Éric Maxim Choupo-Moting : C’est mon année !

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Il fait partie des plus grandes surprises du dernier mercato estival d’Europe. Le Paris Saint-Germain habitué des noms ronflants, a laissé tout le monde pantois en signant l’international Camerounais Éric Maxim Choupo-Moting. Une arrivée, des performances qui suscitent plus d’irrespect que de considération. Qu’il est loin ce jour où Samuel Eto’o refusait que son sélectionneur Javier Clemente remplace son « petit frère ». Sapé comme jamais par les médias français depuis, le Hambourgeois fait pourtant ce qu’il faut…

Choupo-Moting par Богдан Заяц – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

 « Tu m’en veux, dis moi pourquoi tu m’en veux »

Dimanche dernier, Paris s’apprêtait à célébrer le huitième titre de son histoire face à Strasbourg. Un match nul (2-2), une occasion loupée dans une rencontre marquée par l’erreur incroyable de Choupo-Moting. Après avoir ouvert le score, le coéquipier de Kylian Mbappé s’est proscrit un doublé en stoppant malencontreusement le ballon sur la ligne de but Strasbourgeoise. Un top flop qui arrive sur un ballon bien piqué par Nkunku au-dessus du gardien Sels, homme du match. Bourde qui succède à une autre sept jours plus tôt à Toulouse. Laquelle lui a valu les moqueries de supporters qui l’aiment bien et des attaques de la part de journalistes qui l’aiment bien moins. Parmi eux leur porte-parole en chef : Pierre Ménès. Celui qui a le droit de dire du mal de tout le monde en toute impunité a commencé par déclarer : « Il n’a clairement pas le niveau pour jouer dans ce club. Ni au PSG, ni dans aucun autre club de Ligue 1 ». Avant de terminer sur son blog :

« Et puis le PSG a gagné à Toulouse après un match pas très emballant. Mais Paris était tellement handicapé par les absences qu’il s’est retrouvé obligé de jouer avec un joueur du niveau de Choupo Moting, qui a évidemment saccagé une occasion en première période. Comme toujours depuis que Cavani et Neymar sont blessés, l’intégralité de l’efficacité offensive du PSG se trouve dans les pieds de Mbappé, qui a encore marqué, cette fois sur un centre remarquable de Kehrer, avec un enchaînement contrôle-frappe décroisée absolument parfait.(…) »

Choupo-Moting contre Chelsea en Ligue des champions par CFC Unofficial (Debs) – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Ce qu’il oublie de dire toutefois, c’est que Choupo-Moting est à l’origine du but de Mbappé. Il crée le décalage sur Kehrer et le lance parfaitement. Mais on s’en fout évidemment. Le négatif de sa performance est mis en avant et le positif obstrué. On se tait pour ne pas dire que le PSG n’a perdu aucun match joué par Choupo-Moting depuis que Neymar et Cavani se sont blessés. Sur les 28 rencontres auxquelles il a participé, Paris a perdu deux fois : à Liverpool et à Lyon. Le quatrième sportif camerounais le mieux payé n’est pas entré face à Manchester United et le PSG a honteusement été sorti de la Ligue des Champions. Pourtant, il est le seul élément de cet effectif à avoir mis un doublé contre les Red Devils. Non pas des Diables Rouges amoindris, mais des triples champions d’Europe au top de leur forme. Nous sommes en septembre 2017 et l’attaquant évolue alors à Stoke City.

En gros, Choupo-Moting violemment taclé : c’est dans la logique des évènements. Il est capitaine d’une sélection qui n’est pas forcément appréciée. On laisse Ménès « lui faire du sal » histoire qu’il progresse dans son domaine. Le polémiste n’est pas à ses premières interventions limites mais il continue. C’est à croire qu’ils aiment ça… Deschamps, Ancelotti, Jardim, Mourinho, Jean-Michel Aulas, Luis Fernandez, Cavani etc. sa liste est longue. Un prestigieux agrégat qui démontre bien que le métis Germano-camerounais n’a pas à s’en faire. Et comme le rappe si bien l’auteur, Vegedream, du tube « Ramenez la Coupe à la maison » :  « Ceux qui m’ont négligé ont eu tort. C’est mon année ! »

