Kylian Mbappé : l’homme de l’année 2018

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Le 2 décembre 2015, Kylian Mbappé remplaçait Fábio Coentrão en fin de match et effectuait ses débuts en Ligue 1. Un choix offensif, un changement inoffensif qui devait conforter l’AS Monaco dans sa contre-performance à domicile face à Caen. 1-1, un match nul qui ne dessinait guère le statut de superstar prédestiné au futur champion d’Europe des U19. En ce titi de 16 ans et demi se lisait une belle promesse Asémiste : sans plus… Sans que personne ne se doute de l’ascension fulgurante que l’adolescent connaîtra en moins de trois ans. À juste 20 ans désormais, le dernier buteur Parisien de 2018 est plus que rentré dans l’histoire du football. En un mois, il est devenu la figure de proue d’une année historique…

Mbappe (un fan) at The Met par Pom’ – Image CC BY-SA 2.0

El Pibe de Oro

Kylian Mbappé n’a pas que la couleur de sa peau comme point commun avec l’or. Le 6 janvier 2017 lors d’une interview publiée sur le site leparisien.fr, le gamin déclarait avec toute l’éloquence qu’on lui sait : « C’est très flatteur d’être comparé à un joueur qui a marqué l’histoire. J’ai commencé à écrire mon histoire et je veux que ça reste la mienne et non la copie conforme de Thierry Henry. » De l’arrogance pour certains : une assurance de champion…

Champion de France cette année et demi-finaliste de la Ligue des Champions, le Golden Boy signe au PSG pour 180 Millions d’Euros. Il rejoint Neymar et se confond à l’ombre de l’Auriverde à 220 Millions d’Euros. 27 buts toutes compétitions confondues en 2017 contre 21 en 2018, sa progression marque le pas. Une reculade qui ne l’empêche cependant pas de devenir un élément essentiel pour Didier Deschamps. Le n°10 français n’a que 19 ans et un immense avenir l’attend…

Pelé par Waldryano – Image Pixabay CC0

Good Pelé

« Passements de jambes, crochets à gauche, à droite », c’est en Coupe du Monde que la carrière de Mbappé prendra un tournant décisif. Depuis Pelé en 1958, aucun jeune footballeur n’avait autant marqué cette compétition. La France a été championne du monde, lui mémorable. Auteur de 4 buts, dont ce beau doublé face à l’Argentine en huitièmes, le dernier buteur des Bleus en Russie fût l’attraction de ce Mondial. Bien que son attitude hautaine vis-à-vis de ses origines camerounaises soit peu louable, son choix en faveur de la sélection française reste le bon.

En couverture du Time Magazine le 11 octobre passé, KM est à sa place où il est. « L’As de Bondy » n’est peut-être pas aussi talentueux que Samuel Eto’o ou Neymar mais il est le seul « avenir » en qui « O Rei » (Surnom de Pelé) se reconnaît réellement : « (…) Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir dépoussiérer mes vieux crampons. » En outre, le premier Trophée Kopa de France Football est le « Ballon d’or » des « nouveaux Pelé ». Bonne et Heureuse Année 2019…

Champion du monde ! Par Pom’ – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Ballon d’or : De Qui se moque-t-on ?

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« Les victoires restent sur les palmarès, les victoires avec style restent dans les esprits », parole d’Arrigo Sacchi. Pensée d’un tacticien de génie devenue maxime de BEAUTYFOOTBALL. Le blog de Thomas Dimitri « s’adresse aux passionnés exigeants » et ce n’est pas son article « L’idée clé : Le football sans style n’est rien ! » qui dira le contraire. Le blogueur partage ainsi avec nombre de chroniqueurs sportifs cette notion arrêtée du beau jeu. À le lire on croit encore rêver. Rêver d’un monde meilleur ? Hélas non ! L’Espagne entre 2008 et 2012 n’a eu aucun Ballon d’or. L’Allemagne au Brésil et la France en Russie n’ont fait que succéder à la « Furie Rouge ».

