Zinedine Zidane – Gareth Bale : Mots pour maux

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Le Real Madrid amorce une nouvelle ère de Galactiques. Jovic, Eder Militao, Rodrygo, Ferland Mendy, l’arrivée d’Eden Hazard cacherait ainsi celle d’une ou deux autres stars. Parmi elles, Paul Pogba probablement. Le Mancunien serait ardemment désiré par Zinedine Zidane. Une ambition qui semble-t-il aurait forcé le technicien à pousser Gareth Bale dehors… en direct.

Unhappy End

Zinédine Zidane :

« Bale  a  été  laissé  de  côté  parce  que  Madrid  tente  de  le  vendre.  S’il  peut  s’en  aller  demain, c’est  mieux.  Il  n’y  a  rien  de  personnel,  je  n’ai  rien  contre  Bale,  mais  je  prends  des décisions, il arrive un moment où il est temps de changer, son départ serait mieux pour tout le monde, aussi pour le joueur, qui connaît la situation »

Des mots qui n’ont du tout pas plu à l’agent de Gareth Bale Jonathan Barnett. Lequel n’a pas hésité à le lui faire savoir :

« Nous travaillons sur le transfert. Les commentaires de Zidane sont une honte, il ne montre aucun respect  pour  un  joueur  qui  a  tant  fait  pour  le  Real  Madrid  »

Et Zidane de lui répondre :

« Je vais essayer d’être très clair à propos de Gareth. Tout d’abord, je n’ai manqué de respect à personne et encore moins à un joueur, car j’ai toujours dit la même chose, les joueurs sont la chose la plus importante. S’il y a un joueur ici alors je suis avec lui. Deuxièmement, j’ai dit que le club essayait de trouver une issue pour Gareth. Troisièmement, et c’est le plus important, Gareth ne s’est pas changé pour le match l’autre jour parce qu’il ne le voulait pas, rien de plus. Le club essaye de le vendre. Maintenant nous revenons à la même chose. Bale est un joueur de Madrid et il s’entraînera normalement aujourd’hui. Nous verrons ce qu’il se passera demain. Je ne sais rien de nouveau à propos de l’opération. »

Le poids des mots

Certes l’ancien des Spurs n’a pas voulu jouer face au Bayern. Toutefois, l’intervention de son coach n’a jamais mentionné ce fait. Elle s’est directement attaquée à l’attaquant et la réaction n’a pas tardé. Il y’a certainement eu dans ces propos des jugements de valeur inadaptés envers un tel joueur. Aussi, dire que les premiers termes employés par Zidane sur Gareth Bale étaient appropriés, c’est mentir. 102 buts en 231 apparitions, Gareth Bale n’est peut-être pas un exemple sur le plan de l’hygiène de vie (encore faut-il le prouver). Mais sur le plan comportemental, son attitude envers ses coéquipiers et son entraîneur est une imperfection plus que louable. S’attaquer ainsi à un joueur discipliné qui ne parle jamais, c’est sûrement assez déplacé.

GB a quand même permis à Zidane de remporter sa dernière Ligue des Champions. Un doublé : deux magnifiques réalisations et voilà qu’il est remercié. Auteur de 3 buts sur les 4 dernières finales remportées par la Maison Blanche, il est sorti par la petite porte : sans aucune considération. Pourtant cette domination européenne du Real a commencé à son arrivée. Et quand on sait le soutien que Zidane a apporté à un Benzema en panne, on ne peut que qualifier d’injuste le traitement subi par le gallois. Et ressasser les soupçons de partialité qui pèsent à son endroit.

La fin d’un cycle

Cependant, le football est un sport juste. Zizou, malgré son palmarès élogieux doit s’attendre au pire la saison prochaine. D’autant plus que son retour n’a répondu à aucune attente. Modric, Kroos, Ramos vieillissant. Varane en manque de challenge, après le départ de Ronaldo, celui de Bale ne rendra le Real Madrid que plus léger. Tant talentueuse que travailleuse, cette paire à elle seule est largement au-dessus  du package formé par Hazard et les autres recrues. Y compris Pogba. Champion du monde qui a plus été un problème à Manchester qu’une solution. Au même titre qu’Eden pour Sarri. Donc attention…

Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute…

CAN 2019 : Handball

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Ça aurait été trop beau pour être vrai. Une compétition de football qui se termine sans erreurs majeures d’arbitrage. Un match, une finale qui s’est encore jouée sur un fait de jeu notoire : la main de Guedioura dans la surface de réparation à l’heure jeu. Un coup de sifflet qu’aucun sénégalais n’ose réclamer haut et fort : la main de Gueye en demi-finale contre la Tunisie. Et pourtant l’arbitre Alioum avait bien montré le petit point blanc, quand la VAR l’invita à revoir sa décision…