Le PSG Champion de France en 2015 par Liondartois – Wikipedia CC BY-SA 4.0

Un air de champion

Star, risée, Maxim est au centre des débats. Il fait la une et va dans le sens de cette maxime qui veuille que PM soit un indicateur crédible de succès… Si le consultant français est contre toi c’est que tu es sur le bon chemin. Didier Deschamps est champion du monde. Ancelotti a remporté la Ligue des Champions avec le Real. Cavani est meilleur buteur de l’histoire du PSG. Jardim a été champion de France et a mené l’ASM en demi-finale de C1. Le président Aulas est le meilleur dirigeant français des années 2000. Il n’a pas attendu les Qataris pour rendre la France fière. Mourinho est l’un des meilleurs entraîneurs de tous les temps. Luis Fernandez est l’entraîneur de l’unique coupe d’Europe Parisienne. Et Choupo Moting va remporter les premiers trophées de sa carrière. Sur ce, KM7 :

« Un big up à MCM17, j’en ai raté bien plus que toi cette saison, on reste un groupe uni et on te soutiendra jusqu’à la fin. »

En fin de route, le neuvième Lion Indomptable de l’histoire de Paris arrive donc dans l’Hexagone pour remplir sa gibecière. Il n’a rien demandé à personne : il va profiter de la manne qatarie comme tout le monde. L’attaquant polyvalent de 30 ans sera dans l’historique des champions de France qu’on le veuille ou non. Il entrera dans les annales d’une ligue qui ne serait pas à sa portée. Lui qui a été titulaire incontesté en Bundesliga et en Premier League. Qui a pareillement évolué à Schalke 04 aux côtés de deux champions du monde : Benedikt Howedes et Julian Draxler. Association aguichante au service d’un club qui n’a rien à envier au PSG. Dans son enceinte 5 étoiles de la Veltins Aréna, le demi-finaliste de la Ligue des Champions 2011 jouit d’un palmarès d’exception. Au cœur d’un monde archi dominé par le Bayern, les Bleus Royaux de Gelsenkirchen ont su se faire une place au sommet. Ils ont remporté 7 championnats, 5 Coupes d’Allemagne, une Coupe de la Ligue, une Supercoupe et une Coupe de l’UEFA.

Veltins Aréna par Mocky04 – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Choupo Moting a donc fait 3 ans, 106 matchs et 23 buts dans cette équipe-là (2014-2017). Il y a promené son allure de fils de basketteur avec panache. Les fans des Knappen (surnom des joueurs de Schalke) auront notamment du mal à oublier cette prestation notable du 22 Septembre 2014 face à Frankfurt. Mené 0-2 à domicile les Mineurs reviendront à la marque grâce à deux actions de génie de leur n°13. Une Panenka sur pénalty pour réduire le score à 1-2 et une passe décisive à destination de Draxler pour égaliser. But de la tête sur un centre du gauche d’un ailier d’1 m 91. Lequel virtuose a pris le temps de mystifier son adversaire avant de se mettre sur son mauvais pied pour délivrer son caviar. Cette performance lui vaudra le prix de « Joueur du Week-end ».

Choupo-Moting à Nuremberg par Jarl Helm – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Un talent atypique

C’est peut-être vrai que Choupo-Moting n’a pas le niveau pour jouer à Paris. Transfuge de championnats strictement inférieurs à la Ligues des Talents, sa place est certainement ailleurs. Une équipe capable de gagner 4-0 à l’aller et de se faire sortir au retour après avoir inscrit le but à l’extérieur (6-1) mérite vraiment mieux. C’est sûr qu’il n’est pas fait pour un club niveau C1 qui a été éliminé à la maison après une victoire 0-2 à l’extérieur – le but à l’extérieur « comptant » double… Deux évènements similaires comme inédits qui ont pour particularité : l’absence de Choupo-Moting.

