Quand rien ne va : rien ne va. Proverbe plat, mais fort outillé pour résumer la situation actuelle de Neymar. Accusé de viol. Menacé d’abandon par son père. Invité à revenir vers Jésus et au football par sa mère… Démis de ses fonctions de capitaine de sa sélection. Remplacé par son lieutenant Daniel Alves. Renommé capitaine, le Parisien de 27 ans vient de déclarer forfait pour la prochaine Copa America… au Brésil. Après sa blessure au genou lors d’une séance d’entraînement, la superstar s’est rompu les ligaments croisés. Ironie du sort ou logique du sport, c’était lors d’une rencontre amicale entre son pays et celui de ses propriétaires : le Qatar. Bref, depuis que l’ancien nouveau Pelé a signé à Paris, son football s’est progressivement éloigné des pelouses…

Présentation de Neymar au Parc des Princes par Antoine Dellenbach – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le mauvais choix

Qu’est-ce qu’un mauvais choix ? Pour faire simple, il s’agit d’un chemin qui te conduit à ta perte. Une voie par laquelle tu recules. Honte au sportif qui le fera, le compétiteur vivant des challenges. Plus ils sont grands, mieux c’est pour sa progression. Un joueur qui évolue devrait normalement partir d’un club à un autre qui lui est supérieur.

Qu’est-ce qu’un grand club ? C’est un club qui a connu un succès international indéniable. Real Madrid, Manchester United, Liverpool, Chelsea, Aston Villa, Nottingham Forrest, Juventus, Milan AC, Inter de Milan, Ajax, Bayern, Dortmund, Hambourg, FC Porto, Benfica, Marseille, Celtic de Glasgow, Etoile Rouge de Belgrade, FC Barcelone etc. Le PSG non…

Contrairement au système de pensée qui prévaut de nos jours, le budget ne définit pas la grandeur d’une équipe. Sinon il y aurait plein de grands clubs en Chine et au Qatar. De Di Stéfano à Cristiano Ronaldo en passant par Ronaldo et Zidane, il y’a toujours eu de l’argent dans le sport roi. La différence c’est qu’il servait la cause du succès : de l’esprit « foot ».

En quittant Barcelone pour Paris, Neymar a clairement régressé. Il est passé d’un grand club à un « moyens » club. Son défi aurait pu être honorable s’il avait signé dans la capitale française pour faire progresser le club. Ce qui n’est pas le cas. Neymar à Paris ce n’est pas Maradona à Naples. Messi étant trop puissant pour lui, il a simplement choisi de partir pour être le roi tout seul…

Neymar à Barcelone par Alex Fau – Wikipedia CC BY 2.0

Mauvais départ

C’est sûr, Neymar a plus de talent que Messi. Et plus le temps passait plus ça se voyait. L’Argentin lui-même sentait que le vent commençait à tourner en sa défaveur. On l’a vu lors de la fameuse Remontada contre les hommes Unai Emery. C’est le natif de Mogis Das Cruzes qui a fait tout le match. Vainqueur et co-meilleur buteur de la C1 la saison d’avant, cette année 2017 était celle de la confirmation de son grand génie. Il lui fallait juste attendre un an ou deux : il devait encore mûrir. Il a manqué de patience. Il n’a pas respecté la hiérarchie du club et il est parti. L’erreur de sa vie…

Le Barça a mal fait de vendre Neymar. Les dirigeants Catalans auraient dû penser à leur avenir… : se séparer de Léo quand Ney faisait la tête. Au lieu de conforter le pouvoir de La Pulga, ils se devaient de conserver leur « maillot jaune ». L’ère Léo touche à sa fin et aucune n’anticipation n’a été faite. Conclusion, aujourd’hui ils le payent. Ils se mordent les doigts quand Neymar reste victime de son impatience.

Le Carioca n’aurait pas dû se vendre au PSG. Il a signé dans un club pour un salaire qu’il aurait forcément gagné. Quelle est la différence entre 15 et 30 millions d’euros ? Rien du tout. Un joueur qui gagne 15 millions d’euros n’a rien à envier à un autre qui en gagne 30. Il y’a un niveau de vie où l’accomplissement est plus important que l’argent.

