Pourquoi le Cameroun sera champion d’Afrique ?

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Ceci n’est qu’une suggestion, mais les Lions indomptables pourraient bien être les nouveaux champions d’Afrique. Sur son nouveau maillot, le Cameroun a été privé des cinq étoiles qui font sa fierté. Ses cinq Coupes d’Afrique… Mais ce n’est pas grave. C’est le signe d’un nouveau départ. Une nouvelle ère commence.

Zambo Anguissa par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cocorico

Pour étoffer la thèse d’un Cameroun victorieux, on avait déjà évoqué la présence d’une paire de gardiens exceptionnels dans son effectif. Nkono – Bell, Alioum Boukar – Songo’o, Ondoa – Onana, un argument aujourd’hui soutenu par la marque qui bombera leur torse : le Coq Sportif.

Un retour qui marquerait le début d’une autre période dominatrice pour le football camerounais. En effet, la première fois que les Lions Indomptables ont fait trembler le monde, ils portaient une tunique dessinée par la griffe du gallinacé. Le roi de la basse-cour rencontrait alors le roi de la jungle pour une Coupe du Monde 1982 inédite.

Une première pour les coéquipiers de Roger Milla. Trois points, zéro défaite : une sortie la « crête » haute au premier tour. Un tiercé gagnant de matches nuls à l’origine d’une heure de gloire qui les conduira deux ans plus tard à leur premier trophée international : la CAN 1984.

Cocorico 2.0

1984 où l’année qui décrit bien cet autre fait qui devrait mener le Cameroun à une sixième étoile. Une année marquant la naissance de deux grandes écuries mondiales : la France championne d’Europe pour la première fois et le Cameroun champion d’Afrique pour la première fois. L’expression d’un parallélisme qui veut que les périodes fastes des Bleus coïncident toujours avec celles des Félins.

Entre 1982 et 1988, la France remporte l’Euro 84 et joue deux demi-finales de Coupe du Monde. Pendant que le Cameroun remporte deux Coupes d’Afrique (1984 et 1988) sur trois finales successives jouées. Entre 1998 et 2002, la France remporte la Coupe du Monde en 1998 et l’Euro en 2000. Pendant que le Cameroun remporte successivement deux autres CAN en 2000 et 2002. Et entre 2017 et ce jour, la France a été championne du monde en 2018. Et le Cameroun a remporté la CAN en 2017 (et 2019 ?).

We The North

Lorsqu’on évoque les favoris pour la CAN 2019, le Sénégal revient naturellement. On voit le Onze d’Or 2019 Sadio Mané et ses nombreux coéquipiers titulaires sur le Vieux Continent. Omnibulé à juste titre, on se range et omet qu’il y a eu la Côte d’Ivoire de Didier Drogba avant eux… : que pour remporter ce trophée, jouer en Europe ne suffit pas. Le niveau de la CAN est plus élevé que celui de la Ligue des Champions et des autres compétitions Européennes de club. Les meilleurs joueurs Africains du monde réunis, la Zambie de Kalaba et l’Égypte d’Aboutrika l’ont prouvé : il faut un supplément d’âme pour aller la chercher. D’autant plus que celle-ci ne se joue pas dans un endroit anodin.

Jouer et gagner en Égypte demande une force de caractère au-dessus de la moyenne. Une personnalité très forte que seules trois équipes possèdent au sud du Sahara : le Cameroun, le Ghana et le Nigeria. Les frères ennemis sont les seules équipes d’Afrique subsaharienne à avoir remporté une CAN en Afrique du Nord. Ne pas les citer comme favorites est une grosse erreur. Mais bon, on est habitué. Tu peux être sextuple, quintuple, quadruple ou triple champion d’Afrique et ne pas être favori pour soulever la Coupe d’Afrique. Cependant…Quoiqu’on dise, le Cameroun et l’Égypte restent les potentiels vainqueurs de la prochaine Coupe d’Afrique. Ce sont les derniers finalistes et les deux meilleures équipes du Continent.

