Fouda Fabrice

Adidas rapproche Mourinho du Bayern

Arsène Wenger officiellement recalé, Hans-Dieter Flick sera là jusqu’à Noël. L’information est claire nette et d’Uli Hoeness. Big Flow Uli confirme l’intérim de l’ancien entraineur adjoint de Niko Kovac. Le croate avait été viré après une cinglante défaite 5-1 face au club qui l’a révélé : l’Eintracht Frankfurt. Il y avait alors remporté la Coupe d’Allemagne en 2018 avant de rejoindre les Roten. Géant Bavarois sous les ordres duquel il a soulevé une autre Coupe d’Allemagne et la Bundesliga en 2019. Il part donc le palmarès étoffé, rallié dans la foulée par celui qui l’a évincé. Lequel sera remplacé à son tour par son ami et ancien PDG d’Adidas AG : Herbert Hainer. Au grand bonheur de José Mourinho ?

L’homme qu’il faut

L’arrivée du natif Dingolfing à la tête du Bayern est tout sauf un hasard. L’ancien footballeur professionnel. Ce buteur du FC Dingolfing capable de claquer 7 buts en un match. De se montrer furieux derrière face à l’arbitre pour un pénalty sifflé contre son équipe – qui mène 8-0. Cet homme entré à Adidas comme chef de vente en 1987 pour finir patron. Ce Bavarois devenu membre du conseil de surveillance du Bayern, ne fait qu’occuper la place qui lui sied. Promotion qui incarne bien l’impact de la griffe aux trois bandes dans la gestion du plus grand des clubs allemands.

En effet, 10% des parts du club de la Bavière sont détenus par la firme créée par les frères Dassler. L’équipe allemande ne fait donc que finalement revêtir le maillot de celui qui l’a toujours habillé. Une sorte de nounou devenue gouvernante d’une maison qui sait se tenir. Une institution qui ne fait qu’un avec l’esprit qui l’habite. Tout ou rien, ou le slogan faisant de la victoire la seule issue possible à l’avenir du FCB.

All or nothing

Le Bayern ne perd pas 5-1 : un point c’est tout. Pep Guardiola peut vous le confirmer : l’excellence allemande ne tolère pas une défaite par 4 buts d’écart. Et pour que ça n’arrive plus, comment ne pas évoquer le nom de Mourinho.

Certes Hainer a évoqué un éventuel retour de l’actuel manager de Manchester City :

« Le conseil d’administration s’occupe maintenant de la question et va essayer de trouver le meilleur entraîneur pour le FC Bayern au meilleur de ses connaissances et de sa foi. Quand je dis le meilleur, d’un côté, cela signifie qui nous voulons avoir, de l’autre cela doit aussi être disponible. Pep Guardiola est un grand entraîneur, mais il a un contrat avec Manchester City. Maintenant, je dirais : attendons que le conseil d’administration s’approche de nous. Ensuite, nous examinerons toutes les solutions de rechange. Mais en principe, nous voulons avoir le meilleur entraîneur au Bayern Munich »

Toutefois, le portugais incarne la solidité : l’esprit de la gagne. Le double champion d’Europe a tout de la personne idéale pour ramener rapidement le Bayern sur le toit du Vieux Continent. Et ce n’est pas la légende des quintuples champions d’Europe, Bastian Schweinsteiger, qui le niera :

«  Je peux imaginer Mourinho en Allemagne. Je me souviens qu’il m’a toujours posé des questions sur le Bayern et la Bundesliga. Lors de nos matches à l’extérieur, il y avait toujours la Bundesliga à la télévision. Il connaissait vraiment tous les joueurs, même les moins connus. Il apprenait aussi l’allemand. Il n’a pas travaillé en Bundesliga, alors j’imagine bien qu’il serait tenté par une expérience là-bas »

The right man at the right place

Aussi, pour l’aider à mener à bien sa mission, les cartes semblent se poser délicatement. Les aventures d’Uli s’achèvent pour laisser la place à un profil présidentiel plutôt diplomatique. Un homme moins charismatique tout aussi passionné et très ambitieux cependant. Histoire de ne pas voir deux grandes gueules manger dans le même plat. Mais de rapprocher deux personnes parties de loin pour arriver aux sommets. L’un ayant fait de l’autre l’une des figures emblématiques de la marque qu’il a dirigée de 2001 à 2016.

