Pierluigi Collina : Plus fort que la VAR

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Sur le plan technologique, il ne fait aucun doute que le football a progressé. Équipements, stades, Goal Line Technology, VAR, beaucoup de choses ont changé autour du ballon rond. Des améliorations notoires sans réelles modifications toutefois. Deux équipes de 11 joueurs s’affrontent toujours sur une pelouse. Un terrain d’entente, une rencontre maîtrisée par la présence d’un 23e homme : un arbitre. Officiel central, capitaine de la troisième équipe. Escouade qui elle également, joue pour gagner. Pour démontrer que sa prestation reste aussi importante (sinon plus) que celle des 22 autres acteurs. Et qui dit performances arbitrales, dit forcément Pierluigi Collina.

Pierluigi Collina par Fars News Agency – Wikipedia CC BY 4.0

Un signe de sagesse

Collina n’a pas toujours été un arbitre. Il a aussi été défenseur avant de prendre le sifflet. Un choix qui lui a valu une progression fulgurante freinée par une alopécie sévère. Le jeune homme de 24 ans perd ses cheveux en 10 jours et voit sa carrière marquer du pas. Dans le Calcio à l’époque, être un arbitre sans cheveux pouvait provoquer des réactions désagréables dans les gradins. On a donc attendu que sa maladie cesse pour le relancer. Une perte de temps évidemment, le colosse d’1m84 déterminé.

Pour l’ascension qui l’attendait, le septuple meilleur arbitre de Serie A avait besoin d’un look différent. Divin chauve, cette maladie n’a heureusement pas eu un impact sur sa vie. Elle l’a distingué de sa génération et a rapidement fait de lui un sage. Un « moine », un homme à part : le meilleur arbitre de tous les temps. Ou du moins, celui qui a le plus marqué le football de son temps. Sa quote-part sur le gazon était simplement aussi remarquable que celles des Ballons d’or Zidane et Ronaldo à leur époque.

Le maillot de Ronaldo à l’Inter de Milan par Auteur Inconnu – Wikipedia CC BY-SA 2.5

Déférences

On sait à quel point c’est difficile de dire qu’un arbitre a fait un bon match. Surtout lorsqu’on appartient à l’une des deux équipes qu’il sépare. Et pourtant on le disait de lui. Ses prouesses étaient si notables que des penseurs du football tels que Sir Alex Ferguson s’inclinaient devant son génie. Un respect qui s’étendait jusqu’aux amphithéâtres de l’université de Hull. L’économiste y reçut le diplôme honorifique de docteur en sciences, pour ses services rendus au football. Aux joueurs…

Victorieux ou non, certains d’entre eux lui ont même remis leurs maillots après les match. Des stars parmi lesquelles Ronaldo et Dietmar Hamann en finale de la Coupe du monde 2002. Une victoire 2-0 du Brésil sur l’Allemagne ou la consécration d’une immense carrière. Une succession de rencontres en haute définition qui prendra fin trois ans plus tard en Août 2005. Et comme Pelé et autres icônes du 20e siècle, il aura pris le temps avant de marquer les jeunes de son ère. De prêter son image à la jaquette d’un jeu vidéo : le très célèbre Pro Evolution Soccer 3. Il est le seul arbitre à l’avoir fait jusqu’ici. C’est dire…

Juge de touche par chirafat – Pixabay Cc0

Coup de sifflet final

Assistés par la vidéo, lorsqu’on voit le temps que les arbitres prennent pour décider. Le temps qu’ils perdent à se planter parfois, on ressent la régression globale du niveau du football. La technologie a facilité la vie aux  « Men In Black » et réveillé leur orgueil. « Ce n’est pas une machine qui me dictera ma conduite », croirait-on suivre. Aussi, l’image de ce témoin oculaire est altérée, son rôle parfaitement joué. Il présente clairement la vérité et laisse le soin au « refree » de juger. De voir aussi juste que les seuls yeux de l’actuel président du comité des arbitres de la FIFA.

Durant plus de 10 ans, le natif de Bologne n’a eu que sa vigilance pour faire son travail. Le surnommé Kojak n’avait pas besoin de visuels pour siffler adéquatement. Son grand regard suffisait pour que sa décision soit bonne. Nommé pour arbitrer votre match, vous étiez sûr de participer à un affrontement équitable. La preuve que les progrès techniques améliorent la vie des hommes sans forcément les changer. Si vous êtes une personne juste vous le resterez. Si vous n’êtes pas un bon arbitre ça se saura. Et si vous voulez progresser, elle vous aidera. Tout le monde n’est pas Collina. PC n’a pas utilisé la VAR, mais il lui reconnaît un grand mérite :

« 95% des décisions prises par les arbitres sans la VAR étaient correctes, et ce pourcentage a augmenté jusqu’ à 99,3% grâce à l’intervention de la V AR. (…) Cela a toujours été dit, la V AR ne signifie pas la perfection. Mais 99,3% en est très proche. » 

The End par geralt – Pixabay CC0

Ils veulent nous la prendre

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Une ligue fermée. C’est l’un des projets qui préoccupe le plus le football dirigé par Aleksander Ceferin. La création d’une sorte de NBA du ballon rond semble ravir plus d’un. Qui ? Citer leurs noms ici ne nous sera d’aucune utilité, étant donné que c’est leur pensée qui nous intéresse. Cette entreprise qui provoquerait la disparition de la Ligue des Champions, la vraie.

Le Milan AC, vainqueur de la Ligue des champions en 2003 par Soccer illustrated – Wikipedia CC BY-SA 3.0

No game no gain

Comment penser à une compétition fermée dans le football quand c’est tout le contraire qui définit ce sport. À l’air libre, sur un gazon, le sport du peuple n’a de sens que lorsqu’il est ouvert à tout le monde. Dans ce football où l’argent prend la place de l’herbe, l’essentiel se dérobe. À tous les prix, on veut gagner beaucoup plus. Au point d’oublier que sans jeu il n’y a pas de gains.

Mais de quel jeu s’agit-il ici ? La National Basket Association est souvent l’exemple de ce football cupide qui frise la stupidité et s’oppose à ses valeurs. Ce qu’on oublie c’est que la force du géant nord-américain ne se trouve pas dans son porte-monnaie. Mais bien dans les principes fondamentaux de l’activité qui le gonflent.

Basket-ball Parc par Free-Photos – Pixabay CC0

En NBA c’est le sport avant tout. On n’a pas peur d’exclure à vie le propriétaire d’une franchise pour des propos racistes. De faire un partenariat gagnant – gagnant avec le basket africain. De voir la vérité en face : de reconnaitre que les plus grands basketteurs de l’histoire ont des origines africaines. Le sénégalais Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA et patron de la NBA Africa :

« Il y a un vide sur le continent en ce qui concerne les compétitions interclubs. La Basketball Africa League proposera un modèle qui, j’en suis certain, attirera du monde. Surtout, cette compétition permettra aux immenses talents du continent africain d’avoir un cadre au sein duquel évoluer. Ce cadre sera professionnel. La NBA va y mettre tout son savoir-faire, toute son énergie et toutes les compétences dont elle dispose. C’est vraiment un jour nouveau pour le basket africain. Nous sommes très heureux de ce partenariat avec la FIBA (…) »

La Basket Africa League, la collaboration de la FIBA Africa et de la NBA permettra au basket africain de grandir sur ses terres. Et à la NBA de s’y implanter directement. Avec la montée en puissance des basketteurs africains, la NBA se verrait dans le cas contraire, forcée de tous les accueillir. De priver le sol africain de ses fils et le sol américain de ses pousses. Elle serait contrainte de faire un choix entre ses talents et les talents des autres et la discrimination naitra. Aussi, à travers cette initiative transcontinentale, l’association américaine rend possible la pérennisation du ballon orange. Et de sa propre existence par la même occasion. Tout le contraire de ce projet européen de ligue fermée.

Les supporters des Celtics de Glasgow célébrant la victoire en Ligue des champions de 1967 par Debbie MC – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Retour aux sources

La Ligue des champions 2018/2019 entrera dans l’histoire pour l’émotion qu’elle a suscitée. Elle a remis le football dans les bras de « sa mère ». Liverpool, Tottenham, qui n’a pas souhaité voir l’Ajax la remporter ? Cette équipe nous a rappelé les vraies raisons pour lesquelles on aime ce sport. De Ligt et compagnie balle au pied, on a su pourquoi ce tournoi nous délecte tant.

Et pourtant les champions des Pays-bas risquent de ne pas être « avec nous » la saison prochaine. Quadruple champions d’Europe, on va leur prendre leurs « joyaux » et ils passeront par les tours préliminaires. Pendant que des quatrièmes seront bel et bien directement qualifiés pour la phase finale.

Johann Cruyff lors de la Supercoupe d’Europe contre les Glasgow Rangers par Nationaal Archief Fotocollectie Anefo – Wikipedia CC BY-SA 3.0 NL

La Ligue des Champions est devenue la compétition la plus regardée au monde grâce à son caractère collectif. Si on a pu admirer des joueurs comme Johann Cruyff, Georghe Hagi, Andryi Schevchenko, Jari Litmanen etc. Ces footballeurs qui sortaient de « l’ordinaire », c’est parce qu’elle plaçait tout le monde sur le même pied d’égalité. Et ceci tant sur le terrain que dans les « tribunes ».