CAN : 24 c’est trop ?

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Laissée orpheline depuis son retrait des « mains » du Cameroun, la CAN 2019 s’est trouvé un nouveau tuteur. Il s’agit de l’Égypte. Aux pieds des pyramides se jouera donc l’aînée des Coupes d’Afrique des Nations à 24 équipes. La première des sélections africaines, un choix historique. Une révolution qui cependant n’élude pas le doute épais quant à la portée de ce format pour le football africain. L’Afrique a-t-elle vraiment besoin de passer à 24 pour grandir ?

Sculpture par Meelimello – Image Pixabay CC0

Les chaînes de l’histoire

La collision historique entre l’Afrique et l’Europe a forcé les africains à réécrire leur histoire. Les ballons trouvés dans les tombeaux des pharaons égyptiens ont été depuis doublés par la colonisation, après l’esclavage. Un repère nouveau a été dessiné et le continent noir est reparti à zéro quand l’Europe, elle, était bien avancée. Bien que la culture occidentale ait été génialement assimilée, les Africains sont restés derrière dans tous les domaines, dont le football. Le Vieux continent a plus d’un siècle de ballon rond. Les suivre sera quasiment impossible. Ce n’est pas en passant de 16 à 24 qu’on atteindra leur niveau footballistique. C’est aller trop vite en besogne que de faire ce choix d’évoluer. L’Afrique doit prendre son temps pour construire son histoire balle au pied.

Allianz-Arena in weiß par Sönke Biehl – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Un but économique

L’impact de l’Histoire se vérifie également dans l’aspect infrastructurel. L’évolution du professionnalisme en Europe est indubitablement liée à la Révolution industrielle du 19e siècle. Une mutation qui part notamment de l’Angleterre pour s’étendre au monde. La construction d’infrastructures sportives est donc une trivialité depuis les années 1800, époque où les noirs sortaient progressivement de l’esclavage pour entrer dans la colonisation.

Si le sport arrive souvent à la fin de la progression d’un pays pour couronner son essor attesté, il est aussi et surtout une entreprise d’entretien. Le but est économique. On crée de l’emploi pour distraire ceux qui ont fini de travailler. Le jeu comme métier perd sa viabilité dans les sociétés où le travail est encore un projet. Une infrastructure est la manifestation d’une idée. Elle ne devient utile que lorsque son édification permet l’évolution de la société où elle est érigée. Un stade doit être construit pour remplir les caisses de l’Etat et réduire le chômage. Est-ce le cas en Afrique ? Pas vraiment, étant donné que le football ne nourrit pas encore son homme ; autochtone ici. Sa pratique y reste dans la plupart des cas amateur.

Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Entracte

L’intervalle de temps entre les Coupes d’Afrique constitue pareillement un problème pour l’organisation de ces CAN à 24. Toutes les compétitions à 24 équipes ou plus sont organisées tous les 4 ans. Même chez les plus nantis, on donne au moins 8 ans pour se préparer. 2 ans c’est très court ! L’Afrique ne peut pas se permettre un tel luxe.

L’organisation d’une CAN tous les 4 ans redonne de la valeur au tournoi. Plus attendu, il devient plus attractif. De plus, il résout le problème du représentant africain à la Coupe des Confédérations. Le Cameroun par exemple (champion d’Afrique 2017) a pris la place de la Côte d’Ivoire (champion d’Afrique 2015) en Russie en 2018. Les Lions auraient dû battre les Éléphants pour aller à Moscou. Avant chaque Coupe des Confédérations, une sorte de Super Coupe d’Afrique des Nations devrait être organisée entre les deux derniers vainqueurs de la CAN. Ce choc au sommet désignera un représentant africain légitime à ladite compétition.

African Players par PhotographerPN – Image Pixabay CC0

Pragmatisme

La CAN en tant que tournoi biennal est une réalité résolument obsolète pour l’Afrique. Sauf évidemment si les exigences d’organisation sont réduites à la baisse. Et même… 8, 12 ou 24 équipes, toutes les compétitions continentales sont espacées de façon quadriennale pour donner un côté « éclipse » à leur rayonnement. Aussi peu importe le laps de temps, l’organisation de la CAN exige de l’efficacité. Cette dernière doit prendre le pas sur l’opulence inutile.