En effet, depuis la finale de la Ligue des champions 2010. A la suite de son succès Interiste à Bernabeu sur le Bayern 2-0, Mourinho a investi le tapis rouge des personnalités sponsorisées par Adidas. Une signature qui a certainement joué un grand rôle dans les futurs choix du Special One. Etant donné que toutes les équipes qu’il a managées après son sacre à Madrid étaient aussi sponsorisées par l’équipementier allemand : le Real Madrid, Chelsea et Manchester United.

Et quand on sait qu’Arsenal le veut. Que sa présence dans la liste des potentiels repreneurs de la Casa Blanca est liée à sa proximité avec la marque allemande, on peut très vite s’imaginer un José réalisant son nouveau rêve. A savoir, remporter un 5e championnat différent après le Portugal, l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie.


OM – OL : Droit au but

Le premier but de Marseille aurait dû être annulé, suggérait Monsieur Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage français, après l’Olympico du dimanche 10 Novembre 2019. Une sortie qui n’a pas plu aux vainqueurs Marseillais, demandeurs d’un peu plus d’équité. Victime d’une autre bévue du corps arbitral :

« L’OM s’étonne que la direction technique de l’arbitrage ait pris des positions publiques à l’encontre d’une décision arbitrale 48 heures après une rencontre ayant opposé Marseille à Lyon »

Extrait du Communiqué de presse de l’Olympique de Marseille

Comment ça se fait que la main de Sanson n’ait pas été vue ? À quoi sert l’unité chargée d’éplucher les images dans le car ? La vidéo est un outil. Elle n’est dotée d’aucune intelligence. Elle ne peut donc pas interpréter une action toute seule. Son utilité est primordiale. Son rôle est de retransmettre fidèlement les images et c’est ce qu’elle fait. Aux arbitres de prendre leurs responsabilités. Et à leurs supérieurs de se pencher sur ces préceptes qui devraient aider le sport roi à se sentir mieux.

Les suggestions en question

  1. S’arrêter sur une application uniforme des règles de jeu : une main décollée du corps par exemple, doit être automatiquement sifflée en toutes circonstances et sur tous les terrains.
  2. Arrêter de déifier les pénaltys : l’expression sanction suprême qui définit le coup de pied de réparation, s’accommode mieux au ballon qui traverse la ligne de but. Le tir au but n’est pas un but. C’est un coup de pied arrêté au même titre qu’un coup-franc. Une faute dans la surface est une faute comme une autre. Il n’y a pas de petites fautes : il y a faute ou pas.
  3. S’arrêter sur un temps précis accordé au visionnage et à la prise de décision de l’arbitre : une minute suffit largement pour rendre justice.
  4. Ne pas laisser une action partie d’une situation litigieuse se poursuivre : si un arbitre juge qu’il a vu une faute, il doit siffler. Quitte à se tromper. Pour s’améliorer ensuite. Si ses assistants du VAR constatent une action douteuse, ils doivent tout de suite l’arrêter. A l’image d’un juge de touche…
  5. Utiliser la vue d’oiseau pour juger les positions de hors-jeu : la seule façon de savoir si une ligne est droite, c’est de la regarder de haut.
  6. Remettre à chaque arbitre central une mini-tablette : afin qu’il juge directement dessus les cas de VAR. Bloquée sur sa ceinture. Diamétralement opposée au spray, elle lui évitera les déplacements vers la caméra positionnée au bord de la pelouse.
  7. Éliminer le temps additionnel au profit de l’arrêt du temps : comme au basket, on stoppe le chrono pendant que le match est arrêté et on le relance après. Les arrêts de jeu deviennent ainsi plus précis et les débats dessus s’estompent. Et en cas de dernier ballon, laisser l’action se poursuivre. S’il y a corner, on le joue en tant que dernière action du match, sauf s’il provoque un pénalty. Et s’il n’y a pas corner siffler la fin de la rencontre.


Le football africain et ses techniciens : deux poids, deux mesures, une réalité

« Le tigre ne réclame pas sa Tigritude, il bondit sur sa proie », disait Wole Soyinka. Le Prix Nobel nigérian de Littérature répondait alors à la Négritude de feux Léopold Cedar Senghor, Aimé Césaire et Léon Gontran Damas. Sans oublier évidemment de laisser des traces pour qui veut l’entendre. Il est temps de donner aux africains leur chance. Semble-t-on suivre ces derniers temps. Dans les footballs européen et africain, des voix s’élèvent pour exiger une reconnaissance de l’intelligence africaine : balle aux pieds. Un appel au secours qui ne fait que conforter ces pensées qui définissent l’Afrique dans son historique. C’est-à-dire un monde qui ne se définit qu’à travers les yeux des européens. Et se projette difficilement dans ceux de ses frères.

