Messi, Ronaldo : quelle saison à venir ?

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Mercredi le 14 août à Istanbul se jouera la Supercoupe d’Europe entre Liverpool et Chelsea. Illustre affiche 100 % anglaise qui lancera la nouvelle saison européenne : une autre course entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Une année où les deux superstars du ballon rond auront encore énormément à donner…

Lionel Messi : Déjà vu ?

Messi vient encore de rater l’occasion de remporter un titre avec sa sélection. Il se retrouve ainsi dans une posture similaire à celle de l’année passée. Situation embarrassante où il devait alors laver l’affront d’une Remontada et d’un autre raté sous le maillot de l’Argentine. Cette fois la Roma a été remplacée par Liverpool, la France par le Brésil et le mondial par la Copa América.

Malgré des statistiques individuelles stratosphériques. En dépit de son statut d’intouchable, le Blaugrana sera obligé de remporter un trophée international pour redorer son blason de quintuple Ballon d’or. C’est ça ou le vrai début de la chute. D’autant plus qu’il n’est plus vraiment jeune à presque 33 ans. Et qu’un champion du monde vient d’arriver en Catalogne. Quand on sait que les joueurs de l’Atlético Madrid possèdent souvent un tempérament fort, on peut véritablement craindre le pire entre Antoine Griezmann et le roi Léo : les deux gauchers…

Cristiano Ronaldo : Un nouveau challenge

En signant à la Juventus, Cristiano Ronaldo s’est trouvé une nouvelle jouvence. Bien qu’il ne soit plus tout jeune lui aussi, le Turinois semble encore tout à fait capable de relever ce défi. Un impératif, étant donné qu’il a été acheté pour ça… : remporter la Ligue des Champions avec la Vieille Dame.

L’an passé Max Allegri avait trop compté sur sa qualité individuelle pour aller au bout. Après son triplé salvateur en huitièmes retour face à l’Atlético, le coach italien a pensé que l’Ajax devenait une évidence. Il s’est trompé. Il a laissé Douglas Costa sur le banc et les quadruples champions d’Europe ont logiquement pris le dessus sur les triples. Cuisant échec qui a précipité le départ de l’ancien technicien du Milan AC.

Maurizio Sarri est donc arrivé de Chelsea, accompagné du hollandais De Ligt, du gallois Ramsey et du français Rabiot. Un recrutement turinois. Des choix sobres et très efficaces qui devraient aider les Zèbres à tenir tête aux Britanniques. Et pour cela, il faudra que CR7 soit au rendez-vous. Sa victoire en Ligue des Nations semble lui avoir redonné le sourire derrière une saison en demi-teinte en club.

Zinedine Zidane – Gareth Bale : Mots pour maux

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Le Real Madrid amorce une nouvelle ère de Galactiques. Jovic, Eder Militao, Rodrygo, Ferland Mendy, l’arrivée d’Eden Hazard cacherait ainsi celle d’une ou deux autres stars. Parmi elles, Paul Pogba probablement. Le Mancunien serait ardemment désiré par Zinedine Zidane. Une ambition qui semble-t-il aurait forcé le technicien à pousser Gareth Bale dehors… en direct.

Unhappy End

Zinédine Zidane :

« Bale  a  été  laissé  de  côté  parce  que  Madrid  tente  de  le  vendre.  S’il  peut  s’en  aller  demain, c’est  mieux.  Il  n’y  a  rien  de  personnel,  je  n’ai  rien  contre  Bale,  mais  je  prends  des décisions, il arrive un moment où il est temps de changer, son départ serait mieux pour tout le monde, aussi pour le joueur, qui connaît la situation »

Des mots qui n’ont du tout pas plu à l’agent de Gareth Bale Jonathan Barnett. Lequel n’a pas hésité à le lui faire savoir :

« Nous travaillons sur le transfert. Les commentaires de Zidane sont une honte, il ne montre aucun respect  pour  un  joueur  qui  a  tant  fait  pour  le  Real  Madrid  »

Et Zidane de lui répondre :

« Je vais essayer d’être très clair à propos de Gareth. Tout d’abord, je n’ai manqué de respect à personne et encore moins à un joueur, car j’ai toujours dit la même chose, les joueurs sont la chose la plus importante. S’il y a un joueur ici alors je suis avec lui. Deuxièmement, j’ai dit que le club essayait de trouver une issue pour Gareth. Troisièmement, et c’est le plus important, Gareth ne s’est pas changé pour le match l’autre jour parce qu’il ne le voulait pas, rien de plus. Le club essaye de le vendre. Maintenant nous revenons à la même chose. Bale est un joueur de Madrid et il s’entraînera normalement aujourd’hui. Nous verrons ce qu’il se passera demain. Je ne sais rien de nouveau à propos de l’opération. »

Le poids des mots

Certes l’ancien des Spurs n’a pas voulu jouer face au Bayern. Toutefois, l’intervention de son coach n’a jamais mentionné ce fait. Elle s’est directement attaquée à l’attaquant et la réaction n’a pas tardé. Il y’a certainement eu dans ces propos des jugements de valeur inadaptés envers un tel joueur. Aussi, dire que les premiers termes employés par Zidane sur Gareth Bale étaient appropriés, c’est mentir. 102 buts en 231 apparitions, Gareth Bale n’est peut-être pas un exemple sur le plan de l’hygiène de vie (encore faut-il le prouver). Mais sur le plan comportemental, son attitude envers ses coéquipiers et son entraîneur est une imperfection plus que louable. S’attaquer ainsi à un joueur discipliné qui ne parle jamais, c’est sûrement assez déplacé.

GB a quand même permis à Zidane de remporter sa dernière Ligue des Champions. Un doublé : deux magnifiques réalisations et voilà qu’il est remercié. Auteur de 3 buts sur les 4 dernières finales remportées par la Maison Blanche, il est sorti par la petite porte : sans aucune considération. Pourtant cette domination européenne du Real a commencé à son arrivée. Et quand on sait le soutien que Zidane a apporté à un Benzema en panne, on ne peut que qualifier d’injuste le traitement subi par le gallois. Et ressasser les soupçons de partialité qui pèsent à son endroit.

La fin d’un cycle

Cependant, le football est un sport juste. Zizou, malgré son palmarès élogieux doit s’attendre au pire la saison prochaine. D’autant plus que son retour n’a répondu à aucune attente. Modric, Kroos, Ramos vieillissant. Varane en manque de challenge, après le départ de Ronaldo, celui de Bale ne rendra le Real Madrid que plus léger. Tant talentueuse que travailleuse, cette paire à elle seule est largement au-dessus  du package formé par Hazard et les autres recrues. Y compris Pogba. Champion du monde qui a plus été un problème à Manchester qu’une solution. Au même titre qu’Eden pour Sarri. Donc attention…

Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute…

Un flop 5 étoiles

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Pendant que Paris ignore Choupo Moting, d’autres font de leurs « Choupo » la clef de leurs succès. Triomphe encore marqué par cette ultime rencontre de Ligue des Champions à Madrid. Une victoire des Reds qui démontre à ravir que personne n’est invité au haut niveau. Dans les tribunes, sur le banc ou sur la pelouse, si vous y êtes c’est que vous le méritez. Tout dépend de l’attention qu’on vous accorde. Voici le Top 5 des « couteaux suisses » les plus tranchants d’Europe cette année.

Star par TheDigitalArtist – Pixabay CC0

5 – Fernando Llorente

Face à City, Llorente n’a pas marqué : il a marqué l’histoire de son club. Son but de la cuisse n’était pas si beau qu’il a déclenché le processus d’un parcours exceptionnel. Une belle suite, une triste fin. Si Tottenham a perdu c’est aussi parce qu’on ne lui a pas suffisamment fait confiance. Après ses entrées décisives en quart et demi-finale retour à Manchester puis à Amsterdam, l’Espagnol aurait dû jouer titulaire à Madrid. Sa puissance athlétique aurait pu faire douter Matip et Van Dijk. Son excellent jeu de tête aurait dû servir de déviation à la vitesse de Lucas Moura, le triple buteur…

4 – Lucas Moura

Ses larmes n’ont échappé à personne. Quand on a abattu ce genre de boulot, la défaite est difficile à avaler. Trois buts et voilà que les Spurs réalisent l’impossible. Une finale historique de C1 : une histoire qui commence mal. Frustré, Lucas est sur le banc : un héros malgré tout. Banni de Paris, son talent ne fait plus aucun doute. Le premier Brésilien à réaliser un triplé en demi-finale de LDC restera à jamais celui qui devait à tout prix débuter cette finale. En le laissant sur la touche, Mauricio Pochettino a commis la même erreur que le PSG. Et la sentence n’a pas tardé à tomber… pour l’ancien Parisien.

3 – Olivier Giroud

2 buts en 27 matches, non ce n’est pas Choupo Moting. C’est Olivier Giroud. Choupo Moting c’est 3 buts en 21 matchs. C’est mieux… C’est juste une coïncidence entre le champion du monde et le capitaine des Lions Indomptables. A la seule différence que le Français avait toute la confiance de son manager en coupe d’Europe.

Après avoir impliqué tout le groupe, Maurizio Sarri a titularisé son buteur en Europa League. Un choix payant qui lui a permis de remporter le premier trophée de sà carrière. Grâce aux 11 buts du meilleur buteur de la compétition, le manager italien peut partir la tête haute. La tête plongeante du surnommé Olive lui a ouvert les portes du succès. Un but, une passe décisive, un pénalty causé, Chelsea doit sa victoire 4-1 sur Arsenal à la pointe des Bleus.

2 – James Milner

Meilleur passeur de la dernière Ligue des Champions (9 passes). Meilleur passeur de l’histoire la Ligue des Champions sur une saison, Milner est un génie incompris. Les mauvaises langues ont même dit que c’était un énième joueur anglais surcoté : ils se sont trompés. Si Milner n’est pas visible c’est qu’il travaille tellement qu’il semble immobile. Son inertie est aussi statique qu’une roue qui tourne à toute allure. Pour apprécier son travail, il faut voir au-dessus de la mêlée.

