Où ira Mourinho la saison prochaine ?

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Remercié de Manchester United en janvier dernier, José Mourinho, surnommé « Special One », n’a pas perdu sa qualité de jeu. Son travail demeure apprécié dans les couloirs. Fils d’un entraîneur, il reste lui-même l’un des meilleurs entraîneurs au monde. Une qualité qui le leur évidemment populaire auprès des grosses écuries, qui cherchent à l’attirer. La concurrence s’annonçant rude, ce top 5 vous donnera un élément de réponse sur le futur transfert de l’ex-entraîneur du Real Madrid. Et ceci, de l’hypothèse la moins probable à la plus probable…

Stade Pierre Mauroy (Lille) par Walkerssk – Pixabay CC0

5 – Lille

Il y a quelques jours, Mourinho, en visite à Lille, s’intéressait au football français. Dans les tribunes du Stade Pierre-Mauroy, le Portugais était venu assister à la rencontre de Ligue 1 Lille-Montpellier. Le match nul (0-0) est passé inaperçu, les regards étaient tournés vers la superstar lusophone.

En français, il s’est exprimé sur sa présence :

« Je peux m’imaginer (entraîner) un jour en France. Je suis un homme qui a travaillé dans quatre pays différents, qui aime ça, qui aime connaître d’autres cultures. (…) J’aime apprendre tout le temps, travailler dans un autre championnat serait une expérience fantastique. (En ce moment), je suis tranquille, j’essaie de vivre le mieux possible avec la famille et les amis et travailler tranquillement pour espérer retrouver une opportunité dans le football. »

La porte n’est donc pas fermée. D’autant plus que les Lillois se rapprochent de la Ligue des Champions. Conclusion : il peut rejoindre l’actuel Dauphin de Paris comme Paris lui-même…

4 – Paris Saint-Germain

Hasard du calendrier ou non, Mourinho est arrivé en France après la défaite de Manchester United à domicile contre le PSG. Un air taquin ? Une première historique en Ligue des Champions ! Thomas Tuchel a dominé Solskjaer à Old Trafford. Une victoire façon José, avec un défenseur en milieu défensif pour empêcher Paul Pogba d’organiser le jeu. Carton rouge pour le Français et vert pour Marquinhos. Le stoppeur brésilien à la place de Pépé au Real Madrid, de Kurt Zouma et David Luiz à Chelsea, a joué un très sale tour au Théâtre des Rêves. Un roc…

Un bloc solide avec du caractère qui se projette rapidement vers l’avant : et si on parlait de JM sans le citer ? Sans oublier que Mbappé dans sa belle croissance s’est inspiré d’un portugais (Ronaldo) et a été révélé par un portugais (Jardim). Jamais deux sans trois ? Pourquoi pas. KM7 est plus explosif sur un jeu basé sur les contres. Monaco, l’équipe de France et Paris aujourd’hui en sont la preuve. Quoique Mou veuille « travailler avec des gens qu’il aime » : les qataris eux aussi… Quand en France les « Joséphiles » ne courent pas les rues. Les chocs entre les équipes françaises et le technicien ont laissé des traces indélébiles…

La curva dell’Inter in un derby del 2009 par oscar federico bodini – Wikipedia CC BY-SA 2.0

3 – L’Inter de Milan

Ineffaçable tel le passage de Mourinho chez les Interistes. Défaits ce week-end à Bologne 2-1, les hommes de Luciano Spaletti n’ont jamais autant regretté leur passé glorieux. Loin du triplé inédit de 2010, relégués en Ligue Europa, ils viennent de perdre leur troisième place en championnat. Icardi et madame son agent font le show et le club lombard s’en trouve déstabilisé. Qui mieux que le charismatique José pour remettre ces pendules à l’heure ?

Antonio Conte ? C’est aussi fort probable. L’italien se fonde également sur une méthode de gestion assez similaire à celle de son prédécesseur à Chelsea. Et même si le portugais reste le bienvenu dans « sa famille », ce poste semble destiné à l’ancien entraîneur de la Juventus. Encore que si José était à Lille, s’était pour superviser Thiago Mendes et Nicolas Pépé… L’ivoirien : un joueur appelé à partir. D’après son entraîneur Christophe Galtier, destiné à évoluer « dans une équipe qui joue tout en rouge et qui aime bien avoir des joueurs excentrés faux pied ».

Allianz Arena par daniel-sauer0 – Pixabay CC0

2 – Bayern de Munich

Un indice fort qu’est cette dernière phrase. Une véritable révélation quand on sait que le Bayern évolue tout en rouge et que sa récente gloire est le fait d’une paire de faux-pieds : Robbery. Robben à droite, Ribery à gauche, les Bavarois sont montés sur le toit du monde grâce au gaucher hollandais et au droitier français. Les deux ailiers sont notamment à l’origine du triplé historique des Allemands en 2013. Dirigés vers la sortie désormais, les trentenaires proches de la quarantaine laissent une belle place à Nicolas Pépé.

L’ancien angevin pourra alors jouer à droite pendant que Koman ou Gnarby seront sur la gauche et vice-versa. Surtout que le meilleur buteur Lillois est le footballeur « idéal » pour l’esprit de recrutement munichois. C’est-à-dire raisonnablement couteux et amplement talentueux. Idem pour l’excellent milieu central Mendes. Lequel viendrait en plus relever un Javi Martinez vieillissant.

Mais puisqu’on parle d’entraîneur, il est possible que le transfert de ces deux joueurs oppose Mourinho à un de ses éventuels employeurs. L’ancien manager Mancunien semble les vouloir et Niko Kovac retrouver la confiance de son Board. Son équipe de retour au sommet, le Croate apparaît plus que jamais armé pour poursuivre l’aventure en Bavière. Une renaissance qui réduit l’embrasure de la porte de son bureau devant José. Sans la fermer cependant, un faux-pas veillant…

Santiago Bernabeu par PatrickBlaise – Pixabay CC0

1 – Real Madrid

En effet les grandes équipes détestent chuter. Brutalement tomber face à un adversaire qui plus est un sérieux rival. Des mots faibles pour les maux que peuvent causer une défaite du Real Madrid à domicile face au FC Barcelone. La grande dépression : une succession de déceptions. Le tout en une année. Une saison résumée en trois jours et 180 minutes de folie. Deux rencontres, deux compétitions : deux équipes tellement éloignées l’une de l’autre. Les 12 points qui séparent le Barça du Real en Liga sont un euphémisme devant le réel écart de niveau entre les deux équipes. Le Real joue bien comme une équipe amateur. C’est-à-dire avec beaucoup d’envie et peu de réalisme.

Vinicius Junior a beaucoup de talent. Mais le Barça est tellement supérieur au Real qu’il n’a plus besoin de jouer pour gagner. Le Real joue, les Catalans gagnent 0-3 et annulent l’espoir du match nul de l’aller 1-1 au Camp Nou. Le Real joue, les champions en titre gagnent 0-1 après le 5-1 de l’aller et matérialisent l’idée d’une année blanche. Même la Ligue des Champions s’avère perdue au vu des prestations madrilènes. La « coupe aux longues oreilles » ne pourra donc plus satisfaire leur public très exigeant. D’où leurs cris en Coupe du Roi lors du Classico retour : « Faites revenir Mourinho ! » Un chant accompagné par un autre, ennemi cette fois : « Mais où est CR7 ? CR7, où es-tu ? »

Ils n’ont pas dit Zidane, ils n’ont pas dit Ancelotti : ils ont dit Mourinho. Pourtant l’addition Merengue des deux tacticiens c’est du très lourd. 4 Ligues des Champions contre 0 pour José pour faire court. Pourquoi donc son retour quand Zizou peut revenir comme Jardim ? Tout simplement parce que le Real que le Portugais avait rejoint en 2010 semble revivre. Ce roi qui avait Lyon pour bête noire et le Barça comme cauchemar. Ce géant aux pieds d’argile à qui Mourinho avait redonné l’envie de redevenir le meilleur club de tous les temps. Karim Benzema : « La différence entre le Real de mes débuts et celui d’aujourd’hui ? On est montés en puissance pour devenir la meilleure équipe du monde. Au départ, il y avait beaucoup de nouveaux joueurs mais, peu à peu, nous avons grandi. Cela a commencé avec l’arrivée de Mourinho, qui a mis dans nos têtes que nous avions la capacité de devenir, justement, la meilleure équipe de la planète. »

Vinicius Junior n’a donc pas de soucis à se faire. Rashford était le joueur le plus utilisé de Mourinho à Manchester. Pas Fellaini, pas Lukaku : Marcus Rashford. La pépite anglaise a changé de dimension avec le triple vainqueur de la Premier League et ce n’est pas Olé qui pourra le nier. Et comme l’entraîneur le plus titré des Blues (surnom des joueurs de Chelsea) le dit si bien : « Un mensonge répété 1000 fois reste un mensonge. » La seule chose dont Vinicius doit « se méfier » : c’est la concurrence à venir. José Mourinho : « Est-ce qu’Eden Hazard a le talent pour jouer au Real Madrid ? Bien entendu. (…) Est-ce qu’il a la personnalité pour porter le maillot mythique du Real ? Evidemment. »

La compétitivité est l’apanage de Mou. Ce dernier se plaisant à la faire jouer entre ses éléments, Eden Hazard arrive sur le flanc gauche du Brésilien avec fracas. Et ça ne peut que faire du bien au sud-américain. S’il accepte de mûrir dans l’ombre de plus fort que lui ; s’il n’attrape pas la grosse tête, il va considérablement évoluer. L’humilité lui fera un grand bien. Un grand talent certes, un petit joueur toutefois. Un jeune qui ne grandira que s’il en est bien conscient. Lucide sur ce fait que les petits grandissent et les grands déclinent quand ils n’ont pas su mûrir. Ainsi s’il le veut bien, le néo international Auriverde mûrira sous la férule de José Mourinho. Une rumeur corroborée par l’ancien président du Real Madrid Ramon Calderon : « J’ai le sentiment et encore plus. Mourinho sera assis sur le banc du Real Madrid la saison prochaine. »

Smileys Emoticones par geralt – Pixabay CC0

Un parmi tant d’autres

La venue de Mourinho à l’Inter de Milan, au Bayern ou au Real Madrid renverrait encore mieux à ce mot qui le caractérise si bien : unique. The Happy One est le seul technicien qui depuis près de 12 ans maintenant est resté dans les hautes sphères du football mondial sans jamais flancher. Inter, Real, Chelsea, United… Tous les clubs que le portugais a entraînés depuis 2007 ont remporté la Ligue des Champions au moins une fois. En d’autres termes, il a managé des grands d’Europe. Ce qui n’est pas le cas de ses plus grands concurrents.

Pep Guardiola a entraîné Barcelone et le Bayern mais aujourd’hui à City il est dans un club moyen qui a beaucoup d’argent. Carlo Ancelotti aussi a baissé de niveau en signant à Naples. Dans l’ancien club de Diégo Maradona, le technicien italien n’arrive pas à transmettre son expérience. Le triple champion d’Europe peine à concrétiser son énorme palmarès au sud de l’Italie. Il a été fraichement sorti au premier tour de la Ligue des Champions et largué par la Juventus qu’il était venu concurrencer.

Quant à Raphael Bénitez, à Manuel Pellegrini et à Arsène Wenger : ce n’est plus la même limonade. Les deux premiers jouent en milieu de tableau à Newcastle et West Ham et le dernier est à l’arrêt. On aurait pu ajouter Klopp et Pocchetino mais c’est trop léger comme palmarès. L’allemand avait bien commencé avec deux titres de champions à Dortmund mais ce sera tout. Malgré deux finales de C1, depuis 2014 il n’a rien gagné comme l’actuel manager des Spurs de Tottenham. On espère néanmoins que Liverpool y arrivera enfin cette année après trois essais infructueux. Les Reds méritent cette Premier League et les circonstances vont dans leur sens. La dernière fois qu’ils ont raté le titre de champion d’Angleterre de justesse c’était en 2014. Et c’était encore à cause de Mourinho et Chelsea. Le binôme était venu les battre à Anfield (0-2). The Lonely One (surnom de Mourinho) appelé à d’autres fonctions, l’équipe de la Mersey devrait en profiter…

Chelsea : Mourinho avait (encore) raison

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Dimanche le 24 Février 2019 restera certainement une date spéciale pour le football anglais. Et pourquoi pas mondial ? Nous sommes à Wembley, le temple du football, et on assiste à une scène surréaliste. Le gardien espagnol Kepa Arrizabalaga envoie son entraîneur Maurizio Sarri balader et refuse d’être remplacé. Son équipe Chelsea perd aux tirs aux buts contre Manchester City (0-0 / 4-3 aux t-a-b) et le sport roi plonge dans une crise qui ne date certainement pas de la dernière finale de la Coupe de la Ligue anglaise.