Mal aimé FC

Le football est indissociable de la société dans laquelle il se joue. Le manque criant de reconnaissance de la qualité noire n’est pas que liée à l’esclavage et à la colonisation. Ces chocs violents subis par son humanité, se sont greffés en arrivant à des difficultés communes aux terres noires. Celles liées aux valeurs mises en avant au sein de leur collectivité. Et qui dit valeurs, dit surement famille. Frère ! Les techniciens africains sont coincés entre l’irrespect des autres et la défiance des leurs. Frère ! Parce qu’il ne peut pas rentrer chez lui, l’homme noir est dédaigné. Frère ! La familiarité engendre le mépris. Frère !

Un entraîneur africain dans son pays n’est pas considéré comme un spécialiste mais comme un membre de la famille. Frère ! Il peut donc attendre, comprendre, puisqu’on est ensemble. Frère ! Et quand il est recruté, on le paie comme un frère et pas comme un spécialiste. Frère ! On lui donne peu, on lui demande plus : c’est la famille. Frère ! Et dans nombre de familles en Afrique vous trouverez l’histoire de l’enfant qu’on a aimé plus que les autres. Frère ! Donc d’un groupe d’individus qu’on a sacrifié aux dépens d’un seul. Frère ! Le récit d’un ensemble de frustrations devenue communauté. Frère !

Versus

Aussi, l’amour que ce frère n’a pas eu, il le gagne en se construisant un royaume où il sera le seul roi. Quitte à laisser des frères innocents dans le désarroi. L’objectif est de s’éloigner au maximum de cette éducation qui l’a écarté de sa famille. Il veut être au-dessus d’eux pour leur prouver qu’il peut réussir sans eux. Et pour ça, il est prêt à tout. Et souvent à trahir, si c’est le seul moyen de garder sa place élevée. A privilégier un étranger aux dépens de sa personne. Qu’elle soit compétente ou non.

En Afrique, deux types de personnes s’affrontent donc régulièrement. Ceux à qui on a tout donné et ceux à qui on a rien donné. Ce qui signifie qu’un africain devant un autre, c’est potentiellement un homme face à son rival ou devant un prétendant à sa place.

Plus jamais ça

On assiste ainsi à un défilé d’individualismes changé en concurrence farouche. La preuve que si l’Afrique était solidaire, ses enfants ne se plaindraient pas autant. Ce n’est pas qu’elle n’y existe pas, la solidarité. C’est qu’on parle d’une pierre précieuse qu’il faut trouver en creusant profondément. L’histoire du football africain c’est l’histoire de l’Afrique. Celle d’une grande famille éclatée. Maintenant c’est à chacun de ses fils de savoir s’il veut reprendre les erreurs de ses parents. Ou les corriger pour le bien de ses enfants.


Cameroun : Sans façons !

Après son élimination en huitièmes de finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, le Cameroun a décidé de changer d’entraîneur. Clarence Seedorf est parti et Toni Conceicao est arrivé. Au grand dam de Patrick Mboma ou de Rigobert Song, le technicien portugais sera le 3e entraineur des Lions Indomptables en deux ans. Un choix qui intrigue, sans remettre en doute la capacité du quintuple champion d’Afrique à trôner sur son continent.

Jamais à l’heure

Le choix d’un ancien footballeur camerounais aurait été une option judicieuse. Quand on voit le travail de Djamel Belmadi ou d’Aliou Cissé, on est en droit de réclamer un Lion Indomptable à la tête des Lions Indomptables. On attendait de voir cet insigne ambassadeur de l’Afritude se laisser porter par le vent identitaire qui souffle sur ses terres. Encore hélas ! Cette façon de concevoir le football est trop rationnelle pour évoquer le football camerounais. À l’instar d’un lion véritablement indomptable, le Cameroun n’est jamais où on l’attend.

Un esprit 5 étoiles

En effet, les camerounais sont tellement conscients de la supériorité de leur sélection en Afrique, qu’ils savent qu’il suffit d’un homme pour les mener à ce succès. Ils ont l’ADN de la CAN. Et ils n’en doutent pas le moins du monde. Peu importe l’équipe qui sera édifiée, le pays de Roger Milla sera porté par l’esprit de ces incorrigibles rois.

En outre, le Cameroun a gagné 5 CAN avec 5 entraîneurs européens différents. Des techniciens n’ayant eu avant le Cameroun, aucune expérience notoire en Afrique et en dehors.

