La sélection française ne va pas bien. En ce temps délicat des qualifications pour l’Euro 2020, les Bleus ne sont pas au top. Hugo Lloris, Kylian Mbappé, Lucas Hernandez, Samuel Umtiti et Paul Pogba, blessés. Giroud qui ne joue pas, ce sont de véritables cadres de l’effectif de Didier Deschamps qui clopinent pour défendre leur patrie. Une équipe dont l’une des valeurs offensives les plus sûres, Griezmann, semble en réelle difficulté dans son nouveau club : le FC Barcelone.

Khalife à la place du khalife ?

Griezmann en spectateur n°1 du football Blaugrana, c’est une image qui n’a échappé à aucun fan de football. Grizou a passé, avec le sourire, tout le dernier match de son équipe sur la touche. Il semblait heureux de voir ses coéquipiers étriller le FC Séville 4-0 en son absence. Jusqu’à quand ? Telle est la question.

Iznogoud

Le compétiteur qu’il est a sûrement dû remarquer que son collectif fonctionnait mieux sans lui. Possédant le même profil que la Pulga, acceptera-t-il de rester sur la touche toute la saison ? Pas si sûr. Encore que les passages de grands joueurs comme lui au club du roi Léo, ne devrait pas le rassurer. Après Samuel Eto’o, David Villa, Zlatan Ibrahimovic, Neymar ou encore Coutinho, le champion du monde est bien parti pour être la nouvelle victime de Lionel Messi. Qu’allait-il faire en « territoire ennemi » ? On se le demandera certainement toute l’année.

Le football est un sport juste. Et à juste titre, on se demande encore pourquoi Moussa Dembélé n’est pas toujours titulaire à Lyon. 6 buts en 8 rencontres : ça devrait suffire pour satisfaire son coach. Que non ! Il y a comme un arrière-gout d’injustice. L’avant-centre des Gones mérite bien d’être en Équipe de France. Et pourtant c’est Giroud, qui ne joue plus qui l’est encore. Si cette situation perdure, sa mise à l’écart ne devrait plus tarder : à entendre son sélectionneur. Quand on sait que ça ne date pas de ce week-end que le Gunner d’antan n’évolue plus pour Chelsea.

Un Bleu, des Bleus

Ça fait longtemps que Franck Lampard a pris la décision de ne pas compter sur son attaquant français cette saison :

« J’ai accordé ma confiance à Tammy au début de saison. J’ai senti que le moment était venu pour lui de revenir à Chelsea. Je sais que les gens évoquent les circonstances mais il est en concurrence avec Olivier Giroud, un champion du monde, et Michy Batshuayi, qui est à mon avis lui aussi un excellent attaquant de Premier League. Il a gagné sa place en peu de temps. Nous aurons besoin de tout le monde au cours de la saison et il mérite ce bon début de saison. Je vais continuer à le suivre car je veux plus »

Malgré sa bonne prestation contre Liverpool notamment, il n’entre pas dans les plans du « Baby Blues Father ». Même en Coupe de la Ligue, on préfère lancer Batshuayi que de lui donner la chance de booster la concurrence. Histoire de ne pas soulever une polémique, si celui-ci venait à faire d’excellentes prestations. Un Giroud qui prouve, c’est un Tammy Abraham en danger : une légende des Bleus de Londres soupçonnée de partialité.

Blues Brothers

Cependant, quoiqu’on dise. Malgré le fait que le jeune attaquant des Blues soit en pleine forme, il n’a pas le niveau de Giroud. Une belle carrière, de l’expérience, des trophées, des buts, le meilleur buteur de la dernière Europa League est bien supérieur à son jeune frère. Ce dernier devrait apprendre de lui et pas l’inverse.

Olivier Giroud est déprécié et ce n’est pas normal. Il n’a jamais été testé pour être déclaré incapable. Il n’est qu’une nouvelle victime de ce sport roi moderne. Celui au sein duquel on peut être l’un des meilleurs attaquants de l’histoire du Real Madrid, le meilleur attaquant de son pays, et ne pas être appelé en sélection. Comme on peut être champion du monde en titre et être le remplaçant d’un ancien joueur de Championship.

L’OL vient encore de perdre un match. Lol ? Pas vraiment. Il n’y a plus rien de risible dans cette histoire. La crise est officielle du côté des Gones et ça ne fait marrer « personne ». Devant le Classico PSG – OM, le plus grand derby de France a choisi son camp. 3 victoires, 4 nuls, 3 défaites, Sylvinho n’est plus à la tête de Lyon. Il laisse derrière lui un club à un point de la relégation. Et une pléthore de critiques à son endroit.

A juste titre

Un entraîneur qui ne gagne pas devrait être remercié. Ce sont les résultats qui comptent dans le football professionnel : rien d’autres. Si votre équipe ne parvient pas à faire la différence, il est indéniablement normal que le coach soit limogé. Si Lyon était une équipe appelée à jouer la relégation, 9 points en 8 journées serait l’idéal. Sauf qu’on parle de l’une des plus grande équipe de l’histoire du football français. D’une ancienne bête noire du Real Madrid décidée à revenir au premier plan. Ce qui est loin d’être le cas.

