Tottenham – Manchester United : Paris n’a rien à craindre

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Ce dimanche, Manchester et son nouvel entraîneur Ole Gunnar Solskjaer sont allés battre Tottenham à Wembley. Un choc au sommet, le premier de son ère, une victoire 0-1 qui permet à United de vivre un sixième « bonheur » consécutif. Ses hommes et lui comptent désormais le même nombre de points que le cinquième Arsenal. José Mourinho viré, les Red Devils semblent délivrés…

Winners par Sean Murray – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Seule la victoire est belle

Une passe de Pogba et Marcus Rashford qui marque. Manchester ouvre le score, s’impose chez le troisième de Premier League et se venge du cinglant 0-3 de l’aller. Un gros succès face à un gros de l’élite qui donne une idée du soutien que peut avoir Ole Gunnar à Manchester et dans la plupart des médias. Dans une rencontre où il a fait preuve d’une flagrante misère tactique, il est peint en sauveur. José victorieux de ce match de cette façon, les éloges auraient certainement été remplacés par des tacles violents bien appuyés.

On encense les six victoires de rang de l’ancien buteur et pourtant lorsque le Docteur Honoris Causa de l’Université Technique de Lisbonne avait enchaîné 25 matchs consécutifs sans perdre à sa première saison, on trouvait à redire. D’aucuns ont même parlé de Top 5 pour l’exclure du faîte avant de revenir au Top 6 dans la foulée de son éviction. L’objectif étant de réduire au maximum son travail au néant.

Old Trafford par pottonvets – Image Pixabay CC0

Ainsi le débat est repensé, le beau jeu mis de côté et la victoire dans le sport redevient l’essentiel. Sa place retrouve son statut d’idéal afin d’inhiber le pauvre contenu mancunien à ce grand rendez-vous londonien : une prestation inqualifiable de nullité. Mourinho choisit de défendre, Solskjaer a été forcé de défendre. Avec 62 % de possession de balle, Tottenham a dominé tout le match dans tous les compartiments du jeu, y compris celui des erreurs. Le but des Reds n’intervient pas sur une action promptement menée mais sur une grossière étourderie de Trippier.

Une passe ratée de l’arrière droit dans l’axe qui a donné la possibilité à une occasion sans réel danger de briller de mille feux. Long ballon de Pogba, la défense surprise n’arrive pas à vite se replacer, la lente frappe de Rashford est parfaitement croisée et Hugo Lloris particulièrement peu réactif. Le goalkeeper français se rattrapera en seconde mi-temps sur une tête et deux tirs du n°6 passeur décisif : ce sera trop tard… Le n°1 était déjà en face.

David De Gea par Saul Tevelez – Image Flickr CC BY 2.0

David contre Goliath

Durant l’ère Mourinho, David De Gea était considéré comme le meilleur joueur par les nombreux détracteurs du portugais. Il était question de faire passer par tous les moyens sa pensée pour un jeu sans inspiration. Que dire du match de dimanche ? Le « Théâtre des Rêves » et Ferguson sont bien de retour : qu’est-ce qui n’a pas marché ? On attendait ce jeu outrageusement offensif et au final on n’a vu qu’un défenseur « figé » sur la ligne de son but.

Le portier espagnol est sans aucune contestation l’homme de ce match. 11 arrêts décisifs comme un symbole : l’écu d’une équipe aux abois. Sans lui, Manchester aurait clairement perdu. S’il fallait choisir une de ces parades pour résumer la rencontre, le face-à-face de Dele Alli ferait l’affaire. Une occasion nette de but partie d’une balle perdue de Pogba à l’entrée de la surface adverse et mal négociée par le milieu offensif d’origine nigériane. Bien lancé en profondeur, l’international anglais n’a pas pu franchir le dernier rempart « Rouge » et conclure cette contre-attaque éclair. En gros les Spurs ont marqué des buts mais De Gea les enlevés.

Drapeau Tottenham par RonnyK – Image Pixabay

Oser c’est faire

Lorsqu’on voit la difficulté que Mauricio Pochettino a pour remporter un titre, on mesure mieux la force de José Mourinho. La dernière fois que Tottenham a été champion d’Angleterre c’était en 1961. Une longue attente atténuée en 2008 par une victoire en Coupe de la Ligue. Un succès (voire deux avec la Cup) toujours possible cette année qui toutefois n’empêche pas le mot « looser » de marquer à la culotte la renommée du premier vainqueur britannique d’une Coupe d’Europe. C’était la Coupe des Coupes en 1963.

Harry Kane lifting the World Cup par Matt Brown – Image Flickr CC BY 2.0

Au sein de l’effectif de l’argentin on trouve quand même encore de très bons éléments après Gary Lineker, Chris Waddle, Paul Gascoigne, Teddy Sheringham, Jürgen Klinsmann, David Ginola, Sol Campbell, Dimitar Berbatov, Jermaine Defoe, William Gallas, Luka Modric, Gareth Bale et autres Raphael Van der Vaart. Des internationaux pour la plupart titulaires indiscutables dans leurs sélections : Harry Kane, capitaine anglais et meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde, Hugo Lloris, capitaine des champions du monde en titre, Christian Ericksen, Heung Min Son, Dele Alli, Eric Dier, Kieran Trippier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Moussa Dembélé, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez etc. Une grosse qualité que le technicien Albiceleste (surnom des joueurs argentins) peine à changer en trophées. Même l’alibi du « faible » budget lui a tourné le dos : Leicester a été champion en 2016. C’est triste à dire mais Manchester a battu des « perdants ».

Tottenham Hotspur defender Jan Vertonghen par Ben Sutherland – Image Flickr CC BY 2.0

Diversions

Quoiqu’on dise, cette « dispute » dominicale a démontré que la seule assurance de progression à Manchester était la présence de Mou sur leur banc. Cette victoire à l’extérieur le dédouane et tourne définitivement la page de son passage. Chacun fait dès lors face à ses responsabilités. Solskjaer a toutes les cartes en mains et Pogba ne pourra plus se cacher derrière « O Vencedor » (« Le vainqueur » en français, surnom de Mourinho) pour justifier ses mauvaises performances. Son joker grillé, lorsque les défaites arriveront personne ne pourra plus accuser le prédécesseur de son actuel manager. La rumeur qui voulait qu’il laisse des dégâts derrière lui vient une nouvelle fois de mentir.

