Didier Drogba, l’Afrique, le football et le développement

Article : Didier Drogba, l’Afrique, le football et le développement
20 juillet 2020

Didier Drogba, l’Afrique, le football et le développement

C’est officiel ! Didier Drogba ne sera pas le prochain président de la Fédération Ivoirienne de Football. La succession d’Augustin Sidy Diallo se jouera entre son vice-président Idriss Diallo et le président de la Ligue, Sory Diabaté. Un panel surprenant qui pose encore le problème de la réelle volonté des africains de développer leur football.

Le secret des urnes

Drogba avait besoin d’un seul parrainage pour poursuivre sa montée vers les sommets : il n’en aura aucun. Sur les 5 groupes élus pour avaliser les candidats, aucun n’a vu en Didier Yves un potentiel dirigeant. L’Association des Footballeurs Ivoiriens, l’Association des Anciens Joueurs, l’Amicale des Entraîneurs, l’Amicale des Arbitres et l’Amicale des Médecins n’ont pas jugé nécessaire de parrainer le premier Ballon d’or Ivoirien.

Drogba et les siens

Comment est-ce possible ? 786 matches, 363 buts (dont 66 en équipe nationale) et 111 passes décisives. Double Ballon d’or Africain, Onze d’or, Golden Foot, double Talent d’or Africain, quadruple Lion d’or Africain, meilleur joueur de l’histoire de Chelsea etc. Comment un tel CV n’a pas trouvé gré devant les footballeurs, anciens joueurs et entraîneurs Ivoiriens ? Yaya Touré :

« Des joueurs ivoiriens évoluant en Europe s’inquiètent de la situation actuelle et ne comprennent pas pourquoi l’Afi ne semble pas vouloir donner son parrainage à Didier Drogba »

Drogba « l’incapable »

Certains diront comme Boga Sivori qu’il n’est pas patriote : l’Abidjanais de naissance qui a tenu à présenter son Ballon d’or en zone rebelle, sa nation divisée. Quand d’autres ajouteront qu’il n’a pas assez d’expérience pour mener le football ivoirien : lui l’ancien international et capitaine des Éléphants. Comme pour dire d’un docteur en Physique qu’il ne peut diriger une institution de Physique, à cause d’un manque d’expérience…

Drogba « l’influenceur »

Le football africain connaît beaucoup de problèmes de gestion. Des championnats aux équipes nationales, le moral n’est pas toujours au beau fixe. On rêve de fédérations gérées comme les autres confédérations et lorsque l’occasion se présente, on l’évite.

Le Ballon Rond aujourd’hui carbure à la publicité. Il suffit d’avoir la bonne personne pour attirer les capitaux : et le premier buteur Ivoirien en Coupe du Monde pouvait être cette personne. Par le magazine américain Time, ce membre des 100 hommes les plus influents au monde en 2010, a porté comme personne son pays sur la scène internationale.

S’il a pu déplacer José Mourinho et Roman Abramovitch au Stade Félix Houphouet Boigny, c’est qu’il peut faire bien plus. Le technicien Portugais et le milliardaire Russe pouvaient rester en Europe et aller voir jouer Schevchenko ou Frank Lampard : ils ont préféré assister à Côte d’Ivoire – Cameroun. Pourquoi ? Parce que Tito est un homme d’exception.

Drogba face au développement africain

Au moment où à travers le monde les statues de ceux qui ont brisé l’Homme Noir sont déboulonnées, le football ivoirien recale son plus grand symbole. Les élections achevées, les citoyens de ce soccer « n’auront donc plus » le droit de se plaindre. Si rien ne change, ils n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes. On ne saura jamais ce qu’aurait pu être la FIF avec Drogba. Mais ce dont on est sûr cependant, c’est qu’elle se serait développée sous la férule d’un spécialiste du Sport Roi qui a tant fait pour son terroir.

Par conséquent si les plaintes persistent, ce ne sera pas de la faute du racisme ou de quoi que ce soit de similaire. Ce sera simplement parce que les africains auront encore écarté cette jeunesse talentueuse, garante d’un avenir radieux. Drogba a refusé l’Équipe de France pour la Côte d’Ivoire et le voilà remercié. Quand il sera récupéré par Chelsea ou une autre institution européenne, on criera au scandale. Et pourtant ce n’est que suite logique…

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