Victime de la mode

Toutefois, il est important de rappeler que la dernière fois que Lyon a remporté un trophée c’était en 2012 : le Trophée des champions. 7 années de disette clairsemée d’exploits grandioses à trois points. Les Lyonnais ont battu Paris, Manchester City, sans jamais retrouver le chemin des trophées. Il y a donc une certaine continuité dans la défaite. Un enchaînement de déceptions qui connaît son apogée désormais. Sylvinho n’est peut-être que le mûr contre lequel s’écrase une voiture mal conduite. Un football où le joueur est roi, comme l’entraîneur victime : un sport où la performance compte de moins en moins.

Si un footballeur aujourd’hui fait mal son travail, ce sera parce que son entraîneur n’est pas bon. Sachant qu’il ne sera pas viré, l’acteur sur la pelouse se penche ainsi sur quelqu’un d’autre pour faire son boulot. Il compte sur son agent pour lui trouver un autre manager : et non sur ses prestations. Comment expliquer qu’une tactique qui a si bien marché lors des deux premières journées, éclate aussi vite ? Encore un qui a voulu apporter de la discipline et qui a mordu la poussière.

Constats

La génération Juni a connu 4 entraîneurs différents de 2002 à 2008 : Jacques Santini, Paul Le Guen, Gérard Houllier et Alain Perrin. Tous ont été champions. Soit un total de 7 titres de champions, 6 Trophées des champions et une Coupe de France. Cris, Caçapa, Edmilson et les autres ne s’entendaient pas forcément avec leurs coaches. Mais ils faisaient le job. La réelle valeur de Sylvinho se saura maintenant qu’il n’est plus à Lyon. Lorsqu’on personnifie le débat, on s’éloigne de la vérité.

Le 14 Septembre dernier sur le plateau du Canal Football Club, l’inusable Pierre Ménès déclarait :

« Faut quand même noter qu’il y a eu deux ou trois ballons en profondeur vers Choupo-Moting qui auraient été certainement plus dangereux si Mbappé avait été à sa place, mais ChoupoMoting c’est Choupo-Moting… Il a déjà mis trois buts, on peut déjà le mettre dans le formol »

On rappelle tout de même que le formol est un produit utilisé « comme fixateur et conservateur de cadavres ». Que certains ont trouvé cette sortie drôle. Et que Choupo – Moting a une famille qui regarde ses matches. Qui a certainement été touchée par cette énième attaque gratuite à son endroit. Lui qui n’a jamais demandé à signer à Paris. Ce dimanche-là, le débat était porté sur la victoire 1-0 du PSG sur Strasbourg. Et le magnifique but de Neymar montrait bien que ces critiques n’avaient pas lieu d’être.

Un contexte difficile

J1. Une victoire 3-0 sur Nîmes, et Paris retrouve les sommets de la Ligue 1. Un moment de joie rapidement abrégé par le Stade Rennais la journée d’après. Les récents bourreaux des Parisiens en finale de Coupe de France viennent encore à bout de l’escouade de Tuchel (2-1). Et plonge le PSG dans l’ambiguïté. Les champions de France semblent avoir perdu leur superbe. Au point où l’infortune s’en mêle et emporte Cavani et Mbappé sur une « civière » lors du même match. Contre Toulouse, le C et le M de la MCN rejoignent le N hors des terrains. ECM17 entre en jeu. Et le PSG change de visage.

Sans moi Paris serait pris

A juste titre, on parle beaucoup de l’apport de Gana Gueye dans cet effectif. Ce qu’on on oublie cependant c’est qu’il est plus facile pour un joueur de s’intégrer dans un collectif en confiance. Que de s’imposer dans une équipe en plein doute. Lorsque le milieu de terrain sénégalais arrive à Metz, Paris a retrouvé du poil de la bête.

Un sourire redessiné par la performance de grande classe de Choupo – Moting une semaine auparavant. 0-0 à la mi-temps, le Lion Indomptable permettra à son équipe de l’emporter 4-0. Notamment grâce à un but génial couronné par un doublé. Pour le plus grand plaisir d’un Parc des Princes scandant son nom avec entrain. Une performance qu’il récidive en Lorraine en marquant le but du K.O. Succès 0-2, 9 points sur 12 et la trêve hivernale peut arriver dans les meilleures conditions relancer un club en proie au doute.

Un bilan régénérateur

Paris – Toulouse et Metz – Paris sont ces rencontres qui ont revigoré la saison du PSG. 0 but encaissé. 6 buts marqués dans lesquels Choupo – Moting est impliqué à chaque fois. Face au Téfécé, le camerounais marque le premier. Influence le second sur une talonnade. Marque le troisième. Et grâce à une frappe déviée en corner, est à l’origine du quatrième. Quand face à Metz, il dévie d’une Madjer le ballon sur Bernat, qui cause le pénalty transformé par Di Maria. Et marque le deuxième.

