Fouda Fabrice

CAN 2019 : Handball

Ça aurait été trop beau pour être vrai. Une compétition de football qui se termine sans erreurs majeures d’arbitrage. Un match, une finale qui s’est encore jouée sur un fait de jeu notoire : la main de Guedioura dans la surface de réparation à l’heure jeu. Un coup de sifflet qu’aucun sénégalais n’ose réclamer haut et fort : la main de Gueye en demi-finale contre la Tunisie. Et pourtant l’arbitre Alioum avait bien montré le petit point blanc, quand la VAR l’invita à revoir sa décision…

Guedioura par Clément Bucco-Lechat – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Fausse note

Le visu dans son regard, l’officiel camerounais revient de ce pas sur son choix et annule le tir au but. Pourtant le ralenti montre bien le milieu défensif désireux de détourner la balle du bras. Une intentionnalité indubitable : un geste qu’il répètera en toute fin de match. D’un « smash » l’algérien occasionnera le dernier coup-franc de la partie et de la CAN. Comme quoi, les mauvaises habitudes ont la peau dure…

Coups de main

Le football refuse de se débarrasser de ses tares et en semblent même fier. Le ballon rond est la seule sphère sportive où on se vante encore de ne pas siffler une faute avérée. Certaines d’entre elles sont mêmes déifiées : la main de dieu. Le premier but de Maradona en 1986 contre l’Angleterre : une tricherie célébrée. Un exemple pour Messi, qui imitera Diégo en Liga avec entrain : la duperie revalorisée et portée en triomphe…

Justice rendue

C’est quand même bizarre qu’on soit encore à débattre sur un ballon freiné par une main décollée du corps, qui annule une occasion réelle de but. Autant faire comme dans le jeu FIFA : aller dans les paramètres et décocher l’option qui permet à l’arbitre de sanctionner les fautes de mains. Ou mieux encore : enlever la vidéo pour cesser de décrédibiliser les hommes en noir. Si on est incapable d’interpréter ce genre d’action dans le FOOT moderne, ça ne sert à rien de continuer.

Portugal – France à l’Euro 2000 ; Argentine – Nigeria et France – Croatie en Russie… si on a sifflé pénalty pour les Green Eagles (surnom du Nigeria) en demi-finale contre l’Algérie, c’est qu’on aurait dû le faire pour les tunisiens face aux sénégalais et pour les sénégalais en finale. Les décisions arbitrales doivent mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Dans le cas contraire, le football se fera un plaisir de rendre justice. Un plaisir pas toujours partagé… La preuve : les Lions de la Terranga ont été défaits comme ils ont défait les Aigles de Carthage. C’est-à-dire à cause d’un pénalty valable non-sifflé. Équilibre !


Sadio Mané : Ballon d’or…

Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute, dit un proverbe. Probablement africain étant donné qu’on parle d’un sénégalais. D’un africain qui vient de perdre une finale de coupe d’Afrique. Gros chagrin, double peine pour ce peuple convaincu de disposer d’une foudre de guerre comme sélection. Les favoris ont encore été dévorés. Pas par des Lions Indomptables mais par des Fennecs insatiables, carnivores à l’occasion. C’est triste à dire mais le Sénégal a joué un match amical, l’Algérie une finale…

Sadio Mané par Екатерина Лаут – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cryptonite

Une finale de Coupe d’Afrique. On ne la joue pas on la gagne et les Lions de la Terranga auraient dû le comprendre. On parle de domination, de beau jeu : des mots vains dans les oreilles d’un compétiteur. Bounedjah et boom le Sénégal est K.O à la 2e minute de jeu. Sur les traces du « chinois » Ighalo, meilleur buteur de la CAN : un « qatari ». Auteur de 44 réalisations en 27 matches cette année, le coéquipier de Xavi a démontré qu’il n’y a pas de destination exotique dans le football. Un but, son deuxième : une frappe contrée qui aurait dû forcer Alfred Gomis à se déchirer pour la détourner : pour sa nation. Benlamri a laissé son sang sur la pelouse : le portier de SPAL a accepté d’être battu et son équipe a été battue.

Score final 1-0. Le Sénégal a bien joué et puis quoi ? Alger rit pour reprendre l’Alger-roi Médine. Sous ce maillot de la même couleur verte que le métal capable de plier Superman en deux, DKR pleure. Dommage que Kouyaté et les siens n’aient pas compris que bien faire les choses ne sert à rien quand c’est la défaite qui se profile à l’horizon. On ne joue pas pour jouer. On joue pour gagner. Parler ne suffit pas : il faut agir. Super Mané a fait un très bon match, mais pas celui qu’il fallait. Sur la dernière action par exemple. Sur ce coup-franc légèrement excentré pour son pied droit, le « Onze d’or 2019 » aurait dû prendre ses responsabilités. S’inspirer de Mahrez face au Nigeria et faire le job. On parle d’une occasion en or de revenir… Hélas !

Bravo, tu as perdu…

Pousser ce ballon pour une frappe dans le mur de Salif Sané : le désaveu. Une passe qui cependant n’empêche pas la réalité de penser que le génial n°10 de Liverpool soit aujourd’hui le meilleur joueur du monde. Statut qu’il discutait avec Mo Salah jusqu’ici, sorti trop tôt. Médaille qui assurément a pesé lourd sur les prestations de son équipe. Ragaillardis par leurs talents, elle et lui semblaient convaincus que ce serait la victoire qui viendrait à eux. Sauf que le football marche dans le sens inverse. Les hommes d’Aliou Cissé se sont contentés de la finale et leurs adversaires d’une place dans l’histoire. Quoiqu’à quoi bon gagner dans ce sport moderne où on récompense les perdants.

Modric Ballon d’or, pourquoi pas Mané ? Vainqueur de la Ligue des Champions, il est le footballeur le plus accompli de cette saison. Sauf qu’il est africain. Et dans l’esprit de la majorité de ceux qui votent les premiers de la classe, les footballeurs africains manquent de classe. On sous-estime leur football pourtant Percy Tau a terrassé Salah et Belaili Mané : deux fois. Bref, une qualité qu’on ne présente plus. Aussi, si Eto’o et Drogba n’ont pas été Ballon d’or ce n’est surement pas Mané « Garrincha » qui le sera. A moins que…

Qu’il se console avec le Ballon d’or Africain. Lequel irait bien à un Algérien. Mais comme dirait Djamel Belmadi : « ça faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné en Afrique… »


CAN 2019 : L’union africaine

Ce ne sera pas l’Egypte. Ce ne sera pas le Cameroun. Les Lions Indomptables se consoleront chez les Lionnes Indomptables du Volley-Ball, encore victorieuses (en Égypte) de leur CAN. Quand le septuple champion d’Afrique lui, ne se rassasiera certainement pas du ménage effectué dans sa fédération. Les Pharaons devront encore souffrir de voir leurs « ennemis » algériens tenter de broder une seconde étoile sur leur maillot. Aussi, ils devront passer sur les sénégalais. Lions de la Terranga qui semblent avoir perdu leur légendaire sens de l’hospitalité, le temps de neuf dizaines de minutes.