Dans ce football où on juge les footballeurs au nombre de buts, c’est sûr qu’il n’a pas sa place. Mais il est bien là et plus que jamais indispensable. Professionnel modèle, il a une bonne mentalité, un bon coup de pied. Il est intelligent, il attaque, il défend… Latéral droit, gauche, défenseur central. Milieu défensif, offensif, relayeur, de couloir, JM7 est l’une des principales clefs du succès de Klopp et Liverpool.

1 – Divock Origi

Les mots manquent pour décrire ce que ce joueur a réalisé. 7 buts toutes competitions confondues. Un doublé décisif contre le Barça lors d’une demi-finale retour bien mal engagée. Frappe croisée du gauche… : quelle seconde réalisation ! Le but du K.O en finale de la Ligue des champions, Divock Origi a étalé tout son talent. Caché ? A l’image de Milner, il faut plus que des yeux pour le discerner. Désormais la lumière est faite sur les choix de Roberto Martinez et Jürgen Klopp de le garder. Peu importe s’il ne joue pas : il doit être là. On ne se demande plus pourquoi, aujourd’hui qu’il est entré dans l’histoire de Liverpool définitivement…

Neymar : Paris c’est loin

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Quand rien ne va : rien ne va. Proverbe plat, mais fort outillé pour résumer la situation actuelle de Neymar. Accusé de viol. Menacé d’abandon par son père. Invité à revenir vers Jésus et au football par sa mère… Démis de ses fonctions de capitaine de sa sélection. Remplacé par son lieutenant Daniel Alves. Renommé capitaine, le Parisien de 27 ans vient de déclarer forfait pour la prochaine Copa America… au Brésil. Après sa blessure au genou lors d’une séance d’entraînement, la superstar s’est rompu les ligaments croisés. Ironie du sort ou logique du sport, c’était lors d’une rencontre amicale entre son pays et celui de ses propriétaires : le Qatar. Bref, depuis que l’ancien nouveau Pelé a signé à Paris, son football s’est progressivement éloigné des pelouses…

Présentation de Neymar au Parc des Princes par Antoine Dellenbach – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le mauvais choix

Qu’est-ce qu’un mauvais choix ? Pour faire simple, il s’agit d’un chemin qui te conduit à ta perte. Une voie par laquelle tu recules. Honte au sportif qui le fera, le compétiteur vivant des challenges. Plus ils sont grands, mieux c’est pour sa progression. Un joueur qui évolue devrait normalement partir d’un club à un autre qui lui est supérieur.

Qu’est-ce qu’un grand club ? C’est un club qui a connu un succès international indéniable. Real Madrid, Manchester United, Liverpool, Chelsea, Aston Villa, Nottingham Forrest, Juventus, Milan AC, Inter de Milan, Ajax, Bayern, Dortmund, Hambourg, FC Porto, Benfica, Marseille, Celtic de Glasgow, Etoile Rouge de Belgrade, FC Barcelone etc. Le PSG non…

Contrairement au système de pensée qui prévaut de nos jours, le budget ne définit pas la grandeur d’une équipe. Sinon il y aurait plein de grands clubs en Chine et au Qatar. De Di Stéfano à Cristiano Ronaldo en passant par Ronaldo et Zidane, il y’a toujours eu de l’argent dans le sport roi. La différence c’est qu’il servait la cause du succès : de l’esprit « foot ».

En quittant Barcelone pour Paris, Neymar a clairement régressé. Il est passé d’un grand club à un « moyens » club. Son défi aurait pu être honorable s’il avait signé dans la capitale française pour faire progresser le club. Ce qui n’est pas le cas. Neymar à Paris ce n’est pas Maradona à Naples. Messi étant trop puissant pour lui, il a simplement choisi de partir pour être le roi tout seul…

Neymar à Barcelone par Alex Fau – Wikipedia CC BY 2.0

Mauvais départ

C’est sûr, Neymar a plus de talent que Messi. Et plus le temps passait plus ça se voyait. L’Argentin lui-même sentait que le vent commençait à tourner en sa défaveur. On l’a vu lors de la fameuse Remontada contre les hommes Unai Emery. C’est le natif de Mogis Das Cruzes qui a fait tout le match. Vainqueur et co-meilleur buteur de la C1 la saison d’avant, cette année 2017 était celle de la confirmation de son grand génie. Il lui fallait juste attendre un an ou deux : il devait encore mûrir. Il a manqué de patience. Il n’a pas respecté la hiérarchie du club et il est parti. L’erreur de sa vie…

Le Barça a mal fait de vendre Neymar. Les dirigeants Catalans auraient dû penser à leur avenir… : se séparer de Léo quand Ney faisait la tête. Au lieu de conforter le pouvoir de La Pulga, ils se devaient de conserver leur « maillot jaune ». L’ère Léo touche à sa fin et aucune n’anticipation n’a été faite. Conclusion, aujourd’hui ils le payent. Ils se mordent les doigts quand Neymar reste victime de son impatience.

Le Carioca n’aurait pas dû se vendre au PSG. Il a signé dans un club pour un salaire qu’il aurait forcément gagné. Quelle est la différence entre 15 et 30 millions d’euros ? Rien du tout. Un joueur qui gagne 15 millions d’euros n’a rien à envier à un autre qui en gagne 30. Il y’a un niveau de vie où l’accomplissement est plus important que l’argent.

Neymar par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Mauvaise arrivée

Mais le clan Neymar ne partage pas cet avis. Ils se sont fait rouler par la convoitise et leur « Ballon d’or » a perdu du terrain. Ses statistiques françaises ont certainement de la gueule. Cependant, avec lui les octuples champions de France n’ont franchi aucun palier. Ils ont même coulé. Si c’est pour battre Guingamp, Dijon ou Caen, Mbappé suffit largement. Le champion du monde a démontré en son absence qu’il est plus l’avenir du Parc des Princes que lui.

33 buts et dire qu’on ne jouait pas pour lui. Le meilleur joueur et meilleur buteur de Ligue 1 a porté son club tout seul cette saison : il a raison de demander plus de responsabilités. On n’a pas le droit de l’inféoder à un footballeur qui passe la majeure partie de son temps dans la Corbeille. Un joueur qui demande du respect à ses cadets et ne respectent pas ses aînés. La carrière de Neymar a piqué du nez le jour où il s’est attaqué à Cavani…

Edinson Cavani par Anders Henrikson – Wikipedia CC BY 2.0

Ney à Ney

Le football est un jeu juste. On a voulu détourner les paroles de Mbappé lors de la Cérémonie des Trophées UNFP. Les médias ont choisi de faire croire (pour préserver leurs droits) qu’elles étaient destinées à Cavani : que Kyky voulait sa place de numéro 9. Un autre mensonge : une autre attaque gratuite envers un attaquant qu’ils n’ont jamais apprécié à sa juste valeur. Le meilleur buteur de l’histoire du PSG qu’ils n’ont pas cessé de diminuer au profit de la vedette Neymar. C’est vrai que le Peixe ramène des millions de téléspectateurs à la Ligue 1. Mais à quel prix ? Son hygiène de vie semble poser problème. Continûment blessé, il joue moins que prévu. C’est du business, mais on parle aussi football tout de même…

On omet que Mbappé et Neymar ce n’est plus l’amour fou. L’ambiance récente qui les rapproche est très loin de l’entente qu’ils partageaient à chaque match. Le Bleu a dû comprendre que son explosion fait de l’ombre à l’Auriverde. Annoncé à la Maison Blanche, ses performances post Mondial n’ont pas forcément ravi la concurrence. En l’occurrence celle qui était naturellement pressentie dans la capitale espagnole. Autrement dit, la communication de Mbappé n’a fait que répondre à l’attaque de Neymar. Tu étais, dorénavant je suis…

Affaire à suivre…

Ils veulent nous la prendre

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Une ligue fermée. C’est l’un des projets qui préoccupe le plus le football dirigé par Aleksander Ceferin. La création d’une sorte de NBA du ballon rond semble ravir plus d’un. Qui ? Citer leurs noms ici ne nous sera d’aucune utilité, étant donné que c’est leur pensée qui nous intéresse. Cette entreprise qui provoquerait la disparition de la Ligue des Champions, la vraie.

Le Milan AC, vainqueur de la Ligue des champions en 2003 par Soccer illustrated – Wikipedia CC BY-SA 3.0

No game no gain

Comment penser à une compétition fermée dans le football quand c’est tout le contraire qui définit ce sport. À l’air libre, sur un gazon, le sport du peuple n’a de sens que lorsqu’il est ouvert à tout le monde. Dans ce football où l’argent prend la place de l’herbe, l’essentiel se dérobe. À tous les prix, on veut gagner beaucoup plus. Au point d’oublier que sans jeu il n’y a pas de gains.

Mais de quel jeu s’agit-il ici ? La National Basket Association est souvent l’exemple de ce football cupide qui frise la stupidité et s’oppose à ses valeurs. Ce qu’on oublie c’est que la force du géant nord-américain ne se trouve pas dans son porte-monnaie. Mais bien dans les principes fondamentaux de l’activité qui le gonflent.

Basket-ball Parc par Free-Photos – Pixabay CC0

En NBA c’est le sport avant tout. On n’a pas peur d’exclure à vie le propriétaire d’une franchise pour des propos racistes. De faire un partenariat gagnant – gagnant avec le basket africain. De voir la vérité en face : de reconnaitre que les plus grands basketteurs de l’histoire ont des origines africaines. Le sénégalais Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA et patron de la NBA Africa :

« Il y a un vide sur le continent en ce qui concerne les compétitions interclubs. La Basketball Africa League proposera un modèle qui, j’en suis certain, attirera du monde. Surtout, cette compétition permettra aux immenses talents du continent africain d’avoir un cadre au sein duquel évoluer. Ce cadre sera professionnel. La NBA va y mettre tout son savoir-faire, toute son énergie et toutes les compétences dont elle dispose. C’est vraiment un jour nouveau pour le basket africain. Nous sommes très heureux de ce partenariat avec la FIBA (…) »

La Basket Africa League, la collaboration de la FIBA Africa et de la NBA permettra au basket africain de grandir sur ses terres. Et à la NBA de s’y implanter directement. Avec la montée en puissance des basketteurs africains, la NBA se verrait dans le cas contraire, forcée de tous les accueillir. De priver le sol africain de ses fils et le sol américain de ses pousses. Elle serait contrainte de faire un choix entre ses talents et les talents des autres et la discrimination naitra. Aussi, à travers cette initiative transcontinentale, l’association américaine rend possible la pérennisation du ballon orange. Et de sa propre existence par la même occasion. Tout le contraire de ce projet européen de ligue fermée.

