Une journée en enfer

Par défaut

La Cathédrale Notre-Dame en feu, le monde a pu contempler le milliardième de ce que peut-être la colère de Dieu. Celui qui a un peu de jugeote a dû comprendre que le problème n’a rien à voir avec une mauvaise manipulation. Sur cette terre où la Foi fait l’objet de railleries, la déception qui a envahi leurs cœurs mime plus l’idolâtrie que la crainte du Créateur. Des pierres on pleure devant des hommes qui meurent. Le Sri-lanka, le Mozambique, les Gilets Jaunes… des centaines de millions d’euros tombent pour mieux les ignorer. Mais que faire, si ce n’est observer Paris perdre son âme. Deux trophées sur cinq possibles, depuis qu’ils se sont moqués de Choupo-Moting, le club de la capitale a entamé sa descente aux enfers.

Les Pompiers par Skeeze – Pixabay CC0

Aime ton prochain comme toi-même

Du début à la fin, c’est la suite logique de toute entité. Qui que vous soyez, votre existence est liée à cette courbe « droite ». Même le Paris SG version QSI qui semblait si dominateur en France, vient vraisemblablement de toucher le fond. L’escouade de Thomas Tuchel a appris à ses dépens qu’il faut respecter son adversaire avant de le battre. Eliminé par Guingamp en Coupe de la Ligue, botté en touche par le Manchester de Tahith Chong en Ligue des Champions, le PSG vient encore de tomber face à Rennes après avoir mené 2-0 et été malmené par le LOSC 5-1. Son dauphin « enragé », a ainsi enclenché une démystification domestique de son image. Une chute qui s’est poursuivi à Nantes avec une défaite 3-2. Et reposé à domicile face à Monaco, le temps d’un titre tristement fêté. Triplé de Mbappé, victoire 3-1 contre un club de la Principauté qui n’a pas su profiter des défaillances de son adversaire.

Elles étaient pourtant assez visibles. Choupo n’était plus là pour recevoir les critiques qui étaient destinées à son équipe. Meunier l’a valablement substitué. Son CSC qui ouvre le score à Lille, a juste rappelé à tous que l’erreur est humaine. Ce qui est arrivé à MCM 17 – est arrivé à Kimpembé contre Man U et Rennes – peut arriver à tout le monde. Sur le second but Croate en finale du Mondial, Lloris a commis une erreur légendaire qui aurait pu être fatale à sa sélection. Parle-t-on d’une Lloris ? Il n’était pourtant pas à sa première « Arconada ». On pense à son « slalom » contre la Suède lors des éliminatoires de la Coupe du Monde Russe. Choix intrigant qui a conduit les Bleus à une défaite 2-1. Et failli priver la France de sa seconde étoile…

Statue représentant la Justice par Morgan4uall – Pixabay CC0

Juste Ciel

Personne n’est à l’abri de jouer un sal tour à ses coéquipiers. Lorsqu’on fait d’un Etre en erreur un sujet d’humiliation : on devient ridicule. Et c’est ce que Paris est devenu après le match nul contre Strasbourg : ridicule. On a dit que le capitaine des Lions Indomptables n’avait pas le niveau pour jouer en Ligue 1 : quelques jours après ceux qui l’avaient se sont pris une raclée historique… en Ligue 1. La pire défaite du club depuis un autre 5-1. C’était à Sedan et le Camerounais Pius Ndiefi avait inscrit un triplé ce jour-là.

Le football est un sport juste. Le PSG était convaincu que les compétitions locales leur appartenaient. Ils ont méprisé leur victoire en championnat (un titre majeur) : ils sont passés devant la Coupe de France. Un échec marqué par un énième mépris à l’endroit de Cavani, la sortie inexplicable de Di Maria, le geste gratuit de Mbappé sur Da Silva (carton rouge justifié) et la droite de Neymar à un supporter rennais. Un coup de poing, un geste odieux défendu par Pierre Ménès sur le plateau du Canal Football Club. Lequel PM qui s’est toujours montré très violent envers Choupo Moting. Ce qui est certain toutefois, c’est qu’il est totalement préférable de voir Choupo Moting manquer l’immanquable, que de voir Neymar frapper un spectateur.