Guedioura par Clément Bucco-Lechat – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Fausse note

Le visu dans son regard, l’officiel camerounais revient de ce pas sur son choix et annule le tir au but. Pourtant le ralenti montre bien le milieu défensif désireux de détourner la balle du bras. Une intentionnalité indubitable : un geste qu’il répètera en toute fin de match. D’un « smash » l’algérien occasionnera le dernier coup-franc de la partie et de la CAN. Comme quoi, les mauvaises habitudes ont la peau dure…

Coups de main

Le football refuse de se débarrasser de ses tares et en semblent même fier. Le ballon rond est la seule sphère sportive où on se vante encore de ne pas siffler une faute avérée. Certaines d’entre elles sont mêmes déifiées : la main de dieu. Le premier but de Maradona en 1986 contre l’Angleterre : une tricherie célébrée. Un exemple pour Messi, qui imitera Diégo en Liga avec entrain : la duperie revalorisée et portée en triomphe…

Justice rendue

C’est quand même bizarre qu’on soit encore à débattre sur un ballon freiné par une main décollée du corps, qui annule une occasion réelle de but. Autant faire comme dans le jeu FIFA : aller dans les paramètres et décocher l’option qui permet à l’arbitre de sanctionner les fautes de mains. Ou mieux encore : enlever la vidéo pour cesser de décrédibiliser les hommes en noir. Si on est incapable d’interpréter ce genre d’action dans le FOOT moderne, ça ne sert à rien de continuer.

Portugal – France à l’Euro 2000 ; Argentine – Nigeria et France – Croatie en Russie… si on a sifflé pénalty pour les Green Eagles (surnom du Nigeria) en demi-finale contre l’Algérie, c’est qu’on aurait dû le faire pour les tunisiens face aux sénégalais et pour les sénégalais en finale. Les décisions arbitrales doivent mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Dans le cas contraire, le football se fera un plaisir de rendre justice. Un plaisir pas toujours partagé… La preuve : les Lions de la Terranga ont été défaits comme ils ont défait les Aigles de Carthage. C’est-à-dire à cause d’un pénalty valable non-sifflé. Équilibre !

Sadio Mané : Ballon d’or…

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Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute, dit un proverbe. Probablement africain étant donné qu’on parle d’un sénégalais. D’un africain qui vient de perdre une finale de coupe d’Afrique. Gros chagrin, double peine pour ce peuple convaincu de disposer d’une foudre de guerre comme sélection. Les favoris ont encore été dévorés. Pas par des Lions Indomptables mais par des Fennecs insatiables, carnivores à l’occasion. C’est triste à dire mais le Sénégal a joué un match amical, l’Algérie une finale…

Sadio Mané par Екатерина Лаут – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cryptonite

Une finale de Coupe d’Afrique. On ne la joue pas on la gagne et les Lions de la Terranga auraient dû le comprendre. On parle de domination, de beau jeu : des mots vains dans les oreilles d’un compétiteur. Bounedjah et boom le Sénégal est K.O à la 2e minute de jeu. Sur les traces du « chinois » Ighalo, meilleur buteur de la CAN : un « qatari ». Auteur de 44 réalisations en 27 matches cette année, le coéquipier de Xavi a démontré qu’il n’y a pas de destination exotique dans le football. Un but, son deuxième : une frappe contrée qui aurait dû forcer Alfred Gomis à se déchirer pour la détourner : pour sa nation. Benlamri a laissé son sang sur la pelouse : le portier de SPAL a accepté d’être battu et son équipe a été battue.

Score final 1-0. Le Sénégal a bien joué et puis quoi ? Alger rit pour reprendre l’Alger-roi Médine. Sous ce maillot de la même couleur verte que le métal capable de plier Superman en deux, DKR pleure. Dommage que Kouyaté et les siens n’aient pas compris que bien faire les choses ne sert à rien quand c’est la défaite qui se profile à l’horizon. On ne joue pas pour jouer. On joue pour gagner. Parler ne suffit pas : il faut agir. Super Mané a fait un très bon match, mais pas celui qu’il fallait. Sur la dernière action par exemple. Sur ce coup-franc légèrement excentré pour son pied droit, le « Onze d’or 2019 » aurait dû prendre ses responsabilités. S’inspirer de Mahrez face au Nigeria et faire le job. On parle d’une occasion en or de revenir… Hélas !

