Où ira Mourinho la saison prochaine ?

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Remercié de Manchester United en janvier dernier, José Mourinho, surnommé « Special One », n’a pas perdu sa qualité de jeu. Son travail demeure apprécié dans les couloirs. Fils d’un entraîneur, il reste lui-même l’un des meilleurs entraîneurs au monde. Une qualité qui le leur évidemment populaire auprès des grosses écuries, qui cherchent à l’attirer. La concurrence s’annonçant rude, ce top 5 vous donnera un élément de réponse sur le futur transfert de l’ex-entraîneur du Real Madrid. Et ceci, de l’hypothèse la moins probable à la plus probable…

Stade Pierre Mauroy (Lille) par Walkerssk – Pixabay CC0

5 – Lille

Il y a quelques jours, Mourinho, en visite à Lille, s’intéressait au football français. Dans les tribunes du Stade Pierre-Mauroy, le Portugais était venu assister à la rencontre de Ligue 1 Lille-Montpellier. Le match nul (0-0) est passé inaperçu, les regards étaient tournés vers la superstar lusophone.

En français, il s’est exprimé sur sa présence :

« Je peux m’imaginer (entraîner) un jour en France. Je suis un homme qui a travaillé dans quatre pays différents, qui aime ça, qui aime connaître d’autres cultures. (…) J’aime apprendre tout le temps, travailler dans un autre championnat serait une expérience fantastique. (En ce moment), je suis tranquille, j’essaie de vivre le mieux possible avec la famille et les amis et travailler tranquillement pour espérer retrouver une opportunité dans le football. »

La porte n’est donc pas fermée. D’autant plus que les Lillois se rapprochent de la Ligue des Champions. Conclusion : il peut rejoindre l’actuel Dauphin de Paris comme Paris lui-même…

4 – Paris Saint-Germain

Hasard du calendrier ou non, Mourinho est arrivé en France après la défaite de Manchester United à domicile contre le PSG. Un air taquin ? Une première historique en Ligue des Champions ! Thomas Tuchel a dominé Solskjaer à Old Trafford. Une victoire façon José, avec un défenseur en milieu défensif pour empêcher Paul Pogba d’organiser le jeu. Carton rouge pour le Français et vert pour Marquinhos. Le stoppeur brésilien à la place de Pépé au Real Madrid, de Kurt Zouma et David Luiz à Chelsea, a joué un très sale tour au Théâtre des Rêves. Un roc…

Un bloc solide avec du caractère qui se projette rapidement vers l’avant : et si on parlait de JM sans le citer ? Sans oublier que Mbappé dans sa belle croissance s’est inspiré d’un portugais (Ronaldo) et a été révélé par un portugais (Jardim). Jamais deux sans trois ? Pourquoi pas. KM7 est plus explosif sur un jeu basé sur les contres. Monaco, l’équipe de France et Paris aujourd’hui en sont la preuve. Quoique Mou veuille « travailler avec des gens qu’il aime » : les qataris eux aussi… Quand en France les « Joséphiles » ne courent pas les rues. Les chocs entre les équipes françaises et le technicien ont laissé des traces indélébiles…

La curva dell’Inter in un derby del 2009 par oscar federico bodini – Wikipedia CC BY-SA 2.0

3 – L’Inter de Milan

Ineffaçable tel le passage de Mourinho chez les Interistes. Défaits ce week-end à Bologne 2-1, les hommes de Luciano Spaletti n’ont jamais autant regretté leur passé glorieux. Loin du triplé inédit de 2010, relégués en Ligue Europa, ils viennent de perdre leur troisième place en championnat. Icardi et madame son agent font le show et le club lombard s’en trouve déstabilisé. Qui mieux que le charismatique José pour remettre ces pendules à l’heure ?

Antonio Conte ? C’est aussi fort probable. L’italien se fonde également sur une méthode de gestion assez similaire à celle de son prédécesseur à Chelsea. Et même si le portugais reste le bienvenu dans « sa famille », ce poste semble destiné à l’ancien entraîneur de la Juventus. Encore que si José était à Lille, s’était pour superviser Thiago Mendes et Nicolas Pépé… L’ivoirien : un joueur appelé à partir. D’après son entraîneur Christophe Galtier, destiné à évoluer « dans une équipe qui joue tout en rouge et qui aime bien avoir des joueurs excentrés faux pied ».