Neymar à Santos par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Appelez les pompiers !

Le Christ a dit : « Si tu n’es pas fidèle dans les petites choses, qui te confiera les grandes ». Le PSG a fixé la Ligue des Champions comme objectif. Mais comment y arriver quand il méprise le tremplin qui est supposé l’y envoyé ? Monaco, Lyon, Marseille et Rennes ont brillé en Coupes d’Europe grâce des ossatures françaises. Sans âme Paris est pris. On n’accède pas au Paradis si on n’a pas les pieds sur terre. Olivier Letang, Ben Arfa… Julien Stéphan, Christophe Galtier et Thierry Laurey ont donné une leçon aux Parisiens. Avant c’était les européens qui leur infligeaient des Remontada, aujourd’hui ce sont les français. Où va Paris ?

Cavani est sur le départ, l’esprit du club entre les mains. Il rejoint Matuidi et ses « pieds carrés » dans un environnement où l’esprit « sport » est roi. « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle ». « Partir c’est mourir un peu ». L’Athlète pour le Christ (surnom de Cavani) part et Paris brûle à petit feu… L’Uruguayen vous laisse Saint-Germain et Neymar Junior « le Grand » :

« Les jeunes, ils sont un peu perdus, ils n’écoutent pas. Les anciens donnent des conseils mais ils répondent. Le coach donne des consignes mais ils répondent.»

Un joueur de 27 ans si vieux qu’il a déjà la mémoire courte :

« Pour avoir plus d’expérience, il faut plus écouter et respecter. C’est ce que je faisais quand j’étais jeune, j’essayais d’apprendre des anciens ».

Le capitaine du Brésil a oublié qu’il avait insulté son entraîneur lorsqu’il évoluait à Santos. Et humilié son aîné Cavani dès son arrivée en France. Comme quoi, tu récoltes ce que tu sèmes. A malin, malin et demi…

Zlatan Ibrahimovic à Manchester United par Ardfern – Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Rouge et noir

La MCN désintégrée, la guerre est donc déclarée. Après El Matador, Ney s’attaque ouvertement au très jeune Kylian Mbappé sans le citer. C’est plus fort que lui. Il voit surement déjà son avenir s’aligner dans son dos. Tourné vers son passé, il est certain dorénavant qu’il n’aurait pas dû quitter Barcelone pour l’argent. Car en réalité, son métier c’est quand même footballeur : pas homme d’affaires. Payé pour évoluer au haut niveau, dans l’Hexagone il a stagné. Au point de se noyer sur « Seine ». De se tromper de cibles… S’il pense pouvoir se faire virer du PSG pour le Real (par exemple) après cette déclaration ubuesque et ce « Sho-ryu-ken » mal placé : il a tiré en l’air. Les Qataris ont tout leur temps. Ils ont l’argent, le nerf de la guerre. Ils peuvent le payer jusqu’à la fin de sa carrière : à ne rien faire…

Aussi, sa cohabitation avec Donatello (surnom qu’il a donné à Mbappé) devrait finir en queue de « Peixe ». De poisson pour ne pas parler Portugais. Pour dire que la prochaine année au PSG s’annonce très chaude. Quelle grande star voudra rejoindre cet été caniculaire ? Après avoir marqué plus de 30 buts et côtoyé Pelé, Kyky le champion du monde va-t-il accepter de rester le lieutenant d’un Général à la « retraite » ? Derrière trois sorties successives en quarts, trois sorties successives en huitièmes, peut-on envisager le pire chez l’octuple champion de France les trois années qui vont suivre ? Un enchaînement cartésien semble se dessiner. Une brochette fraichement enlevée de la braise, comparable à ce constat « angoissant » : les trois équipes qui ont terni la saison de Paris, jouent en rouge et noir. C’est-à-dire l’En Avant Guingamp, Manchester United et le Stade Rennais…

Edson Mexer par Roro 352 – Wikimedia Commons CC-BY SA 4.0

Où ira Mourinho la saison prochaine ?

