Neymar : Paris c’est loin

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Quand rien ne va : rien ne va. Proverbe plat, mais fort outillé pour résumer la situation actuelle de Neymar. Accusé de viol. Menacé d’abandon par son père. Invité à revenir vers Jésus et au football par sa mère… Démis de ses fonctions de capitaine de sa sélection. Remplacé par son lieutenant Daniel Alves. Renommé capitaine, le Parisien de 27 ans vient de déclarer forfait pour la prochaine Copa America… au Brésil. Après sa blessure au genou lors d’une séance d’entraînement, la superstar s’est rompu les ligaments croisés. Ironie du sort ou logique du sport, c’était lors d’une rencontre amicale entre son pays et celui de ses propriétaires : le Qatar. Bref, depuis que l’ancien nouveau Pelé a signé à Paris, son football s’est progressivement éloigné des pelouses…

Présentation de Neymar au Parc des Princes par Antoine Dellenbach – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le mauvais choix

Qu’est-ce qu’un mauvais choix ? Pour faire simple, il s’agit d’un chemin qui te conduit à ta perte. Une voie par laquelle tu recules. Honte au sportif qui le fera, le compétiteur vivant des challenges. Plus ils sont grands, mieux c’est pour sa progression. Un joueur qui évolue devrait normalement partir d’un club à un autre qui lui est supérieur.

Qu’est-ce qu’un grand club ? C’est un club qui a connu un succès international indéniable. Real Madrid, Manchester United, Liverpool, Chelsea, Aston Villa, Nottingham Forrest, Juventus, Milan AC, Inter de Milan, Ajax, Bayern, Dortmund, Hambourg, FC Porto, Benfica, Marseille, Celtic de Glasgow, Etoile Rouge de Belgrade, FC Barcelone etc. Le PSG non…

Contrairement au système de pensée qui prévaut de nos jours, le budget ne définit pas la grandeur d’une équipe. Sinon il y aurait plein de grands clubs en Chine et au Qatar. De Di Stéfano à Cristiano Ronaldo en passant par Ronaldo et Zidane, il y’a toujours eu de l’argent dans le sport roi. La différence c’est qu’il servait la cause du succès : de l’esprit « foot ».

En quittant Barcelone pour Paris, Neymar a clairement régressé. Il est passé d’un grand club à un « moyens » club. Son défi aurait pu être honorable s’il avait signé dans la capitale française pour faire progresser le club. Ce qui n’est pas le cas. Neymar à Paris ce n’est pas Maradona à Naples. Messi étant trop puissant pour lui, il a simplement choisi de partir pour être le roi tout seul…

Neymar à Barcelone par Alex Fau – Wikipedia CC BY 2.0

Mauvais départ

C’est sûr, Neymar a plus de talent que Messi. Et plus le temps passait plus ça se voyait. L’Argentin lui-même sentait que le vent commençait à tourner en sa défaveur. On l’a vu lors de la fameuse Remontada contre les hommes Unai Emery. C’est le natif de Mogis Das Cruzes qui a fait tout le match. Vainqueur et co-meilleur buteur de la C1 la saison d’avant, cette année 2017 était celle de la confirmation de son grand génie. Il lui fallait juste attendre un an ou deux : il devait encore mûrir. Il a manqué de patience. Il n’a pas respecté la hiérarchie du club et il est parti. L’erreur de sa vie…

Le Barça a mal fait de vendre Neymar. Les dirigeants Catalans auraient dû penser à leur avenir… : se séparer de Léo quand Ney faisait la tête. Au lieu de conforter le pouvoir de La Pulga, ils se devaient de conserver leur « maillot jaune ». L’ère Léo touche à sa fin et aucune n’anticipation n’a été faite. Conclusion, aujourd’hui ils le payent. Ils se mordent les doigts quand Neymar reste victime de son impatience.

Le Carioca n’aurait pas dû se vendre au PSG. Il a signé dans un club pour un salaire qu’il aurait forcément gagné. Quelle est la différence entre 15 et 30 millions d’euros ? Rien du tout. Un joueur qui gagne 15 millions d’euros n’a rien à envier à un autre qui en gagne 30. Il y’a un niveau de vie où l’accomplissement est plus important que l’argent.

Neymar par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Mauvaise arrivée

Mais le clan Neymar ne partage pas cet avis. Ils se sont fait rouler par la convoitise et leur « Ballon d’or » a perdu du terrain. Ses statistiques françaises ont certainement de la gueule. Cependant, avec lui les octuples champions de France n’ont franchi aucun palier. Ils ont même coulé. Si c’est pour battre Guingamp, Dijon ou Caen, Mbappé suffit largement. Le champion du monde a démontré en son absence qu’il est plus l’avenir du Parc des Princes que lui.

33 buts et dire qu’on ne jouait pas pour lui. Le meilleur joueur et meilleur buteur de Ligue 1 a porté son club tout seul cette saison : il a raison de demander plus de responsabilités. On n’a pas le droit de l’inféoder à un footballeur qui passe la majeure partie de son temps dans la Corbeille. Un joueur qui demande du respect à ses cadets et ne respectent pas ses aînés. La carrière de Neymar a piqué du nez le jour où il s’est attaqué à Cavani…

Edinson Cavani par Anders Henrikson – Wikipedia CC BY 2.0

Ney à Ney

Le football est un jeu juste. On a voulu détourner les paroles de Mbappé lors de la Cérémonie des Trophées UNFP. Les médias ont choisi de faire croire (pour préserver leurs droits) qu’elles étaient destinées à Cavani : que Kyky voulait sa place de numéro 9. Un autre mensonge : une autre attaque gratuite envers un attaquant qu’ils n’ont jamais apprécié à sa juste valeur. Le meilleur buteur de l’histoire du PSG qu’ils n’ont pas cessé de diminuer au profit de la vedette Neymar. C’est vrai que le Peixe ramène des millions de téléspectateurs à la Ligue 1. Mais à quel prix ? Son hygiène de vie semble poser problème. Continûment blessé, il joue moins que prévu. C’est du business, mais on parle aussi football tout de même…

On omet que Mbappé et Neymar ce n’est plus l’amour fou. L’ambiance récente qui les rapproche est très loin de l’entente qu’ils partageaient à chaque match. Le Bleu a dû comprendre que son explosion fait de l’ombre à l’Auriverde. Annoncé à la Maison Blanche, ses performances post Mondial n’ont pas forcément ravi la concurrence. En l’occurrence celle qui était naturellement pressentie dans la capitale espagnole. Autrement dit, la communication de Mbappé n’a fait que répondre à l’attaque de Neymar. Tu étais, dorénavant je suis…

Affaire à suivre…

Ils veulent nous la prendre

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Une ligue fermée. C’est l’un des projets qui préoccupe le plus le football dirigé par Aleksander Ceferin. La création d’une sorte de NBA du ballon rond semble ravir plus d’un. Qui ? Citer leurs noms ici ne nous sera d’aucune utilité, étant donné que c’est leur pensée qui nous intéresse. Cette entreprise qui provoquerait la disparition de la Ligue des Champions, la vraie.

Le Milan AC, vainqueur de la Ligue des champions en 2003 par Soccer illustrated – Wikipedia CC BY-SA 3.0

No game no gain

Comment penser à une compétition fermée dans le football quand c’est tout le contraire qui définit ce sport. À l’air libre, sur un gazon, le sport du peuple n’a de sens que lorsqu’il est ouvert à tout le monde. Dans ce football où l’argent prend la place de l’herbe, l’essentiel se dérobe. À tous les prix, on veut gagner beaucoup plus. Au point d’oublier que sans jeu il n’y a pas de gains.