Wembley par Billy Hicks – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Jamais deux sans trois

« Quand je vois les deux buts concédés, je me dis que mes joueurs ont trahi mon travail à l’entraînement », regrettait José Mourinho le 12 Décembre 2015. Nous sommes en zone mixte et Leicester vient de battre Chelsea 2-1. Quelques jours après le portugais était limogé et laissait les Blues à une triste seizième place en championnat. Une chute indigne du champion et vainqueur de la Coupe de la Ligue qu’il fût environ 7 mois plutôt lors de la saison 2014/2015. L’éboulement lui a été naturellement attribué. Son management a été pointé du doigt et les joueurs sont sortis blanchis de l’histoire.

La saison d’après, Antonio Conte lui succède logiquement et remporte encore la Premier League et la FA Cup l’année suivante. Ce sera sa deuxième et sa dernière saison à Londres. Un bilan formidable pour une autre issue incompréhensible liée une fois encore aux joueurs. Lesquels avaient encore lâché leur entraîneur sans la moindre intervention des dirigeants. L’italien est remplacé par un autre italien et le manège repart de plus belle. Sarri est à son tour abandonné par ses joueurs. Sa tactique devient « incompréhensible » et le club sombre dans une nouvelle impasse. Une situation agrémentée par le cinglant 6-0 pris chez les Cityzens. Une apogée atteinte avec cette « insurrection » de l’ancien portier de l’Atletic Bilbao.

Eden Hazard par Ben Sutherland – Flickr CC BY 2.0

Le jardin d’Eden

Le football aujourd’hui est défini autour de la notion de star. Il lui faut des stars pour exister. Qu’est-ce que c’est ? On ne sait pas vraiment. Avant une star c’était un leader technique et charismatique au passé glorieux destiné à un futur plus que glorieux. Maintenant c’est un peu l’amalgame. Toujours est-il cependant, qu’on en raffole dorénavant. Les grandes écuries doivent être capables d’en attirer le plus possible pour prétendre à la victoire. Une venue qui n’est pas toujours bénéfique. Un règne qui peut tourner au fiasco, la star n’étant plus forcément un leader. C’est-à-dire ce joueur capable de tirer son équipe vers les sommets. L’étoile sur Terre peut aussi être un « Hazard ». José Mourinho en 2014 : « Eden est le genre de joueur qui n’a pas la mentalité pour regarder derrière et venir aider son arrière-gauche et donner sa vie pour lui.»

Un reproche que ne lui fera pas Antonio Conte sans toutefois oublier de le penser. L’ancien capitaine et milieu défensif de la Juventus use d’une philosophie tactique très proche de celle de José : il n’en aura pas besoin. Sarri le fera pour lui : « Hazard ? Pour l’instant, c’est plus un joueur individuel qu’un leader. Il est bien sûr très important pour nous parce que c’est un très bon joueur. Il peut nous faire gagner des matchs. En deux minutes. Parfois même, ça ne prend qu’une minute. Mais pour le moment, ce n’est pas un leader. »

L’ancien technicien du Napoli poursuivra en disant : « Il a dit que ses entraîneurs lui avaient demandé d’en faire plus. Son potentiel est plus élevé que ses performances. Il doit se respecter lui-même d’abord, il doit faire plus. Eden est un excellent joueur mais c’est un joueur individuel. » Le Belge reconnaîtra d’ailleurs son manque d’implication dans le collectif. Notamment à l’époque du Mou : « Au cours de ces douze années de carrière professionnelle, j’en ai eu une mauvaise : les six derniers mois sous Mourinho, et c’est en partie de ma faute.» Une période qu’il aimerait bien revivre : « Si on me demande aujourd’hui avec quel entraîneur je souhaite à nouveau travailler, alors je dis : Mourinho (…) Si vous gagnez, Mourinho est le meilleur entraîneur que vous puissiez imaginer. Il devient alors votre ami, et vous pouvez faire ce que vous voulez. Vous désirez un jour de congé ? Il vous en donne deux. (…) Je n’ai pas beaucoup de regrets concernant ma carrière, mais ne pas avoir travaillé plus longtemps avec Mourinho en est un. »

Le Diable Rouge (surnom des joueurs de la sélection belge) s’était d’ailleurs excuser auprès du tacticien portugais juste après son éviction : « J’ai été l’un des joueurs les plus décisifs (la saison dernière) et cette année, j’ai été moins performant. Je n’étais pas au même niveau. Alors j’ai envoyé un message à José et il m’a répondu en me souhaitant le meilleur pour le futur. » Un avenir qui tel qu’on l’a constaté ci-dessus n’a pas vu un Hazard vraiment changer dans ce sens. Malgré une Coupe du Monde en Russie où il fût le technicien supérieur de sa sélection, il semble même imperméable aux critiques de son manager actuel : « Pour être honnête, je m’en fous. Je joue mon football. Peu importe ce que le manager dit. Je suis toujours concentré sur cette équipe. Je veux le meilleur pour cette équipe. » Mais il pense au groupe. C’est déjà ça de positif…

Lionel Messi par L.F.Salas – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Sur la cour du roi Léo

En plus de la grosse colère piquée par son entraîneur, le réflexe de Kepa a provoqué de nombreuses réactions. Le goalkeeper des Blues a littéralement été lynché à tous les niveaux de l’échelle du football. De la presse anglaise aux joueurs, celui qu’on a qualifié de « gardien mutin » a laissé une très mauvaise image de lui. Chris Sutton, ancien joueur de Chelsea : « Le comportement de Kepa est une honte. (…) Il ne devrait plus jamais jouer pour Chelsea. (…) Je me sens désolé pour Sarri. »

Une situation inédite ? Pas du tout. Ceux qui disent n’avoir jamais vu ça disent la vérité ou feignent de la regarder en face. Le « premier » à refuser de se faire remplacer par son entraîneur est celui qu’on considère comme le premier des footballeurs des temps modernes. En effet, Lionel Messi avait également recalé la volonté de remplacement exprimée par son coach. C’était le samedi 18 Octobre 2014 en Liga. Barcelone battait Eibar 3-0 au Camp Nou et Luis Enrique devenait le dindon de la farce de sa star. Un refus qui occasionnera la sortie de Neymar… aujourd’hui Parisien. Un souvenir que ranimera cet abonné de Twitter pour un message évidemment bien reçu par Kepa. Le dénommé Revuelta commente : « Tout le monde s’en fichait quand Messi a refusé d’être remplacé.»

Effectivement la polémique jadis reprise en boucle par la presse espagnole, n’avait pas connu la proportion mondiale de celle du natif d’Ondarroa. Afin de calmer « l’hémorragie », le Basque s’est excusé : « Tout d’abord, je regrette la façon dont la fin du match a été perçue. Je n’ai jamais eu l’intention de désobéir à l’entraîneur ou à l’une de ses décisions. Je pense que tout a été mal compris dans le feu de l’action lors de la dernière partie d’un match pour un titre. (…) J’ai un grand respect pour l’entraîneur et son autorité. » Marchant ainsi sur les traces de l’Argentin avant lui : « Beaucoup de choses ont été dites ces derniers jours mais Luis Enrique est le manager et il peut me faire sortir quand il veut. » Sans pour autant endiguer la situation.

Le sélectionneur de l’équipe d’Espagne n’a toujours pas pu sortir Léo Messi. Et celui-ci ne sera même pas sanctionné de surcroît. La violence de la scène en terre catalane ne serait pas comparable à celle de la semaine passée. Sauf qu’on ne parle pas de violence ici, mais de respect de la hiérarchie. Si Kepa a été sanctionné, c’est que Messi aurait dû être sanctionné. Un beau rêve ? Une immunité qui dessine aujourd’hui celui qu’on appelle le footballeur moderne. A savoir, un Pogba qui critique ouvertement son entraîneur dans la presse ; qui le défie à l’entraînement et jubile son licenciement. Un gros problème d’après Darren Fletcher : « Il ne s’est pas bien conduit récemment et il a besoin d’un coup de pied derrière. Et je pense que son poste d’aujourd’hui, qu’il s’agisse de son équipe ou autre, était totalement déplacé. C’est un gros problème pour moi Bref un leader négatif qui ne pense qu’à lui (…) C’est une autre préoccupation parce que tout le monde a parlé de qui va partir – Paul Pogba ou José Mourinho ? Quelqu’un a besoin de s’emparer de Paul Pogba et de lui dire que ce n’était pas une bataille entre lui et José Mourinho et qu’il a gagné. (…) Je ne dis pas que c’est nécessairement de sa faute. Peut-être que c’est à voir avec le joueur moderne. »

Un leader négatif selon le Spécial One : « Vous avez maintenant une génération de joueurs qui ne sont pas que des joueurs, mais tout un package. Vous avez le joueur, la famille, l’agent, l’entourage, le directeur de la communication. Parfois, vous avez même le propre staff médical du joueur, et dans les situations extrêmes il a même son préparateur physique individuel. Quand vous avez ce joueur, vous avez toutes les distractions autour… (…) Quand on parle de leaders dans le football, les gens pensent toujours à des leaders positifs. Mais un leader négatif est aussi un leader. Et tous les leaders que vous rencontrez sur votre chemin ne sont pas forcément de gentils leaders qui vous aident à accomplir vos objectifs. »

Jamie Vardy et David Luiz par @cfcunofficial (Chelsea Debs) London – Wikimedia Communs CC BY-SA 2.0

Jamie Verdict

Difficile de contredire, l’ancien assistant de Louis Van Gaal. Surtout lorsqu’on repense à Eden Hazard qui a écœuré ses trois derniers managers à Chelsea. Et qu’on observe ce qui se passe à Leicester depuis 2015. Le club des Foxes sombrent sous les mêmes couleurs que les Bleus de Londres. Deux paires de trois entraîneurs virés (dont un en intérim : Guus Hiddink à Chelsea) ; de la mise à l’écart de Claudio Ranieri à ce jour, les Lions et les Renards se croisent dans leurs soubresauts. Roman Abramovitch s’apprête à vendre le club londonien. Vichai Srivaddhanaprabha le propriétaire thaïlandais du LCFC nous a tragiquement quittés. Et on se demande encore comment un entraîneur qui a mené une équipe très moyenne vers un titre de champion de la première ligue au monde a pu être évincé de la sorte. Ecarté tel Mourinho du « Théâtre des Rêves » et Claude Puel de sa prestigieuse place au King Power Stadium : on a la réponse aujourd’hui. Les joueurs ne voulaient plus de l’italien. En l’occurrence Jamie Vardy, encore cité dans l’éviction du français récemment. L’international anglais aurait même insulté l’ancien coach de l’Olympique Lyonnais à la fin du match face à Manchester : « Pourquoi il leur parle, cette put… de tête de bi… (Knobhead, en VO) ? »

Il y’a quelques jours Mourinho déclarait sur Bein Sport : « La phrase de sir Alex Ferguson que j’ai conservée était : « Le jour où un joueur devient plus important que le club, au revoir ». La structure d’un club doit être là pour protéger un entraîneur et que les joueurs sentent que tout est en place, qu’ils comprennent qu’ils ne vont pas arriver dans une situation où ils se sentent plus importants qu’ils ne l’étaient auparavant. » Ce qui n’est clairement plus le cas de nos jours. Et il sait de quoi il parle. Pogba lui a été préféré. Les joueurs ont pris le pouvoir.