En somme, le jeu proposé par Choupo – Moting permet à ses coéquipiers de mieux s’exprimer. Bien que ceux-ci continuent de l’ignorer sur le terrain, sa sortie contre Reims démontre encore l’importance de sa présence. Sa blessure n’a fait que ressortir les défauts de Paris : des individualités solistes qui cherchent à briller aux dépens du collectif. Le PSG aurait perdu avec Choupo qu’on lui aurait collé cette mésaventure sur la tête. Aussi, on peut penser ce qu’on veut de ce joueur, il reste un footballeur de classe mondiale. Il suffit de lui faire confiance.

Un Paris gagnant

Bounedjah a donné la Coupe d’Afrique à l’Algérie. Le Portugal a été champion d’Europe grâce à Eder. La France a gagné la Coupe du Monde avec un attaquant titulaire qui n’a pas marqué. Olivier Giroud a permis à Chelsea de glaner son seul titre l’an passé, un trophée européen. Et le Liverpool d’Origi a battu le Barça de Messi 4-0. Avant d’aller remporter la Ligue des champions 2-0 contre le Tottenham d’Harry Kane.

Le football nous parle et on refuse de l’écouter. De constater que les statistiques de Choupo Moting lors de ses deux premières apparitions cette année ressemblent à celle de Divock Origi lors de ses deux premières apparitions en Ligue des Champions l’année passée. C’est-à-dire 3 buts en 2 matches. 6 buts marqués, 0 encaissés, les contextes sont surement différents. Mais la réalité c’est qu’il y a un entraîneur allemand qui a osé. Et un autre qui a battu le Real Madrid 3-0 avec Choupo Moting sur le terrain…

Il y a quelques années, Juninho en direct du Canal Football Club, regrettait que les étrangers soient toujours montrés du doigt en France après un échec. Aujourd’hui qu’il est le directeur sportif de Lyon. Qu’il a choisi Sylvinho pour pérenniser sa légende sur le banc de l’OL, son avis ne devrait sans doute pas évoluer. Son club vient d’enchaîner un 6e match sans victoires. 5 nuls et une défaite qui ne cessent de faire parler dans l’Hexagone. Le technicien Carioca est implicitement montré du doigt et on regrette déjà Bruno Génésio. Une attitude qui interroge. Sachant que l’actuel manager du Beijing Guang n’a rien gagné avec les Gones de 2015 à 2019. Quelle place occupe les entraîneurs étrangers dans le paysage médiatique français ? On se le demande vraiment…

And the winner is…

« Lyon n’est pas prêt ». Estimait-on à la fin de la préparation des Lyonnais. Bien que ces matches ne furent qu’amicaux, le doute a été installé. On a oublié tout ce que les Brésiliens ont apporté à cette ville, à ce pays, au football et on a déclaré l’état d’urgence. Des sirènes qui vont vite ravaler leurs mots derrière les deux premières journées de Ligue 1. Deux victoires probantes à Monaco 0-3 et face à Angers 6-0 qui enlèveront les gyrophares sur le toit de l’ambulance de l’OL. Avant d’y remonter devant ce sextuplé d’insuccès.

Aussi, les remarques ne tardent pas à resurgir. Les latéraux ne montent pas. Le jeu manque de folie. Pourquoi ci ? Pourquoi pas ça ? Bref le problème est la personne en chemise blanche assise sur la touche. Si le septuple champion de France, dernier de sa poule, a été éliminé en Ligue des Champions par La Gantoise en 2015 ; a été logiquement sorti de la Ligue Europa par l’Ajax en 2017 et le CSKA Moscou en 2018, respectivement en demi et en huitièmes. Si ce fabuleux Lyon de Pep Génésio a été incapable de remporter la moindre coupe en 4 ans à l’inverse de Guingamp et Strasbourg, c’est surement à cause Sylvinho.

Comparses

Toutefois, le second entraîneur étranger de l’histoire de l’ancien LOU ; le premier depuis Vladimir Kovačevic parti en 1982, n’est pas le seul à subir les foudres des médias. On a également douté de la valeur d’André Villas-Boas, vainqueur de l’Europa League. Mais aussi et surtout de celle de l’autre tête de turc des spécialistes : Leonardo Jardim. Geoffroy Garétier, sur le plateau du Late Football Club : « Il faut bien que Monaco gagne une fois »

Une victoire, 6 points sur 21, le portugais ne bénéficie toujours pas des honneurs liés à son passé glorieux. Champion de France. Demi-finaliste de la C1 (le seul en France depuis 2010). L’homme qui a relancé Falcao et propulsé Kylian Mbappé et Bernado Silva, se fait sévèrement titiller. Des gestes durs sur l’homme qu’il regrettait déjà sous ses meilleurs jours :

« J’ai l’impression qu’en France, les gens sont nationalistes : ils défendent beaucoup leurs compatriotes, moins les étrangers»

La réaction de Pierre Ménès ne se fera pas attendre(évidemment)  :

« Et puis, il y a évidemment LE contre-exemple : Marcelo Bielsa, qui est arrivé comme une star et qui démontre tout son talent sur le banc de l’OM. Parce qu’on ne le juge que sur le jeu, pas sur son éternel survêtement, ses conférences de presse glaciales ou sa satanée glacière. Lui n’a pas critiqué les jeunes Français : il les a mis au boulot. Benjamin Mendy, Giannelli Imbula, Dimitri Payet, ou encore Florian Thauvin, souvent montrés du doigt pour leur comportement ou leur indolence, sont tous au diapason. Bref, cette histoire de corporatisme, avec ses sous-entendus de racisme, est une escroquerie. Mais ça a le mérite de faire parler les bavards. Et d’exciter les idiots. »

Besognes

Lorsqu’on relit la réaction de Pierre Ménès aux propos de Jardim, on peut noter toute l’affection qu’il a pour Marcelo Bielsa : éternel survêtement, conférence glaciale, satanée glacière. De l’art pur quoi ! Une poésie dantesque qui n’oublie pas de pareillement sanctionner le tacle appuyé du coach monégasque sur les jeunes français. Lequel déplorait en 2014 leur manque de professionnalisme.