En Afrique par exemple (dans les années 90) il suffisait d’avoir un petit écran pour vibrer. Chaque mardi et mercredi vous aviez droit à un éminent spectacle assis sur votre canapé. Grâce à Canal France Internationale notamment, les chaines nationales africaines avaient la possibilité de retransmettre tous les matchs de la reine des coupes européennes. C’était magnifique, c’était donné et aujourd’hui c’est fini. Les droits télé ont tout pris…

Quoique même jusque-là, certains parviennent à trouver une solution pour entendre cette chanson si particulière. L’hymne écrit par Tony Britten et inspiré de Georg Friedrich Haendel fait dorénavant partie de leur répertoire naturel. Des mesures qu’ils entendront malgré tout de moins en moins, le champ de vision sur la coupe aux longues oreilles se réduisant. La ligue va tourner le dos à sa réalité pour devenir un carré VIP. Cercle fermé qui ne se résume pas qu’à un gros problème financier.

Football, sport et argent par geralt – Pixabay CC0

Du plus petit au plus grand

La boucle se clos pareillement sur un problème d’égalité des chances. Pourquoi vouloir fermer la porte à certains et l’ouvrir à d’autres pour des raisons certainement extra sportives ? Du domestique à l’international, le football européen est si bien organisé qu’il a seulement besoin d’une mise à jour. Maintenant qu’il y’a assez d’argent pour tout le monde, et si on le redistribuait équitablement ? Et si les « petits » championnats (souvent formateurs), bénéficiaient d’une redistribution ou d’une loi leur permettant de jouer dans la cour des grands ? Un texte qui leur permettrait de garder leurs meilleurs joueurs plus longtemps pourrait être voté. On leur pique leurs éléments et on les traite de petites équipes… ?

C’est injuste et ça va de mal en pis. La Coupe des Clubs Champions avant, c‘était seulement les champions qui la jouaient. Après on l’a ouvert aux deuxièmes, troisièmes et quatrièmes de certains pays pour mieux exclure d’autres champions. Et là, on veut totalement la fermer en estimant que certaines ligues n’ont pas leur place au sommet. Le début de la fin…

Match de nuit par Free-Photo – Pixabay CC0

Pas mal !

L’idée d’une ligue réduite n’est pas mauvaise en soi. En tout cas, c’est bien mieux que le « grand cœur » de la FIFA et ses 48 équipes au Mondial. Liguer les meilleurs est une ambition sportive honorable et aguichante. Toutefois, c’est à la pelouse de décider de la grandeur d’une équipe. Pas à une association à but lucratif. Les compétitions domestiques ne doivent pas être étouffées et l’alliance fermée envisagée devrait redevenir la C1 à ses débuts. Reformer cette élite avec les champions de tous les pays européens suffira largement.

Chaque mardi, il y’aurait donc plus de matchs prestigieux à regarder (pour plus de droits télé). La Ligue Europa prendrait ainsi chaque mercredi, une dimension plus forte. C2 qui privée des relégués de la C1, sera composée en intégralité des seconds et troisièmes de chaque championnat. Formule juste qui légitimerait alors la création d’une troisième coupe d’Europe. Nouvelle C3 où tous les jeudis, les quatrièmes et cinquièmes se battraient pour une étoile européenne. Soit un jour avant la C4 : la coupe européenne des vainqueurs des coupes nationales. De ce fait, les championnats nationaux garderaient samedi, dimanche et lundi pour nous fabriquer nos futurs champions.

C1, 2, 3 et 4 : voilà comme une coupe d’Europe 5 étoiles qui a du sens et du challenge. Une supercoupe d’Europe, un pays organisateur, deux demi-finales, une finale et une place bien méritée pour la coupe du monde des clubs.

C’est simple

Que le football européen ait plébiscité à ce point l’Angleterre n’est pas un hasard. Au sein de ce climat défini par les carnets de chèques, le jeu le plus simple a besoin de revenir à une image qui lui sied. Les anglais sont riches mais pas fous. Au lieu de penser à se refermer sur elle-même, l’UEFA devrait montrer l’exemple en respectant la FIFA. Sa supérieure hiérarchique a besoin de ses compétences pour rendre le football plus correct et plus cohérent. La confédération européenne a émerveillé le monde par la qualité de son organisation : c’est ce caractère qu’on attend qu’elle exporte.

Cinq jeunes et un ballon par OpenClipart-Vectors – Pixabay CC0

À l’instar de la NBA sur le Continent Noir, l’UEFA devrait militer pour un football harmonisé et bien organisé à travers le monde. Elle a la responsabilité de s’activer pour des formats uniformisés pour toutes les confédérations. Sans quoi, le sport roi finira en plusieurs morceaux. Si cette ligue fermée voit le jour, l’administration du football européen et mondial se divisera. Schisme qui volera au roi des sports sa couronne…

FC Barcelone : Mourinho a un nouveau prétendant

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Malgré une fantastique saison, le FC Barcelone ne remportera pas la Ligue des Champions. La faute à un Liverpool renversant. Une équipe des Reds battue 3-0 à l’aller, victorieuse 4-0 à Anfield au retour. Couac qui naturellement dans une telle écurie, crée la polémique sur les réelles valeurs de certains cadres. Et comme le roi Messi est intouchable, les regards se tournent forcément vers la touche. Ernesto Valverde est montré du doigt et déposé sur un siège éjectable. Une nouvelle place de libérée pour le Portugais José Mourinho…

José Mourinho par Steindy – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Victime de sa mode

Le 8 Mars 2017, le Barça est devenu le premier club de l’histoire de la Ligue des Champions à se qualifier après avoir perdu 4-0 à l’aller. Les Blaugrana de Luis Enrique humiliaient alors le PSG 6-1 à domicile pour piètrement tomber en quart de finale face à la Juventus. 3-0 à l’aller, 0-0 au retour, les Catalans entamaient ainsi une « Dégringolada » en C1 qui devait porter le sceau de leur « propre création » : la Remontada. Liverpool succède à la Roma et les champions d’Espagne sombrent dans le déni.

Redmontada, Romantanda, l’histoire prend une autre tournure et remet en question la qualité tactique d’un entraîneur qui au final, n’a rien montré sur la scène internationale. On dit que les grandes équipes ne perdent pas deux fois de suite : son FCB a perdu deux fois de suite après avoir gagné au match aller sur trois buts d’écart. C’est suffisant pour être débarqué d’une telle institution.

Il y’a quelques jours, Xavi déclarait : « le Barça doit à nouveau dominer les matches. » En fait ce que l’ancien capitaine des Alzugrana voulait dire, c’est que le Barça doit revenir sur le toit de l’Europe. Son club de cœur domine les rencontres : mais sur la péninsule Ibérique. José Mourinho, en parlant de Messi (donc du Barça) :

« Pour être le meilleur, il faut être un winner, pas seulement un top-player. Il n’est pas possible d’être le meilleur sans gagner des grandes choses. C’est fondamental (…) Je doute donc que Messi mérite le Ballon d’Or. On pensait tous qu’il était de retour, mais il a encore échoué en Ligue des Champions. Pour être le meilleur, il faut gagner. »

Lionel Messi par Laia – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Un choix logique

Qui pour gagner dans ce cas ? Pour dire à Messi ce qu’il ne veut pas entendre ? Pour prendre la place de l’ancien technicien de l’Athletic Bilbao ? On sait que le Barça aime ceux qui ont travaillé pour la « Maison ». Les anciens du club sont particulièrement appréciés chez le géant vêtu de Bleu et Grenat. Guardiola, Luis Enrique, Valverde, le Special One ? Une option judicieuse ce serait en tout cas. En plus d’y avoir travaillé aux côtés de feu Bobby Robson, le lusophone a le profil idéal pour rallumer la flamme de la victoire suprême dans ce club. Cette équipe qui l’a adopté dans ces débuts. Cet adversaire qui a nourri sa notoriété. Une formation qui son identité perdue, se transforme de plus en plus en équipe d’Argentine moderne.

On nomme les entraineurs qui font plaisir à Messi et pendant ce temps l’équipe n’évolue pas. Etre titulaire ne se résume plus à la performance sportive mais à la proximité avec La Pulga en dehors du terrain. La présence d’Iniesta a longtemps caché ce fait, mais aujourd’hui c’est trop flagrant. Le Barça est nécessiteux d’un coach de caractère. Un homme capable de mettre fin à cette attitude nonchalante sur la pelouse. José Mourinho, évoquant le quatrième but de Liverpool contre Barcelone en demi-finale retour de Ligue des champions :

« Si cela arrive dans un match de U14 ou de U15, on pourrait se dire: ‘Les gamins sont en train de dormir, ils n’ont pas la mentalité pour jouer au football, ils doivent apprendre les bases du jeu’. Mais on parle des meilleurs joueurs du monde, et le fait de concéder ce but veut tout dire au niveau de leur état d’esprit. »

Neymar face à Piqué par Danilo Borges/Portal da Copa – Wikipedia CC BY 3.0 BR

Le bouquet et le piquet

Dans sa marche impériale sur le terrain (pendant que ses coéquipiers défendent), le quintuple Ballon d’or est accompagné par une paire toute aussi prestigieuse. Le problème c’est qu’elle est à vocation défensive : Busquets et Piqué. Ces deux joueurs sont la preuve qu’il y a énormément d’injustice dans le très fameux football moderne.