Ignazio Abate and Andrés Iniesta Euro 2012 final – Станислав Ведмидь CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Quel esprit !

Double championne d’Europe et championne du monde, la « Roja » est une preuve tangible de la duplicité récente de la désignation du Ballon d’or. Vous ne rêvez pas, leur incontestable domination est restée dans les esprits… Les esprits du football moderne en charge de la prestigieuse médaille ont décidé qu’au pays d’Iniesta il n’y avait guère d’artistes. Pourquoi ? Simplement parce que le Ballon d’or autant que le football n’est plus ce qu’il était. La victoire au tapis, ça va même de mal en pis. Cette enjolivure qui longtemps a brillé par ses choix pour la plupart judicieux, semble avoir perdu toute sa verve sous le règne du roi Léo. La « démocratie » a fait irruption dans ce monde justement totalitaire pour faire d’un champion du monde un citoyen lambda.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

Votez le premier de la classe !

Luka Modric est donc l’heureux élu de ce scrutin qui désigne le meilleur joueur de la planète. Une nomination qui n’étonne pas forcément, le talent du natif de Zadar énorme. Toutefois lorsqu’on se demande pourquoi il a été meilleur que les autres, on prend froid. Le croate ne mérite clairement pas le Ballon d’or, aussi bien que le titre « The Best » qu’il a reçu de la FIFA. Didier Deschamps mériterait-il sinon le trophée d’entraîneur de l’année qu’il a justement reçu ? Même l’argument du Ballon d’or de la Coupe du Monde n’est pas assez pesant pour défendre cette décision. Le « cadeau » remis au capitaine des « Valtreni » n’est qu’un lot de consolation pour les vaincus. Si la Croatie avait gagné à Loujniki, le meilleur joueur aurait été un français. Et c’est déplorable car ces derniers temps, les instances du football mondial ont tendance à récompenser les perdants… Une orientation totalement contraire à l’essence même du football. Le meilleur joueur d’une compétition devrait être de l’équipe victorieuse de la compétition.

Robot275 – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Finie l’époque où la FIFA était accusée de dénaturer le Ballon d’or France Football. La concordance du média et de l’institution est désormais avérée et le tort partagé… Modric est un joueur exceptionnel certes mais cette saison il y a eu mieux. S’il fallait choisir sur le plan émotionnel ; choisir instinctivement un joueur qui a fait vibrer la planète football en 2018, Mbappé serait tout indiqué. Sauf qu’étant donné qu’il s’agisse d’un débat scientifique, Raphael Varane devient l’option idéale. Le défenseur central Merengue est champion du monde et vainqueur de la Ligue des Champions. Un parcours plus que prodigieux qui lui a valu une belle septième place. « BECKENBAUER oublié », il remplace « BECKENNEUER » et rejoint le Panthéon des incompris. Les experts ont statué…

Katabasis – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Lecture aléatoire

La position du vice-capitaine de la sélection française dans cette liste, est également un hasard qui en dit long sur une certaine mitoyenneté. Le dossard de KM7 le parisien est aussi le chiffre préféré du rappeur Booba. Le but, le beau jeu : on connaît la chanson. La proximité entre le rap et le football n’est plus à établir. Dans l’hexagone notamment, le couple est une double issue de sortie à la « France d’en bas » pour reprendre Brasco. Booba proche de Benzema c’est aussi cartésien que Booba en featuring avec Médine. Ironie du sort ou logique du sport, l’actualité c’est pareillement cette fusion lunatique. L’ours hurlant devant un croissant lunaire, ceux qui ne l’ont pas suivi en ont sûrement entendu parler. KYLL : « le son qui met la pression » ou « le jour et la nuit sur chanson ». Très loin du Vegedream dansant qui « ramène la coupe à la maison » les deux rappeurs sont. « Du nègre et de l’algérien font du Kylian Mbappé », le refrain parle de lui-même. Le « Duc de Boulogne » et l’« Alger-Roi » s’attaquent à l’unisson aux derniers vestiges de la discrimination.