Les supporters des Celtics de Glasgow célébrant la victoire en Ligue des champions de 1967 par Debbie MC – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Retour aux sources

La Ligue des champions 2018/2019 entrera dans l’histoire pour l’émotion qu’elle a suscitée. Elle a remis le football dans les bras de « sa mère ». Liverpool, Tottenham, qui n’a pas souhaité voir l’Ajax la remporter ? Cette équipe nous a rappelé les vraies raisons pour lesquelles on aime ce sport. De Ligt et compagnie balle au pied, on a su pourquoi ce tournoi nous délecte tant.

Et pourtant les champions des Pays-bas risquent de ne pas être « avec nous » la saison prochaine. Quadruple champions d’Europe, on va leur prendre leurs « joyaux » et ils passeront par les tours préliminaires. Pendant que des quatrièmes seront bel et bien directement qualifiés pour la phase finale.

Johann Cruyff lors de la Supercoupe d’Europe contre les Glasgow Rangers par Nationaal Archief Fotocollectie Anefo – Wikipedia CC BY-SA 3.0 NL

La Ligue des Champions est devenue la compétition la plus regardée au monde grâce à son caractère collectif. Si on a pu admirer des joueurs comme Johann Cruyff, Georghe Hagi, Andryi Schevchenko, Jari Litmanen etc. Ces footballeurs qui sortaient de « l’ordinaire », c’est parce qu’elle plaçait tout le monde sur le même pied d’égalité. Et ceci tant sur le terrain que dans les « tribunes ».

En Afrique par exemple (dans les années 90) il suffisait d’avoir un petit écran pour vibrer. Chaque mardi et mercredi vous aviez droit à un éminent spectacle assis sur votre canapé. Grâce à Canal France Internationale notamment, les chaines nationales africaines avaient la possibilité de retransmettre tous les matchs de la reine des coupes européennes. C’était magnifique, c’était donné et aujourd’hui c’est fini. Les droits télé ont tout pris…

Quoique même jusque-là, certains parviennent à trouver une solution pour entendre cette chanson si particulière. L’hymne écrit par Tony Britten et inspiré de Georg Friedrich Haendel fait dorénavant partie de leur répertoire naturel. Des mesures qu’ils entendront malgré tout de moins en moins, le champ de vision sur la coupe aux longues oreilles se réduisant. La ligue va tourner le dos à sa réalité pour devenir un carré VIP. Cercle fermé qui ne se résume pas qu’à un gros problème financier.

Football, sport et argent par geralt – Pixabay CC0

Du plus petit au plus grand

La boucle se clos pareillement sur un problème d’égalité des chances. Pourquoi vouloir fermer la porte à certains et l’ouvrir à d’autres pour des raisons certainement extra sportives ? Du domestique à l’international, le football européen est si bien organisé qu’il a seulement besoin d’une mise à jour. Maintenant qu’il y’a assez d’argent pour tout le monde, et si on le redistribuait équitablement ? Et si les « petits » championnats (souvent formateurs), bénéficiaient d’une redistribution ou d’une loi leur permettant de jouer dans la cour des grands ? Un texte qui leur permettrait de garder leurs meilleurs joueurs plus longtemps pourrait être voté. On leur pique leurs éléments et on les traite de petites équipes… ?

C’est injuste et ça va de mal en pis. La Coupe des Clubs Champions avant, c‘était seulement les champions qui la jouaient. Après on l’a ouvert aux deuxièmes, troisièmes et quatrièmes de certains pays pour mieux exclure d’autres champions. Et là, on veut totalement la fermer en estimant que certaines ligues n’ont pas leur place au sommet. Le début de la fin…

Match de nuit par Free-Photo – Pixabay CC0

Pas mal !

L’idée d’une ligue réduite n’est pas mauvaise en soi. En tout cas, c’est bien mieux que le « grand cœur » de la FIFA et ses 48 équipes au Mondial. Liguer les meilleurs est une ambition sportive honorable et aguichante. Toutefois, c’est à la pelouse de décider de la grandeur d’une équipe. Pas à une association à but lucratif. Les compétitions domestiques ne doivent pas être étouffées et l’alliance fermée envisagée devrait redevenir la C1 à ses débuts. Reformer cette élite avec les champions de tous les pays européens suffira largement.

Chaque mardi, il y’aurait donc plus de matchs prestigieux à regarder (pour plus de droits télé). La Ligue Europa prendrait ainsi chaque mercredi, une dimension plus forte. C2 qui privée des relégués de la C1, sera composée en intégralité des seconds et troisièmes de chaque championnat. Formule juste qui légitimerait alors la création d’une troisième coupe d’Europe. Nouvelle C3 où tous les jeudis, les quatrièmes et cinquièmes se battraient pour une étoile européenne. Soit un jour avant la C4 : la coupe européenne des vainqueurs des coupes nationales. De ce fait, les championnats nationaux garderaient samedi, dimanche et lundi pour nous fabriquer nos futurs champions.

C1, 2, 3 et 4 : voilà comme une coupe d’Europe 5 étoiles qui a du sens et du challenge. Une supercoupe d’Europe, un pays organisateur, deux demi-finales, une finale et une place bien méritée pour la coupe du monde des clubs.

C’est simple

Que le football européen ait plébiscité à ce point l’Angleterre n’est pas un hasard. Au sein de ce climat défini par les carnets de chèques, le jeu le plus simple a besoin de revenir à une image qui lui sied. Les anglais sont riches mais pas fous. Au lieu de penser à se refermer sur elle-même, l’UEFA devrait montrer l’exemple en respectant la FIFA. Sa supérieure hiérarchique a besoin de ses compétences pour rendre le football plus correct et plus cohérent. La confédération européenne a émerveillé le monde par la qualité de son organisation : c’est ce caractère qu’on attend qu’elle exporte.

Cinq jeunes et un ballon par OpenClipart-Vectors – Pixabay CC0

À l’instar de la NBA sur le Continent Noir, l’UEFA devrait militer pour un football harmonisé et bien organisé à travers le monde. Elle a la responsabilité de s’activer pour des formats uniformisés pour toutes les confédérations. Sans quoi, le sport roi finira en plusieurs morceaux. Si cette ligue fermée voit le jour, l’administration du football européen et mondial se divisera. Schisme qui volera au roi des sports sa couronne…

Andrés Iniesta : Un Ballon d’or dans les mains

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L’image la plus évidente d’un footballeur élu Ballon d’or, est celle le montrant de façon élégante le Ballon d’or dans les mains. Logique ! Porté par Luka Modric désormais, le trophée forgé par le bijoutier français Mellerio dits Meller n’a jamais dérogé à cette règle. Depuis sa création en 1956, l’orfèvrerie a généralement fait de son propriétaire la plus précieuse des « pierres » balle aux pieds. Un joueur d’exception, un joyau taillé par un Homme. Un chef-d’œuvre humain avec tout ce que ça comporte comme imperfections…

Andres Iniesta par Clément Bucco-Lechat – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Objet de divergences

Aussi prestigieux soit-il, un trophée reste un objet. Incapable il est de trouver son véritable possesseur tout seul. Sa qualité de corps inerte exige qu’il soit guidé. Piloté le cas échéant par une humanité dotée d’une sincère objectivité.

L’année dernière Jorge Valdano déclarait : « Luka est un joueur merveilleux, il est l’un des rares joueurs dans le monde qui peut vous réconcilier avec le football. Modric est clairement le “Andres Iniesta” qui était en Afrique du Sud il y a huit ans, il embellit le football. » Une comparaison excessive qui pourtant a porté ses fruits. L’argentin a été suivi et le croate élu Ballon d’or. Le métronome Merengue a bénéficié de son statut de finaliste du Mondial 2018 pour terminer au premier rang. Une récompense doublée du Prix The Best décerné par la FIFA. Un présent qui entretient son peu glorieux passé récent.

En effet, en septembre 2016 France Football et la Fédération Internationale de Football mirent un terme à leur coopération pour l’attribution du Ballon d’or. Une désunion qui continue toutefois de faire un avec le résultat final, la différence nulle à l’aube de sa troisième année. Ronaldo en 2016 et 2017, Modric maintenant et toujours pas d’Iniesta. Pourtant « il y’a huit ans », le Blaugrana remportait la Coupe du Monde face aux Pays-Bas. Un succès pour « rien » : une deuxième place injuste derrière Lionel Messi au Ballon d’or. L’unique buteur de la finale du premier Mondial Africain connait alors la meilleure performance de sa carrière dans l’histoire de ce classement. Une erreur irréparable que l’autorité compétente du football européen corrigera du mieux qu’elle peut deux ans plus tard…

Luis Suarez par Auteur Inconnu – Wikipedia Domaine Public

Meilleur joueur du Vieux Monde

En 2012 Andrès Iniesta recevait le Prix UEFA du Meilleur Joueur d’Europe. Laquelle parure constitue sa seule « médaille d’or » obtenue sur une saison des institutions du football. A l’origine de la distinction, une seconde victoire de suite à l’Euro après 2008. Une promotion qui relie naturellement le destin du meilleur joueur du Championnat d’Europe en question à celui de Luis Suárez. Le champion d’Europe 1964 reste l’unique Ballon d’or espagnol à ce jour. Barcelonais à l’époque, le coéquipier du légendaire Laszlo Kubala venait de remporter le Championnat d’Espagne et la Coupe d’Europe des Villes de Foire. Nous sommes en Décembre 1960 et la récompense désigne le meilleur joueur évoluant en Europe.

