CAN 2019 : Handball

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Ça aurait été trop beau pour être vrai. Une compétition de football qui se termine sans erreurs majeures d’arbitrage. Un match, une finale qui s’est encore jouée sur un fait de jeu notoire : la main de Guedioura dans la surface de réparation à l’heure jeu. Un coup de sifflet qu’aucun sénégalais n’ose réclamer haut et fort : la main de Gueye en demi-finale contre la Tunisie. Et pourtant l’arbitre Alioum avait bien montré le petit point blanc, quand la VAR l’invita à revoir sa décision…

Guedioura par Clément Bucco-Lechat – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Fausse note

Le visu dans son regard, l’officiel camerounais revient de ce pas sur son choix et annule le tir au but. Pourtant le ralenti montre bien le milieu défensif désireux de détourner la balle du bras. Une intentionnalité indubitable : un geste qu’il répètera en toute fin de match. D’un « smash » l’algérien occasionnera le dernier coup-franc de la partie et de la CAN. Comme quoi, les mauvaises habitudes ont la peau dure…

Coups de main

Le football refuse de se débarrasser de ses tares et en semblent même fier. Le ballon rond est la seule sphère sportive où on se vante encore de ne pas siffler une faute avérée. Certaines d’entre elles sont mêmes déifiées : la main de dieu. Le premier but de Maradona en 1986 contre l’Angleterre : une tricherie célébrée. Un exemple pour Messi, qui imitera Diégo en Liga avec entrain : la duperie revalorisée et portée en triomphe…

Justice rendue

C’est quand même bizarre qu’on soit encore à débattre sur un ballon freiné par une main décollée du corps, qui annule une occasion réelle de but. Autant faire comme dans le jeu FIFA : aller dans les paramètres et décocher l’option qui permet à l’arbitre de sanctionner les fautes de mains. Ou mieux encore : enlever la vidéo pour cesser de décrédibiliser les hommes en noir. Si on est incapable d’interpréter ce genre d’action dans le FOOT moderne, ça ne sert à rien de continuer.

Portugal – France à l’Euro 2000 ; Argentine – Nigeria et France – Croatie en Russie… si on a sifflé pénalty pour les Green Eagles (surnom du Nigeria) en demi-finale contre l’Algérie, c’est qu’on aurait dû le faire pour les tunisiens face aux sénégalais et pour les sénégalais en finale. Les décisions arbitrales doivent mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Dans le cas contraire, le football se fera un plaisir de rendre justice. Un plaisir pas toujours partagé… La preuve : les Lions de la Terranga ont été défaits comme ils ont défait les Aigles de Carthage. C’est-à-dire à cause d’un pénalty valable non-sifflé. Équilibre !

Sadio Mané : Ballon d’or…

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Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute, dit un proverbe. Probablement africain étant donné qu’on parle d’un sénégalais. D’un africain qui vient de perdre une finale de coupe d’Afrique. Gros chagrin, double peine pour ce peuple convaincu de disposer d’une foudre de guerre comme sélection. Les favoris ont encore été dévorés. Pas par des Lions Indomptables mais par des Fennecs insatiables, carnivores à l’occasion. C’est triste à dire mais le Sénégal a joué un match amical, l’Algérie une finale…

Sadio Mané par Екатерина Лаут – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cryptonite

Une finale de Coupe d’Afrique. On ne la joue pas on la gagne et les Lions de la Terranga auraient dû le comprendre. On parle de domination, de beau jeu : des mots vains dans les oreilles d’un compétiteur. Bounedjah et boom le Sénégal est K.O à la 2e minute de jeu. Sur les traces du « chinois » Ighalo, meilleur buteur de la CAN : un « qatari ». Auteur de 44 réalisations en 27 matches cette année, le coéquipier de Xavi a démontré qu’il n’y a pas de destination exotique dans le football. Un but, son deuxième : une frappe contrée qui aurait dû forcer Alfred Gomis à se déchirer pour la détourner : pour sa nation. Benlamri a laissé son sang sur la pelouse : le portier de SPAL a accepté d’être battu et son équipe a été battue.