La défaite des Lilywhites (surnom des joueurs de Tottenham) tient à cet esprit de « Serial Winner » que le lusitanien a légué aux coéquipiers de Nemanja Matic. La fameuse formule offensive du Super Sub du Fergie Time n’a eu aucun effet sur ce major de Premier League. La preuve : il a fait entrer Diogo Dalot, Scott McTominay (à la place de Pogba) pour défendre et Lukaku pour utiliser sa puissance dans les duels aériens et la conservation de la balle. Le poulain de Sir Alex n’a pas « attaquer, attaquer, attaquer » pour tuer le match. Il a cherché à garder le score et il a gagné…

Edinson Cavani, Paris Saint-Germain (and Uruguay) striker par Ben Sutherland – Image Flickr

La porte est ouverte

Si le Drillo (surnom des joueurs norvégiens) est venu pour manger de petits poissons pourquoi Mou a-t-il été viré ? Défensivement le norvégien est loin d’être un stratège. Ça risque de chauffer face au reste au Big Six. De Gea ne suffira pas face à City, Liverpool, Chelsea ou Arsenal. Il faudra de l’aide à sa baraka. Sous les ordres du Special One, l’ancien de l’Atletico Madrid n’était pas seul. L’année passée ils ont battu ensemble Tottenham en FA Cup (1-2), Chelsea (2-1) et Manchester City en championnat (2-3) et la Juventus en Ligue des Champions (1-2) après avoir été menés 1-0, 0-1, 2-0 et 1-0. Ils ne faisaient donc pas que défendre. Il y’avait du caractère dans cette équipe. C’est pour cela qu’elle a battu tous ses adversaires du Top 6.

Man Utd V Arsenal par Gordon Flood – Image Flickr CC BY 2.0

Les Diables Rouges gagnent sans montrer de réels signes de changement. Les problèmes défensifs que le natif de Setúbal a voulu combler en recrutant en début de saison sont restés visibles. Discernables comme la nonchalance de La Pioche (surnom de Pogba) et les limites physiques de cet effectif malgré les réussites. Le portugais a eu à souligner ces tares mais vu que son jugement n’a pas d’importance, le PSG a toutes ses chances. Les parisiens devraient être capables d’exploiter ces vides en C1 et de rejoindre les quarts de finale. Avec Cavani, Neymar, Mbappé et Di Maria, Man U est prenable. Mourinho, la bête noire des clubs français, est parti avec leur imprévisibilité. Sous sa férule on ne savait pas à quoi s’attendre avec eux, maintenant on sait qu’une bonne préparation suffit pour leur causer de sérieux soucis. L’équipe de Tottenham a fait mieux que perdre : elle a ressorti toutes les lacunes de Manchester United…

Racisme : Kalidou mon frère, bouche tes oreilles et reste fier

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Un footballeur noir a récemment encore été victime d’insultes racistes. Il s’agit de Kalidou Koulibaly. Parmi les meilleurs défenseurs du monde, le Sénégalais n’a pas pu supporter cette attitude de supporteurs insupportables. Le football européen vit ainsi le deuxième acte de ce type en l’espace d’un mois. Le premier était survenu le 8 décembre dernier à Chelsea et le joueur visé était le cityzen Raheem Sterling. Comme à l’accoutumée il y’a eu une vague d’indignations sans véritables changements. Kalidou n’est pas le premier, il ne sera pas le dernier martyre de ce cas désespérant. Les cris de singe ne sont que le témoignage d’un malaise plus profond.

Tunnel par Free-Photos – Image Pixabay CC0

Dangereux

L’insulte dans sa définition la plus simple est la manifestation d’une certaine colère. On tente alors par tous les superlatifs possibles d’attenter à la dignité de l’autre. L’objectif est de sortir debout de l’opposition en le détruisant mentalement. Et pour atteindre son but, l’insultant peut donner à son expression une toute autre proportion. Raciste ici car il sait que les footballeurs noirs ont horreur de ce genre d’invectives. Une haine liée à l’histoire qui fit d’eux des descendants de « sous-hommes ».

Martinique par Orythys – Image Pixabay CC0

Le supporteur ne cherche qu’à mener son équipe vers la victoire. Il pense comme Marco Materazzi face à Zidane en 2006. L’ancien Interiste s’est certainement dit que son équipe et lui perdraient si le Français continuait le match. Ce dernier devait sortir d’une façon ou d’une autre pour que la Squaddra Azzura soit championne du monde : c’est tout. Il est allé loin, très loin même, et a emmené Zizou avec lui. Il a poussé le Bleu à dépasser les bornes de sa tolérance et l’Italie a remporté la Coupe du Monde. Ça s’appelle l’envie de gagner. Ce n’est pas forcément de la méchanceté. Une finale de Coupe du Monde pour un footballeur c’est toute une vie. C’est pareil pour certains supporters. Nous avons tous déjà entendu cette phrase générique : « Ce club c’est toute ma vie. »

Les tifosis de l’Inter savaient que Naples sans Koulibaly était prenable, et ils avaient raison. Dès que le roc est sorti, il y’a eu un but et une victoire 1-0 des Nerazzuri (surnom des joueurs de l’Inter de Milan). C’est aussi ça le football. Et un footballeur noir doit se préparer à vivre tout ça lorsqu’il signe dans un club. Aux grands maux, les grands remèdes. Ce n’est pas une histoire de noirs et de blancs : c’est un problème humain. C’est la vie, les offenses sont pour tout le monde.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA par Oscar – Image Flickr CC BY 2.0

Les noirs ne doivent pas toujours tout ramener à la couleur de leur peau. Si on secoue un manguier c’est qu’il a des mangues, dit un proverbe africain. Si tes adversaires te taclent trop ce n’est pas parce que tu es noir ; c’est parce que pour eux tu es dangereux. Lorsqu’on te lance une banane mange la ou ignore la, ne glisse pas dessus : c’est dangereux. La légitimité du geste est laissée à l’appréciation de l’arbitre. C’est à lui de veiller au bon déroulement d’une rencontre pas aux supporteurs. La loi ne peut empêcher personne d’être raciste mais elle a le devoir de préserver sa communauté du racisme. Elle n’est pas garante de l’intégrité des hommes. Elle veille à l’équité dans la société.

Punishments par Mohamed Hassan – Image Pixabay CC0

L’ironie du sort

La société en question ici, c’est le football européen. Pas italien parce que le racisme n’a pas de nationalité. L’Italie a sauvé plus de 700.000 migrants d’une mort certaine. Ce qui s’est passé en Série A s’est déjà produit en Liga, en Ligue 1, en Premier League, etc. Il appartient donc aux hautes instances du football européen de régler ce problème. Si la Fédération italienne de football n’en est pas capable que l’UEFA (voire la FIFA) se saisisse de la situation. Des sanctions doivent pouvoir tomber dès que de tels agissements sont signalés. Ce match aurait dû être arrêté. Koulibaly exclu, l’arbitre central M. Paolo Mazzoleni aggrave les faits et entraîne les institutions du football italien (et européen) dans l’erreur. Ils exaucent les souhaits de ces ultras et participent ensemble à cette animosité.