Allan Shearer : « Paul Pogba est le plus gros transfert de l’histoire du club. Même s’il est champion du monde, il n’est pas digne de lacer les chaussures de ceux qui sont rentrés dans l’histoire d’Old Trafford. Il a été pathétique contre West Ham et a été si mauvais que Mourinho a dû le sortir parce qu’il n’apportait rien. S’il cherche à faire renvoyer son manager, il est train de faire un bien meilleur travail que de jouer au football. (…) Je suis vraiment triste que cela n’ait pas fonctionné pour lui, parce que c’est un grand manager. Sa première saison a été un succès pour lui, avec deux trophées remportés. (…) Cela ne se passait jamais comme ça quand j’ai commencé à jouer. Le club avait le pouvoir, le boss aussi. Maintenant, ce sont les joueurs qui ont tout le pouvoir. »

Tous veulent être des copies conformes à Lionel Messi et marcher sur la discipline à leur guise. La discipline : le point commun de tous ces entraîneurs qu’on a cités. Mourinho, Conte, Sarri, Ranieri, Claude Puel et Luis Enrique ne badinent pas avec l’indiscipline. Un caractère qui les met forcément en conflit avec les indisciplinés. Ces joueurs qui parce qu’ils sont bourrés aux as ne respectent que leurs employeurs…

Un Billet de 500 € par Alexas Fotos – Pixabay CC0

L’argent, le nerf de la guerre

L’inconduite de Kepa lui a valu une sanction financière. Le champion d’Europe des U19 paiera une amende de 225 000 Euros sur les 11,5 Millions d’Euros qu’il gagne annuellement. Une goutte d’eau dans la mer qui réduit la supériorité de Sarri à un monnayage et n’exclut en rien une « rechute ». Il a certes été mis sur le banc face à Tottenham, mais c’est juste pour un moment. C’est le gardien le plus cher de l’histoire. On a investi 80 Millions d’Euros sur lui pour qu’il puisse rapporter plus. Et ce n’est pas sur la touche qu’il le fera. Une semaine de son salaire, et le tour sera joué. Si un joueur gagne assez pour aller à sa retraite tout de suite, que gagnerait-il à respecter son entraîneur. Il a déjà ce qu’il cherche : un bon salaire. Même qu’on l’a persuadé qu’il était talentueux et qu’il devait être titulaire incontestable…

Une évidence doublée d’une confirmation qui s’oppose à la discipline émanant de la conquête d’une place de titulaire. Et lorsque les médias s’en mêlent en faisant croire aux joueurs que le banc de touche est un lit d’hôpital, le clash s’annonce détonant. Le joueur doit jouer à tout prix, veut jouer et sait qu’il va jouer peu importe les humeurs de son coach. Il rapporte gros au club pas lui. C’est du marketing. Un marchéage qui fragilise la place de l’entraîneur. Une méthode qui décide de qui va débuter sans l’avis de celui qui est payé pour le faire. Les entraîneurs épris d’équité sont donc mis de côté de peur qu’ils placent l’investissement sur la touche. Un départ qui profite à l’arrivée sur les bancs de simples représentants de la pédagogie financière. La marque protégée, le système peut continuer sa progression. Une révolution qui tue l’évolution des joueurs.

Pourquoi les superstars d’aujourd’hui ont du mal dans les compétitions majeures des équipes nationales ? Car en sélection on fait avec ce qu’on a. C’est le talent individuel et ta capacité à t’adapter aux autres qui compte. On ne peut pas recruter donc on fait avec ceux qu’on a. Il n’y a plus de « lieutenants » pour te faire avaler ce qu’ils ont mâché : à toi de jouer. Plus facile à dire qu’à faire. Un vœu compliqué à exaucer étant donné qu’on est loin de sa zone de confort. Ta situation d’enfant gâté en club t’a donné une fausse image de grand joueur et ton vrai niveau jaillit aux yeux du monde. Oui, le talent d’un joueur ne dépend pas de l’endroit où il se trouve. Usain Bolt est l’homme le plus rapide au monde partout où il court.

Le marketing est une bonne chose. Et pour qu’il le reste, il doit rester à sa place. Sur les maillots, les shorts, les chaussettes, les godasses et autres supports de communication. Les dirigeants d’un club ne doivent pas faire de lui la pierre angulaire de leur gestion. Il doit être en mesure de ne pas obstruer le métier des entraîneurs. Ils doivent être mis dans des conditions de travail professionnelles où le marketing jouerait un rôle de simple figurant. Sorti de son domaine de définition, il devient nuisible.

Nuisibles comme ces sommes astronomiques qu’il génère et qui accompagnent ces joueurs dits talentueux qui n’ont souvent jamais rien prouvé. Le joueur le mieux payé au monde doit faire un avec le meilleur joueur du monde et le joueur le plus cher du monde. Le salaire et le transfert d’un joueur doivent être fonction de son palmarès et du temps qu’il a passé sur la pelouse au cours des dernières années. On donne une valeur monétaire à chaque minute de jouée, à chaque trophée collectif et individuel soulevé et on comptabilise. Ce procédé permettrait d’éviter des réactions insoutenables. Qu’est-ce que Kepa a fait pour être le gardien le plus cher du monde ? Rien. Il a été surévalué, il n’est pas à sa place et ça s’est vu… Un homme qui n’est pas à sa place a tendance à avoir un comportement déplacé.

Un boomerang par Adrian Barnett. – Wikipedia (Domaine Public)

Effet boomerang

La sagesse est fille de l’expérience. Un joueur accompli n’a pas besoin de crier pour se faire entendre. Il a une vue objective sur toutes les situations auxquelles il fait face. Il a gagné en club comme en équipe nationale : il n’a donc plus rien à prouver nulle part. Il devient ainsi un exemple naturel pour les jeunes et les autres joueurs qui songent à réussir. Ronaldo, Iniesta, Xavi, Luis Suarez et autres ne refusent pas de sortir lorsqu’on les remplace parce qu’ils ont démontré à tous et partout qu’ils sont des grands joueurs. Leur absence sur le terrain ne changera rien à leur histoire en tout point valeureuse. Ce qui n’est pas le cas de Messi par exemple.

L’Argentin a besoin d’être sûr de marquer sous le maillot Blaugrana pour exister. Son départ du Barça sera toujours retardé parce qu’il n’y a qu’en Bleu et Grenat qu’il est « assuré » de rester au top. C’est comme ça qu’il s’attaque à tous ceux qui essaient de lui « piquer » sa place. Voilà pourquoi Eto’o, David Villa, Zlatan, Alexis Sanchez, Pedro, Neymar, Iniesta (dans une autre mesure) et Luis Enrique ont été tous débarqués du navire barcelonais. Sans compter tous ces talents de la Masia qui ont fui le despotisme de La Pulga et oublié qu’ils pouvaient pareillement écrire l’histoire de leur centre de formation. Les quintuples champions d’Europe perdent donc peu à peu leur brillance et leur identité en misant sur un joueur qui leur doit tout : le respect y compris. Le buteur Albiceleste se sert de son importance pécuniaire pour faire chanter son club.

Sauf que tout a une fin. Spécialement lorsqu’on a utilisé son « tout » pour les mauvaises raisons. Messi aurait pu utiliser sa puissance pour unir. Il aurait dû peser de tout son poids pour au moins empêcher le départ d’Iniesta ou de tous ces joueurs qui ont injustement été libérés pour qu’il brille. Mais il veut rester seul à la pointe. Le reste il s’en fout presque. Sauf que le football fait partie de la vie. Et dans la vie tu récoltes ce que tu as semé. La victoire en équipe nationale est un accomplissement de ton travail en club. Si elle tarde à arriver pour toi… pour lui c’est aussi et surtout parce qu’il emmène cet irrespect dans tous ces déplacements. La dernière Coupe du Monde en est encore la preuve. Les joueurs qui s’attaquent à leurs entraîneurs ne font pas long feu. Iker Casillas en est l’archétype parfait.

Rien ne vaut une victoire avec son pays. Ça vous débarrasse d’un gros fardeau : vous jouez aussitôt libéré. Vous êtes un nouvel homme. Un soldat détaché par le poids de ses médailles : l’exemple des exemples en plus… Un champion du monde. Un footballeur qui devrait être l’incarnation du joueur parfait. Respectueux de ses supporters, ses coéquipiers, son entraîneur, on est champion du monde après la Coupe du Monde. C’est après qu’on sait qui l’a bien mérité et qui est surpris. On se souvient « tous » de cette menace du gardien des Dragons (surnom des joueurs du FC Porto) vis-à-vis de son entraîneur Mourinho au Real Madrid : « Je te préviens José, c’est la dernière fois que tu critiques les joueurs publiquement. Les joueurs et moi, ici, on a tous déjà démontré qu’on avait beaucoup gagné et qu’on a toujours eu envie de plus. »

Le palmarès… Est-ce une raison pour manquer de respect à son supérieur ? Non. Et la suite le prouvera. Meilleur gardien ibérique de tous les temps, il a buté contre son camp après cette altercation. Naguère louangé par tout Madrid, Casillas s’est fait conspuer par ses propres supporters. Invité sur le banc par José, le champion du monde double champion d’Europe a été confirmé sur la touche par son successeur Carlo Ancelotti… Avant d’être viré du Real en larmes. Lorsqu’il disait au revoir, son président Florentino Pérez n’était même pas près du quadruple vainqueur de C1 qu’il est. Le monument devenu simple homme était seul en conférence de presse devant ces journalistes qui lui ont donné l’impression d’être intouchable. Le roi qu’il était est désormais gardien au royaume du Happy One : au FC Porto. La pierre que tu lances au-dessus de ta tête lui retombe dessus. C’est la loi universelle de la gravité.

Iker Casillas par Илья Хохлов – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

A l’attaque !

Lorsque les journalistes te tendent leurs micros, ils ne font que leur travail : à toi de faire le tien. Le poisson qui mord à l’hameçon du pêcheur devient un repas. S’il ne sait pas tenir sa langue, tant pis pour lui et heureusement pour les bateliers. Ces matelots ont le « devoir » de te mener en bateau. Il te revient donc de garder les pieds sur terre et à personne d’autre. La parole et les actions d’un grand joueur feront toujours vendre. Au centre du divertissement, il n’a pas de soucis à se faire sur ce plan-là. Acteur principal de la sitcom, il est le fonctionnaire de la distraction. Son bureau un théâtre à ciel ouvert, il doit pouvoir bien jouer son rôle pour survivre à son film. Réfléchir au moindre de ses faits et gestes sans toutefois annihiler l’émotion de son être. Cette expression positive de joie ou de déception qui servira à sa postérité. Un sportif a la responsabilité de faire la une des journaux pour des raisons « Fair-play ». Et non pour avoir ridiculisé son entraîneur ou un coéquipier.

Le manque de respect en général est un frein à la bonne santé de la carrière et de l’image d’un joueur. Un footballeur qui ne respecte rien court à sa perte. Mbappé avait commencé à régresser quand il s’est mis à perturber les entrainements de l’AS Monaco. Il a « lutté » contre Raggi, réclamé à tort le salaire de Radamel Falcao et s’est progressivement invité à la table de la maladresse. Malgré l’effectif de qualité, sa première saison à Paris sera moins bonne que la précédente chez les Asémistes. Une brève escale de malheur. Une chance pour lui que son erreur ait été rapidement dépassée et remplacée par une plus grosse. Celle d’un autre joueur moderne digne de ce nom encore plus sûr de son omniprésence : Neymar…

Depuis les affaires du pénalty et du coup-franc qui ont opposé Cavani à Neymar, la carrière du Brésilien a connu un grand coup de mou. Une grosse blessure qui a failli l’éloigner du Mondial. Le simulacre, un Mondial raté l’année passée. Une autre blessure encore aujourd’hui qui pourrait le priver de la Copa America chez lui si elle était mal ou trop vite soignée. Bref à la suite du Cava-Ney Gate, Neymar a vu Mbappé devenir le « nouveau Pelé » en remportant cette Coupe du Monde qui lui était promise. Le Bondysois y est arrivé en faisant un malheur en Russie à l’instar d’un Cavani en état de grâce. El Matador restait sur sa lancée stratosphérique en club. Parc des Princes où il n’a jamais cessé de conforter sa place dans le « Louvre » du PSG à coups de buts. Histoire que Vinicius Junior arrive en grande pompe en équipe du Brésil pour en découdre avec l’ancien du Santos FC.