Mais de quel jeu s’agit-il ici ? La National Basket Association est souvent l’exemple de ce football cupide qui frise la stupidité et s’oppose à ses valeurs. Ce qu’on oublie c’est que la force du géant nord-américain ne se trouve pas dans son porte-monnaie. Mais bien dans les principes fondamentaux de l’activité qui le gonflent.

Basket-ball Parc par Free-Photos – Pixabay CC0

En NBA c’est le sport avant tout. On n’a pas peur d’exclure à vie le propriétaire d’une franchise pour des propos racistes. De faire un partenariat gagnant – gagnant avec le basket africain. De voir la vérité en face : de reconnaitre que les plus grands basketteurs de l’histoire ont des origines africaines. Le sénégalais Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA et patron de la NBA Africa :

« Il y a un vide sur le continent en ce qui concerne les compétitions interclubs. La Basketball Africa League proposera un modèle qui, j’en suis certain, attirera du monde. Surtout, cette compétition permettra aux immenses talents du continent africain d’avoir un cadre au sein duquel évoluer. Ce cadre sera professionnel. La NBA va y mettre tout son savoir-faire, toute son énergie et toutes les compétences dont elle dispose. C’est vraiment un jour nouveau pour le basket africain. Nous sommes très heureux de ce partenariat avec la FIBA (…) »

La Basket Africa League, la collaboration de la FIBA Africa et de la NBA permettra au basket africain de grandir sur ses terres. Et à la NBA de s’y implanter directement. Avec la montée en puissance des basketteurs africains, la NBA se verrait dans le cas contraire, forcée de tous les accueillir. De priver le sol africain de ses fils et le sol américain de ses pousses. Elle serait contrainte de faire un choix entre ses talents et les talents des autres et la discrimination naitra. Aussi, à travers cette initiative transcontinentale, l’association américaine rend possible la pérennisation du ballon orange. Et de sa propre existence par la même occasion. Tout le contraire de ce projet européen de ligue fermée.

Les supporters des Celtics de Glasgow célébrant la victoire en Ligue des champions de 1967 par Debbie MC – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Retour aux sources

La Ligue des champions 2018/2019 entrera dans l’histoire pour l’émotion qu’elle a suscitée. Elle a remis le football dans les bras de « sa mère ». Liverpool, Tottenham, qui n’a pas souhaité voir l’Ajax la remporter ? Cette équipe nous a rappelé les vraies raisons pour lesquelles on aime ce sport. De Ligt et compagnie balle au pied, on a su pourquoi ce tournoi nous délecte tant.

Et pourtant les champions des Pays-bas risquent de ne pas être « avec nous » la saison prochaine. Quadruple champions d’Europe, on va leur prendre leurs « joyaux » et ils passeront par les tours préliminaires. Pendant que des quatrièmes seront bel et bien directement qualifiés pour la phase finale.

Johann Cruyff lors de la Supercoupe d’Europe contre les Glasgow Rangers par Nationaal Archief Fotocollectie Anefo – Wikipedia CC BY-SA 3.0 NL

La Ligue des Champions est devenue la compétition la plus regardée au monde grâce à son caractère collectif. Si on a pu admirer des joueurs comme Johann Cruyff, Georghe Hagi, Andryi Schevchenko, Jari Litmanen etc. Ces footballeurs qui sortaient de « l’ordinaire », c’est parce qu’elle plaçait tout le monde sur le même pied d’égalité. Et ceci tant sur le terrain que dans les « tribunes ».

En Afrique par exemple (dans les années 90) il suffisait d’avoir un petit écran pour vibrer. Chaque mardi et mercredi vous aviez droit à un éminent spectacle assis sur votre canapé. Grâce à Canal France Internationale notamment, les chaines nationales africaines avaient la possibilité de retransmettre tous les matchs de la reine des coupes européennes. C’était magnifique, c’était donné et aujourd’hui c’est fini. Les droits télé ont tout pris…

Quoique même jusque-là, certains parviennent à trouver une solution pour entendre cette chanson si particulière. L’hymne écrit par Tony Britten et inspiré de Georg Friedrich Haendel fait dorénavant partie de leur répertoire naturel. Des mesures qu’ils entendront malgré tout de moins en moins, le champ de vision sur la coupe aux longues oreilles se réduisant. La ligue va tourner le dos à sa réalité pour devenir un carré VIP. Cercle fermé qui ne se résume pas qu’à un gros problème financier.

Football, sport et argent par geralt – Pixabay CC0

Du plus petit au plus grand

La boucle se clos pareillement sur un problème d’égalité des chances. Pourquoi vouloir fermer la porte à certains et l’ouvrir à d’autres pour des raisons certainement extra sportives ? Du domestique à l’international, le football européen est si bien organisé qu’il a seulement besoin d’une mise à jour. Maintenant qu’il y’a assez d’argent pour tout le monde, et si on le redistribuait équitablement ? Et si les « petits » championnats (souvent formateurs), bénéficiaient d’une redistribution ou d’une loi leur permettant de jouer dans la cour des grands ? Un texte qui leur permettrait de garder leurs meilleurs joueurs plus longtemps pourrait être voté. On leur pique leurs éléments et on les traite de petites équipes… ?

C’est injuste et ça va de mal en pis. La Coupe des Clubs Champions avant, c‘était seulement les champions qui la jouaient. Après on l’a ouvert aux deuxièmes, troisièmes et quatrièmes de certains pays pour mieux exclure d’autres champions. Et là, on veut totalement la fermer en estimant que certaines ligues n’ont pas leur place au sommet. Le début de la fin…

Match de nuit par Free-Photo – Pixabay CC0

Pas mal !

L’idée d’une ligue réduite n’est pas mauvaise en soi. En tout cas, c’est bien mieux que le « grand cœur » de la FIFA et ses 48 équipes au Mondial. Liguer les meilleurs est une ambition sportive honorable et aguichante. Toutefois, c’est à la pelouse de décider de la grandeur d’une équipe. Pas à une association à but lucratif. Les compétitions domestiques ne doivent pas être étouffées et l’alliance fermée envisagée devrait redevenir la C1 à ses débuts. Reformer cette élite avec les champions de tous les pays européens suffira largement.

Chaque mardi, il y’aurait donc plus de matchs prestigieux à regarder (pour plus de droits télé). La Ligue Europa prendrait ainsi chaque mercredi, une dimension plus forte. C2 qui privée des relégués de la C1, sera composée en intégralité des seconds et troisièmes de chaque championnat. Formule juste qui légitimerait alors la création d’une troisième coupe d’Europe. Nouvelle C3 où tous les jeudis, les quatrièmes et cinquièmes se battraient pour une étoile européenne. Soit un jour avant la C4 : la coupe européenne des vainqueurs des coupes nationales. De ce fait, les championnats nationaux garderaient samedi, dimanche et lundi pour nous fabriquer nos futurs champions.

C1, 2, 3 et 4 : voilà comme une coupe d’Europe 5 étoiles qui a du sens et du challenge. Une supercoupe d’Europe, un pays organisateur, deux demi-finales, une finale et une place bien méritée pour la coupe du monde des clubs.