Allianz Arena par daniel-sauer0 – Pixabay CC0

2 – Bayern de Munich

Un indice fort qu’est cette dernière phrase. Une véritable révélation quand on sait que le Bayern évolue tout en rouge et que sa récente gloire est le fait d’une paire de faux-pieds : Robbery. Robben à droite, Ribery à gauche, les Bavarois sont montés sur le toit du monde grâce au gaucher hollandais et au droitier français. Les deux ailiers sont notamment à l’origine du triplé historique des Allemands en 2013. Dirigés vers la sortie désormais, les trentenaires proches de la quarantaine laissent une belle place à Nicolas Pépé.

L’ancien angevin pourra alors jouer à droite pendant que Koman ou Gnarby seront sur la gauche et vice-versa. Surtout que le meilleur buteur Lillois est le footballeur « idéal » pour l’esprit de recrutement munichois. C’est-à-dire raisonnablement couteux et amplement talentueux. Idem pour l’excellent milieu central Mendes. Lequel viendrait en plus relever un Javi Martinez vieillissant.

Mais puisqu’on parle d’entraîneur, il est possible que le transfert de ces deux joueurs oppose Mourinho à un de ses éventuels employeurs. L’ancien manager Mancunien semble les vouloir et Niko Kovac retrouver la confiance de son Board. Son équipe de retour au sommet, le Croate apparaît plus que jamais armé pour poursuivre l’aventure en Bavière. Une renaissance qui réduit l’embrasure de la porte de son bureau devant José. Sans la fermer cependant, un faux-pas veillant…

Santiago Bernabeu par PatrickBlaise – Pixabay CC0

1 – Real Madrid

En effet les grandes équipes détestent chuter. Brutalement tomber face à un adversaire qui plus est un sérieux rival. Des mots faibles pour les maux que peuvent causer une défaite du Real Madrid à domicile face au FC Barcelone. La grande dépression : une succession de déceptions. Le tout en une année. Une saison résumée en trois jours et 180 minutes de folie. Deux rencontres, deux compétitions : deux équipes tellement éloignées l’une de l’autre. Les 12 points qui séparent le Barça du Real en Liga sont un euphémisme devant le réel écart de niveau entre les deux équipes. Le Real joue bien comme une équipe amateur. C’est-à-dire avec beaucoup d’envie et peu de réalisme.

Vinicius Junior a beaucoup de talent. Mais le Barça est tellement supérieur au Real qu’il n’a plus besoin de jouer pour gagner. Le Real joue, les Catalans gagnent 0-3 et annulent l’espoir du match nul de l’aller 1-1 au Camp Nou. Le Real joue, les champions en titre gagnent 0-1 après le 5-1 de l’aller et matérialisent l’idée d’une année blanche. Même la Ligue des Champions s’avère perdue au vu des prestations madrilènes. La « coupe aux longues oreilles » ne pourra donc plus satisfaire leur public très exigeant. D’où leurs cris en Coupe du Roi lors du Classico retour : « Faites revenir Mourinho ! » Un chant accompagné par un autre, ennemi cette fois : « Mais où est CR7 ? CR7, où es-tu ? »

Ils n’ont pas dit Zidane, ils n’ont pas dit Ancelotti : ils ont dit Mourinho. Pourtant l’addition Merengue des deux tacticiens c’est du très lourd. 4 Ligues des Champions contre 0 pour José pour faire court. Pourquoi donc son retour quand Zizou peut revenir comme Jardim ? Tout simplement parce que le Real que le Portugais avait rejoint en 2010 semble revivre. Ce roi qui avait Lyon pour bête noire et le Barça comme cauchemar. Ce géant aux pieds d’argile à qui Mourinho avait redonné l’envie de redevenir le meilleur club de tous les temps. Karim Benzema : « La différence entre le Real de mes débuts et celui d’aujourd’hui ? On est montés en puissance pour devenir la meilleure équipe du monde. Au départ, il y avait beaucoup de nouveaux joueurs mais, peu à peu, nous avons grandi. Cela a commencé avec l’arrivée de Mourinho, qui a mis dans nos têtes que nous avions la capacité de devenir, justement, la meilleure équipe de la planète. »