Score final 1-0. Le Sénégal a bien joué et puis quoi ? Alger rit pour reprendre l’Alger-roi Médine. Sous ce maillot de la même couleur verte que le métal capable de plier Superman en deux, DKR pleure. Dommage que Kouyaté et les siens n’aient pas compris que bien faire les choses ne sert à rien quand c’est la défaite qui se profile à l’horizon. On ne joue pas pour jouer. On joue pour gagner. Parler ne suffit pas : il faut agir. Super Mané a fait un très bon match, mais pas celui qu’il fallait. Sur la dernière action par exemple. Sur ce coup-franc légèrement excentré pour son pied droit, le « Onze d’or 2019 » aurait dû prendre ses responsabilités. S’inspirer de Mahrez face au Nigeria et faire le job. On parle d’une occasion en or de revenir… Hélas !

Bravo, tu as perdu…

Pousser ce ballon pour une frappe dans le mur de Salif Sané : le désaveu. Une passe qui cependant n’empêche pas la réalité de penser que le génial n°10 de Liverpool soit aujourd’hui le meilleur joueur du monde. Statut qu’il discutait avec Mo Salah jusqu’ici, sorti trop tôt. Médaille qui assurément a pesé lourd sur les prestations de son équipe. Ragaillardis par leurs talents, elle et lui semblaient convaincus que ce serait la victoire qui viendrait à eux. Sauf que le football marche dans le sens inverse. Les hommes d’Aliou Cissé se sont contentés de la finale et leurs adversaires d’une place dans l’histoire. Quoiqu’à quoi bon gagner dans ce sport moderne où on récompense les perdants.

Modric Ballon d’or, pourquoi pas Mané ? Vainqueur de la Ligue des Champions, il est le footballeur le plus accompli de cette saison. Sauf qu’il est africain. Et dans l’esprit de la majorité de ceux qui votent les premiers de la classe, les footballeurs africains manquent de classe. On sous-estime leur football pourtant Percy Tau a terrassé Salah et Belaili Mané : deux fois. Bref, une qualité qu’on ne présente plus. Aussi, si Eto’o et Drogba n’ont pas été Ballon d’or ce n’est surement pas Mané « Garrincha » qui le sera. A moins que…

Qu’il se console avec le Ballon d’or Africain. Lequel irait bien à un Algérien. Mais comme dirait Djamel Belmadi : « ça faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné en Afrique… »

CAN 2019 : L’union africaine

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Ce ne sera pas l’Egypte. Ce ne sera pas le Cameroun. Les Lions Indomptables se consoleront chez les Lionnes Indomptables du Volley-Ball, encore victorieuses (en Égypte) de leur CAN. Quand le septuple champion d’Afrique lui, ne se rassasiera certainement pas du ménage effectué dans sa fédération. Les Pharaons devront encore souffrir de voir leurs « ennemis » algériens tenter de broder une seconde étoile sur leur maillot. Aussi, ils devront passer sur les sénégalais. Lions de la Terranga qui semblent avoir perdu leur légendaire sens de l’hospitalité, le temps de neuf dizaines de minutes.

Victoire !

L’Afrique a gagnée… Sans attendre l’issue de cette finale entre l’Algérie et le Sénégal, on peut le scander. Affirmation tautologique : refrain qui vaut son pesant d’or. Il est cette expression soulignant avec joie, qu’au pays de Mo Salah, Sadio Mané et Riyad Mahrez seront rois. Une triste nouvelle pour le Pharaon, une fierté pour le Lion et le Fennec.