  • Radivoje Ognjanović : sélectionneur serbe vainqueur en 1984 de la première CAN du Cameroun, la première équipe qu’il a entraînée.
  • Claude Le Roy : le tacticien français était entraîneur d’Amiens en National et de Grenoble en D2, avant de remporter la CAN avec le Cameroun en 1988.
  • Pierre Lechantre : l’ancien joueur de l’OM fût entraîneur du Paris FC en National et de l’AS Le Perreux avant d’offrir au Cameroun sa 3e étoile continentale en 2000.
  • Winfried Schäfer : le surnommé Winnie, est le premier entraîneur vainqueur d’une CAN avec le Cameroun ayant eu une grande expérience avant. Sa plus grande performance restait jusque-là une finale de Coupe d’Allemagne perdue en 1996 avec le club de Karlsruher. Collectif qu’il a dirigé pendant 9 ans en Bundesliga. Avant de signer à Stuttgart et au Tennis Borussia Berlin.
  • Et Hugo Broos : le vainqueur de la Coupe de l’UEFA et de 2 Coupes des Coupes en tant que joueur d’Anderlecht, est le plus grand palmarès des techniciens victorieux de la CAN avec le Cameroun. Le Belge avait déjà entraîné 10 clubs avant de venir au Cameroun. Une dizaine de 27 ans d’expérience faite de 2 clubs algériens : la JS Kabylie et le NA Hussein Dey. De 3 titres de champions de Belgique et 2 Coupes de Belgique avec le FC Bruges et Anderlecht. Les seules couleurs qu’il a arborées sur une pelouse. Lorsqu’il n’était pas convoqué en sélection.

De ce fait, l’ancien Diable Rouge conclut une liste que pourrait bien compléter sans rougir le très décrié Toni. Il sera le seul avec Hugo Broos qui aura remporté des titres avant d’arriver au Cameroun. 2 Coupes et une Supercoupe de Roumanie avec le FC Cluj (un habitué des compétitions européennes) ce n’est pas rien en 17 ans et 13 clubs de carrière. Ce n’est pas ce que le public espérait, mais ce n’est pas la mer à boire non plus. Les anciens joueurs devront être patients. Leur tour est imminent. Il faudra certainement revoir cette manière instinctive de fonctionner à une échelle plus grande. Mais en ce qui concerne la prochaine fête du football africain, ça devrait encore aller.

Un Lion ne meurt pas, il dort

Une équipe qui affronte le Cameroun ne sait jamais à quoi s’attendre. Cette propriété incohérente du foot camerounais est d’ailleurs l’une des raisons des nombreux échecs des clubs camerounais dans les compétitions africaines. La réussite en club est fonction d’un suivi cartésien. Pour y réussir, il faut se projeter dans le temps.

Sauf que dans la tanière, on vit au jour le jour. Les équipes camerounaises ont eu leur heure de gloire : elles attendent leur retour. Pour quand ? Personne ne le sait. Encore moins les camerounais. Ce dont ils sont sûrs cependant, c’est qu’il ne faut jamais enterrer le cœur d’un champion. Et la force de ce champion olympique est celle du plus dangereux des félins : l’effet de surprise. Une équipe sans botte secrète est un collectif voué à l’échec. Les grandes équipes sont celles qui savent entretenir leur caractère imprévisible. Celui-là même dont la qualité principale se trouve dans sa définition.


Antoine Griezmann : Messi a encore frappé

La sélection française ne va pas bien. En ce temps délicat des qualifications pour l’Euro 2020, les Bleus ne sont pas au top. Hugo Lloris, Kylian Mbappé, Lucas Hernandez, Samuel Umtiti et Paul Pogba, blessés. Giroud qui ne joue pas, ce sont de véritables cadres de l’effectif de Didier Deschamps qui clopinent pour défendre leur patrie. Une équipe dont l’une des valeurs offensives les plus sûres, Griezmann, semble en réelle difficulté dans son nouveau club : le FC Barcelone.

Khalife à la place du khalife ?

Griezmann en spectateur n°1 du football Blaugrana, c’est une image qui n’a échappé à aucun fan de football. Grizou a passé, avec le sourire, tout le dernier match de son équipe sur la touche. Il semblait heureux de voir ses coéquipiers étriller le FC Séville 4-0 en son absence. Jusqu’à quand ? Telle est la question.