Victoire !

L’Afrique a gagnée… Sans attendre l’issue de cette finale entre l’Algérie et le Sénégal, on peut le scander. Affirmation tautologique : refrain qui vaut son pesant d’or. Il est cette expression soulignant avec joie, qu’au pays de Mo Salah, Sadio Mané et Riyad Mahrez seront rois. Une triste nouvelle pour le Pharaon, une fierté pour le Lion et le Fennec.

Malheur au perdant certes. Mais l’Afrique restera fière. Fière de compter dans sa grande famille des joueurs de ce rang. Mané, Mahrez, l’un des meilleurs joueurs du monde sera le meilleur joueur de cette CAN. Potentiel The Best, Ballon d’or France Football et Africain, le désormais meilleur joueur sénégalais de tous les temps et le meilleur joueur de PL 2016 sont sûrs d’écrire une page historique. Un script mythique pour l’histoire du football africain, Aliou Cissé et Djamel Belmadi tous deux Africains.

Une tactique revalorisée

Un subsaharien, un maghrébin : l’union africaine dans son élément. Un au sud, l’autre au nord, la coupe d’Afrique des nations se jouera entre deux tacticiens « frères ». Un affrontement mué en rencontre Fair-Play : deux cultures en intelligence. Un exemple, une nouvelle preuve qu’il y’a sur ce continent des techniciens capables de faire dans l’excellence.

Le sénégalais et l’algérien ont montré qu’ils peuvent se mettre au niveau des européens et autres. Deux équipes qui se sont tant cherchées… Qui se sont retrouvées lorsqu’elles sont restées à leurs places. Elles ont fait avec ceux qu’elles avaient : elles ont avancé. L’identité, un remake culturel de la finale de 2017 : une petite touche en plus. Le banc reconsidéré, Hector Cuper et Hugo Broos ont été honorablement substitués. Une grande victoire pour cette Afrique tant mésestimée, tourbillonnée par ces nombreuses incongruités. La qualité au rendez-vous, grâce au football la sagesse africaine regagne du terrain.


Une victoire est une victoire

Le Bénin est aux anges. Après avoir passé le premier tour de la CAN pour la première fois, ils viennent d’éliminer le Maroc. Les écureuils à 10 contre 11, se qualifient ainsi pour les quarts de finale après une séance fatidique de tirs aux buts. 1-1 durant le temps réglementaire, 4-1 aux pénaltys…

Children par sasint – Pixabay CC0

Un but parmi tant d’autres

Un résultat qui ne résonne pas de la même manière sans toutes les oreilles. Si pour les marocains et notamment Ziyech (qui a raté un pénalty en fin de match) la cause est entendue, pour d’autres le Bénin n’a pas gagné. D’après eux le compteur de victoires des hommes de Dussuyer à la CAN reste bloqué à zéro. Le succès aux tirs aux buts ne compterait pas…

Pourtant les règles du football sont claires. Si lors d’un match à élimination directe, deux équipes n’arrivent pas à se départager, elles vont en prolongation. Si tel n’est toujours pas le cas, elles vont aux pénaltys. Et le vainqueur de cette séance est déclarée vainqueur du match. Tous les matches remportés aux tirs aux buts sont donc des victoires : c’est le football qui le dit… En huitième, en quart, en demi, en finale, seule la victoire donne la victoire.

Au-delà des limites

Aussi inféoder un triomphe aux t-a-b à un match nul c’est faire mentir les statistiques et réduire la valeur de l’équipe victorieuse. Les coups de pieds arrêtés font intégralement partie du jeu. Les spécialistes dans le genre sont des éléments très prisés dans le monde du sport roi. Cette capacité de transformation leur donne un crédit qui les distingue forcément des autres et souvent les place audessus. Les grands joueurs sont souvent ceux qui excellent dans ce domaine : une activité propre aux grandes équipes. Plus que le grand joueur qui rate toujours son pénalty, ne dit-on pas qu’une grande équipe est forte sur les coups de pieds arrêtés ?

Pourquoi donc réduire la séance des tirs aux buts à un jeu de hasard, quand le hasard n’a pas de spécialistes ? S’avancer pour frapper un pénalty demande des qualités physiques, mentales et techniques peu ordinaires. Des élus, ces tireurs portent des responsabilités énormes sur leur dos. Une victoire aux tirs aux buts est une preuve tangible de supériorité. Et ce, à tous les niveaux. Elle est souvent la froide traduction d’une domination qui tarde à se concrétiser. Si vous vous ratez aux t-a-b ce n’est pas à cause de la malchance. C’est simplement parce que vous n’y étiez pas bien préparé. Voilà tout…


Lionel Messi et ses buts qui ne servent à rien

Le 2 juillet, l’Argentine est tombée dans le dernier carré de la Copa America. Les Albiceleste ont été défaits 2-0 par leur meilleur ennemi brésilien. Un nouvel échec qui n’a pas laissé le monde du football indifférent. Pourquoi ? Leur icône Lionel Messi n’a toujours pas mené sa nation vers un succès international majeur. Avec 671 buts en carrière, comment est-ce possible ? Comment un joueur titulaire d’une moyenne de quasiment 40 buts par saison est-il incapable d’en marquer un au moment où il est le plus attendu ?

Messi en 2007 à la Copa América par nica* from Caracas, Venezuela – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Paroles de sage

Il y a quelques jours, l’entraîneur retraité Louis Van Gaal accusait Messi d’être à l’origine des récents échecs du FC Barcelone. Le technicien qui a lancé Andrès Iniesta déclarait alors :

« Je pense qu’il n’y a rien de plus important qu’un joueur d’équipe. Le Barça souffre de ça. Je pense que Messi devrait se demander comment il est possible qu’il soit resté si longtemps sans gagner une Ligue des Champions. Regardez Barcelone. Combien de Ligues des champions ont-ils gagnées avec celui que tout le monde estime comme le meilleur joueur du monde ? Regardez Neymar au PSG, combien de Ligues des champions a-t-il gagné ? »

Le hollandais ajoutait :

« C’est le meilleur joueur individuel au monde parce que ses statistiques sont incroyables. Mais pourquoi n’a-t-il pas remporté de Ligue des champions depuis cinq ans ? En tant que capitaine, vous devez vous demander pourquoi l’équipe ne gagne plus en Europe. Je pense que Messi est également responsable de ce qui se passe à Barcelone, pas seulement l’entraîneur. Ils ont une équipe de 30 joueurs et je pense que Messi devrait s’adapter à l’équipe, et non l’inverse. »

Mots pour maux

Cette réalité est partagée par l’équipe nationale d’Argentine. Plus attristé que celui du Barça, le peuple de Maradona ne sait plus quoi penser de son capitaine. On leur dit tout le temps que c’est le meilleur joueur de tous les temps et jamais ils ne l’ont ressenti. Projeté au-dessus de Diego : on le compare à Pelé…