De nos jours, ceux qui jouent ne le méritent pas toujours. Ça fait longtemps que les dossards 5 et 3 de Barcelone devraient être sortis des starting lineups. Ils ont suffisamment montré leurs limites sur la pelouse.

Busquets n’est clairement pas un bon numéro 6. Il a juste été entouré de milieux aussi complets que talentueux. Xavi, Iniesta, ou encore Xabi Alonso (en sélection) étaient les arbres qui cachaient sa forêt de défauts. Maintenant que son équipe a fortement besoin de lui, d’un vrai récupérateur, ils ressortent royalement.

Idem pour Gerard Piqué. Pour le passer, il suffit de le fixer. Les performances du conjoint de Shakira font chanter la défense Barcelonaise. Ses partenaires dans l’axe sont obligés de faire un double boulot, tant il est absent. Lui également a eu la « chance » de partager l’axe avec des défenseurs de grande classe. Puyol, Sergio Ramos et les autres ont longtemps couvert ses lacunes : ce n’est plus possible. Les tacticiens à la merci de Messi et de ses acolytes doivent laisser la place aux véritables entraineurs. Si Valverde avait remporté la Ligue des Champions à la place de Klopp ou Pocchetino, ça aurait été injuste. Le football récompense le travail. Les « mecs sympas » n’ont plus leurs places au Camp Nou. José Mourinho :

« La vraie innovation, ce n’est pas la technologie. Tu peux avoir le dernier drone, les derniers GPS, ce qui fait la vraie différence, c’est ce qu’on appelle le ‘know how’ [‘savoir comment faire’]. Beaucoup d’entraîneurs se cachent derrière la technologie, l’innovation, mais le vrai secret n’ est pas là. Quand je travaille, tous les jours je pense : entraînement de qualité. Avoir un entraînement de haut niveau, c’est un droit que les joueurs ont. C’est mon devoir envers les joueurs de le leur donner tous les jours. Une règle d’or. Il y a quelques jours, j’ai entendu un joueur parler de son coach : ‘Mon entraîneur, c’est un bon mec, un mec sympa, il a un grand cœur, c’est un homme fantastique. ‘Mais il ne dit jamais que son entraîneur est un grand entraîneur. Mais que veux-tu que les joueurs disent de toi ? Que tu es un grand entraîneur. La base, c’est ce que tu fais sur le terrain. L’essence de notre métier, la passion, elle est là, sur le terrain. C’est là que tu dois faire la différence. C’est la magie de ce terme : qu’est-ce que fait un entraîneur ? Il entraîne. »  

Ernesto Valverde par Богдан Заяц – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Man City rime avec Mancini

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C’est officiel ! Manchester City est à nouveau champion d’Angleterre. Le club entrainé par Pep Guardiola réalise un doublé historique : une première depuis Manchester United en 2009. Un record amplifié, les Cityzens écrasant Watford 6-0 en finale de la Cup à Wembley. Une performance inédite, aucun club dans l’histoire du football Anglais n’ayant jamais réussi à tout rafler sur le plan domestique en une saison. Les Ciels et Bleus sont donc sur un nuage. Et on se demande bien comment ils y sont arrivés. Comment une telle domination est possible dans un championnat si relevé ?

Les supporters de Manchester City après le titre de 2012 par Oldelpaso -Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un vent nouveau

La puissance financière ? On aurait pu attribuer cette hégémonie à ce facteur non-négligeable. Mais l’Ajax nous a montré que les billets verts ne servent pas tant que ça. Surtout si on ne sait pas où les injecter. Le travail de Guardiola ? Champions avec 100 et 98 points c’est énorme. Sauf que tout le monde sait que sans Kompany et son boulet de canon face à Leicester. Sans le capitaine Belge, Aguero et David Silva, le Barcelonais n’aurait probablement rien gagné en Angleterre. Et ces joueurs qui constituent le socle de City, ont tous été recrutés par un homme : Roberto Mancini.

Lorsqu’en 2009 Mancini remplace Mark Hugues, City est un nouveau riche sans véritables valeurs. Et dans un championnat où l’argent ne vaut rien s’il n’est pas utilisé à bon escient, le club d‘Alan Oakes peine à s’imposer. Le technicien italien arrive ainsi avec des valeurs footballistiques auxquelles il soumet le porte-monnaie. Le coup Robinho ayant échoué, il associe d’autres joueurs de talent et de caractère à Carlos Tevez. Parmi eux, Aleksandar Kolarov, James Milner, Jérôme Boateng, Edin Dzeko, Vincent Kompany, Yaya Touré, Kun Aguero, David Silva et Mario Balotelli. C’est la naissance d’une galaxie.

Roberto Mancini par Andy Brannan – Wikipedia CC BY-SA 2.5

Le grand Roberto

Aussi, il faut faire vivre cette constellation. Une entreprise que l’actuel sélectionneur de l’équipe nationale d’Italie met sur pied en greffant à ces transfuges l’esprit du club. Souffle qui arrive par le truchement d’un joueur issu du centre de formation et d’un autre venu de Shrewsbury Town (D3 Anglaise). Le mythique buteur de la Sampdoria de Gênes titularise le briscard Micah Richards en défense et Joe Hart dans les buts. Le club remporte la Cup en 2011, le premier trophée du président Khaldoon Al Mubarak : le premier depuis 35 ans. Et se qualifie pour la Ligue des Champions en terminant troisième devant Arsenal et derrière Chelsea.

Une position sur le podium synonyme de progression. En effet, les hommes du triple champion d’Italie (avec l’Inter) sont passés du cinquième rang en 2010 au bronze l’an suivant. Avant de grappiller deux nouvelles places et de terminer en tête devant le frère ennemi United. Titre glané à l’issue d’un finish haletant. Un scénario marqué par trois victoires rocambolesques. Le 1-6 infligé à Manchester à Old Trafford. La victoire 1-0 sur ces mêmes Red Devils au retour grâce à un but de la tête de l’inévitable Kompany. Et la victoire à l’arraché 3-2 devant QPR sur un but en toute fin de rencontre d’Aguero.

En conséquence, voilà comment Man City est redevenu un monstre sur la scène anglaise. Depuis ce sprint qu’ils ont réussi à remporter face au géant entraîné par Sir Alex Ferguson, les Sky Blues ont appris à gérer les temps forts et les temps faibles d’une saison de PL. Une équipe avec des cadres tout désignés est née depuis, et on voit les fruits. Après le départ de Mancini, City a remporté trois titres de champion, quatre coupes de la Ligue, deux FA Cup et cinq Community Shield. La question maintenant c’est : que deviendra cette équipe après l’héritage laissé par le meilleur joueur de Série A en 1991 ? On se souvient qu’à la saison liminaire de Guardiola, lorsqu’il a tenté d’écarter Kompany et Aguero après Joe Hart, le club n’a rien gagné…

Manchester City à domicile contre le Bayern en 2012 en Ligue des champions par LordHorst – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Et l’Europe alors ?

Malgré cette domination domestique outrageuse, Manchester City ne sera pas la meilleure équipe anglaise cette année. Il y aura un champion d’Europe anglais (voire deux). Liverpool ou Tottenham volera la vedette à leur incroyable saison. C’est triste mais c’est le football. Le quadruplé de City devrait passer après la future victoire anglaise en C1. Un échec pour autant ? Un objectif manqué. Malgré les bonnes bases posées, Guardiola n’a pas « remporté les trois Ligues des Champions qu’on lui avait demandées ». S’il a remplacé Pellegrini, c’est bien pour réussir où Mancini a échoué. Jusqu’ici c’est le prédécesseur de l’ancien coach du Bayern qui possède le meilleur rendement européen de l’ère émiratie. Une demi-finale perdue face au Real Madrid en 2016.

Man City a besoin de franchir un palier en Champions League pour rejoindre les grandes écuries de la Premier League. Pour tourner définitivement la page Mancini, Pep devra remporter la C1 avec des cadres que lui-même il a choisis. En revanche s’il part, on peut craindre le pire. Quand on pense au Bayern, au Barça… Quand on sait que les clubs se remettent difficilement des passages de Pep, on peut s’inquiéter pour le second club de Manchester.

Jürgen Klopp : L’Afrique te dit Merci

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Qu’ils sont rares de nos jours, ces entraîneurs de grands clubs européens qui font aveuglement confiance aux joueurs Africains. Ces techniciens en mesure de mettre l’intelligentsia du Continent Noir au centre de leur philosophie tactique. Des managers à l’image de Mourinho, capables d’acheter Adebayor le Togolais et Essien le Ghanéen au Real Madrid. D’insister pour avoir Drogba l’Ivoirien quand on lui propose Adriano, le Brésilien. D’échanger (la joie au cœur) Zlatan Ibrahimovic contre Samuel Eto’o, le Camerounais. Bref de remettre chacun à la place qu’il mérite. Depuis le FC Porto avec Benny McCarthy le Sud-africain, le Special One n’a jamais « évolué » dans un club sans emmener un Africain avec lui. Et quand on sait le succès qu’il a eu, on comprend pourquoi… Pourquoi Jürgen Klopp semble depuis environ 5 ans maintenant, marcher sur ses traces.