Pourquoi donner un carton jaune à un joueur qui applaudit pour évacuer son mécontentement ? Cette sanction basée sur l’ironie est infondée. Dans une activité physique comme le football on ne peut pas se permettre de jouer les psychologues. Les faits sont là. Sont-ils vilains ou non ? Telle est la question. Les insultes sont ignorées et les applaudissements sanctionnés… c’est absurde. Entre un joueur qui insulte un arbitre et un autre qui l’applaudit, lequel est le plus à même à être puni ? On ne peut pas sanctionner un joueur qui fauche au même titre qu’un autre qui applaudit. C’est un abus et mercredi 26 décembre, ça s’est vu. Le deuxième jaune de Koulibaly était injustifié. Ces cartons donnés derrière un « clapping » doivent disparaître. Le football est émotionnel et canaliser ses émotions dans la non-violence n’a jamais fait de mal à personne. La mauvaise considération de l’Homme noir en général, si…

Abandoned Buildings par Christels – Image Pixabay CC0

« L’univers ignoré »

En phase finale de Coupe du Monde, sur 32 places disponibles l’Afrique dispose de 5 et l’Europe de 14. Pour changer ça, la FIFA augmentera le nombre total de participants d’ici 2026. Au lieu d’équilibrer, on passe à 48 et la solution perd en compétitivité. Au mondial des clubs le champion d’Afrique joue deux matchs pour atteindre la finale, le champion d’Europe un seul. Une évolution remarquable toutefois puisqu’avant la Coupe Intercontinentale se jouait entre deux continents : l’Europe et l’Amérique du sud. Le vainqueur de la Ligue des Champions et celui de la Copa Libertadores s’affrontaient pour désigner le champion du monde des clubs.

Quand un supporteur européen s’imprègne de cette répartition il se dit simplement : ils sont inférieurs à nous. Et si entre temps il s’engage à lire Victor Hugo pour élever sa pensée, il ne réagit pas forcément comme Alexane Ozier-Lafontaine devant ces mots : « La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie. (…) Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire ; l’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. Rome l’a touchée, pour la supprimer ; et, quand elle s’est crue délivrée de l’Afrique, Rome a jeté sur cette morte immense une de ces épithètes qui ne se traduisent pas : Africa portentosa! (Applaudissements.) (…).»

Le célèbre auteur de l’œuvre « Les Misérables » ajoutera même « L’Afrique importe à l’univers » pour mieux agréer les velléités de colonisation de la « barbarie » par « la civilisation ». Nous sommes le 18 Mai 1879 à « un banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage » présidé par l’écrivain humaniste. L’expression d’un dédain qu’il ne partage pas qu’avec des caucasiens. Les bons élèves fourmillent sur la planète.

Gandhi par Dcprotog – Image Pixabay CC0

En Afrique du nord par exemple, le trafic des migrants en Lybie, la mort de l’attaquant camerounais Albert Ebossé en Algérie ou celle plus récente de Falikou Coulibaly à la Soukra, président de l’Association des Ivoiriens de Tunisie, attestent de la considération simpliste qu’on a des noirs dans le monde, footballeurs ou pas. Même les non-violents n’ont pas été tendres avec nous. Gandhi, la grande âme, déclarait en 1903 : « Bien entendu, de mon point de vue, le Conseil municipal doit débarrasser ce quartier de ces Cafres (les noirs). Quant à la mixité entre Cafres et Hindous, je dois confesser que j’y suis absolument opposé. Je pense que c’est très injuste pour la population indienne. »

Africa Children par Sissi – Image Pixabay CC0

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort…

Les footballeurs noirs doivent s’interroger sur leur situation eux-mêmes. Personne ne le fera pour eux. Ils ont suffisamment de réponses sportives et extra-sportives aux questions qu’ils doivent se poser. Les débats, les tweets, les posts et les messages de soutien ne suffiront pas. Pour que ce racisme disparaisse à jamais, il faut remonter le temps et effacer la traite négrière transatlantique, la traite négrière vers le monde arabo-musulman, le colonialisme et bien d’autres cortèges de malheurs qui ont détruit l’image de l’Homme noir. Ce qui est impossible. Ignorer les distractions pour atteindre son objectif et garder la tête haute peu importe les conditions, sont les seules solutions. Demain on ne dira pas que Koulibaly a été victime d’attaques raciales : on dira que l’Inter de Milan a battu Naples. Seule la victoire est belle. Soyez des vainqueurs !

Pep Guardiola : le séparatiste catalan à l’épreuve de l’Homme noir

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L’actualité en cette fin d’année c’est évidemment l’éviction de José Mourinho. Le double champion d’Europe a beau demander une pause pour sa famille et lui, le critiquer demeure une obsession pour nombre de médias. Paul Pogba a même été salué pour lui avoir adressé un message de « remerciement ». De qui se moque-t-on ? Le français a tout fait pour qu’on chasse le portugais et aujourd’hui il joue les compatissants… Trêve de pitreries ! Parlons de choses sérieuses. Parlons de la dernière sortie de Guardiola contre le racisme : « Mes enfants vont à l’école avec des Indiens, des noirs, des gens normaux de partout dans le monde… ». Est-ce à dire que les noirs, sans oublier les indiens, ne sont pas des gens normaux ?

Guardiola par Omnium Cultural – Image Flickr CC BY-SA 2.0

Intouchable

Le 8 Décembre 2018 lors de la défaite 2-0 de City à Stamford Bridge contre Chelsea, Raheem Sterling a été victime d’insultes racistes. Au cours de la traditionnelle conférence de presse d’avant match, son entraîneur a tenu à lui apporter son soutien avant d’affronter Hoffenheim en Ligue des Champions le lendemain. Un geste qu’il fit naturellement en prononçant les mots entre guillemets ci-dessus. Une phrase que le site Besoccer a tenu à ressortir pour certainement préserver son objectivité vis-à-vis d’une situation qui a suscité beaucoup d’émois, « l’émotion nègre, la raison hellène ». Le média sportif est d’ailleurs l’une des rares plateformes à avoir mis en avant ce qu’ils vont eux-mêmes appeler une « faute de communication ». C’est écrit en gras en bas à la fin de leur article « Mes enfants vont à l’école avec des Indiens, des noirs, des gens normaux… » : « Une phrase qui a fait le tour des réseaux sociaux, chacun peut interpréter comme ils le souhaitent, mais c’est surtout une faute de communication. » Il y’a donc manifestement un souci derrière leur conclusion de « décrasser » le discours du catalan en brandissant l’erreur comme raison. Et c’est là où le bât blesse…

Skitterphoto – Image Pixabay CC0

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. L’impartialité de Besoccer est à encenser. Le site porte bien son nom et son épilogue dans l’article en question n’est qu’un bref aperçu de la prise de position générale des médias sur Internet. Pour ces « partisans de l’erreur », la sortie de Pep en conférence de presse se résume à ce titre de RMC Sport : « Manchester City: « Il Faut Combattre Le Racisme », Lâche Guardiola Dans Une Belle Tirade ». L’hagiographie est en marche. Le technicien est médiatiquement peint comme un bel orateur malgré que son allocution contienne des fausses notes qui mériteraient bien d’être rapportées.

