Savoir que le football compte énormément pour les Africains est un secret de Polichinelle. L’Afrique a trouvé en ce sport la pratique de sa paix la plus émérite. Une vertu aujourd’hui mise en évidence par la naissance d’une de ses variantes : le Maracanã.

Le temple du football

Le mot Maracanã est pour un fan de football, l’expression d’un lieu sacré. L’encre des quintuples champions du monde Brésiliens depuis 1950 : le plus grand stade de l’histoire du football. Cette enceinte anciennement capable d’accueillir près de 200.000 spectateurs, a naturellement donné des idées aux étudiants d’Afrique de l’Ouest, passionnés du ballon rond. Au point où ils lui donnèrent le nom d’un quartier de la zone nord de la ville de Rio de Janeiro.

Désormais on ne joue plus au foot durant les heures libres. On joue au Maracanã. Nous sommes dans les années 60 et ce soccer qui se pratique à 7 contre 7 (1 gardien + 6 joueurs de champ) est loin de s’imaginer quel grand avenir l’attend. Une compétition rien que pour sa partition…

Mara’CAN

Pour faire simple, le Mara’CAN est à sa 8e édition. Après le Mali en 2017, c’est au tour de la Guinée-Conakry d’héberger ce roi des sports sur sa cour. Tapis rouge qui pour la seconde fois de son histoire accueillera des équipes venues des autres continents. A savoir : la France, les Etats-Unis et la Chine. Elles seront opposées au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Togo, au Niger, au Bénin, à la RD Congo, au Gabon, au Tchad et à la Côte d’Ivoire, tenante du titre.

Un seul mot : solidarité

Dans ce tournoi aux valeurs fraternelles. Sur ce bitume unissant toutes les classes sociales et professionnelles, tous ceux qui se sentent capables de jouer peuvent y participer. Le but n’est pas d’être le meilleur joueur du monde. Mais de rendre l’homme encore plus heureux. Peu importe sa situation ou son âge. Cette année on aura même droit à l’éclosion des catégories Seniors (35-45 ans) et Super Seniors (45 ans et plus). Et comme le dit si bien l’ivoirien Bleu Charlemagne au micro de Patrick Juillard de football365.fr :

« Après le football professionnel, les gens poursuivent avec le Maracana. Les joueurs sont aussi des cadres, des enseignants, des employés. Ils peuvent s’exposer leurs problèmes. Il y aura toujours un maracanier pour vous aider. »

Le MARACAN 2019 se déroule du 27 au 29 Septembre. Pour plus d’informations, Rendez-vous sur Mondoblog.org.

En 2014 le monde a redécouvert Manuel Neuer au Brésil. Ce gardien de but capable de quitter son « bureau » pour utiliser sa tête. D’opérer cette sortie hasardeuse qui l’emmènera plus loin 4 ans plus tard en Russie. Notamment face à la Corée du Sud où l’allemand jouait carrément dans la moitié de terrain adverse. Son pays était mené 1-0 et il fallait égaliser. Sauf que les coréens ne sont pas dupes. Les Tigres de Daegu savaient bien qu’un gardien loin de sa cage : c’est une occasion en or de marquer. Et Heung-Min Son a tué le match. Score final 2-0.

Un héritage venu d’ailleurs

Toutefois, le problème n’est pas le résultat. Mais l’attitude du gardien : le gardien moderne. C’est le terme qu’on utilise aujourd’hui pour qualifier cette nouvelle génération de gardiens de buts. Ces remparts dotés d’un précieux jeu aux pieds, capables d’apporter leur aide aux joueurs de champ. Pep Guardiola adore ! Et c’est surement pour cette raison qu’il joue avec un sud-américain dans ces filets. Le brésilien Ederson est l’héritier d’une pléthore de gardiens modernes issus de ces Amériques. Des génies que le football européen a recalés. Prétextant qu’ils étaient fantasques…

Tel est pris qui croyait prendre

Les plus avisés se souviennent certainement de René Higuita et de sa fameuse crinière frisée noire. De ce geste incroyable qu’il a réinventé à Wembley en amical face à l’Angleterre : le coup du scorpion. Un arrêt irrationnel durant lequel El Loco laisse passer le ballon au-dessus de sa tête pour le reprendre en arrière avec la semelle de ses godasses : la plante de ses pieds. Une parade invraisemblable, fille d’une action toute aussi cocasse. Un but que le colombien a pris contre le Cameroun en 1990 au mondial italien.