Malheur au perdant certes. Mais l’Afrique restera fière. Fière de compter dans sa grande famille des joueurs de ce rang. Mané, Mahrez, l’un des meilleurs joueurs du monde sera le meilleur joueur de cette CAN. Potentiel The Best, Ballon d’or France Football et Africain, le désormais meilleur joueur sénégalais de tous les temps et le meilleur joueur de PL 2016 sont sûrs d’écrire une page historique. Un script mythique pour l’histoire du football africain, Aliou Cissé et Djamel Belmadi tous deux Africains.

Une tactique revalorisée

Un subsaharien, un maghrébin : l’union africaine dans son élément. Un au sud, l’autre au nord, la coupe d’Afrique des nations se jouera entre deux tacticiens « frères ». Un affrontement mué en rencontre Fair-Play : deux cultures en intelligence. Un exemple, une nouvelle preuve qu’il y’a sur ce continent des techniciens capables de faire dans l’excellence.

Le sénégalais et l’algérien ont montré qu’ils peuvent se mettre au niveau des européens et autres. Deux équipes qui se sont tant cherchées… Qui se sont retrouvées lorsqu’elles sont restées à leurs places. Elles ont fait avec ceux qu’elles avaient : elles ont avancé. L’identité, un remake culturel de la finale de 2017 : une petite touche en plus. Le banc reconsidéré, Hector Cuper et Hugo Broos ont été honorablement substitués. Une grande victoire pour cette Afrique tant mésestimée, tourbillonnée par ces nombreuses incongruités. La qualité au rendez-vous, grâce au football la sagesse africaine regagne du terrain.

Pourquoi le Cameroun sera champion d’Afrique ?

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Ceci n’est qu’une suggestion, mais les Lions indomptables pourraient bien être les nouveaux champions d’Afrique. Sur son nouveau maillot, le Cameroun a été privé des cinq étoiles qui font sa fierté. Ses cinq Coupes d’Afrique… Mais ce n’est pas grave. C’est le signe d’un nouveau départ. Une nouvelle ère commence.

Zambo Anguissa par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cocorico

Pour étoffer la thèse d’un Cameroun victorieux, on avait déjà évoqué la présence d’une paire de gardiens exceptionnels dans son effectif. Nkono – Bell, Alioum Boukar – Songo’o, Ondoa – Onana, un argument aujourd’hui soutenu par la marque qui bombera leur torse : le Coq Sportif.

Un retour qui marquerait le début d’une autre période dominatrice pour le football camerounais. En effet, la première fois que les Lions Indomptables ont fait trembler le monde, ils portaient une tunique dessinée par la griffe du gallinacé. Le roi de la basse-cour rencontrait alors le roi de la jungle pour une Coupe du Monde 1982 inédite.

Une première pour les coéquipiers de Roger Milla. Trois points, zéro défaite : une sortie la « crête » haute au premier tour. Un tiercé gagnant de matches nuls à l’origine d’une heure de gloire qui les conduira deux ans plus tard à leur premier trophée international : la CAN 1984.

Cocorico 2.0

1984 où l’année qui décrit bien cet autre fait qui devrait mener le Cameroun à une sixième étoile. Une année marquant la naissance de deux grandes écuries mondiales : la France championne d’Europe pour la première fois et le Cameroun champion d’Afrique pour la première fois. L’expression d’un parallélisme qui veut que les périodes fastes des Bleus coïncident toujours avec celles des Félins.

Entre 1982 et 1988, la France remporte l’Euro 84 et joue deux demi-finales de Coupe du Monde. Pendant que le Cameroun remporte deux Coupes d’Afrique (1984 et 1988) sur trois finales successives jouées. Entre 1998 et 2002, la France remporte la Coupe du Monde en 1998 et l’Euro en 2000. Pendant que le Cameroun remporte successivement deux autres CAN en 2000 et 2002. Et entre 2017 et ce jour, la France a été championne du monde en 2018. Et le Cameroun a remporté la CAN en 2017 (et 2019 ?).

