est ce que tu fais sur le terrain. L’essence de notre métier, la passion, elle est là, sur le terrain. C’est là que tu dois faire la différence. C’est la magie de ce terme : qu’est-ce que fait un entraîneur ? Il entraîne. »  

Ernesto Valverde par Богдан Заяц – Wikipedia CC BY-SA 3.0

L’image la plus évidente d’un footballeur élu Ballon d’or, est celle le montrant de façon élégante le Ballon d’or dans les mains. Logique ! Porté par Luka Modric désormais, le trophée forgé par le bijoutier français Mellerio dits Meller n’a jamais dérogé à cette règle. Depuis sa création en 1956, l’orfèvrerie a généralement fait de son propriétaire la plus précieuse des « pierres » balle aux pieds. Un joueur d’exception, un joyau taillé par un Homme. Un chef-d’œuvre humain avec tout ce que ça comporte comme imperfections…

Andres Iniesta par Clément Bucco-Lechat – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Objet de divergences

Aussi prestigieux soit-il, un trophée reste un objet. Incapable il est de trouver son véritable possesseur tout seul. Sa qualité de corps inerte exige qu’il soit guidé. Piloté le cas échéant par une humanité dotée d’une sincère objectivité.

L’année dernière Jorge Valdano déclarait : « Luka est un joueur merveilleux, il est l’un des rares joueurs dans le monde qui peut vous réconcilier avec le football. Modric est clairement le “Andres Iniesta” qui était en Afrique du Sud il y a huit ans, il embellit le football. » Une comparaison excessive qui pourtant a porté ses fruits. L’argentin a été suivi et le croate élu Ballon d’or. Le métronome Merengue a bénéficié de son statut de finaliste du Mondial 2018 pour terminer au premier rang. Une récompense doublée du Prix The Best décerné par la FIFA. Un présent qui entretient son peu glorieux passé récent.

En effet, en septembre 2016 France Football et la Fédération Internationale de Football mirent un terme à leur coopération pour l’attribution du Ballon d’or. Une désunion qui continue toutefois de faire un avec le résultat final, la différence nulle à l’aube de sa troisième année. Ronaldo en 2016 et 2017, Modric maintenant et toujours pas d’Iniesta. Pourtant « il y’a huit ans », le Blaugrana remportait la Coupe du Monde face aux Pays-Bas. Un succès pour « rien » : une deuxième place injuste derrière Lionel Messi au Ballon d’or. L’unique buteur de la finale du premier Mondial Africain connait alors la meilleure performance de sa carrière dans l’histoire de ce classement. Une erreur irréparable que l’autorité compétente du football européen corrigera du mieux qu’elle peut deux ans plus tard…

Luis Suarez par Auteur Inconnu – Wikipedia Domaine Public

Meilleur joueur du Vieux Monde

En 2012 Andrès Iniesta recevait le Prix UEFA du Meilleur Joueur d’Europe. Laquelle parure constitue sa seule « médaille d’or » obtenue sur une saison des institutions du football. A l’origine de la distinction, une seconde victoire de suite à l’Euro après 2008. Une promotion qui relie naturellement le destin du meilleur joueur du Championnat d’Europe en question à celui de Luis Suárez. Le champion d’Europe 1964 reste l’unique Ballon d’or espagnol à ce jour. Barcelonais à l’époque, le coéquipier du légendaire Laszlo Kubala venait de remporter le Championnat d’Espagne et la Coupe d’Europe des Villes de Foire. Nous sommes en Décembre 1960 et la récompense désigne le meilleur joueur évoluant en Europe.