On parle de la quantité de ses buts, omettant que la légende de Pelé n’est nullement liée à ses 1000 buts et plus. S’il reste le meilleur de l’histoire, c’est plus pour l’importance de ses buts que pour le nombre. Grâce à eux, il a remporté 3 coupes du monde (sur 4 jouées) avant l’âge de 30 ans. Messi en a 32 aujourd’hui et toujours rien…

1958, Brésil – Pays de Galles, le premier but que Pelé marque en coupe du monde est le but unique d’un quart de finale. Il enchaîne avec un triplé en demi-finale contre la France. Score final 5-2. Puis un doublé en finale contre la Suède, encore et toujours cette année du premier sacre jaune et vert à un mondial. Score final 5-2. Bilan : 6 buts pour les trois premiers matches d’un joueur de 17 ans en coupe du monde. Messi en a joué 4, il n’a jamais marqué au second tour…

Pelé par Panini – Wikipedia (Domaine Public)

Inutilement vôtre

C’est bien d’être ovationné par le public du Bétis de Séville pour un triplé. Toutefois, lorsqu’on est propriétaire de 5 Ballons d’or et 6 Souliers d’or, c’est insuffisant. Cristiano Ronaldo a remporté l’Euro 2016 et la Ligue des nations 2019 avec la sélection portugaise. Lui aussi n’a pas encore marqué après la phase de poules d’un mondial, sans cependant regretter quoique ce soit.

Un grand joueur est attendu lors des grands matches. Les deux dernières compétitions internationales jouées par le meilleur buteur de l’histoire de la Liga l’ont vu marquer à deux reprises. En Russie (2018) contre le Nigeria et au Brésil (2019) contre le Paraguay. La seule fois où Messi a marqué au second tour d’une compétition internationale avec l’Argentine, c’était lors du Centenario. Tournoi improvisé par la CONMEBOL, célébrant le centenaire de la Copa América. « Champ de bataille » où le meilleur buteur argentin de l’histoire devait tomber en finale contre le Chili, ratant son tir au but.

Ce jour-là, ses larmes n’avaient échappé à personne. Le malheureux finaliste du Mondial 2014 se heurtait à une équipe que ses coéquipiers avait battue au premier tour sans lui, laissé au repos. Que dire ? Ça fait trois finales perdues d’affilée. N’allons surtout pas penser tel que lui en disant que l’arbitrage est la cause de cet échec. Lionel Messi :

« Je crois que nous avons fait un grand match, de gros efforts. On ne méritait pas ce résultat-là, ils n’ont jamais été supérieurs à nous. Ils ont de la réussite sur le premier but. Ils inscrivent le deuxième sur un contre (…) Ce but intervient alors qu’on nous a oublié un penalty au début de l’action. Il y a aussi le penalty sur Nicolas Otamendi (…) Ils se sont fatigués pour siffler des penaltys discutables. Et aujourd’hui, ils n’ont même pas été voir la VAR. C’est incroyable. Ça a été comme ça pendant tout le match. Au moindre contact, il y avait faute pour eux. On a pris des cartons, eux non. Ça te sort un peu du match. Tu te dis que l’arbitre n’est pas juste, tu sors du match (…) Ce n’est pas une excuse. J’espère que la COMNEBOL fera quelque chose pour ce genre d’arbitrage parce qu’on a tout donné pour gagner. Mais je pense que c’est compliqué parce que le Brésil contrôle tout. On n’a rien à se reprocher »

On rappelle quand même que s’il y a un joueur qui « ne doit pas » se plaindre des coups de sifflets, c’est bien Messi. Il oublie qu’avant la récente coupe du monde, il a écopé de 4 matches de suspension… disparus aussitôt. Que pendant cette phase finale, son équipe fût sauvée du naufrage par un penalty refusé au Nigeria. Le natif de Rosario sait pertinemment que cette place en demi-finale, il la doit aux invités qataris qu’ils ont battu 2-0. Et à un Venezuela méconnaissable en quart, éliminé sur le même score. Après la déconvenue d’entrée face à la Colombie 2-0 et le nul chanceux contre le Paraguay 1-1 où (le portier Armani stoppe un penalty) plus personne n’attendait les Bleus et Ciel à ce niveau. Le problème de Messi et de l’Argentine n’a rien à voir avec le football. C’est l’histoire d’un joueur au-dessus d’une institution…


Arbitrage : Le Cameroun contre le reste du monde…

19 Juillet 1966. Le Brésil affronte le Portugal. Le match 3 de la poule 3, une rencontre décisive. Les Brésiliens doivent gagner pour passer au tour suivant. Ils perdent et sortent prématurément de la World Cup. Eusébio sur un nuage, la faute à un Portugal talentueux, rugueux et avantagé par l’arbitre George McCabe. Les coups de sifflets de l’officiel britannique se taisent devant les violentes agressions subies par Pelé. La légende finira le match sur un pied, l’autre bandé. Complètement diminué, O’Rei clopine et la Seleção sort. Mission accomplie ? Le meilleur joueur de tous les temps décident de ne plus jamais jouer une coupe du monde. Avant de revenir sur sa décision…

Voici les lionnes…

Dans son article « Mondial féminin : Alain Djeumfa, l’art du dribble sans ballon », Jean-Damien Lesay a donc eu raison de parler de Pelé pour évoquer le Cameroun, les Lionnes Indomptables et leur entraîneur. Le jeu sans ballon n’est pas le seul distinguo qui rapproche le triple champion du monde du Cameroun. Les Lionnes aussi ont refusé de continuer de jouer, accusant l’arbitre de partialité. Une accumulation émotionnelle qui a pour origine les premiers matchs du mondial. Des rencontres où les arbitres ont très souvent délaissé l’équipe nationale du Cameroun. Contre le Canada, face aux Pays-Bas ce fût la totale. Le traitement infligé à Aboudi Onguéné avec l’assentiment de Casey Rebeilt, n’a presque rien à envier à celui enduré par Pelé 53 ans plus tôt à Goodison Park en Angleterre…

L’Angleterre… :

«  Ça me rend triste. Je n’avais jamais vu ça sur un terrain de foot, j’ai vraiment honte du comportement des adversaires, et mes joueuses n’ont pas apprécié non plus…. J’espère que c’est un incident isolé avec des joueuses qui voulaient bien faire à tout prix. On pouvait voir leur désarroi.  (…) Je suis sûr qu’elles regrettent leur comportement. J’espère qu’elles se qualifieront pour la prochaine Coupe du monde et qu’elles se comporteront mieux. Au-delà de la victoire, du match nul ou de la défaite, notre mission est de promouvoir le football féminin. Si mes joueuses s’étaient comportées ainsi, elles n’auraient jamais rejoué pour l’Angleterre  !  »