Iznogoud

Le compétiteur qu’il est a sûrement dû remarquer que son collectif fonctionnait mieux sans lui. Possédant le même profil que la Pulga, acceptera-t-il de rester sur la touche toute la saison ? Pas si sûr. Encore que les passages de grands joueurs comme lui au club du roi Léo, ne devrait pas le rassurer. Après Samuel Eto’o, David Villa, Zlatan Ibrahimovic, Neymar ou encore Coutinho, le champion du monde est bien parti pour être la nouvelle victime de Lionel Messi. Qu’allait-il faire en « territoire ennemi » ? On se le demandera certainement toute l’année.


Olivier Giroud : Le Benzema de Chelsea

Le football est un sport juste. Et à juste titre, on se demande encore pourquoi Moussa Dembélé n’est pas toujours titulaire à Lyon. 6 buts en 8 rencontres : ça devrait suffire pour satisfaire son coach. Que non ! Il y a comme un arrière-gout d’injustice. L’avant-centre des Gones mérite bien d’être en Équipe de France. Et pourtant c’est Giroud, qui ne joue plus qui l’est encore. Si cette situation perdure, sa mise à l’écart ne devrait plus tarder : à entendre son sélectionneur. Quand on sait que ça ne date pas de ce week-end que le Gunner d’antan n’évolue plus pour Chelsea.

Un Bleu, des Bleus

Ça fait longtemps que Franck Lampard a pris la décision de ne pas compter sur son attaquant français cette saison :

« J’ai accordé ma confiance à Tammy au début de saison. J’ai senti que le moment était venu pour lui de revenir à Chelsea. Je sais que les gens évoquent les circonstances mais il est en concurrence avec Olivier Giroud, un champion du monde, et Michy Batshuayi, qui est à mon avis lui aussi un excellent attaquant de Premier League. Il a gagné sa place en peu de temps. Nous aurons besoin de tout le monde au cours de la saison et il mérite ce bon début de saison. Je vais continuer à le suivre car je veux plus »

Malgré sa bonne prestation contre Liverpool notamment, il n’entre pas dans les plans du « Baby Blues Father ». Même en Coupe de la Ligue, on préfère lancer Batshuayi que de lui donner la chance de booster la concurrence. Histoire de ne pas soulever une polémique, si celui-ci venait à faire d’excellentes prestations. Un Giroud qui prouve, c’est un Tammy Abraham en danger : une légende des Bleus de Londres soupçonnée de partialité.

Blues Brothers

Cependant, quoiqu’on dise. Malgré le fait que le jeune attaquant des Blues soit en pleine forme, il n’a pas le niveau de Giroud. Une belle carrière, de l’expérience, des trophées, des buts, le meilleur buteur de la dernière Europa League est bien supérieur à son jeune frère. Ce dernier devrait apprendre de lui et pas l’inverse.

Olivier Giroud est déprécié et ce n’est pas normal. Il n’a jamais été testé pour être déclaré incapable. Il n’est qu’une nouvelle victime de ce sport roi moderne. Celui au sein duquel on peut être l’un des meilleurs attaquants de l’histoire du Real Madrid, le meilleur attaquant de son pays, et ne pas être appelé en sélection. Comme on peut être champion du monde en titre et être le remplaçant d’un ancien joueur de Championship.


Sylvinho et le crédit lyonnais

L’OL vient encore de perdre un match. Lol ? Pas vraiment. Il n’y a plus rien de risible dans cette histoire. La crise est officielle du côté des Gones et ça ne fait marrer « personne ». Devant le Classico PSG – OM, le plus grand derby de France a choisi son camp. 3 victoires, 4 nuls, 3 défaites, Sylvinho n’est plus à la tête de Lyon. Il laisse derrière lui un club à un point de la relégation. Et une pléthore de critiques à son endroit.

A juste titre

Un entraîneur qui ne gagne pas devrait être remercié. Ce sont les résultats qui comptent dans le football professionnel : rien d’autres. Si votre équipe ne parvient pas à faire la différence, il est indéniablement normal que le coach soit limogé. Si Lyon était une équipe appelée à jouer la relégation, 9 points en 8 journées serait l’idéal. Sauf qu’on parle de l’une des plus grande équipe de l’histoire du football français. D’une ancienne bête noire du Real Madrid décidée à revenir au premier plan. Ce qui est loin d’être le cas.