Une précision indispensable : un changement qui interpelle. Depuis que le Ballon d’or désigne le meilleur joueur du monde, aucun espagnol n’a été sacré. Tant en sélection qu’au FC Barcelone, Léo Messi a bénéficié seul de l’hégémonie Ibérique du football. Un jeu collectif porté par un Iniesta stratosphérique et ignoré. Le Don Balón 2009 a pourtant plus impacté le football européen et mondial que son « aîné » Luisito (Surnom de Luis Suárez). Le milieu gauche que France Football assimilait à « L’autorité d’un duc, la précision d’un géomètre et la beauté d’un Apollon » et Di Stefano au « grand architecte du football mondial » n’atteint pas le champion du monde à la cheville. Et ce n’est pas Juan Roman Riquelme qui pourra le nier : « Il faut regarder le jeu de Barcelone pour apprendre. Et surtout Iniesta. Parce que si Messi et Cristiano inscrivent beaucoup de buts, le meilleur c’est Iniesta, il t’apprend à jouer au football. »

FC Barcelone par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le vrai Andrés

Lionel Andrés Messi Cuccitini a été Ballon d’or de 2009 à 2012 et en 2015. Deux périodes qui coïncident bizarrement avec un gigantesque Andrés Iniesta Luján. Les fortunes diverses des deux Catalans en équipe nationale en sont la preuve. Sans Iniesta, Messi c’est 0 trophées internationaux. Avec Iniesta, Messi c’est 4 Ligues des Champions. Trois avec exactitude, étant donné qu’en 2006 l’espagnol était déjà essentiel au club Bleu et Grenat, contrairement à l’Albicéleste. Arrivé en 2002 en A, utilisé comme latéral droit, avant-centre, ailier, milieu relayeur, offensif et récupérateur par les hollandais Louis Van Gaal et Frank Rijkaard, le stratège cumulait déjà plus de 100 matchs à son actif. On se souvient de ce but magique qui élimine Chelsea et qualifie le Barça pour la finale en 2009. Quand son impact date déjà d’au moins trois ans auparavant.

En 2006 comme en 2009, Iniesta est à l’origine des buts de Samuel Eto’o lors des finales contre Arsenal et Manchester United. Face aux Gunners Henrik Larsson donnera la passe décisive au Camerounais. Mais contre les Mancuniens ce sera le petit génie de la Roja qui servira le Lion Indomptable après une percée héroïque. Une performance qu’il rééditera en 2011 avec Lionel Messi à la finition ensuite et en 2015 avec Rakitic à la conclusion enfin. Deux victoires 3-1 contre Man U « again » et la Juventus qui complètent la somme à quatre sur les cinq succès décomptés par le club en Ligue des Champions. En outre, Iniesta a joué un rôle capital dans les victoires barcelonaises du 21e siècle. Une constance au sommet, l’apologie d’un talent immense qui ne sera jamais gratifié à sa juste valeur. La faute à ce football qui n’a d’yeux que pour le buteur.

Andrés Iniesta en 2015 par Олег Дубина – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Mal tombé

Iniesta est le point d’attache entre la génération des trois « O » et la sienne. Un lien de « Winners » qui fait sans aucun doute de lui le meilleur joueur de l’histoire du Barça et de l’équipe nationale d’Espagne. On n’oublie pas Xavi… Cependant, près de lui l’ancien nouveau Guardiola disparaît malheureusement. Pour admirer le sociétaire d’Al Sadd SC il faut connaître le football : pour admirer Iniesta, il faut aimer le football. Ou pas… Le voir jouer demande même parfois moins qu’un passionné du ballon rond pour l’admirer. Il fait peu trembler les filets… Mais il marque les esprits. Ses réalisations sont inoubliables. 57 buts en 675 matchs au Barça, son total sur 16 ans équivaut à celui de Messi en une saison. Mais les deux sont-ils vraiment comparables ?