Les propos de la causerie qu’ils ont choisi de mettre en exergue sont les suivants : « Le problème, c’est que le racisme est partout, et pas seulement dans le football, malheureusement. Si ce n’était que dans le football, nous serions en sécurité. Mais le racisme est partout. On le voit avec ce qu’il se passe aujourd’hui avec les migrants, les réfugiés dans le monde entier, et la manière dont nous les traitons alors que nos grands-parents et nos arrières grands-parents étaient eux-mêmes des réfugiés. (…) Le racisme est omniprésent dans la société. Et c’est pourquoi il faut le combattre au quotidien. Il ne peut y avoir aucune tolérance à ce sujet. Il faut se battre. Pour les droits de l’homme, pour construire une meilleure société, pour notre futur » C’est clair et c’est net !

Guardiola par Milos Radovanovic – Image Flickr (Domaine Public)

C’est moi qui ai fait çaaa… ?

Nationaliste catalan, Pep sait de quoi il parle. De quoi, de qui, de lui ? Lui ce fils de cette Catalogne « victime d’un État qui a mis en place une persécution politique indigne d’une démocratie dans l’Europe du XXIe siècle » et « ambassadeur d’un séparatisme catalan radicalisé » ? « Nos grands-parents », « nos arrières grands-parents » : on dirait bien… Non ? Somme toute, chaque information doit être vérifiée pour être qualifiée de vraie. La piste du monologue n’est pas à exclure. « Dans la Catalogne indépendantiste, Pep Guardiola est un symbole ». Une représentation qui est loin de faire l’unanimité chez les footballeurs africains. Trois en particulier sur les cinq qu’il a entraînés avec Wilfried Bony et Riyad Mahrez, se sont totalement lâchés à son sujet.

Yaya Toure et Peter Vagenas par Marc W – Image Flickr CC BY 2.0

Yaya Touré : « Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’il (Pep Guardiola) me jalousait, qu’il me prenait pour un rival. (…) Comme si je lui faisais un peu d’ombre. Il était cruel avec moi. Vous croyez vraiment que Barcelone aurait pu faire ça avec Iniesta ? J’en suis arrivé à me demander si ce n’était pas à cause de ma couleur. » L’intéressé niera les faits et rétorquera au micro de la télévision catalane TV3 en disant : « C’est un mensonge et il le sait. On a été ensemble pendant deux ans et c’est maintenant qu’il dit ça. Il ne me l’a jamais dit en face. »

FC Barcelona – Bayer 04 Leverkusen, 1/8 Final UEFA Champions League, Season 2011/2012 par Shai Pal – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Et Seydou Keita alors… : « J’ai entendu de nombreuses fois Guardiola dire qu’il m’appréciait beaucoup dans la presse. Comme il disait du bien de moi, je pensais que tout allait bien mais ensuite je ne jouais pas. J’aurai préféré qu’il ne fasse pas ces éloges. C’était un procédé hypocrite et je lui ai dit ce que j’en pensais en face. » Nous sommes six ans avant en 2012 et Guardiola n’a toujours pas répondu à ce « Touré » qui lui a dit ce qu’il pensait « en face ».

Samuel Eto’o par Mustapha Ennaimi – Image Flickr CC BY 2.0

Et que dire du cas Samuel Eto’o ce 23 Mars 2014 avant le Clasico. Invité du « Club du Dimanche » sur Bein Sport, devant un Jean Alain Boumsong « admiratif » et des Jean-Pierre Papin et Luis Fernandez enjoués, le lion rugit. Le camerounais performe sur un rythme ici saccadé : « Non seulement il se trompe, mais il se trompe profondément. (…) Ce qui me fait encore plus mal, c’est qu’ils inventaient des choses que la presse relayait. (…) Je lui ai dit : “Celui qui va te faire gagner c’est Eto’o. Et tu viendras me demander pardon.” Et je suis resté à ma place. (…) Et comme il n’a jamais eu le courage de me dire les choses en face, il est passé par mes coéquipiers. (…) Moi je ne parle pas à Pep parce qu’il m’a manqué de respect ouvertement à plusieurs reprises. (…) J’ai parlé deux fois à Pep. Une fois c’est parce qu’il me demandait d’aller parler à Yaya Touré qui ne voulait rien savoir de lui. Et une autre fois lorsqu’il voulait me donner des leçons sur comment un attaquant devait bouger. Je lui ai dit : “mais Pep, tu as été milieu de terrain. T’a pas été un grand attaquant“ (…) La vraie histoire c’est celle-là (…).» Cette « Interview hallucinante de Samuel Eto’o sur Guardiola » a généré plus de 4 millions de vues sur Youtube et il y’a encore de la place.

Le Camp Nou par Kieran Lynam – Image Flickr CC BY 2.0

Césaire et ces airs de César

Trois joueurs noirs pour trois plaintes, la triangulation n’a-t-elle pas fait le plein ? Trois joueurs africains parmi les plus célèbres de l’histoire du football qui s’additionnent à Zlatan Ibrahimovic pour ajouter à ce trigone un quatrième côté. Mino Raiola l’agent du suédois est même allé jusqu’à traiter Pep de « chien ». Et celui-ci de répondre : « Il doit respecter les chiens ». « Et les chiens se taisent », comme dirait Aimé Césaire…

Sasint – Image Pixabay CC0

Le terrain de jeu indépendamment du sport est le seul endroit sur Terre où on n’a pas pu écrire « Whites Men Only » ou d’autres déraisons dans ce genre. Lorsque nous nous asseyons pour regarder un match de foot, c’est pour prendre la vie du bon côté et la transmettre à nos enfants. On n’a que 90 minutes pour oublier à notre manière toutes les injustices qui divisent la société. La balle rapproche les peuples, les met sur un même pied d’égalité et chaque média devrait participer à ce succès. Cependant ce n’est toujours pas le cas. Les différences de traitement dans les informations perdurent. Et si c’était même pour les bonnes raisons…

Ouest France affirme dans son article « Manchester City. Guardiola soutient Sterling, victime d’insultes racistes » : « Sur son compte Instagram, Sterling avait accusé certains journaux britanniques, dont le Daily Mail, « d’alimenter le racisme » par leur manière de parler des footballeurs noirs. La star de la Premier League a reçu le soutien de l’Association anglaise des footballeurs professionnels (PFA) qui a souligné que Sterling est « souvent mis en avant et traité plus durement que ses collègues ». Et elle juge que « ces articles alimentent le racisme dans le football, comme le montre la hausse continue des incidents racistes ». » Que dire… ?