Une précision indispensable : un changement qui interpelle. Depuis que le Ballon d’or désigne le meilleur joueur du monde, aucun espagnol n’a été sacré. Tant en sélection qu’au FC Barcelone, Léo Messi a bénéficié seul de l’hégémonie Ibérique du football. Un jeu collectif porté par un Iniesta stratosphérique et ignoré. Le Don Balón 2009 a pourtant plus impacté le football européen et mondial que son « aîné » Luisito (Surnom de Luis Suárez). Le milieu gauche que France Football assimilait à « L’autorité d’un duc, la précision d’un géomètre et la beauté d’un Apollon » et Di Stefano au « grand architecte du football mondial » n’atteint pas le champion du monde à la cheville. Et ce n’est pas Juan Roman Riquelme qui pourra le nier : « Il faut regarder le jeu de Barcelone pour apprendre. Et surtout Iniesta. Parce que si Messi et Cristiano inscrivent beaucoup de buts, le meilleur c’est Iniesta, il t’apprend à jouer au football. »

FC Barcelone par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le vrai Andrés

Lionel Andrés Messi Cuccitini a été Ballon d’or de 2009 à 2012 et en 2015. Deux périodes qui coïncident bizarrement avec un gigantesque Andrés Iniesta Luján. Les fortunes diverses des deux Catalans en équipe nationale en sont la preuve. Sans Iniesta, Messi c’est 0 trophées internationaux. Avec Iniesta, Messi c’est 4 Ligues des Champions. Trois avec exactitude, étant donné qu’en 2006 l’espagnol était déjà essentiel au club Bleu et Grenat, contrairement à l’Albicéleste. Arrivé en 2002 en A, utilisé comme latéral droit, avant-centre, ailier, milieu relayeur, offensif et récupérateur par les hollandais Louis Van Gaal et Frank Rijkaard, le stratège cumulait déjà plus de 100 matchs à son actif. On se souvient de ce but magique qui élimine Chelsea et qualifie le Barça pour la finale en 2009. Quand son impact date déjà d’au moins trois ans auparavant.

En 2006 comme en 2009, Iniesta est à l’origine des buts de Samuel Eto’o lors des finales contre Arsenal et Manchester United. Face aux Gunners Henrik Larsson donnera la passe décisive au Camerounais. Mais contre les Mancuniens ce sera le petit génie de la Roja qui servira le Lion Indomptable après une percée héroïque. Une performance qu’il rééditera en 2011 avec Lionel Messi à la finition ensuite et en 2015 avec Rakitic à la conclusion enfin. Deux victoires 3-1 contre Man U « again » et la Juventus qui complètent la somme à quatre sur les cinq succès décomptés par le club en Ligue des Champions. En outre, Iniesta a joué un rôle capital dans les victoires barcelonaises du 21e siècle. Une constance au sommet, l’apologie d’un talent immense qui ne sera jamais gratifié à sa juste valeur. La faute à ce football qui n’a d’yeux que pour le buteur.

Andrés Iniesta en 2015 par Олег Дубина – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Mal tombé

Iniesta est le point d’attache entre la génération des trois « O » et la sienne. Un lien de « Winners » qui fait sans aucun doute de lui le meilleur joueur de l’histoire du Barça et de l’équipe nationale d’Espagne. On n’oublie pas Xavi… Cependant, près de lui l’ancien nouveau Guardiola disparaît malheureusement. Pour admirer le sociétaire d’Al Sadd SC il faut connaître le football : pour admirer Iniesta, il faut aimer le football. Ou pas… Le voir jouer demande même parfois moins qu’un passionné du ballon rond pour l’admirer. Il fait peu trembler les filets… Mais il marque les esprits. Ses réalisations sont inoubliables. 57 buts en 675 matchs au Barça, son total sur 16 ans équivaut à celui de Messi en une saison. Mais les deux sont-ils vraiment comparables ?

En 2015, Javier Martos ancien camarade d’Iniesta, Xavi et Messi à la Masia affirmait : « Pour moi, il est plus complet que Xavi. Ils gardent tous les deux bien la balle et jouent bien. Mais Iniesta peut déborder sur un côté, il marque facilement. (…) J’ai joué avec Messi et beaucoup d’autres, Iniesta est le meilleur joueur que j’ai vu de ma carrière. C’est un super joueur. Il était plus fort que Messi ? Oui, chez les jeunes. Messi est désormais arrivé à maturité, Iniesta était déjà un joueur mature dès son plus jeune âge. (…) C’était le plus fort techniquement, le premier à faire son travail, le premier à courir sur le terrain. Et cela donnait l’envie aux autres de faire pareil. » Une thèse corroborée la même année par Ivan Rakitic : «  Je crois qu’il ne surprend personne. Il est arrivé à un tel niveau que c’est quand il n’est pas à ce niveau qu’on est surpris. Andrès, c’est la magie du foot, on admire tout ce qu’il fait. » Et dire qu’on a failli le perdre…

Lors de la saison 2008/2009 Iniesta a connu une grosse dépression. Un dégout de la vie qui succède à un triplé historique avec le Barça et à la mort de son ami et ancien capitaine de l’Espanyol de Barcelone : Dani Jarque. Le mythique n°8 Alzugrana (Surnom des joueurs du Barça) a même songé au suicide : «  Oui, ce sont des situations vraiment extrêmes. Pas parce que je voulais le faire ou ai même eu l’idée de le faire, mais parce que l’on est plus soi-même. Je sais que lorsque l’on est très vulnérable, il est difficile de garder le contrôle et n’importe quoi peut alors se passer, en l’espace de quelques secondes, il y a certaines décisions que l’on prend car on ne se sent pas bien.  »

Heureusement, le pire n’arrivera pas. Iniesta dédiera son but en finale du Mondial 2010 à son ami décédé et poursuivra sa conquête du monde jusqu’en J-League. En 2018 il signe au Vissel Kobe pour « contribuer au développement du foot japonais ». Une destination nippone qui est tout sauf un hasard. Le futur Messi serait du pays du soleil levant : Takefusa Kubo. Affaire à suivre…

FC Barcelone par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Football Total

A lui seul Andrés Iniesta incarne l’identité même du Barça. Il marque, passe, attaque, presse défend… : c’est le football total. Son absence crée derrière lui un vide irremplaçable. Une efficacité que Valverde et ses supérieurs peinent à retrouver. Un espace que seule sa présence peut occuper. L’héritage incommensurable, le style aussi déroutant qu’inspirant pour des jeunes virtuoses tels le Lyonnais Houssem Aouar. Son legs provoque certainement un effet boomerang favorable au futur du football et du Barça : «  Je ne dirais pas que je ne voudrais pas être entraîneur du Barça, mais ce n’est pas une chose à laquelle je pense actuellement. On verra au fil du temps, mais je veux revenir ici dans un rôle qui me conviendra. Je me sens chez moi et j’espère pouvoir transmettre ce que j’ai appris et ce que j’ai ressenti pour ce club.  »

Andres Iniesta par Clément Bucco-Lechat – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Applaudi par les supporters « ennemis » du Real, l’Espagne unie pour l’aduler, le joueur de 35 ans reviendrait de ce fait sur une cour oublieuse. Non pas celle qui a édifié cette statue en son honneur. Mais bien celle qui a ignoré son statut parmi les meilleurs joueurs de l’histoire du sport roi. Valeureux soldat à tous les sens du terme, il aurait pu déprimer comme Ribery à cause de ce manque criant de reconnaissance. Que non… Il est resté fidèle à ses principes devant la feinte. Une ingratitude matérialisée par ce « Balon de Oro »  qu’il a mérité au moins cinq fois dans sa vie. Sur les 22 succès cumulés par le Barça et le Real Madrid, un seul est réellement espagnol et ce n’est pas lui. C’est dommage ! « Le football, ce n’est pas que le but » suggère-t-il humblement. Encore faudrait-il qu’il soit entendu, l’incompris. Second meilleur passeur de Messi avec 33 caviars, il a porté le Ballon d’or pendant au moins 10 ans sans jamais le recevoir. Logique…

Mourinho vs Guardiola : vous les reconnaîtrez à leurs fruits

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Dis-moi qui t’inspire, je te dirai qui tu es. Pour grandir, tout individu a besoin de modèle. D’une influence qu’il considère comme une issue à la réussite. Ainsi le tuteur sera jugé par les actes de ses apôtres. Aimé Jacquet a inspiré Didier Deschamps : il a été champion du monde. Johann Cruyff a inspiré Guardiola : il est double champion d’Europe. Manuel Sergio a inspiré Mourinho : il est double champion d’Europe. Qu’en est-il de Josep et José à leur tour ? Leurs succès respectifs ont démontré la force de leurs mentors. Peut-on en dire autant du catalan et du portugais ? Quelles sont leurs réelles valeurs ? La réponse posée sur un rocher…

Arsenal youth team coach Thierry Henry before the game against Olympiacos. par joshjdss – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

« Guardiola est ma référence »

Thierry Henry : « Pep est pour moi la référence. J’ai réappris à jouer quand je suis arrivé à Barcelone sous ses ordres. Avec lui, vous pouvez parler de jeu. Il ne pourrait même pas s’arrêter pour dormir, il continuera pendant que vous vous endormirez. Vous connaissez ces choses qu’il a inventées dans le jeu, j’ai vu cela de près. » Le champion du monde 1998 vient de signer à l’AS Monaco. Nous sommes le 17 Octobre 2018 et Titi remplace Leonardo Jardim sur Le Rocher. Son objectif : sauver Monaco de la relégation. Le second du dernier exercice de Ligue 1 va très mal…

Le Gunner arrive donc en sauveur. L’ancien adjoint de Roberto Martinez en sélection belge a tout pour réussir dans la Principauté. Tout sauf la réussite elle-même : l’essentiel. 5 victoires, 11 défaites et 4 matchs nuls en 20 matchs : un bilan catastrophique. Une disette qui s’étend jusqu’en Ligue des Champions. Les Asémistes (surnom des joueurs de Monaco) y ont débuté par deux défaites, ils finiront derniers avec un match nul. Henry n’a glané qu’un point sur les douze qu’il pouvait récolter dans sa poule. Un désastre illustré par la lourde défaite des Monégasques à domicile face au FC Bruges 0-4.