Neymar par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Mauvaise arrivée

Mais le clan Neymar ne partage pas cet avis. Ils se sont fait rouler par la convoitise et leur « Ballon d’or » a perdu du terrain. Ses statistiques françaises ont certainement de la gueule. Cependant, avec lui les octuples champions de France n’ont franchi aucun palier. Ils ont même coulé. Si c’est pour battre Guingamp, Dijon ou Caen, Mbappé suffit largement. Le champion du monde a démontré en son absence qu’il est plus l’avenir du Parc des Princes que lui.

33 buts et dire qu’on ne jouait pas pour lui. Le meilleur joueur et meilleur buteur de Ligue 1 a porté son club tout seul cette saison : il a raison de demander plus de responsabilités. On n’a pas le droit de l’inféoder à un footballeur qui passe la majeure partie de son temps dans la Corbeille. Un joueur qui demande du respect à ses cadets et ne respectent pas ses aînés. La carrière de Neymar a piqué du nez le jour où il s’est attaqué à Cavani…

Edinson Cavani par Anders Henrikson – Wikipedia CC BY 2.0

Ney à Ney

Le football est un jeu juste. On a voulu détourner les paroles de Mbappé lors de la Cérémonie des Trophées UNFP. Les médias ont choisi de faire croire (pour préserver leurs droits) qu’elles étaient destinées à Cavani : que Kyky voulait sa place de numéro 9. Un autre mensonge : une autre attaque gratuite envers un attaquant qu’ils n’ont jamais apprécié à sa juste valeur. Le meilleur buteur de l’histoire du PSG qu’ils n’ont pas cessé de diminuer au profit de la vedette Neymar. C’est vrai que le Peixe ramène des millions de téléspectateurs à la Ligue 1. Mais à quel prix ? Son hygiène de vie semble poser problème. Continûment blessé, il joue moins que prévu. C’est du business, mais on parle aussi football tout de même…

On omet que Mbappé et Neymar ce n’est plus l’amour fou. L’ambiance récente qui les rapproche est très loin de l’entente qu’ils partageaient à chaque match. Le Bleu a dû comprendre que son explosion fait de l’ombre à l’Auriverde. Annoncé à la Maison Blanche, ses performances post Mondial n’ont pas forcément ravi la concurrence. En l’occurrence celle qui était naturellement pressentie dans la capitale espagnole. Autrement dit, la communication de Mbappé n’a fait que répondre à l’attaque de Neymar. Tu étais, dorénavant je suis…

Affaire à suivre…

La Cathédrale Notre-Dame en feu, le monde a pu contempler le milliardième de ce que peut-être la colère de Dieu. Celui qui a un peu de jugeote a dû comprendre que le problème n’a rien à voir avec une mauvaise manipulation. Sur cette terre où la Foi fait l’objet de railleries, la déception qui a envahi leurs cœurs mime plus l’idolâtrie que la crainte du Créateur. Des pierres on pleure devant des hommes qui meurent. Le Sri-lanka, le Mozambique, les Gilets Jaunes… des centaines de millions d’euros tombent pour mieux les ignorer. Mais que faire, si ce n’est observer Paris perdre son âme. Deux trophées sur cinq possibles, depuis qu’ils se sont moqués de Choupo-Moting, le club de la capitale a entamé sa descente aux enfers.

Les Pompiers par Skeeze – Pixabay CC0

Aime ton prochain comme toi-même

Du début à la fin, c’est la suite logique de toute entité. Qui que vous soyez, votre existence est liée à cette courbe « droite ». Même le Paris SG version QSI qui semblait si dominateur en France, vient vraisemblablement de toucher le fond. L’escouade de Thomas Tuchel a appris à ses dépens qu’il faut respecter son adversaire avant de le battre. Eliminé par Guingamp en Coupe de la Ligue, botté en touche par le Manchester de Tahith Chong en Ligue des Champions, le PSG vient encore de tomber face à Rennes après avoir mené 2-0 et été malmené par le LOSC 5-1. Son dauphin « enragé », a ainsi enclenché une démystification domestique de son image. Une chute qui s’est poursuivi à Nantes avec une défaite 3-2. Et reposé à domicile face à Monaco, le temps d’un titre tristement fêté. Triplé de Mbappé, victoire 3-1 contre un club de la Principauté qui n’a pas su profiter des défaillances de son adversaire.