Par défaut

Remercié de Manchester United en janvier dernier, José Mourinho, surnommé « Special One », n’a pas perdu sa qualité de jeu. Son travail demeure apprécié dans les couloirs. Fils d’un entraîneur, il reste lui-même l’un des meilleurs entraîneurs au monde. Une qualité qui le leur évidemment populaire auprès des grosses écuries, qui cherchent à l’attirer. La concurrence s’annonçant rude, ce top 5 vous donnera un élément de réponse sur le futur transfert de l’ex-entraîneur du Real Madrid. Et ceci, de l’hypothèse la moins probable à la plus probable…

Stade Pierre Mauroy (Lille) par Walkerssk – Pixabay CC0

5 – Lille

Il y a quelques jours, Mourinho, en visite à Lille, s’intéressait au football français. Dans les tribunes du Stade Pierre-Mauroy, le Portugais était venu assister à la rencontre de Ligue 1 Lille-Montpellier. Le match nul (0-0) est passé inaperçu, les regards étaient tournés vers la superstar lusophone.

En français, il s’est exprimé sur sa présence :

« Je peux m’imaginer (entraîner) un jour en France. Je suis un homme qui a travaillé dans quatre pays différents, qui aime ça, qui aime connaître d’autres cultures. (…) J’aime apprendre tout le temps, travailler dans un autre championnat serait une expérience fantastique. (En ce moment), je suis tranquille, j’essaie de vivre le mieux possible avec la famille et les amis et travailler tranquillement pour espérer retrouver une opportunité dans le football. »

La porte n’est donc pas fermée. D’autant plus que les Lillois se rapprochent de la Ligue des Champions. Conclusion : il peut rejoindre l’actuel Dauphin de Paris comme Paris lui-même…

4 – Paris Saint-Germain

Hasard du calendrier ou non, Mourinho est arrivé en France après la défaite de Manchester United à domicile contre le PSG. Un air taquin ? Une première historique en Ligue des Champions ! Thomas Tuchel a dominé Solskjaer à Old Trafford. Une victoire façon José, avec un défenseur en milieu défensif pour empêcher Paul Pogba d’organiser le jeu. Carton rouge pour le Français et vert pour Marquinhos. Le stoppeur brésilien à la place de Pépé au Real Madrid, de Kurt Zouma et David Luiz à Chelsea, a joué un très sale tour au Théâtre des Rêves. Un roc…

Un bloc solide avec du caractère qui se projette rapidement vers l’avant : et si on parlait de JM sans le citer ? Sans oublier que Mbappé dans sa belle croissance s’est inspiré d’un portugais (Ronaldo) et a été révélé par un portugais (Jardim). Jamais deux sans trois ? Pourquoi pas. KM7 est plus explosif sur un jeu basé sur les contres. Monaco, l’équipe de France et Paris aujourd’hui en sont la preuve. Quoique Mou veuille « travailler avec des gens qu’il aime » : les qataris eux aussi… Quand en France les « Joséphiles » ne courent pas les rues. Les chocs entre les équipes françaises et le technicien ont laissé des traces indélébiles…

La curva dell’Inter in un derby del 2009 par oscar federico bodini – Wikipedia CC BY-SA 2.0

3 – L’Inter de Milan

Ineffaçable tel le passage de Mourinho chez les Interistes. Défaits ce week-end à Bologne 2-1, les hommes de Luciano Spaletti n’ont jamais autant regretté leur passé glorieux. Loin du triplé inédit de 2010, relégués en Ligue Europa, ils viennent de perdre leur troisième place en championnat. Icardi et madame son agent font le show et le club lombard s’en trouve déstabilisé. Qui mieux que le charismatique José pour remettre ces pendules à l’heure ?