Victime de la mode

Toutefois, il est important de rappeler que la dernière fois que Lyon a remporté un trophée c’était en 2012 : le Trophée des champions. 7 années de disette clairsemée d’exploits grandioses à trois points. Les Lyonnais ont battu Paris, Manchester City, sans jamais retrouver le chemin des trophées. Il y a donc une certaine continuité dans la défaite. Un enchaînement de déceptions qui connaît son apogée désormais. Sylvinho n’est peut-être que le mûr contre lequel s’écrase une voiture mal conduite. Un football où le joueur est roi, comme l’entraîneur victime : un sport où la performance compte de moins en moins.

Si un footballeur aujourd’hui fait mal son travail, ce sera parce que son entraîneur n’est pas bon. Sachant qu’il ne sera pas viré, l’acteur sur la pelouse se penche ainsi sur quelqu’un d’autre pour faire son boulot. Il compte sur son agent pour lui trouver un autre manager : et non sur ses prestations. Comment expliquer qu’une tactique qui a si bien marché lors des deux premières journées, éclate aussi vite ? Encore un qui a voulu apporter de la discipline et qui a mordu la poussière.

Constats

La génération Juni a connu 4 entraîneurs différents de 2002 à 2008 : Jacques Santini, Paul Le Guen, Gérard Houllier et Alain Perrin. Tous ont été champions. Soit un total de 7 titres de champions, 6 Trophées des champions et une Coupe de France. Cris, Caçapa, Edmilson et les autres ne s’entendaient pas forcément avec leurs coaches. Mais ils faisaient le job. La réelle valeur de Sylvinho se saura maintenant qu’il n’est plus à Lyon. Lorsqu’on personnifie le débat, on s’éloigne de la vérité.


Ligue des champions : Le football européen démystifié ?

Au-delà du sensationnel 2-7 infligé par les allemands du Bayern aux anglais de Tottenham. Non loin de ce naufrage qui ranime la défaite 1-7 du Brésil devant les Adlers* en 2014, la Ligue des Champions nous a encore offert un délice lors de sa dernière journée. Le match nul du Réal Madrid face au FC Bruges à domicile 2-2. Le Napoli tenu en échec à l’extérieur par des Genkois entreprenants 0-0. La Remontada du RB Salzbourg à Anfield – bien que battu 4-3. Ce mets bien assaisonné par la folie du football, laisse transparaître un point d’interrogation au-dessus de nos têtes. Existe-t-il un football supérieur à un autre ?

Mine d’or

Certains parlent souvent de championnats mineurs. Mais qu’est-ce qu’un championnat mineur au fond ? Ils jouent tous la même balle. Quand on voit avec quelle facilité l’Ajax a battu Valence à Mestalla 0-3, on se demande vraiment ce que ça peut vouloir dire. Passés par les tours préliminaires, les héritiers de Johann Cruyff n’ont fait qu’une bouchée du récent 4e de Liga. Histoire de rappeler qu’ils sont quand même champions des Pays-Bas. Un trophée qu’on néglige malgré le passé mythique de ce club. Mais qui démontre peu à peu que le football n’est ni plus ni moins un sport universel.

Red Bull donne du zèle

Une discipline où les taureaux ont aussi leur place. Olé ! Les champions d’Autriche en titre, emmenés par l’entraîneur américain Jesse Marsch, ont fait ce que le Barça de Messi n’a pas pu faire. Remonter 3 buts aux Reds de Klopp avec une telle facilité, relève de l’incroyablement vrai. Il ne s’agit pas là de buts forcés, marqués à l’arrache. Mais d’actions remarquablement bien construites par l’ancienne écurie de Sadio Mané. Non pas grâce à des joueurs qui n’ont pas pu s’imposer dans le 5 Majeur européen. Mais bien par des talents issus d’autres continents. Des techniciens supérieurs tels que le coréen Hwang bourreau de Van Dijk, buteur et passeur. Et le japonais Minamino, buteur et passeur.

Et bien d’autres encore…

Les natifs de Chuncheon et d’Izumisano ne sont pas les seuls talents à avoir impressionné l’Europe mercredi passé. Le club qui a permis les éclosions de Kevin De Bruyne, Kalidou Koulibaly ou encore Milinković-Savić, en a aussi dévoilé un autre : Junya Ito. L’ailier droit nippon du RKC Genk a également fait montre d’une virtuosité remarquable en milieu de semaine.

Pour sa première saison en Champions League, le N°7 des champions de Belgique en titre a fait le boulot face aux hommes de Carlo Ancelotti. Aux côtés de son capitaine, le serial buteur tanzanien Mbwana Aly Samatta, l’ancien du Kashiwa Reysol a encore prouvé qu’il n’existe pas de football exotique. Sa prestation n’est que la suite logique d’un jeu qui ne saurait se contenter d’une seule définition. Un tableau mêmement dessiné par l’iranien Sardar Azmoun du Zenit Saint-Saint-Pétersbourg. Et le sud-africain Percy Tau.