Le football est un facteur de développement. Pour permettre la croissance des sociétés africaines, l’organisation de la CAN a la responsabilité d’être rotative. La paix suffit en tant que seule condition sine qua non. Tous les pays africains doivent se frotter à la discipline d’un tel événement. Une fête que chacun organisera en fonction de sa situation économique. La qualité d’une infrastructure se trouve dans son efficacité pas dans sa grandeur. La CAF a l’obligation de tirer le meilleur de chaque société africaine grâce au football. La Coupe d’Afrique a la capacité de démystifier l’organisation du sport roi en particulier et le développement de l’Afrique en général.

Mubarak Wakaso tosses in a free kick against the Guinea defence par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

La valeur des infrastructures d’un pays devrait être fonction de son niveau de développement. Ça ne sert à rien d’avoir une enceinte cinq étoiles dans une société une étoile. Une arène une étoile professionnellement achevée suffira. Etre pauvre c’est aussi refuser d’accepter ses conditions de vie. Le football africain ne se porte pas bien ! Rien ne sert de jouer les fiers. La CAF se comporte comme si tout allait pour le mieux. La Coupe d’Asie des Nations est passé à 24 tel l’Euro : l’AFC en a les moyens, l’Afrique non. La Confédération Africaine a les mêmes problèmes que la CONCACAF. Si la Gold Cup passe à 24, seuls les Etats-Unis, le Canada et le Mexique seront capables de l’organiser. Ils sont peu ces africains qui peuvent tenir une CAN à 24 avec le cahier de charge actuel de la CAF. Il faut une refonte totale du football africain pour cette CAN…

Soccer par Odwarific – Image Pixabay CC0

Retour à l’essentiel

La particularité du sommet d’une montagne est sa surface réduite. Sa contenance se résume ainsi à une poignée de personnes, d’où sa valeur unique au-dessus de la base. 24 équipes sur 55 possibles est un ratio qui n’honore pas la Coupe d’Afrique des Nations. Pratiquement un sur deux, autant organiser des matchs aller-retour où les vainqueurs seront directement qualifiés. Ce sommet du football africain a besoin des meilleurs pour entretenir sa valeur et 16 participants, c’est parfait. Faire plaisir aux petites équipes ne rend service à personne. Ni à la compétitivité ni à elles-mêmes ! La Lettonie a plus de mérite d’avoir joué un Championnat d’Europe à 16 que Madagascar qualifié pour une CAN à 24. Même si ça reste un faux débat. 16 ou 24, c’est le terrain qui décide. Si les Pays-Bas ne se sont pas qualifiés pour l’Euro 2016, c’est qu’ils n’avaient pas le niveau de l’Islande à ce moment. Vivement la CAN 2019 !

CAN 2019 : Les lions blessés, comme indomptables

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Le 2 décembre dernier, le Lion blessé de Fotouni perdait la finale de la Coupe du Cameroun face à Eding Sport 1-0. Un stade omnisports de Yaoundé comble, une belle fête, la fugace occasion pour les Camerounais, grands fans de football, d’oublier leur réelle déception de perdre l’organisation de la CAN 2019.

La triste nouvelle est tombée le vendredi qui a précédé ce match qui clôture la saison sportive de leur chère patrie. De nombreux observateurs, à l’instar du site d’information Camfoot, se sont interrogés sur la « franchise de la CAF » comme sur « la partition » jouée par le pays hôte. Quoiqu’aux yeux de ceux qui connaissent réellement le football camerounais, les lions indomptables n’ont jamais si bien porté leur nom.