Sa sélection menée 1-0. Positionné non loin de la ligne médiane, le coéquipier de Carlos Valderama allait tenter d’enrhumer Roger Milla. D’éliminer ses adversaires comme à son habitude pour prêter main forte à son attaque. En vain ! On n’apprend pas au Vieux Lion à sortir ses griffes. Le double Ballon d’or Africain récupère la balle. Passe devant son vis-à-vis. Accélère et déclenche une course poursuite entre le portier et lui. Sprint qui se terminera par un petit plat du pied de l’avant-centre camerounais dans les filets vides du natif de Medellin. Score final de ce huitième de finale 2-1. Les Cafétéros réduiront la marque en fin de matches.

Goleador

Toutefois, le problème n’est pas le résultat. Mais l’attitude du gardien : le gardien moderne. C’est le terme qu’on utilise aujourd’hui pour qualifier cette nouvelle génération de gardiens de buts. Ces goalkeepers qui font du Jorge Campos. Mais en moins bon. Du haut de son mètre 68, le légendaire gardien mexicain ne se contentait pas d’être excellent balle au pied. Drapé dans ses maillots enluminés, cet ancien attaquant faisait bien plus que jouer haut. Il dribblait et marquait énormément de buts (46 au total).

Une capacité qu’il partageait avec un célèbre autre gardien latino-américain. Celui qui attendait la France en 1998 dans un piège tendu par ses coéquipiers. On est au second tour de la Coupe du Monde. Le Paraguay joue le 0-0 à fond pour attirer les français aux tirs aux buts. Et les battre grâce à leur atout majeur, spécialiste des pénaltys et des coups francs : José Luis Chilavert. Mais le tour n’a pas fonctionné et la lumière est venue de Laurent Blanc. Victoire 1-0 des Bleus sur les Rojiblancos.

Numéros 1

Le poste de gardien de but est le seul avec lequel aucun compromis tactique n’est possible. Leur tenue remarquable définit un domaine élitiste. Équilibriste sur sa ligne, sa prestation ne tient qu’à un fil. Celui de ce temps qui tend à le dissimuler. A l’heure où un Ballon d’or pour les gardiens a été créé par France Football, il est important de le souligner encore. De rappeler à quel point le gardien est indissociable du sport roi. Y-a-t-il un Ballon d’or pour les attaquants ? Pour les milieux ? Ou pour les défenseurs ? Non. Les N°1 doivent pouvoir concourir au même titre que les N°9, 10 et autres. Une équipe de foot sans gardien de but est une défaite ambulante.

En avance sur son temps, l’Amérique Latine l’a compris depuis : le gardien est un footballeur complet. La cour du roi des sports n’est pas une cour de récréation. Ce n’est pas celui qui ne sait pas jouer qui va au goal. C’est une erreur… Oui, c’est injuste que Lev Yachine soit le seul gardien Ballon d’or à ce jour. Et ce sera le cas encore plus, dès la première remise de cette médaille.

Les gardiens ont besoin de plus de reconnaissance : pas d’un désaveu. Ce titre ne leur rend pas service. Dans ce monde qui pense les changer en libéro, il les exclut. C’est le Ballon d’or même qui devrait porter le nom de Lev Yachine, d’Higuita, de Campos ou de Neuer. Vu qu’il récompense les numéros 1 du football.

Le 14 Septembre dernier sur le plateau du Canal Football Club, l’inusable Pierre Ménès déclarait :

« Faut quand même noter qu’il y a eu deux ou trois ballons en profondeur vers Choupo-Moting qui auraient été certainement plus dangereux si Mbappé avait été à sa place, mais ChoupoMoting c’est Choupo-Moting… Il a déjà mis trois buts, on peut déjà le mettre dans le formol »

On rappelle tout de même que le formol est un produit utilisé « comme fixateur et conservateur de cadavres ». Que certains ont trouvé cette sortie drôle. Et que Choupo – Moting a une famille qui regarde ses matches. Qui a certainement été touchée par cette énième attaque gratuite à son endroit. Lui qui n’a jamais demandé à signer à Paris. Ce dimanche-là, le débat était porté sur la victoire 1-0 du PSG sur Strasbourg. Et le magnifique but de Neymar montrait bien que ces critiques n’avaient pas lieu d’être.