Antonio Conte ? C’est aussi fort probable. L’italien se fonde également sur une méthode de gestion assez similaire à celle de son prédécesseur à Chelsea. Et même si le portugais reste le bienvenu dans « sa famille », ce poste semble destiné à l’ancien entraîneur de la Juventus. Encore que si José était à Lille, s’était pour superviser Thiago Mendes et Nicolas Pépé… L’ivoirien : un joueur appelé à partir. D’après son entraîneur Christophe Galtier, destiné à évoluer « dans une équipe qui joue tout en rouge et qui aime bien avoir des joueurs excentrés faux pied ».

Allianz Arena par daniel-sauer0 – Pixabay CC0

2 – Bayern de Munich

Un indice fort qu’est cette dernière phrase. Une véritable révélation quand on sait que le Bayern évolue tout en rouge et que sa récente gloire est le fait d’une paire de faux-pieds : Robbery. Robben à droite, Ribery à gauche, les Bavarois sont montés sur le toit du monde grâce au gaucher hollandais et au droitier français. Les deux ailiers sont notamment à l’origine du triplé historique des Allemands en 2013. Dirigés vers la sortie désormais, les trentenaires proches de la quarantaine laissent une belle place à Nicolas Pépé.

L’ancien angevin pourra alors jouer à droite pendant que Koman ou Gnarby seront sur la gauche et vice-versa. Surtout que le meilleur buteur Lillois est le footballeur « idéal » pour l’esprit de recrutement munichois. C’est-à-dire raisonnablement couteux et amplement talentueux. Idem pour l’excellent milieu central Mendes. Lequel viendrait en plus relever un Javi Martinez vieillissant.

Mais puisqu’on parle d’entraîneur, il est possible que le transfert de ces deux joueurs oppose Mourinho à un de ses éventuels employeurs. L’ancien manager Mancunien semble les vouloir et Niko Kovac retrouver la confiance de son Board. Son équipe de retour au sommet, le Croate apparaît plus que jamais armé pour poursuivre l’aventure en Bavière. Une renaissance qui réduit l’embrasure de la porte de son bureau devant José. Sans la fermer cependant, un faux-pas veillant…

Santiago Bernabeu par PatrickBlaise – Pixabay CC0

1 – Real Madrid

En effet les grandes équipes détestent chuter. Brutalement tomber face à un adversaire qui plus est un sérieux rival. Des mots faibles pour les maux que peuvent causer une défaite du Real Madrid à domicile face au FC Barcelone. La grande dépression : une succession de déceptions. Le tout en une année. Une saison résumée en trois jours et 180 minutes de folie. Deux rencontres, deux compétitions : deux équipes tellement éloignées l’une de l’autre. Les 12 points qui séparent le Barça du Real en Liga sont un euphémisme devant le réel écart de niveau entre les deux équipes. Le Real joue bien comme une équipe amateur. C’est-à-dire avec beaucoup d’envie et peu de réalisme.

Vinicius Junior a beaucoup de talent. Mais le Barça est tellement supérieur au Real qu’il n’a plus besoin de jouer pour gagner. Le Real joue, les Catalans gagnent 0-3 et annulent l’espoir du match nul de l’aller 1-1 au Camp Nou. Le Real joue, les champions en titre gagnent 0-1 après le 5-1 de l’aller et matérialisent l’idée d’une année blanche. Même la Ligue des Champions s’avère perdue au vu des prestations madrilènes. La « coupe aux longues oreilles » ne pourra donc plus satisfaire leur public très exigeant. D’où leurs cris en Coupe du Roi lors du Classico retour : « Faites revenir Mourinho ! » Un chant accompagné par un autre, ennemi cette fois : « Mais où est CR7 ? CR7, où es-tu ? »