Jürgen Klopp (au centre avec les lunettes) par Martin Davidsen – Wikipedia CC BY 2.0

L’audace d’espérer

Après le retournement épique auquel on a assisté à Anfield le 7 Mai passé, plus personne ne peut nier la force de Jürgen Klopp. Le manager Allemand mérite amplement cette récompense qui couronne son gros travail. José Mourinho :

« Pour moi, cette Remontada porte un nom : Jürgen. Je ne parle pas de tactique, je ne parle pas de philosophie, je parle de cœur, d’âme, de l’empathie fantastique qu’il a créée avec son groupe de joueurs. Il mérite de remporter cette Ligue des Champions. Vraiment, je le lui souhaite. »

Un vœu sincère, un énoncé qui contredit le « personne ne veut que Liverpool gagne » de Raheem Sterling. Et anoblit encore la bonne qualité du management du natif de Stuttgart. Une consécration qu’il doit aux choix courageux qu’il a faits depuis son arrivée à Liverpool en 2015. Des options surprenantes qui donnent depuis des frissons dans le dos. Dans ce nouveau football où pour remporter de grands trophées, il faut des grands noms.

On ne gagne pas la Ligue des Champions ou la Premier League en renouvelant sans cesse sa confiance à Divock Origi (qui ne joue pas). En allant chercher Wijnaldum chez le relégué Newcastle. En remplaçant Suarez par Firmino d’Hoffenheim. En allant prendre Robertson à Hull City. Ou encore et surtout en transférant le Camerounais Matip de Schalke 04, le Sénégalais Sadio Mané de Southampton, l’Egyptien Mohamed Salah de l’AS Roma et le Guinéen Naby Keita du RB Leipzig. Et ce après avoir laissé partir le Brésilien Coutinho en janvier. On ne soulève toujours pas la « coupe aux longues oreilles » en tentant ce genre de coup. On va en finale de C1 deux années successives… en espèrant que cette fois sera la bonne.

Sadio Mane par Werner100359 – Wikipmedia Commons CC0 1.0

Une victoire pour l’Afrique

En face de Klopp à Madrid ce sera un autre entraîneur qui attend un trophée depuis très longtemps. Un premier, une première pour Mauricio Pochettino et Tottenham. Ou un début de succès pour l’ancien milieu du FSV Mayence 05 en Europe. Il le mérite bien après ses trois finales perdues à Dortmund en 2013 (C1) et à Liverpool en 2016 (C3) et 2018 (C1). Il offrirait ainsi à l’Afrique un véritable sacre. Un bonheur doublement fêté si Arsenal et son ancien protégé au BVB, le Gabonais PEA, venait à remporter la Ligue Europa. Ce serait alors une belle récompense pour le « Footballeur Africain » au vu de la saison exceptionnelle de ses stars. Ziyech, Onana… et ces attaquants qu’on ne se lasse pas de citer : Mané, Salah et Aubameyang. Les trois meilleurs buteurs de Premier League cette année avec chacun 22 buts. Des finisseurs hors-normes naturellement portés par le milieu Naby Keita (dit Déco) et le défenseur central Joël Matip. Lequel stoppeur aura été indomptable aux côtés de Van Dijk dans la seconde moitié de la saison. Et spécialement face au Barça…

Soccer China Africa par Eric_Manzi – Pixabay CC0

Africa Football Club

Lorsque José allait chercher Salah au FC Bâle, il savait ce qu’il faisait. Le Pharaon n’a pas assez joué à Chelsea, mais il a appris la PL sous les ordres du Portugais. Une férule convaincue par le génie Africain. Il l’a vu à l’œuvre. Il l’a mis à l’épreuve. Et il sait que sa réussite n’est pas fortuite. Elle est évidente. C’est normal que Kalidou Coulibaly, Mané, Salah et Aubameyang fassent partie des meilleurs joueurs du monde. Ils sont les héritiers d’une lignée exceptionnelle qui partage les mêmes origines que le roi Pelé. La preuve qu’en gardant ta nationalité Africaine tu peux faire une grande carrière.

Ce n’est donc pas grave si on songe à eux beaucoup plus en D2 ou quand il n’y a pas ou plus de moyens. Si lorsqu’on pense superstar, on ignore les « black stars ». On ne fait que conforter Pep dans sa belle philosophie de jeu. Idées rationnelles qui préfèrent Phil Foden le meilleur joueur de tous les temps, à Riyad Mahrez le meilleur joueur de Premier League en 2016. Dans ce sprint (finalement gagné) pour le titre, l’Algérien n’aurait pas pu faire ce que la pépite Anglaise a fait. Son but à Brighton le confirme : les choix de son coach étaient les meilleurs. Judicieuses options du Catalan : preuves qu’il n’y a pas que le sport dans le football.

Football à la plage en Afrique par dongpung – Pixabay CC0

Il y’a aussi le feeling, l’autre nom du marketing. Toutefois, signer un joueur pour sa valeur mercatique, c’est recruter un mannequin et perdre un footballeur. Et le maître penseur des Scousers (surnom des joueurs de Liverpool) l’a en tête. L’avantage de compter un joueur Africain dans ses rangs, c’est celui d’avoir un footballeur acheté (et vendu) pour ses prouesses. Son pays souvent « pauvre », il ne vient pas vendre un nombre incalculable de maillots. Encore moins attirer les plus prestigieux sponsors. Il vient jouer au football…

Angleterre : le football de retour sur ses terres

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La semaine des 7, 8 et 9 mai 2019 restera à jamais inscrite dans la légende du ballon rond. Elle marque le couronnement historique d’un football longtemps nié par ses nombreux détracteurs. Le championnat anglais est-il le meilleur au monde ? On a une réponse incontestable aujourd’hui, retracée par deux scénarios improbables. 4 clubs se disputeront les plus prestigieux trophées d’Europe. Liverpool – Tottenham en Champions League et Arsenal – Chelsea en Europa League. Représenté par trois clubs sur le quatuor, Londres est la capitale du football européen. Le sport roi joue à domicile…

Statue de Bobby Moore par coombesy – Pixabay CCO

Fucking Giants

Après la double victoire des Golden States Warriors sur les Rockets de Houston en demi-finale de Conférence Ouest, Steve Kerr (leur coach) paraphrasait Jurgen Klopp et déclarait que ses joueurs étaient des « putains de géants ». Kevin Durant blessé, nous sommes en NBA et la victoire 4-0 de Liverpool sur le FC Barcelone continue de se faire respecter. Battus 3-0 à l’aller, les coéquipiers de Sadio Mané sont parvenus à renverser la tendance devant leur public. Un exploit qui arrive alors que les Reds sont privés de Salah, Firmino et Naby Keita. « Goliath » n’avait qu’à bien se tenir. Un grand n’est pas un petit…

C’est connu, les meilleurs souffrent toujours d’oppositions. Souvent pour se donner du genre, pour être le premier à avoir détecté un trou dans la serrure, les contestateurs se lâchent. Geste qui ne fait que confirmer encore la supériorité de leur cible. Comparer les ligues est une perte de temps. Mais s’il le faut pour rendre à Lucas Moura les honneurs de son fantastique coup du chapeau, ce sera fait.

Didier Drogba par rayand – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Petit rappel des faits

La qualité d’une solution dépend des composantes qu’elle renferme. Le foot anglais compte le plus grand nombre de vainqueurs de la Ligue des Champions. Soit un total de 5. Liverpool (5), Manchester United (3), Chelsea (1) en Premier League. Aston Villa (1) et Nottingham Forrest (2) en Championship. Le club du mythique Peter Shilton est d’ailleurs la seule équipe européenne à avoir remporté plus de C1 que de championnats. Deux pour un…

Un football qui si vous l’avez remarqué, possède des vainqueurs de C1 en D1 et D2. Déjà un inédit et pourtant on ne parle même pas encore de la Coupe de l’UEFA (actuelle Europa League). Un trophée qu’Ipswich Town, Everton, Tottenham (Liverpool, Chelsea et Manchester United) ont remporté. De la Coupe des Vainqueurs de Coupes (maintenant disparue) glanée par Manchester City, West Ham, Arsenal (Everton, Manchester United, Tottenham et Chelsea).

Danny Blanchflower (à gauche) et George Best (à droite) par NL-HaNA, ANEFO / neg. stroken, 1945-1989 – Wikipedia CC BY-SA 3.0 NL

Aussi, au-delà de tout ce prestige le championnat d’Angleterre est celui qui détient le record de victoires consécutives en Ligue des Champions. C’est-à-dire 6. Entre 1977 et 1983 la « First Division » a tout raflé dans le Vieux monde. Liverpool en 1977 et 1978 ; Nottingham Forrest en 1979 et 1980 ; Liverpool en 1981 et Aston Villa en 1982… Trois saisons avant l’exclusion de 5 ans des clubs anglais de toutes les Coupes d’Europe par l’UEFA. Une sanction quelque peu exagérée, les hooligans de Liverpool étant les principaux responsables de cette tragédie : le Drame du Heysel.