Un contexte difficile

J1. Une victoire 3-0 sur Nîmes, et Paris retrouve les sommets de la Ligue 1. Un moment de joie rapidement abrégé par le Stade Rennais la journée d’après. Les récents bourreaux des Parisiens en finale de Coupe de France viennent encore à bout de l’escouade de Tuchel (2-1). Et plonge le PSG dans l’ambiguïté. Les champions de France semblent avoir perdu leur superbe. Au point où l’infortune s’en mêle et emporte Cavani et Mbappé sur une « civière » lors du même match. Contre Toulouse, le C et le M de la MCN rejoignent le N hors des terrains. ECM17 entre en jeu. Et le PSG change de visage.

Sans moi Paris serait pris

A juste titre, on parle beaucoup de l’apport de Gana Gueye dans cet effectif. Ce qu’on on oublie cependant c’est qu’il est plus facile pour un joueur de s’intégrer dans un collectif en confiance. Que de s’imposer dans une équipe en plein doute. Lorsque le milieu de terrain sénégalais arrive à Metz, Paris a retrouvé du poil de la bête.

Un sourire redessiné par la performance de grande classe de Choupo – Moting une semaine auparavant. 0-0 à la mi-temps, le Lion Indomptable permettra à son équipe de l’emporter 4-0. Notamment grâce à un but génial couronné par un doublé. Pour le plus grand plaisir d’un Parc des Princes scandant son nom avec entrain. Une performance qu’il récidive en Lorraine en marquant le but du K.O. Succès 0-2, 9 points sur 12 et la trêve hivernale peut arriver dans les meilleures conditions relancer un club en proie au doute.

Un bilan régénérateur

Paris – Toulouse et Metz – Paris sont ces rencontres qui ont revigoré la saison du PSG. 0 but encaissé. 6 buts marqués dans lesquels Choupo – Moting est impliqué à chaque fois. Face au Téfécé, le camerounais marque le premier. Influence le second sur une talonnade. Marque le troisième. Et grâce à une frappe déviée en corner, est à l’origine du quatrième. Quand face à Metz, il dévie d’une Madjer le ballon sur Bernat, qui cause le pénalty transformé par Di Maria. Et marque le deuxième.

En somme, le jeu proposé par Choupo – Moting permet à ses coéquipiers de mieux s’exprimer. Bien que ceux-ci continuent de l’ignorer sur le terrain, sa sortie contre Reims démontre encore l’importance de sa présence. Sa blessure n’a fait que ressortir les défauts de Paris : des individualités solistes qui cherchent à briller aux dépens du collectif. Le PSG aurait perdu avec Choupo qu’on lui aurait collé cette mésaventure sur la tête. Aussi, on peut penser ce qu’on veut de ce joueur, il reste un footballeur de classe mondiale. Il suffit de lui faire confiance.

Un Paris gagnant

Bounedjah a donné la Coupe d’Afrique à l’Algérie. Le Portugal a été champion d’Europe grâce à Eder. La France a gagné la Coupe du Monde avec un attaquant titulaire qui n’a pas marqué. Olivier Giroud a permis à Chelsea de glaner son seul titre l’an passé, un trophée européen. Et le Liverpool d’Origi a battu le Barça de Messi 4-0. Avant d’aller remporter la Ligue des champions 2-0 contre le Tottenham d’Harry Kane.

Le football nous parle et on refuse de l’écouter. De constater que les statistiques de Choupo Moting lors de ses deux premières apparitions cette année ressemblent à celle de Divock Origi lors de ses deux premières apparitions en Ligue des Champions l’année passée. C’est-à-dire 3 buts en 2 matches. 6 buts marqués, 0 encaissés, les contextes sont surement différents. Mais la réalité c’est qu’il y a un entraîneur allemand qui a osé. Et un autre qui a battu le Real Madrid 3-0 avec Choupo Moting sur le terrain…

Il y a quelques années, Juninho en direct du Canal Football Club, regrettait que les étrangers soient toujours montrés du doigt en France après un échec. Aujourd’hui qu’il est le directeur sportif de Lyon. Qu’il a choisi Sylvinho pour pérenniser sa légende sur le banc de l’OL, son avis ne devrait sans doute pas évoluer. Son club vient d’enchaîner un 6e match sans victoires. 5 nuls et une défaite qui ne cessent de faire parler dans l’Hexagone. Le technicien Carioca est implicitement montré du doigt et on regrette déjà Bruno Génésio. Une attitude qui interroge. Sachant que l’actuel manager du Beijing Guang n’a rien gagné avec les Gones de 2015 à 2019. Quelle place occupe les entraîneurs étrangers dans le paysage médiatique français ? On se le demande vraiment…

And the winner is…

« Lyon n’est pas prêt ». Estimait-on à la fin de la préparation des Lyonnais. Bien que ces matches ne furent qu’amicaux, le doute a été installé. On a oublié tout ce que les Brésiliens ont apporté à cette ville, à ce pays, au football et on a déclaré l’état d’urgence. Des sirènes qui vont vite ravaler leurs mots derrière les deux premières journées de Ligue 1. Deux victoires probantes à Monaco 0-3 et face à Angers 6-0 qui enlèveront les gyrophares sur le toit de l’ambulance de l’OL. Avant d’y remonter devant ce sextuplé d’insuccès.