C’est simple

Que le football européen ait plébiscité à ce point l’Angleterre n’est pas un hasard. Au sein de ce climat défini par les carnets de chèques, le jeu le plus simple a besoin de revenir à une image qui lui sied. Les anglais sont riches mais pas fous. Au lieu de penser à se refermer sur elle-même, l’UEFA devrait montrer l’exemple en respectant la FIFA. Sa supérieure hiérarchique a besoin de ses compétences pour rendre le football plus correct et plus cohérent. La confédération européenne a émerveillé le monde par la qualité de son organisation : c’est ce caractère qu’on attend qu’elle exporte.

Cinq jeunes et un ballon par OpenClipart-Vectors – Pixabay CC0

À l’instar de la NBA sur le Continent Noir, l’UEFA devrait militer pour un football harmonisé et bien organisé à travers le monde. Elle a la responsabilité de s’activer pour des formats uniformisés pour toutes les confédérations. Sans quoi, le sport roi finira en plusieurs morceaux. Si cette ligue fermée voit le jour, l’administration du football européen et mondial se divisera. Schisme qui volera au roi des sports sa couronne…

Faut-il supprimer le poste d’entraineur ?

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Zinédine Zidane revient au Real Madrid. C’est officiel depuis lundi 11 mars. Un retour qui semble redonner de la vigueur aux joueurs du club et aux cadres. Sergio Ramos s’est remis au travail. Marcelo et Isco ont bossé le jour de leur repos. Etc. Des réactions qui définissent bien l’égard que ces joueurs portent à leur ancien mentor. Et qui va dans le sens de la rumeur selon laquelle le vestiaire Madrilène aurait rejeté le retour de Mourinho. Si un joueur peut choisir qui va l’entraîner, à quoi sert le poste d’entraîneur ?

Vincent Cantoni (Entraîneur) par André Cros – Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

À rien…

C’est carrément honteux de savoir qu’un footballeur professionnel se remet au boulot parce que son entraîneur « préféré » revient. Quel message fait-il passer aux jeunes qui veulent lui ressembler ? Si tu n’aimes pas un coach ne travaille pas ? Cette publication intrigante de Sergio Ramos sur Instagram où on le voit soi-disant besogner chez lui, démontre simplement que Santiago Solari n’était pas mauvais. L’ancien Merengue était juste un mal-aimé. Où serait le club sans celui qui a eu l’audace de lancer Reguilon et Vinicius Junior ? Et si ce deuxième jaune du capitaine ibérique face à l’Ajax avait pour but de faire virer cet homme qui n’a pas peur de faire des choix forts ? Dans ce monde où les footballeurs deviennent de plus en plus machiavéliques, c’est fort probable. Aujourd’hui qu’on sait que le stoppeur était opposé au retour du Special One, pourquoi n’aurait-il pas laissé tomber l’Argentin ?

Football against poverty 2014 Bern (Santiago Solari) par Ludovic Péron – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Nous vivons une époque où les joueurs ont les pleins pouvoirs. Pourquoi ne pas s’adapter ? Pourquoi faire souffrir les entraîneurs quand les footballeurs savent exactement ce qu’ils veulent. Autant supprimer le poste et laisser les joueurs décider de leur tactique tous seuls. Etant donné que l’anarchie constitue le mode de gestion adéquat pour eux, qu’on les laisse faire. Le Real Madrid est à son troisième entraîneur en un an. C’est du jamais vu dans l’histoire du club : la preuve d’un chaos généralisé dans le monde du football. Un Big Bang où les entraîneurs sont toujours les bouc-émissaires de l’échec et les souffre-douleurs de ces enfants gâtés multimillionnaires. « Galopins » qui ne veulent rien faire dans le sens du collectif. Ils gagnent des sommes faramineuses qui les déconnectent de la réalité et font ressortir leurs réelles personnalités. Quand on sait qu’il y’a des soldats qui meurent au front pour moins que ça. Qu’il y a des ouvriers et ouvrières qui se tuent à la tâche du matin au soir pour des salaires misérables, on comprend que le football perde les valeurs qui ont fait son immense popularité : la simplicité et le respect.

Et si au moins ils étaient les seuls pourvoyeurs de ce trouble. C’est aberrant de savoir que d’autres… que des dirigeants de clubs – qui devraient être à la base du respect de la hiérarchie – participent pareillement à ce désordre. Ils orchestrent cette cacophonie et mettent leur légitimité sur des braises. Pour revenir à Mourinho, on sait qu’il a dû réclamer les pleins pouvoirs afin d’éviter un remake de Manchester. JM aime avoir un contrôle total sur son effectif pour travailler : ce que Florentino Perez n’apprécie pas forcément.

Florentino Pérez par 20 minutos – Wikipedia CC BY-SA 2.1 ES

Le président du Real Madrid veut pouvoir décider de qui va jouer ou non. Sa politique est fondée sur un marketing omniprésent où les grands noms jouent un rôle primordial. La venue de José à Madrid en 2010 est d’ailleurs liée à ce concept des Galactiques qui a fait sa notoriété. Le Portugais était clairement le meilleur entraîneur du monde en 2010, donc sa place était logiquement au Real Madrid. Aujourd’hui cette idée n’est plus tellement partagée. Et même s’il apprécie beaucoup l’ancien Interiste, le patron de la Casa Blanca a hésité à mettre en péril les fondements de sa présidence : les joueurs.

Une indécision qui contribue à humilier ceux qu’il choisit comme technicien et les décrédibilise devant leur groupe. S’il sait qui doit jouer et qui ne doit pas, pourquoi prendre un entraîneur ? Qu’il dirige lui-même directement les matchs, qu’on voit son intelligence tactique au grand jour. On a un président qui est au courant de ce qu’il faut tactiquement faire pour gagner ; des joueurs qui savent ce qu’ils veulent pour faire trembler les filets. L’entraîneur n’a donc plus sa place… Et pourquoi ne pas nommer les proches des joueurs sur la touche puisque l’objectif est qu’ils soient heureux ?

Banc de touche (Vesoul Stade) par Dfrh78 – Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Pour rien…

Si chaque joueur respectait sa propre tactique, il y aurait de vives dissensions sur le terrain. Le rôle d’un entraîneur est de fédérer un groupe derrière une idée collective. Quand celui des joueurs est de jouer en fonction de la stratégie choisie. Pas de la choisir. Mais bien de se mettre au service du collectif par le biais de la tactique mise en place par le « chef d’orchestre ».

Chaque groupe a besoin d’un guide. Par conséquent s’il y’a un poste qu’on ne doit pas supprimer dans le football, c’est bien celui de l’entraîneur. Il est plus qu’essentiel à la santé de cette discipline reine. De sa touche, il a une vision panoramique sur l’équipe. Il est préférable que chaque entraîneur soit choisi par rapport à une vision objective du succès. Le sport se base sur les résultats pour désigner, mais le président peut croire en son entraîneur et lui donner sa chance sans en tenir compte.