Jouer son premier match de C1 à Santiago Bernabeu face à l’immense Maison Blanche, n’a pas fait trembler le Brésilien* d’un seul cheveu. Passeur décisif sur le premier but de Bruges. Déclencheur du pressing sur le second, le champion d’Afrique 2016 n’a jamais été impressionné par Sergio Ramos et les autres. Il est resté fidèle au Kasi Flava des townships et son équipe en a bénéficié. Une insouciance qui rappelle à juste titre les propos de son compatriote Reggie Moloi. Lequel organisateur du tournoi de Soweto de Kasi Flava, déclarait dans les colonnes du numéro So Foot de Juillet-Août 2019 :

« Le football direct, comme vous le pratiquez en Europe, on trouve ça chiant. OK, c’est plus efficace, les résultats parlent pour vous, mais on préfère épicer les débats ! »

*Surnom des joueurs de la sélection allemande
*Surnom des joueurs du club sud-africain des Mamelodi Sundowns


Mara’CAN 2019 : l’Afrique maillot jaune

Savoir que le football compte énormément pour les Africains est un secret de Polichinelle. L’Afrique a trouvé en ce sport la pratique de sa paix la plus émérite. Une vertu aujourd’hui mise en évidence par la naissance d’une de ses variantes : le Maracanã.

Le temple du football

Le mot Maracanã est pour un fan de football, l’expression d’un lieu sacré. L’encre des quintuples champions du monde Brésiliens depuis 1950 : le plus grand stade de l’histoire du football. Cette enceinte anciennement capable d’accueillir près de 200.000 spectateurs, a naturellement donné des idées aux étudiants d’Afrique de l’Ouest, passionnés du ballon rond. Au point où ils lui donnèrent le nom d’un quartier de la zone nord de la ville de Rio de Janeiro.

Désormais on ne joue plus au foot durant les heures libres. On joue au Maracanã. Nous sommes dans les années 60 et ce soccer qui se pratique à 7 contre 7 (1 gardien + 6 joueurs de champ) est loin de s’imaginer quel grand avenir l’attend. Une compétition rien que pour sa partition…

Mara’CAN

Pour faire simple, le Mara’CAN est à sa 8e édition. Après le Mali en 2017, c’est au tour de la Guinée-Conakry d’héberger ce roi des sports sur sa cour. Tapis rouge qui pour la seconde fois de son histoire accueillera des équipes venues des autres continents. A savoir : la France, les Etats-Unis et la Chine. Elles seront opposées au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Togo, au Niger, au Bénin, à la RD Congo, au Gabon, au Tchad et à la Côte d’Ivoire, tenante du titre.

Un seul mot : solidarité

Dans ce tournoi aux valeurs fraternelles. Sur ce bitume unissant toutes les classes sociales et professionnelles, tous ceux qui se sentent capables de jouer peuvent y participer. Le but n’est pas d’être le meilleur joueur du monde. Mais de rendre l’homme encore plus heureux. Peu importe sa situation ou son âge. Cette année on aura même droit à l’éclosion des catégories Seniors (35-45 ans) et Super Seniors (45 ans et plus). Et comme le dit si bien l’ivoirien Bleu Charlemagne au micro de Patrick Juillard de football365.fr :

« Après le football professionnel, les gens poursuivent avec le Maracana. Les joueurs sont aussi des cadres, des enseignants, des employés. Ils peuvent s’exposer leurs problèmes. Il y aura toujours un maracanier pour vous aider. »

Le MARACAN 2019 se déroule du 27 au 29 Septembre. Pour plus d’informations, Rendez-vous sur Mondoblog.org.


L’Amérique Latine et ses gardiens de but modernes

En 2014 le monde a redécouvert Manuel Neuer au Brésil. Ce gardien de but capable de quitter son « bureau » pour utiliser sa tête. D’opérer cette sortie hasardeuse qui l’emmènera plus loin 4 ans plus tard en Russie. Notamment face à la Corée du Sud où l’allemand jouait carrément dans la moitié de terrain adverse. Son pays était mené 1-0 et il fallait égaliser. Sauf que les coréens ne sont pas dupes. Les Tigres de Daegu savaient bien qu’un gardien loin de sa cage : c’est une occasion en or de marquer. Et Heung-Min Son a tué le match. Score final 2-0.