MustangJoe – Image Pixabay CC0

Indomptables

Pour tout dire, le football camerounais n’a jamais vraiment brillé par son organisation. Ses écarts en dehors des terrains sont aussi indomptables que ses joueurs. Les problèmes de primes, les factures impayées d’hôtel et autres manquements ont continûment rythmé les courses dévorantes de la sélection nationale, sans jamais toutefois altérer son efficacité continentale.

Le Cameroun est champion d’Afrique en titre. Il l’est par le biais d’une équipe que personne n’attendait à ce niveau en 2017. Une victoire retentissante qui s’est achevée sur un chef d’œuvre d’Aboubakar Vincent. Le buteur du FC Porto concluait ainsi un parcours exceptionnel où son équipe envoyait successivement au tapis le Sénégal de Sadio Mané et Kalidou Coulibaly, le Ghana d’André Ayew quadruple champion d’Afrique et l’Égypte de Mohamed Salah, septuple champion d’Afrique. Un sacre au caractère inédit qui s’ajoute au beau palmarès d’un pays coutumier des rendez-vous où on ne l’attend pas.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

L’équipe nationale camerounaise occupe la seconde place de son groupe, ce qui l’assure d’être probablement qualifiée pour la CAN 2019. Une poule qu’elle partage avec le Maroc, leader et probable futur organisateur, le Malawi et les Comores. Les « Cœlacanthes » (le petit nom des comoriens) seront d’ailleurs les derniers invités à « Mfandena », le stade de l’équipe nationale camerounaise. Troisièmes à trois points des Lions indomptables, les coéquipiers d’Ali Ahamada tenteront de jouer les trouble-fêtes devant des favoris naturels. N’en déplaise à leurs détracteurs, les camerounais quintuples champions d’Afrique seront bien à prendre au sérieux à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Galvanisés par leur récente défaite 2-0 au Maroc lors des qualifications, ils seront motivés pour aller chercher leur sixième couronne. Au cours de cette rencontre, ils s’étaient sentis lésés par l’arbitrage.

Hiroo Yamagata – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Les triomphes du football camerounais en Coupes d’Afrique se manifestent « toujours » de façon consécutive. Enclenchée, sa domination s’étend naturellement sur au moins deux ans, voire quatre. Des victoires en 1984 à Abidjan, 1988 au Maroc, après une finale perdue face à l’Égypte en 1986. Des victoires en 2000 au Nigeria, 2002 au Mali. Une victoire 2017 au Gabon, donc en 2019 au Maroc ? L’hypothèse est aussi plausible que lorsque le défenseur Lucien Mettomo était « comme chez lui » dans le nid du rival historique nigérian. Nous sommes le 13 février 2000 au Surulere Stadium de Lagos et le Stéphanois s’apprête à soulever ce trophée orné de ses couleurs vertes et blanches du drapeau des « Green Eagles ». Nigeria – Cameroun, deux buts partout, 120 minutes de grand jeu et de tirs aux buts de folie pour mettre en évidence l’incorrigible paradoxe camerounais. Un contraste entre l’organisation et les résultats sur le terrain, qui n’empêche pas le Cameroun de rester le second plus grand pays de football en Afrique et une référence dans le monde matière cuir.

AnnRos – Image Pixabay CC0

Un mal pour un bien ?

Le Cameroun pays organisateur de la CAN, c’est déjà arrivé une fois. C’était en 1972 et sa sélection se faisait prématurément sortir en demi-finales par le « petit » Congo, futur vainqueur. La victoire des « Diables Rouges » allait permettre au football camerounais de connaître une réforme nationale qui devait changer les fauves blessés en lions indomptables. Une déconvenue oui, mais la CAN perdue a tout pour redevenir un facteur de progression. Les supporters de Samuel Eto’o, Parick Mboma, Rigobert Song, Roger Milla, « Docteur » Abega, Mbida « Arantes », Samuel Mbappé Leppé… le méritent. C’est l’occasion de frapper un grand coup sur ce mode de gestion délicat, réanimer le football local et enfin franchir ce palier.

