OL – PSG. Le Dimanche 22 Septembre au Parc OL, Neymar a encore marqué les esprits. Un enchaînement de grande classe au milieu de 4 joueurs. Un Joga Bonito ponctué par une frappe en rupture du gauche dans le petit filet d’Anthony Lopes : le seul but du match. Un digne successeur du renversant retourné de l’Auriverde au Parc des Princes face à Strasbourg une semaine avant. Réalisation superbe qui vient conclure un Lumico jusque-là fermé. Frustré par un Lyon qui n’avance pas et un Paris qui dévore tout sur son passage. Ou presque…

Ultra présent

Malgré ses prouesses vertigineuses, Neymar ne fait toujours pas l’unanimité. Aux grognements des sifflets des ultras de Paris, succède des statistiques qui forcément ne plaident pas en faveur d’un PSG Ney – dépendant. Le Paris SG avec Neymar c’est 3 victoires par un but à zéro et une défaite à domcile (0-2) face à Reims. Des buts tardifs, une désillusion : la preuve que la présence du Peixe* oblige ses coéquipiers à jouer moins collectif.

Le solitaire contre le solidaire

On ne pense plus qu’à lui et pourtant sans lui, Paris a battu Nîmes 3-0 ; Toulouse 4-0, Metz 0-2, le Real Madrid 3-0 (sans la MCN au complet) et Galatasaray 0-1. On aurait pu dire qu’il a manqué lors de la défaite face à Rennes 2-1. Sauf que sur les trois dernières confrontations contre les Rennais, Paris a gagné une fois, sans le Brésilien. Et perdu 2 fois, avec et sans le Brésilien.

Sa présence n’est donc plus si indispensable que ça. D’autant plus que lorsqu’elle est effective, la performance de son équipe dépend de sa forme. Ce qui est dangereux pour l’équilibre de son groupe sur la pelouse. Loin d’être un leader à la CR7, le soliste qu’il fait rend son équipe plus prévisible. C’est sûr Paris est plus fort avec Neymar. Mais le collectif Parisien s’exprime bien mieux en son absence. Et le Brésil nous l’a encore rappelé. En remportant la Copa América haut la main sans sa star Parisienne.

*Surnom des joueurs du Santos FC

Recalé pour une histoire de permis de travail, Percy Tau ne peut toujours pas jouer pour l’équipe qui l’a enrôlé. Voilà bientôt deux ans que le Bafana Bafana a quitté les Mamelodi Sundowns pour Brighton & Hove Albion : sans arriver à destination. La raison : pas assez de matches dans les jambes pour mériter la Premier League. « Heureusement », on va dire. Sinon le talentueux gaucher n’aurait pas signé dans un club européen un peu plus digne de son standing : une équipe qui jouera la Champions League.

Paradoxes

Percy Tau a quitté l’Afrique du Sud en 2018. Auréolé d’un titre de champion d’Afrique 2016, le vainqueur de la Supercoupe de la CAF 2017 gagne l’Europe après 5 ans passés sur le Continent Noir. Le but est de prouver qu’il a le niveau pour évoluer dans le Vieux Monde. Un choix guidé par un défi qui commence en D2 Belge pour le double vainqueur de la ABSA Premiership.

Aussi, Brighton le prête au RU Saint-Gilloise. Le meilleur buteur du championnat sud-africain en 2018 s’y impose facilement. Inscrit 12 buts en 35 rencontres. Et est logiquement élu meilleur joueur du championnat. Une performance jugée insuffisante pour les autorités compétentes. Le mondial des clubs auquel il a participé ne suffit pas. L’ancien des Spurs (de Witbank) devait prendre part à la finale de la CAN 2019 pour jouir de ce plaisir. En outre, malgré une Coupe d’Afrique aboutie, le Brésilien ne pratiquera pas le football au pays du football. Le fait que sa sélection ait sorti celle de Salah en huitièmes (et à domicile), ne lui concède pas encore ce droit.