Autrement dit, dans la MCN la hiérarchie semble donc logiquement respecter l’ordre des noms. Mots pour maux, le « M » champion du monde français prend le pouvoir à Paris. Le « C », l’athlète pour le Christ (Surnom de Cavani) entre dans l’histoire du club dessiné par la Tour Eiffel. Et le « N » fait la une des faits divers, chassé par le talent fougueux du « nouveau Neymar ». Un Galactique et plus encore selon le quotidien espagnol AS : « Une version moderne et plus forte de Neymar. » Celui qui admet « s’inspirer de l’attaquant Parisien sans se comparer à lui », ne « s’imaginait pas s’adapter au Real Madrid si vite ». Trop tard ! Le mal est fait…

Comme un rat ? Non pas du tout. Comme un jeune mal conseillé tout simplement. Neymar a quitté la Catalogne pour former son royaume à Paris sans tenir compte de l’aspect sportif. Dans un club moins prestigieux que le FC Barcelone il est devenu un simple serviteur à sa grande stupéfaction. Une régression, une idée sans suites : la faute au mépris caractérisé envers un aîné qui ne lui a rien fait. Un cadre de l’équipe qu’il devrait respecter pour tout ce qu’il a apporté au club dans lequel il a signé. Une référence : le repère qui aurait dû l’orienter. Lieutenant devenu général, une expérience qui le comprend parfaitement.

Edinson Cavani n’a pas toujours été le meilleur buteur de l’histoire du PSG. Il a servi Ibrahimovic et son équipe avant d’être desservi par les bienfaits d’une humble vie. Il mérite juste beaucoup de respect. Si Neymar a été forcé de « s’incliner » devant Messi, il aurait dû être forcé de le refaire devant Cavani : le « Messi » du PSG. C’est dur à attendre mais c’est la vérité. Sur la cour du roi des sports, ce sont les faits qui parlent. Ney gagne 30 Millions d’Euros par an environ. Il a un énorme talent mais ici c’est Paris. Et à Paris l’Auriverde (surnom des joueurs de la sélection brésilienne) ne fait pas encore le poids avec le Celeste (surnom des joueurs de la sélection uruguayenne). Kick and Rush, et KM7 en profite pour filer à l’anglaise, bien lancé par l’angélique Di Maria. A l’attaque !

Aimé Jacquet en 1994 par Auteur Inconnu – Wikipedia (Domaine Public)

Offensives missives

Aimé Jacquet a dit une fois : « Le football est le reflet de notre société. Regardez bien l’expression d’un joueur sur le terrain, c’est sa photographie dans la vie. » Une vérité toute faite. Nous vivons un monde basé sur l’offensive. Il faut attaquer, blesser pour susciter le respect. Une démarche qui crée un désordre caricatural et relègue la discipline au second rang dans un usage où elle se fait prépondérante. Une métaphore portée en flambeau par ses médias qui réclament l’attaque à outrance dans le sport.

On assimile la philosophie à l’offensive et on reduit le spectacle au front de l’attaque… Les défenseurs ne sont-ils pas des artistes ? Des défenseurs de la cause footballistique ? On parle de défendre un principe qui inspire la discipline et le respect des valeurs du football pour mieux défaire son adversaire. Le football total est une pensée fondée sur le collectif qui demande de défendre ensemble pour attaquer ensemble. Partie de la récupération d’une défense modèle du genre, une super contre-attaque en quelque sorte : la philosophie de Cruyff. Une école à laquelle appartiennent Guardiola et Mourinho d’une manière et d’une autre. Quoique les anciens joueur et assistant du club Alzugrana ne jouissent pas des mêmes faveurs.

Guardiola a eu la « chance » dans sa carrière de tomber sur des joueurs très professionnels. Des joueurs qui même lorsqu’ils ont été en disgrâce avec lui, ont toujours fait le job. Ils les mettaient sur le banc et à chacune de leur entrée, ils faisaient une bonne prestation pour justifier sa bourde. Eto’o, Yaya Touré, Seydou Keita, Thomas Muller, Sergio Aguero etc. ont fait gagner Guardiola pour lui prouver qu’il était dans l’erreur. Un respect de la hiérarchie qui n’est pas forcément fortuit. L’ancien pensionnaire de la Roma prend les pleins pouvoirs lorsqu’il signe dans un club. Si tu t’opposes à lui tu t’opposes au boss du club. En outre tu perds un temps précieux… : tu devrais aller jouer à la ba-balle dans la cour. Seuls les résultats décideront de qui reste ou qui part. Ce sera lui ou toi. Et si c’est toi, attend toi aux foudres médiatiques. Dehors aussi il a la côte.

Ainsi, de façon de moins en moins subtile, les médias suggèrent aux joueurs que pour le bien de leur croissance, ils devraient aller jouer pour Guardiola et lui obéir. Ils progresseraient… Ainsi Riyad Mahrez, l’un des meilleurs joueurs de Premier League, peut progresser hors des radars sans que personne n’en parle. Mais si c’était Mourinho qui le faisait, un journal serait allé interviewer l’algérien en coulisse pour ressortir sa colère et l’opposer à son entraîneur. Et on organiserait des débats pour expliquer aux jeunes que le portugais était à 55 ans un entraîneur « Has Been ». Une discussion au cours de laquelle on regretterait énormément un entraîneur de 70 ans pour illustrer cette envie de modernité.

Pourquoi ? Parce que ce n’est pas à cause du Brexit et de l’élection de Donald Trump que Ranieri a été chassé de Leicester comme le pense Klopp : « Je ne suis pas surpris que de telles choses puissent arriver, et pas seulement dans le foot. Il y a des choses bizarres qui se sont passées en 2016-2017… le Brexit, Trump et Ranieri. (…) Je n’en sais pas assez, demandez à Leicester pourquoi ils ont fait ça. Mais on doit s’attendre à affronter la meilleure équipe de Leicester City lundi. » La sortie des britanniques de l’Union Européenne et la présidence du successeur de Barack Obama sont des résultats démocratiques qu’il faut respecter. Les pires pages de l’histoire ont été écrites avant ces plébiscites. La question est comment en est-on arrivé là ? C’est trop facile d’accuser l’autre pour dédouaner son mauvais comportement.

La vérité c’est que si tu ne t’appelles pas Pep Guardiola ; si tu n’es pas soutenu par tes dirigeants et accepté par les médias, ton poste d’entraîneur sera fragilisé. Tu devras faire une composition de 22 éléments sur la pelouse ou tes joueurs ne t’écouteront plus. Ils seront galvanisés dans leurs erreurs par des discours télévisées. Des consultants comme Martin Keown, capables d’appeller les joueurs à la mutinerie : « Ils ont presque besoin de ne plus l’écouter. Parce que si la manière dont ils jouent aujourd’hui correspond aux consignes de Mourinho, alors c’est comme s’ils étaient déjà livrés à eux-mêmes, car je suis bien incapable de définir l’identité de jeu de cette équipe. »

Et ce qui devait arriver arriva… Le technicien portugais à la porte, il peut observer le « cancer » se généraliser. Contempler cette maladie de la star folle dont il a été longtemps victime, devenir une « norme » aux yeux du monde. Une aubaine qu’il n’était plus là quand Kepa a méchamment « contracté » le virus : « Heureusement, une situation comme celle-ci ne m’est jamais arrivée. D’un côté, le gardien veut montrer sa confiance, veut montrer sa personnalité et j’aime bien cela. Ce que je n’aime pas, c’est qu’il fragilise la position de l’entraîneur et de tout le staff. Caballero est aussi resté dans une situation compliquée. Cela m’attriste beaucoup, c’est très compliqué. »

Kepa Arrizabalaga par Catherine Kõrtsmik – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Born again

Contrairement à ce qu’on peut penser, la polémique sur Kepa a remis le football à sa place. On a eu droit à une haletante et magnifique séance de tirs aux buts avec une jolie Panenka d’Eden Hazard ; au 25e titre de Guardiola et à une équipe des Cityzens toujours plus impressionnante. Des émotions comme on les aime dans le bon sens du terme. On ne veut pas que ça se reproduise, mais on est bien obligé d’accepter que ces minutes folles ont donné un autre gout à la finale. Tous les joueurs sont revenus derrière leur entraîneur pour gagner ce match : une rencontre qu’ils perdent au moment de l’incident majeur.

Attirer les Sky Blues aux pénaltys pour faire entrer Willy Caballero (spécialiste en la matière) n’a pas marché totalement. Mais Sarri a réagi en grand et s’est mis à la place de son gardien. Il l’a désamorcé la bombe comme un père, il l’a sanctionné. Son équipe a battu Tottenham et il a repris le contrôle. Tout ira probablement pour le mieux pour la suite de la saison. Les joueurs ont vu le déshonneur que ça coute de s’opposer à un entraîneur et « personne » n’essaiera plus. Chelsea recommence à faire peur positivement comme négativement.

L’opposition entre Kepa et son entraîneur a donné une mauvaise image du football anglais. Il est devenu un piège à entraîneurs dans lequel ils ne voudront plus tomber. Si Zidane a hésité pour remplacer Sarri (voire Mourinho à United), Prandelli lui avait littéralement refusé de prendre la place de Ranieri à Leicester : « J’ai dit non. Il y a eu quelque chose, j’ai immédiatement dit non. Pourquoi ce refus ? Parce qu’on n’accepte pas un poste comme ça, parce qu’on ne peut pas y aller après avoir vu comment Ranieri a été traité. Je n’y vais pas. Point. Je raisonne comme ça. » L’ancien sélectionneur italien s’aligne ainsi derrière une fédération d’indignés au sein de laquelle JM a humblement substitué ses initiales.

Sa tenue floquée d’un « CR » qui ne signifie pas Cristiano Ronaldo mais bien Claudio Ranieri, l’hommage de José Mourinho à l’ancien coach du FC Nantes en dira long sur l’état général des esprits des hommes sur la touche : « Les initiales sur mon maillot ? C’est mon petit hommage à quelqu’un qui a écrit la plus belle histoire de la Premier League. Quelqu’un qui mérite probablement que le stade de Leicester soit renommé « Claudio Ranieri » Leicester a écrit l’histoire deux années de suite. Un an parce qu’ils ont réalisé la plus belle chose de l’histoire de la Premier League, et même de l’histoire du football. Et maintenant, ils sont aussi dans la lumière, avec cette décision qui, je pense, a uni tout le monde du football, car c’est quelque chose de très, très difficile à accepter. » Et comme il l’avait écrit plutôt sur son compte Instagram : « Champion d’Angleterre et entraîneur Fifa de l’année. Viré. C’est le nouveau football Claudio. Garde le sourire mon ami. Personne ne pourra jamais effacer l’histoire que tu as écrite.»

Aussi, à défaut de surfer sur le tapis rouge de Guardiola, les entraîneurs qui tiennent à leur réputation prendront les pancartes pour se manifester derrière Mourinho. L’entraîneur-leader a énuméré des conditions pour ces futurs postes qui devraient encore inspirer plus d’un à l’avenir : « Je ne veux pas d’un conflit interne (…) Je veux travailler avec une empathie structurelle. Un club est une structure, une structure complexe dans laquelle le manager est une partie importante de cettestructure, mais pas la structure (en soi). (…) Je veux travailler avec des gens que j’aime (…) avec qui je suis heureux, avec qui je partage les mêmes idées.» L’union faisant la force…

Un coach par RaphiD – Pixabay CC0

Une seule solution

Le poste d’entraîneur aujourd’hui doit être réformé. Avec l’essor technologique, tout le monde pense pouvoir diriger une équipe de foot. Quand bien même des gens sont formés pour. On déplace des pions sur un écran géant tactile et on pense être un spécialiste du football : c’est trop facile… Nos interventions court-circuitent le dialogue entre l’entraîneur et son poulain et instrumentalisent ce dernier. Et le pire c’est qu’on n’est que le résultat visible d’une somme de savants qui ne savent pas ce qu’ils font. Une interférence qui affaiblit la formation et le travail de l’entraîneur.

Les joueurs ne sont pas des objets : ce sont des hommes. Le plus difficile ce n’est pas de les mettre sur le terrain ou d’imaginer une tactique. C’est qu’ils adhèrent à cette tactique une fois sur le terrain. C’est leur devoir de jouer pour quiconque sera leur entraîneur. Toutefois, ils ont la capacité morale de refuser. Là est le problème car certains en abusent. Au moindre reproche, ils sacrifient leur équipe au service de leur égo et au détriment de leur coach. Une attitude qui empêche de monter un bilan objectif sur ses réelles capacités à mener un groupe. Comment savoir si un entraîneur est bon quand ses joueurs refusent d’appliquer ses consignes ?