Qu’on se le dise sérieusement. Le loupé de Choupo-Moting est une blague devant les dernières « nouvelles » Parisiennes en Ligue des champions. On essaie de faire oublier le fiasco européen du septuple champion de France en tapant sur MCM17. Triste tradition ! Heureusement qu’il n’y ait pour rien dans ce spectacle tragicomique. Il n’a juste pas joué « à Paris » à ces instants délicats. Il est resté dans la discrétion comme à son habitude. La coutume d’un talent qui ne fait que jouer au football. Qu’il marque ou non, ses performances le laissent à « 237 ». Denis Lavagne :

« Il a bénéficié d’une « formation à l’allemande », et développe des qualités techniques au-dessus de la moyenne. (…) Sur le plan technique et de l’intelligence de jeu, il sera au niveau du PSG, mais ce qui lui manquera peut-être c’est la détermination et l’ambition. »

Allégations corroborées par Christian Heider, son directeur sportif au FSV Mayence :

« C’est un excellent joueur. (…) Il est rapide, technique, bon de la tête et intelligent. (…) Son problème c’est qu’il manque de continuité, il peut faire trois ou quatre matchs consécutifs au niveau d’un joueur de classe mondiale et ensuite rencontrer des difficultés. Il a aussi connu des blessures au genou qui l’ont freiné dans sa progression. »

Éloges mitigées confirmées par Hugo Broos, son ancien sélectionneur :

« Il a une bonne tactique, il ne perd pas beaucoup de ballons, mais son problème est mental. Il doute très vite et c’est peut-être pour ça qu’il n’a pas eu le parcours qu’on pouvait espérer au regard de son potentiel. » 

Le Parc des Princes par Kilyac – Wikipedia CC BY-SA 4.0

Fin cartésienne

Choupo-Moting a rencontré la France un soir de Mai 2016 à la Beaujoire. Les doubles champions du monde affrontaient les quintuples champions d’Afrique dans le cadre de la préparation pour l’Euro. Un match soldé par un succès à l’arrachée 3-2 des Bleus : une communion qui a failli être gâchée par l’égalisation du capitaine Camerounais. Le natif de Hambourg entre en jeu et ajuste Hugo Lloris sur une passe d’Anatole Abang. Une réalisation qui arrive à la 88e, deux minutes avant le splendide coup-franc de Dimitri Payet. Chef d’œuvre sanctionnant définitivement une autre prestation de grande classe du portier Fabrice Ondoa.

Ce « rendez-vous » ne laissait en rien entrevoir une telle opposition ; encore moins une éventuelle arrivée de l’ancien de Nuremberg dans la capitale française. A l’instar des propos tenus par ces hommes qui l’ont connu, elle réaffirme que Choupo a toutes les qualités requises pour évoluer au haut niveau. Il fait juste son job. Il reste fidèle à ses principes et met un peu de côté l’aspect qui prime dans le sport : la victoire. Ce qu’on peut assimiler à un manque d’ambition de sa part est en réalité l’attitude d’un joueur que rien ni personne n’impressionne. Il est sûr de son talent, il a du charisme, il ne se plaint pas, il ne doute pas : c’est un Lion Indomptable. Thomas Tuchel l’avait remarqué à Mayence, à Paris il le certifie :

« (…) Il a un caractère très positif, top niveau (…). Maxim peut avoir un impact en une minute, il ne perd jamais espoir et peut être décisif dès qu’il sort du banc. »

Ainsi, on comprend que le sport roi n’ait pas voulu qu’un tel joueur finisse sa carrière sans médailles en or. Malgré tous ces sifflets dont il a fait l’objet, il est rentré tête haute et sans son maillot aux vestiaires. Après avoir été l’unique Parisien à assumer sa prestation au micro de ses principaux détracteurs, il enverra sa tunique à ces fans qui le lui réclamaient. Choupo ! Choupo ! Hurlaient-ils tout excités au-dessus de l’entrée du tunnel. Preuve qu’il n’est pas celui qu’on dénigre avec entrain. Sa seule crête dorée ne suffira donc pas pour le couronner. Il lui faut une vraie crinière. Quand on a dit non au Ballon d’or Matthias Sammer (mandaté par l’Allemagne) pour valider l’intérêt du Cameroun c’est qu’on a quelque chose en plus. Choupo était parti pour participer à la Coupe du Monde 2010 avec la sélection Allemande. Il « a fait le choix du cœur ».