Autrement dit, un entraîneur ne doit pas être choisi pour faire plaisir aux joueurs. Nous évoluons dans un cadre professionnel et non affectif. Une communauté sportive de plus en plus individualiste où les joueurs refusent de rester à leur place de « seconds ». Déclinaison péjorative qui dispose les protagonistes dans un classement où le footballeur serait le plus « faible » de la hiérarchie. Si on le concevait comme un acteur jouant simplement son rôle, il y aurait pourtant moins de dégâts. Ni supérieur, ni inférieur, le joueur doit respecter son entraîneur. L’obéissance n’est pas un défaut c’est une qualité…

Formation en 4-4-2 par Mario Ortegon – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

La tactique pour tous

Le football a connu des changements qui semblent inimaginables de nos jours. Par exemple, avant les capitaines s’occupaient de l’arbitrage… Jusqu’au jour où ils ont commencé à se battre. Une escalade qui a d’abord précipité l’arrivée de deux Umpires pour surveiller les buts sans filets et appeler à la mi-temps et à la fin du match. Avant que ne se présente enfin l’arbitre central sur le terrain. Celui-ci passe des tribunes à la pelouse pour devenir le Referee que nous connaissons désormais. Un homme qui peu à peu sort des stades, orienté par l’assistance vidéo. On se dirige vers un football téléguidé.

Il est possible de voir le rôle d’entraîneur évoluer également. Les supporters du club AG Caen (Régional 1, 6e Division Française) entraîneraient déjà l’équipe dans les gradins, par exemple. Un concept matérialisé par l’application United Managers. Son rôle est de donner la direction tactique de l’équipe à ses supporters. Lesquels prennent le nom de « Umans ». Un mélange des termes « United » et « Manager » qui sonne bien comme le mot Humains en anglais : Humans.

Pour plus d’éclaircissements, Frédéric Gauquelin, PDG de l’application :

« Cela veut dire préparer la feuille de match, donner les consignes collectives et stratégiques, faire des remplacements en amont des matchs, mais également en cours de match. Par exemple, passer d’un bloc médian à un bloc haut. La communauté décide de le faire parce que les conditions de match le nécessitent, on l’applique à 100% »

Camp Nou par Cappo80 – Wikipedia (Domaine Public)

On voit dans cette idée une réforme progressiste du concept de Socios. Les penseurs de l’avant-garde de Caen veulent être plus que ces supporters espagnols qui occupent une place prépondérante dans la gestion de leur club de cœur.

Thibaud Leplat de SO FOOT dans son article « Qui sont les Socios ? » :

« Comme à l’intérieur d’un parti, d’une association ou d’un syndicat, les socios sont égaux quels que soient leur patrimoine ou leur puissance financière. Comme dans une association, « un homme = une voix ». Donc tous les socios sont égaux en droit et votent pour les décisions importantes. Au Real, Perez est le socio 3 303. Son vote pèse autant que celui de Francisco Garcia, socio 15 402 et membre de la Peña de Leganes. »

Alors faut-il, oui ou non, supprimer le poste d’entraîneur ?

Certains l’ont déjà fait. En réduisant le joueur de foot à une simple entité numérique, on fait par le même occasion de l’entraîneur un logiciel qui rentre des données sur le terrain : un programme que tout le monde peut utiliser.

Jurgen Klopp énervé, à un journaliste qui regrettait que Liverpool n’ait pas assez attaqué contre Everton (0-0) :

« Je suis très déçu par votre question. Nous ne jouons pas à la playstation. Vous pensez que nous n’avons pas pris assez de risques ? C’est vraiment décevant comme question parce que vous donnez l’impression que c’est très facile. J’ai juste à dire :  »Allez les gars, on prend plus de risques, on y va ». Vous imaginez ? Y a-t-il un seul match nul que nous n’avons pas essayé de gagner ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous pensez que c’est comme sur la playstation : on amène un nouveau joueur et le jeu change ? Le football ne marche pas comme ça. »

Jurgen Klopp par Tim.Reckmann – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un reproche assez curieux quand on sait que les Reds devaient à tout prix gagner ce derby de la Mersey pour reprendre la tête de la Premier League. Ont-ils joué pour le nul ? Certainement non… Cette vision de la tactique télécommandée empêche de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions. Inaptitude qui réduit l’entraîneur à un donneur de consignes quand il est sans doute beaucoup plus.

Le sport comme processus de paix

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Accord parental, contenu explicite : l’étiquette est collée. La Punchline est parée pour donner du punch. Booba veut en découdre avec Kaaris. Le D.U.C (surnom de Booba) a choisi d’en finir avec ce clash qui a atteint son paroxysme à l’aéroport d’Orly le 1er Août dernier. Une rixe entre les deux clans qui aboutira quelques semaines après sur des peines judiciaires sans toutefois enterrer la hache de leur guerre.

Aussi, l’auteur de l’album « Trône » propose de placer un uppercut pour mettre cette haine K.O. Légalement, sportivement, il souhaite croiser son ennemi sur un ring. Une bagarre dans les règles de l’art : un combat de MMA qui n’aura pas lieu en France. La pratique du métier interdite dans l’Hexagone, l’octogone s’exportera ailleurs… ou non. Un bellicisme clivant : une proposition pas si mal que ça finalement. Les recettes de la rencontre devraient être reversées à une association et des dégâts collatéraux évités… Le sport est capable de sauver des vies, pourquoi ne pas en profiter ?

Sculpture Weapon par baptiste_heschung – Pixabay CC0

Sparring Partner

Il était une fois un temps. Un instant épique où un combat suffisait pour faire la guerre. Une époque barbaresque où dans le but d’éviter des milliers de morts, les armées en belligérance désignaient leurs meilleurs soldats pour se battre jusqu’à la mort. Le vainqueur de la joute donnait la victoire à son escouade et un massacre était empêché. On parle de sport : de la mort fictive d’un adversaire. Achille versus Hector, si Tupac et Notorious BIG avaient été inspirés par Elie Yaffa (vrai nom de Booba) les deux MC seraient probablement encore vivants.

La confrontation sportive ne garantit pas la vie mais réduit profusément les chances de voir l’innocence tomber à vie. United City, elle donne l’espoir d’un monde meilleur. Des gants à la place des gangs, la brutalité dans son élément. Non-violence, un symbole de paix incarné entre les guillemets suivants par un « Big Boss ». Eric Cantona : « La vie est toujours trop cruelle. Tout ce que nous pouvons faire, c’est essayer de passer le ballon et laisser le soleil briller. En espérant qu’il brille pour tout le monde. »

Muhammad Ali en 1967 par Ira Rosenberg – Wikipedia Domaine Public

Peut mieux faire

Le sport canalise la violence. Il fait d’elle un noble art. « Je ne fais la guerre qu’aux rappeurs, ne cautionne la mort d’aucun enfant » pour reprendre Attila (autre surnom de Booba). « Vole comme un papillon, pique comme l’abeille », Mohammed Ali a contribué à la liberté de la race noire en boxant comme Nelson Mandela. Madiba donnait des droites et des gauches pour entretenir la dignité de sa bataille politique. Un succès mondial que le leader sud-africain doit aussi à l’engagement non négligeable de la Confédération Africaine de Football. La première institution panafricaine est la première organisation à lancer la campagne anti-apartheid dans le sport.

Un esprit sain dans un corps sain. Un geste réconciliateur à l’instar de celui de Mourinho pour rassembler les enfants, les avenirs israéliens et palestiniens autour de la même table. Une généreuse œuvre sociale aussi magnanime que les Irlande du Nord et du Sud participant aux Jeux Olympiques pour la Grande-Bretagne aux côtés de l’Angleterre et de l’Ecosse. Ou celui du récent Mondial de handball germano-danois réunissant les deux Corées sous un même étendard.

