L’OL vient encore de perdre un match. Lol ? Pas vraiment. Il n’y a plus rien de risible dans cette histoire. La crise est officielle du côté des Gones et ça ne fait marrer « personne ». Devant le Classico PSG – OM, le plus grand derby de France a choisi son camp. 3 victoires, 4 nuls, 3 défaites, Sylvinho n’est plus à la tête de Lyon. Il laisse derrière lui un club à un point de la relégation. Et une pléthore de critiques à son endroit.

A juste titre

Un entraîneur qui ne gagne pas devrait être remercié. Ce sont les résultats qui comptent dans le football professionnel : rien d’autres. Si votre équipe ne parvient pas à faire la différence, il est indéniablement normal que le coach soit limogé. Si Lyon était une équipe appelée à jouer la relégation, 9 points en 8 journées serait l’idéal. Sauf qu’on parle de l’une des plus grande équipe de l’histoire du football français. D’une ancienne bête noire du Real Madrid décidée à revenir au premier plan. Ce qui est loin d’être le cas.

Victime de la mode

Toutefois, il est important de rappeler que la dernière fois que Lyon a remporté un trophée c’était en 2012 : le Trophée des champions. 7 années de disette clairsemée d’exploits grandioses à trois points. Les Lyonnais ont battu Paris, Manchester City, sans jamais retrouver le chemin des trophées. Il y a donc une certaine continuité dans la défaite. Un enchaînement de déceptions qui connaît son apogée désormais. Sylvinho n’est peut-être que le mûr contre lequel s’écrase une voiture mal conduite. Un football où le joueur est roi, comme l’entraîneur victime : un sport où la performance compte de moins en moins.

Si un footballeur aujourd’hui fait mal son travail, ce sera parce que son entraîneur n’est pas bon. Sachant qu’il ne sera pas viré, l’acteur sur la pelouse se penche ainsi sur quelqu’un d’autre pour faire son boulot. Il compte sur son agent pour lui trouver un autre manager : et non sur ses prestations. Comment expliquer qu’une tactique qui a si bien marché lors des deux premières journées, éclate aussi vite ? Encore un qui a voulu apporter de la discipline et qui a mordu la poussière.

Constats

La génération Juni a connu 4 entraîneurs différents de 2002 à 2008 : Jacques Santini, Paul Le Guen, Gérard Houllier et Alain Perrin. Tous ont été champions. Soit un total de 7 titres de champions, 6 Trophées des champions et une Coupe de France. Cris, Caçapa, Edmilson et les autres ne s’entendaient pas forcément avec leurs coaches. Mais ils faisaient le job. La réelle valeur de Sylvinho se saura maintenant qu’il n’est plus à Lyon. Lorsqu’on personnifie le débat, on s’éloigne de la vérité.

Il y a quelques années, Juninho en direct du Canal Football Club, regrettait que les étrangers soient toujours montrés du doigt en France après un échec. Aujourd’hui qu’il est le directeur sportif de Lyon. Qu’il a choisi Sylvinho pour pérenniser sa légende sur le banc de l’OL, son avis ne devrait sans doute pas évoluer. Son club vient d’enchaîner un 6e match sans victoires. 5 nuls et une défaite qui ne cessent de faire parler dans l’Hexagone. Le technicien Carioca est implicitement montré du doigt et on regrette déjà Bruno Génésio. Une attitude qui interroge. Sachant que l’actuel manager du Beijing Guang n’a rien gagné avec les Gones de 2015 à 2019. Quelle place occupe les entraîneurs étrangers dans le paysage médiatique français ? On se le demande vraiment…

And the winner is…

« Lyon n’est pas prêt ». Estimait-on à la fin de la préparation des Lyonnais. Bien que ces matches ne furent qu’amicaux, le doute a été installé. On a oublié tout ce que les Brésiliens ont apporté à cette ville, à ce pays, au football et on a déclaré l’état d’urgence. Des sirènes qui vont vite ravaler leurs mots derrière les deux premières journées de Ligue 1. Deux victoires probantes à Monaco 0-3 et face à Angers 6-0 qui enlèveront les gyrophares sur le toit de l’ambulance de l’OL. Avant d’y remonter devant ce sextuplé d’insuccès.