Un entraîneur et ses jeunes joueurs par dimitrisvetsikas1969 – Pixabay CC0

Le manager serait alors viré pour une faute professionnelle qu’il n’a pas commise. La seule solution pour éliminer cette carence de professionnalisme, c’est de redonner au « chef » son bâton de pèlerin. Comment ? En lui assurant qu’il finira chacune des saisons qu’il va débuter. C’est la fin qui justifie les moyens. Un entraîneur ne doit pas être remercié en cours de saison. Un manager qui sait qu’il finira l’année quoiqu’il advienne, est un technicien conforté et réconforté. Une stabilité psychologique qui obligera les joueurs à l’écouter. L’entraîneur parlant « au nom » de son président, ils ne peuvent pas le faire partir. Et s’ils s’obstinent, ils mettront leur carrière en danger. Puisque la position d’une équipe définit la qualité de son effectif, leurs prestations définiront la suite de leurs parcours respectifs. A fond ils joueront pour eux, pour l’équipe et tout le monde saura si l’entraîneur a fait les bons choix à la fin de la saison. Il y’a une surprotection des stars en particulier et des joueurs en général dans l’administration du football dit « moderne ». Il est temps de penser aux entraîneurs. Eux aussi sont surexposés.

Un Portugais peut en cacher un autre

Par défaut

« Mourinho va devoir batailler pour retrouver un banc de touche prestigieux » terminait Gilles Campos dans son article « Son bilan à Manchester et au Real, la vente de Salah… Mourinho règle ses comptes ! » Une sortie partisane qui a valu au rédacteur de Maxifoot une grosse leçon de journalisme venu d’un commentaire de l’un des très fidèles abonnés du site. Alain Zind : « « tandis que Mourinho va devoir batailler pour retrouver un banc prestigieux » : la phrase-type du jugement de valeur qui devrait être absolument évitée par un journaliste : 1) Sur quelles données avancez-vous cette hypothèse ? Avez-vous consulté personnellement tous les dirigeants de tous les « gros » clubs ? 2) Du coup, si Mourinho retrouve un poste d’ici peu, vous aurez l’air quand même un peu béta. J’aime bien Maxifoot car ça centralise les infos de manière synthétisée (bref, du journalisme au carré), mais ces phrases conclusives sont symptomatiques d’une syntaxe expéditive et partiale, basée sur des a priori ou des idées reçues. » Quelque chose à ajouter ?

APRIL 18, 2009 – Football : Manager Jose Mourinho of Inter during the Serie A match between Juventus and Inter Milan at the Stadio Olimpico di Torino on April 18, 2009 in Turin, Italy. (Photo by Tsutomu Takasu) – Flickr CC BY 2.0

Oui… Tout est dit

Les réactions à cet article ne sont pas toutes de ce type didactique. La plupart sont même contre l’entraîneur portugais comme l’atteste celui-ci : « Ce qui m’énerve avec ce mec c’est que ce sont toujours les autres les fautifs depuis Porto il est devenu un coach qui veut toujours travailler dans le confort nous ne sommes pas en interne à Manchester United je doute vraiment que les conditions étaient si difficiles comme il le dit et c’est lui qui a souvent eu les problèmes avec ses joueurs qu’il a voulu comme Mihktaryan donc il connait les qualités en tant que 10 il le fait venir pour le faire jouer sur le côté il demande à Sanchez juste parce qu’il ne voulait pas que celui-ci aille à City comme il a fait avec Fred quoiqu’on puisse dire il a cherché a ce faire virer d’United en dégradant ses relations avec l’effectif et ses piques en direction des dirigeants Il parle de Salah il a fait venir Salah mais il n’a pas souvent donné la chance à celui-ci de jouer comment un joueur doit il confirmer son potentiel etant sur le banc. »

Vous remarquerez qu’il n’y a pas de ponctuation dans cette exclamation de « l’auditeur » Döc Chakallo. Une rafale verbale qui raconte bien sa colère. Un discours qui lui a valu une mention « J’aime » d’Arnaud Gnek. « Bien dit » félicitera le « follower » après avoir souligné dans sa première réaction (la seconde à propos de l’article) : « Monsieur le journaliste, essayez de faire des rédactions pertinentes sans prise de position. Nous sentons bien que vous détestez Mourinho à en mourir, tellement il est si spécial. Le monde est fait ainsi. Tout le monde ne peut se comporter de la même manière. Vous faites semblant de ne pas voir ses grandes œuvres et vous vous acharnez sur ses erreurs. » On voit donc ici que Monsieur Arnaud, bien qu’il ne soit pas forcément pro José, ressent qu’on reproche au lusitanien des choses extérieures au football. Mais lesquelles ?

José Mourinho par apasciuto (Flickr) – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Ma parole contre la tienne

Nous ne le saurons vraiment jamais… Toutefois ce qui est certain, c’est qu’ils sont nombreux à avoir insufflé cette idée selon laquelle le limogeage de l’ancien sociétaire du Rio Ave FC de Manchester était le début de sa fin. Certains lui ont même suggéré de rentrer entraîner son pays ou dans son pays. Une façon polie de lui indiquer que le monde civilisé ne veut plus de lui. Quoique Mourinho « a déjà refusé trois offres ». Des « vétos » qui indiquent clairement qu’il garde sa côte très élevée sur le marché. Il était d’ailleurs à Lille pour superviser Pépé et Thiago Mendes pour un éventuel transfert des deux pépites. C’est un grand entraîneur et c’est tout. Personne ne peut le nier. Encore qu’à chaque fois qu’il a été viré, il est allé dans un club plus grand que celui qu’il a laissé.

Lorsqu’il quitte Chelsea en 2007, il signe à l’Inter de Milan. Lorsqu’il revient et quitte encore les Blues en 2015, il signe à Manchester United. Aujourd’hui qu’il est parti de Manchester United, il est espéré au Real Madrid. Fred Hermel : « Mourinho a conservé 25 à 30 % de supporters qui sont complètement fous de lui à Madrid. Ces personnes considèrent encore aujourd’hui qu’il est un des plus grands entraîneurs du monde. Il est le gourou d’une secte ‘mourinhiste’ à Madrid. Il y a des personnes qui aiment le show Mourinho. Puis, le président, Florentino Perez, aime beaucoup le Portugais. En privé, il le considère comme l’un des meilleurs techniciens que le club n’ait jamais connu. Je rappelle aussi que ce coach est parti en très mauvais terme avec le vestiaire et avec certains journalistes mais pas avec les dirigeants madrilènes. »

Le journaliste poursuivra en précisant  : « La révolution dans le vestiaire, après cette année pourrie, risque d’être tellement énorme que les dirigeants ne vont très probablement pas demander aux joueurs leurs avis. Au niveau des coaches, il n’y a pas non plus pléthore de choix sur le marché. (…) Il est aussi intéressant de rappeler que le club appartient à ses supporters. Si, dans un sondage, une part importante des ‘socios’ réclame le retour du Portugais, cela pourrait avoir une influence sur la décision. » On observe donc derrière ces mots une réelle contradiction. Cette déclamation prouve que Mourinho a fait du bon travail au Real et qu’une bonne partie des médias essaye de dissimuler ce fait en jouant sur la sensibilité du public. Un sabotage pur, simple et pour rien. Un homme qui fait du mauvais travail ne monte pas en grade.

Une figurine d’ouvrier par geralt – Pixabay CC0

Si Mourinho avait vraiment foutu la « merde » à United ; s’il n’était plus désiré pas les cadors européens, il ne serait pas cité comme potentiel preneur du plus grand club au monde. Notre vision étrangère ne nous permet pas d’avoir un point de vue clair sur la situation. Mais, ceux qui « vivent » dans cet univers savent qui est compétent et qui ne l’est pas. Parmi eux le président de la Liga Javier Tebas : « Ce ne serait pas une mauvaise chose pour la Liga. C’est un coach fantastique qui a de nombreuses qualités et ce serait fantastique de l’avoir parmi nous, mais qui sait dans quel club il irait ? » Le patron espagnol ajoutera même plus récemment en parlant de Pep et Mou : « J’aimerais qu’ils reviennent dans notre Championnat. Ce sont deux grands managers, avec leurs controverses, leurs styles différents. Mais ils ont prouvé qu’ils sont des entraîneurs d’élite. »

Lassana Diarra taclant Messi par Addesolen – Wikimedia Commons CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) Public Domain Dedication

Une opinion que ne partage pas Andrés Iniesta pourtant. Sur le passage de José à Madrid, le joueur du Vissel Kobe affirme : «  Il n’est pas nécessaire d’être à Barcelone ou au Real Madrid pour savoir que la situation était désagréable. Et la clé de cette histoire était José Mourinho. Il ne s’agissait plus de la rivalité qui existait auparavant, cela allait au-delà, c’était devenu de la haine. Cette atmosphère s’est développée et était insupportable. La tension Barça-Madrid créée par José Mourinho a causé beaucoup de dégâts à l’équipe nationale et à ses joueurs.  »

Beaucoup de dégâts en équipe nationale et à ses joueurs ? Mourinho est arrivé en Espagne en 2010 et est reparti en 2013. Cette période constitue une grande partie de la période la plus faste de l’histoire de la sélection ibérique (2008-2012). Championne du monde et d’Europe en titre à cette époque, la Roja était simplement la meilleure équipe de la planète. Avec lui entraîneur de la Casa Blanca, elle a atteint son apogée. Notamment en 2012 lorsqu’elle bat l’Italie en finale de l’Euro 4-0. Et quand il part, elle débute son déclin par cette cinglante défaite en 2013 lors de la finale de la Coupe des Confédérations contre le Brésil 3-0. Avant l’élimination humiliante au premier tour du Mondial 2014. Une « déqualification » qui marque la fin d’une hégémonie outrageuse. Comment est-ce possible si le collectif – arme du football espagnol – est fortement touché ? Les voitures abîmées ne gagnent pas de courses. Les problèmes entre Madrid et Barcelone n’ont rien à voir avec Mourinho. C’est une longue histoire…

Présentation Statistique par GraphicMama-team – Pixabay CC0

De bonnes affaires en l’occurrence

C’est le récit d’une opposition politique qui s’est muée en guerre civile pour finir en derby. Un match d’exception qui a exporté le football espagnol « jusqu’au Japon », pour parler comme un de ces fans qui a eu la chance de voir cette rencontre à l’œil nu. Une saison mythique dans une série culte où on a longtemps assisté à un All Stars Game en aller-retour (voire plus). D’un côté la Pep Team : Messi, Iniesta, Xavi, Daniel Alves, Jordi Alba, Mascherano… Et de l’autre la Spécial One Team : Cristiano Ronaldo, Sergio Ramos, Xabi Alonso, Mesut Ozil, Angel Di Maria, Marcelo…

Une époque que le dirigeant de la ligue professionnelle espagnole a bien raison de regretter. La Liga était le championnat le plus suivi au monde en ce temps-là. Un engouement qui est depuis retombé comme l’atteste The Happy One (Surnom de Mourinho) : « La Liga n’a plus les deux meilleurs joueurs du monde. L’un d’eux est en Espagne (Messi), et l’autre en Italie (Cristiano). Avec l’Angleterre, qui est le championnat le plus compétitif et où il y a le plus de top joueurs, on a un foot à trois dimensions. Maintenant ils vont tous regarder vers l’Italie pour Cristiano, vers l’Espagne pour Messi et vers l’Angleterre pour son championnat. En ce moment, la Serie A est devenue le championnat le plus important du monde. » Son retour serait donc une excellente opération sur le plan marketing. Il serait ainsi le « nouveau Ronaldo ». Son arrivée comblerait un vide, rétablirait l’équilibre et relancerait ainsi une visibilité écorchée par le départ de CR7 à la Juventus.

Au-delà du désamour qu’il doit endurer, Mourinho reste une icône dans le sport roi. Il attire l’attention sur lui et sur tout ce qui l’entoure. Sa présence dans un pays est un atout économique majeur. Il est l’un des principaux moteurs du football business de nos jours. Il sait parler. Il fait parler. Il fait vendre. Il attire les caméras et les supporters dans les stades. Chacune de ses rencontres est une scène clé d’un film à suspense. Bref, il mobilise l’intégralité du monde du ballon rond.