Est-il juste de punir une famille parce qu’un de ses membres est fautif ? Non. It looks like… a « fucking disgrace ». Comme dirait Didier Drogba le 6 mai 2009 face à cet arbitrage catastrophique qui a facilité l’élimination des Blues contre Barcelone. Deux finales 100% anglaises successives ? Deux Manchester United – Chelsea de suite ? Cela ne se peut pas. À l’image des années 1980 où le « sport des anglais » était omnipotent, on a stoppé l’hémorragie avec un « coup de poing ». Quoique : « chassez la nature, elle revient au galop ! »

Fan anglais par milldesign – Pixabay CC0

Football is back

10 ans plus tard, les anglais peuvent une nouvelle fois être fiers de leurs équipes. Les facteurs externes évoqués pour blesser leur amour-propre sont infondés. Ceux qui pensent le contraire font fausse route. Nous sommes bien sur une suite logique. En 2016, Man City a joué les demi-finales de la Ligue des Champions et Liverpool la finale de l’Europa League. Man United a remporté l’Europa League en 2017. Liverpool a perdu la finale de la Ligue des champions l’an passé. Harry Kane a été meilleur buteur au dernier Mondial Russie 2018 où son pays a fini quatrième. Une place aux pieds du podium pour une sélection désormais qualifiée pour le « Final Four » 2019 de la Ligue des Nations. Conclusion : ce n’est pas un « Hazard » si cette année semble si magique dans la tanière des Three Lions…

De ce fait, qui pourra nier le rôle qu’a joué James Milner aux côtés d’Henderson dans ce succès renversant à Anfield contre les Blaugrana ? Et que dire de Trent Alexander Arnold et de son coup de génie ? Des deux passes décisives de Dele Alli ? Du petit pont de Danny Rose sur le puissant De Ligt, à l’origine du but qui déclenche la révolte des Spurs à Amsterdam ? De Kieran Trippier et sa patte droite ? Du but de Loftus Cheek, la fine finition dans un angle impossible contre Frankfurt à Stamford Bridge ? Ou du centre précis du jeune Maitland-Niles pour le second but du triplé d’Aubameyang à Valence ?

Liverpool, champion d’Europe en 2005 par Stomart – Wikipedia CC BY-SA 3.0

King of Fighting Spirit

Il y a un dicton urbain camerounais qui dit : « quand quelqu’un te dépasse porte son sac ». L’argument de l’étranger qui sauve l’Angleterre est teintée de mauvaise foi. Quand on a assisté au « Miracle d’Istanbul » ou à la victoire de Manchester sur le Bayern en 1999 au Camp Nou, on ne peut pas retirer aux anglais leur mérite. D’autant plus que Di Stefano, Puskas, Raymond Kopa, Zidane, Figo, Roberto Carlos, Ronaldo, Cristiano Ronaldo, Gareth Bale, Marcelo, Modric, Varane, Casemiro… Cruyff, Ronaldinho, Messi, Suarez, Rakitic, Neymar, Daniel Alves etc. étaient des étrangers quand le Real Madrid et le FC Barcelone faisaient triompher l’Espagne. Les clubs ne sont pas des équipes nationales. C’est normal d’avoir des étrangers dans son équipe, surtout de nos jours. De nombreux clubs européens ont été créé par des allochtones, très souvent anglais d’ailleurs. On leur reproche le Brexit et on pointe du doigt leurs étrangers. Etrange !

Anfield Football Fans par anwo00 – Pixabay CC0

La réalité c’est qu’on ne peut pas être ouvert et fermé à la fois. Les anglais ne sont pas tous des saints, oui. Mais l’esprit qui règne chez eux… Cette atmosphère qui a fait la force de Liverpool, Tottenham, Arsenal et Chelsea, est la preuve que tu peux préserver ton identité en t’ouvrant aux autres. Brexit ou pas, ils démontrent que les valeurs passent avant les Euros. Ce n’est pas l’argent qui a conduit au sacre de la Premier League. C’est le respect des principes du sport. « Never Give Up » sur le t-shirt noir de Mo Salah, ils ont investi leurs millions sur des footballeurs qui ont de la personnalité. Le caractère, c’est ce qui fait un homme : un entraîneur. Où sont City, United et Paris et leurs billets verts ? Origi, Wijnaldum, Lucas ou Llorente, les joueurs qui ont été prépondérants dans la consécration anglaise n’ont pas coûté 400 Millions d’Euros. Loin de là… Si les Spurs ont réussi où le Real et la Juventus ont échoué. S’ils ont renversé l’Ajax (0-1 à l’aller, 2-3 au retour) à la Cruyff Arena, c’est qu’ils partagent la même opinion que les Lanciers (Surnom des joueurs de l’Ajax) :

« L’argent n’achète pas le cœur » (Frank Mc Court, président de l’Olympique de Marseille)

Lille : Le beau travail de Bielsa

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Le club emblématique de Leeds United est sur le point de remonter dans l’élite Anglaise. Une première depuis 2010, une « happy end » qui cependant attendra l’issue des barrages pour célébrer ce come-back. Les Peacocks (surnom des joueurs de Leeds) devront d’abord passer le Derby County de Frank Lampard avant de jouer une finale à Wembley contre Aston Villa ou West Bromwich Albion. Et de terminer cette histoire qui a débuté dans le nord de la France avec un  « fou »…

Le début de la fin

Pour la réception de Nîmes il y’a deux semaines, le Stade Pierre Mauroy a encore eu la chance d’accueillir José Mourinho. Le Special One vient une seconde fois assister à la prestation d’un groupe bourré de jeunes talents très prometteurs : une équipe sauvée de justesse l’année passée. Alors entraînés par l’argentin Marcelo Bielsa, les Dogues (surnom des joueurs de Lille) sombraient progressivement dans les limbes jusqu’à ce qu’un « petit homme vert débarque ». Ça n’a pas été un jeu, mais le Stéphanois a réussi à mettre chaque joueur à son poste : à redonner de l’allant aux nordiques. Les tactiques folles d’El Loco ont laissé des traces à tous les niveaux. Christophe Galtier :

« L’an dernier, j’ai passé mon temps à vous mentir (les médias) en affirmant après les matches, en conférence de presse, que ça allait le faire, quitte à passer par les barrages, que ça allait passer d’un millimètre. Mais lorsque je rentrais chez moi, je m’effondrais par terre en pleurs et je disais à mon épouse que je n’allais pas y arriver. Elle me répondait : « Tu ne peux pas me dire ça ». Le lendemain, j’allais au marché, place du Concert (près de son domicile lillois) et les gens me disaient : « Christophe, on compte sur vous ». Alors, tu continues à travailler, à chercher autre chose »

Des traces néfastes, souvent aussi écœurantes que ce mea-culpa de l’ancien coach de Saint-Étienne. Symbole du projet de la présidence de Gérard Lopez, « l’homme assis sur une glacière » a poussé (malgré lui) les supporters à la révolte avec ses résultats catastrophiques. Il est quasiment le « producteur » de ce chant « Ultra » triste. La Lilloise… : « Si on descend, on vous descend ! » Une ballade ponctuée sur une impasse, les joueurs pris à partie par « leurs » fans sur leur terrain. Le projet « LOSC Unlimited » de Luis Campos s’effrite. Le jeu flamboyant envisagé se transforme en cauchemar et le top 5 visé en rêve. Le club est menacé de relégation à titre conservatoire et interdit de recrutements. Atmosphère délétère qui s’achève finalement sur une querelle financière opposant le natif de Rosario à ses patrons. L’ancien entraîneur Marseillais :

« Lille est le pire souvenir de ma carrière. Pas à cause de la ville, des joueurs, des supporters ou des employés du club. Mon ego a été touché comme ce n’était encore jamais arrivé dans ma carrière. Ce n’est pas non plus à cause des résultats, suffisamment mauvais pour entamer l’estime que j’ai de moi-même, mais parce que j’ai été débarqué par les personnes qui m’avaient embauché alors que nous avions joué à peine 20 % des matches. »

Marcelo Bielsa par Рыбакова Елена – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Naïvement vôtre

Eric Cantona déclara jadis : « Tout être différent, sortant de la norme, est considéré comme fou. » Une expression qui définit à ravir l’être Bielsa. Pendant que tous se cherchent une touche en cuir pour se projeter sur la pelouse, notre technicien n’arrête pas de se lancer des défis. Les écuries des divisions les plus prestigieuses du Vieux Continent qui aimeraient enrôler Bielsa sont certainement nombreuses… : et il choisit une division inférieure. Une option curieuse, l’amour pour le challenge. Une aventure flétrie par l’affaire du Spygate, sans véritables conséquences. MB a espionné les entraînements de ses adversaires en Championship, il a payé l’amende de sa poche (230.000 Euros). Preuve que le sélectionneur Chilien (2007 – 2010) veux bien être en Angleterre. « En mission » il est à Leeds comme il l’était à Lille.