Roger Milla par Auteur Inconnu – Wikipedia (Domaine Public)

L’international Allemand U18, U19, U20 et Espoir a choisi les origines de son père pour rejoindre l’Afrique du Sud. Il a suivi la sélection emmenée par l’ancien Parisien Paul Le Guen et est devenu l’héritier de Roger Milla qu’il fait désormais. S’il avait dit oui aux A des Adlers (surnom des joueurs allemands) il serait surement un autre footballeur aujourd’hui. Probablement victorieux du Mondial en 2014, qui sait ? L’année de la 4e étoile de la Mannschaft coïncide bien avec le début de son apogée. Période où son talent fait l’unanimité sur le sol allemand.

Tottenham – Manchester United : Paris n’a rien à craindre

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Ce dimanche, Manchester et son nouvel entraîneur Ole Gunnar Solskjaer sont allés battre Tottenham à Wembley. Un choc au sommet, le premier de son ère, une victoire 0-1 qui permet à United de vivre un sixième « bonheur » consécutif. Ses hommes et lui comptent désormais le même nombre de points que le cinquième Arsenal. José Mourinho viré, les Red Devils semblent délivrés…

Winners par Sean Murray – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Seule la victoire est belle

Une passe de Pogba et Marcus Rashford qui marque. Manchester ouvre le score, s’impose chez le troisième de Premier League et se venge du cinglant 0-3 de l’aller. Un gros succès face à un gros de l’élite qui donne une idée du soutien que peut avoir Ole Gunnar à Manchester et dans la plupart des médias. Dans une rencontre où il a fait preuve d’une flagrante misère tactique, il est peint en sauveur. José victorieux de ce match de cette façon, les éloges auraient certainement été remplacés par des tacles violents bien appuyés.

On encense les six victoires de rang de l’ancien buteur et pourtant lorsque le Docteur Honoris Causa de l’Université Technique de Lisbonne avait enchaîné 25 matchs consécutifs sans perdre à sa première saison, on trouvait à redire. D’aucuns ont même parlé de Top 5 pour l’exclure du faîte avant de revenir au Top 6 dans la foulée de son éviction. L’objectif étant de réduire au maximum son travail au néant.

Old Trafford par pottonvets – Image Pixabay CC0

Ainsi le débat est repensé, le beau jeu mis de côté et la victoire dans le sport redevient l’essentiel. Sa place retrouve son statut d’idéal afin d’inhiber le pauvre contenu mancunien à ce grand rendez-vous londonien : une prestation inqualifiable de nullité. Mourinho choisit de défendre, Solskjaer a été forcé de défendre. Avec 62 % de possession de balle, Tottenham a dominé tout le match dans tous les compartiments du jeu, y compris celui des erreurs. Le but des Reds n’intervient pas sur une action promptement menée mais sur une grossière étourderie de Trippier.

Une passe ratée de l’arrière droit dans l’axe qui a donné la possibilité à une occasion sans réel danger de briller de mille feux. Long ballon de Pogba, la défense surprise n’arrive pas à vite se replacer, la lente frappe de Rashford est parfaitement croisée et Hugo Lloris particulièrement peu réactif. Le goalkeeper français se rattrapera en seconde mi-temps sur une tête et deux tirs du n°6 passeur décisif : ce sera trop tard… Le n°1 était déjà en face.

David De Gea par Saul Tevelez – Image Flickr CC BY 2.0

David contre Goliath

Durant l’ère Mourinho, David De Gea était considéré comme le meilleur joueur par les nombreux détracteurs du portugais. Il était question de faire passer par tous les moyens sa pensée pour un jeu sans inspiration. Que dire du match de dimanche ? Le « Théâtre des Rêves » et Ferguson sont bien de retour : qu’est-ce qui n’a pas marché ? On attendait ce jeu outrageusement offensif et au final on n’a vu qu’un défenseur « figé » sur la ligne de son but.