Malgré les signatures de Fabregas, Naldo et Ballo Touré au sein d’un effectif déjà bien étoffé, Henry arrive à peine à « perdre ». Mêmes les équipes les plus faibles telles que l’AS Canet, Caen, Guingamp, Dijon ou Strasbourg – dans une moindre mesure – lui ont donné du fil à retordre. La défaite 1-5 à Louis II face aux strasbourgeois a été la goutte d’eau de trop dans le vase. Un récipient définitivement renversé par le FC Metz en Coupe de France. Le meilleur buteur français de l’histoire a été remercié juste après et remplacé par son prédécesseur.

Leonardo Jardim  – Wikipédia CC BY-SA 4.0

« Mourinho est notre modèle »

Leonardo Jardim : « J’aime les techniciens qui ont un modèle de jeu et une méthodologie propre. Au Portugal, Mourinho est notre modèle. Sinon, Ferguson est un top entraîneur.» Nous sommes le 13 Septembre 2017 au micro d’Olivier Brossard. Le portugais réagissait alors dans les colonnes de France Football. Aujourd’hui il est de retour dans cette équipe qu’il a incarné durant 4 ans. Parti en début de saison après un bilan affligeant de 8 défaites 3 matchs nuls et une victoire, il revient redorer le blason des belles traces qu’il a laissées dans l’histoire du club. Le technicien qui a révélé Kylian Mbappé et redressé Radamel Falcao fût champion de France en 2017, quart-de-finaliste et demi-finaliste de la Ligue des Champions en 2015 et 2017.

Tel qu’il le dit lui-même, les éliminations successives du PSG en huitièmes de finale de C1 « valorisent ce qu’ils ont fait ». Il s’est souvent pris des valises (4-1, 7-1 etc.) face à Paris mais ce n’était que 3 points de perdus. De 2014 à 2018, il a fait un travail énorme dans un groupe continuellement remanié. Un ouvrage qui a toujours maintenu son équipe sur le podium durant toutes ces saisons. Son retour sur le banc des Rouges et Blancs devrait être salvateur.

Avec les renforts du mercato hivernal, il est possible de voir l’ASM de l’ancien coach du Sporting Lisbonne se relancer. Après une autre défaite à Dijon en championnat et une élimination aux pénaltys en demi-finales de la Coupe de la Ligue à Guingamp, ce sera très difficile mais pas impossible. De 2-0 à 2-2 après avoir mené 2-0, l’évolution semble dans le bon sens. Surtout qu’elle renoue avec la victoire… 2-1 face à Toulouse. Une première cette saison en championnat à Louis II qui permet au club de la Principauté de souffler en passant barragiste.

Stade Louis-II à Monaco par Валерий Дед – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Jardim n’est pas le seul tacticien qui « remet » en question l’inspiration de Thierry Henry. Patrick Vieira obscurcit également sa perception du jeu. Son ancien coéquipier à Arsenal est arrivé quelques mois avant lui en Ligue 1 et il s’en sort plutôt bien. L’entraîneur de l’OGC Nice fait du bon boulot avec un effectif moyen. Une réussite peu anodine quand on sait qu’il n’a jamais vraiment quitté les terrains. Co-fondateur des projets Diambars et Génération Foot au Sénégal, il suit le parcours logique d’un footballeur retraité. Entraîneur des jeunes de Manchester City et de New-York City en MLS aux Etats-Unis, l’ancien poulain de José Mourinho à l’Inter n’a pas cessé d’aguerrir sa connaissance du jeu après avoir passé ses diplômes.

Patrick Vieira – F.C. Internazionale Milano. par Steindy (talk) – Wikipédia CC BY-SA 3.0

Milieu défensif de formation, le coach niçois a gardé les pieds sur terre pendant que Thierry Henry s’éloignait de son sujet en devenant consultant. Un poste grassement rémunéré qui a raccourci son passage chez les U16 d’Arsenal en 2015. Après l’obtention de son diplôme en 2016, il a même voulu cumuler son poste à Sky Sports à celui d’entraîneur des U18 chez les Canonniers (surnom des joueurs d’Arsenal). Une idée sans suites, le manager Arsène Wenger s’y opposant.

Vu de loin, le football est facile à comprendre. Sauf que le sport est une science empirique. Il faut le vivre pour mieux l’appréhender. Henry n’est pas un mauvais entraîneur. Il est juste la preuve que les journalistes sont très loin de la réalité lorsqu’ils parlent de football. Son échec est un message fort à ces footballeurs devenus consultants qui ont la gâchette facile lorsqu’il s’agit de descendre le travail des autres. Un spécialiste de la médecine est un médecin. Un spécialiste du journalisme est un journaliste. Un spécialiste du sport est un sportif.

André Villas Boas par Вячеслав Евдокимов – Wikipédia CC BY-SA 3.0

Fin des comptes

Thierry Henry et Jardim ne sont pas les seuls outils de comparaison entre Mourinho et Guardiola. D’autres entraîneurs participent à la confrontation. On a par exemple Feu Tito Villanova champion d’Espagne au FC Barcelone avec 100 points et 15 points d’avance sur le deuxième. Un digne fils de Pep, un record de taille qui néanmoins n’est rien comparé à celui de l’école Mourinho. Les succès parmi les élèves du portugais sont nombreux. Parmi eux on peut citer : son ancien adjoint André Villas Boas, auteur du triplé Championnat – Coupe – Ligue Europa avec le FC Porto en 2011 ; Roberto Di Matteo, premier vainqueur de la Ligue des Champions avec Chelsea en 2012 ; ou encore Zinédine Zidane, ses 3 Ligues des Champions et sa Liga.

Zinédine Zidane par Raphaël Labbé – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Le français a plus appris de José Mourinho que de Carlo Ancelotti. Le natif de Setubal est clairement son influence. Il a passé trois années avec lui contre deux avec l’italien. Ses trois victoires successives en finale de Ligue des Champions sont la symétrie parfaite des trois demi-finales d’affilée de Mourinho par rapport à Ancelotti et Benitez. Une similarité mathématique qui s’observe encore mieux dans le management des derniers techniciens de la Maison Blanche à avoir été champions d’Espagne. Leurs gestions distinctes du vestiaire se rejoignent en tout point. La façon de ZZ d’administrer les stars par exemple est foncièrement identique à celle de JM. Pas d’cadeaux ! Seuls les meilleurs jouent… CR7 ou pas CR7.

Sur les cinq que Ronaldo a connus à Madrid, Mou et Zizou sont les seuls coaches à lui avoir nettement signifié qu’il pouvait aller sur le banc comme Gareth Bale ou Karim Benzema. Un remplacement qui pouvait arriver si le quintuple Ballon d’or n’était pas bon ou pour faire tourner l’effectif. Une rotation à la base même du succès historique de l’ancien capitaine des Bleus. Il préservait El Commandante (surnom de Cristiano Ronaldo) pour les grands rendez-vous : il n’a pas eu peur de lancer des « inconnus ». Enfin, les équipes de Zidane gagnaient à l’image de celles de Mourinho. C’est-à-dire avec du caractère…

Josep „Pep“ Guardiola, Bayern München par Thomas Rodenbücher – Wikipédia CC BY-SA 2.0

La vérité si je mens

De Pep Hleb a dit : « Il n’a jamais été le meilleur entraîneur du monde, il a simplement eu la chance d’être à la tête de la meilleure équipe, avec les meilleurs joueurs. » C’est surement son point de vue. Cependant l’ancien ailier d’Arsenal et du FC Barcelone est loin de faire fausse route. Sans même avoir été entraîneur adjoint, le Blaugrana (surnom des joueurs de Barcelone) a été nommé à la tête du Barça en 2008. Une fonction qui arrive deux ans seulement après l’obtention de son diplôme. De D4 Espagnole à la Liga, l’ancien milieu récupérateur a été projeté au haut niveau sans véritables raisons sportives. Une montée de champion en Segunda B avec le FC Barcelone B suffit-elle pour entraîner l’un des meilleurs clubs du monde ? Certainement non… Il faut bien plus.

Guardiola n’a jamais connu la difficulté. Pour lui, gagner est évident. Il a toujours entraîné des équipes déjà au top. Vainqueur de la Ligue des Champions en 2006, le Barça avait été relevé par Frank Rijkaard deux ans avant qu’il n’arrive. Le Bayern de Munich était la meilleure équipe d’Europe lorsqu’il a signé en Bavière en 2013. Les Roten (surnom des joueurs du Bayern) sortaient d’un triplé historique Championnat – Coupe – Ligue des Champions quand Juup Heynckes arrêtait sa carrière. Quant à Manchester City, il l’a pris à son maximum. La meilleure équipe en Angleterre depuis 2012 venait de jouer la première demi-finale de Ligue des Champions de son histoire en 2016.

David Silva at Euro 2012 final Spain-Italy par Илья Хохлов – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Oui il a été champion avec 100 points en 2018. Mais sa vision et son recrutement n’y sont pour rien. L’impact de Leroy Sané et autres Gabriel Jesus est aussi irrégulier que le 3-5-2 inefficace qu’il a mis en place à ses débuts en Premier League. Un simple 4-3-3 pour changer, dès qu’il est revenu aux fondamentaux il a enchaîné les succès. Grâce à l’ossature que ses devanciers ont laissée, il continue de triompher. Une charpente formée de : Kompany (Mancini), Fernandinho (Pellegrini), David Silva (Mancini), Kevin De Bruyne (Pellegrini) et Sergio Aguero (Mancini). Sans eux City est considérablement amoindri. Par conséquent pour que ses élèves et lui réussissent, il faut que leurs prédécesseurs aient laissé derrière eux une situation stable. Ce qui n’était pas le cas lorsque Thierry Henry est arrivé à l’ASM…

FC Porto par iamout – Pixabay CC0

Par contre, Mourinho et ses continuateurs sont capables de gagner partout. Il suffit que la formule du fils de José Manuel Mourinho Félix soit fidèlement employée. Le Special One jouit d’une philosophie qui reconstruit les équipes et leur donne une base solide. C’est ce qu’il a fait à Porto, à Chelsea, au Real Madrid, à l’Inter de Milan et à Manchester United. A chaque fois qu’il est arrivé dans un club, ce club a définitivement franchi un palier.