Bien mieux que rien

Le FC Bruges saute alors sur l’occasion et attire l’attaquant sous forme de prêt. Une transaction judicieuse. Un transfert qui permet au géant belge d’occuper la première place de la Jupiter League. Mais aussi et surtout de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Prouesse que les brugeois doivent en grande partie à la technique de leur recrue estivale. Auteur de 2 buts en championnat, le natif de Witbank sera le facteur X de cette double confrontation victorieuse contre les autrichiens de Linz. Son impact sur le jeu étant à l’origine des deux dernières réalisations de son écurie.

South Africa Fans Celebration at Soccer City par Celso FLORES – Wikipedia CC BY 2.0

Enfin chez moi

Le finaliste de la C1 1978, passe ainsi d’un dangereux 1-1 à une nette victoire 3-1. L’attaquant de 25 ans causera le corner du but de la délivrance. Et sera passeur sur le but du K.O. Dans la poule A du PSG, du Real Madrid et de Galatasaray, il retrouve de ce pas les premières loges. Les sensations d’une compétition qu’il a gagnée chez lui en Afrique. Sera-t-il capable de réitérer son exploit ? Nul ne le sait. S’il y a une certitude cependant, c’est que jouer les premiers rôles en Belgique, c’est mieux que lutter contre la relégation en Angleterre. Le niveau du football africain d’élite n’équivaut pas à celui de la seconde division européenne.

*Surnom des joueurs du Mamelodi Sundowns

 » La mentalité du monde du foot est-elle mauvaise ? « , a demandé un journaliste du Corriere dello Sport à Lilian Thuram. Et lui de répondre :

 » Quand  on  parle  de racisme,  il  est  nécessaire  d’avoir  conscience  que  le  monde  du  foot n’est  pas  raciste  mais  qu’il  y  a  du  racisme  dans  la  culture  italienne, française et  européenne  et  plus  généralement  dans  la  culture blanche.  Les  Blancs  ont  décidé  qu’ils  étaient  supérieurs  aux  Noirs […] »

Une réponse sortie de son contexte… si on s’en tient à son auteur :

 » Je  parle  des  supporters  racistes.  Ces  personnes ont  un  complexe  de  supériorité.  Cette  supériorité  vient  d’une histoire.  […]  Nous  vivons  dans  une  société  où  il  y  a  des  hiérarchies. Les  personnes  racistes  sont  encore  dans  la  hiérarchie  du  passé  et pensent  que  cette  hiérarchie  est  juste.  Beaucoup  de  personnes défendent  l’idée  que  les  Blancs  sont  supérieurs. »

Une réplique qui ne tardera pas à causer beaucoup de remous. Pierre Menes lui a répondu :

 » Je n’ai pas envie de parler de ça avec lui. Parce que moi je vais vous dire ce que je vais vous dire là : le vrai problème en France, dans le football en tout cas, c’est le racisme anti-blanc. J’invite les gens à prendre leur voiture et aller faire le tour des matchs en région parisienne le week-end. […] Allez voir ces matches là et comptez les blancs sur le terrain en général il y a le gardien de but et l’arrière droit. »

Peut-être qu’il a raison. Le racisme s’applique à toutes les races. Un homme peut être traité en étranger dans son propre pays. Cependant, il faut rappeler à tous ceux qui supportent Pierre Menes, qui traitent Lilian Thuram de raciste « anti-blancs » et ont certainement défendu l’idée selon laquelle Sagnol et Blanc ne sont pas racistes, que :

1 – Thuram n’a jamais choisi d’être français. Ses ancêtres ont été enlevés à leurs terres, transportés pendant des mois comme des sardines pour finir esclaves pendant trois siècles. Par conséquent, il est le mieux placé pour parler de racisme. Il est l’un de ses nombreux fruits.

2 – Le Code Noir n’a pas été écrit en banlieue.