Elles étaient pourtant assez visibles. Choupo n’était plus là pour recevoir les critiques qui étaient destinées à son équipe. Meunier l’a valablement substitué. Son CSC qui ouvre le score à Lille, a juste rappelé à tous que l’erreur est humaine. Ce qui est arrivé à MCM 17 – est arrivé à Kimpembé contre Man U et Rennes – peut arriver à tout le monde. Sur le second but Croate en finale du Mondial, Lloris a commis une erreur légendaire qui aurait pu être fatale à sa sélection. Parle-t-on d’une Lloris ? Il n’était pourtant pas à sa première « Arconada ». On pense à son « slalom » contre la Suède lors des éliminatoires de la Coupe du Monde Russe. Choix intrigant qui a conduit les Bleus à une défaite 2-1. Et failli priver la France de sa seconde étoile…

Statue représentant la Justice par Morgan4uall – Pixabay CC0

Juste Ciel

Personne n’est à l’abri de jouer un sal tour à ses coéquipiers. Lorsqu’on fait d’un Etre en erreur un sujet d’humiliation : on devient ridicule. Et c’est ce que Paris est devenu après le match nul contre Strasbourg : ridicule. On a dit que le capitaine des Lions Indomptables n’avait pas le niveau pour jouer en Ligue 1 : quelques jours après ceux qui l’avaient se sont pris une raclée historique… en Ligue 1. La pire défaite du club depuis un autre 5-1. C’était à Sedan et le Camerounais Pius Ndiefi avait inscrit un triplé ce jour-là.

Le football est un sport juste. Le PSG était convaincu que les compétitions locales leur appartenaient. Ils ont méprisé leur victoire en championnat (un titre majeur) : ils sont passés devant la Coupe de France. Un échec marqué par un énième mépris à l’endroit de Cavani, la sortie inexplicable de Di Maria, le geste gratuit de Mbappé sur Da Silva (carton rouge justifié) et la droite de Neymar à un supporter rennais. Un coup de poing, un geste odieux défendu par Pierre Ménès sur le plateau du Canal Football Club. Lequel PM qui s’est toujours montré très violent envers Choupo Moting. Ce qui est certain toutefois, c’est qu’il est totalement préférable de voir Choupo Moting manquer l’immanquable, que de voir Neymar frapper un spectateur.

Neymar à Santos par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Appelez les pompiers !

Le Christ a dit : « Si tu n’es pas fidèle dans les petites choses, qui te confiera les grandes ». Le PSG a fixé la Ligue des Champions comme objectif. Mais comment y arriver quand il méprise le tremplin qui est supposé l’y envoyé ? Monaco, Lyon, Marseille et Rennes ont brillé en Coupes d’Europe grâce des ossatures françaises. Sans âme Paris est pris. On n’accède pas au Paradis si on n’a pas les pieds sur terre. Olivier Letang, Ben Arfa… Julien Stéphan, Christophe Galtier et Thierry Laurey ont donné une leçon aux Parisiens. Avant c’était les européens qui leur infligeaient des Remontada, aujourd’hui ce sont les français. Où va Paris ?

Cavani est sur le départ, l’esprit du club entre les mains. Il rejoint Matuidi et ses « pieds carrés » dans un environnement où l’esprit « sport » est roi. « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle ». « Partir c’est mourir un peu ». L’Athlète pour le Christ (surnom de Cavani) part et Paris brûle à petit feu… L’Uruguayen vous laisse Saint-Germain et Neymar Junior « le Grand » :

« Les jeunes, ils sont un peu perdus, ils n’écoutent pas. Les anciens donnent des conseils mais ils répondent. Le coach donne des consignes mais ils répondent.»

Un joueur de 27 ans si vieux qu’il a déjà la mémoire courte :

« Pour avoir plus d’expérience, il faut plus écouter et respecter. C’est ce que je faisais quand j’étais jeune, j’essayais d’apprendre des anciens ».