La flemme du football français est ainsi remise au goût du jour. Sans qu’on puisse cependant contredire l’ancien handballeur. Quand on sait que des joueurs français tels que Blaise Matuidi ou Christopher Nkunku semblent aller dans ce sens depuis qu’ils ont signé à l’étranger, comment le faire ? Comment dédire les propos du Parisien Leonardo qui déclara jadis :

« Le niveau de préparation des joueurs et des entraîneurs est vraiment bas. La base de travail n’est pas là. Si la France perd une place à l’indice UEFA, c’est que cela ne marche pas. »

De Joey Barton l’ancien Marseillais :

« En France, quand tu travailles dur, on sous-entend que tu n’as pas de talent. Ils ne croient pas au travail, à l’effort. J’ai l’impression qu’il faut qu’ils soient en colère pour qu’ils se bougent vraiment. »

Ou encore Phillipe Montanier :

«J’ai envie de parler de la France en général. N’est-ce pas plus un problème d’état d’esprit général que du seul footballeur ? Quand vous discutez avec des gens de secteurs différents du foot, on n’a pas la réputation d’être des grands travailleurs. Ainsi, beaucoup d’entraîneurs étrangers sont un peu surpris de l’implication et de l’investissement en France. Ça ne concerne pas tous les joueurs évidemment, mais je parle là d’une bonne moyenne. Parler de faignants, je trouve ça excessif, c’est plutôt qu’il y a moins d’implication, moins d’intensité.»

Fausse route

A l’ombre de ce débat volcanique se susurre une phrase : « Il n’y a aucun entraîneur français à la tête des plus grandes équipes françaises. » Paris, Lyon, Monaco, Marseille, un constat qui soulève les foules mais ne date que de cette année. L’OM et l’OL étant dirigés par des français les 3 dernières années. Sans oublier Laurent Blanc au PSG de 2013 à 2016.

De plus, si on compare les championnats anglais et français, on remarque qu’en Premier League 8 clubs sur 20 sont dirigés par des anglais : Crystal Palace, Burnley, Brighton, Chelsea, Bournemouth, Sheffield United, Aston Villa et Newcastle. Un octogone composé d’une seule grande écurie : celle des Blues de Lampard. Quand en France 14 équipes sur 20 sont sous les ordres de tacticiens français.

Une belle bagatelle qui depuis l’arrivée des qataris à Paris, déploie au moins deux entraîneurs français sur la scène européenne chaque année. Ligue des Champions – Europa League confondues. Cette saison on a Christophe Galtier avec Lille en C1 et Ghislain Printant avec Saint-Etienne en C3. Un ratio de 2/4 qui contraste fortement avec le 1/6 de l’Angleterre. Et démontre bien qu’en Europe les techniciens de la Gaule sont très bien représentés. Man City, Liverpool, Chelsea (excepté cette année), Arsenal, Tottenham, Manchester United ont tous des étrangers à leur tête depuis au moins 5 ans. Et ce sont eux qui symbolisent la puissance de la première ligue du monde.

Conclusions

Bref, le football français devrait respecter les techniciens étrangers comme on respecte les techniciens français à l’étranger. Zinedine Zidane (Real Madrid), Arsène Wenger (plus de 20 ans à Arsenal), Gerrard Houllier (Liverpool), Luis Fernandez (Athletic Bilbao), Didier Deschamps (Juventus), Rudi Garcia (AS Roma) et que dire de ces sélectionneurs qui inondent l’Afrique voire l’Asie. Si ce n’est que les médias bleus, blancs et rouges, n’ont pas à se plaindre d’une minime présence extérieure sur leurs tapis verts. Un entraîneur en France doit être viré pour la mauvaise qualité de ses résultats. Pas pour être remplacé par un collègue français. Jean-Michel Aulas :

« Sylvinho et Juninho ont toute ma confiance mais il faut avoir des résultats. C’est la loi du foot. »

OL – PSG. Le Dimanche 22 Septembre au Parc OL, Neymar a encore marqué les esprits. Un enchaînement de grande classe au milieu de 4 joueurs. Un Joga Bonito ponctué par une frappe en rupture du gauche dans le petit filet d’Anthony Lopes : le seul but du match. Un digne successeur du renversant retourné de l’Auriverde au Parc des Princes face à Strasbourg une semaine avant. Réalisation superbe qui vient conclure un Lumico jusque-là fermé. Frustré par un Lyon qui n’avance pas et un Paris qui dévore tout sur son passage. Ou presque…

Ultra présent

Malgré ses prouesses vertigineuses, Neymar ne fait toujours pas l’unanimité. Aux grognements des sifflets des ultras de Paris, succède des statistiques qui forcément ne plaident pas en faveur d’un PSG Ney – dépendant. Le Paris SG avec Neymar c’est 3 victoires par un but à zéro et une défaite à domcile (0-2) face à Reims. Des buts tardifs, une désillusion : la preuve que la présence du Peixe* oblige ses coéquipiers à jouer moins collectif.