3 – Un jeune blanc n’a jamais été pendu en banlieue par une foule de noirs qui le soupçonnent d’avoir regardé une blanche.

4 – Un jeune blanc n’a jamais été fouetté à mort par son maître noir pour avoir commis une erreur.

5 – Une femme blanche n’a jamais vu son enfant lui être enlevé pour être vendu comme du bétail.

6 – Un footballeur blanc n’a jamais été victime de cris de singes.

Etc. Etc. On va s’arrêter là, la liste étant longue. À chacun de se faire son film sur cette histoire. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas deux vérités. Il n’y en a qu’une et chacun de nous la connaît.

A lire aussi : Pierre Menes s’excuse pour ses propos

Alors que Manchester connaît un début de saison compliqué. Au moment qu’ils se rendent compte qu’ils ont longtemps menti, les médias essaient une fois de plus de détourner les regards. De protéger le protégé de Sir Alex Ferguson en rejetant la faute sur Mourinho. Quelle honte ! La nouvelle qui bat de l’aile dorénavant. L’information qui circule avec éclat depuis, se résume en cette phrase : José Mourinho ne voulait pas de Van Dijk.

 » Un mensonge répété 1000 fois, reste un mensonge  » : José Mourinho

The Independent est l’auteur de cette anecdote loin d’être vérifiée. Ce mythe qui daterait de la saison 2017/2018. Un conte qui ne changera rien à ce qui s’est réellement passé. La vérité c’est qu’en 2017, Manchester n’avait vraiment pas besoin de Van Dijk. Le défenseur hollandais est logiquement allé dans un club nécessiteux de ses services. En cet hiver 2018, Mourinho  avait encore fait les bons choix.

Pourquoi changer ? Il a préféré le duo Bailly – Lindelof à Van Dijk et ça a marché. Le journal anglais a juste oublié d’ajouter que Man U cette année a fini second avec la seconde meilleure défense du championnat et 19 clean sheets. 28 buts encaissés seulement (soit un de moins que Man City). Contre 38 pris par Liverpool. Les Reds terminaient alors à la 4e place. Preuve que si Mourinho a demandé de nouveaux défenseurs c’est parce que son arrière garde avait baissé en régime. Notamment à cause des blessures de l’ivoirien et du suédois. Ce qui est assez normal dans ce sport de contact. C’est le haut niveau. Celui qui ne répond pas présent doit pouvoir être remplacé.

Sauf que quand tu t’appelles José Mourinho, tu n’as pas droit à l’erreur. Tu dois gagner tous tes matches 8-0. Tes joueurs doivent sauter dans tes bras à chaque but, toujours être au top et ne doivent jamais se blesser. Une exigence particulière qui dénote un constat triste. Celui  qui démontre  à quel point le monde médiatique est versatile. Ses vérités s’écrivent au faciès. Et la face du Special One est celle qu’il préfère le moins. Aussi, ce retour en force sur le dos du portugais signifie une chose : il arrive. Le sabotage de son oeuvre a commencé.

Il y a quelques jours, José Mourinho affirmait avec beaucoup d’émotion  que le football lui manque. Ses détracteurs sautaient alors sur l’occasion pour l’humilier. Qu’est-ce qu’il y a de mal à couler des larmes ? Existe-t-il une personne qui ne l’a jamais fait ? On ne se le demande pas. Le problème c’est Mourinho. Il fallait qu’il parte de Manchester et c’est tout. Au lieu de penser à construire une équipe, on a combattu un homme. Un manager remplacé par un autre : le début d’un regret inavoué…

Sir Alex par nbostanova – Pixabay CC0

Nostalgies…

Qui regrette cependant ? Solskjaer ? Manchester ? Les deux ? On ne le saura certainement jamais. Faire ce cadeau à une personne qu’on a mise à la porte de façon méprisante : non ! 4 matches, une victoire, une défaite, 2 matches nuls : Solskjaer nous rappelle l’ère Ferguson cette saison. Non pas celles où les Red Devils avaient fini deux fois 11e (1987 et 1989) et 13e (1990). Mais bien celle où ils enchaînaient les victoires avec classe.