Vinicius Junior n’a donc pas de soucis à se faire. Rashford était le joueur le plus utilisé de Mourinho à Manchester. Pas Fellaini, pas Lukaku : Marcus Rashford. La pépite anglaise a changé de dimension avec le triple vainqueur de la Premier League et ce n’est pas Olé qui pourra le nier. Et comme l’entraîneur le plus titré des Blues (surnom des joueurs de Chelsea) le dit si bien : « Un mensonge répété 1000 fois reste un mensonge. » La seule chose dont Vinicius doit « se méfier » : c’est la concurrence à venir. José Mourinho : « Est-ce qu’Eden Hazard a le talent pour jouer au Real Madrid ? Bien entendu. (…) Est-ce qu’il a la personnalité pour porter le maillot mythique du Real ? Evidemment. »

La compétitivité est l’apanage de Mou. Ce dernier se plaisant à la faire jouer entre ses éléments, Eden Hazard arrive sur le flanc gauche du Brésilien avec fracas. Et ça ne peut que faire du bien au sud-américain. S’il accepte de mûrir dans l’ombre de plus fort que lui ; s’il n’attrape pas la grosse tête, il va considérablement évoluer. L’humilité lui fera un grand bien. Un grand talent certes, un petit joueur toutefois. Un jeune qui ne grandira que s’il en est bien conscient. Lucide sur ce fait que les petits grandissent et les grands déclinent quand ils n’ont pas su mûrir. Ainsi s’il le veut bien, le néo international Auriverde mûrira sous la férule de José Mourinho. Une rumeur corroborée par l’ancien président du Real Madrid Ramon Calderon : « J’ai le sentiment et encore plus. Mourinho sera assis sur le banc du Real Madrid la saison prochaine. »

Smileys Emoticones par geralt – Pixabay CC0

Un parmi tant d’autres

La venue de Mourinho à l’Inter de Milan, au Bayern ou au Real Madrid renverrait encore mieux à ce mot qui le caractérise si bien : unique. The Happy One est le seul technicien qui depuis près de 12 ans maintenant est resté dans les hautes sphères du football mondial sans jamais flancher. Inter, Real, Chelsea, United… Tous les clubs que le portugais a entraînés depuis 2007 ont remporté la Ligue des Champions au moins une fois. En d’autres termes, il a managé des grands d’Europe. Ce qui n’est pas le cas de ses plus grands concurrents.

Pep Guardiola a entraîné Barcelone et le Bayern mais aujourd’hui à City il est dans un club moyen qui a beaucoup d’argent. Carlo Ancelotti aussi a baissé de niveau en signant à Naples. Dans l’ancien club de Diégo Maradona, le technicien italien n’arrive pas à transmettre son expérience. Le triple champion d’Europe peine à concrétiser son énorme palmarès au sud de l’Italie. Il a été fraichement sorti au premier tour de la Ligue des Champions et largué par la Juventus qu’il était venu concurrencer.

Quant à Raphael Bénitez, à Manuel Pellegrini et à Arsène Wenger : ce n’est plus la même limonade. Les deux premiers jouent en milieu de tableau à Newcastle et West Ham et le dernier est à l’arrêt. On aurait pu ajouter Klopp et Pocchetino mais c’est trop léger comme palmarès. L’allemand avait bien commencé avec deux titres de champions à Dortmund mais ce sera tout. Malgré deux finales de C1, depuis 2014 il n’a rien gagné comme l’actuel manager des Spurs de Tottenham. On espère néanmoins que Liverpool y arrivera enfin cette année après trois essais infructueux. Les Reds méritent cette Premier League et les circonstances vont dans leur sens. La dernière fois qu’ils ont raté le titre de champion d’Angleterre de justesse c’était en 2014. Et c’était encore à cause de Mourinho et Chelsea. Le binôme était venu les battre à Anfield (0-2). The Lonely One (surnom de Mourinho) appelé à d’autres fonctions, l’équipe de la Mersey devrait en profiter…

Racisme : Kalidou mon frère, bouche tes oreilles et reste fier

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Un footballeur noir a récemment encore été victime d’insultes racistes. Il s’agit de Kalidou Koulibaly. Parmi les meilleurs défenseurs du monde, le Sénégalais n’a pas pu supporter cette attitude de supporteurs insupportables. Le football européen vit ainsi le deuxième acte de ce type en l’espace d’un mois. Le premier était survenu le 8 décembre dernier à Chelsea et le joueur visé était le cityzen Raheem Sterling. Comme à l’accoutumée il y’a eu une vague d’indignations sans véritables changements. Kalidou n’est pas le premier, il ne sera pas le dernier martyre de ce cas désespérant. Les cris de singe ne sont que le témoignage d’un malaise plus profond.