Le solitaire contre le solidaire

On ne pense plus qu’à lui et pourtant sans lui, Paris a battu Nîmes 3-0 ; Toulouse 4-0, Metz 0-2, le Real Madrid 3-0 (sans la MCN au complet) et Galatasaray 0-1. On aurait pu dire qu’il a manqué lors de la défaite face à Rennes 2-1. Sauf que sur les trois dernières confrontations contre les Rennais, Paris a gagné une fois, sans le Brésilien. Et perdu 2 fois, avec et sans le Brésilien.

Sa présence n’est donc plus si indispensable que ça. D’autant plus que lorsqu’elle est effective, la performance de son équipe dépend de sa forme. Ce qui est dangereux pour l’équilibre de son groupe sur la pelouse. Loin d’être un leader à la CR7, le soliste qu’il fait rend son équipe plus prévisible. C’est sûr Paris est plus fort avec Neymar. Mais le collectif Parisien s’exprime bien mieux en son absence. Et le Brésil nous l’a encore rappelé. En remportant la Copa América haut la main sans sa star Parisienne.

*Surnom des joueurs du Santos FC

 » La mentalité du monde du foot est-elle mauvaise ? « , a demandé un journaliste du Corriere dello Sport à Lilian Thuram. Et lui de répondre :

 » Quand  on  parle  de racisme,  il  est  nécessaire  d’avoir  conscience  que  le  monde  du  foot n’est  pas  raciste  mais  qu’il  y  a  du  racisme  dans  la  culture  italienne, française et  européenne  et  plus  généralement  dans  la  culture blanche.  Les  Blancs  ont  décidé  qu’ils  étaient  supérieurs  aux  Noirs […] »

Une réponse sortie de son contexte… si on s’en tient à son auteur :

 » Je  parle  des  supporters  racistes.  Ces  personnes ont  un  complexe  de  supériorité.  Cette  supériorité  vient  d’une histoire.  […]  Nous  vivons  dans  une  société  où  il  y  a  des  hiérarchies. Les  personnes  racistes  sont  encore  dans  la  hiérarchie  du  passé  et pensent  que  cette  hiérarchie  est  juste.  Beaucoup  de  personnes défendent  l’idée  que  les  Blancs  sont  supérieurs. »

Une réplique qui ne tardera pas à causer beaucoup de remous. Pierre Menes lui a répondu :

 » Je n’ai pas envie de parler de ça avec lui. Parce que moi je vais vous dire ce que je vais vous dire là : le vrai problème en France, dans le football en tout cas, c’est le racisme anti-blanc. J’invite les gens à prendre leur voiture et aller faire le tour des matchs en région parisienne le week-end. […] Allez voir ces matches là et comptez les blancs sur le terrain en général il y a le gardien de but et l’arrière droit. »

Peut-être qu’il a raison. Le racisme s’applique à toutes les races. Un homme peut être traité en étranger dans son propre pays. Cependant, il faut rappeler à tous ceux qui supportent Pierre Menes, qui traitent Lilian Thuram de raciste « anti-blancs » et ont certainement défendu l’idée selon laquelle Sagnol et Blanc ne sont pas racistes, que :

1 – Thuram n’a jamais choisi d’être français. Ses ancêtres ont été enlevés à leurs terres, transportés pendant des mois comme des sardines pour finir esclaves pendant trois siècles. Par conséquent, il est le mieux placé pour parler de racisme. Il est l’un de ses nombreux fruits.

2 – Le Code Noir n’a pas été écrit en banlieue.

3 – Un jeune blanc n’a jamais été pendu en banlieue par une foule de noirs qui le soupçonnent d’avoir regardé une blanche.

4 – Un jeune blanc n’a jamais été fouetté à mort par son maître noir pour avoir commis une erreur.

5 – Une femme blanche n’a jamais vu son enfant lui être enlevé pour être vendu comme du bétail.

6 – Un footballeur blanc n’a jamais été victime de cris de singes.

Etc. Etc. On va s’arrêter là, la liste étant longue. À chacun de se faire son film sur cette histoire. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas deux vérités. Il n’y en a qu’une et chacun de nous la connaît.

