FC Barcelone : Mourinho a un nouveau prétendant

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Malgré une fantastique saison, le FC Barcelone ne remportera pas la Ligue des Champions. La faute à un Liverpool renversant. Une équipe des Reds battue 3-0 à l’aller, victorieuse 4-0 à Anfield au retour. Couac qui naturellement dans une telle écurie, crée la polémique sur les réelles valeurs de certains cadres. Et comme le roi Messi est intouchable, les regards se tournent forcément vers la touche. Ernesto Valverde est montré du doigt et déposé sur un siège éjectable. Une nouvelle place de libérée pour le Portugais José Mourinho…

José Mourinho par Steindy – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Victime de sa mode

Le 8 Mars 2017, le Barça est devenu le premier club de l’histoire de la Ligue des Champions à se qualifier après avoir perdu 4-0 à l’aller. Les Blaugrana de Luis Enrique humiliaient alors le PSG 6-1 à domicile pour piètrement tomber en quart de finale face à la Juventus. 3-0 à l’aller, 0-0 au retour, les Catalans entamaient ainsi une « Dégringolada » en C1 qui devait porter le sceau de leur « propre création » : la Remontada. Liverpool succède à la Roma et les champions d’Espagne sombrent dans le déni.

Redmontada, Romantanda, l’histoire prend une autre tournure et remet en question la qualité tactique d’un entraîneur qui au final, n’a rien montré sur la scène internationale. On dit que les grandes équipes ne perdent pas deux fois de suite : son FCB a perdu deux fois de suite après avoir gagné au match aller sur trois buts d’écart. C’est suffisant pour être débarqué d’une telle institution.

Il y’a quelques jours, Xavi déclarait : « le Barça doit à nouveau dominer les matches. » En fait ce que l’ancien capitaine des Alzugrana voulait dire, c’est que le Barça doit revenir sur le toit de l’Europe. Son club de cœur domine les rencontres : mais sur la péninsule Ibérique. José Mourinho, en parlant de Messi (donc du Barça) :

« Pour être le meilleur, il faut être un winner, pas seulement un top-player. Il n’est pas possible d’être le meilleur sans gagner des grandes choses. C’est fondamental (…) Je doute donc que Messi mérite le Ballon d’Or. On pensait tous qu’il était de retour, mais il a encore échoué en Ligue des Champions. Pour être le meilleur, il faut gagner. »

Lionel Messi par Laia – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Un choix logique

Qui pour gagner dans ce cas ? Pour dire à Messi ce qu’il ne veut pas entendre ? Pour prendre la place de l’ancien technicien de l’Athletic Bilbao ? On sait que le Barça aime ceux qui ont travaillé pour la « Maison ». Les anciens du club sont particulièrement appréciés chez le géant vêtu de Bleu et Grenat. Guardiola, Luis Enrique, Valverde, le Special One ? Une option judicieuse ce serait en tout cas. En plus d’y avoir travaillé aux côtés de feu Bobby Robson, le lusophone a le profil idéal pour rallumer la flamme de la victoire suprême dans ce club. Cette équipe qui l’a adopté dans ces débuts. Cet adversaire qui a nourri sa notoriété. Une formation qui son identité perdue, se transforme de plus en plus en équipe d’Argentine moderne.

On nomme les entraineurs qui font plaisir à Messi et pendant ce temps l’équipe n’évolue pas. Etre titulaire ne se résume plus à la performance sportive mais à la proximité avec La Pulga en dehors du terrain. La présence d’Iniesta a longtemps caché ce fait, mais aujourd’hui c’est trop flagrant. Le Barça est nécessiteux d’un coach de caractère. Un homme capable de mettre fin à cette attitude nonchalante sur la pelouse. José Mourinho, évoquant le quatrième but de Liverpool contre Barcelone en demi-finale retour de Ligue des champions :

« Si cela arrive dans un match de U14 ou de U15, on pourrait se dire: ‘Les gamins sont en train de dormir, ils n’ont pas la mentalité pour jouer au football, ils doivent apprendre les bases du jeu’. Mais on parle des meilleurs joueurs du monde, et le fait de concéder ce but veut tout dire au niveau de leur état d’esprit. »

Neymar face à Piqué par Danilo Borges/Portal da Copa – Wikipedia CC BY 3.0 BR

Le bouquet et le piquet

Dans sa marche impériale sur le terrain (pendant que ses coéquipiers défendent), le quintuple Ballon d’or est accompagné par une paire toute aussi prestigieuse. Le problème c’est qu’elle est à vocation défensive : Busquets et Piqué. Ces deux joueurs sont la preuve qu’il y a énormément d’injustice dans le très fameux football moderne.

De nos jours, ceux qui jouent ne le méritent pas toujours. Ça fait longtemps que les dossards 5 et 3 de Barcelone devraient être sortis des starting lineups. Ils ont suffisamment montré leurs limites sur la pelouse.

Busquets n’est clairement pas un bon numéro 6. Il a juste été entouré de milieux aussi complets que talentueux. Xavi, Iniesta, ou encore Xabi Alonso (en sélection) étaient les arbres qui cachaient sa forêt de défauts. Maintenant que son équipe a fortement besoin de lui, d’un vrai récupérateur, ils ressortent royalement.

Idem pour Gerard Piqué. Pour le passer, il suffit de le fixer. Les performances du conjoint de Shakira font chanter la défense Barcelonaise. Ses partenaires dans l’axe sont obligés de faire un double boulot, tant il est absent. Lui également a eu la « chance » de partager l’axe avec des défenseurs de grande classe. Puyol, Sergio Ramos et les autres ont longtemps couvert ses lacunes : ce n’est plus possible. Les tacticiens à la merci de Messi et de ses acolytes doivent laisser la place aux véritables entraineurs. Si Valverde avait remporté la Ligue des Champions à la place de Klopp ou Pocchetino, ça aurait été injuste. Le football récompense le travail. Les « mecs sympas » n’ont plus leurs places au Camp Nou. José Mourinho :

« La vraie innovation, ce n’est pas la technologie. Tu peux avoir le dernier drone, les derniers GPS, ce qui fait la vraie différence, c’est ce qu’on appelle le ‘know how’ [‘savoir comment faire’]. Beaucoup d’entraîneurs se cachent derrière la technologie, l’innovation, mais le vrai secret n’ est pas là. Quand je travaille, tous les jours je pense : entraînement de qualité. Avoir un entraînement de haut niveau, c’est un droit que les joueurs ont. C’est mon devoir envers les joueurs de le leur donner tous les jours. Une règle d’or. Il y a quelques jours, j’ai entendu un joueur parler de son coach : ‘Mon entraîneur, c’est un bon mec, un mec sympa, il a un grand cœur, c’est un homme fantastique. ‘Mais il ne dit jamais que son entraîneur est un grand entraîneur. Mais que veux-tu que les joueurs disent de toi ? Que tu es un grand entraîneur. La base, c’est ce que tu fais sur le terrain. L’essence de notre métier, la passion, elle est là, sur le terrain. C’est là que tu dois faire la différence. C’est la magie de ce terme : qu’est-ce que fait un entraîneur ? Il entraîne. »  

Ernesto Valverde par Богдан Заяц – Wikipedia CC BY-SA 3.0