Un héritage venu d’ailleurs

Toutefois, le problème n’est pas le résultat. Mais l’attitude du gardien : le gardien moderne. C’est le terme qu’on utilise aujourd’hui pour qualifier cette nouvelle génération de gardiens de buts. Ces remparts dotés d’un précieux jeu aux pieds, capables d’apporter leur aide aux joueurs de champ. Pep Guardiola adore ! Et c’est surement pour cette raison qu’il joue avec un sud-américain dans ces filets. Le brésilien Ederson est l’héritier d’une pléthore de gardiens modernes issus de ces Amériques. Des génies que le football européen a recalés. Prétextant qu’ils étaient fantasques…

Tel est pris qui croyait prendre

Les plus avisés se souviennent certainement de René Higuita et de sa fameuse crinière frisée noire. De ce geste incroyable qu’il a réinventé à Wembley en amical face à l’Angleterre : le coup du scorpion. Un arrêt irrationnel durant lequel El Loco laisse passer le ballon au-dessus de sa tête pour le reprendre en arrière avec la semelle de ses godasses : la plante de ses pieds. Une parade invraisemblable, fille d’une action toute aussi cocasse. Un but que le colombien a pris contre le Cameroun en 1990 au mondial italien.

Sa sélection menée 1-0. Positionné non loin de la ligne médiane, le coéquipier de Carlos Valderama allait tenter d’enrhumer Roger Milla. D’éliminer ses adversaires comme à son habitude pour prêter main forte à son attaque. En vain ! On n’apprend pas au Vieux Lion à sortir ses griffes. Le double Ballon d’or Africain récupère la balle. Passe devant son vis-à-vis. Accélère et déclenche une course poursuite entre le portier et lui. Sprint qui se terminera par un petit plat du pied de l’avant-centre camerounais dans les filets vides du natif de Medellin. Score final de ce huitième de finale 2-1. Les Cafétéros réduiront la marque en fin de matches.

Goleador

Toutefois, le problème n’est pas le résultat. Mais l’attitude du gardien : le gardien moderne. C’est le terme qu’on utilise aujourd’hui pour qualifier cette nouvelle génération de gardiens de buts. Ces goalkeepers qui font du Jorge Campos. Mais en moins bon. Du haut de son mètre 68, le légendaire gardien mexicain ne se contentait pas d’être excellent balle au pied. Drapé dans ses maillots enluminés, cet ancien attaquant faisait bien plus que jouer haut. Il dribblait et marquait énormément de buts (46 au total).

Une capacité qu’il partageait avec un célèbre autre gardien latino-américain. Celui qui attendait la France en 1998 dans un piège tendu par ses coéquipiers. On est au second tour de la Coupe du Monde. Le Paraguay joue le 0-0 à fond pour attirer les français aux tirs aux buts. Et les battre grâce à leur atout majeur, spécialiste des pénaltys et des coups francs : José Luis Chilavert. Mais le tour n’a pas fonctionné et la lumière est venue de Laurent Blanc. Victoire 1-0 des Bleus sur les Rojiblancos.

Numéros 1

Le poste de gardien de but est le seul avec lequel aucun compromis tactique n’est possible. Leur tenue remarquable définit un domaine élitiste. Équilibriste sur sa ligne, sa prestation ne tient qu’à un fil. Celui de ce temps qui tend à le dissimuler. A l’heure où un Ballon d’or pour les gardiens a été créé par France Football, il est important de le souligner encore. De rappeler à quel point le gardien est indissociable du sport roi. Y-a-t-il un Ballon d’or pour les attaquants ? Pour les milieux ? Ou pour les défenseurs ? Non. Les N°1 doivent pouvoir concourir au même titre que les N°9, 10 et autres. Une équipe de foot sans gardien de but est une défaite ambulante.

En avance sur son temps, l’Amérique Latine l’a compris depuis : le gardien est un footballeur complet. La cour du roi des sports n’est pas une cour de récréation. Ce n’est pas celui qui ne sait pas jouer qui va au goal. C’est une erreur… Oui, c’est injuste que Lev Yachine soit le seul gardien Ballon d’or à ce jour. Et ce sera le cas encore plus, dès la première remise de cette médaille.

Les gardiens ont besoin de plus de reconnaissance : pas d’un désaveu. Ce titre ne leur rend pas service. Dans ce monde qui pense les changer en libéro, il les exclut. C’est le Ballon d’or même qui devrait porter le nom de Lev Yachine, d’Higuita, de Campos ou de Neuer. Vu qu’il récompense les numéros 1 du football.