A lire aussi : Pierre Menes s’excuse pour ses propos

Le 2 décembre 2015, Kylian Mbappé remplaçait Fábio Coentrão en fin de match et effectuait ses débuts en Ligue 1. Un choix offensif, un changement inoffensif qui devait conforter l’AS Monaco dans sa contre-performance à domicile face à Caen. 1-1, un match nul qui ne dessinait guère le statut de superstar prédestiné au futur champion d’Europe des U19. En ce titi de 16 ans et demi se lisait une belle promesse Asémiste : sans plus… Sans que personne ne se doute de l’ascension fulgurante que l’adolescent connaîtra en moins de trois ans. À juste 20 ans désormais, le dernier buteur Parisien de 2018 est plus que rentré dans l’histoire du football. En un mois, il est devenu la figure de proue d’une année historique…

Mbappe (un fan) at The Met par Pom’ – Image CC BY-SA 2.0

El Pibe de Oro

Kylian Mbappé n’a pas que la couleur de sa peau comme point commun avec l’or. Le 6 janvier 2017 lors d’une interview publiée sur le site leparisien.fr, le gamin déclarait avec toute l’éloquence qu’on lui sait : « C’est très flatteur d’être comparé à un joueur qui a marqué l’histoire. J’ai commencé à écrire mon histoire et je veux que ça reste la mienne et non la copie conforme de Thierry Henry. » De l’arrogance pour certains : une assurance de champion…

Champion de France cette année et demi-finaliste de la Ligue des Champions, le Golden Boy signe au PSG pour 180 Millions d’Euros. Il rejoint Neymar et se confond à l’ombre de l’Auriverde à 220 Millions d’Euros. 27 buts toutes compétitions confondues en 2017 contre 21 en 2018, sa progression marque le pas. Une reculade qui ne l’empêche cependant pas de devenir un élément essentiel pour Didier Deschamps. Le n°10 français n’a que 19 ans et un immense avenir l’attend…

Pelé par Waldryano – Image Pixabay CC0

Good Pelé

« Passements de jambes, crochets à gauche, à droite », c’est en Coupe du Monde que la carrière de Mbappé prendra un tournant décisif. Depuis Pelé en 1958, aucun jeune footballeur n’avait autant marqué cette compétition. La France a été championne du monde, lui mémorable. Auteur de 4 buts, dont ce beau doublé face à l’Argentine en huitièmes, le dernier buteur des Bleus en Russie fût l’attraction de ce Mondial. Bien que son attitude hautaine vis-à-vis de ses origines camerounaises soit peu louable, son choix en faveur de la sélection française reste le bon.

En couverture du Time Magazine le 11 octobre passé, KM est à sa place où il est. « L’As de Bondy » n’est peut-être pas aussi talentueux que Samuel Eto’o ou Neymar mais il est le seul « avenir » en qui « O Rei » (Surnom de Pelé) se reconnaît réellement : « (…) Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir dépoussiérer mes vieux crampons. » En outre, le premier Trophée Kopa de France Football est le « Ballon d’or » des « nouveaux Pelé ». Bonne et Heureuse Année 2019…

Champion du monde ! Par Pom’ – Image Flickr CC BY-SA 2.0

« Les victoires restent sur les palmarès, les victoires avec style restent dans les esprits », parole d’Arrigo Sacchi. Pensée d’un tacticien de génie devenue maxime de BEAUTYFOOTBALL. Le blog de Thomas Dimitri « s’adresse aux passionnés exigeants » et ce n’est pas son article « L’idée clé : Le football sans style n’est rien ! » qui dira le contraire. Le blogueur partage ainsi avec nombre de chroniqueurs sportifs cette notion arrêtée du beau jeu. À le lire on croit encore rêver. Rêver d’un monde meilleur ? Hélas non ! L’Espagne entre 2008 et 2012 n’a eu aucun Ballon d’or. L’Allemagne au Brésil et la France en Russie n’ont fait que succéder à la « Furie Rouge ».

Ignazio Abate and Andrés Iniesta Euro 2012 final – Станислав Ведмидь CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Quel esprit !

Double championne d’Europe et championne du monde, la « Roja » est une preuve tangible de la duplicité récente de la désignation du Ballon d’or. Vous ne rêvez pas, leur incontestable domination est restée dans les esprits… Les esprits du football moderne en charge de la prestigieuse médaille ont décidé qu’au pays d’Iniesta il n’y avait guère d’artistes. Pourquoi ? Simplement parce que le Ballon d’or autant que le football n’est plus ce qu’il était. La victoire au tapis, ça va même de mal en pis. Cette enjolivure qui longtemps a brillé par ses choix pour la plupart judicieux, semble avoir perdu toute sa verve sous le règne du roi Léo. La « démocratie » a fait irruption dans ce monde justement totalitaire pour faire d’un champion du monde un citoyen lambda.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

Votez le premier de la classe !

Luka Modric est donc l’heureux élu de ce scrutin qui désigne le meilleur joueur de la planète. Une nomination qui n’étonne pas forcément, le talent du natif de Zadar énorme. Toutefois lorsqu’on se demande pourquoi il a été meilleur que les autres, on prend froid. Le croate ne mérite clairement pas le Ballon d’or, aussi bien que le titre « The Best » qu’il a reçu de la FIFA. Didier Deschamps mériterait-il sinon le trophée d’entraîneur de l’année qu’il a justement reçu ? Même l’argument du Ballon d’or de la Coupe du Monde n’est pas assez pesant pour défendre cette décision. Le « cadeau » remis au capitaine des « Valtreni » n’est qu’un lot de consolation pour les vaincus. Si la Croatie avait gagné à Loujniki, le meilleur joueur aurait été un français. Et c’est déplorable car ces derniers temps, les instances du football mondial ont tendance à récompenser les perdants… Une orientation totalement contraire à l’essence même du football. Le meilleur joueur d’une compétition devrait être de l’équipe victorieuse de la compétition.