Les 2 Corées Unifiées par OpenClipart-Vectors – Pixabay CC0

Et comment ne pas revenir sur le technicien lusophone en parlant de Didier Drogba : un de ses plus grands fidèles. En 2007, l’ivoirien a utilisé son Ballon d’or pour cimenter la paix derrière la guerre civile qui a déchiré son pays. Un déplacement trophée dans les bras à Bouaké (dans la zone rebelle) qui succédait à une grande demande. Celle qui parachevait une première qualification de sa sélection à un Mondial (2006). Par la voix de son capitaine, l’équipe nationale de Côte d’Ivoire implora un cessez-le-feu. « Déposez toutes les armes » suppliaient les Eléphants à genoux en Octobre 2005 après avoir battu le Soudan (1-3) à Khartoum.

Didier Drogba par Stefan Meisel – Flickr CC BY 2.0

En Asie pareillement l’altruisme continue de partir en dribbles. La Coupe d’Asie des Nations 2019 en modèle, la Confédération Asiatique de Football (AFC) prend de l’avance en faisant de la Palestine un pays et du Qatar un bienvenu aux Emirats Arabes Unis. Les Marrons (surnom des joueurs du Qatar) affronteront l’Arabie Saoudite sans possibilités d’issues conflictuelles. On passe près des débordements : on les ignore. On esquive les coulées de « laves », de sang donc de larmes. De la sueur on saigne pour soigner la peine…

El Clásico foosball par Gordon Anthony McGowan – Flickr CC BY-SA 2.0

El Clásico : un exemple

« Qui veut la paix, prépare la guerre ». La puissance définit l’intelligence. Aux dépens de l’existence ? Pas exactement. Les enfants ne jouent pas qu’à la guerre. La paix aussi joue un rôle de figurant dans l’éducation des « petits diables ». Les fusils et les revolvers ne sont pas les seuls jouets. Les vraies balles également peuvent sortir des pistolets à eau. Une partie est organisée et tout le monde explose de joie. La joie d’observer une guerre civile se muer en rendez-vous « amical ». Real Madrid – FC Barcelone ou la Maison Blanche échangeant son maillot avec l’Iran.

Le Clásico est un exemple de résolution des conflits par le sport. Les troupes se sont changées en équipes de football et la vie a repris son cours. « Il y’a eu des affrontements très durs, mais rarement violents » disait Nacho Aranda, Directeur de Real Madrid TV en 2001 dans le documentaire sur le Classico de la chaîne Toute L’histoire : Les Grands Duels du Sport. Durant cette projection il marche quasiment derrière Manuel Saucedo. Lequel décèle en ce choc « une réalité de l’Espagne incarnée par le sport ». Le rédacteur de Marca en 2001 ajoutera même : « Voilà ce qu’il y’a derrière. Un conflit sociologique entre le centralisme et le nationalisme catalan qui va grandissant. Il y’a une composante sociopolitique derrière tout cela, qui trouve son reflet dans l’affrontement sportif. »

Albert Camus par DietrichLiao – Flickr CC BY-SA 2.0

Clair de lune

Reflet, solution c’est du pareil au même. Les glandes sudoripares ont pris le pas sur les glands sanguinaires. Le conflit armé entre madrilènes et catalans est devenu un match de football et c’est le plus important. La clarté est faite sur la capacité de l’homme à bonifier sa colère. Il est bien adroit pour ce qui est d’éviter les problèmes sans humilier ses émotions et fatalement diminuer son prochain.

Gardien de but, le célèbre écrivain français Albert Camus a dit une fois : « Tout ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c’est au football que je le dois. » Une phrase, la preuve parmi tant d’autres que la paix peut gagner sur tapis vert. Tel Raymond Aron en 1982, il suffit d’y penser : « Ne boudons pas cette grande fête, non d’amitié, mais de compétition entre les nations par l’intermédiaire d’artistes fragiles. Une compétition soumise à des règles, contrôlées par des arbitres, n’est-ce pas, en dernière analyse, l’image de la seule réconciliation entre les peuples compatible avec la nature des collectivités et peut-être de l’homme lui-même. »

On ne fonde pas sa vie sur la mort. Inévitable, on se sert de la mort pour sauver la vie. Salvador vs Honduras en 1970, Uruguay vs Argentine en 1930, si le football est capable de déclencher les hostilités c’est qu’il peut les arrêter. Hymnes, drapeaux, couleurs, sport, le « So-Cœur » fait la guerre sans tuer.

Pictogramme (Football) par efes – Pixabay CC0

« Le Football, c’est la guerre poursuivie par d’autres moyens » peut dépasser le simple stade de titre d’un livre de Pierre Bourgeade. Le dirigeant nazi Mussolini n’est pas une lumière par exemple. Son assimilation néanmoins des footballeurs italiens à des « soldats de la cause nationale » a éclairé plus d’un. Sa mauvaise idée a indirectement soutenu l’Algérie contre son gré dans sa guerre indépendantiste via l’équipe du FLN. « Casques Bleus » interdits par la FIFA, ses joueurs furent des solides ministres de la volonté algérienne d’émancipation de 1958 à la naissance de leur nation en 1962. Un processus de paix, une utopie ? Possible ! L’intelligence humaine est assez tranchante pour résoudre un conflit en se récréant. Ça s’appelle la raison…

Tottenham – Manchester United : Paris n’a rien à craindre

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Ce dimanche, Manchester et son nouvel entraîneur Ole Gunnar Solskjaer sont allés battre Tottenham à Wembley. Un choc au sommet, le premier de son ère, une victoire 0-1 qui permet à United de vivre un sixième « bonheur » consécutif. Ses hommes et lui comptent désormais le même nombre de points que le cinquième Arsenal. José Mourinho viré, les Red Devils semblent délivrés…

Winners par Sean Murray – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Seule la victoire est belle

Une passe de Pogba et Marcus Rashford qui marque. Manchester ouvre le score, s’impose chez le troisième de Premier League et se venge du cinglant 0-3 de l’aller. Un gros succès face à un gros de l’élite qui donne une idée du soutien que peut avoir Ole Gunnar à Manchester et dans la plupart des médias. Dans une rencontre où il a fait preuve d’une flagrante misère tactique, il est peint en sauveur. José victorieux de ce match de cette façon, les éloges auraient certainement été remplacés par des tacles violents bien appuyés.

On encense les six victoires de rang de l’ancien buteur et pourtant lorsque le Docteur Honoris Causa de l’Université Technique de Lisbonne avait enchaîné 25 matchs consécutifs sans perdre à sa première saison, on trouvait à redire. D’aucuns ont même parlé de Top 5 pour l’exclure du faîte avant de revenir au Top 6 dans la foulée de son éviction. L’objectif étant de réduire au maximum son travail au néant.

Old Trafford par pottonvets – Image Pixabay CC0

Ainsi le débat est repensé, le beau jeu mis de côté et la victoire dans le sport redevient l’essentiel. Sa place retrouve son statut d’idéal afin d’inhiber le pauvre contenu mancunien à ce grand rendez-vous londonien : une prestation inqualifiable de nullité. Mourinho choisit de défendre, Solskjaer a été forcé de défendre. Avec 62 % de possession de balle, Tottenham a dominé tout le match dans tous les compartiments du jeu, y compris celui des erreurs. Le but des Reds n’intervient pas sur une action promptement menée mais sur une grossière étourderie de Trippier.

Une passe ratée de l’arrière droit dans l’axe qui a donné la possibilité à une occasion sans réel danger de briller de mille feux. Long ballon de Pogba, la défense surprise n’arrive pas à vite se replacer, la lente frappe de Rashford est parfaitement croisée et Hugo Lloris particulièrement peu réactif. Le goalkeeper français se rattrapera en seconde mi-temps sur une tête et deux tirs du n°6 passeur décisif : ce sera trop tard… Le n°1 était déjà en face.