Aussi, les remarques ne tardent pas à resurgir. Les latéraux ne montent pas. Le jeu manque de folie. Pourquoi ci ? Pourquoi pas ça ? Bref le problème est la personne en chemise blanche assise sur la touche. Si le septuple champion de France, dernier de sa poule, a été éliminé en Ligue des Champions par La Gantoise en 2015 ; a été logiquement sorti de la Ligue Europa par l’Ajax en 2017 et le CSKA Moscou en 2018, respectivement en demi et en huitièmes. Si ce fabuleux Lyon de Pep Génésio a été incapable de remporter la moindre coupe en 4 ans à l’inverse de Guingamp et Strasbourg, c’est surement à cause Sylvinho.

Comparses

Toutefois, le second entraîneur étranger de l’histoire de l’ancien LOU ; le premier depuis Vladimir Kovačevic parti en 1982, n’est pas le seul à subir les foudres des médias. On a également douté de la valeur d’André Villas-Boas, vainqueur de l’Europa League. Mais aussi et surtout de celle de l’autre tête de turc des spécialistes : Leonardo Jardim. Geoffroy Garétier, sur le plateau du Late Football Club : « Il faut bien que Monaco gagne une fois »

Une victoire, 6 points sur 21, le portugais ne bénéficie toujours pas des honneurs liés à son passé glorieux. Champion de France. Demi-finaliste de la C1 (le seul en France depuis 2010). L’homme qui a relancé Falcao et propulsé Kylian Mbappé et Bernado Silva, se fait sévèrement titiller. Des gestes durs sur l’homme qu’il regrettait déjà sous ses meilleurs jours :

« J’ai l’impression qu’en France, les gens sont nationalistes : ils défendent beaucoup leurs compatriotes, moins les étrangers»

La réaction de Pierre Ménès ne se fera pas attendre(évidemment)  :

« Et puis, il y a évidemment LE contre-exemple : Marcelo Bielsa, qui est arrivé comme une star et qui démontre tout son talent sur le banc de l’OM. Parce qu’on ne le juge que sur le jeu, pas sur son éternel survêtement, ses conférences de presse glaciales ou sa satanée glacière. Lui n’a pas critiqué les jeunes Français : il les a mis au boulot. Benjamin Mendy, Giannelli Imbula, Dimitri Payet, ou encore Florian Thauvin, souvent montrés du doigt pour leur comportement ou leur indolence, sont tous au diapason. Bref, cette histoire de corporatisme, avec ses sous-entendus de racisme, est une escroquerie. Mais ça a le mérite de faire parler les bavards. Et d’exciter les idiots. »

Besognes

Lorsqu’on relit la réaction de Pierre Ménès aux propos de Jardim, on peut noter toute l’affection qu’il a pour Marcelo Bielsa : éternel survêtement, conférence glaciale, satanée glacière. De l’art pur quoi ! Une poésie dantesque qui n’oublie pas de pareillement sanctionner le tacle appuyé du coach monégasque sur les jeunes français. Lequel déplorait en 2014 leur manque de professionnalisme.

La flemme du football français est ainsi remise au goût du jour. Sans qu’on puisse cependant contredire l’ancien handballeur. Quand on sait que des joueurs français tels que Blaise Matuidi ou Christopher Nkunku semblent aller dans ce sens depuis qu’ils ont signé à l’étranger, comment le faire ? Comment dédire les propos du Parisien Leonardo qui déclara jadis :

« Le niveau de préparation des joueurs et des entraîneurs est vraiment bas. La base de travail n’est pas là. Si la France perd une place à l’indice UEFA, c’est que cela ne marche pas. »

De Joey Barton l’ancien Marseillais :

« En France, quand tu travailles dur, on sous-entend que tu n’as pas de talent. Ils ne croient pas au travail, à l’effort. J’ai l’impression qu’il faut qu’ils soient en colère pour qu’ils se bougent vraiment. »

Ou encore Phillipe Montanier :

«J’ai envie de parler de la France en général. N’est-ce pas plus un problème d’état d’esprit général que du seul footballeur ? Quand vous discutez avec des gens de secteurs différents du foot, on n’a pas la réputation d’être des grands travailleurs. Ainsi, beaucoup d’entraîneurs étrangers sont un peu surpris de l’implication et de l’investissement en France. Ça ne concerne pas tous les joueurs évidemment, mais je parle là d’une bonne moyenne. Parler de faignants, je trouve ça excessif, c’est plutôt qu’il y a moins d’implication, moins d’intensité.»