Freeillustrated – Image Pixabay CC0

Lorsqu’il s’agit de descendre Mourinho, les idées se bousculent sur la pointe du stylo comme encre qui coule. Sauf que jamais derrière lui, le lusophone n’a laissé de telles déclarations. Comme tout entraîneur, il a eu des dissensions vives avec des joueurs mais ce n’est aucunement allé si loin. Très souvent ce sont même des mercis qui retentissent dans son dos. Le jour où il commettra ce genre de « faute de communication » on ne le ratera pas, c’est certain. Ses victoires suscitent déjà des critiques, combien de fois ses défaites ? On a même créé cet arbitraire théorème des trois années pour mieux dézinguer sa méthode. Heureusement qu’il en fait trois dans ce monde où tu peux rester quelques mois… Ils entendent les bruits de couloirs, mais pas les cris sur la place publique. Personne ne se penche sur le cas de ces footballeurs noirs (et pas que) qui se plaignent depuis bientôt dix ans d’un nationaliste adulé pour son jeu… quand on sait que l’une des résultantes mêmes du racisme c’est l’iniquité dans le traitement. Quoiqu’à quoi bon geindre ? Le racisme est un état d’esprit, pas une maladie…

Manchester United : « L’échec » de Mourinho…

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La chasse à l’homme est terminée… Mourinho viré de Manchester United, c’est donc désormais officiel. « Un nouveau manager intérimaire sera nommé jusqu’à la fin de la saison, pendant que le club procédera à un processus de recrutement approfondi pour un nouveau manager à temps plein ». « Maigrichon », « catastrophique », « bancal », « pas mal de dégâts », les éloges n’ont pas tardé à tomber pour qualifier le legs du « Happy One » à United. Les médias sur la toile rivalisent d’ingéniosité pour adouber la troisième virée britannique de cet entraîneur qui a gagné partout où il est passé. Difficile de trouver un article qui dit du mal du double champion d’Europe. C’est à peine s’ils ne le qualifient pas de « plus mauvais entraîneur de l’histoire de Manchester et de tous les temps ». Comment ne pas les suivre…

José Mourinho par Aleksandr Osipov – Image Flickr CC-BY-SA 2.0

Un bilan « négatif »

Arrivé en mai 2016, José Mourinho vient donc de perdre son poste de manager chez les Red Devils. C’est si dramatique pour lui qu’il va retrouver sa famille avec près de 25 millions d’euros d’indemnités dans les poches. Deux saisons et demi d’échecs,avec seulement trois trophées, dont un européen. Le portugais est donc le dernier à avoir remporté un tournoi européen avec une équipe anglaise depuis 2013 (face à l’Ajax après les attentats de Manchester en 2017, une victoire 2-0 qu’il avait dédiée aux habitants mancuniens). Mais comme le dit si gentiment Christophe Dugarry : « Old Trafford c’était le “Théâtre des Rêves”, là c’est le “Théâtre des Cauchemars” avec ce type. C’est un truc de fou. Ce qu’il n’a pas compris, c’est qu’on n’en a rien à foutre de ses titres, on veut juste des émotions et voir du beau football, ce qu’il est incapable de nous procurer. » Le ton est aussi clair que donné. Mou a de nouveaux patrons. Qu’il gagne ou qu’il perde, aucun d’eux ne l’aimera…

José Mourinho par Ronnie MacDonnald – Image Flickr CC-BY 2.0

Pelé a dit une fois : « celui qui pense que la victoire ne compte pas, ne gagnera jamais rien. » Mais ça ne veut rien dire, surtout venant du meilleur joueur de tous les temps. En cette saison 2016/2017, Mourinho a donc détruit Man U en remportant le Community Shield, la Coupe de la Ligue, l’Europa League et en terminant 6e du championnat. Un bilan décevant qui a permis à son équipe de revenir en Ligue des Champions et de jouer la Supercoupe d’Europe. Quels dommages !

Manchester United v Zorya Luhansk (1-0), Europa League, Old Trafford, Manchester, Greater Manchester, England, September 2016 par Ardfern – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Ainsi la saison 2017/2018 débutera sur une mauvaise note. Un jeu ultra défensif « sans style » qui leur permettra de remporter trois de leurs huit premiers matchs 4-0 pour finir à la deuxième place à la fin du championnat avec 81 points, 25 victoires, 6 nuls et 7 défaites. Cette position sur le podium est la première depuis le départ de Ferguson. Quelle catastrophe !

José Mourinho par Ronnie MacDonald – Image Flickr CC-BY 2.0

Il faut le virer à tout prix. United court à sa perte… Il est passé de la 6e à la 2e place : la régression est palpable. Comment le nier ? Il a joué la finale de la FA Cup et il est sorti en Huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le FC Séville triple vainqueur de l’Europa League. Ce n’est pas normal ! Les sévillans vainqueurs du Liverpool de Klopp 3-1 en finale de ladite compétition en 2016, n’auraient pas dû l’éliminer. C’est une honte !

José Mourinho par Jaguar Mena – Image Flickr CC-BY 2.0

Ils font une erreur en le prolongeant. Cette saison 2018/2019 s’annonçait très difficile : elle le sera. Mourinho est viré dès la moitié de la saison. Son équipe est au fond du gouffre. 6e en championnat, elle est qualifiée pour les Huitièmes de finale derrière la Juve. La faible Juventus de Cristiano Ronaldo qu’elle a battue à Turin 1-2. Eliminé une seule fois lors de ses six dernières doubles confrontations contre des clubs français : c’était le moment idéal pour le virer. Manchester recevra Paris en Ligue des Champions dans le calme et la sérénité. Le timing est parfait.

José Mourinho par Ronnie MacDonald – Image Flickr CC-BY 2.0

Iznogood

Sous la coupole de José Mourinho, United a perdu toute sa superbe. « Trois » saisons moroses qui n’ont rien à voir avec les beaux débuts de Sir Alex. Les trois premières années de l’écossais furent inoubliables. 11e dès la première, 2e dès la seconde et 11e à la troisième, le tout sans trophées : la messe est dite. Le plus grand entraîneur de l’histoire de Manchester terminera 13e et 6e les saisons suivantes et restera 27 ans à son poste.

Surnommé « The Hair Dryer », son management fût simplement le meilleur. L’ancien buteur des Glasgow Rangers était même capable de blesser une de ses stars, David Beckham, à l’arcade sourcilière en lui lançant une godasse. Ou d’envoyer Wayne Rooney « jouer » dans les tribunes. Mettre Pogba sur le banc semble ainsi assez difficile à défendre comme méthode quand on voit tout ça. C’est grave ! Mourinho est allé vraiment trop loin dans la gestion de son vestiaire… Le technicien lusophone n’aurait pas dû retirer à « Saint » Paul ce brassard qu’il lui a donné. Un joueur qui tient tête à son coach devant ses coéquipiers et critique sa tactique est un capitaine de rêve pour tout manager… : un exemple à suivre et à encourager pour les jeunes joueurs.