Phil Neville, le sélectionneur anglais, a raison de déplorer le comportement des camerounaises. Mais il n’a pas le droit de prétendre qu’elles donnent une mauvaise image du football féminin. C’est facile de donner les leçons quand on est du bon côté de la décision. Les Anglais n’ont pas toujours été des modèles de justice : il le sait. Sur le plan de l’éthique, le Mondial 1966 en Angleterre est l’un des plus controversés de l’histoire du sport roi. Les Three Lions méritaient de gagner, mais pas de cette façon. Le traitement infligé à Pelé n’est pas le seul fait de jeu qui a flétri cette unique victoire majeure anglaise. Il y’en a eu d’autres…

L’émotion est nègre, la raison hellène

Dire de ce fait comme Jérôme Bergot dans son article « Coupe du Monde, comment le Cameroun a failli déraper », que certaines réactions à chaud des lionnes étaient stupides. Les qualifier de mauvaises perdantes : c’est tout à fait mal placé. Les expressions «  L’arbitre voulait faire gagner l’Angleterre  », « C’est la Coupe d’Europe  » ou « Les Blancs jouent entre eux » sont tout sauf nulles et non avenues. Elles découlent d’un sentiment d’injustice qui prend déjà racine dans le nombre (encore) des équipes européennes à la coupe du monde. 10 nations d’Europe sur 24, sur ce plan il n’y a aucune forme d’égalité. Et si à cela on ajoute un arbitrage douteux aidé par la VAR, ça donne ce qu’on a vu : des lionnes qui veulent quitter la pelouse.

Eliminées par les américaines en quart de finale de leur coupe du monde, les françaises peuvent dorénavant ressentir ce que les coéquipières de Nchout Ajara ont éprouvé. Il y avait pénalty indiscutable pour la France face aux USA. Cependant, si on n’avait pas injustement fait retirer celui de Wendy Renard contre le Nigeria, ça aurait été injuste. Bref c’est un juste retour de bâton. Les Etats-Unis, derniers non-européens de la compétition, représentent désormais 4 continents à la Coupe du Monde.

Entre frères et sœurs

L’arbitrage cause de l’échec des camerounaises en France est un argument faux et assez prétentieux. C’est très bien de faire deux huitièmes en deux participations mais c’est insuffisant pour viser plus haut. Malgré leurs magnifiques prestations contre la Nouvelle-Zélande, le stop est mérité.

Pas besoin d’en rajouter. De penser à les sanctionner comme le fait la CAF. On a l’impression que lorsqu’il s’agit du pays du prédécesseur de monsieur Ahmad Ahmad, les instances du football Africain redeviennent autoritaires. L’organisation de la CAN retirée, aujourd’hui elles pensent à réprimer les camerounaises parce qu’elles ont perdu leur nerf. Les Wydadis ont refusé de finir une finale de Ligue des Champions pour un but refusé par une VAR qui ne fonctionnera qu’en quart de finale de la CAN : le match sera rejoué. Equilibre !

Rugissements…

Quoique les camerounais sont habitués à avoir des gens sur leur dos. Ils ont même parfois fait de cet acharnement une raison de gagner. La campagne médiatique de dérision dont ils font l’objet ne les étonne carrément plus. Le Cameroun est vieillissant. Le Cameroun a un jeu basé sur le physique. Champion en titre, le Cameroun n’est pas favori pour la CAN. Le Cameroun ne joue pas bien. Le Cameroun, le Cameroun, le Cameroun… Choupo Moting ne peut pas être le capitaine de l’une des équipes les plus emblématiques de l’histoire du ballon rond quand à Paris il est méprisé. Alors on continue…

On part de son raté contre Strasbourg pour dénigrer sa sélection. Les mauvaises phrases ne manquent plus pour tirer sur les fauves. Comparé à tout et n’importe quoi, même les plus faibles équipes du continent sont galvanisées. À leurs risques et périls, elles gonflent le torse devant le roi de la forêt. Phillipe Doucet, le spécialiste du football Africain, a même été surpris de voir les Lions pratiquer un jeu intelligent contre la Guinée Bissau. C’est dire que Théophile Abéga, le Docteur, n’était pas intelligent. Roger Milla, Thomas Nkono, Joseph Antoine Bell, Rigobert Song, Patrick Mboma, Marc-Vivien Foé, Samuel Eto’o, Aboubakar Vincent, Fabrice Ondoa, Andre Onana n’ont jamais pratiqué un jeu intelligent. Le consultant de CANAL + rejoint de ce pas son confrère Habib Beye dans ses déclarations anti-Cameroun :

« Le Cameroun a remporté son match face à la Guinée avec beaucoup de chance et il n’aura pas cette même chance face au Ghana samedi. On le sait tous, les favoris de la CAN sont le Sénégal et l’Egypte »

Parce que Mané et Salah sont champions d’Europe, évidemment. Ghana – Cameroun, score final : 0-0. Les Ghanéens n’ont toujours pas battu le Cameroun en match officiel. Une info, une intervention d’Habib Beye dans la suite logique de son « Cameroun a remporté la plus faible CAN de son histoire ». Heureusement qu’à cette faible CAN 2017 il y avait le très fort Sénégal de Sadio Mané battu par le Cameroun. Le très fort Ghana, battu par le Cameroun et la très forte Egypte de Salah, battue par le Cameroun. On peut comprendre que l’ancien coéquipier de Didier Drogba n’aime pas les Lions Indomptables. Qu’il n’ait toujours pas digéré cette finale perdue en 2002 face à la meilleure attaque et meilleure défense de la compétition. 9 buts marqués, zéro encaissé, la seule équipe de l’histoire du football à l’avoir fait…

On peut comprendre qu’il ait oublié que le Cameroun ait battu les plus grandes équipes Sénégalaises : le Sénégal de Jules Bocandé en 1992 à Dakar à la CAN, le sien et celui de Sadio Mané. Mais en tant que consultant le plus aimé des joueurs, il a le devoir de faire preuve de plus d’équité dans ses déclarations. Même son ancien coéquipier et capitaine Aliou Cissé a reconnu que le Sénégal n’était pas favori : que c’était une histoire de journalistes. Et sa crédibilité a plus de poids que celle de monsieur Beye et de ses collègues. Il a mené les Lions de la Terranga à deux CAN, une Coupe du monde et des Jeux Olympiques. En attendant qu’il devienne un entraineur de cet acabit, le Marseillais devrait s’inspirer du sélectionneur sénégalais. Un match ne se gagne pas sur le papier…

Il y a une différence entre avoir des atouts et être favori. Le Sénégal a des atouts mais n’est pas favori. Et ce favoritisme qui les suit depuis des années ne fait que les desservir. Comme le Portugal et la Côte d’Ivoire, le Sénégal va remporter la CAN au moment où on s’attendra le moins. Ils ont le devoir de refuser d’être comparés aux équipes comme l’Egypte ou le Cameroun. Pas l’Egypte de Salah, poussière devant celle d’Aboutrika. Mais cette Egypte qui a marché sur l’Afrique avec une formation Africaine. Cette équipe qui a réduit au néant tous les meilleurs joueurs africains évoluant en Europe. Des Pharaons à l’image de Belaili buteur unique contre le Sénégal. Le but de l’algérien était aussi beau et important que celui qu’il a marqué en finale de Ligue des Champions Africaine.