Les supporters sont contents de revivre cette belle époque. Cet instant magique où derrière le mauvais travail de José, le Zidane de Manchester a enchaîné 9 victoires sur ses 10 premiers matches. Avant de « rejoindre Cardiff ».

City of Cardiff

Cardiff – Manchester United (1-5), c’était l’affiche du premier match de Solskjaer à la tête de United. L’ancien pensionnaire du Molde FK punissait ainsi la première équipe qu’il a entraînée en Premier League. Un club où il n’a pas laissé des traces mémorables. Pourtant son arrivée en 2014 a suscité un réel engouement. Double champion de Norvège, le remplaçant de Malky Mackay semblait avoir les épaules solides pour supporter la pression. Le club joue la relégation et compte sur son Super Sub pour éviter la Championship. Bilan : 18 matches, 3 victoires, 3 matches nuls, 12 défaites. Position 20e.

Quoique, ce n’est toujours pas de sa faute. Cardiff de retour en D2 Anglaise, il est naturellement conforté à la tête du club. Une reconduction qui lui permet d’améliorer son ratio. Bilan : 7 matches, 3 défaites, 2 nuls, 2 victoires. « Baby-face killer » est saqué en septembre 2014 laissant l’écurie galloise à la 17e place de la ligue (sur 24).

Il retourne à Molde FK. Remporte la Coupe de Norvège. Et revient à Manchester United substituer Mourinho. Molde, Premier League, seconde partie de saison, engouement, dégringolade : le cycle semble reprendre. Depuis la fin de sa bonne série. Depuis la défaite à Old Trafford 0-2 contre le PSG, Solskjaer a joué 24 matches officiels. Soient 9 victoires, 5 matches nuls et 10 défaites. Son équipe est actuellement 8e de Premier League.

Attention au cauchemar

Meilleur entraîneur de l’après Ferguson, Mourinho était considéré comme indigne du Théâtre des Rêves. Limogé, les louanges ont vite couvert son successeur norvégien. Heureusement car personne ne pourra plus dire que c’est à cause de lui que Manchester ne gagne plus. On se rend même compte aujourd’hui que tout ce qu’il disait était vrai. Notamment sur Pogba. Le champion du monde qui a tout fait pour mettre José sur la touche, ne fait rien pour conforter Olé. Il met toujours autant son équipe en difficulté et fragilise un effectif plus que diminué.

On a l’impression que le mercato de Manchester a été fait pour blesser le Happy One. Les départs de Fellaini, Herrera, Smalling et Lukaku ; Matic sur le banc. L’arrivée de Maguire (réclamé par Mourinho) et le « pouvoir » aux jeunes sont des signes qui montrent bien que le lusophone semble visé. Sauf que ce n’est pas contre lui que Man U va jouer. C’est contre des équipes du meilleur championnat au monde. Des clubs qui se sont très bien renforcés durant ce marché des transferts. Everton, Wolverhampton, Leicester, West Ham, Newcastle ne joueront pas le titre avec Man City, Liverpool, Tottenham voire Arsenal. Mais risquent de ne pas trembler devant le Manchester de Daniel James. Ce collectif que le natif de Kristiansund a édifié, est bien parti pour jouer la relégation.

L’histoire entre l’Europe et l’Afrique n’a pas encore fini de se croiser. Le football en est l’exemple parfait. Le sport roi continue d’illustrer cette rencontre de plus en plus problématique. Le souci étant lié à la reconnaissance de l’apport du footballeur africain dans le football européen. Les successeurs de George Weah, qui a reçu le ballon d’or en 1995, tardent à arriver. Pourtant ses remplaçants se sont vite révélés derrière lui. Parmi eux : Drogba, Eto’o, Aubameyang, Salah et surtout Sadio Mané. Le vainqueur de la dernière Ligue des Champions vient encore de marquer les esprits, en inscrivant un doublé qui a permis à Liverpool de remporter la Supercoupe d’Europe face à Chelsea (2-2/5-4 aux t-ab). Ainsi, la saison européenne commence comme elle s’était terminée, c’est-à-dire avec un footballeur africain meilleur joueur d’Europe.