David De Gea par Saul Tevelez – Image Flickr CC BY 2.0

David contre Goliath

Durant l’ère Mourinho, David De Gea était considéré comme le meilleur joueur par les nombreux détracteurs du portugais. Il était question de faire passer par tous les moyens sa pensée pour un jeu sans inspiration. Que dire du match de dimanche ? Le « Théâtre des Rêves » et Ferguson sont bien de retour : qu’est-ce qui n’a pas marché ? On attendait ce jeu outrageusement offensif et au final on n’a vu qu’un défenseur « figé » sur la ligne de son but.

Le portier espagnol est sans aucune contestation l’homme de ce match. 11 arrêts décisifs comme un symbole : l’écu d’une équipe aux abois. Sans lui, Manchester aurait clairement perdu. S’il fallait choisir une de ces parades pour résumer la rencontre, le face-à-face de Dele Alli ferait l’affaire. Une occasion nette de but partie d’une balle perdue de Pogba à l’entrée de la surface adverse et mal négociée par le milieu offensif d’origine nigériane. Bien lancé en profondeur, l’international anglais n’a pas pu franchir le dernier rempart « Rouge » et conclure cette contre-attaque éclair. En gros les Spurs ont marqué des buts mais De Gea les enlevés.

Drapeau Tottenham par RonnyK – Image Pixabay

Oser c’est faire

Lorsqu’on voit la difficulté que Mauricio Pochettino a pour remporter un titre, on mesure mieux la force de José Mourinho. La dernière fois que Tottenham a été champion d’Angleterre c’était en 1961. Une longue attente atténuée en 2008 par une victoire en Coupe de la Ligue. Un succès (voire deux avec la Cup) toujours possible cette année qui toutefois n’empêche pas le mot « looser » de marquer à la culotte la renommée du premier vainqueur britannique d’une Coupe d’Europe. C’était la Coupe des Coupes en 1963.

Harry Kane lifting the World Cup par Matt Brown – Image Flickr CC BY 2.0

Au sein de l’effectif de l’argentin on trouve quand même encore de très bons éléments après Gary Lineker, Chris Waddle, Paul Gascoigne, Teddy Sheringham, Jürgen Klinsmann, David Ginola, Sol Campbell, Dimitar Berbatov, Jermaine Defoe, William Gallas, Luka Modric, Gareth Bale et autres Raphael Van der Vaart. Des internationaux pour la plupart titulaires indiscutables dans leurs sélections : Harry Kane, capitaine anglais et meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde, Hugo Lloris, capitaine des champions du monde en titre, Christian Ericksen, Heung Min Son, Dele Alli, Eric Dier, Kieran Trippier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez etc. Une grosse qualité que le technicien Albiceleste (surnom des joueurs argentins) peine à changer en trophées. Même l’alibi du « faible » budget lui a tourné le dos : Leicester a été champion en 2016. C’est triste à dire mais Manchester a battu des « perdants ».

Tottenham Hotspur defender Jan Vertonghen par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Diversions

Quoiqu’on dise, cette « dispute » dominicale a démontré que la seule assurance de progression à Manchester était la présence de Mou sur leur banc. Cette victoire à l’extérieur le dédouane et tourne définitivement la page de son passage. Chacun fait dès lors face à ses responsabilités. Solskjaer a toutes les cartes en mains et Pogba ne pourra plus se cacher derrière « O Vencedor » (« Le vainqueur » en français, surnom de Mourinho) pour justifier ses mauvaises performances. Son joker grillé, lorsque les défaites arriveront personne ne pourra plus accuser le prédécesseur de son actuel manager. La rumeur qui voulait qu’il laisse des dégâts derrière lui vient une nouvelle fois de mentir.

La défaite des Lilywhites (surnom des joueurs de Tottenham) tient à cet esprit de « Serial Winner » que le lusitanien a légué aux coéquipiers de Nemanja Matic. La fameuse formule offensive du Super Sub du Fergie Time n’a eu aucun effet sur ce major de Premier League. La preuve : il a fait entrer Diogo Dalot, Scott McTominay (à la place de Pogba) pour défendre et Lukaku pour utiliser sa puissance dans les duels aériens et la conservation de la balle. Le poulain de Sir Alex n’a pas « attaquer, attaquer, attaquer » pour tuer le match. Il a cherché à garder le score et il a gagné…

Edinson Cavani, Paris Saint-Germain (and Uruguay) striker par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

La porte est ouverte

Si le Drillo (surnom des joueurs norvégiens) est venu pour manger de petits poissons pourquoi Mou a-t-il été viré ? Défensivement le norvégien est loin d’être un stratège. Ça risque de chauffer face au reste au Big Six. De Gea ne suffira pas face à City, Liverpool, Chelsea ou Arsenal. Il faudra de l’aide à sa baraka. Sous les ordres du Special One, l’ancien de l’Atletico Madrid n’était pas seul. L’année passée ils ont battu ensemble Tottenham en FA Cup (1-2), Chelsea (2-1) et Manchester City en championnat (2-3) et la Juventus en Ligue des Champions (1-2) après avoir été menés 1-0, 0-1, 2-0 et 1-0. Ils ne faisaient donc pas que défendre. Il y’avait du caractère dans cette équipe. C’est pour cela qu’elle a battu tous ses adversaires du Top 6.

Man Utd V Arsenal par Gordon Flood – Image Flickr CC BY 2.0

Les Diables Rouges gagnent sans montrer de réels signes de changement. Les problèmes défensifs que le natif de Setúbal a voulu combler en recrutant en début de saison sont restés visibles. Discernables comme la nonchalance de La Pioche (surnom de Pogba) et les limites physiques de cet effectif malgré les réussites. Le portugais a eu à souligner ces tares mais vu que son jugement n’a pas d’importance, le PSG a toutes ses chances. Les parisiens devraient être capables d’exploiter ces vides en C1 et de rejoindre les quarts de finale. Avec Cavani, Neymar, Mbappé et Di Maria, Man U est prenable. Mourinho, la bête noire des clubs français, est parti avec leur imprévisibilité. Sous sa férule on ne savait pas à quoi s’attendre avec eux, maintenant on sait qu’une bonne préparation suffit pour leur causer de sérieux soucis. L’équipe de Tottenham a fait mieux que perdre : elle a ressorti toutes les lacunes de Manchester United…

Kylian Mbappé : l’homme de l’année 2018

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Le 2 décembre 2015, Kylian Mbappé remplaçait Fábio Coentrão en fin de match et effectuait ses débuts en Ligue 1. Un choix offensif, un changement inoffensif qui devait conforter l’AS Monaco dans sa contre-performance à domicile face à Caen. 1-1, un match nul qui ne dessinait guère le statut de superstar prédestiné au futur champion d’Europe des U19. En ce titi de 16 ans et demi se lisait une belle promesse Asémiste : sans plus… Sans que personne ne se doute de l’ascension fulgurante que l’adolescent connaîtra en moins de trois ans. À juste 20 ans désormais, le dernier buteur Parisien de 2018 est plus que rentré dans l’histoire du football. En un mois, il est devenu la figure de proue d’une année historique…