Pour tout dire…

Le football camerounais n’est pas parfait. Toutefois, il mérite un peu plus de respect. Ses couleurs sont aussi représentatives du soccer que celles du Brésil, de l’Allemagne, de l’Italie, de la France ou de l’Argentine. La lapidation dont il fait l’objet n’a simplement pas lieu d’être. Dans un football qui rappelle la colonisation de l’Afrique. Sous le toit d’une Confédération Africaine sous tutelle, il est un lion debout. Une fierté qu’il a toujours incarné bien que combattu. Un exemple pour l’Afrique. Car il ne faut pas oublier que le Cameroun est l’équipe Africaine la plus aboutie sur le plan international. Finaliste de la Coupe des Confédérations, premier quart-de-finaliste Africain du mondial, Champion olympique, ce que le quintuple champion d’Afrique a fait pour son continent est incommensurable.

On ne présente plus Issa Hayatou, premier président Africain (et seul) de la FIFA. Les précurseurs que sont Roger Milla et Thomas Nkono. Le premier pour ce qui est de la façon, danser, de célébrer un but. Et le deuxième dans la tenue révolutionnaire, jogging noir, des gardiens. Le mentor de Gigi Buffon est le premier gardien de but à revêtir un « pantalon » noir pour évoluer sur la ligne.

On n’évoque toujours pas ses légendaires maillots pénalisés à tort par la FIFA. Les maillots en démembrés pour faire face à la chaleur. La combinaison maillot-short pour faciliter la mobilité. Des révolutions scientifiques et techniques signées PUMA, portées par des félins Africains et rejetées par le football international. Ce football qui aime se comparer à la NBA. Association de basket qui a accepté de voir le mythique maillot démembré du ballon orange devenir chez certains un maillot à manches courtes. Cleveland par exemple, n’a pas été châtié pour une telle initiative. Les américains ont juste vu en ce changement, une tentative d’amélioration des conditions de jeu.

A l’image du short court passé long et inversement, les tenues des lions entre 2002 et 2004 n’étaient que progrès. Dans 100 ans ils seront imités, mais personne ne dira qu’ils en étaient les pionniers. Oubliés ils seront à l’instar de Serena Williams vêtue de vert rouge et jaune. De l’hérédité paternelle de Yannick Noah, le seul vainqueur français d’un grand Chelem, identique à celles de Pascal Siakam et Joel Embiid : de Kylian Mbappé l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Et si c’était pour ça ? Le vrai nouveau Pelé a des origines camerounaises. Et si ça gênait… ?


Pourquoi le Cameroun sera champion d’Afrique ?

Ceci n’est qu’une suggestion, mais les Lions indomptables pourraient bien être les nouveaux champions d’Afrique. Sur son nouveau maillot, le Cameroun a été privé des cinq étoiles qui font sa fierté. Ses cinq Coupes d’Afrique… Mais ce n’est pas grave. C’est le signe d’un nouveau départ. Une nouvelle ère commence.

Zambo Anguissa par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cocorico

Pour étoffer la thèse d’un Cameroun victorieux, on avait déjà évoqué la présence d’une paire de gardiens exceptionnels dans son effectif. Nkono – Bell, Alioum Boukar – Songo’o, Ondoa – Onana, un argument aujourd’hui soutenu par la marque qui bombera leur torse : le Coq Sportif.

Un retour qui marquerait le début d’une autre période dominatrice pour le football camerounais. En effet, la première fois que les Lions Indomptables ont fait trembler le monde, ils portaient une tunique dessinée par la griffe du gallinacé. Le roi de la basse-cour rencontrait alors le roi de la jungle pour une Coupe du Monde 1982 inédite.

Une première pour les coéquipiers de Roger Milla. Trois points, zéro défaite : une sortie la « crête » haute au premier tour. Un tiercé gagnant de matches nuls à l’origine d’une heure de gloire qui les conduira deux ans plus tard à leur premier trophée international : la CAN 1984.

Cocorico 2.0

1984 où l’année qui décrit bien cet autre fait qui devrait mener le Cameroun à une sixième étoile. Une année marquant la naissance de deux grandes écuries mondiales : la France championne d’Europe pour la première fois et le Cameroun champion d’Afrique pour la première fois. L’expression d’un parallélisme qui veut que les périodes fastes des Bleus coïncident toujours avec celles des Félins.

Entre 1982 et 1988, la France remporte l’Euro 84 et joue deux demi-finales de Coupe du Monde. Pendant que le Cameroun remporte deux Coupes d’Afrique (1984 et 1988) sur trois finales successives jouées. Entre 1998 et 2002, la France remporte la Coupe du Monde en 1998 et l’Euro en 2000. Pendant que le Cameroun remporte successivement deux autres CAN en 2000 et 2002. Et entre 2017 et ce jour, la France a été championne du monde en 2018. Et le Cameroun a remporté la CAN en 2017 (et 2019 ?).

We The North

Lorsqu’on évoque les favoris pour la CAN 2019, le Sénégal revient naturellement. On voit le Onze d’Or 2019 Sadio Mané et ses nombreux coéquipiers titulaires sur le Vieux Continent. Omnibulé à juste titre, on se range et omet qu’il y a eu la Côte d’Ivoire de Didier Drogba avant eux… : que pour remporter ce trophée, jouer en Europe ne suffit pas. Le niveau de la CAN est plus élevé que celui de la Ligue des Champions et des autres compétitions Européennes de club. Les meilleurs joueurs Africains du monde réunis, la Zambie de Kalaba et l’Égypte d’Aboutrika l’ont prouvé : il faut un supplément d’âme pour aller la chercher. D’autant plus que celle-ci ne se joue pas dans un endroit anodin.

Jouer et gagner en Égypte demande une force de caractère au-dessus de la moyenne. Une personnalité très forte que seules trois équipes possèdent au sud du Sahara : le Cameroun, le Ghana et le Nigeria. Les frères ennemis sont les seules équipes d’Afrique subsaharienne à avoir remporté une CAN en Afrique du Nord. Ne pas les citer comme favorites est une grosse erreur. Mais bon, on est habitué. Tu peux être sextuple, quintuple, quadruple ou triple champion d’Afrique et ne pas être favori pour soulever la Coupe d’Afrique. Cependant…Quoiqu’on dise, le Cameroun et l’Égypte restent les potentiels vainqueurs de la prochaine Coupe d’Afrique. Ce sont les derniers finalistes et les deux meilleures équipes du Continent.