Aussi, les remarques ne tardent pas à resurgir. Les latéraux ne montent pas. Le jeu manque de folie. Pourquoi ci ? Pourquoi pas ça ? Bref le problème est la personne en chemise blanche assise sur la touche. Si le septuple champion de France, dernier de sa poule, a été éliminé en Ligue des Champions par La Gantoise en 2015 ; a été logiquement sorti de la Ligue Europa par l’Ajax en 2017 et le CSKA Moscou en 2018, respectivement en demi et en huitièmes. Si ce fabuleux Lyon de Pep Génésio a été incapable de remporter la moindre coupe en 4 ans à l’inverse de Guingamp et Strasbourg, c’est surement à cause Sylvinho.

Comparses

Toutefois, le second entraîneur étranger de l’histoire de l’ancien LOU ; le premier depuis Vladimir Kovačevic parti en 1982, n’est pas le seul à subir les foudres des médias. On a également douté de la valeur d’André Villas-Boas, vainqueur de l’Europa League. Mais aussi et surtout de celle de l’autre tête de turc des spécialistes : Leonardo Jardim. Geoffroy Garétier, sur le plateau du Late Football Club : « Il faut bien que Monaco gagne une fois »

Une victoire, 6 points sur 21, le portugais ne bénéficie toujours pas des honneurs liés à son passé glorieux. Champion de France. Demi-finaliste de la C1 (le seul en France depuis 2010). L’homme qui a relancé Falcao et propulsé Kylian Mbappé et Bernado Silva, se fait sévèrement titiller. Des gestes durs sur l’homme qu’il regrettait déjà sous ses meilleurs jours :

« J’ai l’impression qu’en France, les gens sont nationalistes : ils défendent beaucoup leurs compatriotes, moins les étrangers»

La réaction de Pierre Ménès ne se fera pas attendre(évidemment)  :

« Et puis, il y a évidemment LE contre-exemple : Marcelo Bielsa, qui est arrivé comme une star et qui démontre tout son talent sur le banc de l’OM. Parce qu’on ne le juge que sur le jeu, pas sur son éternel survêtement, ses conférences de presse glaciales ou sa satanée glacière. Lui n’a pas critiqué les jeunes Français : il les a mis au boulot. Benjamin Mendy, Giannelli Imbula, Dimitri Payet, ou encore Florian Thauvin, souvent montrés du doigt pour leur comportement ou leur indolence, sont tous au diapason. Bref, cette histoire de corporatisme, avec ses sous-entendus de racisme, est une escroquerie. Mais ça a le mérite de faire parler les bavards. Et d’exciter les idiots. »

Besognes

Lorsqu’on relit la réaction de Pierre Ménès aux propos de Jardim, on peut noter toute l’affection qu’il a pour Marcelo Bielsa : éternel survêtement, conférence glaciale, satanée glacière. De l’art pur quoi ! Une poésie dantesque qui n’oublie pas de pareillement sanctionner le tacle appuyé du coach monégasque sur les jeunes français. Lequel déplorait en 2014 leur manque de professionnalisme.

La flemme du football français est ainsi remise au goût du jour. Sans qu’on puisse cependant contredire l’ancien handballeur. Quand on sait que des joueurs français tels que Blaise Matuidi ou Christopher Nkunku semblent aller dans ce sens depuis qu’ils ont signé à l’étranger, comment le faire ? Comment dédire les propos du Parisien Leonardo qui déclara jadis :

« Le niveau de préparation des joueurs et des entraîneurs est vraiment bas. La base de travail n’est pas là. Si la France perd une place à l’indice UEFA, c’est que cela ne marche pas. »

De Joey Barton l’ancien Marseillais :

« En France, quand tu travailles dur, on sous-entend que tu n’as pas de talent. Ils ne croient pas au travail, à l’effort. J’ai l’impression qu’il faut qu’ils soient en colère pour qu’ils se bougent vraiment. »

Ou encore Phillipe Montanier :

«J’ai envie de parler de la France en général. N’est-ce pas plus un problème d’état d’esprit général que du seul footballeur ? Quand vous discutez avec des gens de secteurs différents du foot, on n’a pas la réputation d’être des grands travailleurs. Ainsi, beaucoup d’entraîneurs étrangers sont un peu surpris de l’implication et de l’investissement en France. Ça ne concerne pas tous les joueurs évidemment, mais je parle là d’une bonne moyenne. Parler de faignants, je trouve ça excessif, c’est plutôt qu’il y a moins d’implication, moins d’intensité.»