Ils n’ont pas dit Zidane, ils n’ont pas dit Ancelotti : ils ont dit Mourinho. Pourtant l’addition Merengue des deux tacticiens c’est du très lourd. 4 Ligues des Champions contre 0 pour José pour faire court. Pourquoi donc son retour quand Zizou peut revenir comme Jardim ? Tout simplement parce que le Real que le Portugais avait rejoint en 2010 semble revivre. Ce roi qui avait Lyon pour bête noire et le Barça comme cauchemar. Ce géant aux pieds d’argile à qui Mourinho avait redonné l’envie de redevenir le meilleur club de tous les temps. Karim Benzema : « La différence entre le Real de mes débuts et celui d’aujourd’hui ? On est montés en puissance pour devenir la meilleure équipe du monde. Au départ, il y avait beaucoup de nouveaux joueurs mais, peu à peu, nous avons grandi. Cela a commencé avec l’arrivée de Mourinho, qui a mis dans nos têtes que nous avions la capacité de devenir, justement, la meilleure équipe de la planète. »

Vinicius Junior n’a donc pas de soucis à se faire. Rashford était le joueur le plus utilisé de Mourinho à Manchester. Pas Fellaini, pas Lukaku : Marcus Rashford. La pépite anglaise a changé de dimension avec le triple vainqueur de la Premier League et ce n’est pas Olé qui pourra le nier. Et comme l’entraîneur le plus titré des Blues (surnom des joueurs de Chelsea) le dit si bien : « Un mensonge répété 1000 fois reste un mensonge. » La seule chose dont Vinicius doit « se méfier » : c’est la concurrence à venir. José Mourinho : « Est-ce qu’Eden Hazard a le talent pour jouer au Real Madrid ? Bien entendu. (…) Est-ce qu’il a la personnalité pour porter le maillot mythique du Real ? Evidemment. »

La compétitivité est l’apanage de Mou. Ce dernier se plaisant à la faire jouer entre ses éléments, Eden Hazard arrive sur le flanc gauche du Brésilien avec fracas. Et ça ne peut que faire du bien au sud-américain. S’il accepte de mûrir dans l’ombre de plus fort que lui ; s’il n’attrape pas la grosse tête, il va considérablement évoluer. L’humilité lui fera un grand bien. Un grand talent certes, un petit joueur toutefois. Un jeune qui ne grandira que s’il en est bien conscient. Lucide sur ce fait que les petits grandissent et les grands déclinent quand ils n’ont pas su mûrir. Ainsi s’il le veut bien, le néo international Auriverde mûrira sous la férule de José Mourinho. Une rumeur corroborée par l’ancien président du Real Madrid Ramon Calderon : « J’ai le sentiment et encore plus. Mourinho sera assis sur le banc du Real Madrid la saison prochaine. »

Smileys Emoticones par geralt – Pixabay CC0

Un parmi tant d’autres

La venue de Mourinho à l’Inter de Milan, au Bayern ou au Real Madrid renverrait encore mieux à ce mot qui le caractérise si bien : unique. The Happy One est le seul technicien qui depuis près de 12 ans maintenant est resté dans les hautes sphères du football mondial sans jamais flancher. Inter, Real, Chelsea, United… Tous les clubs que le portugais a entraînés depuis 2007 ont remporté la Ligue des Champions au moins une fois. En d’autres termes, il a managé des grands d’Europe. Ce qui n’est pas le cas de ses plus grands concurrents.

Pep Guardiola a entraîné Barcelone et le Bayern mais aujourd’hui à City il est dans un club moyen qui a beaucoup d’argent. Carlo Ancelotti aussi a baissé de niveau en signant à Naples. Dans l’ancien club de Diégo Maradona, le technicien italien n’arrive pas à transmettre son expérience. Le triple champion d’Europe peine à concrétiser son énorme palmarès au sud de l’Italie. Il a été fraichement sorti au premier tour de la Ligue des Champions et largué par la Juventus qu’il était venu concurrencer.