Bravo, tu as perdu…

Pousser ce ballon pour une frappe dans le mur de Salif Sané : le désaveu. Une passe qui cependant n’empêche pas la réalité de penser que le génial n°10 de Liverpool soit aujourd’hui le meilleur joueur du monde. Statut qu’il discutait avec Mo Salah jusqu’ici, sorti trop tôt. Médaille qui assurément a pesé lourd sur les prestations de son équipe. Ragaillardis par leurs talents, elle et lui semblaient convaincus que ce serait la victoire qui viendrait à eux. Sauf que le football marche dans le sens inverse. Les hommes d’Aliou Cissé se sont contentés de la finale et leurs adversaires d’une place dans l’histoire. Quoiqu’à quoi bon gagner dans ce sport moderne où on récompense les perdants.

Modric Ballon d’or, pourquoi pas Mané ? Vainqueur de la Ligue des Champions, il est le footballeur le plus accompli de cette saison. Sauf qu’il est africain. Et dans l’esprit de la majorité de ceux qui votent les premiers de la classe, les footballeurs africains manquent de classe. On sous-estime leur football pourtant Percy Tau a terrassé Salah et Belaili Mané : deux fois. Bref, une qualité qu’on ne présente plus. Aussi, si Eto’o et Drogba n’ont pas été Ballon d’or ce n’est surement pas Mané « Garrincha » qui le sera. A moins que…

Qu’il se console avec le Ballon d’or Africain. Lequel irait bien à un Algérien. Mais comme dirait Djamel Belmadi : « ça faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné en Afrique… »

CAN 2019 : L’union africaine

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Ce ne sera pas l’Egypte. Ce ne sera pas le Cameroun. Les Lions Indomptables se consoleront chez les Lionnes Indomptables du Volley-Ball, encore victorieuses (en Égypte) de leur CAN. Quand le septuple champion d’Afrique lui, ne se rassasiera certainement pas du ménage effectué dans sa fédération. Les Pharaons devront encore souffrir de voir leurs « ennemis » algériens tenter de broder une seconde étoile sur leur maillot. Aussi, ils devront passer sur les sénégalais. Lions de la Terranga qui semblent avoir perdu leur légendaire sens de l’hospitalité, le temps de neuf dizaines de minutes.

Victoire !

L’Afrique a gagnée… Sans attendre l’issue de cette finale entre l’Algérie et le Sénégal, on peut le scander. Affirmation tautologique : refrain qui vaut son pesant d’or. Il est cette expression soulignant avec joie, qu’au pays de Mo Salah, Sadio Mané et Riyad Mahrez seront rois. Une triste nouvelle pour le Pharaon, une fierté pour le Lion et le Fennec.

Malheur au perdant certes. Mais l’Afrique restera fière. Fière de compter dans sa grande famille des joueurs de ce rang. Mané, Mahrez, l’un des meilleurs joueurs du monde sera le meilleur joueur de cette CAN. Potentiel The Best, Ballon d’or France Football et Africain, le désormais meilleur joueur sénégalais de tous les temps et le meilleur joueur de PL 2016 sont sûrs d’écrire une page historique. Un script mythique pour l’histoire du football africain, Aliou Cissé et Djamel Belmadi tous deux Africains.

Une tactique revalorisée

Un subsaharien, un maghrébin : l’union africaine dans son élément. Un au sud, l’autre au nord, la coupe d’Afrique des nations se jouera entre deux tacticiens « frères ». Un affrontement mué en rencontre Fair-Play : deux cultures en intelligence. Un exemple, une nouvelle preuve qu’il y’a sur ce continent des techniciens capables de faire dans l’excellence.

Le sénégalais et l’algérien ont montré qu’ils peuvent se mettre au niveau des européens et autres. Deux équipes qui se sont tant cherchées… Qui se sont retrouvées lorsqu’elles sont restées à leurs places. Elles ont fait avec ceux qu’elles avaient : elles ont avancé. L’identité, un remake culturel de la finale de 2017 : une petite touche en plus. Le banc reconsidéré, Hector Cuper et Hugo Broos ont été honorablement substitués. Une grande victoire pour cette Afrique tant mésestimée, tourbillonnée par ces nombreuses incongruités. La qualité au rendez-vous, grâce au football la sagesse africaine regagne du terrain.