Toutefois cette capacité à facilement s’imposer mettra souvent ses affidés en conflit avec leurs dirigeants. On assistera alors soit à un excès d’estime à leur encontre, soit à un manque regrettable de respect. Quoique la dernière hypothèse reste la seule véridique dans ce cas. Du respect ils le méritent amplement puisqu’ils ont fait du bon travail. Ce n’est pas une faveur…

Avoir de l’estime pour un entraîneur c’est estimer sa parole. Vous ne lui montrez pas la porte lorsqu’il souhaite des renforts à la hauteur du challenge que vous lui imposez. Un enfant qui réussit sous la lumière d’une bougie a le droit de réclamer l’électricité pour s’améliorer. Il n’en fait pas trop. Elle n’en fait pas trop… La méthode Mourinho met souvent la barre tellement haute qu’on pense qu’elle n’a besoin de rien pour réussir : qu’on peut lui assigner n’importe qui et elle va fonctionner. Et pourtant ce sont des faiseurs de miracles : pas des magiciens. A chaque niveau ses joueurs. Le Christ a multiplié les pains, il ne les a pas fait apparaître.

José Mourinho par Жозе Моуринью – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

« Qu’il te soit fait selon ta foi »

Un miracle requiert le concours loyal du demandeur pour s’opérer. On ne remplace pas Moutinho et Fabinho par Aholou et Pelé. Il y va de l’équilibre du jeu. A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. Si en début de saison on avait donné à Jardim la qualité des joueurs qu’Henry a demandés et reçus, il ne serait certainement pas parti. En outre, Mourinho a commencé au bas de l’échelle avant de se retrouver au sommet. Avant d’être l’entraîneur des plus grands clubs au monde, il a été professeur de sport dans son pays. Sa méthode est donc applicable à tous les échelons du Ballon Rond. Elle garantit une place dans le temps à son utilisateur quand celle de Pep demande beaucoup de moyens pour exister. Souvent pour rien car pour avoir de l’impact, le football marche au respect, au collectif, à la force de caractère, à l’égalité des chances et au talent. Le Barça a attendu 4 ans pour regagner une Ligue des Champions après Joseph. Le Real Madrid a gagné 4 Ligues des Champions après José. Guardiola gagne grâce à ses prédécesseurs, Mourinho sublime ses successeurs…

Tottenham – Manchester United : Paris n’a rien à craindre

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Ce dimanche, Manchester et son nouvel entraîneur Ole Gunnar Solskjaer sont allés battre Tottenham à Wembley. Un choc au sommet, le premier de son ère, une victoire 0-1 qui permet à United de vivre un sixième « bonheur » consécutif. Ses hommes et lui comptent désormais le même nombre de points que le cinquième Arsenal. José Mourinho viré, les Red Devils semblent délivrés…

Winners par Sean Murray – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Seule la victoire est belle

Une passe de Pogba et Marcus Rashford qui marque. Manchester ouvre le score, s’impose chez le troisième de Premier League et se venge du cinglant 0-3 de l’aller. Un gros succès face à un gros de l’élite qui donne une idée du soutien que peut avoir Ole Gunnar à Manchester et dans la plupart des médias. Dans une rencontre où il a fait preuve d’une flagrante misère tactique, il est peint en sauveur. José victorieux de ce match de cette façon, les éloges auraient certainement été remplacés par des tacles violents bien appuyés.

On encense les six victoires de rang de l’ancien buteur et pourtant lorsque le Docteur Honoris Causa de l’Université Technique de Lisbonne avait enchaîné 25 matchs consécutifs sans perdre à sa première saison, on trouvait à redire. D’aucuns ont même parlé de Top 5 pour l’exclure du faîte avant de revenir au Top 6 dans la foulée de son éviction. L’objectif étant de réduire au maximum son travail au néant.

Old Trafford par pottonvets – Image Pixabay CC0

Ainsi le débat est repensé, le beau jeu mis de côté et la victoire dans le sport redevient l’essentiel. Sa place retrouve son statut d’idéal afin d’inhiber le pauvre contenu mancunien à ce grand rendez-vous londonien : une prestation inqualifiable de nullité. Mourinho choisit de défendre, Solskjaer a été forcé de défendre. Avec 62 % de possession de balle, Tottenham a dominé tout le match dans tous les compartiments du jeu, y compris celui des erreurs. Le but des Reds n’intervient pas sur une action promptement menée mais sur une grossière étourderie de Trippier.

Une passe ratée de l’arrière droit dans l’axe qui a donné la possibilité à une occasion sans réel danger de briller de mille feux. Long ballon de Pogba, la défense surprise n’arrive pas à vite se replacer, la lente frappe de Rashford est parfaitement croisée et Hugo Lloris particulièrement peu réactif. Le goalkeeper français se rattrapera en seconde mi-temps sur une tête et deux tirs du n°6 passeur décisif : ce sera trop tard… Le n°1 était déjà en face.

David De Gea par Saul Tevelez – Image Flickr CC BY 2.0

David contre Goliath

Durant l’ère Mourinho, David De Gea était considéré comme le meilleur joueur par les nombreux détracteurs du portugais. Il était question de faire passer par tous les moyens sa pensée pour un jeu sans inspiration. Que dire du match de dimanche ? Le « Théâtre des Rêves » et Ferguson sont bien de retour : qu’est-ce qui n’a pas marché ? On attendait ce jeu outrageusement offensif et au final on n’a vu qu’un défenseur « figé » sur la ligne de son but.

Le portier espagnol est sans aucune contestation l’homme de ce match. 11 arrêts décisifs comme un symbole : l’écu d’une équipe aux abois. Sans lui, Manchester aurait clairement perdu. S’il fallait choisir une de ces parades pour résumer la rencontre, le face-à-face de Dele Alli ferait l’affaire. Une occasion nette de but partie d’une balle perdue de Pogba à l’entrée de la surface adverse et mal négociée par le milieu offensif d’origine nigériane. Bien lancé en profondeur, l’international anglais n’a pas pu franchir le dernier rempart « Rouge » et conclure cette contre-attaque éclair. En gros les Spurs ont marqué des buts mais De Gea les enlevés.

Drapeau Tottenham par RonnyK – Image Pixabay

Oser c’est faire

Lorsqu’on voit la difficulté que Mauricio Pochettino a pour remporter un titre, on mesure mieux la force de José Mourinho. La dernière fois que Tottenham a été champion d’Angleterre c’était en 1961. Une longue attente atténuée en 2008 par une victoire en Coupe de la Ligue. Un succès (voire deux avec la Cup) toujours possible cette année qui toutefois n’empêche pas le mot « looser » de marquer à la culotte la renommée du premier vainqueur britannique d’une Coupe d’Europe. C’était la Coupe des Coupes en 1963.

Harry Kane lifting the World Cup par Matt Brown – Image Flickr CC BY 2.0

Au sein de l’effectif de l’argentin on trouve quand même encore de très bons éléments après Gary Lineker, Chris Waddle, Paul Gascoigne, Teddy Sheringham, Jürgen Klinsmann, David Ginola, Sol Campbell, Dimitar Berbatov, Jermaine Defoe, William Gallas, Luka Modric, Gareth Bale et autres Raphael Van der Vaart. Des internationaux pour la plupart titulaires indiscutables dans leurs sélections : Harry Kane, capitaine anglais et meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde, Hugo Lloris, capitaine des champions du monde en titre, Christian Ericksen, Heung Min Son, Dele Alli, Eric Dier, Kieran Trippier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez etc. Une grosse qualité que le technicien Albiceleste (surnom des joueurs argentins) peine à changer en trophées. Même l’alibi du « faible » budget lui a tourné le dos : Leicester a été champion en 2016. C’est triste à dire mais Manchester a battu des « perdants ».

Tottenham Hotspur defender Jan Vertonghen par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Diversions

Quoiqu’on dise, cette « dispute » dominicale a démontré que la seule assurance de progression à Manchester était la présence de Mou sur leur banc. Cette victoire à l’extérieur le dédouane et tourne définitivement la page de son passage. Chacun fait dès lors face à ses responsabilités. Solskjaer a toutes les cartes en mains et Pogba ne pourra plus se cacher derrière « O Vencedor » (« Le vainqueur » en français, surnom de Mourinho) pour justifier ses mauvaises performances. Son joker grillé, lorsque les défaites arriveront personne ne pourra plus accuser le prédécesseur de son actuel manager. La rumeur qui voulait qu’il laisse des dégâts derrière lui vient une nouvelle fois de mentir.

La défaite des Lilywhites (surnom des joueurs de Tottenham) tient à cet esprit de « Serial Winner » que le lusitanien a légué aux coéquipiers de Nemanja Matic. La fameuse formule offensive du Super Sub du Fergie Time n’a eu aucun effet sur ce major de Premier League. La preuve : il a fait entrer Diogo Dalot, Scott McTominay (à la place de Pogba) pour défendre et Lukaku pour utiliser sa puissance dans les duels aériens et la conservation de la balle. Le poulain de Sir Alex n’a pas « attaquer, attaquer, attaquer » pour tuer le match. Il a cherché à garder le score et il a gagné…

Edinson Cavani, Paris Saint-Germain (and Uruguay) striker par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

La porte est ouverte

Si le Drillo (surnom des joueurs norvégiens) est venu pour manger de petits poissons pourquoi Mou a-t-il été viré ? Défensivement le norvégien est loin d’être un stratège. Ça risque de chauffer face au reste au Big Six. De Gea ne suffira pas face à City, Liverpool, Chelsea ou Arsenal. Il faudra de l’aide à sa baraka. Sous les ordres du Special One, l’ancien de l’Atletico Madrid n’était pas seul. L’année passée ils ont battu ensemble Tottenham en FA Cup (1-2), Chelsea (2-1) et Manchester City en championnat (2-3) et la Juventus en Ligue des Champions (1-2) après avoir été menés 1-0, 0-1, 2-0 et 1-0. Ils ne faisaient donc pas que défendre. Il y’avait du caractère dans cette équipe. C’est pour cela qu’elle a battu tous ses adversaires du Top 6.