Dans son article « Adidas veut que Mourinho revienne à Madrid » SPORTS MARKETING MD écrira : « Le principal partisan du retour de Mourinho au Real Madrid n’est autre que son président, Florentino Perez, qui estime que l’entraîneur portugais est l’idéal pour reprendre un navire qui navigue à la dérive (…) Adidas a toujours considéré le départ de Mourinho du Real Madrid comme un coup dur pour le marketing sportif. (…) Maintenant, avec la possibilité de son retour, Adidas commence à faire des calculs et des chiffres sur les performances qui pourraient lui permettre de devenir entraîneur du Real Madrid et ambassadeur de la marque dans le monde entier, une signature qui porterait sûrement un coup important à son grand rival Nike. » La description d’une aura forte qu’il ne doit qu’à son palmarès.

Image Portugal par Kurious – Image Pixabay CC0

Why always me ?

L’actualité dans le football c’est aussi la Ligue des Champions et cet affrontement à Madrid entre l’Atletico et la Juventus. Une défaite 2-0 des Turinois ponctuée par cette déclaration de Cristiano Ronaldo en zone mixte : « Déçu ? Oui, mais c’est le football. J’ai gagné cinq Ligues des Champions, l’Atlético zéro. Moi, cinq, l’Atléti, zéro. » Un dire accompagné d’un signe des 5 doigts : une vérité qui a fait le tour du monde pour les mauvaises raisons. Le génie portugais est qualifié d’arrogant et on lui « saute » dessus comme jamais. À côté on a un Diégo Simeone qui se touche les parties génitales pour célébrer le premier but de ses hommes mais « personne » n’en parle. Sous une atmosphère qualifiée de géniale, tu peux donc te faire insulter durant tout le match et devenir un problème juste en montrant ta main.

Une polémique qui nous renvoie encore à José Mourinho ; artisan portugais lui aussi, de répliques médiatiquement blâmées. À la tête de Man U, l’ancien entraîneur du FC Porto s’était attiré les foudres des « micros » pour des gestes similaires à celui du buteur Turinois. C’était en conférence de presses après le match perdu 0-3 contre Tottenham ; face à Chelsea à Stamford Bridge (2-2) ; et contre la Juventus en Ligue des Champions à la suite d’une victoire 1-2. Le tacticien venait alors de montrer trois doigts pour : illustrer ses trois titres de Premier League et demander un peu plus de respect à des journalistes apparemment satisfaits de sa déconvenue ; rappeler aux supporters insultant de Chelsea qu’il a gagné trois titres sur les six que comptent le club ; et aux tifosi de la Juventus son triplé historique chez les Interistes. Le technicien lusophone avait même accompagné son geste à Turin en se soulevant le lobe de son oreille droite, histoire d’entendre encore ses voix qui l’ont agoni pendant plus de 90 minutes. Une manifestation qui tout de suite lui a valu d’être traité d’irrespectueux, d’arrogant etc. Et s’il avait imité ce Simeone surexcité… ? Comme quoi, certains ont le droit de faire la Manita pour humilier leurs adversaires battus 5-0, d’autres non. Quand bien même ces derniers ne font que réagir.

Cristiano Ronaldo et Lionel Messi par Too V-i – Flickr CC BY 2.0

Ainsi, Messi peut donc insulter les arbitres : « La conne de ta mère. Fils de Pute. » Critiquer ouvertement son vice-président Javier Faus : « Ce Monsieur ne connaît rien au football. Il veut gérer le Barça comme une entreprise alors que ça n’en est pas une. Le Barça est le meilleur club du monde et il devrait être uniquement dirigé par les meilleurs dirigeants du monde (…).» S’attaquer à son entraîneur : « On se fiche de ce que tu (Sampaoli) nous dis. On n’a plus confiance en toi. On veut avoir notre mot à dire. » Refuser d’être remplacé par Luis Enrique. Insulter ses coéquipiers : « Tu (Alexis Sanchez) ferais mieux de me passer plutôt que de marquer. Quand on voit combien il y a de déchets dans ton jeu, je ne comprends pas comment tu as pu coûter si cher! » Quitte à les faire pleurer : « Mais qu’est-ce que tu (Tello) fabriques ? T’es nouveau ici et tu n’es rien du tout. Passe-moi le ballon, tu es là pour jouer pour moi ! » Il reste génial.

Cristiano et son compatriote demandent un peu de considération : quelle impertinence ! Gagne et ferme-la pour résumer. Ainsi va ce monde. Un monde divisé en deux parties : ceux à qui on pardonne tout et ceux à qui on n’accorde rien du tout. Les deux portugais ne sont pas parfaits certes. Le capitaine des Quinas (Surnom des joueurs de la sélection portugaise) a également eu à manipuler son entrejambe en devisant à un officiel : « Hey, Mateu ! Tu aimes ça, hein ? Tu aimes ? » Et Mou à mettre son doigt dans l’œil de feu Tito Villanova. Cependant à chacune de leurs émotions ils sont violemment jugés. Quand Mourinho pleure, il communique. S’il court sur le bord de la pelouse pour manifester sa joie, il en fait trop. Mais lorsque Guardiola le fait (Chelsea – Barcelone en 2009) on applaudit. Ronaldo jubile, il fait une publicité. Il fait une publicité de sous-vêtements, il fait une connerie. On oublie que la plus grande de ses publicités s’appelle Kylian Mbappé.

Kylian Mbappé avec la Coupe du Monde par Антон Зайцев – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Le champion du monde, le jeune le plus impressionnant de l’histoire du football depuis Pelé s’est inspiré de Cristiano Ronaldo pour être ce qu’il est. Il avait son poster dans sa chambre et aujourd’hui on voit ce que ça donne. L’élève a dépassé le maître, preuve que le quintuple Ballon d’or est un grand enseignant : un exemple. Abdou Diallo ancien partenaire de KM7 à Monaco : « Sa référence, c’est Cristiano Ronaldo. Pour Kylian, il ne faut pas toucher à Cristiano. Si tu lui parles de Messi, tu es parti pour 1 heure de débat. Mbappé est admiratif de Ronaldo car c’est une machine, un vrai travailleur. Il s’inspire beaucoup de lui et toute notre génération devrait s’en inspirer. »

Supportrice portugaise par 1966666 – Pixabay CC0

En outre, chacun des gestes du binôme portugais connaît une extrapolation médiatique très inquiétante. Même assagis, ils ne sont pas moins épargnés. Ils appartiennent encore et toujours à cette caste de personnes contraintes à la perfection pour exister. Portugaise comme cette championne d’Europe en titre qualifiée de « dégueulasse » pour avoir été efficace. Disons que l’auteur n’avait aucune arrière-pensée en utilisant ce synonyme de répugnant pour saluer le succès. Mais quelle idée d’offenser un vainqueur parce que « pas beau » à notre gout ? Une mauvaise idée, une position à l’origine d’une rupture sociale qui malheureusement n’a pas empêché la récidive. On prend la même subjectivité et on recommence. La preuve que rien ne leur sera donné, pas mêmes leurs victoires. Négation qui toutefois contribue à leur pérennité. Un obstacle qui fait d’eux des êtres invulnérables… Cristiano Ronaldo : « Votre amour me rend fort, votre haine me rend invincible. » 

Statue de Bronze de Cristiano Ronaldo par upstairsgbr – Pixabay CC0

Mourinho vs Guardiola : vous les reconnaîtrez à leurs fruits

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Dis-moi qui t’inspire, je te dirai qui tu es. Pour grandir, tout individu a besoin de modèle. D’une influence qu’il considère comme une issue à la réussite. Ainsi le tuteur sera jugé par les actes de ses apôtres. Aimé Jacquet a inspiré Didier Deschamps : il a été champion du monde. Johann Cruyff a inspiré Guardiola : il est double champion d’Europe. Manuel Sergio a inspiré Mourinho : il est double champion d’Europe. Qu’en est-il de Josep et José à leur tour ? Leurs succès respectifs ont démontré la force de leurs mentors. Peut-on en dire autant du catalan et du portugais ? Quelles sont leurs réelles valeurs ? La réponse posée sur un rocher…

Arsenal youth team coach Thierry Henry before the game against Olympiacos. par joshjdss – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

« Guardiola est ma référence »

Thierry Henry : « Pep est pour moi la référence. J’ai réappris à jouer quand je suis arrivé à Barcelone sous ses ordres. Avec lui, vous pouvez parler de jeu. Il ne pourrait même pas s’arrêter pour dormir, il continuera pendant que vous vous endormirez. Vous connaissez ces choses qu’il a inventées dans le jeu, j’ai vu cela de près. » Le champion du monde 1998 vient de signer à l’AS Monaco. Nous sommes le 17 Octobre 2018 et Titi remplace Leonardo Jardim sur Le Rocher. Son objectif : sauver Monaco de la relégation. Le second du dernier exercice de Ligue 1 va très mal…

Le Gunner arrive donc en sauveur. L’ancien adjoint de Roberto Martinez en sélection belge a tout pour réussir dans la Principauté. Tout sauf la réussite elle-même : l’essentiel. 5 victoires, 11 défaites et 4 matchs nuls en 20 matchs : un bilan catastrophique. Une disette qui s’étend jusqu’en Ligue des Champions. Les Asémistes (surnom des joueurs de Monaco) y ont débuté par deux défaites, ils finiront derniers avec un match nul. Henry n’a glané qu’un point sur les douze qu’il pouvait récolter dans sa poule. Un désastre illustré par la lourde défaite des Monégasques à domicile face au FC Bruges 0-4.

Malgré les signatures de Fabregas, Naldo et Ballo Touré au sein d’un effectif déjà bien étoffé, Henry arrive à peine à « perdre ». Mêmes les équipes les plus faibles telles que l’AS Canet, Caen, Guingamp, Dijon ou Strasbourg – dans une moindre mesure – lui ont donné du fil à retordre. La défaite 1-5 à Louis II face aux strasbourgeois a été la goutte d’eau de trop dans le vase. Un récipient définitivement renversé par le FC Metz en Coupe de France. Le meilleur buteur français de l’histoire a été remercié juste après et remplacé par son prédécesseur.

Leonardo Jardim  – Wikipédia CC BY-SA 4.0

« Mourinho est notre modèle »

Leonardo Jardim : « J’aime les techniciens qui ont un modèle de jeu et une méthodologie propre. Au Portugal, Mourinho est notre modèle. Sinon, Ferguson est un top entraîneur.» Nous sommes le 13 Septembre 2017 au micro d’Olivier Brossard. Le portugais réagissait alors dans les colonnes de France Football. Aujourd’hui il est de retour dans cette équipe qu’il a incarné durant 4 ans. Parti en début de saison après un bilan affligeant de 8 défaites 3 matchs nuls et une victoire, il revient redorer le blason des belles traces qu’il a laissées dans l’histoire du club. Le technicien qui a révélé Kylian Mbappé et redressé Radamel Falcao fût champion de France en 2017, quart-de-finaliste et demi-finaliste de la Ligue des Champions en 2015 et 2017.

Tel qu’il le dit lui-même, les éliminations successives du PSG en huitièmes de finale de C1 « valorisent ce qu’ils ont fait ». Il s’est souvent pris des valises (4-1, 7-1 etc.) face à Paris mais ce n’était que 3 points de perdus. De 2014 à 2018, il a fait un travail énorme dans un groupe continuellement remanié. Un ouvrage qui a toujours maintenu son équipe sur le podium durant toutes ces saisons. Son retour sur le banc des Rouges et Blancs devrait être salvateur.

Avec les renforts du mercato hivernal, il est possible de voir l’ASM de l’ancien coach du Sporting Lisbonne se relancer. Après une autre défaite à Dijon en championnat et une élimination aux pénaltys en demi-finales de la Coupe de la Ligue à Guingamp, ce sera très difficile mais pas impossible. De 2-0 à 2-2 après avoir mené 2-0, l’évolution semble dans le bon sens. Surtout qu’elle renoue avec la victoire… 2-1 face à Toulouse. Une première cette saison en championnat à Louis II qui permet au club de la Principauté de souffler en passant barragiste.

Stade Louis-II à Monaco par Валерий Дед – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Jardim n’est pas le seul tacticien qui « remet » en question l’inspiration de Thierry Henry. Patrick Vieira obscurcit également sa perception du jeu. Son ancien coéquipier à Arsenal est arrivé quelques mois avant lui en Ligue 1 et il s’en sort plutôt bien. L’entraîneur de l’OGC Nice fait du bon boulot avec un effectif moyen. Une réussite peu anodine quand on sait qu’il n’a jamais vraiment quitté les terrains. Co-fondateur des projets Diambars et Génération Foot au Sénégal, il suit le parcours logique d’un footballeur retraité. Entraîneur des jeunes de Manchester City et de New-York City en MLS aux Etats-Unis, l’ancien poulain de José Mourinho à l’Inter n’a pas cessé d’aguerrir sa connaissance du jeu après avoir passé ses diplômes.