Une victoire est une victoire

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Le Bénin est aux anges. Après avoir passé le premier tour de la CAN pour la première fois, ils viennent d’éliminer le Maroc. Les écureuils à 10 contre 11, se qualifient ainsi pour les quarts de finale après une séance fatidique de tirs aux buts. 1-1 durant le temps réglementaire, 4-1 aux pénaltys…

Children par sasint – Pixabay CC0

Un but parmi tant d’autres

Un résultat qui ne résonne pas de la même manière sans toutes les oreilles. Si pour les marocains et notamment Ziyech (qui a raté un pénalty en fin de match) la cause est entendue, pour d’autres le Bénin n’a pas gagné. D’après eux le compteur de victoires des hommes de Dussuyer à la CAN reste bloqué à zéro. Le succès aux tirs aux buts ne compterait pas…

Pourtant les règles du football sont claires. Si lors d’un match à élimination directe, deux équipes n’arrivent pas à se départager, elles vont en prolongation. Si tel n’est toujours pas le cas, elles vont aux pénaltys. Et le vainqueur de cette séance est déclarée vainqueur du match. Tous les matches remportés aux tirs aux buts sont donc des victoires : c’est le football qui le dit… En huitième, en quart, en demi, en finale, seule la victoire donne la victoire.

Au-delà des limites

Aussi inféoder un triomphe aux t-a-b à un match nul c’est faire mentir les statistiques et réduire la valeur de l’équipe victorieuse. Les coups de pieds arrêtés font intégralement partie du jeu. Les spécialistes dans le genre sont des éléments très prisés dans le monde du sport roi. Cette capacité de transformation leur donne un crédit qui les distingue forcément des autres et souvent les place audessus. Les grands joueurs sont souvent ceux qui excellent dans ce domaine : une activité propre aux grandes équipes. Plus que le grand joueur qui rate toujours son pénalty, ne dit-on pas qu’une grande équipe est forte sur les coups de pieds arrêtés ?

Pourquoi donc réduire la séance des tirs aux buts à un jeu de hasard, quand le hasard n’a pas de spécialistes ? S’avancer pour frapper un pénalty demande des qualités physiques, mentales et techniques peu ordinaires. Des élus, ces tireurs portent des responsabilités énormes sur leur dos. Une victoire aux tirs aux buts est une preuve tangible de supériorité. Et ce, à tous les niveaux. Elle est souvent la froide traduction d’une domination qui tarde à se concrétiser. Si vous vous ratez aux t-a-b ce n’est pas à cause de la malchance. C’est simplement parce que vous n’y étiez pas bien préparé. Voilà tout…

Lionel Messi et ses buts qui ne servent à rien

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Le 2 juillet, l’Argentine est tombée dans le dernier carré de la Copa America. Les Albiceleste ont été défaits 2-0 par leur meilleur ennemi brésilien. Un nouvel échec qui n’a pas laissé le monde du football indifférent. Pourquoi ? Leur icône Lionel Messi n’a toujours pas mené sa nation vers un succès international majeur. Avec 671 buts en carrière, comment est-ce possible ? Comment un joueur titulaire d’une moyenne de quasiment 40 buts par saison est-il incapable d’en marquer un au moment où il est le plus attendu ?

Messi en 2007 à la Copa América par nica* from Caracas, Venezuela – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Paroles de sage

Il y a quelques jours, l’entraîneur retraité Louis Van Gaal accusait Messi d’être à l’origine des récents échecs du FC Barcelone. Le technicien qui a lancé Andrès Iniesta déclarait alors :

« Je pense qu’il n’y a rien de plus important qu’un joueur d’équipe. Le Barça souffre de ça. Je pense que Messi devrait se demander comment il est possible qu’il soit resté si longtemps sans gagner une Ligue des Champions. Regardez Barcelone. Combien de Ligues des champions ont-ils gagnées avec celui que tout le monde estime comme le meilleur joueur du monde ? Regardez Neymar au PSG, combien de Ligues des champions a-t-il gagné ? »

Le hollandais ajoutait :

« C’est le meilleur joueur individuel au monde parce que ses statistiques sont incroyables. Mais pourquoi n’a-t-il pas remporté de Ligue des champions depuis cinq ans ? En tant que capitaine, vous devez vous demander pourquoi l’équipe ne gagne plus en Europe. Je pense que Messi est également responsable de ce qui se passe à Barcelone, pas seulement l’entraîneur. Ils ont une équipe de 30 joueurs et je pense que Messi devrait s’adapter à l’équipe, et non l’inverse. »

Mots pour maux

Cette réalité est partagée par l’équipe nationale d’Argentine. Plus attristé que celui du Barça, le peuple de Maradona ne sait plus quoi penser de son capitaine. On leur dit tout le temps que c’est le meilleur joueur de tous les temps et jamais ils ne l’ont ressenti. Projeté au-dessus de Diego : on le compare à Pelé…