En 2015, Javier Martos ancien camarade d’Iniesta, Xavi et Messi à la Masia affirmait : « Pour moi, il est plus complet que Xavi. Ils gardent tous les deux bien la balle et jouent bien. Mais Iniesta peut déborder sur un côté, il marque facilement. (…) J’ai joué avec Messi et beaucoup d’autres, Iniesta est le meilleur joueur que j’ai vu de ma carrière. C’est un super joueur. Il était plus fort que Messi ? Oui, chez les jeunes. Messi est désormais arrivé à maturité, Iniesta était déjà un joueur mature dès son plus jeune âge. (…) C’était le plus fort techniquement, le premier à faire son travail, le premier à courir sur le terrain. Et cela donnait l’envie aux autres de faire pareil. » Une thèse corroborée la même année par Ivan Rakitic : «  Je crois qu’il ne surprend personne. Il est arrivé à un tel niveau que c’est quand il n’est pas à ce niveau qu’on est surpris. Andrès, c’est la magie du foot, on admire tout ce qu’il fait. » Et dire qu’on a failli le perdre…

Lors de la saison 2008/2009 Iniesta a connu une grosse dépression. Un dégout de la vie qui succède à un triplé historique avec le Barça et à la mort de son ami et ancien capitaine de l’Espanyol de Barcelone : Dani Jarque. Le mythique n°8 Alzugrana (Surnom des joueurs du Barça) a même songé au suicide : «  Oui, ce sont des situations vraiment extrêmes. Pas parce que je voulais le faire ou ai même eu l’idée de le faire, mais parce que l’on est plus soi-même. Je sais que lorsque l’on est très vulnérable, il est difficile de garder le contrôle et n’importe quoi peut alors se passer, en l’espace de quelques secondes, il y a certaines décisions que l’on prend car on ne se sent pas bien.  »

Heureusement, le pire n’arrivera pas. Iniesta dédiera son but en finale du Mondial 2010 à son ami décédé et poursuivra sa conquête du monde jusqu’en J-League. En 2018 il signe au Vissel Kobe pour « contribuer au développement du foot japonais ». Une destination nippone qui est tout sauf un hasard. Le futur Messi serait du pays du soleil levant : Takefusa Kubo. Affaire à suivre…

FC Barcelone par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Football Total

A lui seul Andrés Iniesta incarne l’identité même du Barça. Il marque, passe, attaque, presse défend… : c’est le football total. Son absence crée derrière lui un vide irremplaçable. Une efficacité que Valverde et ses supérieurs peinent à retrouver. Un espace que seule sa présence peut occuper. L’héritage incommensurable, le style aussi déroutant qu’inspirant pour des jeunes virtuoses tels le Lyonnais Houssem Aouar. Son legs provoque certainement un effet boomerang favorable au futur du football et du Barça : «  Je ne dirais pas que je ne voudrais pas être entraîneur du Barça, mais ce n’est pas une chose à laquelle je pense actuellement. On verra au fil du temps, mais je veux revenir ici dans un rôle qui me conviendra. Je me sens chez moi et j’espère pouvoir transmettre ce que j’ai appris et ce que j’ai ressenti pour ce club.  »

Andres Iniesta par Clément Bucco-Lechat – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Applaudi par les supporters « ennemis » du Real, l’Espagne unie pour l’aduler, le joueur de 35 ans reviendrait de ce fait sur une cour oublieuse. Non pas celle qui a édifié cette statue en son honneur. Mais bien celle qui a ignoré son statut parmi les meilleurs joueurs de l’histoire du sport roi. Valeureux soldat à tous les sens du terme, il aurait pu déprimer comme Ribery à cause de ce manque criant de reconnaissance. Que non… Il est resté fidèle à ses principes devant la feinte. Une ingratitude matérialisée par ce « Balon de Oro »  qu’il a mérité au moins cinq fois dans sa vie. Sur les 22 succès cumulés par le Barça et le Real Madrid, un seul est réellement espagnol et ce n’est pas lui. C’est dommage ! « Le football, ce n’est pas que le but » suggère-t-il humblement. Encore faudrait-il qu’il soit entendu, l’incompris. Second meilleur passeur de Messi avec 33 caviars, il a porté le Ballon d’or pendant au moins 10 ans sans jamais le recevoir. Logique…