Quant à Raphael Bénitez, à Manuel Pellegrini et à Arsène Wenger : ce n’est plus la même limonade. Les deux premiers jouent en milieu de tableau à Newcastle et West Ham et le dernier est à l’arrêt. On aurait pu ajouter Klopp et Pocchetino mais c’est trop léger comme palmarès. L’allemand avait bien commencé avec deux titres de champions à Dortmund mais ce sera tout. Malgré deux finales de C1, depuis 2014 il n’a rien gagné comme l’actuel manager des Spurs de Tottenham. On espère néanmoins que Liverpool y arrivera enfin cette année après trois essais infructueux. Les Reds méritent cette Premier League et les circonstances vont dans leur sens. La dernière fois qu’ils ont raté le titre de champion d’Angleterre de justesse c’était en 2014. Et c’était encore à cause de Mourinho et Chelsea. Le binôme était venu les battre à Anfield (0-2). The Lonely One (surnom de Mourinho) appelé à d’autres fonctions, l’équipe de la Mersey devrait en profiter…

Tottenham – Manchester United : Paris n’a rien à craindre

Par défaut

Ce dimanche, Manchester et son nouvel entraîneur Ole Gunnar Solskjaer sont allés battre Tottenham à Wembley. Un choc au sommet, le premier de son ère, une victoire 0-1 qui permet à United de vivre un sixième « bonheur » consécutif. Ses hommes et lui comptent désormais le même nombre de points que le cinquième Arsenal. José Mourinho viré, les Red Devils semblent délivrés…

Winners par Sean Murray – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Seule la victoire est belle

Une passe de Pogba et Marcus Rashford qui marque. Manchester ouvre le score, s’impose chez le troisième de Premier League et se venge du cinglant 0-3 de l’aller. Un gros succès face à un gros de l’élite qui donne une idée du soutien que peut avoir Ole Gunnar à Manchester et dans la plupart des médias. Dans une rencontre où il a fait preuve d’une flagrante misère tactique, il est peint en sauveur. José victorieux de ce match de cette façon, les éloges auraient certainement été remplacés par des tacles violents bien appuyés.

On encense les six victoires de rang de l’ancien buteur et pourtant lorsque le Docteur Honoris Causa de l’Université Technique de Lisbonne avait enchaîné 25 matchs consécutifs sans perdre à sa première saison, on trouvait à redire. D’aucuns ont même parlé de Top 5 pour l’exclure du faîte avant de revenir au Top 6 dans la foulée de son éviction. L’objectif étant de réduire au maximum son travail au néant.

Old Trafford par pottonvets – Image Pixabay CC0

Ainsi le débat est repensé, le beau jeu mis de côté et la victoire dans le sport redevient l’essentiel. Sa place retrouve son statut d’idéal afin d’inhiber le pauvre contenu mancunien à ce grand rendez-vous londonien : une prestation inqualifiable de nullité. Mourinho choisit de défendre, Solskjaer a été forcé de défendre. Avec 62 % de possession de balle, Tottenham a dominé tout le match dans tous les compartiments du jeu, y compris celui des erreurs. Le but des Reds n’intervient pas sur une action promptement menée mais sur une grossière étourderie de Trippier.

Une passe ratée de l’arrière droit dans l’axe qui a donné la possibilité à une occasion sans réel danger de briller de mille feux. Long ballon de Pogba, la défense surprise n’arrive pas à vite se replacer, la lente frappe de Rashford est parfaitement croisée et Hugo Lloris particulièrement peu réactif. Le goalkeeper français se rattrapera en seconde mi-temps sur une tête et deux tirs du n°6 passeur décisif : ce sera trop tard… Le n°1 était déjà en face.

David De Gea par Saul Tevelez – Image Flickr CC BY 2.0

David contre Goliath

Durant l’ère Mourinho, David De Gea était considéré comme le meilleur joueur par les nombreux détracteurs du portugais. Il était question de faire passer par tous les moyens sa pensée pour un jeu sans inspiration. Que dire du match de dimanche ? Le « Théâtre des Rêves » et Ferguson sont bien de retour : qu’est-ce qui n’a pas marché ? On attendait ce jeu outrageusement offensif et au final on n’a vu qu’un défenseur « figé » sur la ligne de son but.