On parle de la quantité de ses buts, omettant que la légende de Pelé n’est nullement liée à ses 1000 buts et plus. S’il reste le meilleur de l’histoire, c’est plus pour l’importance de ses buts que pour le nombre. Grâce à eux, il a remporté 3 coupes du monde (sur 4 jouées) avant l’âge de 30 ans. Messi en a 32 aujourd’hui et toujours rien…

1958, Brésil – Pays de Galles, le premier but que Pelé marque en coupe du monde est le but unique d’un quart de finale. Il enchaîne avec un triplé en demi-finale contre la France. Score final 5-2. Puis un doublé en finale contre la Suède, encore et toujours cette année du premier sacre jaune et vert à un mondial. Score final 5-2. Bilan : 6 buts pour les trois premiers matches d’un joueur de 17 ans en coupe du monde. Messi en a joué 4, il n’a jamais marqué au second tour…

Pelé par Panini – Wikipedia (Domaine Public)

Inutilement vôtre

C’est bien d’être ovationné par le public du Bétis de Séville pour un triplé. Toutefois, lorsqu’on est propriétaire de 5 Ballons d’or et 6 Souliers d’or, c’est insuffisant. Cristiano Ronaldo a remporté l’Euro 2016 et la Ligue des nations 2019 avec la sélection portugaise. Lui aussi n’a pas encore marqué après la phase de poules d’un mondial, sans cependant regretter quoique ce soit.

Un grand joueur est attendu lors des grands matches. Les deux dernières compétitions internationales jouées par le meilleur buteur de l’histoire de la Liga l’ont vu marquer à deux reprises. En Russie (2018) contre le Nigeria et au Brésil (2019) contre le Paraguay. La seule fois où Messi a marqué au second tour d’une compétition internationale avec l’Argentine, c’était lors du Centenario. Tournoi improvisé par la CONMEBOL, célébrant le centenaire de la Copa América. « Champ de bataille » où le meilleur buteur argentin de l’histoire devait tomber en finale contre le Chili, ratant son tir au but.

Ce jour-là, ses larmes n’avaient échappé à personne. Le malheureux finaliste du Mondial 2014 se heurtait à une équipe que ses coéquipiers avait battue au premier tour sans lui, laissé au repos. Que dire ? Ça fait trois finales perdues d’affilée. N’allons surtout pas penser tel que lui en disant que l’arbitrage est la cause de cet échec. Lionel Messi :

« Je crois que nous avons fait un grand match, de gros efforts. On ne méritait pas ce résultat-là, ils n’ont jamais été supérieurs à nous. Ils ont de la réussite sur le premier but. Ils inscrivent le deuxième sur un contre (…) Ce but intervient alors qu’on nous a oublié un penalty au début de l’action. Il y a aussi le penalty sur Nicolas Otamendi (…) Ils se sont fatigués pour siffler des penaltys discutables. Et aujourd’hui, ils n’ont même pas été voir la VAR. C’est incroyable. Ça a été comme ça pendant tout le match. Au moindre contact, il y avait faute pour eux. On a pris des cartons, eux non. Ça te sort un peu du match. Tu te dis que l’arbitre n’est pas juste, tu sors du match (…) Ce n’est pas une excuse. J’espère que la COMNEBOL fera quelque chose pour ce genre d’arbitrage parce qu’on a tout donné pour gagner. Mais je pense que c’est compliqué parce que le Brésil contrôle tout. On n’a rien à se reprocher »

On rappelle quand même que s’il y a un joueur qui « ne doit pas » se plaindre des coups de sifflets, c’est bien Messi. Il oublie qu’avant la récente coupe du monde, il a écopé de 4 matches de suspension… disparus aussitôt. Que pendant cette phase finale, son équipe fût sauvée du naufrage par un penalty refusé au Nigeria. Le natif de Rosario sait pertinemment que cette place en demi-finale, il la doit aux invités qataris qu’ils ont battu 2-0. Et à un Venezuela méconnaissable en quart, éliminé sur le même score. Après la déconvenue d’entrée face à la Colombie 2-0 et le nul chanceux contre le Paraguay 1-1 où (le portier Armani stoppe un penalty) plus personne n’attendait les Bleus et Ciel à ce niveau. Le problème de Messi et de l’Argentine n’a rien à voir avec le football. C’est l’histoire d’un joueur au-dessus d’une institution…