Fausse route

A l’ombre de ce débat volcanique se susurre une phrase : « Il n’y a aucun entraîneur français à la tête des plus grandes équipes françaises. » Paris, Lyon, Monaco, Marseille, un constat qui soulève les foules mais ne date que de cette année. L’OM et l’OL étant dirigés par des français les 3 dernières années. Sans oublier Laurent Blanc au PSG de 2013 à 2016.

De plus, si on compare les championnats anglais et français, on remarque qu’en Premier League 8 clubs sur 20 sont dirigés par des anglais : Crystal Palace, Burnley, Brighton, Chelsea, Bournemouth, Sheffield United, Aston Villa et Newcastle. Un octogone composé d’une seule grande écurie : celle des Blues de Lampard. Quand en France 14 équipes sur 20 sont sous les ordres de tacticiens français.

Une belle bagatelle qui depuis l’arrivée des qataris à Paris, déploie au moins deux entraîneurs français sur la scène européenne chaque année. Ligue des Champions – Europa League confondues. Cette saison on a Christophe Galtier avec Lille en C1 et Ghislain Printant avec Saint-Etienne en C3. Un ratio de 2/4 qui contraste fortement avec le 1/6 de l’Angleterre. Et démontre bien qu’en Europe les techniciens de la Gaule sont très bien représentés. Man City, Liverpool, Chelsea (excepté cette année), Arsenal, Tottenham, Manchester United ont tous des étrangers à leur tête depuis au moins 5 ans. Et ce sont eux qui symbolisent la puissance de la première ligue du monde.

Conclusions

Bref, le football français devrait respecter les techniciens étrangers comme on respecte les techniciens français à l’étranger. Zinedine Zidane (Real Madrid), Arsène Wenger (plus de 20 ans à Arsenal), Gerrard Houllier (Liverpool), Luis Fernandez (Athletic Bilbao), Didier Deschamps (Juventus), Rudi Garcia (AS Roma) et que dire de ces sélectionneurs qui inondent l’Afrique voire l’Asie. Si ce n’est que les médias bleus, blancs et rouges, n’ont pas à se plaindre d’une minime présence extérieure sur leurs tapis verts. Un entraîneur en France doit être viré pour la mauvaise qualité de ses résultats. Pas pour être remplacé par un collègue français. Jean-Michel Aulas :

« Sylvinho et Juninho ont toute ma confiance mais il faut avoir des résultats. C’est la loi du foot. »

OL – PSG. Le Dimanche 22 Septembre au Parc OL, Neymar a encore marqué les esprits. Un enchaînement de grande classe au milieu de 4 joueurs. Un Joga Bonito ponctué par une frappe en rupture du gauche dans le petit filet d’Anthony Lopes : le seul but du match. Un digne successeur du renversant retourné de l’Auriverde au Parc des Princes face à Strasbourg une semaine avant. Réalisation superbe qui vient conclure un Lumico jusque-là fermé. Frustré par un Lyon qui n’avance pas et un Paris qui dévore tout sur son passage. Ou presque…

Ultra présent

Malgré ses prouesses vertigineuses, Neymar ne fait toujours pas l’unanimité. Aux grognements des sifflets des ultras de Paris, succède des statistiques qui forcément ne plaident pas en faveur d’un PSG Ney – dépendant. Le Paris SG avec Neymar c’est 3 victoires par un but à zéro et une défaite à domcile (0-2) face à Reims. Des buts tardifs, une désillusion : la preuve que la présence du Peixe* oblige ses coéquipiers à jouer moins collectif.

Le solitaire contre le solidaire

On ne pense plus qu’à lui et pourtant sans lui, Paris a battu Nîmes 3-0 ; Toulouse 4-0, Metz 0-2, le Real Madrid 3-0 (sans la MCN au complet) et Galatasaray 0-1. On aurait pu dire qu’il a manqué lors de la défaite face à Rennes 2-1. Sauf que sur les trois dernières confrontations contre les Rennais, Paris a gagné une fois, sans le Brésilien. Et perdu 2 fois, avec et sans le Brésilien.