Marco Verch – Image Flikr CC-BY 2.0

Une piste, le diminutif de Kylian condense le récit d’un malaise. «Dans l’histoire, les meilleurs c’étaient des noirs et des arabes» suggérait la pépite de Bondy à l’âge de 12 ans en évoquant les Bleus. Une actualité coincée entre les crocs de l’affaire du fichage ethnique à Paris et le cérémonial du Ballon d’or. À son insu, le classement France Football participe du discrédit des footballeurs noirs et africains dans le monde de la balle blanche tachée de noir. Kylian a raison… « Ce ne sont pas des chèvres devant ». Cependant derrière aussi c’est le cas. Un joueur est jugé sur toute sa saison. C’est la qualité de la victoire qui différencie les meilleurs de la masse.

Bekhap – Image Flikr CC-BY 2.0

Il faut remonter à 2006 pour revoir le triomphe être gratifié d’un Ballon d’or au cours d’une saison de Coupe du Monde. Le dernier lauréat de ce type c’était Fabio Cannavaro. Sa nomination a fait une pléthore de déçus, mais le stoppeur italien le méritait vraiment. Champion du monde en titre, il était au sommet. 12 ans après c’était donc l’occasion parfaite pour France Football de renouer avec le vrai football. Un passé « juste » où les récompenses saluaient les performances. « Squadra Azzura » signifiant mêmement « l’équipe des Bleus », comment ne pas faire le lien ? L’ancien capitaine des « Azzuri » a été sacré par la revue devant Gigi Buffon son compatriote et Thierry Henry finaliste du mondial comme Modric aujourd’hui. Varane lui, n’est même pas sur le podium. Le « Sang et Or » se morfond loin de « Kyky ». Le digne héritier de Titi occupe le quatrième rang derrière Griezmann… Comment ne pas se poser des questions sur la réelle valeur de l’égalité des chances dans le football européen ? « Courir comme un noir pour vivre comme un blanc » est-il de Samuel Eto’o un simple adage ?

Cliff – Image Flikr CC-BY 2.0

Génialité

Pelé devait certainement être un « monstre » pire que ce qu’il était pour le noir qu’il est : le meilleur joueur de tous les temps. CR7 et ses proches origines capverdiennes doivent bénéficier d’un sponsor de poids pour terminer seconds sans le mériter. Zidane meilleur joueur français de tous les temps, le Brésil maillot jaune de l’histoire du sport roi : ils n’ont pas vraiment eu le choix. Ici malheureusement, certains doivent transpirer plus que d’autres pour voir les projecteurs. Dans ce football où on tire à bout portant sur Cavani et trouve des raisons à Giroud, d’aucuns doivent vivre d’exploits pour exister. Éjecter Messi du podium n’a rien changé. Sa cinquième place n’est même pas une diversion. Le mal est trop profond. L’image crayonnée par le Ballon d’or cette dernière décennie est à la limite de l’acceptable. Le courroux d’Habib Beye  en faveur des africains Mohamed Salah et Sadio Mané dans le Late Football Club sur Canal + a toute sa place dans ce sport-là et possiblement dans son futur : « (…) Si demain, ils s’appelaient Salahinho ou Manéinho… Il y a souvent eu un manque de reconnaissance. Rappelez-vous de Samuel Eto’o et Didier Drogba. (…) Je pense que ce classement du Ballon d’Or ne veut plus rien dire. »

Spartak Moscow VS. Liverpool – Дмитрий Садовников CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Podium

Eden Hazard 8e, Harry Kane 10e, Ngolo Kanté 11e… Ce qui est fait est fait. Indépendamment de la colère de certains et de la joie d’autres, l’histoire ne reviendra plus sur ses pas. Modric remporte la mise, Mbappé le premier titre du Trophée Kopa du meilleur jeune et Ana Hegerberg le premier Ballon d’or féminin. Le cri de l’ancien international sénégalais comme la redistribution des places qui sera énoncée ici, n’aura donc plus aucune importance. Ils pourront peut-être servir pour la suite des évènements… ou non. Notre podium :

1- Raphael Varane

2- Kyllian Mbappé 

3- Antoine Griezmann …

Frederic Humbert – Image Flikr CC-BY-SA

Racisme : le football français encore cité… Surprise ?