Robot275 – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Finie l’époque où la FIFA était accusée de dénaturer le Ballon d’or France Football. La concordance du média et de l’institution est désormais avérée et le tort partagé… Modric est un joueur exceptionnel certes mais cette saison il y a eu mieux. S’il fallait choisir sur le plan émotionnel ; choisir instinctivement un joueur qui a fait vibrer la planète football en 2018, Mbappé serait tout indiqué. Sauf qu’étant donné qu’il s’agisse d’un débat scientifique, Raphael Varane devient l’option idéale. Le défenseur central Merengue est champion du monde et vainqueur de la Ligue des Champions. Un parcours plus que prodigieux qui lui a valu une belle septième place. « BECKENBAUER oublié », il remplace « BECKENNEUER » et rejoint le Panthéon des incompris. Les experts ont statué…

Katabasis – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Lecture aléatoire

La position du vice-capitaine de la sélection française dans cette liste, est également un hasard qui en dit long sur une certaine mitoyenneté. Le dossard de KM7 le parisien est aussi le chiffre préféré du rappeur Booba. Le but, le beau jeu : on connaît la chanson. La proximité entre le rap et le football n’est plus à établir. Dans l’hexagone notamment, le couple est une double issue de sortie à la « France d’en bas » pour reprendre Brasco. Booba proche de Benzema c’est aussi cartésien que Booba en featuring avec Médine. Ironie du sort ou logique du sport, l’actualité c’est pareillement cette fusion lunatique. L’ours hurlant devant un croissant lunaire, ceux qui ne l’ont pas suivi en ont sûrement entendu parler. KYLL : « le son qui met la pression » ou « le jour et la nuit sur chanson ». Très loin du Vegedream dansant qui « ramène la coupe à la maison » les deux rappeurs sont. « Du nègre et de l’algérien font du Kylian Mbappé », le refrain parle de lui-même. Le « Duc de Boulogne » et l’« Alger-Roi » s’attaquent à l’unisson aux derniers vestiges de la discrimination.

Marco Verch – Image Flikr CC-BY 2.0

Une piste, le diminutif de Kylian condense le récit d’un malaise. «Dans l’histoire, les meilleurs c’étaient des noirs et des arabes» suggérait la pépite de Bondy à l’âge de 12 ans en évoquant les Bleus. Une actualité coincée entre les crocs de l’affaire du fichage ethnique à Paris et le cérémonial du Ballon d’or. À son insu, le classement France Football participe du discrédit des footballeurs noirs et africains dans le monde de la balle blanche tachée de noir. Kylian a raison… « Ce ne sont pas des chèvres devant ». Cependant derrière aussi c’est le cas. Un joueur est jugé sur toute sa saison. C’est la qualité de la victoire qui différencie les meilleurs de la masse.

Bekhap – Image Flikr CC-BY 2.0

Il faut remonter à 2006 pour revoir le triomphe être gratifié d’un Ballon d’or au cours d’une saison de Coupe du Monde. Le dernier lauréat de ce type c’était Fabio Cannavaro. Sa nomination a fait une pléthore de déçus, mais le stoppeur italien le méritait vraiment. Champion du monde en titre, il était au sommet. 12 ans après c’était donc l’occasion parfaite pour France Football de renouer avec le vrai football. Un passé « juste » où les récompenses saluaient les performances. « Squadra Azzura » signifiant mêmement « l’équipe des Bleus », comment ne pas faire le lien ? L’ancien capitaine des « Azzuri » a été sacré par la revue devant Gigi Buffon son compatriote et Thierry Henry finaliste du mondial comme Modric aujourd’hui. Varane lui, n’est même pas sur le podium. Le « Sang et Or » se morfond loin de « Kyky ». Le digne héritier de Titi occupe le quatrième rang derrière Griezmann… Comment ne pas se poser des questions sur la réelle valeur de l’égalité des chances dans le football européen ? « Courir comme un noir pour vivre comme un blanc » est-il de Samuel Eto’o un simple adage ?

Cliff – Image Flikr CC-BY 2.0

Génialité

Pelé devait certainement être un « monstre » pire que ce qu’il était pour le noir qu’il est : le meilleur joueur de tous les temps. CR7 et ses proches origines capverdiennes doivent bénéficier d’un sponsor de poids pour terminer seconds sans le mériter. Zidane meilleur joueur français de tous les temps, le Brésil maillot jaune de l’histoire du sport roi : ils n’ont pas vraiment eu le choix. Ici malheureusement, certains doivent transpirer plus que d’autres pour voir les projecteurs. Dans ce football où on tire à bout portant sur Cavani et trouve des raisons à Giroud, d’aucuns doivent vivre d’exploits pour exister. Éjecter Messi du podium n’a rien changé. Sa cinquième place n’est même pas une diversion. Le mal est trop profond. L’image crayonnée par le Ballon d’or cette dernière décennie est à la limite de l’acceptable. Le courroux d’Habib Beye  en faveur des africains Mohamed Salah et Sadio Mané dans le Late Football Club sur Canal + a toute sa place dans ce sport-là et possiblement dans son futur : « (…) Si demain, ils s’appelaient Salahinho ou Manéinho… Il y a souvent eu un manque de reconnaissance. Rappelez-vous de Samuel Eto’o et Didier Drogba. (…) Je pense que ce classement du Ballon d’Or ne veut plus rien dire. »