Sa présence n’est donc plus si indispensable que ça. D’autant plus que lorsqu’elle est effective, la performance de son équipe dépend de sa forme. Ce qui est dangereux pour l’équilibre de son groupe sur la pelouse. Loin d’être un leader à la CR7, le soliste qu’il fait rend son équipe plus prévisible. C’est sûr Paris est plus fort avec Neymar. Mais le collectif Parisien s’exprime bien mieux en son absence. Et le Brésil nous l’a encore rappelé. En remportant la Copa América haut la main sans sa star Parisienne.

*Surnom des joueurs du Santos FC

Recalé pour une histoire de permis de travail, Percy Tau ne peut toujours pas jouer pour l’équipe qui l’a enrôlé. Voilà bientôt deux ans que le Bafana Bafana a quitté les Mamelodi Sundowns pour Brighton & Hove Albion : sans arriver à destination. La raison : pas assez de matches dans les jambes pour mériter la Premier League. « Heureusement », on va dire. Sinon le talentueux gaucher n’aurait pas signé dans un club européen un peu plus digne de son standing : une équipe qui jouera la Champions League.

Paradoxes

Percy Tau a quitté l’Afrique du Sud en 2018. Auréolé d’un titre de champion d’Afrique 2016, le vainqueur de la Supercoupe de la CAF 2017 gagne l’Europe après 5 ans passés sur le Continent Noir. Le but est de prouver qu’il a le niveau pour évoluer dans le Vieux Monde. Un choix guidé par un défi qui commence en D2 Belge pour le double vainqueur de la ABSA Premiership.

Aussi, Brighton le prête au RU Saint-Gilloise. Le meilleur buteur du championnat sud-africain en 2018 s’y impose facilement. Inscrit 12 buts en 35 rencontres. Et est logiquement élu meilleur joueur du championnat. Une performance jugée insuffisante pour les autorités compétentes. Le mondial des clubs auquel il a participé ne suffit pas. L’ancien des Spurs (de Witbank) devait prendre part à la finale de la CAN 2019 pour jouir de ce plaisir. En outre, malgré une Coupe d’Afrique aboutie, le Brésilien ne pratiquera pas le football au pays du football. Le fait que sa sélection ait sorti celle de Salah en huitièmes (et à domicile), ne lui concède pas encore ce droit.

Bien mieux que rien

Le FC Bruges saute alors sur l’occasion et attire l’attaquant sous forme de prêt. Une transaction judicieuse. Un transfert qui permet au géant belge d’occuper la première place de la Jupiter League. Mais aussi et surtout de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Prouesse que les brugeois doivent en grande partie à la technique de leur recrue estivale. Auteur de 2 buts en championnat, le natif de Witbank sera le facteur X de cette double confrontation victorieuse contre les autrichiens de Linz. Son impact sur le jeu étant à l’origine des deux dernières réalisations de son écurie.

South Africa Fans Celebration at Soccer City par Celso FLORES – Wikipedia CC BY 2.0

Enfin chez moi

Le finaliste de la C1 1978, passe ainsi d’un dangereux 1-1 à une nette victoire 3-1. L’attaquant de 25 ans causera le corner du but de la délivrance. Et sera passeur sur le but du K.O. Dans la poule A du PSG, du Real Madrid et de Galatasaray, il retrouve de ce pas les premières loges. Les sensations d’une compétition qu’il a gagnée chez lui en Afrique. Sera-t-il capable de réitérer son exploit ? Nul ne le sait. S’il y a une certitude cependant, c’est que jouer les premiers rôles en Belgique, c’est mieux que lutter contre la relégation en Angleterre. Le niveau du football africain d’élite n’équivaut pas à celui de la seconde division européenne.

*Surnom des joueurs du Mamelodi Sundowns

 » La mentalité du monde du foot est-elle mauvaise ? « , a demandé un journaliste du Corriere dello Sport à Lilian Thuram. Et lui de répondre :

 » Quand  on  parle  de racisme,  il  est  nécessaire  d’avoir  conscience  que  le  monde  du  foot n’est  pas  raciste  mais  qu’il  y  a  du  racisme  dans  la  culture  italienne, française et  européenne  et  plus  généralement  dans  la  culture blanche.  Les  Blancs  ont  décidé  qu’ils  étaient  supérieurs  aux  Noirs […] »

Une réponse sortie de son contexte… si on s’en tient à son auteur :