La CAN, la Coupe d’Afrique du Nord

Tunis, le 31 mai 2019 au Stade de Radès. Perdu dans un nuage épais né de fumigènes, le cuir. Un ballon qui part de l’entrée de la surface pour son flanc gauche. Centre, tête et la toile d’araignée de Jridi est nettoyée. On joue la 58e minute, le Wydad de Casablanca répond à la sublime frappe enroulée de Belaïli et revient au score. Un but clair, une action contestée. L’arbitre Bakary Gassama doute et annule l’égalisation d’El Karti. Stupéfait, Noussir son capitaine va rencontrer l’officiel Sénégalais et réclame la vidéo… : la vidéo ne marche pas. Consternés, les Marocains refusent de reprendre le match. Le temps s’écoule : la fin est sifflée. L’Espérance de Tunis l’emporte et reçoit son trophée. Une joie immense, nous sommes en finale de Ligue des Champions.

L’Espérance de Tunis en 2011 contre le Wydad de Casablanca en finale de Ligue des champions par mustapha_ennaimi – Wikipedia CC BY 2.0

Contrastes

Quand on a vu la finale entre Tottenham et Liverpool. Lorsqu’on se remet celle entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, on se demande ce qui se passe réellement en Afrique. Le football Africain peine toujours à mûrir et c’est dans son domaine supposé le plus développé qu’on le constate amèrement.

Jouer en Afrique du Nord est devenu un véritable supplice. Même le Wydad qui y siège n’a pas pu supporter ce que le club Angolais de Primeiro de Agosto a enduré l’an passé. Les Wydadis ont encore démontré que jouer « chez eux » ; se rendre dans cette partie du monde pour un match relève presque de l’héroïsme. Les histoires racontées par ces enceintes donnent souvent la chair de poule. Et le pire c’est que ça va de mal en pis.

Supporters tunisiens au Stade Olympique de Radès par Anja S. in Radès Stadium for DrFO.Jr.Tn – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un passé ultra présent

On aurait pourtant espéré le contraire. Après la mort d’Albert Ebossé, les choses auraient dû bouger. Hélas, rien n’a changé. Le retour dans le futur est plus que jamais acté. Les bus des visiteurs caillassés, les supporters ont conservé leur show bouillant : leurs lasers verts. Objets très dangereux qu’ils promènent sur le visage des joueurs adverses en toute impunité. Inconscience qui peut sérieusement endommager la vue des personnes sur lesquelles le réflecteur est utilisé.

Le cœur apaisé, on aurait pu se souvenir de Sénégal – Tunisie à la CAN 2004. De ses 10 minutes au moins d’arrêts de jeu : de la colère d’El Hadji Diouf… Du 18 Juin 2000 à Tripoli lors des éliminatoires du Mondial 2002, le Cameroun et son staff arrosés de pierres. Triplé de Patrick Mboma, une victoire 0-3 qui provoquera le courroux de ce public nord-africain difficile à battre. Des fans qui ont de qui tenir cependant, leurs idoles leur montrant la voie. Exemple : RS Berkane – Club Sfaxien.

Tifos des supporters du Club Sfaxien par Citizen59 – Wikipedia CC BY 3.0

Demi-finale retour de la Coupe de la CAF 2018/2019, on va encore assister à du jamais vu. Vainqueur à l’aller 2-0, les Sfaxiens perdent 3-0 chez leurs voisins Berkanis. Une déconvenue due notamment à un arbitrage calamiteux. Lequel néanmoins, ne mérite pas d’être réprimandé de cette façon… Wassim Hnid, Houssem Dagdoug, Aymen Harz, les joueurs. Mahmoud Masmoudi l’entraineur adjoint et son compère Karim Ghorbel se sont tous rués sur l’arbitre Maguette Ndiaye et l’ont frappé. Une image indescriptible, des vestiaires saccagés, les sanctions de la CAF tomberont sans rien changer. Sans réussir à nous faire oublier ce fameux Guinée Equatoriale – Tunisie de la CAN 2015.

Mauvais arbitrage, défaite, l’inconduite à ses aises. Les Aigles de Carthage accusent l’arbitre Mauricien Seechurn Rajindrapasard de partialité. Le lui font savoir à leur manière, évidemment. Se rendent aux vestiaires. Les vandalisent et refusent de s’excuser. Un classique, une conduite à des années lumières de celle du Japon après sa défaite contre la Belgique en Coupe du Monde. Défaits 3-2 en huitièmes, les Nippons avaient quitté la compétition après avoir nettoyé le vestiaire.

Siège historique de l’Espérance de Tunis par Moumou82 – Wikipedia (Domaine Public)

De la tête aux pieds

Aussi on attend toujours que ce football se vide de ses tares. Que les dirigeants de ces entités bien structurées passent outre leur passion excessive pour définitivement progresser : aider l’Afrique à progresser. Même s’ils ne se considèrent pas souvent comme des Africains, ils devraient y songer. Regarder la vérité en face et rappeler leurs supporters à l’ordre. Car si le Maroc n’a pas été choisi pour le Mondial 2026, c’est aussi parce que le Continent Noir lui a tourné le dos.

L’Angleterre a perdu sa royauté le jour où ses supporters ont dérapé. Si aujourd’hui ils sont revenus au sommet, c’est parce qu’ils ont su recadrer leur part d’ombre. Cette attitude peu louable permet aux clubs Maghrébins de gagner des matches. Mais donnent une très mauvaise image de leur gestion. Surtout qu’elle semble majoritairement orientée vers les équipes sub-sahariennes.

Lors des compétitions mondiales jouées au Maroc par exemple, aucun débordement excessif n’a été noté. Enregistré dans les mêmes colonnes que ce qui a pris l’habitude de se passer au Stade Municipal de Berkane. Le Jaraaf, le Raja… l’hospitalité du RSB a quasiment perdu sa crédibilité sur le plan sportif. Professionnel, le club d’Alain Traoré gagne des matches mais reste enclavée par les casseroles qu’il traine. L’accueil, l’arbitrage…

SyntekExifImageTitle ( Ville du 6 Octobre où siège la CAF) par Ahmadpontymageed – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Au sommet de la pyramide

Un supporter, des joueurs et des patrons qui font tout pour que leur équipe gagnent : c’est compréhensible. Mais quand l’instance qui est chargée d’équilibrer les chances n’arrive pas à punir leurs inadvertances : ça devient triste. La CAF siège en Égypte et s’est réunie à Paris pour trouver une issue à la crise née du « Radès Gate ». Conclusion : la finale sera rejouée en terrain neutre. Pourquoi ? Parce qu’un club s’est arrêté de jouer. S’il fallait que toutes les équipes refusent à chaque fois de terminer les matches pour des buts injustement refusés, où irai le football ?

Certes ce n’est pas normal que la vidéo ne marche pas lors d’un tel événement. Toutefois, s’arrêter pour un motif de ce genre c’est maladroit et pas du tout Fair Play. Les Sang et Or (surnom des joueurs de l’Esperance de Tunis) méritent leur quatrième titre. Les erreurs sont à la portée de tout le monde. La déférence envers les institutions est la seule expression sportive encourageante. Respecter les décisions arbitrales est un devoir. Refuser de le faire c’est se mettre au-dessus des règles.