Tunnel par Free-Photos – Image Pixabay CC0

Dangereux

L’insulte dans sa définition la plus simple est la manifestation d’une certaine colère. On tente alors par tous les superlatifs possibles d’attenter à la dignité de l’autre. L’objectif est de sortir debout de l’opposition en le détruisant mentalement. Et pour atteindre son but, l’insultant peut donner à son expression une toute autre proportion. Raciste ici car il sait que les footballeurs noirs ont horreur de ce genre d’invectives. Une haine liée à l’histoire qui fit d’eux des descendants de « sous-hommes ».

Martinique par Orythys – Image Pixabay CC0

Le supporteur ne cherche qu’à mener son équipe vers la victoire. Il pense comme Marco Materazzi face à Zidane en 2006. L’ancien Interiste s’est certainement dit que son équipe et lui perdraient si le Français continuait le match. Ce dernier devait sortir d’une façon ou d’une autre pour que la Squaddra Azzura soit championne du monde : c’est tout. Il est allé loin, très loin même, et a emmené Zizou avec lui. Il a poussé le Bleu à dépasser les bornes de sa tolérance et l’Italie a remporté la Coupe du Monde. Ça s’appelle l’envie de gagner. Ce n’est pas forcément de la méchanceté. Une finale de Coupe du Monde pour un footballeur c’est toute une vie. C’est pareil pour certains supporters. Nous avons tous déjà entendu cette phrase générique : « Ce club c’est toute ma vie. »

Les tifosis de l’Inter savaient que Naples sans Koulibaly était prenable, et ils avaient raison. Dès que le roc est sorti, il y’a eu un but et une victoire 1-0 des Nerazzuri (surnom des joueurs de l’Inter de Milan). C’est aussi ça le football. Et un footballeur noir doit se préparer à vivre tout ça lorsqu’il signe dans un club. Aux grands maux, les grands remèdes. Ce n’est pas une histoire de noirs et de blancs : c’est un problème humain. C’est la vie, les offenses sont pour tout le monde.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA par Oscar – Image Flickr CC BY 2.0

Les noirs ne doivent pas toujours tout ramener à la couleur de leur peau. Si on secoue un manguier c’est qu’il a des mangues, dit un proverbe africain. Si tes adversaires te taclent trop ce n’est pas parce que tu es noir ; c’est parce que pour eux tu es dangereux. Lorsqu’on te lance une banane mange la ou ignore la, ne glisse pas dessus : c’est dangereux. La légitimité du geste est laissée à l’appréciation de l’arbitre. C’est à lui de veiller au bon déroulement d’une rencontre pas aux supporteurs. La loi ne peut empêcher personne d’être raciste mais elle a le devoir de préserver sa communauté du racisme. Elle n’est pas garante de l’intégrité des hommes. Elle veille à l’équité dans la société.

Punishments par Mohamed Hassan – Image Pixabay CC0

L’ironie du sort

La société en question ici, c’est le football européen. Pas italien parce que le racisme n’a pas de nationalité. L’Italie a sauvé plus de 700.000 migrants d’une mort certaine. Ce qui s’est passé en Série A s’est déjà produit en Liga, en Ligue 1, en Premier League, etc. Il appartient donc aux hautes instances du football européen de régler ce problème. Si la Fédération italienne de football n’en est pas capable que l’UEFA (voire la FIFA) se saisisse de la situation. Des sanctions doivent pouvoir tomber dès que de tels agissements sont signalés. Ce match aurait dû être arrêté. Koulibaly exclu, l’arbitre central M. Paolo Mazzoleni aggrave les faits et entraîne les institutions du football italien (et européen) dans l’erreur. Ils exaucent les souhaits de ces ultras et participent ensemble à cette animosité.