Man Utd V Arsenal par Gordon Flood – Image Flickr CC BY 2.0

Les Diables Rouges gagnent sans montrer de réels signes de changement. Les problèmes défensifs que le natif de Setúbal a voulu combler en recrutant en début de saison sont restés visibles. Discernables comme la nonchalance de La Pioche (surnom de Pogba) et les limites physiques de cet effectif malgré les réussites. Le portugais a eu à souligner ces tares mais vu que son jugement n’a pas d’importance, le PSG a toutes ses chances. Les parisiens devraient être capables d’exploiter ces vides en C1 et de rejoindre les quarts de finale. Avec Cavani, Neymar, Mbappé et Di Maria, Man U est prenable. Mourinho, la bête noire des clubs français, est parti avec leur imprévisibilité. Sous sa férule on ne savait pas à quoi s’attendre avec eux, maintenant on sait qu’une bonne préparation suffit pour leur causer de sérieux soucis. L’équipe de Tottenham a fait mieux que perdre : elle a ressorti toutes les lacunes de Manchester United…

Racisme : Kalidou mon frère, bouche tes oreilles et reste fier

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Un footballeur noir a récemment encore été victime d’insultes racistes. Il s’agit de Kalidou Koulibaly. Parmi les meilleurs défenseurs du monde, le Sénégalais n’a pas pu supporter cette attitude de supporteurs insupportables. Le football européen vit ainsi le deuxième acte de ce type en l’espace d’un mois. Le premier était survenu le 8 décembre dernier à Chelsea et le joueur visé était le cityzen Raheem Sterling. Comme à l’accoutumée il y’a eu une vague d’indignations sans véritables changements. Kalidou n’est pas le premier, il ne sera pas le dernier martyre de ce cas désespérant. Les cris de singe ne sont que le témoignage d’un malaise plus profond.

Tunnel par Free-Photos – Image Pixabay CC0

Dangereux

L’insulte dans sa définition la plus simple est la manifestation d’une certaine colère. On tente alors par tous les superlatifs possibles d’attenter à la dignité de l’autre. L’objectif est de sortir debout de l’opposition en le détruisant mentalement. Et pour atteindre son but, l’insultant peut donner à son expression une toute autre proportion. Raciste ici car il sait que les footballeurs noirs ont horreur de ce genre d’invectives. Une haine liée à l’histoire qui fit d’eux des descendants de « sous-hommes ».

Martinique par Orythys – Image Pixabay CC0

Le supporteur ne cherche qu’à mener son équipe vers la victoire. Il pense comme Marco Materazzi face à Zidane en 2006. L’ancien Interiste s’est certainement dit que son équipe et lui perdraient si le Français continuait le match. Ce dernier devait sortir d’une façon ou d’une autre pour que la Squaddra Azzura soit championne du monde : c’est tout. Il est allé loin, très loin même, et a emmené Zizou avec lui. Il a poussé le Bleu à dépasser les bornes de sa tolérance et l’Italie a remporté la Coupe du Monde. Ça s’appelle l’envie de gagner. Ce n’est pas forcément de la méchanceté. Une finale de Coupe du Monde pour un footballeur c’est toute une vie. C’est pareil pour certains supporters. Nous avons tous déjà entendu cette phrase générique : « Ce club c’est toute ma vie. »

Les tifosis de l’Inter savaient que Naples sans Koulibaly était prenable, et ils avaient raison. Dès que le roc est sorti, il y’a eu un but et une victoire 1-0 des Nerazzuri (surnom des joueurs de l’Inter de Milan). C’est aussi ça le football. Et un footballeur noir doit se préparer à vivre tout ça lorsqu’il signe dans un club. Aux grands maux, les grands remèdes. Ce n’est pas une histoire de noirs et de blancs : c’est un problème humain. C’est la vie, les offenses sont pour tout le monde.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA par Oscar – Image Flickr CC BY 2.0

Les noirs ne doivent pas toujours tout ramener à la couleur de leur peau. Si on secoue un manguier c’est qu’il a des mangues, dit un proverbe africain. Si tes adversaires te taclent trop ce n’est pas parce que tu es noir ; c’est parce que pour eux tu es dangereux. Lorsqu’on te lance une banane mange la ou ignore la, ne glisse pas dessus : c’est dangereux. La légitimité du geste est laissée à l’appréciation de l’arbitre. C’est à lui de veiller au bon déroulement d’une rencontre pas aux supporteurs. La loi ne peut empêcher personne d’être raciste mais elle a le devoir de préserver sa communauté du racisme. Elle n’est pas garante de l’intégrité des hommes. Elle veille à l’équité dans la société.

Punishments par Mohamed Hassan – Image Pixabay CC0

L’ironie du sort

La société en question ici, c’est le football européen. Pas italien parce que le racisme n’a pas de nationalité. L’Italie a sauvé plus de 700.000 migrants d’une mort certaine. Ce qui s’est passé en Série A s’est déjà produit en Liga, en Ligue 1, en Premier League, etc. Il appartient donc aux hautes instances du football européen de régler ce problème. Si la Fédération italienne de football n’en est pas capable que l’UEFA (voire la FIFA) se saisisse de la situation. Des sanctions doivent pouvoir tomber dès que de tels agissements sont signalés. Ce match aurait dû être arrêté. Koulibaly exclu, l’arbitre central M. Paolo Mazzoleni aggrave les faits et entraîne les institutions du football italien (et européen) dans l’erreur. Ils exaucent les souhaits de ces ultras et participent ensemble à cette animosité.

Pourquoi donner un carton jaune à un joueur qui applaudit pour évacuer son mécontentement ? Cette sanction basée sur l’ironie est infondée. Dans une activité physique comme le football on ne peut pas se permettre de jouer les psychologues. Les faits sont là. Sont-ils vilains ou non ? Telle est la question. Les insultes sont ignorées et les applaudissements sanctionnés… c’est absurde. Entre un joueur qui insulte un arbitre et un autre qui l’applaudit, lequel est le plus à même à être puni ? On ne peut pas sanctionner un joueur qui fauche au même titre qu’un autre qui applaudit. C’est un abus et mercredi 26 décembre, ça s’est vu. Le deuxième jaune de Koulibaly était injustifié. Ces cartons donnés derrière un « clapping » doivent disparaître. Le football est émotionnel et canaliser ses émotions dans la non-violence n’a jamais fait de mal à personne. La mauvaise considération de l’Homme noir en général, si…

Abandoned Buildings par Christels – Image Pixabay CC0

« L’univers ignoré »

En phase finale de Coupe du Monde, sur 32 places disponibles l’Afrique dispose de 5 et l’Europe de 14. Pour changer ça, la FIFA augmentera le nombre total de participants d’ici 2026. Au lieu d’équilibrer, on passe à 48 et la solution perd en compétitivité. Au mondial des clubs le champion d’Afrique joue deux matchs pour atteindre la finale, le champion d’Europe un seul. Une évolution remarquable toutefois puisqu’avant la Coupe Intercontinentale se jouait entre deux continents : l’Europe et l’Amérique du sud. Le vainqueur de la Ligue des Champions et celui de la Copa Libertadores s’affrontaient pour désigner le champion du monde des clubs.

Quand un supporteur européen s’imprègne de cette répartition il se dit simplement : ils sont inférieurs à nous. Et si entre temps il s’engage à lire Victor Hugo pour élever sa pensée, il ne réagit pas forcément comme Alexane Ozier-Lafontaine devant ces mots : « La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie. (…) Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire ; l’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. Rome l’a touchée, pour la supprimer ; et, quand elle s’est crue délivrée de l’Afrique, Rome a jeté sur cette morte immense une de ces épithètes qui ne se traduisent pas : Africa portentosa! (Applaudissements.) (…).»

Le célèbre auteur de l’œuvre « Les Misérables » ajoutera même « L’Afrique importe à l’univers » pour mieux agréer les velléités de colonisation de la « barbarie » par « la civilisation ». Nous sommes le 18 Mai 1879 à « un banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage » présidé par l’écrivain humaniste. L’expression d’un dédain qu’il ne partage pas qu’avec des caucasiens. Les bons élèves fourmillent sur la planète.

Gandhi par Dcprotog – Image Pixabay CC0

En Afrique du nord par exemple, le trafic des migrants en Lybie, la mort de l’attaquant camerounais Albert Ebossé en Algérie ou celle plus récente de Falikou Coulibaly à la Soukra, président de l’Association des Ivoiriens de Tunisie, attestent de la considération simpliste qu’on a des noirs dans le monde, footballeurs ou pas. Même les non-violents n’ont pas été tendres avec nous. Gandhi, la grande âme, déclarait en 1903 : « Bien entendu, de mon point de vue, le Conseil municipal doit débarrasser ce quartier de ces Cafres (les noirs). Quant à la mixité entre Cafres et Hindous, je dois confesser que j’y suis absolument opposé. Je pense que c’est très injuste pour la population indienne. »

Africa Children par Sissi – Image Pixabay CC0

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort…

Les footballeurs noirs doivent s’interroger sur leur situation eux-mêmes. Personne ne le fera pour eux. Ils ont suffisamment de réponses sportives et extra-sportives aux questions qu’ils doivent se poser. Les débats, les tweets, les posts et les messages de soutien ne suffiront pas. Pour que ce racisme disparaisse à jamais, il faut remonter le temps et effacer la traite négrière transatlantique, la traite négrière vers le monde arabo-musulman, le colonialisme et bien d’autres cortèges de malheurs qui ont détruit l’image de l’Homme noir. Ce qui est impossible. Ignorer les distractions pour atteindre son objectif et garder la tête haute peu importe les conditions, sont les seules solutions. Demain on ne dira pas que Koulibaly a été victime d’attaques raciales : on dira que l’Inter de Milan a battu Naples. Seule la victoire est belle. Soyez des vainqueurs !