 » Je  parle  des  supporters  racistes.  Ces  personnes ont  un  complexe  de  supériorité.  Cette  supériorité  vient  d’une histoire.  […]  Nous  vivons  dans  une  société  où  il  y  a  des  hiérarchies. Les  personnes  racistes  sont  encore  dans  la  hiérarchie  du  passé  et pensent  que  cette  hiérarchie  est  juste.  Beaucoup  de  personnes défendent  l’idée  que  les  Blancs  sont  supérieurs. »

Une réplique qui ne tardera pas à causer beaucoup de remous. Pierre Menes lui a répondu :

 » Je n’ai pas envie de parler de ça avec lui. Parce que moi je vais vous dire ce que je vais vous dire là : le vrai problème en France, dans le football en tout cas, c’est le racisme anti-blanc. J’invite les gens à prendre leur voiture et aller faire le tour des matchs en région parisienne le week-end. […] Allez voir ces matches là et comptez les blancs sur le terrain en général il y a le gardien de but et l’arrière droit. »

Peut-être qu’il a raison. Le racisme s’applique à toutes les races. Un homme peut être traité en étranger dans son propre pays. Cependant, il faut rappeler à tous ceux qui supportent Pierre Menes, qui traitent Lilian Thuram de raciste « anti-blancs » et ont certainement défendu l’idée selon laquelle Sagnol et Blanc ne sont pas racistes, que :

1 – Thuram n’a jamais choisi d’être français. Ses ancêtres ont été enlevés à leurs terres, transportés pendant des mois comme des sardines pour finir esclaves pendant trois siècles. Par conséquent, il est le mieux placé pour parler de racisme. Il est l’un de ses nombreux fruits.

2 – Le Code Noir n’a pas été écrit en banlieue.

3 – Un jeune blanc n’a jamais été pendu en banlieue par une foule de noirs qui le soupçonnent d’avoir regardé une blanche.

4 – Un jeune blanc n’a jamais été fouetté à mort par son maître noir pour avoir commis une erreur.

5 – Une femme blanche n’a jamais vu son enfant lui être enlevé pour être vendu comme du bétail.

6 – Un footballeur blanc n’a jamais été victime de cris de singes.

Etc. Etc. On va s’arrêter là, la liste étant longue. À chacun de se faire son film sur cette histoire. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas deux vérités. Il n’y en a qu’une et chacun de nous la connaît.

A lire aussi : Pierre Menes s’excuse pour ses propos

Alors que Manchester connaît un début de saison compliqué. Au moment qu’ils se rendent compte qu’ils ont longtemps menti, les médias essaient une fois de plus de détourner les regards. De protéger le protégé de Sir Alex Ferguson en rejetant la faute sur Mourinho. Quelle honte ! La nouvelle qui bat de l’aile dorénavant. L’information qui circule avec éclat depuis, se résume en cette phrase : José Mourinho ne voulait pas de Van Dijk.

 » Un mensonge répété 1000 fois, reste un mensonge  » : José Mourinho

The Independent est l’auteur de cette anecdote loin d’être vérifiée. Ce mythe qui daterait de la saison 2017/2018. Un conte qui ne changera rien à ce qui s’est réellement passé. La vérité c’est qu’en 2017, Manchester n’avait vraiment pas besoin de Van Dijk. Le défenseur hollandais est logiquement allé dans un club nécessiteux de ses services. En cet hiver 2018, Mourinho  avait encore fait les bons choix.

Pourquoi changer ? Il a préféré le duo Bailly – Lindelof à Van Dijk et ça a marché. Le journal anglais a juste oublié d’ajouter que Man U cette année a fini second avec la seconde meilleure défense du championnat et 19 clean sheets. 28 buts encaissés seulement (soit un de moins que Man City). Contre 38 pris par Liverpool. Les Reds terminaient alors à la 4e place. Preuve que si Mourinho a demandé de nouveaux défenseurs c’est parce que son arrière garde avait baissé en régime. Notamment à cause des blessures de l’ivoirien et du suédois. Ce qui est assez normal dans ce sport de contact. C’est le haut niveau. Celui qui ne répond pas présent doit pouvoir être remplacé.

Sauf que quand tu t’appelles José Mourinho, tu n’as pas droit à l’erreur. Tu dois gagner tous tes matches 8-0. Tes joueurs doivent sauter dans tes bras à chaque but, toujours être au top et ne doivent jamais se blesser. Une exigence particulière qui dénote un constat triste. Celui  qui démontre  à quel point le monde médiatique est versatile. Ses vérités s’écrivent au faciès. Et la face du Special One est celle qu’il préfère le moins. Aussi, ce retour en force sur le dos du portugais signifie une chose : il arrive. Le sabotage de son oeuvre a commencé.