Patrick Vieira – F.C. Internazionale Milano. par Steindy (talk) – Wikipédia CC BY-SA 3.0

Milieu défensif de formation, le coach niçois a gardé les pieds sur terre pendant que Thierry Henry s’éloignait de son sujet en devenant consultant. Un poste grassement rémunéré qui a raccourci son passage chez les U16 d’Arsenal en 2015. Après l’obtention de son diplôme en 2016, il a même voulu cumuler son poste à Sky Sports à celui d’entraîneur des U18 chez les Canonniers (surnom des joueurs d’Arsenal). Une idée sans suites, le manager Arsène Wenger s’y opposant.

Vu de loin, le football est facile à comprendre. Sauf que le sport est une science empirique. Il faut le vivre pour mieux l’appréhender. Henry n’est pas un mauvais entraîneur. Il est juste la preuve que les journalistes sont très loin de la réalité lorsqu’ils parlent de football. Son échec est un message fort à ces footballeurs devenus consultants qui ont la gâchette facile lorsqu’il s’agit de descendre le travail des autres. Un spécialiste de la médecine est un médecin. Un spécialiste du journalisme est un journaliste. Un spécialiste du sport est un sportif.

André Villas Boas par Вячеслав Евдокимов – Wikipédia CC BY-SA 3.0

Fin des comptes

Thierry Henry et Jardim ne sont pas les seuls outils de comparaison entre Mourinho et Guardiola. D’autres entraîneurs participent à la confrontation. On a par exemple Feu Tito Villanova champion d’Espagne au FC Barcelone avec 100 points et 15 points d’avance sur le deuxième. Un digne fils de Pep, un record de taille qui néanmoins n’est rien comparé à celui de l’école Mourinho. Les succès parmi les élèves du portugais sont nombreux. Parmi eux on peut citer : son ancien adjoint André Villas Boas, auteur du triplé Championnat – Coupe – Ligue Europa avec le FC Porto en 2011 ; Roberto Di Matteo, premier vainqueur de la Ligue des Champions avec Chelsea en 2012 ; ou encore Zinédine Zidane, ses 3 Ligues des Champions et sa Liga.

Zinédine Zidane par Raphaël Labbé – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Le français a plus appris de José Mourinho que de Carlo Ancelotti. Le natif de Setubal est clairement son influence. Il a passé trois années avec lui contre deux avec l’italien. Ses trois victoires successives en finale de Ligue des Champions sont la symétrie parfaite des trois demi-finales d’affilée de Mourinho par rapport à Ancelotti et Benitez. Une similarité mathématique qui s’observe encore mieux dans le management des derniers techniciens de la Maison Blanche à avoir été champions d’Espagne. Leurs gestions distinctes du vestiaire se rejoignent en tout point. La façon de ZZ d’administrer les stars par exemple est foncièrement identique à celle de JM. Pas d’cadeaux ! Seuls les meilleurs jouent… CR7 ou pas CR7.

Sur les cinq que Ronaldo a connus à Madrid, Mou et Zizou sont les seuls coaches à lui avoir nettement signifié qu’il pouvait aller sur le banc comme Gareth Bale ou Karim Benzema. Un remplacement qui pouvait arriver si le quintuple Ballon d’or n’était pas bon ou pour faire tourner l’effectif. Une rotation à la base même du succès historique de l’ancien capitaine des Bleus. Il préservait El Commandante (surnom de Cristiano Ronaldo) pour les grands rendez-vous : il n’a pas eu peur de lancer des « inconnus ». Enfin, les équipes de Zidane gagnaient à l’image de celles de Mourinho. C’est-à-dire avec du caractère…

Josep „Pep“ Guardiola, Bayern München par Thomas Rodenbücher – Wikipédia CC BY-SA 2.0

La vérité si je mens

De Pep Hleb a dit : « Il n’a jamais été le meilleur entraîneur du monde, il a simplement eu la chance d’être à la tête de la meilleure équipe, avec les meilleurs joueurs. » C’est surement son point de vue. Cependant l’ancien ailier d’Arsenal et du FC Barcelone est loin de faire fausse route. Sans même avoir été entraîneur adjoint, le Blaugrana (surnom des joueurs de Barcelone) a été nommé à la tête du Barça en 2008. Une fonction qui arrive deux ans seulement après l’obtention de son diplôme. De D4 Espagnole à la Liga, l’ancien milieu récupérateur a été projeté au haut niveau sans véritables raisons sportives. Une montée de champion en Segunda B avec le FC Barcelone B suffit-elle pour entraîner l’un des meilleurs clubs du monde ? Certainement non… Il faut bien plus.

Guardiola n’a jamais connu la difficulté. Pour lui, gagner est évident. Il a toujours entraîné des équipes déjà au top. Vainqueur de la Ligue des Champions en 2006, le Barça avait été relevé par Frank Rijkaard deux ans avant qu’il n’arrive. Le Bayern de Munich était la meilleure équipe d’Europe lorsqu’il a signé en Bavière en 2013. Les Roten (surnom des joueurs du Bayern) sortaient d’un triplé historique Championnat – Coupe – Ligue des Champions quand Juup Heynckes arrêtait sa carrière. Quant à Manchester City, il l’a pris à son maximum. La meilleure équipe en Angleterre depuis 2012 venait de jouer la première demi-finale de Ligue des Champions de son histoire en 2016.

David Silva at Euro 2012 final Spain-Italy par Илья Хохлов – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Oui il a été champion avec 100 points en 2018. Mais sa vision et son recrutement n’y sont pour rien. L’impact de Leroy Sané et autres Gabriel Jesus est aussi irrégulier que le 3-5-2 inefficace qu’il a mis en place à ses débuts en Premier League. Un simple 4-3-3 pour changer, dès qu’il est revenu aux fondamentaux il a enchaîné les succès. Grâce à l’ossature que ses devanciers ont laissée, il continue de triompher. Une charpente formée de : Kompany (Mancini), Fernandinho (Pellegrini), David Silva (Mancini), Kevin De Bruyne (Pellegrini) et Sergio Aguero (Mancini). Sans eux City est considérablement amoindri. Par conséquent pour que ses élèves et lui réussissent, il faut que leurs prédécesseurs aient laissé derrière eux une situation stable. Ce qui n’était pas le cas lorsque Thierry Henry est arrivé à l’ASM…

FC Porto par iamout – Pixabay CC0

Par contre, Mourinho et ses continuateurs sont capables de gagner partout. Il suffit que la formule du fils de José Manuel Mourinho Félix soit fidèlement employée. Le Special One jouit d’une philosophie qui reconstruit les équipes et leur donne une base solide. C’est ce qu’il a fait à Porto, à Chelsea, au Real Madrid, à l’Inter de Milan et à Manchester United. A chaque fois qu’il est arrivé dans un club, ce club a définitivement franchi un palier.

Toutefois cette capacité à facilement s’imposer mettra souvent ses affidés en conflit avec leurs dirigeants. On assistera alors soit à un excès d’estime à leur encontre, soit à un manque regrettable de respect. Quoique la dernière hypothèse reste la seule véridique dans ce cas. Du respect ils le méritent amplement puisqu’ils ont fait du bon travail. Ce n’est pas une faveur…

Avoir de l’estime pour un entraîneur c’est estimer sa parole. Vous ne lui montrez pas la porte lorsqu’il souhaite des renforts à la hauteur du challenge que vous lui imposez. Un enfant qui réussit sous la lumière d’une bougie a le droit de réclamer l’électricité pour s’améliorer. Il n’en fait pas trop. Elle n’en fait pas trop… La méthode Mourinho met souvent la barre tellement haute qu’on pense qu’elle n’a besoin de rien pour réussir : qu’on peut lui assigner n’importe qui et elle va fonctionner. Et pourtant ce sont des faiseurs de miracles : pas des magiciens. A chaque niveau ses joueurs. Le Christ a multiplié les pains, il ne les a pas fait apparaître.

José Mourinho par Жозе Моуринью – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

« Qu’il te soit fait selon ta foi »

Un miracle requiert le concours loyal du demandeur pour s’opérer. On ne remplace pas Moutinho et Fabinho par Aholou et Pelé. Il y va de l’équilibre du jeu. A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. Si en début de saison on avait donné à Jardim la qualité des joueurs qu’Henry a demandés et reçus, il ne serait certainement pas parti. En outre, Mourinho a commencé au bas de l’échelle avant de se retrouver au sommet. Avant d’être l’entraîneur des plus grands clubs au monde, il a été professeur de sport dans son pays. Sa méthode est donc applicable à tous les échelons du Ballon Rond. Elle garantit une place dans le temps à son utilisateur quand celle de Pep demande beaucoup de moyens pour exister. Souvent pour rien car pour avoir de l’impact, le football marche au respect, au collectif, à la force de caractère, à l’égalité des chances et au talent. Le Barça a attendu 4 ans pour regagner une Ligue des Champions après Joseph. Le Real Madrid a gagné 4 Ligues des Champions après José. Guardiola gagne grâce à ses prédécesseurs, Mourinho sublime ses successeurs…

Tottenham – Manchester United : Paris n’a rien à craindre

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Ce dimanche, Manchester et son nouvel entraîneur Ole Gunnar Solskjaer sont allés battre Tottenham à Wembley. Un choc au sommet, le premier de son ère, une victoire 0-1 qui permet à United de vivre un sixième « bonheur » consécutif. Ses hommes et lui comptent désormais le même nombre de points que le cinquième Arsenal. José Mourinho viré, les Red Devils semblent délivrés…

Winners par Sean Murray – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Seule la victoire est belle

Une passe de Pogba et Marcus Rashford qui marque. Manchester ouvre le score, s’impose chez le troisième de Premier League et se venge du cinglant 0-3 de l’aller. Un gros succès face à un gros de l’élite qui donne une idée du soutien que peut avoir Ole Gunnar à Manchester et dans la plupart des médias. Dans une rencontre où il a fait preuve d’une flagrante misère tactique, il est peint en sauveur. José victorieux de ce match de cette façon, les éloges auraient certainement été remplacés par des tacles violents bien appuyés.

On encense les six victoires de rang de l’ancien buteur et pourtant lorsque le Docteur Honoris Causa de l’Université Technique de Lisbonne avait enchaîné 25 matchs consécutifs sans perdre à sa première saison, on trouvait à redire. D’aucuns ont même parlé de Top 5 pour l’exclure du faîte avant de revenir au Top 6 dans la foulée de son éviction. L’objectif étant de réduire au maximum son travail au néant.

Old Trafford par pottonvets – Image Pixabay CC0

Ainsi le débat est repensé, le beau jeu mis de côté et la victoire dans le sport redevient l’essentiel. Sa place retrouve son statut d’idéal afin d’inhiber le pauvre contenu mancunien à ce grand rendez-vous londonien : une prestation inqualifiable de nullité. Mourinho choisit de défendre, Solskjaer a été forcé de défendre. Avec 62 % de possession de balle, Tottenham a dominé tout le match dans tous les compartiments du jeu, y compris celui des erreurs. Le but des Reds n’intervient pas sur une action promptement menée mais sur une grossière étourderie de Trippier.

Une passe ratée de l’arrière droit dans l’axe qui a donné la possibilité à une occasion sans réel danger de briller de mille feux. Long ballon de Pogba, la défense surprise n’arrive pas à vite se replacer, la lente frappe de Rashford est parfaitement croisée et Hugo Lloris particulièrement peu réactif. Le goalkeeper français se rattrapera en seconde mi-temps sur une tête et deux tirs du n°6 passeur décisif : ce sera trop tard… Le n°1 était déjà en face.

David De Gea par Saul Tevelez – Image Flickr CC BY 2.0

David contre Goliath

Durant l’ère Mourinho, David De Gea était considéré comme le meilleur joueur par les nombreux détracteurs du portugais. Il était question de faire passer par tous les moyens sa pensée pour un jeu sans inspiration. Que dire du match de dimanche ? Le « Théâtre des Rêves » et Ferguson sont bien de retour : qu’est-ce qui n’a pas marché ? On attendait ce jeu outrageusement offensif et au final on n’a vu qu’un défenseur « figé » sur la ligne de son but.