José Mourinho par Joshjdss – Image Flickr CC-BY 2.0

Tapis rouge

Guardiola et City ont fini troisièmes de Premier League en 2017. Ils ont été éliminés en Huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le géant Monaco cette même année, mais ce n’est pas grave. Klopp et Pocchetino n’ont toujours rien gagné avec Liverpool et Tottenham, mais qu’ils jouent bien ! Arsène Wenger a fait plus de dix ans sans être champion avec Arsenal, environ neuf sans le moindre titre, mais là n’est pas le problème. Le français est un gentleman et cette saison était la pire de l’histoire de Manchester United. Soutenir Mourinho serait considéré comme un crime contre l’humanité moderne. Quoiqu’on va néanmoins souhaiter bonne continuation au premier et unique entraîneur à avoir remporté trois titres dès sa première saison à Manchester…

Ballon d’or : De Qui se moque-t-on ?

Par défaut

« Les victoires restent sur les palmarès, les victoires avec style restent dans les esprits », parole d’Arrigo Sacchi. Pensée d’un tacticien de génie devenue maxime de BEAUTYFOOTBALL. Le blog de Thomas Dimitri « s’adresse aux passionnés exigeants » et ce n’est pas son article « L’idée clé : Le football sans style n’est rien ! » qui dira le contraire. Le blogueur partage ainsi avec nombre de chroniqueurs sportifs cette notion arrêtée du beau jeu. À le lire on croit encore rêver. Rêver d’un monde meilleur ? Hélas non ! L’Espagne entre 2008 et 2012 n’a eu aucun Ballon d’or. L’Allemagne au Brésil et la France en Russie n’ont fait que succéder à la « Furie Rouge ».

Ignazio Abate and Andrés Iniesta Euro 2012 final – Станислав Ведмидь CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Quel esprit !

Double championne d’Europe et championne du monde, la « Roja » est une preuve tangible de la duplicité récente de la désignation du Ballon d’or. Vous ne rêvez pas, leur incontestable domination est restée dans les esprits… Les esprits du football moderne en charge de la prestigieuse médaille ont décidé qu’au pays d’Iniesta il n’y avait guère d’artistes. Pourquoi ? Simplement parce que le Ballon d’or autant que le football n’est plus ce qu’il était. La victoire au tapis, ça va même de mal en pis. Cette enjolivure qui longtemps a brillé par ses choix pour la plupart judicieux, semble avoir perdu toute sa verve sous le règne du roi Léo. La « démocratie » a fait irruption dans ce monde justement totalitaire pour faire d’un champion du monde un citoyen lambda.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

Votez le premier de la classe !

Luka Modric est donc l’heureux élu de ce scrutin qui désigne le meilleur joueur de la planète. Une nomination qui n’étonne pas forcément, le talent du natif de Zadar énorme. Toutefois lorsqu’on se demande pourquoi il a été meilleur que les autres, on prend froid. Le croate ne mérite clairement pas le Ballon d’or, aussi bien que le titre « The Best » qu’il a reçu de la FIFA. Didier Deschamps mériterait-il sinon le trophée d’entraîneur de l’année qu’il a justement reçu ? Même l’argument du Ballon d’or de la Coupe du Monde n’est pas assez pesant pour défendre cette décision. Le « cadeau » remis au capitaine des « Valtreni » n’est qu’un lot de consolation pour les vaincus. Si la Croatie avait gagné à Loujniki, le meilleur joueur aurait été un français. Et c’est déplorable car ces derniers temps, les instances du football mondial ont tendance à récompenser les perdants… Une orientation totalement contraire à l’essence même du football. Le meilleur joueur d’une compétition devrait être de l’équipe victorieuse de la compétition.

Robot275 – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Finie l’époque où la FIFA était accusée de dénaturer le Ballon d’or France Football. La concordance du média et de l’institution est désormais avérée et le tort partagé… Modric est un joueur exceptionnel certes mais cette saison il y a eu mieux. S’il fallait choisir sur le plan émotionnel ; choisir instinctivement un joueur qui a fait vibrer la planète football en 2018, Mbappé serait tout indiqué. Sauf qu’étant donné qu’il s’agisse d’un débat scientifique, Raphael Varane devient l’option idéale. Le défenseur central Merengue est champion du monde et vainqueur de la Ligue des Champions. Un parcours plus que prodigieux qui lui a valu une belle septième place. « BECKENBAUER oublié », il remplace « BECKENNEUER » et rejoint le Panthéon des incompris. Les experts ont statué…

Katabasis – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Lecture aléatoire

La position du vice-capitaine de la sélection française dans cette liste, est également un hasard qui en dit long sur une certaine mitoyenneté. Le dossard de KM7 le parisien est aussi le chiffre préféré du rappeur Booba. Le but, le beau jeu : on connaît la chanson. La proximité entre le rap et le football n’est plus à établir. Dans l’hexagone notamment, le couple est une double issue de sortie à la « France d’en bas » pour reprendre Brasco. Booba proche de Benzema c’est aussi cartésien que Booba en featuring avec Médine. Ironie du sort ou logique du sport, l’actualité c’est pareillement cette fusion lunatique. L’ours hurlant devant un croissant lunaire, ceux qui ne l’ont pas suivi en ont sûrement entendu parler. KYLL : « le son qui met la pression » ou « le jour et la nuit sur chanson ». Très loin du Vegedream dansant qui « ramène la coupe à la maison » les deux rappeurs sont. « Du nègre et de l’algérien font du Kylian Mbappé », le refrain parle de lui-même. Le « Duc de Boulogne » et l’« Alger-Roi » s’attaquent à l’unisson aux derniers vestiges de la discrimination.

Marco Verch – Image Flikr CC-BY 2.0

Une piste, le diminutif de Kylian condense le récit d’un malaise. «Dans l’histoire, les meilleurs c’étaient des noirs et des arabes» suggérait la pépite de Bondy à l’âge de 12 ans en évoquant les Bleus. Une actualité coincée entre les crocs de l’affaire du fichage ethnique à Paris et le cérémonial du Ballon d’or. À son insu, le classement France Football participe du discrédit des footballeurs noirs et africains dans le monde de la balle blanche tachée de noir. Kylian a raison… « Ce ne sont pas des chèvres devant ». Cependant derrière aussi c’est le cas. Un joueur est jugé sur toute sa saison. C’est la qualité de la victoire qui différencie les meilleurs de la masse.