Le portier espagnol est sans aucune contestation l’homme de ce match. 11 arrêts décisifs comme un symbole : l’écu d’une équipe aux abois. Sans lui, Manchester aurait clairement perdu. S’il fallait choisir une de ces parades pour résumer la rencontre, le face-à-face de Dele Alli ferait l’affaire. Une occasion nette de but partie d’une balle perdue de Pogba à l’entrée de la surface adverse et mal négociée par le milieu offensif d’origine nigériane. Bien lancé en profondeur, l’international anglais n’a pas pu franchir le dernier rempart « Rouge » et conclure cette contre-attaque éclair. En gros les Spurs ont marqué des buts mais De Gea les enlevés.

Drapeau Tottenham par RonnyK – Image Pixabay

Oser c’est faire

Lorsqu’on voit la difficulté que Mauricio Pochettino a pour remporter un titre, on mesure mieux la force de José Mourinho. La dernière fois que Tottenham a été champion d’Angleterre c’était en 1961. Une longue attente atténuée en 2008 par une victoire en Coupe de la Ligue. Un succès (voire deux avec la Cup) toujours possible cette année qui toutefois n’empêche pas le mot « looser » de marquer à la culotte la renommée du premier vainqueur britannique d’une Coupe d’Europe. C’était la Coupe des Coupes en 1963.

Harry Kane lifting the World Cup par Matt Brown – Image Flickr CC BY 2.0

Au sein de l’effectif de l’argentin on trouve quand même encore de très bons éléments après Gary Lineker, Chris Waddle, Paul Gascoigne, Teddy Sheringham, Jürgen Klinsmann, David Ginola, Sol Campbell, Dimitar Berbatov, Jermaine Defoe, William Gallas, Luka Modric, Gareth Bale et autres Raphael Van der Vaart. Des internationaux pour la plupart titulaires indiscutables dans leurs sélections : Harry Kane, capitaine anglais et meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde, Hugo Lloris, capitaine des champions du monde en titre, Christian Ericksen, Heung Min Son, Dele Alli, Eric Dier, Kieran Trippier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez etc. Une grosse qualité que le technicien Albiceleste (surnom des joueurs argentins) peine à changer en trophées. Même l’alibi du « faible » budget lui a tourné le dos : Leicester a été champion en 2016. C’est triste à dire mais Manchester a battu des « perdants ».

Tottenham Hotspur defender Jan Vertonghen par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Diversions

Quoiqu’on dise, cette « dispute » dominicale a démontré que la seule assurance de progression à Manchester était la présence de Mou sur leur banc. Cette victoire à l’extérieur le dédouane et tourne définitivement la page de son passage. Chacun fait dès lors face à ses responsabilités. Solskjaer a toutes les cartes en mains et Pogba ne pourra plus se cacher derrière « O Vencedor » (« Le vainqueur » en français, surnom de Mourinho) pour justifier ses mauvaises performances. Son joker grillé, lorsque les défaites arriveront personne ne pourra plus accuser le prédécesseur de son actuel manager. La rumeur qui voulait qu’il laisse des dégâts derrière lui vient une nouvelle fois de mentir.

La défaite des Lilywhites (surnom des joueurs de Tottenham) tient à cet esprit de « Serial Winner » que le lusitanien a légué aux coéquipiers de Nemanja Matic. La fameuse formule offensive du Super Sub du Fergie Time n’a eu aucun effet sur ce major de Premier League. La preuve : il a fait entrer Diogo Dalot, Scott McTominay (à la place de Pogba) pour défendre et Lukaku pour utiliser sa puissance dans les duels aériens et la conservation de la balle. Le poulain de Sir Alex n’a pas « attaquer, attaquer, attaquer » pour tuer le match. Il a cherché à garder le score et il a gagné…

Edinson Cavani, Paris Saint-Germain (and Uruguay) striker par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