Gagner ou non la prochaine CAN ne doit rien changer. Le Cameroun a suffisamment fait ses preuves sur son continent : il est temps d’aller conquérir le monde. Et la seule façon d’y parvenir, c’est de s’organiser en dehors du rectangle vert comme un modèle footballistique. La « philosophie du cœur » fonctionne encore dans l’univers de la confédération africaine, mais perd toute son aura au moment de participer au Mondial et à la Coupe des Confédérations. Dans une Afrique qui progresse, il est temps que les lions indomptables deviennent définitivement une icône.

Duncan Hull – Image Flikr CC-BY 2.0

Yes we’re CAN !

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Le jour de gloire est arrivé. Enfin, les « favoris » ont gagné : la Côte d’Ivoire est championne d’Afrique. D’un Houphouetisme à un autre, le deuxième trophée continental ivoirien est tombé. Au terme d’une compétition brimée avant – pour une vision valétudinaire qui n’a finalement pas existé – pendant et après, elle a donné ce qu’il fallait au moment où il le fallait. Désolé pour le Grand ANDRE AYEW, il se consolera peut-être avec le lot de meilleur buteur! Le Ghana était la meilleure équipe sur le terrain mais pas sur le tableau d’affichage… et c’est ça qui compte. C’était écrit… cette compétition avait quelque chose de spécial. Die méritait oui le rouge mais c’est du passé maintenant : en fait, Abidjan est en fête.

« Découragement n’est pas ivoirien ! »

Qui l’aurait cru ? Qui aurait pensé voir cette équipe soulever ce trophée après ce qu’elle avait démontré jusque-là ? Pas beaucoup certainement, le football surement ! Favorite durant des années, elle n’a jamais rien gagné. Aujourd’hui, outsider elle a tout gagné… durant les éliminatoires la Côte d’Ivoire était moins qu’elle-même. Menacée (2-1) par des sierra-léonais maladifs, courroucée par des lions indomptables enragés (4-1), dynamitée à domicile par des léopards transcendés (3-4), son futur ne laissait guère présager, surtout après ce zéro-zéro nul face au Cameroun à Abidjan, un bel avenir… un tel avenir. Sans parler de cette coupe du monde au Brésil où l’Afrique a refait au moins trois siècle en arrière… Drogba partant, les ivoiriens probablement. Toutefois, toutes fois comprises, ils ont répondu présidents. Ils se sont surpassés… Bravo à eux ! Bravo aux Hommes d’Hervé Renard…

Hervé Renard… encore lui, encore au rendez-vous de l’histoire. Critiqué, désapprouvé, mal aimé, pour ses débuts poussifs, le Claude Leroy des temps modernes a eu sa revanche, il a une fois de plus montré sa capacité mentale à grimper le Kilimandjaro : à surmonter ses problèmes. Après le miracle zambien, bienvenu dans l’improbable ivoirien. Ce digne élève du sorcier blanc a su remettre sur pied, l’éléphantiasis clopinant. D’un 3-4-3 révolutionnaire il changé le visage pacifique affiché sur tapis vert, d’une terre meurtrie par la guerre. Il est le gagneur qu’attendaient les oranges… après un Didier « un peu » malchanceux, Yaya étant généralement, presqu’évidemment, aux abonnés absents. Sa trilogie face à l’escouade de l’allemand Wolke Finke lui a finalement donné raison à juste titre. Il est champion d’Afrique pour la deuxième fois en trois CAN successives (avec deux équipes différentes). Ce n’est pas encore Hassan Shehata et les pharaons d’Egypte, mais c’est déjà ça…

Et ce n’est pas tout…

La coupe d’Afrique des Nations, Guinée Equatoriale 2015, est une qui restera dans les annales, aussi bien sportivement qu’extra sportivement.