Fausse route

A l’ombre de ce débat volcanique se susurre une phrase : « Il n’y a aucun entraîneur français à la tête des plus grandes équipes françaises. » Paris, Lyon, Monaco, Marseille, un constat qui soulève les foules mais ne date que de cette année. L’OM et l’OL étant dirigés par des français les 3 dernières années. Sans oublier Laurent Blanc au PSG de 2013 à 2016.

De plus, si on compare les championnats anglais et français, on remarque qu’en Premier League 8 clubs sur 20 sont dirigés par des anglais : Crystal Palace, Burnley, Brighton, Chelsea, Bournemouth, Sheffield United, Aston Villa et Newcastle. Un octogone composé d’une seule grande écurie : celle des Blues de Lampard. Quand en France 14 équipes sur 20 sont sous les ordres de tacticiens français.

Une belle bagatelle qui depuis l’arrivée des qataris à Paris, déploie au moins deux entraîneurs français sur la scène européenne chaque année. Ligue des Champions – Europa League confondues. Cette saison on a Christophe Galtier avec Lille en C1 et Ghislain Printant avec Saint-Etienne en C3. Un ratio de 2/4 qui contraste fortement avec le 1/6 de l’Angleterre. Et démontre bien qu’en Europe les techniciens de la Gaule sont très bien représentés. Man City, Liverpool, Chelsea (excepté cette année), Arsenal, Tottenham, Manchester United ont tous des étrangers à leur tête depuis au moins 5 ans. Et ce sont eux qui symbolisent la puissance de la première ligue du monde.

Conclusions

Bref, le football français devrait respecter les techniciens étrangers comme on respecte les techniciens français à l’étranger. Zinedine Zidane (Real Madrid), Arsène Wenger (plus de 20 ans à Arsenal), Gerrard Houllier (Liverpool), Luis Fernandez (Athletic Bilbao), Didier Deschamps (Juventus), Rudi Garcia (AS Roma) et que dire de ces sélectionneurs qui inondent l’Afrique voire l’Asie. Si ce n’est que les médias bleus, blancs et rouges, n’ont pas à se plaindre d’une minime présence extérieure sur leurs tapis verts. Un entraîneur en France doit être viré pour la mauvaise qualité de ses résultats. Pas pour être remplacé par un collègue français. Jean-Michel Aulas :

« Sylvinho et Juninho ont toute ma confiance mais il faut avoir des résultats. C’est la loi du foot. »

Lorsque ce vendredi, 3 octobre 2014, le match Reims – Bordeaux s’est achevé, on s’est sûrement dit : c’est reparti et ce fût le cas justement. Le début de la 9è journée de la première ligue française (saison 2014/2015) a été l’exception qui a confirmé la bonne semaine tricolore, aussi bien en Europe qu’à domicile. Derrière ce week-end de petites affiches – pour la plupart – de haut niveau, le football français a prouvé qu’il mérite les chiffres de son indice UEFA. La LFP peut, sans rougir, se dire en toute modestie : yes we can !

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Marseille : à Caen le titre ?

Les Bleus battant les Blaugrana au Parc des princes, l’hexagone du ballon rond croyait avoir tout vu de son football jusque-là footeux. C’était sans compter sur cette imposante bâtisse qu’est ce simple mot : Vamos ! Il y’a juste une saison, OM – Caen ne serait qu’une énième banale affiche de ligue 1, mais aujourd’hui, s’il y’avait un match de cette journée à rediffuser, c’était bien celui-là. Il y’avait tout dans ce match : suspens, engagement, beau jeu etc. … Sous cette pluie battante en Basse-Normandie, l’ambiance était surchauffée. Ce n’était pas le Barça en face, mais c’était les mêmes couleurs. C’était plus que du football : c’était droit au but.