La porte est ouverte

Si le Drillo (surnom des joueurs norvégiens) est venu pour manger de petits poissons pourquoi Mou a-t-il été viré ? Défensivement le norvégien est loin d’être un stratège. Ça risque de chauffer face au reste au Big Six. De Gea ne suffira pas face à City, Liverpool, Chelsea ou Arsenal. Il faudra de l’aide à sa baraka. Sous les ordres du Special One, l’ancien de l’Atletico Madrid n’était pas seul. L’année passée ils ont battu ensemble Tottenham en FA Cup (1-2), Chelsea (2-1) et Manchester City en championnat (2-3) et la Juventus en Ligue des Champions (1-2) après avoir été menés 1-0, 0-1, 2-0 et 1-0. Ils ne faisaient donc pas que défendre. Il y’avait du caractère dans cette équipe. C’est pour cela qu’elle a battu tous ses adversaires du Top 6.

Man Utd V Arsenal par Gordon Flood – Image Flickr CC BY 2.0

Les Diables Rouges gagnent sans montrer de réels signes de changement. Les problèmes défensifs que le natif de Setúbal a voulu combler en recrutant en début de saison sont restés visibles. Discernables comme la nonchalance de La Pioche (surnom de Pogba) et les limites physiques de cet effectif malgré les réussites. Le portugais a eu à souligner ces tares mais vu que son jugement n’a pas d’importance, le PSG a toutes ses chances. Les parisiens devraient être capables d’exploiter ces vides en C1 et de rejoindre les quarts de finale. Avec Cavani, Neymar, Mbappé et Di Maria, Man U est prenable. Mourinho, la bête noire des clubs français, est parti avec leur imprévisibilité. Sous sa férule on ne savait pas à quoi s’attendre avec eux, maintenant on sait qu’une bonne préparation suffit pour leur causer de sérieux soucis. L’équipe de Tottenham a fait mieux que perdre : elle a ressorti toutes les lacunes de Manchester United…

Edinson Cavani : Paris n’a toujours pas compris

Par défaut

Dimanche dernier, le PSG a encore démontré toute sa puissance en Ligue 1. Sur un double éclair de génie, de Mbappé, qui venait de rentrer, et de Di Maria, les parisiens déclenchaient une onzième victoire de rang dans le championnat d’élite français, laquelle allait se terminer sur un score de 2-0 après le but de Draxler en fin de match. Un record européen égalé, qui ne reflète en rien la réalité européenne des bleus et rouges, en Ligue des Champions notamment,  qui cette fois-ci, risque de les éjecter en Ligue Europa après leur nul face au Napoli du bien décidément désaimé, Edinson Cavani.

Après Blaise Matuidi, champion du monde, critiqué à tort pour sa carence technique, qui aujourd’hui leur manque cruellement, le PSG qatari, est sur le point de perdre Edinson Cavani. Sur le plan psychologique, le break semble déjà fait. Le physique suivra-t-il ? Probablement. La méforme du buteur uruguayen semble liée au manque de reconnaissance dont il se fait la victime. Remplacé contre Lyon pour laisser exploser la paire Neymar-Mbappé, sa frustration semble à son paroxysme. Et si tel était le cas, le PSG perdrait certainement l’âme de son équipe, comme dirait le consultant de Canal + et ancien joueur parisien lui-même, José Pierre Fanfan. Dans une équipe qui manque cruellement d’identité, Cavani aurait été le capitaine parfait. Parler de sa technique pour justifier une telle mise à l’écart, c’est faire preuve d’une fantaisie débonnaire, surtout lorsqu’on pense à son but face au Bastia de Landreau, à ses débuts. En effet, Cavani n’est pas qu’un très bon technicien ; attaquant complet et ambidextre, il est également un modèle de combativité et de coéquipier. Le mettre sur la touche reviendrait tout simplement, à priver le corps parisien de son esprit. Pour franchir ce palier européen, Paris a besoin de calquer son mode d’expression sur celle d’un « Matador » sur la pelouse.