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« Au football on peut toujours douter », comme dirait Hervé Matthoux, journaliste français du groupe Canal +. Une assertion parfaitement vérifiable dans le sport roi mais peu fiable lorsqu’il s’agit d’évoquer les fameux papiers des Football Leaks. Pas de doute, ici il n’y a aucun doute… Toute information découlant de ces studieuses chemises, n’a aucune chance d’être fausse et c’est là tout le drame de l’histoire. Le fichage ethnique opéré et manifesté sur les fiches de recrutement à Paris pendant près de 5 ans, est bien une nouvelle preuve que le racisme existe, persiste et signe dans le football français.

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Ethnie Cité

«Français», «Maghrébin», «Antillais», «Africain», après l’affaire des « Grands Blacks » et du « Joueur Type Africain », voici celle du fichage ethnique. En moins de 10 ans, le football français vient de connaître sa troisième « affaire de quotas ». Ça fait déjà beaucoup pour une seule ligue, qui plus est, celle du pays champion du monde de football en titre. Peut-on encore parler de maladresse, thèse étayée pour les cas Blanc et Sagnol ? Un véritable séisme pour le PSG et sa terre mère, une petite secousse néanmoins, sur cet espace vert où chaque équipe joue sous ses couleurs. On pense juste à ce groupe de mot, « joueur d’origine », régulièrement utilisé dans les médias français pour accompagner ces joueurs qui ne seraient pas de français complets, qui n’a rien à envier aux cases cochées par Marc Westerloppe et qui n’a jamais offusqué personne. Sauf évidemment, après la victoire du 15 Juillet passé en Russie, où l’expression « l’Afrique championne du monde » est venue diviser l’hexagone jusqu’aux États-Unis.

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Life goes on…

Bref, le Ballon d’or, la répartition des places à la Coupe du Monde, la Coupe du Monde des Clubs… habitués, habitués, habitués, on est comme le rappeur français Dosseh, habitués aux inégalités raciales dans le jeu le plus simple. Guardiola, probablement le technicien le plus aimé en France, nationaliste catalan, a fondé sa discipline tactique sur son amour pour les « joueurs de petits gabarits ». À l’image d’autres avant lui, Yaya Touré a beau parler : « J’ai l’impression que Pep, sans reconnaissance ni respect, a tout fait pour me gâcher ma dernière saison. J’en suis même arrivé à me demander si ce n’était pas à cause de ma couleur. Je ne suis pas le premier à parler de ces différences de traitement. Au Barça, je sais que certains se sont aussi posé des questions. Peut-être que nous, les Africains, ne sommes pas toujours traités par certains de la même manière que les autres. […] Quand on s’aperçoit qu’il a souvent des problèmes avec des Africains, partout où il est passé, je me pose des questions.» Personne ne l’entend.

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L’entraîneur de Man City « a confisqué l’idée du beau », pour paraphraser Gregory Schneider de Libération, dans son article « Pep Guardiola, meneur de dogme » du 22 Février 2016… Certains ont même parlé de la « revanche des petits »… N’est-ce pas là de la classification raciale ? Choisit-on un joueur pour son talent ou pour son gabarit ? Bonne ou mauvaise réponse, peu importe. Ce qui est sûr, c’est qu’après tout ce tohu-bohu, nous resterons Blancs, Noirs, Jaunes, Rouges etc. C’est écrit sur notre peau. Si malgré tous les crimes contre l’humanité commis par cette façon divisionniste de penser, rien n’a toujours changé dans nombre d’esprits : rien ne changera. Le football n’est pas extérieur aux vérités sociales et naturelles du monde dans lequel il se vautre. La vraie question c’est : à quand la prochaine « affaire des quotas » ? Les cases sont cochées depuis que nous sommes nés…

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