Meilleur joueur africain ?

Alors Sadio Mané est-il le meilleur joueur d’Europe ou le meilleur joueur africain ? La question est d’autant plus intéressante qu’il n’a encore rien gagné sur le sol africain. Contrairement à l’Algérien Youcef Belaili qui a remporté la Ligue des Champions, avec l’Espérance de Tunis et la CAN avec l’Algérie. À l’inverse aussi du capitaine algérien Riyad Mahrez, Mané n’est toujours pas un champion d’Afrique. Son talent attend encore de dominer un football considéré comme inférieur par certains spécialistes. C’est comme si un docteur en mathématiques n’arrivait pas à faire une simple addition, après plusieurs tentatives.

Meilleur joueur évoluant en Europe ?

Sadio Mané est sans aucun doute le meilleur joueur d’Europe aujourd’hui. Son début de saison ne fait que le réaffirmer. Mais sera-t-il confirmé ? Pas si sûr. Le Lion de la Terranga n’a même pas été nommé parmi les trois joueurs qui pourront prétendre au titre de Footballeur UEFA de l’année. Derrière Cristiano Ronaldo, Van Dijk et Messi, Mané est 5e. Une place aux pieds du podium dévoilée le lendemain de sa remarquable prestation en Supercoupe d’Europe.

Qu’en sera-t-il du Ballon d’or ? Probablement pareil. Son issue reste dépendante de la subjectivité d’un scrutin. Ici on crie, on saute, on vote pour celui qu’on aime. Qu’il soit le meilleur ne compte que trop peu. Un footballeur africain soumis à un suffrage européen part donc forcément désavantagé. La seule façon pour lui d’être sûr de triompher, c’est de réaliser des perfomances du niveau de Cristiano Ronaldo. Le portugais d’origine capverdienne subit les mêmes critiques que ses demi-frères. Une remise en question permanente de son génie qu’il conteste par des performances incontestables. En somme, être superieur ne suffit pas. Le footballeur africain evoluant en Europe doit être stratosphérique. 

Mercredi le 14 août à Istanbul se jouera la Supercoupe d’Europe entre Liverpool et Chelsea. Illustre affiche 100 % anglaise qui lancera la nouvelle saison européenne : une autre course entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Une année où les deux superstars du ballon rond auront encore énormément à donner…

Lionel Messi : Déjà vu ?

Messi vient encore de rater l’occasion de remporter un titre avec sa sélection. Il se retrouve ainsi dans une posture similaire à celle de l’année passée. Situation embarrassante où il devait alors laver l’affront d’une Remontada et d’un autre raté sous le maillot de l’Argentine. Cette fois la Roma a été remplacée par Liverpool, la France par le Brésil et le mondial par la Copa América.

Malgré des statistiques individuelles stratosphériques. En dépit de son statut d’intouchable, le Blaugrana sera obligé de remporter un trophée international pour redorer son blason de quintuple Ballon d’or. C’est ça ou le vrai début de la chute. D’autant plus qu’il n’est plus vraiment jeune à presque 33 ans. Et qu’un champion du monde vient d’arriver en Catalogne. Quand on sait que les joueurs de l’Atlético Madrid possèdent souvent un tempérament fort, on peut véritablement craindre le pire entre Antoine Griezmann et le roi Léo : les deux gauchers…

Cristiano Ronaldo : Un nouveau challenge

En signant à la Juventus, Cristiano Ronaldo s’est trouvé une nouvelle jouvence. Bien qu’il ne soit plus tout jeune lui aussi, le Turinois semble encore tout à fait capable de relever ce défi. Un impératif, étant donné qu’il a été acheté pour ça… : remporter la Ligue des Champions avec la Vieille Dame.