Le portier espagnol est sans aucune contestation l’homme de ce match. 11 arrêts décisifs comme un symbole : l’écu d’une équipe aux abois. Sans lui, Manchester aurait clairement perdu. S’il fallait choisir une de ces parades pour résumer la rencontre, le face-à-face de Dele Alli ferait l’affaire. Une occasion nette de but partie d’une balle perdue de Pogba à l’entrée de la surface adverse et mal négociée par le milieu offensif d’origine nigériane. Bien lancé en profondeur, l’international anglais n’a pas pu franchir le dernier rempart « Rouge » et conclure cette contre-attaque éclair. En gros les Spurs ont marqué des buts mais De Gea les enlevés.

Drapeau Tottenham par RonnyK – Image Pixabay

Oser c’est faire

Lorsqu’on voit la difficulté que Mauricio Pochettino a pour remporter un titre, on mesure mieux la force de José Mourinho. La dernière fois que Tottenham a été champion d’Angleterre c’était en 1961. Une longue attente atténuée en 2008 par une victoire en Coupe de la Ligue. Un succès (voire deux avec la Cup) toujours possible cette année qui toutefois n’empêche pas le mot « looser » de marquer à la culotte la renommée du premier vainqueur britannique d’une Coupe d’Europe. C’était la Coupe des Coupes en 1963.

Harry Kane lifting the World Cup par Matt Brown – Image Flickr CC BY 2.0

Au sein de l’effectif de l’argentin on trouve quand même encore de très bons éléments après Gary Lineker, Chris Waddle, Paul Gascoigne, Teddy Sheringham, Jürgen Klinsmann, David Ginola, Sol Campbell, Dimitar Berbatov, Jermaine Defoe, William Gallas, Luka Modric, Gareth Bale et autres Raphael Van der Vaart. Des internationaux pour la plupart titulaires indiscutables dans leurs sélections : Harry Kane, capitaine anglais et meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde, Hugo Lloris, capitaine des champions du monde en titre, Christian Ericksen, Heung Min Son, Dele Alli, Eric Dier, Kieran Trippier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez etc. Une grosse qualité que le technicien Albiceleste (surnom des joueurs argentins) peine à changer en trophées. Même l’alibi du « faible » budget lui a tourné le dos : Leicester a été champion en 2016. C’est triste à dire mais Manchester a battu des « perdants ».

Tottenham Hotspur defender Jan Vertonghen par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Diversions

Quoiqu’on dise, cette « dispute » dominicale a démontré que la seule assurance de progression à Manchester était la présence de Mou sur leur banc. Cette victoire à l’extérieur le dédouane et tourne définitivement la page de son passage. Chacun fait dès lors face à ses responsabilités. Solskjaer a toutes les cartes en mains et Pogba ne pourra plus se cacher derrière « O Vencedor » (« Le vainqueur » en français, surnom de Mourinho) pour justifier ses mauvaises performances. Son joker grillé, lorsque les défaites arriveront personne ne pourra plus accuser le prédécesseur de son actuel manager. La rumeur qui voulait qu’il laisse des dégâts derrière lui vient une nouvelle fois de mentir.

La défaite des Lilywhites (surnom des joueurs de Tottenham) tient à cet esprit de « Serial Winner » que le lusitanien a légué aux coéquipiers de Nemanja Matic. La fameuse formule offensive du Super Sub du Fergie Time n’a eu aucun effet sur ce major de Premier League. La preuve : il a fait entrer Diogo Dalot, Scott McTominay (à la place de Pogba) pour défendre et Lukaku pour utiliser sa puissance dans les duels aériens et la conservation de la balle. Le poulain de Sir Alex n’a pas « attaquer, attaquer, attaquer » pour tuer le match. Il a cherché à garder le score et il a gagné…

Edinson Cavani, Paris Saint-Germain (and Uruguay) striker par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

La porte est ouverte

Si le Drillo (surnom des joueurs norvégiens) est venu pour manger de petits poissons pourquoi Mou a-t-il été viré ? Défensivement le norvégien est loin d’être un stratège. Ça risque de chauffer face au reste au Big Six. De Gea ne suffira pas face à City, Liverpool, Chelsea ou Arsenal. Il faudra de l’aide à sa baraka. Sous les ordres du Special One, l’ancien de l’Atletico Madrid n’était pas seul. L’année passée ils ont battu ensemble Tottenham en FA Cup (1-2), Chelsea (2-1) et Manchester City en championnat (2-3) et la Juventus en Ligue des Champions (1-2) après avoir été menés 1-0, 0-1, 2-0 et 1-0. Ils ne faisaient donc pas que défendre. Il y’avait du caractère dans cette équipe. C’est pour cela qu’elle a battu tous ses adversaires du Top 6.

Man Utd V Arsenal par Gordon Flood – Image Flickr CC BY 2.0

Les Diables Rouges gagnent sans montrer de réels signes de changement. Les problèmes défensifs que le natif de Setúbal a voulu combler en recrutant en début de saison sont restés visibles. Discernables comme la nonchalance de La Pioche (surnom de Pogba) et les limites physiques de cet effectif malgré les réussites. Le portugais a eu à souligner ces tares mais vu que son jugement n’a pas d’importance, le PSG a toutes ses chances. Les parisiens devraient être capables d’exploiter ces vides en C1 et de rejoindre les quarts de finale. Avec Cavani, Neymar, Mbappé et Di Maria, Man U est prenable. Mourinho, la bête noire des clubs français, est parti avec leur imprévisibilité. Sous sa férule on ne savait pas à quoi s’attendre avec eux, maintenant on sait qu’une bonne préparation suffit pour leur causer de sérieux soucis. L’équipe de Tottenham a fait mieux que perdre : elle a ressorti toutes les lacunes de Manchester United…

Manchester United : « L’échec » de Mourinho…

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La chasse à l’homme est terminée… Mourinho viré de Manchester United, c’est donc désormais officiel. « Un nouveau manager intérimaire sera nommé jusqu’à la fin de la saison, pendant que le club procédera à un processus de recrutement approfondi pour un nouveau manager à temps plein ». « Maigrichon », « catastrophique », « bancal », « pas mal de dégâts », les éloges n’ont pas tardé à tomber pour qualifier le legs du « Happy One » à United. Les médias sur la toile rivalisent d’ingéniosité pour adouber la troisième virée britannique de cet entraîneur qui a gagné partout où il est passé. Difficile de trouver un article qui dit du mal du double champion d’Europe. C’est à peine s’ils ne le qualifient pas de « plus mauvais entraîneur de l’histoire de Manchester et de tous les temps ». Comment ne pas les suivre…

José Mourinho par Aleksandr Osipov – Image Flickr CC-BY-SA 2.0

Un bilan « négatif »

Arrivé en mai 2016, José Mourinho vient donc de perdre son poste de manager chez les Red Devils. C’est si dramatique pour lui qu’il va retrouver sa famille avec près de 25 millions d’euros d’indemnités dans les poches. Deux saisons et demi d’échecs,avec seulement trois trophées, dont un européen. Le portugais est donc le dernier à avoir remporté un tournoi européen avec une équipe anglaise depuis 2013 (face à l’Ajax après les attentats de Manchester en 2017, une victoire 2-0 qu’il avait dédiée aux habitants mancuniens). Mais comme le dit si gentiment Christophe Dugarry : « Old Trafford c’était le “Théâtre des Rêves”, là c’est le “Théâtre des Cauchemars” avec ce type. C’est un truc de fou. Ce qu’il n’a pas compris, c’est qu’on n’en a rien à foutre de ses titres, on veut juste des émotions et voir du beau football, ce qu’il est incapable de nous procurer. » Le ton est aussi clair que donné. Mou a de nouveaux patrons. Qu’il gagne ou qu’il perde, aucun d’eux ne l’aimera…

José Mourinho par Ronnie MacDonnald – Image Flickr CC-BY 2.0

Pelé a dit une fois : « celui qui pense que la victoire ne compte pas, ne gagnera jamais rien. » Mais ça ne veut rien dire, surtout venant du meilleur joueur de tous les temps. En cette saison 2016/2017, Mourinho a donc détruit Man U en remportant le Community Shield, la Coupe de la Ligue, l’Europa League et en terminant 6e du championnat. Un bilan décevant qui a permis à son équipe de revenir en Ligue des Champions et de jouer la Supercoupe d’Europe. Quels dommages !

Manchester United v Zorya Luhansk (1-0), Europa League, Old Trafford, Manchester, Greater Manchester, England, September 2016 par Ardfern – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Ainsi la saison 2017/2018 débutera sur une mauvaise note. Un jeu ultra défensif « sans style » qui leur permettra de remporter trois de leurs huit premiers matchs 4-0 pour finir à la deuxième place à la fin du championnat avec 81 points, 25 victoires, 6 nuls et 7 défaites. Cette position sur le podium est la première depuis le départ de Ferguson. Quelle catastrophe !

José Mourinho par Ronnie MacDonald – Image Flickr CC-BY 2.0

Il faut le virer à tout prix. United court à sa perte… Il est passé de la 6e à la 2e place : la régression est palpable. Comment le nier ? Il a joué la finale de la FA Cup et il est sorti en Huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le FC Séville triple vainqueur de l’Europa League. Ce n’est pas normal ! Les sévillans vainqueurs du Liverpool de Klopp 3-1 en finale de ladite compétition en 2016, n’auraient pas dû l’éliminer. C’est une honte !

José Mourinho par Jaguar Mena – Image Flickr CC-BY 2.0

Ils font une erreur en le prolongeant. Cette saison 2018/2019 s’annonçait très difficile : elle le sera. Mourinho est viré dès la moitié de la saison. Son équipe est au fond du gouffre. 6e en championnat, elle est qualifiée pour les Huitièmes de finale derrière la Juve. La faible Juventus de Cristiano Ronaldo qu’elle a battue à Turin 1-2. Eliminé une seule fois lors de ses six dernières doubles confrontations contre des clubs français : c’était le moment idéal pour le virer. Manchester recevra Paris en Ligue des Champions dans le calme et la sérénité. Le timing est parfait.

José Mourinho par Ronnie MacDonald – Image Flickr CC-BY 2.0

Iznogood

Sous la coupole de José Mourinho, United a perdu toute sa superbe. « Trois » saisons moroses qui n’ont rien à voir avec les beaux débuts de Sir Alex. Les trois premières années de l’écossais furent inoubliables. 11e dès la première, 2e dès la seconde et 11e à la troisième, le tout sans trophées : la messe est dite. Le plus grand entraîneur de l’histoire de Manchester terminera 13e et 6e les saisons suivantes et restera 27 ans à son poste.

Surnommé « The Hair Dryer », son management fût simplement le meilleur. L’ancien buteur des Glasgow Rangers était même capable de blesser une de ses stars, David Beckham, à l’arcade sourcilière en lui lançant une godasse. Ou d’envoyer Wayne Rooney « jouer » dans les tribunes. Mettre Pogba sur le banc semble ainsi assez difficile à défendre comme méthode quand on voit tout ça. C’est grave ! Mourinho est allé vraiment trop loin dans la gestion de son vestiaire… Le technicien lusophone n’aurait pas dû retirer à « Saint » Paul ce brassard qu’il lui a donné. Un joueur qui tient tête à son coach devant ses coéquipiers et critique sa tactique est un capitaine de rêve pour tout manager… : un exemple à suivre et à encourager pour les jeunes joueurs.

José Mourinho par Joshjdss – Image Flickr CC-BY 2.0

Tapis rouge

Guardiola et City ont fini troisièmes de Premier League en 2017. Ils ont été éliminés en Huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le géant Monaco cette même année, mais ce n’est pas grave. Klopp et Pocchetino n’ont toujours rien gagné avec Liverpool et Tottenham, mais qu’ils jouent bien ! Arsène Wenger a fait plus de dix ans sans être champion avec Arsenal, environ neuf sans le moindre titre, mais là n’est pas le problème. Le français est un gentleman et cette saison était la pire de l’histoire de Manchester United. Soutenir Mourinho serait considéré comme un crime contre l’humanité moderne. Quoiqu’on va néanmoins souhaiter bonne continuation au premier et unique entraîneur à avoir remporté trois titres dès sa première saison à Manchester…