Une mission impossible pour un type atypique. Un meneur qui a apporté au triple champion de France une pépinière de jeunes virtuoses. Footballeurs d’exception qui portent aujourd’hui la « médaille d’argent » de Ligue 1. Ramener les sextuples vainqueurs de la Coupe de France au sommet, Bielsa a réussi son pari. Même si ça ne se voit plus, il est à la base de ce collectif en puissance qui suscite les convoitises dans les plus hautes sphères du Ballon Rond. Mike Maignan, Thiago Mendes, Thiago Maia, Luis Araujo, Ballo Touré… on pense notamment à Nicolas Pépé, premier choix du manager des Whites (surnom des joueurs de Leeds) :

« J’ai eu de très bons rapports avec Bielsa, c’est un coach qui a une philosophie de jeu différente. Il m’a fait jouer avant-centre, mais c’est bien, car c’est cela qui m’a fait grandir mentalement. Quand on ne marque pas, on doute et ça vous forge le caractère. C’est un peu grâce à lui que j’ai appris la patience donc c’était une expérience positive. »

L’efficacité à la baguette

C’était donc un beau football sans expérience. Une débauche d’énergie qui laisse entrevoir un excellent fond de jeu sans réussite notoire. Ce style où on joue tout pour l’attaque en laissant de gros espaces dans le dos de la défense. Football total à moitié, attitude débonnaire qui prouve bien que pour mieux rajeunir il faut savoir vieillir. Apprendre à se laisser bercer par une voix autoritaire qui vous dicte la conduite à suivre. Cette voie là-même qui encadre vos acquis. Tel un fruit vert de jouvence, Lille avait besoin de mûrir. Pour se rendre agréable au roi des sports, le LOSC était dans l’obligation de s’attirer du « vécu ». Chose que Galtier a compris et idéalement appliqué. Les internationaux Portugais et Français, le défenseur central José Fonte et l’avant-centre Loïc Remy sont les principales clefs du succès des Lillois cette saison. Sans oublier Brice Samba, Jonathan Ikoné, Soumaré, Soumahoro ou Célik, on tire le chapeau à ces acteurs qui ont pérennisé le beau travail de Marcelo Bielsa, dit « le fou »…

Chess par Devanath – Pixabay CC0

Une journée en enfer

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La Cathédrale Notre-Dame en feu, le monde a pu contempler le milliardième de ce que peut-être la colère de Dieu. Celui qui a un peu de jugeote a dû comprendre que le problème n’a rien à voir avec une mauvaise manipulation. Sur cette terre où la Foi fait l’objet de railleries, la déception qui a envahi leurs cœurs mime plus l’idolâtrie que la crainte du Créateur. Des pierres on pleure devant des hommes qui meurent. Le Sri-lanka, le Mozambique, les Gilets Jaunes… des centaines de millions d’euros tombent pour mieux les ignorer. Mais que faire, si ce n’est observer Paris perdre son âme. Deux trophées sur cinq possibles, depuis qu’ils se sont moqués de Choupo-Moting, le club de la capitale a entamé sa descente aux enfers.

Les Pompiers par Skeeze – Pixabay CC0

Aime ton prochain comme toi-même

Du début à la fin, c’est la suite logique de toute entité. Qui que vous soyez, votre existence est liée à cette courbe « droite ». Même le Paris SG version QSI qui semblait si dominateur en France, vient vraisemblablement de toucher le fond. L’escouade de Thomas Tuchel a appris à ses dépens qu’il faut respecter son adversaire avant de le battre. Eliminé par Guingamp en Coupe de la Ligue, botté en touche par le Manchester de Tahith Chong en Ligue des Champions, le PSG vient encore de tomber face à Rennes après avoir mené 2-0 et été malmené par le LOSC 5-1. Son dauphin « enragé », a ainsi enclenché une démystification domestique de son image. Une chute qui s’est poursuivi à Nantes avec une défaite 3-2. Et reposé à domicile face à Monaco, le temps d’un titre tristement fêté. Triplé de Mbappé, victoire 3-1 contre un club de la Principauté qui n’a pas su profiter des défaillances de son adversaire.

Elles étaient pourtant assez visibles. Choupo n’était plus là pour recevoir les critiques qui étaient destinées à son équipe. Meunier l’a valablement substitué. Son CSC qui ouvre le score à Lille, a juste rappelé à tous que l’erreur est humaine. Ce qui est arrivé à MCM 17 – est arrivé à Kimpembé contre Man U et Rennes – peut arriver à tout le monde. Sur le second but Croate en finale du Mondial, Lloris a commis une erreur légendaire qui aurait pu être fatale à sa sélection. Parle-t-on d’une Lloris ? Il n’était pourtant pas à sa première « Arconada ». On pense à son « slalom » contre la Suède lors des éliminatoires de la Coupe du Monde Russe. Choix intrigant qui a conduit les Bleus à une défaite 2-1. Et failli priver la France de sa seconde étoile…

Statue représentant la Justice par Morgan4uall – Pixabay CC0

Juste Ciel

Personne n’est à l’abri de jouer un sal tour à ses coéquipiers. Lorsqu’on fait d’un Etre en erreur un sujet d’humiliation : on devient ridicule. Et c’est ce que Paris est devenu après le match nul contre Strasbourg : ridicule. On a dit que le capitaine des Lions Indomptables n’avait pas le niveau pour jouer en Ligue 1 : quelques jours après ceux qui l’avaient se sont pris une raclée historique… en Ligue 1. La pire défaite du club depuis un autre 5-1. C’était à Sedan et le Camerounais Pius Ndiefi avait inscrit un triplé ce jour-là.

Le football est un sport juste. Le PSG était convaincu que les compétitions locales leur appartenaient. Ils ont méprisé leur victoire en championnat (un titre majeur) : ils sont passés devant la Coupe de France. Un échec marqué par un énième mépris à l’endroit de Cavani, la sortie inexplicable de Di Maria, le geste gratuit de Mbappé sur Da Silva (carton rouge justifié) et la droite de Neymar à un supporter rennais. Un coup de poing, un geste odieux défendu par Pierre Ménès sur le plateau du Canal Football Club. Lequel PM qui s’est toujours montré très violent envers Choupo Moting. Ce qui est certain toutefois, c’est qu’il est totalement préférable de voir Choupo Moting manquer l’immanquable, que de voir Neymar frapper un spectateur.

Neymar à Santos par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Appelez les pompiers !

Le Christ a dit : « Si tu n’es pas fidèle dans les petites choses, qui te confiera les grandes ». Le PSG a fixé la Ligue des Champions comme objectif. Mais comment y arriver quand il méprise le tremplin qui est supposé l’y envoyé ? Monaco, Lyon, Marseille et Rennes ont brillé en Coupes d’Europe grâce des ossatures françaises. Sans âme Paris est pris. On n’accède pas au Paradis si on n’a pas les pieds sur terre. Olivier Letang, Ben Arfa… Julien Stéphan, Christophe Galtier et Thierry Laurey ont donné une leçon aux Parisiens. Avant c’était les européens qui leur infligeaient des Remontada, aujourd’hui ce sont les français. Où va Paris ?

Cavani est sur le départ, l’esprit du club entre les mains. Il rejoint Matuidi et ses « pieds carrés » dans un environnement où l’esprit « sport » est roi. « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle ». « Partir c’est mourir un peu ». L’Athlète pour le Christ (surnom de Cavani) part et Paris brûle à petit feu… L’Uruguayen vous laisse Saint-Germain et Neymar Junior « le Grand » :

« Les jeunes, ils sont un peu perdus, ils n’écoutent pas. Les anciens donnent des conseils mais ils répondent. Le coach donne des consignes mais ils répondent.»

Un joueur de 27 ans si vieux qu’il a déjà la mémoire courte :

« Pour avoir plus d’expérience, il faut plus écouter et respecter. C’est ce que je faisais quand j’étais jeune, j’essayais d’apprendre des anciens ».

Le capitaine du Brésil a oublié qu’il avait insulté son entraîneur lorsqu’il évoluait à Santos. Et humilié son aîné Cavani dès son arrivée en France. Comme quoi, tu récoltes ce que tu sèmes. A malin, malin et demi…

Zlatan Ibrahimovic à Manchester United par Ardfern – Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Rouge et noir

La MCN désintégrée, la guerre est donc déclarée. Après El Matador, Ney s’attaque ouvertement au très jeune Kylian Mbappé sans le citer. C’est plus fort que lui. Il voit surement déjà son avenir s’aligner dans son dos. Tourné vers son passé, il est certain dorénavant qu’il n’aurait pas dû quitter Barcelone pour l’argent. Car en réalité, son métier c’est quand même footballeur : pas homme d’affaires. Payé pour évoluer au haut niveau, dans l’Hexagone il a stagné. Au point de se noyer sur « Seine ». De se tromper de cibles… S’il pense pouvoir se faire virer du PSG pour le Real (par exemple) après cette déclaration ubuesque et ce « Sho-ryu-ken » mal placé : il a tiré en l’air. Les Qataris ont tout leur temps. Ils ont l’argent, le nerf de la guerre. Ils peuvent le payer jusqu’à la fin de sa carrière : à ne rien faire…

Aussi, sa cohabitation avec Donatello (surnom qu’il a donné à Mbappé) devrait finir en queue de « Peixe ». De poisson pour ne pas parler Portugais. Pour dire que la prochaine année au PSG s’annonce très chaude. Quelle grande star voudra rejoindre cet été caniculaire ? Après avoir marqué plus de 30 buts et côtoyé Pelé, Kyky le champion du monde va-t-il accepter de rester le lieutenant d’un Général à la « retraite » ? Derrière trois sorties successives en quarts, trois sorties successives en huitièmes, peut-on envisager le pire chez l’octuple champion de France les trois années qui vont suivre ? Un enchaînement cartésien semble se dessiner. Une brochette fraichement enlevée de la braise, comparable à ce constat « angoissant » : les trois équipes qui ont terni la saison de Paris, jouent en rouge et noir. C’est-à-dire l’En Avant Guingamp, Manchester United et le Stade Rennais…

Edson Mexer par Roro 352 – Wikimedia Commons CC-BY SA 4.0

Strasbourg du National à l’Europe

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La Coupe de la Ligue est maintenant terminée. Et ce ne sont pas les Parisiens de Saint-Germain qui l’ont gagnée. Guingamp les a éliminés au Parc des Princes (1-3) avant de tomber à Lille devant Strasbourg (0-0/4-1 après t-ab). Une finale serrée. Une victoire scellée aux pénaltys par le talent d’une graine de champion. Héros d’une séance marquée par la Panenka de Dmitri Lienard, le jeune portier Bingourou Kamara a « détourné » le champion de National 2016 au tour préliminaire de la Ligue Europa.