L’an passé Max Allegri avait trop compté sur sa qualité individuelle pour aller au bout. Après son triplé salvateur en huitièmes retour face à l’Atlético, le coach italien a pensé que l’Ajax devenait une évidence. Il s’est trompé. Il a laissé Douglas Costa sur le banc et les quadruples champions d’Europe ont logiquement pris le dessus sur les triples. Cuisant échec qui a précipité le départ de l’ancien technicien du Milan AC.

Maurizio Sarri est donc arrivé de Chelsea, accompagné du hollandais De Ligt, du gallois Ramsey et du français Rabiot. Un recrutement turinois. Des choix sobres et très efficaces qui devraient aider les Zèbres à tenir tête aux Britanniques. Et pour cela, il faudra que CR7 soit au rendez-vous. Sa victoire en Ligue des Nations semble lui avoir redonné le sourire derrière une saison en demi-teinte en club.

Le Real Madrid amorce une nouvelle ère de Galactiques. Jovic, Eder Militao, Rodrygo, Ferland Mendy, l’arrivée d’Eden Hazard cacherait ainsi celle d’une ou deux autres stars. Parmi elles, Paul Pogba probablement. Le Mancunien serait ardemment désiré par Zinedine Zidane. Une ambition qui semble-t-il aurait forcé le technicien à pousser Gareth Bale dehors… en direct.

Unhappy End

Zinédine Zidane :

« Bale  a  été  laissé  de  côté  parce  que  Madrid  tente  de  le  vendre.  S’il  peut  s’en  aller  demain, c’est  mieux.  Il  n’y  a  rien  de  personnel,  je  n’ai  rien  contre  Bale,  mais  je  prends  des décisions, il arrive un moment où il est temps de changer, son départ serait mieux pour tout le monde, aussi pour le joueur, qui connaît la situation »

Des mots qui n’ont du tout pas plu à l’agent de Gareth Bale Jonathan Barnett. Lequel n’a pas hésité à le lui faire savoir :

« Nous travaillons sur le transfert. Les commentaires de Zidane sont une honte, il ne montre aucun respect  pour  un  joueur  qui  a  tant  fait  pour  le  Real  Madrid  »

Et Zidane de lui répondre :

« Je vais essayer d’être très clair à propos de Gareth. Tout d’abord, je n’ai manqué de respect à personne et encore moins à un joueur, car j’ai toujours dit la même chose, les joueurs sont la chose la plus importante. S’il y a un joueur ici alors je suis avec lui. Deuxièmement, j’ai dit que le club essayait de trouver une issue pour Gareth. Troisièmement, et c’est le plus important, Gareth ne s’est pas changé pour le match l’autre jour parce qu’il ne le voulait pas, rien de plus. Le club essaye de le vendre. Maintenant nous revenons à la même chose. Bale est un joueur de Madrid et il s’entraînera normalement aujourd’hui. Nous verrons ce qu’il se passera demain. Je ne sais rien de nouveau à propos de l’opération. »

Le poids des mots

Certes l’ancien des Spurs n’a pas voulu jouer face au Bayern. Toutefois, l’intervention de son coach n’a jamais mentionné ce fait. Elle s’est directement attaquée à l’attaquant et la réaction n’a pas tardé. Il y’a certainement eu dans ces propos des jugements de valeur inadaptés envers un tel joueur. Aussi, dire que les premiers termes employés par Zidane sur Gareth Bale étaient appropriés, c’est mentir. 102 buts en 231 apparitions, Gareth Bale n’est peut-être pas un exemple sur le plan de l’hygiène de vie (encore faut-il le prouver). Mais sur le plan comportemental, son attitude envers ses coéquipiers et son entraîneur est une imperfection plus que louable. S’attaquer ainsi à un joueur discipliné qui ne parle jamais, c’est sûrement assez déplacé.