Le portier espagnol est sans aucune contestation l’homme de ce match. 11 arrêts décisifs comme un symbole : l’écu d’une équipe aux abois. Sans lui, Manchester aurait clairement perdu. S’il fallait choisir une de ces parades pour résumer la rencontre, le face-à-face de Dele Alli ferait l’affaire. Une occasion nette de but partie d’une balle perdue de Pogba à l’entrée de la surface adverse et mal négociée par le milieu offensif d’origine nigériane. Bien lancé en profondeur, l’international anglais n’a pas pu franchir le dernier rempart « Rouge » et conclure cette contre-attaque éclair. En gros les Spurs ont marqué des buts mais De Gea les enlevés.

Drapeau Tottenham par RonnyK – Image Pixabay

Oser c’est faire

Lorsqu’on voit la difficulté que Mauricio Pochettino a pour remporter un titre, on mesure mieux la force de José Mourinho. La dernière fois que Tottenham a été champion d’Angleterre c’était en 1961. Une longue attente atténuée en 2008 par une victoire en Coupe de la Ligue. Un succès (voire deux avec la Cup) toujours possible cette année qui toutefois n’empêche pas le mot « looser » de marquer à la culotte la renommée du premier vainqueur britannique d’une Coupe d’Europe. C’était la Coupe des Coupes en 1963.

Harry Kane lifting the World Cup par Matt Brown – Image Flickr CC BY 2.0

Au sein de l’effectif de l’argentin on trouve quand même encore de très bons éléments après Gary Lineker, Chris Waddle, Paul Gascoigne, Teddy Sheringham, Jürgen Klinsmann, David Ginola, Sol Campbell, Dimitar Berbatov, Jermaine Defoe, William Gallas, Luka Modric, Gareth Bale et autres Raphael Van der Vaart. Des internationaux pour la plupart titulaires indiscutables dans leurs sélections : Harry Kane, capitaine anglais et meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde, Hugo Lloris, capitaine des champions du monde en titre, Christian Ericksen, Heung Min Son, Dele Alli, Eric Dier, Kieran Trippier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez etc. Une grosse qualité que le technicien Albiceleste (surnom des joueurs argentins) peine à changer en trophées. Même l’alibi du « faible » budget lui a tourné le dos : Leicester a été champion en 2016. C’est triste à dire mais Manchester a battu des « perdants ».

Tottenham Hotspur defender Jan Vertonghen par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Diversions

Quoiqu’on dise, cette « dispute » dominicale a démontré que la seule assurance de progression à Manchester était la présence de Mou sur leur banc. Cette victoire à l’extérieur le dédouane et tourne définitivement la page de son passage. Chacun fait dès lors face à ses responsabilités. Solskjaer a toutes les cartes en mains et Pogba ne pourra plus se cacher derrière « O Vencedor » (« Le vainqueur » en français, surnom de Mourinho) pour justifier ses mauvaises performances. Son joker grillé, lorsque les défaites arriveront personne ne pourra plus accuser le prédécesseur de son actuel manager. La rumeur qui voulait qu’il laisse des dégâts derrière lui vient une nouvelle fois de mentir.

La défaite des Lilywhites (surnom des joueurs de Tottenham) tient à cet esprit de « Serial Winner » que le lusitanien a légué aux coéquipiers de Nemanja Matic. La fameuse formule offensive du Super Sub du Fergie Time n’a eu aucun effet sur ce major de Premier League. La preuve : il a fait entrer Diogo Dalot, Scott McTominay (à la place de Pogba) pour défendre et Lukaku pour utiliser sa puissance dans les duels aériens et la conservation de la balle. Le poulain de Sir Alex n’a pas « attaquer, attaquer, attaquer » pour tuer le match. Il a cherché à garder le score et il a gagné…