Sportivement… elle fût très plaisante à regarder. Les groupes étaient plus ou moins équilibrés. Les matchs étaient palpitants dans l’ensemble. Toutes les équipes avaient un bon niveau, même si la finition des actions laisse encore à désirer. Le premier tour nous a permis de comprendre que l’important n’est plus de participer à la CAN, mais de la gagner. D’ailleurs après les deuxièmes matchs aucune écurie n’était sûre d’être qualifiée – du jamais vu…– on a même été obligé d’avoir recours au tirage au sort pour choisir entre le Mali et la Guinée dans le groupe D. En quart de finale, l’évolution du football africain s’est mieux vue. Ceux qui devaient perdre ont perdu. Le derby congolo-congolais a tenu toutes ses promesses… Mondialiste ou pas, il fallait se battre sur la pelouse. Je pense notamment à l’Algérie, l’avant dernière demeure d’Albert Ebossé, favorite parce que huitième de finaliste au Brésil, tel le Nigeria, précédent détendant du titre absent de la compétition, qui n’a pas joué au niveau du standing qu’on lui a trop vite donné. Elle a été égale à même c’est-à-dire pas fameuse du tout. Son prétexte, celui de son incompétence, était souvent lié à l’état de la pelouse et pourtant sur cette même surface, même victorieuse, elle a été malmenée au sol, par l’équipe qui détient le meilleur championnat d’Afrique aussi bien infrastructurel que technique : l’Afrique du Sud. En ajoutant qu’elle a été éliminée sur une bonne pelouse, par le futur vainqueur, si ça peut la consoler…
Ainsi donc, tout le monde est « content » et tout est bien qui finit bien. Personne n’est rentré bredouille de Malabo. C’est un point minimum, le tarif… et c’est le Burkina-Faso finaliste de la dernière édition, l’heureux élu malheureux dernier de la CAN avec ce point solitaire. Le foot africain a vu éclore de beaux joueurs tels : Atsu, le ghanéen élu meilleur joueur de la compétition, Kwesi Appiah, ghanéen lui aussi, Bolassié le kinois, Thievy Bifouma le brazzavillois, Fabrice Ondoa le camerounais, Kikeboula, Nsue, Doualla, les équato-guinéens, Max Gradel, Serge Aurier, Bailly, Gbohouo, les ivoiriens etc… avec une mention spéciale à Florent Ibengué l’entraîneur kinois… Le plus beau but quant à lui revient à Yaya Touré face à la RDC.

Extra sportivement… c’était la CAN des sanctions. La première fût adressée au Royaume du Maroc qui demandait un report des hostilités pour causes sanitaires. Aujourd’hui, la compétition terminée, aucun cas d’Ebola n’a été détecté. Conclusion : fausse alerte. La Guinée Equatoriale a démontré en deux mois que quand on veut, on peut. Ça fait 1.000.000 de dollars d’amende pour les lions de l’Atlas et 2 CAN (2017 et 2019) out !
La deuxième sanction (ou future sanction) fût (sera) dédicacée à la Tunisie, mauvaise perdante. En effet après le comportement pitoyable des fennecs face à l’arbitre central mauricien Seechurn Rajindrapasard, qui fût aussi sanctionné, rétrogradé et suspendu pour 6 moix, qu’ils agressèrent littéralement, les tunisiens ont été sommés de s’excuser pour ces « insinuations de partialité et de manque d’éthique à l’encontre de la CAF et de ses officiels, ou à défaut de présenter des preuves irréfutables et tangibles pour étayer les propos injurieux de la FTF … Ce qu’ils ont refusé : « La Fédération tunisienne de football n’a pas fait outrage au bureau exécutif de la CAF ni aux responsables de la CAF » (Maher Snoussi vice-président de la Fédération tunisienne de Football). Alors que : « une sorte de hold-up pour satisfaire l’équipe locale. La CAF a désigné un arbitre maison, qu’elle désigne à chaque fois pour ses sales besognes. Il est malhonnête, sans foi ni loi. Il faut que la CAF arrête ses manigances » (Hichem Ben Omrane, membre du bureau exécutif de la FTF)… Bref, le délai passé la Tunisie risque gros : 50000 dollars d’amende et exclusion de la CAN 2017 et peut-être plus.