Bekhap – Image Flikr CC-BY 2.0

Il faut remonter à 2006 pour revoir le triomphe être gratifié d’un Ballon d’or au cours d’une saison de Coupe du Monde. Le dernier lauréat de ce type c’était Fabio Cannavaro. Sa nomination a fait une pléthore de déçus, mais le stoppeur italien le méritait vraiment. Champion du monde en titre, il était au sommet. 12 ans après c’était donc l’occasion parfaite pour France Football de renouer avec le vrai football. Un passé « juste » où les récompenses saluaient les performances. « Squadra Azzura » signifiant mêmement « l’équipe des Bleus », comment ne pas faire le lien ? L’ancien capitaine des « Azzuri » a été sacré par la revue devant Gigi Buffon son compatriote et Thierry Henry finaliste du mondial comme Modric aujourd’hui. Varane lui, n’est même pas sur le podium. Le « Sang et Or » se morfond loin de « Kyky ». Le digne héritier de Titi occupe le quatrième rang derrière Griezmann… Comment ne pas se poser des questions sur la réelle valeur de l’égalité des chances dans le football européen ? « Courir comme un noir pour vivre comme un blanc » est-il de Samuel Eto’o un simple adage ?

Cliff – Image Flikr CC-BY 2.0

Génialité

Pelé devait certainement être un « monstre » pire que ce qu’il était pour le noir qu’il est : le meilleur joueur de tous les temps. CR7 et ses proches origines capverdiennes doivent bénéficier d’un sponsor de poids pour terminer seconds sans le mériter. Zidane meilleur joueur français de tous les temps, le Brésil maillot jaune de l’histoire du sport roi : ils n’ont pas vraiment eu le choix. Ici malheureusement, certains doivent transpirer plus que d’autres pour voir les projecteurs. Dans ce football où on tire à bout portant sur Cavani et trouve des raisons à Giroud, d’aucuns doivent vivre d’exploits pour exister. Éjecter Messi du podium n’a rien changé. Sa cinquième place n’est même pas une diversion. Le mal est trop profond. L’image crayonnée par le Ballon d’or cette dernière décennie est à la limite de l’acceptable. Le courroux d’Habib Beye  en faveur des africains Mohamed Salah et Sadio Mané dans le Late Football Club sur Canal + a toute sa place dans ce sport-là et possiblement dans son futur : « (…) Si demain, ils s’appelaient Salahinho ou Manéinho… Il y a souvent eu un manque de reconnaissance. Rappelez-vous de Samuel Eto’o et Didier Drogba. (…) Je pense que ce classement du Ballon d’Or ne veut plus rien dire. »

Spartak Moscow VS. Liverpool – Дмитрий Садовников CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Podium

Eden Hazard 8e, Harry Kane 10e, Ngolo Kanté 11e… Ce qui est fait est fait. Indépendamment de la colère de certains et de la joie d’autres, l’histoire ne reviendra plus sur ses pas. Modric remporte la mise, Mbappé le premier titre du Trophée Kopa du meilleur jeune et Ana Hegerberg le premier Ballon d’or féminin. Le cri de l’ancien international sénégalais comme la redistribution des places qui sera énoncée ici, n’aura donc plus aucune importance. Ils pourront peut-être servir pour la suite des évènements… ou non. Notre podium :

1- Raphael Varane

2- Kyllian Mbappé 

3- Antoine Griezmann …

Frederic Humbert – Image Flikr CC-BY-SA

Ligue des Nations : Un format plus foot

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L’un des synonymes du football, est le jeu le plus simple. S’il est le plus populaire, c’est que le roi des sports brille par sa proximité avec l’homme. Ses concepts ont besoin d’être facilement assimilables pour marcher dans son sens. La Ligue des Nations, son nouveau bébé, le fils d’un génie qui préférait briller à travers les autres, Michel Platini, est bien trop compliquée pour lui faire honneur ; exister dans ce monde où « le dribble est inutile quand la passe est possible ». Fofoot propose donc ici à l’UEFA, une façon de faire de cet excellent ballon, un caviar.

Cristiano Ronaldo – Image Pixapay

Simplement Foot

Le format proposé par Fofoot est simple comme le foot. Les 55 pays membres de l’UEFA seront redistribués dans 11 groupes ; ce qui fera 5 par groupe. À la suite de rencontres aller-retour, les 11 premiers et les 5 meilleurs deuxièmes, seront qualifiés pour les huitièmes, les quarts et les demi-finales, tous en aller-retour également, pour déboucher sur une finale en un match, dans un stade désigné par l’UEFA. Road to Lisbonne… par exemple, ou tout simplement encore, un Final Eight (8). Après la phase de poules, on passe directement à une phase à éliminations directes à matchs uniques, organisée dans un pays désigné par l’UEFA au préalable.

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Joker de luxe

Toutefois, dans cette formule, les matchs amicaux perdurent. Étant donné que le nombre d’équipes par groupe est impair, lorsque 4 équipes joueront, une sera obligée de jouer un match amical. Sauf qu’ « amical » n’est qu’un mot, et pour le remplacer, il faudra juste changer les règles en les rendant officielles. Dans chaque groupe on ajoutera une équipe dite « Joker ». Il s’agit d’une équipe appartenant aux onze dernières équipes non-européennes du classement FIFA. Pourquoi ? Pour permettre à ces « petites » nations, d’améliorer leur niveau en se frottant aux grandes nations de la pointe du football, en matchs aller-retour sur le sol européen. L’UEFA indiquera alors, des stades européens qui serviront d’enceintes à domicile aux pays désignés comme « Jokers ».

Aussi, en tant qu’équipes « Jokers », ces sélections ne pourront passe qualifier pour la suite et ne figureront pas dans le classement final du groupe. Mais les points pris par les équipes européennes qu’elles joueront, compteront dans le décompte final. Les matchs qu’elles joueront, seront pareillement organisés comme des matchs officiels afin de maintenir l’esprit de compétition. Ce type d’organisation, permet de préserver l’esprit de préparation et de test des matchs amicaux tout en conservant l’aspect compétitif des matchs à enjeux.

Simulation d’un groupe :

Groupe A
France – Suède – Serbie – Grèce – Gibraltar : Joker – Seychelles
Journée 1 :
France – Suède : 2-0
Serbie – Gibraltar : 5-0
Grèce – Seychelles : 4-0
Classement après la Journée 1 :
1 – Serbie 2 – Grèce 3 – France 4 – Suède 5 – Gibraltar

Ligue des Nations : Un roi est né…

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Lorsque l’idée repue d’un Graal empli du meilleur vin européen a fleuri, bien qu’elle réjouisse la plupart des disciples du ballon rond sur le Vieux Continent, à l’image de la révolutionnaire qu’elle était, elle n’a pas été accueillie « rameaux en évidence » par tous. L’UEFA, jeune institution, se déclare incapable d’assumer cet ambitieux « projet de coupe d’Europe interclubs », avant d’être finalement contraint par la FIFA, de prendre les choses en main. Elle ne viendra de ce fait, que mettre un cachet sur l’initiative du journal L’Équipe, qui pari tenu, réussit à convaincre 16 fédérations à adhérer à leur dessein.