Edinson Cavani, Paris Saint-Germain (and Uruguay) striker par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

La porte est ouverte

Si le Drillo (surnom des joueurs norvégiens) est venu pour manger de petits poissons pourquoi Mou a-t-il été viré ? Défensivement le norvégien est loin d’être un stratège. Ça risque de chauffer face au reste au Big Six. De Gea ne suffira pas face à City, Liverpool, Chelsea ou Arsenal. Il faudra de l’aide à sa baraka. Sous les ordres du Special One, l’ancien de l’Atletico Madrid n’était pas seul. L’année passée ils ont battu ensemble Tottenham en FA Cup (1-2), Chelsea (2-1) et Manchester City en championnat (2-3) et la Juventus en Ligue des Champions (1-2) après avoir été menés 1-0, 0-1, 2-0 et 1-0. Ils ne faisaient donc pas que défendre. Il y’avait du caractère dans cette équipe. C’est pour cela qu’elle a battu tous ses adversaires du Top 6.

Man Utd V Arsenal par Gordon Flood – Image Flickr CC BY 2.0

Les Diables Rouges gagnent sans montrer de réels signes de changement. Les problèmes défensifs que le natif de Setúbal a voulu combler en recrutant en début de saison sont restés visibles. Discernables comme la nonchalance de La Pioche (surnom de Pogba) et les limites physiques de cet effectif malgré les réussites. Le portugais a eu à souligner ces tares mais vu que son jugement n’a pas d’importance, le PSG a toutes ses chances. Les parisiens devraient être capables d’exploiter ces vides en C1 et de rejoindre les quarts de finale. Avec Cavani, Neymar, Mbappé et Di Maria, Man U est prenable. Mourinho, la bête noire des clubs français, est parti avec leur imprévisibilité. Sous sa férule on ne savait pas à quoi s’attendre avec eux, maintenant on sait qu’une bonne préparation suffit pour leur causer de sérieux soucis. L’équipe de Tottenham a fait mieux que perdre : elle a ressorti toutes les lacunes de Manchester United…

Edinson Cavani : Paris n’a toujours pas compris

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Dimanche dernier, le PSG a encore démontré toute sa puissance en Ligue 1. Sur un double éclair de génie, de Mbappé, qui venait de rentrer, et de Di Maria, les parisiens déclenchaient une onzième victoire de rang dans le championnat d’élite français, laquelle allait se terminer sur un score de 2-0 après le but de Draxler en fin de match. Un record européen égalé, qui ne reflète en rien la réalité européenne des bleus et rouges, en Ligue des Champions notamment,  qui cette fois-ci, risque de les éjecter en Ligue Europa après leur nul face au Napoli du bien décidément désaimé, Edinson Cavani.

Après Blaise Matuidi, champion du monde, critiqué à tort pour sa carence technique, qui aujourd’hui leur manque cruellement, le PSG qatari, est sur le point de perdre Edinson Cavani. Sur le plan psychologique, le break semble déjà fait. Le physique suivra-t-il ? Probablement. La méforme du buteur uruguayen semble liée au manque de reconnaissance dont il se fait la victime. Remplacé contre Lyon pour laisser exploser la paire Neymar-Mbappé, sa frustration semble à son paroxysme. Et si tel était le cas, le PSG perdrait certainement l’âme de son équipe, comme dirait le consultant de Canal + et ancien joueur parisien lui-même, José Pierre Fanfan. Dans une équipe qui manque cruellement d’identité, Cavani aurait été le capitaine parfait. Parler de sa technique pour justifier une telle mise à l’écart, c’est faire preuve d’une fantaisie débonnaire, surtout lorsqu’on pense à son but face au Bastia de Landreau, à ses débuts. En effet, Cavani n’est pas qu’un très bon technicien ; attaquant complet et ambidextre, il est également un modèle de combativité et de coéquipier. Le mettre sur la touche reviendrait tout simplement, à priver le corps parisien de son esprit. Pour franchir ce palier européen, Paris a besoin de calquer son mode d’expression sur celle d’un « Matador » sur la pelouse.