La troisième et dernière sanction elle, est une double peine équato-guinéenne. Premièrement pour la réaction de ses supporters face à la Tunisie et deuxièmement pour la désormais célèbre réaction de ces mêmes supporters face au Ghana, face aux pauvres supporters ghanéens. Le tarif s’élèvera à 105.000 dollars (5000 + 100.000) comme somme à assumer.

Et le Cameroun dans tout ça…

Les lions doivent se mordre les doigts après cette coupe d’Afrique. Quand ils voient ces deux équipes, Côte d’Ivoire et RDC respectivement premier et troisième, qu’ils ont malmenées durant les qualifications, ils comprennent qu’ils sont passés à côté de quelque chose de spécial… pour des raisons encore floues comme Clinton Njié meilleur camerounais aux éliminatoires sur le banc durant toute la compétition, Franck Etoundi, inexpérimenté mais titulaire dans un match crucial comme celui face aux ivoiriens, à la place logiquement d’un Vincent Aboubakar, version Cristiano Ronaldo parodié, illogiquement à la place de Kwekeu excellent face aux champions d’Afrique lors de la double confrontation lors des éliminatoires. Wolke Finke est pointé du doigt après l’échec mais… avant lui jouer la CAN était un luxe.

 

CAN 2015 : Comme des pharaons, les éléphants après les lions ?

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Les deux dernières coupes d’Afrique (Gabon – Guinée équatoriale et Afrique du Sud) ont eu la particularité d’avoir survécu sans deux gros morceaux du football africain : le Cameroun (4 fois vainqueur) et l’Égypte (7 fois vainqueur). En analysant de près le début des éliminatoires de la prochaine CAN, on a envie de dire : à qui le tour ? Le Nigeria piétine mais les supers eagles aiment bien conclure à la fin. Il serait donc fort probable que malgré leur début catastrophique, ils défendent leur titre au Maroc, mais … A qui donc le tour ? Et si c’était le tour de la Côte d’Ivoire ?

Un favori pas comme les autres

Une fois vainqueur de la coupe d’Afrique – en 1992 au Sénégal –, la Côte d’Ivoire est devenue au début du 21e siècle – notamment avec l’arrivée de Drogba – le meilleur favori du football africain. Avec leur génération dite dorée, elle a toujours été considérée par les médias comme la meilleure équipe africaine mais l’est-elle effectivement ? L’a-t-elle vraiment été ? Durant huit années au sommet des pronostics les plus sûrs, les ivoiriens n’ont jamais rien gagné. De 2006 à 2014, malgré deux finales jouées, les pachydermes sont restés des figurants dans le groupe de la mort.

Aujourd’hui encore après avoir été éliminée au premier tour par une Grèce nettement inférieure à elle, la côte d’Ivoire repart aux éliminatoires sur les mêmes bases : vainqueur sur le papier et perdante sur la pelouse. Avec une victoire défaitiste face à une Sierra Leone en crise et une raclée à Yaoundé, les oranges restent égaux à eux-mêmes : favoris. A ce triste sort s’ajoute la perte de leur capitaine emblématique, le winning eleven Didier Drogba, dont la seule présence faisait trembler les filets. Yaya Touré aura du mal à porter ce brassard déjà très lourd après deux rencontres et remplacer Tito sur l’herbe et dans le cœur des ivoiriens. Pour les hommes d’Hervé Renard, troisièmes avec trois points, la RDC sera très difficile à jouer dans cet aller-retour crucial. Il est temps pour eux d’être des favoris qui gagnent.

Can 2015 : Le retour des lions indomptables ?

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Quatre ans après l’avoir quitté en quart de finale, le Cameroun est sur le point de retrouver cette coupe d’Afrique qui lui est si chère. Barrée tour à tour par le Sénégal en 2012 et le Cap-Vert en 2013, la sélection tricolore a le devoir de nous faire oublier leurs différentes débâcles internationales, aussi bien sur le continent qu’en dehors. Avec six points de pris sur six possibles, face à la RDC (0-2) et à la Côte d’Ivoire (4-1), les coéquipiers de Stéphane Mbia semblent bien partis pour le Maroc. Prendre six autres – précieux – points dans cette double confrontation avec la Sierra-Léone, le petit poucet du groupe, ne devrait leurs pas causer de problèmes.