Pourquoi donner un carton jaune à un joueur qui applaudit pour évacuer son mécontentement ? Cette sanction basée sur l’ironie est infondée. Dans une activité physique comme le football on ne peut pas se permettre de jouer les psychologues. Les faits sont là. Sont-ils vilains ou non ? Telle est la question. Les insultes sont ignorées et les applaudissements sanctionnés… c’est absurde. Entre un joueur qui insulte un arbitre et un autre qui l’applaudit, lequel est le plus à même à être puni ? On ne peut pas sanctionner un joueur qui fauche au même titre qu’un autre qui applaudit. C’est un abus et mercredi 26 décembre, ça s’est vu. Le deuxième jaune de Koulibaly était injustifié. Ces cartons donnés derrière un « clapping » doivent disparaître. Le football est émotionnel et canaliser ses émotions dans la non-violence n’a jamais fait de mal à personne. La mauvaise considération de l’Homme noir en général, si…

Abandoned Buildings par Christels – Image Pixabay CC0

« L’univers ignoré »

En phase finale de Coupe du Monde, sur 32 places disponibles l’Afrique dispose de 5 et l’Europe de 14. Pour changer ça, la FIFA augmentera le nombre total de participants d’ici 2026. Au lieu d’équilibrer, on passe à 48 et la solution perd en compétitivité. Au mondial des clubs le champion d’Afrique joue deux matchs pour atteindre la finale, le champion d’Europe un seul. Une évolution remarquable toutefois puisqu’avant la Coupe Intercontinentale se jouait entre deux continents : l’Europe et l’Amérique du sud. Le vainqueur de la Ligue des Champions et celui de la Copa Libertadores s’affrontaient pour désigner le champion du monde des clubs.

Quand un supporteur européen s’imprègne de cette répartition il se dit simplement : ils sont inférieurs à nous. Et si entre temps il s’engage à lire Victor Hugo pour élever sa pensée, il ne réagit pas forcément comme Alexane Ozier-Lafontaine devant ces mots : « La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie. (…) Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire ; l’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. Rome l’a touchée, pour la supprimer ; et, quand elle s’est crue délivrée de l’Afrique, Rome a jeté sur cette morte immense une de ces épithètes qui ne se traduisent pas : Africa portentosa! (Applaudissements.) (…).»

Le célèbre auteur de l’œuvre « Les Misérables » ajoutera même « L’Afrique importe à l’univers » pour mieux agréer les velléités de colonisation de la « barbarie » par « la civilisation ». Nous sommes le 18 Mai 1879 à « un banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage » présidé par l’écrivain humaniste. L’expression d’un dédain qu’il ne partage pas qu’avec des caucasiens. Les bons élèves fourmillent sur la planète.

Gandhi par Dcprotog – Image Pixabay CC0

En Afrique du nord par exemple, le trafic des migrants en Lybie, la mort de l’attaquant camerounais Albert Ebossé en Algérie ou celle plus récente de Falikou Coulibaly à la Soukra, président de l’Association des Ivoiriens de Tunisie, attestent de la considération simpliste qu’on a des noirs dans le monde, footballeurs ou pas. Même les non-violents n’ont pas été tendres avec nous. Gandhi, la grande âme, déclarait en 1903 : « Bien entendu, de mon point de vue, le Conseil municipal doit débarrasser ce quartier de ces Cafres (les noirs). Quant à la mixité entre Cafres et Hindous, je dois confesser que j’y suis absolument opposé. Je pense que c’est très injuste pour la population indienne. »

Africa Children par Sissi – Image Pixabay CC0

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort…

Les footballeurs noirs doivent s’interroger sur leur situation eux-mêmes. Personne ne le fera pour eux. Ils ont suffisamment de réponses sportives et extra-sportives aux questions qu’ils doivent se poser. Les débats, les tweets, les posts et les messages de soutien ne suffiront pas. Pour que ce racisme disparaisse à jamais, il faut remonter le temps et effacer la traite négrière transatlantique, la traite négrière vers le monde arabo-musulman, le colonialisme et bien d’autres cortèges de malheurs qui ont détruit l’image de l’Homme noir. Ce qui est impossible. Ignorer les distractions pour atteindre son objectif et garder la tête haute peu importe les conditions, sont les seules solutions. Demain on ne dira pas que Koulibaly a été victime d’attaques raciales : on dira que l’Inter de Milan a battu Naples. Seule la victoire est belle. Soyez des vainqueurs !