Le président Ahmad Ahmad a déclaré avoir été menacé par le président de l’Espérance de Tunis :

« Le président de l’Espérance de Tunis m’a menacé devant des témoins. Des grands présidents de club en Afrique condamnent les pratiques de ce club, mais nous n’avons pas de preuves. Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? »

Vrai ? Faux ? Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? C’est à la CAF de répondre à cette question qui n’a pas lieu d’être. C’est elle qui est en charge de l’arbitrage. Pas à l’EST. Ce type de sortie dénote un gros souci. Une suite logique. Le football de l’Afrique « Blanche » se sent supérieur à la CAF. Un état des faits que celle-ci semble cautionner. L’arbitrage, on n’en parle même plus. La peur ? Là-bas on n’est jamais à l’abri d’une grossière erreur. On s’y fait presque… Eux non, bizarrement.

Supporters égyptiens par Citadelite – Wikipedia CC BY-SA 3.0

RDV

Le désordre n’a pas de nationalité. Le but n’est pas de stigmatiser un football. Mais de montrer du doigt un déroulement inacceptable qui semble s’éterniser. Les Pharaons, la plus grande équipe du Berceau de l’Humanité nous vient de ce pan : son côté septentrional. Ils nous incombent donc de le protéger. Et seule la vérité protège. Dire que le football Africain se porte bien après ce qu’on a vu à Radès le 31 mai dernier, c’est mentir. Si elle ne veut pas rester au fond du classement, l’administration Africaine du sport roi doit trouver des solutions. Il y va de sa dignité, de la qualité de la CAN 2019 en Egypte et des prochaines compétitions qui se joueront au nord du Sahara.


Un flop 5 étoiles

Pendant que Paris ignore Choupo Moting, d’autres font de leurs « Choupo » la clef de leurs succès. Triomphe encore marqué par cette ultime rencontre de Ligue des Champions à Madrid. Une victoire des Reds qui démontre à ravir que personne n’est invité au haut niveau. Dans les tribunes, sur le banc ou sur la pelouse, si vous y êtes c’est que vous le méritez. Tout dépend de l’attention qu’on vous accorde. Voici le Top 5 des « couteaux suisses » les plus tranchants d’Europe cette année.

Star par TheDigitalArtist – Pixabay CC0

5 – Fernando Llorente

Face à City, Llorente n’a pas marqué : il a marqué l’histoire de son club. Son but de la cuisse n’était pas si beau qu’il a déclenché le processus d’un parcours exceptionnel. Une belle suite, une triste fin. Si Tottenham a perdu c’est aussi parce qu’on ne lui a pas suffisamment fait confiance. Après ses entrées décisives en quart et demi-finale retour à Manchester puis à Amsterdam, l’Espagnol aurait dû jouer titulaire à Madrid. Sa puissance athlétique aurait pu faire douter Matip et Van Dijk. Son excellent jeu de tête aurait dû servir de déviation à la vitesse de Lucas Moura, le triple buteur…

4 – Lucas Moura

Ses larmes n’ont échappé à personne. Quand on a abattu ce genre de boulot, la défaite est difficile à avaler. Trois buts et voilà que les Spurs réalisent l’impossible. Une finale historique de C1 : une histoire qui commence mal. Frustré, Lucas est sur le banc : un héros malgré tout. Banni de Paris, son talent ne fait plus aucun doute. Le premier Brésilien à réaliser un triplé en demi-finale de LDC restera à jamais celui qui devait à tout prix débuter cette finale. En le laissant sur la touche, Mauricio Pochettino a commis la même erreur que le PSG. Et la sentence n’a pas tardé à tomber… pour l’ancien Parisien.

3 – Olivier Giroud

2 buts en 27 matches, non ce n’est pas Choupo Moting. C’est Olivier Giroud. Choupo Moting c’est 3 buts en 21 matchs. C’est mieux… C’est juste une coïncidence entre le champion du monde et le capitaine des Lions Indomptables. A la seule différence que le Français avait toute la confiance de son manager en coupe d’Europe.

Après avoir impliqué tout le groupe, Maurizio Sarri a titularisé son buteur en Europa League. Un choix payant qui lui a permis de remporter le premier trophée de sà carrière. Grâce aux 11 buts du meilleur buteur de la compétition, le manager italien peut partir la tête haute. La tête plongeante du surnommé Olive lui a ouvert les portes du succès. Un but, une passe décisive, un pénalty causé, Chelsea doit sa victoire 4-1 sur Arsenal à la pointe des Bleus.

2 – James Milner

Meilleur passeur de la dernière Ligue des Champions (9 passes). Meilleur passeur de l’histoire la Ligue des Champions sur une saison, Milner est un génie incompris. Les mauvaises langues ont même dit que c’était un énième joueur anglais surcoté : ils se sont trompés. Si Milner n’est pas visible c’est qu’il travaille tellement qu’il semble immobile. Son inertie est aussi statique qu’une roue qui tourne à toute allure. Pour apprécier son travail, il faut voir au-dessus de la mêlée.

Dans ce football où on juge les footballeurs au nombre de buts, c’est sûr qu’il n’a pas sa place. Mais il est bien là et plus que jamais indispensable. Professionnel modèle, il a une bonne mentalité, un bon coup de pied. Il est intelligent, il attaque, il défend… Latéral droit, gauche, défenseur central. Milieu défensif, offensif, relayeur, de couloir, JM7 est l’une des principales clefs du succès de Klopp et Liverpool.

1 – Divock Origi

Les mots manquent pour décrire ce que ce joueur a réalisé. 7 buts toutes competitions confondues. Un doublé décisif contre le Barça lors d’une demi-finale retour bien mal engagée. Frappe croisée du gauche… : quelle seconde réalisation ! Le but du K.O en finale de la Ligue des champions, Divock Origi a étalé tout son talent. Caché ? A l’image de Milner, il faut plus que des yeux pour le discerner. Désormais la lumière est faite sur les choix de Roberto Martinez et Jürgen Klopp de le garder. Peu importe s’il ne joue pas : il doit être là. On ne se demande plus pourquoi, aujourd’hui qu’il est entré dans l’histoire de Liverpool définitivement…


Ligue des Champions : Les loosers ont perdu

Ça y est. C’est fait. La « coupe aux longues oreilles » a choisi son nouveau propriétaire. Il s’agit des Anglais du FC Liverpool. Champions d’Europe, les Reds sont venus à bout des Spurs de Tottenham 0-2. Logiquement oui, et bien plus encore. Les Londoniens n’ont pas fait que perdre face à plus forts qu’eux. Ils ont surtout été perdus par les choix de leur manager. Lesquels dès les premières minutes de jeu, se sont avérés infructueux, une fois de plus…

Cristiano Ronaldo face José Antonio Reyes par Jan SOLO – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Hommages 

Madrid. Le football mondial est assommé par la mort d’un de ses plus dignes fils. José Antonio Reyes est décédé ce jour de finale dans un accident de voiture. Une triste nouvelle, le lieu idéal pour honorer le génie de l’ancien sociétaire des deux géants de la capitale Espagnole. Une minute de silence, un gaucher comme un symbole pour lancer les débats. Le score est ouvert et le tribut payé à ce quintuple vainqueur de l’Europa League.