Tifo et Kop RCSA Racing Club de Strasbourg Alsace au stade de la Meinau par KOBI FRANCK – Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

We are « des » champions

L’heure est donc à la démesure. Au milieu de cette atmosphère ultra dominée par le PSG, le RCSA a fait du Montpellier. 5 ans après l’exploit de Guingamp en Coupe de France, les Champions de France 1979 remettent la logique sportive au gout du jour. Oui, c’est le retour des anciens champions. L’Ajax, Reims, les deux Milan… des géants se réveillent.

« We are the Champions… of the world », lançait alors le DJ à la Meinau pour célébrer le retour des Bleus. Leurs Bleus à eux, leur trophée or à eux : c’était le moment de ramener la coupe à la maison tout simplement. Quand on a sorti Lille, Marseille (à l’extérieur), Lyon (à l’extérieur) et Bordeaux, Guingamp devient une formalité. Le champion de Ligue 2 2017 est passé au niveau supérieur. Le triple vainqueur de la Coupe de la Ligue a démontré qu’il est plus qu’un promu capable de battre le PSG.

Keny Lala par Supporterhéninois – Wikimedia Commons CC0 1.0

Thierry Laurey A

L’ancien FC Neudorf est l’un des lauréats les plus complets de l’histoire du football français. De la CFA 2 à la Ligue 1, le Racing a été champion à tous les échelons. Ses promotions ne sont pas des fruits du hasard mais d’un travail bien fait. Le quart-de-finaliste de la C1 1980 a remporté 3 Coupes de France et joué toutes les Coupes d’Europe. Même la Coupe des Villes des Foires n’a pas échappé à leur plan européen. Foireux pour ses détracteurs. Mais suffisant pour être souligné comme le travail de monsieur Thierry Laurey. Celui qui est au début et à la fin de Thierry Henry l’entraîneur, a joué un rôle primordial dans le succès Strasbourgeois. Plus que le 1-5 passé à Monaco (après le 2-1 de l’aller), il a prouvé en deux saisons que la conférence de presse n’est pas sa seule force.

L’ancien milieu défensif de Montpellier et Paris communique encore mieux sur une pelouse. Son palmarès est même meilleur que celui de Pocchetino et égale celui du Tuchel qui a signé à Paris. Réussite qui devrait inciter le club phare de la capitale à s’interroger. Pourquoi pas un Laurey ? Les meilleurs coaches du championnat français sont des français pourtant. Entraîneurs de clubs de seconde zone (surtout) qui se gavent d’exploits pour exister. Laurey, Moulin, Pellissier, Vieira, Guion, Gasset, Galtier, Der Zakarian, Gourvenec etc. font de l’excellent boulot sans moyens. Ils font avec ceux qu’ils ont… et c’est ce qu’il faut. Pour gagner la Ligue des Champions, il faut exporter une identité. Ce que jusqu’ici le Paris « Superstar » Germain n’a pas su faire.

Zinedine Zidane et Didier Deschamps par Auteur Inconnu – Wikimedia Commons (Domaine Public)

C’est possible !

Tout est un problème de considération : pas de compétences. Gagner la Coupe de la Ligue avec Strasbourg, c’est être capable de gagner la Ligue des Champions avec Paris. Roberto Martinez est aujourd’hui sélectionneur de la Belgique parce qu’il a gagné la Cup avec Wigan. Où est le rapport ? Nulle part, justement. Il a remporté la Coupe d’Angleterre avec un relégable : il peut aller chercher la Coupe du Monde avec la « crème » des Diables Rouges. Ils ont sorti le Brésil de Neymar au Mondial. Ils ont été 3es en Russie (un record pour la sélection) : ils ont rencontré la France de Didier Deschamps en demi-finale…

Christophe Galtier par Илья Хохлов – Wikimedia Commons par CC BY-SA 3.0

Paris devrait faire confiance à la qualité locale. C’est la seule manière de corriger l’erreur qui a plongé leur projet dans « l’échec ». En chassant Antoine Kombouaré ils ont brisé le pont qui unissait le passé du club à son futur : le présent. Figure emblématique des Bleus et Rouges, ils auraient dû laisser Casque d’or terminer la saison 2011/2012 et servir de lien entre l’ancien et le nouveau Paris. Le Paris de Luis Fernandez vainqueur de la Coupe des Coupes et le « Doha » de Laurent Blanc : entraîneur le plus titré de l’histoire du club. Deux français, deux DD… A l’heure où on parle, Thierry Laurey est juste le Didier Deschamps des Bleus et Blancs. Le natif de Troyes a donné à ses joueurs, à ses supporters : un trophée inespéré… Bravo à lui et à toute son équipe.

Éric Maxim Choupo-Moting : C’est mon année !

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Il fait partie des plus grandes surprises du dernier mercato estival d’Europe. Le Paris Saint-Germain habitué des noms ronflants, a laissé tout le monde pantois en signant l’international Camerounais Éric Maxim Choupo-Moting. Une arrivée, des performances qui suscitent plus d’irrespect que de considération. Qu’il est loin ce jour où Samuel Eto’o refusait que son sélectionneur Javier Clemente remplace son « petit frère ». Sapé comme jamais par les médias français depuis, le Hambourgeois fait pourtant ce qu’il faut…

Choupo-Moting par Богдан Заяц – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

 « Tu m’en veux, dis moi pourquoi tu m’en veux »

Dimanche dernier, Paris s’apprêtait à célébrer le huitième titre de son histoire face à Strasbourg. Un match nul (2-2), une occasion loupée dans une rencontre marquée par l’erreur incroyable de Choupo-Moting. Après avoir ouvert le score, le coéquipier de Kylian Mbappé s’est proscrit un doublé en stoppant malencontreusement le ballon sur la ligne de but Strasbourgeoise. Un top flop qui arrive sur un ballon bien piqué par Nkunku au-dessus du gardien Sels, homme du match. Bourde qui succède à une autre sept jours plus tôt à Toulouse. Laquelle lui a valu les moqueries de supporters qui l’aiment bien et des attaques de la part de journalistes qui l’aiment bien moins. Parmi eux leur porte-parole en chef : Pierre Ménès. Celui qui a le droit de dire du mal de tout le monde en toute impunité a commencé par déclarer : « Il n’a clairement pas le niveau pour jouer dans ce club. Ni au PSG, ni dans aucun autre club de Ligue 1 ». Avant de terminer sur son blog :

« Et puis le PSG a gagné à Toulouse après un match pas très emballant. Mais Paris était tellement handicapé par les absences qu’il s’est retrouvé obligé de jouer avec un joueur du niveau de Choupo Moting, qui a évidemment saccagé une occasion en première période. Comme toujours depuis que Cavani et Neymar sont blessés, l’intégralité de l’efficacité offensive du PSG se trouve dans les pieds de Mbappé, qui a encore marqué, cette fois sur un centre remarquable de Kehrer, avec un enchaînement contrôle-frappe décroisée absolument parfait.(…) »

Choupo-Moting contre Chelsea en Ligue des champions par CFC Unofficial (Debs) – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Ce qu’il oublie de dire toutefois, c’est que Choupo-Moting est à l’origine du but de Mbappé. Il crée le décalage sur Kehrer et le lance parfaitement. Mais on s’en fout évidemment. Le négatif de sa performance est mis en avant et le positif obstrué. On se tait pour ne pas dire que le PSG n’a perdu aucun match joué par Choupo-Moting depuis que Neymar et Cavani se sont blessés. Sur les 28 rencontres auxquelles il a participé, Paris a perdu deux fois : à Liverpool et à Lyon. Le quatrième sportif camerounais le mieux payé n’est pas entré face à Manchester United et le PSG a honteusement été sorti de la Ligue des Champions. Pourtant, il est le seul élément de cet effectif à avoir mis un doublé contre les Red Devils. Non pas des Diables Rouges amoindris, mais des triples champions d’Europe au top de leur forme. Nous sommes en septembre 2017 et l’attaquant évolue alors à Stoke City.