Supporters – Image Pixabay

16 parmi lesquelles, leur Fédération Française, jadis préoccupée par l’idée d’un calendrier surchargé, et à l’exception de la Fédération Anglaise, qui refusera catégoriquement, d’y envoyer un représentant. C’est ainsi que Chelsea, probablement un pincement dans le cœur, verra à la télévision, le Real Madrid remporter la première Coupe Européenne des Clubs Champions face au Stade de Reims.En géant espagnol qu’il était, le club madrilène très vite, a compris l’importance de ce trophée devenu depuis incontournable, et dont il s’en fait de loin le recordman, avec 13 victoires. Visionnaires comme les « Merengues », possiblement sera le qualificatif qui suivra les premiers à réellement prendre la Ligue des Nations au sérieux. Car, l’idée de remplacer les matchs amicaux, est mêmement à l’origine de cette compétition biennale qui commence déjà elle aussi, à faire du mal aux perdants et un grand bien aux vainqueurs…

Supporter – Image Pixabay

Final Four

Une nouvelle étoile dans le ciel, les 5 et 6 Juin prochains, à la suite de la phase des poules à 3, se tiendront les demi-finales de la Ligue des Nations au Portugal, champion d’Europe en titre,pour une finale sans aucun doute inédite. Comme un symbole, la terre du premier match de l’histoire de la « coupe aux longues oreilles », Sporting de Lisbonne – Partizan Belgrade, et du premier buteur João Baptista Martins, est mère du premier pays qualifié pour le Final Four.Derrière elle, s’invitent l’Angleterre, la Suisse et les Pays-Bas pour compléter le répertoire et déclencher les dernières hostilités.Premiers des 4 groupes de la Ligue A, toutes s’affronteront après tirage au sort, pour définitivement rentrer dans les annales du football européen et mondial. Les « Quinas », sans Ronaldo, les « Three Lions », la « Nati » et les « Oranje », ont respectivement devancé l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la France ; et relégué dans le même temps en Ligue B, la Pologne, la Croatie, l’Islande et l’Allemagne.

Ivan Rakitic – Image Pixabay

Du très lourd, donc… On a eu droit dans ce tournoi, à des matchs de très haut niveau. Du moins, dans la Ligue A, où allemands et français, les 2 derniers champions du monde,sont tristement tombés devant une équipe hollandaise,en flamboyante reconstruction, absente de l’Euro 2016, de la Coupe des Confédérations 2017 (évidemment) et du Mondial 2018. Cette configuration qui les réunit, est la seule qui mérite une véritable attention. Après,pour le reste, il faudra vraiment aimer le football, pour substituer« Portugal – Italie », « Espagne – Angleterre » et autres affiches au sommet de la première Ligue des Nations, en multipliant les « Chypre – Luxembourg », « Serbie – Monténégro ».« Liguer » les nations les unes contre les autres, scinder les équipes en grandes et en petites en dehors de la pelouse pour penser le sport roi, c’est refuser de conjuguer le verbe qui nourrit son essence : rassembler.

Espagne – Portugal – Image Pixabay

En cette année qui commémore les 100 ans de la fin de la Première Guerre Mondiale, le roides sports a besoin d’incarner l’union européenne. Les divisions inférieures et la relégation sont une mauvaise notion dans le cadre des nations. Une voix, une fédération, une élimination suffira. Toutes les sélections ont le droit de prétendre sur le même pied d’égalité, à une place dans le Final Four. La distribution actuelle de cette conception est arbitraire, et limite l’aura de sa crédibilité. Une idée qui se fonde sur l’injustice, a le devoir de s’améliorer.

Revenant sur la C1 dans ses débuts, il ne fallait pas forcément être champion pour la jouer. Chaque fédération, en dépit de l’existence d’un champion en titre, désignait partialement son champion pour la représenter… Ensuite l’idée a mûri et la Coupe des Clubs Champions a bien porté son nom, avant de le reperdre à nouveau, de régresser, et de devenir la Ligue des Champions. Dans ce contexte, celui où le n°1 au classement FIFA n’est pas champion du monde et n’a jamais rien gagné, est ainsi née la Ligue des Nations. Vous comprenez en conséquence, qu’une évolution ne serait que suite logique. L’UEFA doit repenser ici sa compétitivité, difficile à cerner.La grandeur d’une compétition, dépend aussi de sa facilité à se faire comprendre. Les héritiers de Michel Platini, pourront utiliser s’ils veulent, le format que Fofoot leur propose. L’objectif reste, d’améliorer ensemble et pour cette inclination que nous partageons tous pour le football, l’image d’une coupe qui a tout pour briller de mille feu…

Supporter – Image Pixabay

Un exemple à suivre

Une fois encore, l’Union Européenne peut se vanter d’être à l’origine d’un modèle d’organisation. Après la Ligue des Champions et autres, la Ligue des Nations a tout pour être reprise par les autres confédérations. De plus, elle règle les problèmes entre les clubs et les équipes nationales, dans ce sens que les joueurs auront une bonne raison de revenir blessés de leurs escales « punitives ». C’est toujours mieux de s’affliger sur un sort à enjeux, que lors d’un match qui compte pour du beurre. Peu importe son prestige, au football, une rencontre amicale restera un « conflit » inutile. Les joueurs ne s’y donneront jamais à fond. Qu’importe ce qu’ils disent, il n’y a aucune raison valable de jouer pour rien.Un match de préparation avant une compétition à laquelle on est qualifié, afin de régler les derniers automatismes d’une liste définitive : certainement.

La LDN conforme pareillement le cas des binationaux douteusement baladés entre l’officieux et l’officiel. Une partie touristique, une cape qui ne compte pas, miroiter un convivial avenir idéal pour donner au « perturbé » l’envie de rêver sa vie, d’attendre une sélection qui peut ne plus arriver, est une attitude peu louable. La LDN en tant qu’antidote aux matchs amicaux, viendra mettre un point d’entente entre l’entraîneur et l’entraîné : le pays et son citoyen. Elle force ce dernier, obligé de choisir, à se décider une bonne fois pour toute sa carrière et à emprunter un chemin droit. Et le sélectionneur dans le même-temps, à prendre ceux dont il a réellement besoin pour consolider son collectif ; un effectif auquel pourra se greffer des remplaçants, en cas de désistements.Plus simplement… : que la fête continue !

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