Spartak Moscow VS. Liverpool – Дмитрий Садовников CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Podium

Eden Hazard 8e, Harry Kane 10e, Ngolo Kanté 11e… Ce qui est fait est fait. Indépendamment de la colère de certains et de la joie d’autres, l’histoire ne reviendra plus sur ses pas. Modric remporte la mise, Mbappé le premier titre du Trophée Kopa du meilleur jeune et Ana Hegerberg le premier Ballon d’or féminin. Le cri de l’ancien international sénégalais comme la redistribution des places qui sera énoncée ici, n’aura donc plus aucune importance. Ils pourront peut-être servir pour la suite des évènements… ou non. Notre podium :

1- Raphael Varane

2- Kyllian Mbappé 

3- Antoine Griezmann …

Frederic Humbert – Image Flikr CC-BY-SA

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« Au football on peut toujours douter », comme dirait Hervé Matthoux, journaliste français du groupe Canal +. Une assertion parfaitement vérifiable dans le sport roi mais peu fiable lorsqu’il s’agit d’évoquer les fameux papiers des Football Leaks. Pas de doute, ici il n’y a aucun doute… Toute information découlant de ces studieuses chemises, n’a aucune chance d’être fausse et c’est là tout le drame de l’histoire. Le fichage ethnique opéré et manifesté sur les fiches de recrutement à Paris pendant près de 5 ans, est bien une nouvelle preuve que le racisme existe, persiste et signe dans le football français.

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Ethnie Cité

«Français», «Maghrébin», «Antillais», «Africain», après l’affaire des « Grands Blacks » et du « Joueur Type Africain », voici celle du fichage ethnique. En moins de 10 ans, le football français vient de connaître sa troisième « affaire de quotas ». Ça fait déjà beaucoup pour une seule ligue, qui plus est, celle du pays champion du monde de football en titre. Peut-on encore parler de maladresse, thèse étayée pour les cas Blanc et Sagnol ? Un véritable séisme pour le PSG et sa terre mère, une petite secousse néanmoins, sur cet espace vert où chaque équipe joue sous ses couleurs. On pense juste à ce groupe de mot, « joueur d’origine », régulièrement utilisé dans les médias français pour accompagner ces joueurs qui ne seraient pas de français complets, qui n’a rien à envier aux cases cochées par Marc Westerloppe et qui n’a jamais offusqué personne. Sauf évidemment, après la victoire du 15 Juillet passé en Russie, où l’expression « l’Afrique championne du monde » est venue diviser l’hexagone jusqu’aux États-Unis.

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Life goes on…

Bref, le Ballon d’or, la répartition des places à la Coupe du Monde, la Coupe du Monde des Clubs… habitués, habitués, habitués, on est comme le rappeur français Dosseh, habitués aux inégalités raciales dans le jeu le plus simple. Guardiola, probablement le technicien le plus aimé en France, nationaliste catalan, a fondé sa discipline tactique sur son amour pour les « joueurs de petits gabarits ». À l’image d’autres avant lui, Yaya Touré a beau parler : « J’ai l’impression que Pep, sans reconnaissance ni respect, a tout fait pour me gâcher ma dernière saison. J’en suis même arrivé à me demander si ce n’était pas à cause de ma couleur. Je ne suis pas le premier à parler de ces différences de traitement. Au Barça, je sais que certains se sont aussi posé des questions. Peut-être que nous, les Africains, ne sommes pas toujours traités par certains de la même manière que les autres. […] Quand on s’aperçoit qu’il a souvent des problèmes avec des Africains, partout où il est passé, je me pose des questions.» Personne ne l’entend.

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L’entraîneur de Man City « a confisqué l’idée du beau », pour paraphraser Gregory Schneider de Libération, dans son article « Pep Guardiola, meneur de dogme » du 22 Février 2016… Certains ont même parlé de la « revanche des petits »… N’est-ce pas là de la classification raciale ? Choisit-on un joueur pour son talent ou pour son gabarit ? Bonne ou mauvaise réponse, peu importe. Ce qui est sûr, c’est qu’après tout ce tohu-bohu, nous resterons Blancs, Noirs, Jaunes, Rouges etc. C’est écrit sur notre peau. Si malgré tous les crimes contre l’humanité commis par cette façon divisionniste de penser, rien n’a toujours changé dans nombre d’esprits : rien ne changera. Le football n’est pas extérieur aux vérités sociales et naturelles du monde dans lequel il se vautre. La vraie question c’est : à quand la prochaine « affaire des quotas » ? Les cases sont cochées depuis que nous sommes nés…

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