Mbappe (un fan) at The Met par Pom’ – Image CC BY-SA 2.0

El Pibe de Oro

Kylian Mbappé n’a pas que la couleur de sa peau comme point commun avec l’or. Le 6 janvier 2017 lors d’une interview publiée sur le site leparisien.fr, le gamin déclarait avec toute l’éloquence qu’on lui sait : « C’est très flatteur d’être comparé à un joueur qui a marqué l’histoire. J’ai commencé à écrire mon histoire et je veux que ça reste la mienne et non la copie conforme de Thierry Henry. » De l’arrogance pour certains : une assurance de champion…

Champion de France cette année et demi-finaliste de la Ligue des Champions, le Golden Boy signe au PSG pour 180 Millions d’Euros. Il rejoint Neymar et se confond à l’ombre de l’Auriverde à 220 Millions d’Euros. 27 buts toutes compétitions confondues en 2017 contre 21 en 2018, sa progression marque le pas. Une reculade qui ne l’empêche cependant pas de devenir un élément essentiel pour Didier Deschamps. Le n°10 français n’a que 19 ans et un immense avenir l’attend…

Pelé par Waldryano – Image Pixabay CC0

Good Pelé

« Passements de jambes, crochets à gauche, à droite », c’est en Coupe du Monde que la carrière de Mbappé prendra un tournant décisif. Depuis Pelé en 1958, aucun jeune footballeur n’avait autant marqué cette compétition. La France a été championne du monde, lui mémorable. Auteur de 4 buts, dont ce beau doublé face à l’Argentine en huitièmes, le dernier buteur des Bleus en Russie fût l’attraction de ce Mondial. Bien que son attitude hautaine vis-à-vis de ses origines camerounaises soit peu louable, son choix en faveur de la sélection française reste le bon.

En couverture du Time Magazine le 11 octobre passé, KM est à sa place où il est. « L’As de Bondy » n’est peut-être pas aussi talentueux que Samuel Eto’o ou Neymar mais il est le seul « avenir » en qui « O Rei » (Surnom de Pelé) se reconnaît réellement : « (…) Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir dépoussiérer mes vieux crampons. » En outre, le premier Trophée Kopa de France Football est le « Ballon d’or » des « nouveaux Pelé ». Bonne et Heureuse Année 2019…

Champion du monde ! Par Pom’ – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Ballon d’or : De Qui se moque-t-on ?

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« Les victoires restent sur les palmarès, les victoires avec style restent dans les esprits », parole d’Arrigo Sacchi. Pensée d’un tacticien de génie devenue maxime de BEAUTYFOOTBALL. Le blog de Thomas Dimitri « s’adresse aux passionnés exigeants » et ce n’est pas son article « L’idée clé : Le football sans style n’est rien ! » qui dira le contraire. Le blogueur partage ainsi avec nombre de chroniqueurs sportifs cette notion arrêtée du beau jeu. À le lire on croit encore rêver. Rêver d’un monde meilleur ? Hélas non ! L’Espagne entre 2008 et 2012 n’a eu aucun Ballon d’or. L’Allemagne au Brésil et la France en Russie n’ont fait que succéder à la « Furie Rouge ».

Ignazio Abate and Andrés Iniesta Euro 2012 final – Станислав Ведмидь CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Quel esprit !

Double championne d’Europe et championne du monde, la « Roja » est une preuve tangible de la duplicité récente de la désignation du Ballon d’or. Vous ne rêvez pas, leur incontestable domination est restée dans les esprits… Les esprits du football moderne en charge de la prestigieuse médaille ont décidé qu’au pays d’Iniesta il n’y avait guère d’artistes. Pourquoi ? Simplement parce que le Ballon d’or autant que le football n’est plus ce qu’il était. La victoire au tapis, ça va même de mal en pis. Cette enjolivure qui longtemps a brillé par ses choix pour la plupart judicieux, semble avoir perdu toute sa verve sous le règne du roi Léo. La « démocratie » a fait irruption dans ce monde justement totalitaire pour faire d’un champion du monde un citoyen lambda.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

Votez le premier de la classe !

Luka Modric est donc l’heureux élu de ce scrutin qui désigne le meilleur joueur de la planète. Une nomination qui n’étonne pas forcément, le talent du natif de Zadar énorme. Toutefois lorsqu’on se demande pourquoi il a été meilleur que les autres, on prend froid. Le croate ne mérite clairement pas le Ballon d’or, aussi bien que le titre « The Best » qu’il a reçu de la FIFA. Didier Deschamps mériterait-il sinon le trophée d’entraîneur de l’année qu’il a justement reçu ? Même l’argument du Ballon d’or de la Coupe du Monde n’est pas assez pesant pour défendre cette décision. Le « cadeau » remis au capitaine des « Valtreni » n’est qu’un lot de consolation pour les vaincus. Si la Croatie avait gagné à Loujniki, le meilleur joueur aurait été un français. Et c’est déplorable car ces derniers temps, les instances du football mondial ont tendance à récompenser les perdants… Une orientation totalement contraire à l’essence même du football. Le meilleur joueur d’une compétition devrait être de l’équipe victorieuse de la compétition.

Robot275 – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Finie l’époque où la FIFA était accusée de dénaturer le Ballon d’or France Football. La concordance du média et de l’institution est désormais avérée et le tort partagé… Modric est un joueur exceptionnel certes mais cette saison il y a eu mieux. S’il fallait choisir sur le plan émotionnel ; choisir instinctivement un joueur qui a fait vibrer la planète football en 2018, Mbappé serait tout indiqué. Sauf qu’étant donné qu’il s’agisse d’un débat scientifique, Raphael Varane devient l’option idéale. Le défenseur central Merengue est champion du monde et vainqueur de la Ligue des Champions. Un parcours plus que prodigieux qui lui a valu une belle septième place. « BECKENBAUER oublié », il remplace « BECKENNEUER » et rejoint le Panthéon des incompris. Les experts ont statué…

Katabasis – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Lecture aléatoire

La position du vice-capitaine de la sélection française dans cette liste, est également un hasard qui en dit long sur une certaine mitoyenneté. Le dossard de KM7 le parisien est aussi le chiffre préféré du rappeur Booba. Le but, le beau jeu : on connaît la chanson. La proximité entre le rap et le football n’est plus à établir. Dans l’hexagone notamment, le couple est une double issue de sortie à la « France d’en bas » pour reprendre Brasco. Booba proche de Benzema c’est aussi cartésien que Booba en featuring avec Médine. Ironie du sort ou logique du sport, l’actualité c’est pareillement cette fusion lunatique. L’ours hurlant devant un croissant lunaire, ceux qui ne l’ont pas suivi en ont sûrement entendu parler. KYLL : « le son qui met la pression » ou « le jour et la nuit sur chanson ». Très loin du Vegedream dansant qui « ramène la coupe à la maison » les deux rappeurs sont. « Du nègre et de l’algérien font du Kylian Mbappé », le refrain parle de lui-même. Le « Duc de Boulogne » et l’« Alger-Roi » s’attaquent à l’unisson aux derniers vestiges de la discrimination.

Marco Verch – Image Flikr CC-BY 2.0

Une piste, le diminutif de Kylian condense le récit d’un malaise. «Dans l’histoire, les meilleurs c’étaient des noirs et des arabes» suggérait la pépite de Bondy à l’âge de 12 ans en évoquant les Bleus. Une actualité coincée entre les crocs de l’affaire du fichage ethnique à Paris et le cérémonial du Ballon d’or. À son insu, le classement France Football participe du discrédit des footballeurs noirs et africains dans le monde de la balle blanche tachée de noir. Kylian a raison… « Ce ne sont pas des chèvres devant ». Cependant derrière aussi c’est le cas. Un joueur est jugé sur toute sa saison. C’est la qualité de la victoire qui différencie les meilleurs de la masse.