Pep Guardiola : le séparatiste catalan à l’épreuve de l’Homme noir

Par défaut

L’actualité en cette fin d’année c’est évidemment l’éviction de José Mourinho. Le double champion d’Europe a beau demander une pause pour sa famille et lui, le critiquer demeure une obsession pour nombre de médias. Paul Pogba a même été salué pour lui avoir adressé un message de « remerciement ». De qui se moque-t-on ? Le français a tout fait pour qu’on chasse le portugais et aujourd’hui il joue les compatissants… Trêve de pitreries ! Parlons de choses sérieuses. Parlons de la dernière sortie de Guardiola contre le racisme : « Mes enfants vont à l’école avec des Indiens, des noirs, des gens normaux de partout dans le monde… ». Est-ce à dire que les noirs, sans oublier les indiens, ne sont pas des gens normaux ?

Guardiola par Omnium Cultural – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Intouchable

Le 8 Décembre 2018 lors de la défaite 2-0 de City à Stamford Bridge contre Chelsea, Raheem Sterling a été victime d’insultes racistes. Au cours de la traditionnelle conférence de presse d’avant match, son entraîneur a tenu à lui apporter son soutien avant d’affronter Hoffenheim en Ligue des Champions le lendemain. Un geste qu’il fit naturellement en prononçant les mots entre guillemets ci-dessus. Une phrase que le site Besoccer a tenu à ressortir pour certainement préserver son objectivité vis-à-vis d’une situation qui a suscité beaucoup d’émois, « l’émotion nègre, la raison hellène ». Le média sportif est d’ailleurs l’une des rares plateformes à avoir mis en avant ce qu’ils vont eux-mêmes appeler une « faute de communication ». C’est écrit en gras en bas à la fin de leur article « Mes enfants vont à l’école avec des Indiens, des noirs, des gens normaux… » : « Une phrase qui a fait le tour des réseaux sociaux, chacun peut interpréter comme ils le souhaitent, mais c’est surtout une faute de communication. » Il y’a donc manifestement un souci derrière leur conclusion de « décrasser » le discours du catalan en brandissant l’erreur comme raison. Et c’est là où le bât blesse…

Skitterphoto – Image Pixabay CC0

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. L’impartialité de Besoccer est à encenser. Le site porte bien son nom et son épilogue dans l’article en question n’est qu’un bref aperçu de la prise de position générale des médias sur Internet. Pour ces « partisans de l’erreur », la sortie de Pep en conférence de presse se résume à ce titre de RMC Sport : « Manchester City: « Il Faut Combattre Le Racisme », Lâche Guardiola Dans Une Belle Tirade ». L’hagiographie est en marche. Le technicien est médiatiquement peint comme un bel orateur malgré que son allocution contienne des fausses notes qui mériteraient bien d’être rapportées.

Les propos de la causerie qu’ils ont choisi de mettre en exergue sont les suivants : « Le problème, c’est que le racisme est partout, et pas seulement dans le football, malheureusement. Si ce n’était que dans le football, nous serions en sécurité. Mais le racisme est partout. On le voit avec ce qu’il se passe aujourd’hui avec les migrants, les réfugiés dans le monde entier, et la manière dont nous les traitons alors que nos grands-parents et nos arrières grands-parents étaient eux-mêmes des réfugiés. (…) Le racisme est omniprésent dans la société. Et c’est pourquoi il faut le combattre au quotidien. Il ne peut y avoir aucune tolérance à ce sujet. Il faut se battre. Pour les droits de l’homme, pour construire une meilleure société, pour notre futur » C’est clair et c’est net !

Guardiola par Milos Radovanovic – Image Flickr (Domaine Public)

C’est moi qui ai fait çaaa… ?

Nationaliste catalan, Pep sait de quoi il parle. De quoi, de qui, de lui ? Lui ce fils de cette Catalogne « victime d’un État qui a mis en place une persécution politique indigne d’une démocratie dans l’Europe du XXIe siècle » et « ambassadeur d’un séparatisme catalan radicalisé » ? « Nos grands-parents », « nos arrières grands-parents » : on dirait bien… Non ? Somme toute, chaque information doit être vérifiée pour être qualifiée de vraie. La piste du monologue n’est pas à exclure. « Dans la Catalogne indépendantiste, Pep Guardiola est un symbole ». Une représentation qui est loin de faire l’unanimité chez les footballeurs africains. Trois en particulier sur les cinq qu’il a entraînés avec Wilfried Bony et Riyad Mahrez, se sont totalement lâchés à son sujet.

Yaya Toure et Peter Vagenas par Marc W – Image Flickr CC BY 2.0

Yaya Touré : « Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’il (Pep Guardiola) me jalousait, qu’il me prenait pour un rival. (…) Comme si je lui faisais un peu d’ombre. Il était cruel avec moi. Vous croyez vraiment que Barcelone aurait pu faire ça avec Iniesta ? J’en suis arrivé à me demander si ce n’était pas à cause de ma couleur. » L’intéressé niera les faits et rétorquera au micro de la télévision catalane TV3 en disant : « C’est un mensonge et il le sait. On a été ensemble pendant deux ans et c’est maintenant qu’il dit ça. Il ne me l’a jamais dit en face. »

FC Barcelona – Bayer 04 Leverkusen, 1/8 Final UEFA Champions League, Season 2011/2012 par Shai Pal – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Et Seydou Keita alors… : « J’ai entendu de nombreuses fois Guardiola dire qu’il m’appréciait beaucoup dans la presse. Comme il disait du bien de moi, je pensais que tout allait bien mais ensuite je ne jouais pas. J’aurai préféré qu’il ne fasse pas ces éloges. C’était un procédé hypocrite et je lui ai dit ce que j’en pensais en face. » Nous sommes six ans avant en 2012 et Guardiola n’a toujours pas répondu à ce « Touré » qui lui a dit ce qu’il pensait « en face ».

Samuel Eto’o par Mustapha Ennaimi – Image Flickr CC BY 2.0

Et que dire du cas Samuel Eto’o ce 23 Mars 2014 avant le Clasico. Invité du « Club du Dimanche » sur Bein Sport, devant un Jean Alain Boumsong « admiratif » et des Jean-Pierre Papin et Luis Fernandez enjoués, le lion rugit. Le camerounais performe sur un rythme ici saccadé : « Non seulement il se trompe, mais il se trompe profondément. (…) Ce qui me fait encore plus mal, c’est qu’ils inventaient des choses que la presse relayait. (…) Je lui ai dit : “Celui qui va te faire gagner c’est Eto’o. Et tu viendras me demander pardon.” Et je suis resté à ma place. (…) Et comme il n’a jamais eu le courage de me dire les choses en face, il est passé par mes coéquipiers. (…) Moi je ne parle pas à Pep parce qu’il m’a manqué de respect ouvertement à plusieurs reprises. (…) J’ai parlé deux fois à Pep. Une fois c’est parce qu’il me demandait d’aller parler à Yaya Touré qui ne voulait rien savoir de lui. Et une autre fois lorsqu’il voulait me donner des leçons sur comment un attaquant devait bouger. Je lui ai dit : “mais Pep, tu as été milieu de terrain. T’a pas été un grand attaquant“ (…) La vraie histoire c’est celle-là (…).» Cette « Interview hallucinante de Samuel Eto’o sur Guardiola » a généré plus de 4 millions de vues sur Youtube et il y’a encore de la place.

Le Camp Nou par Kieran Lynam – Image Flickr CC BY 2.0

Césaire et ces airs de César

Trois joueurs noirs pour trois plaintes, la triangulation n’a-t-elle pas fait le plein ? Trois joueurs africains parmi les plus célèbres de l’histoire du football qui s’additionnent à Zlatan Ibrahimovic pour ajouter à ce trigone un quatrième côté. Mino Raiola l’agent du suédois est même allé jusqu’à traiter Pep de « chien ». Et celui-ci de répondre : « Il doit respecter les chiens ». « Et les chiens se taisent », comme dirait Aimé Césaire…

Sasint – Image Pixabay CC0

Le terrain de jeu indépendamment du sport est le seul endroit sur Terre où on n’a pas pu écrire « Whites Men Only » ou d’autres déraisons dans ce genre. Lorsque nous nous asseyons pour regarder un match de foot, c’est pour prendre la vie du bon côté et la transmettre à nos enfants. On n’a que 90 minutes pour oublier à notre manière toutes les injustices qui divisent la société. La balle rapproche les peuples, les met sur un même pied d’égalité et chaque média devrait participer à ce succès. Cependant ce n’est toujours pas le cas. Les différences de traitement dans les informations perdurent. Et si c’était même pour les bonnes raisons…

Ouest France affirme dans son article « Manchester City. Guardiola soutient Sterling, victime d’insultes racistes » : « Sur son compte Instagram, Sterling avait accusé certains journaux britanniques, dont le Daily Mail, « d’alimenter le racisme » par leur manière de parler des footballeurs noirs. La star de la Premier League a reçu le soutien de l’Association anglaise des footballeurs professionnels (PFA) qui a souligné que Sterling est « souvent mis en avant et traité plus durement que ses collègues ». Et elle juge que « ces articles alimentent le racisme dans le football, comme le montre la hausse continue des incidents racistes ». » Que dire… ?

Freeillustrated – Image Pixabay CC0

Lorsqu’il s’agit de descendre Mourinho, les idées se bousculent sur la pointe du stylo comme encre qui coule. Sauf que jamais derrière lui, le lusophone n’a laissé de telles déclarations. Comme tout entraîneur, il a eu des dissensions vives avec des joueurs mais ce n’est aucunement allé si loin. Très souvent ce sont même des mercis qui retentissent dans son dos. Le jour où il commettra ce genre de « faute de communication » on ne le ratera pas, c’est certain. Ses victoires suscitent déjà des critiques, combien de fois ses défaites ? On a même créé cet arbitraire théorème des trois années pour mieux dézinguer sa méthode. Heureusement qu’il en fait trois dans ce monde où tu peux rester quelques mois… Ils entendent les bruits de couloirs, mais pas les cris sur la place publique. Personne ne se penche sur le cas de ces footballeurs noirs (et pas que) qui se plaignent depuis bientôt dix ans d’un nationaliste adulé pour son jeu… quand on sait que l’une des résultantes mêmes du racisme c’est l’iniquité dans le traitement. Quoiqu’à quoi bon geindre ? Le racisme est un état d’esprit, pas une maladie…