Il y a quelques jours, José Mourinho affirmait avec beaucoup d’émotion  que le football lui manque. Ses détracteurs sautaient alors sur l’occasion pour l’humilier. Qu’est-ce qu’il y a de mal à couler des larmes ? Existe-t-il une personne qui ne l’a jamais fait ? On ne se le demande pas. Le problème c’est Mourinho. Il fallait qu’il parte de Manchester et c’est tout. Au lieu de penser à construire une équipe, on a combattu un homme. Un manager remplacé par un autre : le début d’un regret inavoué…

Sir Alex par nbostanova – Pixabay CC0

Nostalgies…

Qui regrette cependant ? Solskjaer ? Manchester ? Les deux ? On ne le saura certainement jamais. Faire ce cadeau à une personne qu’on a mise à la porte de façon méprisante : non ! 4 matches, une victoire, une défaite, 2 matches nuls : Solskjaer nous rappelle l’ère Ferguson cette saison. Non pas celles où les Red Devils avaient fini deux fois 11e (1987 et 1989) et 13e (1990). Mais bien celle où ils enchaînaient les victoires avec classe.

Les supporters sont contents de revivre cette belle époque. Cet instant magique où derrière le mauvais travail de José, le Zidane de Manchester a enchaîné 9 victoires sur ses 10 premiers matches. Avant de « rejoindre Cardiff ».

City of Cardiff

Cardiff – Manchester United (1-5), c’était l’affiche du premier match de Solskjaer à la tête de United. L’ancien pensionnaire du Molde FK punissait ainsi la première équipe qu’il a entraînée en Premier League. Un club où il n’a pas laissé des traces mémorables. Pourtant son arrivée en 2014 a suscité un réel engouement. Double champion de Norvège, le remplaçant de Malky Mackay semblait avoir les épaules solides pour supporter la pression. Le club joue la relégation et compte sur son Super Sub pour éviter la Championship. Bilan : 18 matches, 3 victoires, 3 matches nuls, 12 défaites. Position 20e.

Quoique, ce n’est toujours pas de sa faute. Cardiff de retour en D2 Anglaise, il est naturellement conforté à la tête du club. Une reconduction qui lui permet d’améliorer son ratio. Bilan : 7 matches, 3 défaites, 2 nuls, 2 victoires. « Baby-face killer » est saqué en septembre 2014 laissant l’écurie galloise à la 17e place de la ligue (sur 24).

Il retourne à Molde FK. Remporte la Coupe de Norvège. Et revient à Manchester United substituer Mourinho. Molde, Premier League, seconde partie de saison, engouement, dégringolade : le cycle semble reprendre. Depuis la fin de sa bonne série. Depuis la défaite à Old Trafford 0-2 contre le PSG, Solskjaer a joué 24 matches officiels. Soient 9 victoires, 5 matches nuls et 10 défaites. Son équipe est actuellement 8e de Premier League.

Attention au cauchemar

Meilleur entraîneur de l’après Ferguson, Mourinho était considéré comme indigne du Théâtre des Rêves. Limogé, les louanges ont vite couvert son successeur norvégien. Heureusement car personne ne pourra plus dire que c’est à cause de lui que Manchester ne gagne plus. On se rend même compte aujourd’hui que tout ce qu’il disait était vrai. Notamment sur Pogba. Le champion du monde qui a tout fait pour mettre José sur la touche, ne fait rien pour conforter Olé. Il met toujours autant son équipe en difficulté et fragilise un effectif plus que diminué.

On a l’impression que le mercato de Manchester a été fait pour blesser le Happy One. Les départs de Fellaini, Herrera, Smalling et Lukaku ; Matic sur le banc. L’arrivée de Maguire (réclamé par Mourinho) et le « pouvoir » aux jeunes sont des signes qui montrent bien que le lusophone semble visé. Sauf que ce n’est pas contre lui que Man U va jouer. C’est contre des équipes du meilleur championnat au monde. Des clubs qui se sont très bien renforcés durant ce marché des transferts. Everton, Wolverhampton, Leicester, West Ham, Newcastle ne joueront pas le titre avec Man City, Liverpool, Tottenham voire Arsenal. Mais risquent de ne pas trembler devant le Manchester de Daniel James. Ce collectif que le natif de Kristiansund a édifié, est bien parti pour jouer la relégation.