Lorsque l’idée repue d’un Graal empli du meilleur vin européen a fleuri, bien qu’elle réjouisse la plupart des disciples du ballon rond sur le Vieux Continent, à l’image de la révolutionnaire qu’elle était, elle n’a pas été accueillie « rameaux en évidence » par tous. L’UEFA, jeune institution, se déclare incapable d’assumer cet ambitieux « projet de coupe d’Europe interclubs », avant d’être finalement contraint par la FIFA, de prendre les choses en main. Elle ne viendra de ce fait, que mettre un cachet sur l’initiative du journal L’Équipe, qui pari tenu, réussit à convaincre 16 fédérations à adhérer à leur dessein.

Supporters – Image Pixabay

16 parmi lesquelles, leur Fédération Française, jadis préoccupée par l’idée d’un calendrier surchargé, et à l’exception de la Fédération Anglaise, qui refusera catégoriquement, d’y envoyer un représentant. C’est ainsi que Chelsea, probablement un pincement dans le cœur, verra à la télévision, le Real Madrid remporter la première Coupe Européenne des Clubs Champions face au Stade de Reims.En géant espagnol qu’il était, le club madrilène très vite, a compris l’importance de ce trophée devenu depuis incontournable, et dont il s’en fait de loin le recordman, avec 13 victoires. Visionnaires comme les « Merengues », possiblement sera le qualificatif qui suivra les premiers à réellement prendre la Ligue des Nations au sérieux. Car, l’idée de remplacer les matchs amicaux, est mêmement à l’origine de cette compétition biennale qui commence déjà elle aussi, à faire du mal aux perdants et un grand bien aux vainqueurs…

Supporter – Image Pixabay

Final Four

Une nouvelle étoile dans le ciel, les 5 et 6 Juin prochains, à la suite de la phase des poules à 3, se tiendront les demi-finales de la Ligue des Nations au Portugal, champion d’Europe en titre,pour une finale sans aucun doute inédite. Comme un symbole, la terre du premier match de l’histoire de la « coupe aux longues oreilles », Sporting de Lisbonne – Partizan Belgrade, et du premier buteur João Baptista Martins, est mère du premier pays qualifié pour le Final Four.Derrière elle, s’invitent l’Angleterre, la Suisse et les Pays-Bas pour compléter le répertoire et déclencher les dernières hostilités.Premiers des 4 groupes de la Ligue A, toutes s’affronteront après tirage au sort, pour définitivement rentrer dans les annales du football européen et mondial. Les « Quinas », sans Ronaldo, les « Three Lions », la « Nati » et les « Oranje », ont respectivement devancé l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la France ; et relégué dans le même temps en Ligue B, la Pologne, la Croatie, l’Islande et l’Allemagne.

Ivan Rakitic – Image Pixabay

Du très lourd, donc… On a eu droit dans ce tournoi, à des matchs de très haut niveau. Du moins, dans la Ligue A, où allemands et français, les 2 derniers champions du monde,sont tristement tombés devant une équipe hollandaise,en flamboyante reconstruction, absente de l’Euro 2016, de la Coupe des Confédérations 2017 (évidemment) et du Mondial 2018. Cette configuration qui les réunit, est la seule qui mérite une véritable attention. Après,pour le reste, il faudra vraiment aimer le football, pour substituer« Portugal – Italie », « Espagne – Angleterre » et autres affiches au sommet de la première Ligue des Nations, en multipliant les « Chypre – Luxembourg », « Serbie – Monténégro ».« Liguer » les nations les unes contre les autres, scinder les équipes en grandes et en petites en dehors de la pelouse pour penser le sport roi, c’est refuser de conjuguer le verbe qui nourrit son essence : rassembler.

Espagne – Portugal – Image Pixabay

En cette année qui commémore les 100 ans de la fin de la Première Guerre Mondiale, le roides sports a besoin d’incarner l’union européenne. Les divisions inférieures et la relégation sont une mauvaise notion dans le cadre des nations. Une voix, une fédération, une élimination suffira. Toutes les sélections ont le droit de prétendre sur le même pied d’égalité, à une place dans le Final Four. La distribution actuelle de cette conception est arbitraire, et limite l’aura de sa crédibilité. Une idée qui se fonde sur l’injustice, a le devoir de s’améliorer.

Revenant sur la C1 dans ses débuts, il ne fallait pas forcément être champion pour la jouer. Chaque fédération, en dépit de l’existence d’un champion en titre, désignait partialement son champion pour la représenter… Ensuite l’idée a mûri et la Coupe des Clubs Champions a bien porté son nom, avant de le reperdre à nouveau, de régresser, et de devenir la Ligue des Champions. Dans ce contexte, celui où le n°1 au classement FIFA n’est pas champion du monde et n’a jamais rien gagné, est ainsi née la Ligue des Nations. Vous comprenez en conséquence, qu’une évolution ne serait que suite logique. L’UEFA doit repenser ici sa compétitivité, difficile à cerner.La grandeur d’une compétition, dépend aussi de sa facilité à se faire comprendre. Les héritiers de Michel Platini, pourront utiliser s’ils veulent, le format que Fofoot leur propose. L’objectif reste, d’améliorer ensemble et pour cette inclination que nous partageons tous pour le football, l’image d’une coupe qui a tout pour briller de mille feu…

Supporter – Image Pixabay

Un exemple à suivre

Une fois encore, l’Union Européenne peut se vanter d’être à l’origine d’un modèle d’organisation. Après la Ligue des Champions et autres, la Ligue des Nations a tout pour être reprise par les autres confédérations. De plus, elle règle les problèmes entre les clubs et les équipes nationales, dans ce sens que les joueurs auront une bonne raison de revenir blessés de leurs escales « punitives ». C’est toujours mieux de s’affliger sur un sort à enjeux, que lors d’un match qui compte pour du beurre. Peu importe son prestige, au football, une rencontre amicale restera un « conflit » inutile. Les joueurs ne s’y donneront jamais à fond. Qu’importe ce qu’ils disent, il n’y a aucune raison valable de jouer pour rien.Un match de préparation avant une compétition à laquelle on est qualifié, afin de régler les derniers automatismes d’une liste définitive : certainement.

La LDN conforme pareillement le cas des binationaux douteusement baladés entre l’officieux et l’officiel. Une partie touristique, une cape qui ne compte pas, miroiter un convivial avenir idéal pour donner au « perturbé » l’envie de rêver sa vie, d’attendre une sélection qui peut ne plus arriver, est une attitude peu louable. La LDN en tant qu’antidote aux matchs amicaux, viendra mettre un point d’entente entre l’entraîneur et l’entraîné : le pays et son citoyen. Elle force ce dernier, obligé de choisir, à se décider une bonne fois pour toute sa carrière et à emprunter un chemin droit. Et le sélectionneur dans le même-temps, à prendre ceux dont il a réellement besoin pour consolider son collectif ; un effectif auquel pourra se greffer des remplaçants, en cas de désistements.Plus simplement… : que la fête continue !

Image Pixabay