Il y a quelques jours, José Mourinho affirmait avec beaucoup d’émotion  que le football lui manque. Ses détracteurs sautaient alors sur l’occasion pour l’humilier. Qu’est-ce qu’il y a de mal à couler des larmes ? Existe-t-il une personne qui ne l’a jamais fait ? On ne se le demande pas. Le problème c’est Mourinho. Il fallait qu’il parte de Manchester et c’est tout. Au lieu de penser à construire une équipe, on a combattu un homme. Un manager remplacé par un autre : le début d’un regret inavoué…

Sir Alex par nbostanova – Pixabay CC0

Nostalgies…

Qui regrette cependant ? Solskjaer ? Manchester ? Les deux ? On ne le saura certainement jamais. Faire ce cadeau à une personne qu’on a mise à la porte de façon méprisante : non ! 4 matches, une victoire, une défaite, 2 matches nuls : Solskjaer nous rappelle l’ère Ferguson cette saison. Non pas celles où les Red Devils avaient fini deux fois 11e (1987 et 1989) et 13e (1990). Mais bien celle où ils enchaînaient les victoires avec classe.

Les supporters sont contents de revivre cette belle époque. Cet instant magique où derrière le mauvais travail de José, le Zidane de Manchester a enchaîné 9 victoires sur ses 10 premiers matches. Avant de « rejoindre Cardiff ».

City of Cardiff

Cardiff – Manchester United (1-5), c’était l’affiche du premier match de Solskjaer à la tête de United. L’ancien pensionnaire du Molde FK punissait ainsi la première équipe qu’il a entraînée en Premier League. Un club où il n’a pas laissé des traces mémorables. Pourtant son arrivée en 2014 a suscité un réel engouement. Double champion de Norvège, le remplaçant de Malky Mackay semblait avoir les épaules solides pour supporter la pression. Le club joue la relégation et compte sur son Super Sub pour éviter la Championship. Bilan : 18 matches, 3 victoires, 3 matches nuls, 12 défaites. Position 20e.

Quoique, ce n’est toujours pas de sa faute. Cardiff de retour en D2 Anglaise, il est naturellement conforté à la tête du club. Une reconduction qui lui permet d’améliorer son ratio. Bilan : 7 matches, 3 défaites, 2 nuls, 2 victoires. « Baby-face killer » est saqué en septembre 2014 laissant l’écurie galloise à la 17e place de la ligue (sur 24).

Il retourne à Molde FK. Remporte la Coupe de Norvège. Et revient à Manchester United substituer Mourinho. Molde, Premier League, seconde partie de saison, engouement, dégringolade : le cycle semble reprendre. Depuis la fin de sa bonne série. Depuis la défaite à Old Trafford 0-2 contre le PSG, Solskjaer a joué 24 matches officiels. Soient 9 victoires, 5 matches nuls et 10 défaites. Son équipe est actuellement 8e de Premier League.

Attention au cauchemar

Meilleur entraîneur de l’après Ferguson, Mourinho était considéré comme indigne du Théâtre des Rêves. Limogé, les louanges ont vite couvert son successeur norvégien. Heureusement car personne ne pourra plus dire que c’est à cause de lui que Manchester ne gagne plus. On se rend même compte aujourd’hui que tout ce qu’il disait était vrai. Notamment sur Pogba. Le champion du monde qui a tout fait pour mettre José sur la touche, ne fait rien pour conforter Olé. Il met toujours autant son équipe en difficulté et fragilise un effectif plus que diminué.

On a l’impression que le mercato de Manchester a été fait pour blesser le Happy One. Les départs de Fellaini, Herrera, Smalling et Lukaku ; Matic sur le banc. L’arrivée de Maguire (réclamé par Mourinho) et le « pouvoir » aux jeunes sont des signes qui montrent bien que le lusophone semble visé. Sauf que ce n’est pas contre lui que Man U va jouer. C’est contre des équipes du meilleur championnat au monde. Des clubs qui se sont très bien renforcés durant ce marché des transferts. Everton, Wolverhampton, Leicester, West Ham, Newcastle ne joueront pas le titre avec Man City, Liverpool, Tottenham voire Arsenal. Mais risquent de ne pas trembler devant le Manchester de Daniel James. Ce collectif que le natif de Kristiansund a édifié, est bien parti pour jouer la relégation.