GB a quand même permis à Zidane de remporter sa dernière Ligue des Champions. Un doublé : deux magnifiques réalisations et voilà qu’il est remercié. Auteur de 3 buts sur les 4 dernières finales remportées par la Maison Blanche, il est sorti par la petite porte : sans aucune considération. Pourtant cette domination européenne du Real a commencé à son arrivée. Et quand on sait le soutien que Zidane a apporté à un Benzema en panne, on ne peut que qualifier d’injuste le traitement subi par le gallois. Et ressasser les soupçons de partialité qui pèsent à son endroit.

La fin d’un cycle

Cependant, le football est un sport juste. Zizou, malgré son palmarès élogieux doit s’attendre au pire la saison prochaine. D’autant plus que son retour n’a répondu à aucune attente. Modric, Kroos, Ramos vieillissant. Varane en manque de challenge, après le départ de Ronaldo, celui de Bale ne rendra le Real Madrid que plus léger. Tant talentueuse que travailleuse, cette paire à elle seule est largement au-dessus  du package formé par Hazard et les autres recrues. Y compris Pogba. Champion du monde qui a plus été un problème à Manchester qu’une solution. Au même titre qu’Eden pour Sarri. Donc attention…

Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute…

Ça aurait été trop beau pour être vrai. Une compétition de football qui se termine sans erreurs majeures d’arbitrage. Un match, une finale qui s’est encore jouée sur un fait de jeu notoire : la main de Guedioura dans la surface de réparation à l’heure jeu. Un coup de sifflet qu’aucun sénégalais n’ose réclamer haut et fort : la main de Gueye en demi-finale contre la Tunisie. Et pourtant l’arbitre Alioum avait bien montré le petit point blanc, quand la VAR l’invita à revoir sa décision…

Guedioura par Clément Bucco-Lechat – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Fausse note

Le visu dans son regard, l’officiel camerounais revient de ce pas sur son choix et annule le tir au but. Pourtant le ralenti montre bien le milieu défensif désireux de détourner la balle du bras. Une intentionnalité indubitable : un geste qu’il répètera en toute fin de match. D’un « smash » l’algérien occasionnera le dernier coup-franc de la partie et de la CAN. Comme quoi, les mauvaises habitudes ont la peau dure…

Coups de main

Le football refuse de se débarrasser de ses tares et en semblent même fier. Le ballon rond est la seule sphère sportive où on se vante encore de ne pas siffler une faute avérée. Certaines d’entre elles sont mêmes déifiées : la main de dieu. Le premier but de Maradona en 1986 contre l’Angleterre : une tricherie célébrée. Un exemple pour Messi, qui imitera Diégo en Liga avec entrain : la duperie revalorisée et portée en triomphe…

Justice rendue

C’est quand même bizarre qu’on soit encore à débattre sur un ballon freiné par une main décollée du corps, qui annule une occasion réelle de but. Autant faire comme dans le jeu FIFA : aller dans les paramètres et décocher l’option qui permet à l’arbitre de sanctionner les fautes de mains. Ou mieux encore : enlever la vidéo pour cesser de décrédibiliser les hommes en noir. Si on est incapable d’interpréter ce genre d’action dans le FOOT moderne, ça ne sert à rien de continuer.

Portugal – France à l’Euro 2000 ; Argentine – Nigeria et France – Croatie en Russie… si on a sifflé pénalty pour les Green Eagles (surnom du Nigeria) en demi-finale contre l’Algérie, c’est qu’on aurait dû le faire pour les tunisiens face aux sénégalais et pour les sénégalais en finale. Les décisions arbitrales doivent mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Dans le cas contraire, le football se fera un plaisir de rendre justice. Un plaisir pas toujours partagé… La preuve : les Lions de la Terranga ont été défaits comme ils ont défait les Aigles de Carthage. C’est-à-dire à cause d’un pénalty valable non-sifflé. Équilibre !

Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute, dit un proverbe. Probablement africain étant donné qu’on parle d’un sénégalais. D’un africain qui vient de perdre une finale de coupe d’Afrique. Gros chagrin, double peine pour ce peuple convaincu de disposer d’une foudre de guerre comme sélection. Les favoris ont encore été dévorés. Pas par des Lions Indomptables mais par des Fennecs insatiables, carnivores à l’occasion. C’est triste à dire mais le Sénégal a joué un match amical, l’Algérie une finale…

Sadio Mané par Екатерина Лаут – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cryptonite

Une finale de Coupe d’Afrique. On ne la joue pas on la gagne et les Lions de la Terranga auraient dû le comprendre. On parle de domination, de beau jeu : des mots vains dans les oreilles d’un compétiteur. Bounedjah et boom le Sénégal est K.O à la 2e minute de jeu. Sur les traces du « chinois » Ighalo, meilleur buteur de la CAN : un « qatari ». Auteur de 44 réalisations en 27 matches cette année, le coéquipier de Xavi a démontré qu’il n’y a pas de destination exotique dans le football. Un but, son deuxième : une frappe contrée qui aurait dû forcer Alfred Gomis à se déchirer pour la détourner : pour sa nation. Benlamri a laissé son sang sur la pelouse : le portier de SPAL a accepté d’être battu et son équipe a été battue.

Score final 1-0. Le Sénégal a bien joué et puis quoi ? Alger rit pour reprendre l’Alger-roi Médine. Sous ce maillot de la même couleur verte que le métal capable de plier Superman en deux, DKR pleure. Dommage que Kouyaté et les siens n’aient pas compris que bien faire les choses ne sert à rien quand c’est la défaite qui se profile à l’horizon. On ne joue pas pour jouer. On joue pour gagner. Parler ne suffit pas : il faut agir. Super Mané a fait un très bon match, mais pas celui qu’il fallait. Sur la dernière action par exemple. Sur ce coup-franc légèrement excentré pour son pied droit, le « Onze d’or 2019 » aurait dû prendre ses responsabilités. S’inspirer de Mahrez face au Nigeria et faire le job. On parle d’une occasion en or de revenir… Hélas !

Bravo, tu as perdu…

Pousser ce ballon pour une frappe dans le mur de Salif Sané : le désaveu. Une passe qui cependant n’empêche pas la réalité de penser que le génial n°10 de Liverpool soit aujourd’hui le meilleur joueur du monde. Statut qu’il discutait avec Mo Salah jusqu’ici, sorti trop tôt. Médaille qui assurément a pesé lourd sur les prestations de son équipe. Ragaillardis par leurs talents, elle et lui semblaient convaincus que ce serait la victoire qui viendrait à eux. Sauf que le football marche dans le sens inverse. Les hommes d’Aliou Cissé se sont contentés de la finale et leurs adversaires d’une place dans l’histoire. Quoiqu’à quoi bon gagner dans ce sport moderne où on récompense les perdants.

Modric Ballon d’or, pourquoi pas Mané ? Vainqueur de la Ligue des Champions, il est le footballeur le plus accompli de cette saison. Sauf qu’il est africain. Et dans l’esprit de la majorité de ceux qui votent les premiers de la classe, les footballeurs africains manquent de classe. On sous-estime leur football pourtant Percy Tau a terrassé Salah et Belaili Mané : deux fois. Bref, une qualité qu’on ne présente plus. Aussi, si Eto’o et Drogba n’ont pas été Ballon d’or ce n’est surement pas Mané « Garrincha » qui le sera. A moins que…

Qu’il se console avec le Ballon d’or Africain. Lequel irait bien à un Algérien. Mais comme dirait Djamel Belmadi : « ça faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné en Afrique… »