Moussa Sissoko par GuillaumeG – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Dommages

On joue la première minute quand sur « une main » décollée du corps, Liverpool obtient un pénalty. Sévère, justifié, Moussa Sissoko a touché le ballon de Mané du bras. Il a permis contre son gré à Liverpool de prendre un avantage psychologique sur leurs objecteurs. Mohamed Salah transforme le tir au but et revient tout sourire dans ce stade de la compétition. Un sommet qu’il avait quitté en larmes l’année passée face à Madrid. Ippon de Sergio Ramos : déboitement de l’épaule, le diagnostic…

Revanchard, le Pharaon plombe ainsi d’entrée les ambitions des Lilywhites ? C’est trop dire. Il restait 88 minutes pour revenir à la marque. Lucas a fait un doublé en 4 minutes : il n’est pas présent sur le terrain. Et pourtant ils le craignaient. Trent Alexander Arnold :

« Moura est en tête de liste des meilleurs joueurs des Spurs. »

Robertson :

« Lucas était le héros contre l’Ajax. C’est un joueur fantastique avec des qualités fantastiques. Nous l’avons déjà affronté auparavant et il s’agit avant tout d’essayer de le gérer. »

Aussi, Mauricio Pochettino a privé d’entrée son équipe de sa dynamique : sa dynamo. Pourquoi le Paulista n’a pas débuté le match ? Sans son triplé, les Spurs ne seraient pas là. Est-ce sa récompense ? Après 3 mois sans compétition, Harry Kane avait-il sa place en finale de Ligue des Champions ? Non. Le capitaine Anglais ne méritait tout simplement pas d’être titulaire à la place du Brésilien. Il aurait pu entrer en fin de match. Gagner des duels sur des défenseurs fatigués par la vitesse de Mr Moura…

Lucas et Neymar par bahianoticias – Wikimedia Commons CC-BY-2.0

Injuste… is

Inique était cette option autant que la présence d’un autre Harry. Winks titulaire à la place de Lucas : titulaire à la place de Wanyama ? C’est le comble. Il paraît que le Kenyan n’est pas un « joueur de ballon ». Une expression si inappropriée qu’on ne saurait où la placer. Quand on pense au but qu’il a mis l’an passé à Anfield. Quand on revoit ce boulet de canon pleine lucarne d’égalisation, on ne peut que condamner ce genre de qualification. Ce sont tous des professionnels de football : ils jouent tous « au ballon ». Tenir ce genre de propos à l’endroit d’un joueur c’est nourrir la discrimination. On croirait entendre penser Sagnol, « ses nordiques et son joueur typique africain ».

Victor Mugubi Wanyama a participé plus que Winks, « le joueur de ballon », à écrire l’histoire de cette équipe. De plus, il est issu d’une famille de sportifs : il a l’ADN d’un vainqueur de la Ligue des Champions. McDonald Mariga son frère, était dans le groupe de l’Inter de Milan historique qui a battu le Bayern en 2010 en finale de la Ligue des champions… à Madrid. Il n’a pas joué mais il a gagné, entraîné par José Mourinho. Il sait donc c’est quoi remporter une finale de C1 : son frère cadet certainement aussi. C’est petit, mais c’est déjà mieux que l’expérience de Winks.

Victor Wanyama par Glasgow Celtic – Wikimedia Commons CC-BY-2.0

Black-out

Aux côtés de Sissoko, le capitaine des Harambee Stars (surnom des joueurs de la sélection du Kenya) a marché sur City et l’Ajax. Ils diront que ce n’était pas beau. Ils ont raison : c’était mythique. C’est grâce à ces joueurs caricaturés que cette Ligue des champions fait partie du livre d’or du sport roi. Sans eux, sans ce but fabuleux de la cuisse de Llorente, Pochettino n’aurait pas pleuré de joie. Aussi lorsque le « Grand Black » Français sort, on sait que c’est fini. Lucas « le moins doué techniquement » entre trop tard et on le ressent. L’ancien Parisien a changé l’image de son équipe en 20 minutes : les occasions se sont enchainées, en vain.

En face, il y’avait déjà un entraîneur qui fait confiance à ceux qui l’ont mené jusque-là. Wijnaldum titulaire à la place de James Milner, Klopp a vite compris que le grand Roberto, comme King Kane, manquait de rythme. Pourquoi ne pas relancer Divock Origi ? Le plus tôt serait le mieux. Après tout c’est grâce à son doublé qu’on est ici ? Et il fait entrer le buteur d’origine Kenyane.

Contre toute attente, l’attaquant Belge remplace Firmino peu avant l’heure de jeu. Tue le match sur une passe décisive de l’indomptable Joël Matip (probablement l’homme du match avec Alisson Becker). Et offre à Liverpool sa sixième étoile : le troisième total de l’histoire du tournoi. Trois : soit le nombre de buts inscrits par le Diable Rouge dans la compétition. Ou encore le nombre Africain de joueurs qui ont considérablement contribué à la victoire finale du club de la Mersey. Un Sénégalais, un Égyptien et un Camerounais.

Mauricio Pochettino par Victor Gutierrez Navarro – Wikimedia Commons CC-BY-2.0

Encore un

Pour le travail, l’esprit et la cohésion. Pour l’idée nouvelle qu’il a apportée à ce soccer avide d’argent, Jurgen Klopp mérite ce succès. Sa place dans la cour des grands est désormais indiscutable. Ce qui n’est clairement plus le cas de son adversaire du soir. C’est bien de concurrencer Arsenal. Mais si c’est pour ne rien gagner, ça ne vaut pas la peine. Ces dernières années les Gunners n’ont pas été bons en Premier League… : ils ont remporté des titres. Notamment 3 FA Cup et 3 Community Shield avec Arsène Wenger. Quand Tottenham et Pocchetino, NO…

Une salle de trophées « vide » que le club doit cette fois à la gestion « gentrifiée » de son effectif. Pocho est un gentleman : pas (encore) un grand entraîneur. Sans titres, il y a des privilégiés dans son équipe et c’est inquiétant pour la suite. Sa suite et celle de son collectif. Divisé ? Lucas, Wanyama, Llorente et même Dele Alli (qui n’aurait pas dû sortir), il doit beaucoup à ceux qui ont écrit la plus belle page de sa légende. « Oser c’est faire » la devise du club, l’Argentin n’a pas su s’aligner derrière cet adage qui l’a longtemps défini. À lui de tirer les leçons de son ixième échec.