En gros, Choupo-Moting violemment taclé : c’est dans la logique des évènements. Il est capitaine d’une sélection qui n’est pas forcément appréciée. On laisse Ménès « lui faire du sal » histoire qu’il progresse dans son domaine. Le polémiste n’est pas à ses premières interventions limites mais il continue. C’est à croire qu’ils aiment ça… Deschamps, Ancelotti, Jardim, Mourinho, Jean-Michel Aulas, Luis Fernandez, Cavani etc. sa liste est longue. Un prestigieux agrégat qui démontre bien que le métis Germano-camerounais n’a pas à s’en faire. Et comme le rappe si bien l’auteur, Vegedream, du tube « Ramenez la Coupe à la maison » :  « Ceux qui m’ont négligé ont eu tort. C’est mon année ! »

Le PSG Champion de France en 2015 par Liondartois – Wikipedia CC BY-SA 4.0

Un air de champion

Star, risée, Maxim est au centre des débats. Il fait la une et va dans le sens de cette maxime qui veuille que PM soit un indicateur crédible de succès… Si le consultant français est contre toi c’est que tu es sur le bon chemin. Didier Deschamps est champion du monde. Ancelotti a remporté la Ligue des Champions avec le Real. Cavani est meilleur buteur de l’histoire du PSG. Jardim a été champion de France et a mené l’ASM en demi-finale de C1. Le président Aulas est le meilleur dirigeant français des années 2000. Il n’a pas attendu les Qataris pour rendre la France fière. Mourinho est l’un des meilleurs entraîneurs de tous les temps. Luis Fernandez est l’entraîneur de l’unique coupe d’Europe Parisienne. Et Choupo Moting va remporter les premiers trophées de sa carrière. Sur ce, KM7 :

« Un big up à MCM17, j’en ai raté bien plus que toi cette saison, on reste un groupe uni et on te soutiendra jusqu’à la fin. »

En fin de route, le neuvième Lion Indomptable de l’histoire de Paris arrive donc dans l’Hexagone pour remplir sa gibecière. Il n’a rien demandé à personne : il va profiter de la manne qatarie comme tout le monde. L’attaquant polyvalent de 30 ans sera dans l’historique des champions de France qu’on le veuille ou non. Il entrera dans les annales d’une ligue qui ne serait pas à sa portée. Lui qui a été titulaire incontesté en Bundesliga et en Premier League. Qui a pareillement évolué à Schalke 04 aux côtés de deux champions du monde : Benedikt Howedes et Julian Draxler. Association aguichante au service d’un club qui n’a rien à envier au PSG. Dans son enceinte 5 étoiles de la Veltins Aréna, le demi-finaliste de la Ligue des Champions 2011 jouit d’un palmarès d’exception. Au cœur d’un monde archi dominé par le Bayern, les Bleus Royaux de Gelsenkirchen ont su se faire une place au sommet. Ils ont remporté 7 championnats, 5 Coupes d’Allemagne, une Coupe de la Ligue, une Supercoupe et une Coupe de l’UEFA.

Veltins Aréna par Mocky04 – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Choupo Moting a donc fait 3 ans, 106 matchs et 23 buts dans cette équipe-là (2014-2017). Il y a promené son allure de fils de basketteur avec panache. Les fans des Knappen (surnom des joueurs de Schalke) auront notamment du mal à oublier cette prestation notable du 22 Septembre 2014 face à Frankfurt. Mené 0-2 à domicile les Mineurs reviendront à la marque grâce à deux actions de génie de leur n°13. Une Panenka sur pénalty pour réduire le score à 1-2 et une passe décisive à destination de Draxler pour égaliser. But de la tête sur un centre du gauche d’un ailier d’1 m 91. Lequel virtuose a pris le temps de mystifier son adversaire avant de se mettre sur son mauvais pied pour délivrer son caviar. Cette performance lui vaudra le prix de « Joueur du Week-end ».

Choupo-Moting à Nuremberg par Jarl Helm – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Un talent atypique

C’est peut-être vrai que Choupo-Moting n’a pas le niveau pour jouer à Paris. Transfuge de championnats strictement inférieurs à la Ligues des Talents, sa place est certainement ailleurs. Une équipe capable de gagner 4-0 à l’aller et de se faire sortir au retour après avoir inscrit le but à l’extérieur (6-1) mérite vraiment mieux. C’est sûr qu’il n’est pas fait pour un club niveau C1 qui a été éliminé à la maison après une victoire 0-2 à l’extérieur – le but à l’extérieur « comptant » double… Deux évènements similaires comme inédits qui ont pour particularité : l’absence de Choupo-Moting.

Qu’on se le dise sérieusement. Le loupé de Choupo-Moting est une blague devant les dernières « nouvelles » Parisiennes en Ligue des champions. On essaie de faire oublier le fiasco européen du septuple champion de France en tapant sur MCM17. Triste tradition ! Heureusement qu’il n’y ait pour rien dans ce spectacle tragicomique. Il n’a juste pas joué « à Paris » à ces instants délicats. Il est resté dans la discrétion comme à son habitude. La coutume d’un talent qui ne fait que jouer au football. Qu’il marque ou non, ses performances le laissent à « 237 ». Denis Lavagne :

« Il a bénéficié d’une « formation à l’allemande », et développe des qualités techniques au-dessus de la moyenne. (…) Sur le plan technique et de l’intelligence de jeu, il sera au niveau du PSG, mais ce qui lui manquera peut-être c’est la détermination et l’ambition. »

Allégations corroborées par Christian Heider, son directeur sportif au FSV Mayence :

« C’est un excellent joueur. (…) Il est rapide, technique, bon de la tête et intelligent. (…) Son problème c’est qu’il manque de continuité, il peut faire trois ou quatre matchs consécutifs au niveau d’un joueur de classe mondiale et ensuite rencontrer des difficultés. Il a aussi connu des blessures au genou qui l’ont freiné dans sa progression. »

Éloges mitigées confirmées par Hugo Broos, son ancien sélectionneur :

« Il a une bonne tactique, il ne perd pas beaucoup de ballons, mais son problème est mental. Il doute très vite et c’est peut-être pour ça qu’il n’a pas eu le parcours qu’on pouvait espérer au regard de son potentiel. » 

Le Parc des Princes par Kilyac – Wikipedia CC BY-SA 4.0

Fin cartésienne

Choupo-Moting a rencontré la France un soir de Mai 2016 à la Beaujoire. Les doubles champions du monde affrontaient les quintuples champions d’Afrique dans le cadre de la préparation pour l’Euro. Un match soldé par un succès à l’arrachée 3-2 des Bleus : une communion qui a failli être gâchée par l’égalisation du capitaine Camerounais. Le natif de Hambourg entre en jeu et ajuste Hugo Lloris sur une passe d’Anatole Abang. Une réalisation qui arrive à la 88e, deux minutes avant le splendide coup-franc de Dimitri Payet. Chef d’œuvre sanctionnant définitivement une autre prestation de grande classe du portier Fabrice Ondoa.

Ce « rendez-vous » ne laissait en rien entrevoir une telle opposition ; encore moins une éventuelle arrivée de l’ancien de Nuremberg dans la capitale française. A l’instar des propos tenus par ces hommes qui l’ont connu, elle réaffirme que Choupo a toutes les qualités requises pour évoluer au haut niveau. Il fait juste son job. Il reste fidèle à ses principes et met un peu de côté l’aspect qui prime dans le sport : la victoire. Ce qu’on peut assimiler à un manque d’ambition de sa part est en réalité l’attitude d’un joueur que rien ni personne n’impressionne. Il est sûr de son talent, il a du charisme, il ne se plaint pas, il ne doute pas : c’est un Lion Indomptable. Thomas Tuchel l’avait remarqué à Mayence, à Paris il le certifie :

« (…) Il a un caractère très positif, top niveau (…). Maxim peut avoir un impact en une minute, il ne perd jamais espoir et peut être décisif dès qu’il sort du banc. »

Ainsi, on comprend que le sport roi n’ait pas voulu qu’un tel joueur finisse sa carrière sans médailles en or. Malgré tous ces sifflets dont il a fait l’objet, il est rentré tête haute et sans son maillot aux vestiaires. Après avoir été l’unique Parisien à assumer sa prestation au micro de ses principaux détracteurs, il enverra sa tunique à ces fans qui le lui réclamaient. Choupo ! Choupo ! Hurlaient-ils tout excités au-dessus de l’entrée du tunnel. Preuve qu’il n’est pas celui qu’on dénigre avec entrain. Sa seule crête dorée ne suffira donc pas pour le couronner. Il lui faut une vraie crinière. Quand on a dit non au Ballon d’or Matthias Sammer (mandaté par l’Allemagne) pour valider l’intérêt du Cameroun c’est qu’on a quelque chose en plus. Choupo était parti pour participer à la Coupe du Monde 2010 avec la sélection Allemande. Il « a fait le choix du cœur ».

Roger Milla par Auteur Inconnu – Wikipedia (Domaine Public)

L’international Allemand U18, U19, U20 et Espoir a choisi les origines de son père pour rejoindre l’Afrique du Sud. Il a suivi la sélection emmenée par l’ancien Parisien Paul Le Guen et est devenu l’héritier de Roger Milla qu’il fait désormais. S’il avait dit oui aux A des Adlers (surnom des joueurs allemands) il serait surement un autre footballeur aujourd’hui. Probablement victorieux du Mondial en 2014, qui sait ? L’année de la 4e étoile de la Mannschaft coïncide bien avec le début de son apogée. Période où son talent fait l’unanimité sur le sol allemand.