Bekhap – Image Flikr CC-BY 2.0

Il faut remonter à 2006 pour revoir le triomphe être gratifié d’un Ballon d’or au cours d’une saison de Coupe du Monde. Le dernier lauréat de ce type c’était Fabio Cannavaro. Sa nomination a fait une pléthore de déçus, mais le stoppeur italien le méritait vraiment. Champion du monde en titre, il était au sommet. 12 ans après c’était donc l’occasion parfaite pour France Football de renouer avec le vrai football. Un passé « juste » où les récompenses saluaient les performances. « Squadra Azzura » signifiant mêmement « l’équipe des Bleus », comment ne pas faire le lien ? L’ancien capitaine des « Azzuri » a été sacré par la revue devant Gigi Buffon son compatriote et Thierry Henry finaliste du mondial comme Modric aujourd’hui. Varane lui, n’est même pas sur le podium. Le « Sang et Or » se morfond loin de « Kyky ». Le digne héritier de Titi occupe le quatrième rang derrière Griezmann… Comment ne pas se poser des questions sur la réelle valeur de l’égalité des chances dans le football européen ? « Courir comme un noir pour vivre comme un blanc » est-il de Samuel Eto’o un simple adage ?

Cliff – Image Flikr CC-BY 2.0

Génialité

Pelé devait certainement être un « monstre » pire que ce qu’il était pour le noir qu’il est : le meilleur joueur de tous les temps. CR7 et ses proches origines capverdiennes doivent bénéficier d’un sponsor de poids pour terminer seconds sans le mériter. Zidane meilleur joueur français de tous les temps, le Brésil maillot jaune de l’histoire du sport roi : ils n’ont pas vraiment eu le choix. Ici malheureusement, certains doivent transpirer plus que d’autres pour voir les projecteurs. Dans ce football où on tire à bout portant sur Cavani et trouve des raisons à Giroud, d’aucuns doivent vivre d’exploits pour exister. Éjecter Messi du podium n’a rien changé. Sa cinquième place n’est même pas une diversion. Le mal est trop profond. L’image crayonnée par le Ballon d’or cette dernière décennie est à la limite de l’acceptable. Le courroux d’Habib Beye  en faveur des africains Mohamed Salah et Sadio Mané dans le Late Football Club sur Canal + a toute sa place dans ce sport-là et possiblement dans son futur : « (…) Si demain, ils s’appelaient Salahinho ou Manéinho… Il y a souvent eu un manque de reconnaissance. Rappelez-vous de Samuel Eto’o et Didier Drogba. (…) Je pense que ce classement du Ballon d’Or ne veut plus rien dire. »

Spartak Moscow VS. Liverpool – Дмитрий Садовников CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Podium

Eden Hazard 8e, Harry Kane 10e, Ngolo Kanté 11e… Ce qui est fait est fait. Indépendamment de la colère de certains et de la joie d’autres, l’histoire ne reviendra plus sur ses pas. Modric remporte la mise, Mbappé le premier titre du Trophée Kopa du meilleur jeune et Ana Hegerberg le premier Ballon d’or féminin. Le cri de l’ancien international sénégalais comme la redistribution des places qui sera énoncée ici, n’aura donc plus aucune importance. Ils pourront peut-être servir pour la suite des évènements… ou non. Notre podium :

1- Raphael Varane

2- Kyllian Mbappé 

3- Antoine Griezmann …

Frederic Humbert – Image Flikr CC-BY-SA

Arbitrage : Main ou pas main ?

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L’International Board, l’organe chargé de la mise en place des règles relatives au football, s’apprête à statuer sur l’équivoque lié aux « mains ». Involontaires ou non, ce problème à l’origine de nombreuses querelles, a-t-il vraiment lieu d’être quand on joue au foot…ball, et qu’on n’est pas un gardien de but ?

Non

Bien qu’il y’ait des footballs qui se jouent tel le rugby ; ou encore que dans ces débuts, le jeu le plus simple ressemblait plus au handball qu’au sport roi, l’utilisation de la main reste interdite aux footballeurs, lorsqu’ils ne sont pas goalkeepers. Jouer de la main sur une pelouse, c’est jouer au plus malin et c’est l’International Board qui le dit. S’il y’a main, sur un terrain, il y’a faute et tout arbitre qui constate le fait, a le devoir de réagir en la sanctionnant d’un coup franc ou d’un pénalty… Son rôle est de rendre justice à chaque fois que l’occasion se présente. 10 mains devraient équivaloir à 10 coups de sifflet. Ce n’est que de cette façon que l’équilibre de la balance sera préservé au cours d’une rencontre : ce qui n’est toujours pas le cas…

Oui…

Oui… il y’a encore des fautes de mains qui ne sont pas sifflées. Malgré l’assistance vidéo, des arbitres refusent de voir la réalité en face et continuent de vanter les mérites de l’injustice dans le football. On se range ainsi derrière ceux qui disent vouloir conserver le côté humain du sport le plus populaire au monde. Une inquiétude abusive, les hommes infiniment au centre des débats. Un alibi réducteur pour l’Homme, le définissant ici comme un être injuste à la base ; ce qui évidemment n’est pas vrai puisqu’il n’aurait pas sa place dans ce cas, lui arbitre, sur le terrain en qualité de justicier. En rendant justice de façon intempestive, on rend les hommes meilleurs et à contrario on sème la division. Bien sûr il y’a ce caractère d’imperfection, qui pousse l’Homme à se repenser sans cesse ; ce pan qui pour certains arbitres, les change parfois en psychologues devant un ballon heurté par une main.

Un rôle qui n’est pas le leur, une attitude qui les oblige à considérer le pénalty comme une sanction au-dessus des autres. « L’homme en noir » tergiverse devant sa proximité idéale vis-à-vis des buts et pourtant, un but sur coup de pied arrêté ne dépend pas de sa distance par rapport aux filets, mais certainement de la qualité et de la précision avec lesquelles, il est frappé. Cette magnification du pénalty est un frein à la justice sur une pelouse, et le véritable objet du problème sur la main.

Une faute est une faute et chaque faute doit être sanctionnée comme le prévoient les lois du football. L’indulgence n’aura de sens que lorsqu’on considèrera le corps humain comme entière partie prenante du jeu où il est convié. C’est du « pied-ballon », mais pour sa pratique, les mains restent des éléments inhérents. Elles participent à l’équilibre du joueur dans sa course, sa détente… : sa motricité. Penser donc à son intentionnalité, revient à perdre son temps car pour jouer, on a toujours l’intention, positive ou non, d’utiliser ses bras, en tant qu’humain. La question devrait être : est-ce que l’opposition de la main empêche seule, la motricité du ballon peu importe sa situation sur le terrain ? En d’autres mots, la main est-elle décollée du corps, oui ou non ? Si oui, il y’a pénalty ou « free-kick », sinon rien…C’est vrai qu’ils suent en s’exprimant, mais la culpabilité n’est pas écrite sur les fronts des footballeurs. Pour statuer honnêtement sur l’intentionnalité d’un geste du bras, il faudra alors, mener une enquête. Le problème c’est qu’on a que 90 minutes…