Le capitaine du Brésil a oublié qu’il avait insulté son entraîneur lorsqu’il évoluait à Santos. Et humilié son aîné Cavani dès son arrivée en France. Comme quoi, tu récoltes ce que tu sèmes. A malin, malin et demi…

Zlatan Ibrahimovic à Manchester United par Ardfern – Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Rouge et noir

La MCN désintégrée, la guerre est donc déclarée. Après El Matador, Ney s’attaque ouvertement au très jeune Kylian Mbappé sans le citer. C’est plus fort que lui. Il voit surement déjà son avenir s’aligner dans son dos. Tourné vers son passé, il est certain dorénavant qu’il n’aurait pas dû quitter Barcelone pour l’argent. Car en réalité, son métier c’est quand même footballeur : pas homme d’affaires. Payé pour évoluer au haut niveau, dans l’Hexagone il a stagné. Au point de se noyer sur « Seine ». De se tromper de cibles… S’il pense pouvoir se faire virer du PSG pour le Real (par exemple) après cette déclaration ubuesque et ce « Sho-ryu-ken » mal placé : il a tiré en l’air. Les Qataris ont tout leur temps. Ils ont l’argent, le nerf de la guerre. Ils peuvent le payer jusqu’à la fin de sa carrière : à ne rien faire…

Aussi, sa cohabitation avec Donatello (surnom qu’il a donné à Mbappé) devrait finir en queue de « Peixe ». De poisson pour ne pas parler Portugais. Pour dire que la prochaine année au PSG s’annonce très chaude. Quelle grande star voudra rejoindre cet été caniculaire ? Après avoir marqué plus de 30 buts et côtoyé Pelé, Kyky le champion du monde va-t-il accepter de rester le lieutenant d’un Général à la « retraite » ? Derrière trois sorties successives en quarts, trois sorties successives en huitièmes, peut-on envisager le pire chez l’octuple champion de France les trois années qui vont suivre ? Un enchaînement cartésien semble se dessiner. Une brochette fraichement enlevée de la braise, comparable à ce constat « angoissant » : les trois équipes qui ont terni la saison de Paris, jouent en rouge et noir. C’est-à-dire l’En Avant Guingamp, Manchester United et le Stade Rennais…

Edson Mexer par Roro 352 – Wikimedia Commons CC-BY SA 4.0

Dimanche dernier, le PSG a encore démontré toute sa puissance en Ligue 1. Sur un double éclair de génie, de Mbappé, qui venait de rentrer, et de Di Maria, les parisiens déclenchaient une onzième victoire de rang dans le championnat d’élite français, laquelle allait se terminer sur un score de 2-0 après le but de Draxler en fin de match. Un record européen égalé, qui ne reflète en rien la réalité européenne des bleus et rouges, en Ligue des Champions notamment,  qui cette fois-ci, risque de les éjecter en Ligue Europa après leur nul face au Napoli du bien décidément désaimé, Edinson Cavani.

Après Blaise Matuidi, champion du monde, critiqué à tort pour sa carence technique, qui aujourd’hui leur manque cruellement, le PSG qatari, est sur le point de perdre Edinson Cavani. Sur le plan psychologique, le break semble déjà fait. Le physique suivra-t-il ? Probablement. La méforme du buteur uruguayen semble liée au manque de reconnaissance dont il se fait la victime. Remplacé contre Lyon pour laisser exploser la paire Neymar-Mbappé, sa frustration semble à son paroxysme. Et si tel était le cas, le PSG perdrait certainement l’âme de son équipe, comme dirait le consultant de Canal + et ancien joueur parisien lui-même, José Pierre Fanfan. Dans une équipe qui manque cruellement d’identité, Cavani aurait été le capitaine parfait. Parler de sa technique pour justifier une telle mise à l’écart, c’est faire preuve d’une fantaisie débonnaire, surtout lorsqu’on pense à son but face au Bastia de Landreau, à ses débuts. En effet, Cavani n’est pas qu’un très bon technicien ; attaquant complet et ambidextre, il est également un modèle de combativité et de coéquipier. Le mettre sur la touche reviendrait tout simplement, à priver le corps parisien de son esprit. Pour franchir ce palier européen, Paris a besoin de calquer son mode d’expression sur celle d’un « Matador » sur la pelouse.