Un contexte favorable

A la suite du mondial camerounais au Brésil les carottes semblaient cuites. Les prestations comportementales et sportives de Samuel et les autres faisaient – à juste titre – de nos lions des bonnets d’ânes. C’était sans compter sur la portée négative de cet accident prémédité du ndamba (1) en terre camerounaise. En 2010 la pilule était passée mais après Manaus, ils ont tous été chassés. Le Cameroun a été exorcisé et a pu repartir à zéro. Le drapeau est reparti dans les bras de Wolke Finke et Stéphane Mbia est nommé capitaine au nez et à la barbe de l’ancien vice-capitaine Nicolas Nkoulou. Il sera respectivement secondé dans son action par Vincent Aboubakar et Eric Maxime Choupo-Moting. Le Cameroun gagne donc une nouvelle ère et les premiers résultats sont très prometteurs : six buts marqués et un encaissé en deux matches : il y’a de quoi s’enflammer.

Une équipe jeune en forme et puissance

Beaucoup pensaient qu’après la génération Eto’o, le Cameroun aurait du mal à trouver le chemin des filets. C’est vrai, au vu de ses statistiques historiques et stratosphériques, qu’il sera dur de l’oublier mais il faut savoir déjà que personne n’est éternel, personne n’est irremplaçable (surtout quand on n’est pas irréprochable). S’il a remplacé, il sera remplacé. C’est certainement vrai que la vitesse avec laquelle ils ont été remplacés est inhabituelle pour la science du football. Mais il est plus certainement vrai encore que le football camerounais est pétri de talents. Il est odieusement vrai que la gérontocratie était plus qu’en vigueur dans les vestiaires des lions depuis au moins quatre ans. Les jeunes étaient sélectionnés et systématiquement ignorés. On voit avec ce nouvel état d’esprit qu’ils ont tort de tuer la jeunesse, qu’ils ont eu tort de nous priver du « président » Clinton Njié. Auprès d’une telle forme, le fond ne saurait être un obstacle surtout que derrière le fiasco brésilien, les crinières, les têtes fortes de la tanière (Mbia, Nkoulou, Choupo-Moting, Matip, Njié, Aboubakar) semblent avoir retrouvé le poil de la bête. Rendez-vous les 11 et 15 octobre pour la conclusion.

Liste des joueurs convoqués:

I- GARDIENS

NDY ASSEMBE FC Nancy
ABOGO Pierre Sylvain Tonnerre de Yaoundé
ONDOUA Joseph Fabrice FC Barcelona

II- DEFENSEURS

DJEUGOU Cédric – Coton Sport de Garoua
GUIHOTA Jérôme – FC Valenciennes
NLATE EKONGOLO Brice – O. Marseille
NKOULOU Nicolas – O. Marseille
BANA MOUSSA – Coton Sport de Garoua
BAGNACK Frank – FC Barcelona
OYONGO BITOLO Ambroise – New York Red Bulls
Bedimo Henri

III- MILIEUX:

ENOW EYONG –
MBIA Stéphane –
LOE Raoul Cédric – C.A Osasuna
SALLI Edgar – A.S Monaco
ZOCK Guy Christian – Cosmo de Bafia
MANDJECK Georges – Kayseri Erciyesspor
KOM Franck – Etoile Sportive du Sahel

KIBONG à MBAMBA Marc – Konyarspor

IV- Attaquants

CHOUPO-MOTING Eric – Schalke 04
MOUKANDJO Benjamin – Stade Reims
ABOUBAKAR Vincent FC – Lorient/Porto
KWEUKE Léonard – Caykur Rizespor
N’JIE Clinton – O. Lyon
ETOUNDI Franck – FC Zurich

NB : Matip sera le grand absent

1 ballon dans le langage urbain camerounais