Le niveau technique de la première période de ce versus aux allures de Classico, nous laissait clairement présager un avenir meilleur au tableau d’affichage du Stade Michel d’Ornano. Malgré le joli coup-franc de Thauvin et les incursions d’éclat des joueurs marseillais, le score est resté vierge mais pas nul.

En seconde mi-temps, le score n’a pas vite évolué, mais à la 75e minute, Romao inscrit ce premier but ; la Canebière est délivrée mais pas pour longtemps. Le SMC presse et en dépit du but à la 77e minute de Da Silva refusé logiquement pour hors jeu, les caennais égalisent d’un autre très beau coup de tête de Musavu King à 83e. Mandada, battu mais pas vaincu, est convaincu de la réelle possibilité pour ses coéquipiers de prendre trois points. L’OM est poussé, pousse vers l’avant et en fin de rencontre est délivré par l’ancien futur bleu D.D Gignac, meilleur buteur du championnat. Score final : 1-2 pour l’OM.

Quand on voit ce qu’est devenu Marseille avec la seule venue de Bielsa – en France – on comprend ce que c’est que jouer au haut niveau. On comprend pourquoi le PSG aura du mal à fredonner la marseillaise même sous l’aire qatarie. On sait avec certitude, en regardant les blancs et bleus-ciels jouer que bâtir une équipe ce n’est pas la « zlataner » de stars. Avec les mêmes joueurs que l’an passé, « El loco » nous propose un professionnalisme haut de gamme. Vivement dimanche le 9 novembre!

martial

Paris : la loi Martial

Avant ce choc du dimanche soir, les faits entretenaient une victoire logique parisienne. Neymar-Messi-Pedro (ou Munir) au tapis, Carrasco–Germain–Occampos ne devrait qu’être une suite logique. Le feu Cashico n’avait comme issue probable le drapeau blanc de Monaco. Il aurait pu être rouge intégralement pour les internationaux de Paris, mais il ne le fût – malheureusement pour le PSG, heureusement pour l’ASM – qu’à moitié, comme les couleurs de la principauté. 92è minute sur un ballon de cafouillage revenant des cuisses de Zoumana Camara, Martial répond à Lucas. Un but partout, les deux équipes repartent dos à dos.

Pour revenir à la qualité, l’affiche de la semaine dernière nous a étalé un football alléchant. Comme à Caen, Monaco comme Caen, a développé un football bien léché. Cependant le PSG, lui et pas comme l’OM, est resté égal à lui-même. On pourra, de mauvaise foi, pleurer les oubliés du mardi 30 : Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva. Mais on ajoutera que l’ASM déjà boiteuse du fait des départs simultanés de Falcao et James Rodriguez, était privé des illustres Berbatov et Toulalan. Les Hommes de Laurent Blanc ne font donc pas mieux qu’à l’ère plus qu’éphémère du Cashico. Ils n’ont pu faire qu’un nul chanceux dans un match qui pourrait s’avérer décisif dans la course avec l’ennemi Marseille, pour la quête du trône de France. L’escouade de Jardim, quant à elle n’est qu’à quatre points du podium de Paris : affaire à suivre!

Njie

La part du Lyon

L’OL serait-il de retour ? Décidés à faire oublier leur mort prématurée en Europa League, il semblerait que les lyonnais schtroumpfent la forme. Sur une bonne lancée, notamment un bon nul face aux champions en titre, les coéquipiers du président Clinton – passeur décisif – ont réellement retrouvé le goût de la victoire. Dimanche pendant que la volte-face stéphanoise perdait des points précieux à domicile dans la course – plus que jamais acharnée – à l’Europe, face à Toulouse (0-1), les gones laminaient – avec la manière – des lillois 3è avant le crash en Rhône-Alpes 3 buts à 0. Il y’a de quoi rougir, derrière ce résultat de classe se cache une génération responsable et douée. La meilleure équipe française de ces 15 dernières années cachent une ambition à la hauteur de ses mérites. Il faudra compter sur ces lions aujourd’hui et toujours.