We The North

Lorsqu’on évoque les favoris pour la CAN 2019, le Sénégal revient naturellement. On voit le Onze d’Or 2019 Sadio Mané et ses nombreux coéquipiers titulaires sur le Vieux Continent. Omnibulé à juste titre, on se range et omet qu’il y a eu la Côte d’Ivoire de Didier Drogba avant eux… : que pour remporter ce trophée, jouer en Europe ne suffit pas. Le niveau de la CAN est plus élevé que celui de la Ligue des Champions et des autres compétitions Européennes de club. Les meilleurs joueurs Africains du monde réunis, la Zambie de Kalaba et l’Égypte d’Aboutrika l’ont prouvé : il faut un supplément d’âme pour aller la chercher. D’autant plus que celle-ci ne se joue pas dans un endroit anodin.

Jouer et gagner en Égypte demande une force de caractère au-dessus de la moyenne. Une personnalité très forte que seules trois équipes possèdent au sud du Sahara : le Cameroun, le Ghana et le Nigeria. Les frères ennemis sont les seules équipes d’Afrique subsaharienne à avoir remporté une CAN en Afrique du Nord. Ne pas les citer comme favorites est une grosse erreur. Mais bon, on est habitué. Tu peux être sextuple, quintuple, quadruple ou triple champion d’Afrique et ne pas être favori pour soulever la Coupe d’Afrique. Cependant…Quoiqu’on dise, le Cameroun et l’Égypte restent les potentiels vainqueurs de la prochaine Coupe d’Afrique. Ce sont les derniers finalistes et les deux meilleures équipes du Continent.

La CAN, la Coupe d’Afrique du Nord

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Tunis, le 31 mai 2019 au Stade de Radès. Perdu dans un nuage épais né de fumigènes, le cuir. Un ballon qui part de l’entrée de la surface pour son flanc gauche. Centre, tête et la toile d’araignée de Jridi est nettoyée. On joue la 58e minute, le Wydad de Casablanca répond à la sublime frappe enroulée de Belaïli et revient au score. Un but clair, une action contestée. L’arbitre Bakary Gassama doute et annule l’égalisation d’El Karti. Stupéfait, Noussir son capitaine va rencontrer l’officiel Sénégalais et réclame la vidéo… : la vidéo ne marche pas. Consternés, les Marocains refusent de reprendre le match. Le temps s’écoule : la fin est sifflée. L’Espérance de Tunis l’emporte et reçoit son trophée. Une joie immense, nous sommes en finale de Ligue des Champions.

L’Espérance de Tunis en 2011 contre le Wydad de Casablanca en finale de Ligue des champions par mustapha_ennaimi – Wikipedia CC BY 2.0

Contrastes

Quand on a vu la finale entre Tottenham et Liverpool. Lorsqu’on se remet celle entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, on se demande ce qui se passe réellement en Afrique. Le football Africain peine toujours à mûrir et c’est dans son domaine supposé le plus développé qu’on le constate amèrement.

Jouer en Afrique du Nord est devenu un véritable supplice. Même le Wydad qui y siège n’a pas pu supporter ce que le club Angolais de Primeiro de Agosto a enduré l’an passé. Les Wydadis ont encore démontré que jouer « chez eux » ; se rendre dans cette partie du monde pour un match relève presque de l’héroïsme. Les histoires racontées par ces enceintes donnent souvent la chair de poule. Et le pire c’est que ça va de mal en pis.

Supporters tunisiens au Stade Olympique de Radès par Anja S. in Radès Stadium for DrFO.Jr.Tn – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un passé ultra présent

On aurait pourtant espéré le contraire. Après la mort d’Albert Ebossé, les choses auraient dû bouger. Hélas, rien n’a changé. Le retour dans le futur est plus que jamais acté. Les bus des visiteurs caillassés, les supporters ont conservé leur show bouillant : leurs lasers verts. Objets très dangereux qu’ils promènent sur le visage des joueurs adverses en toute impunité. Inconscience qui peut sérieusement endommager la vue des personnes sur lesquelles le réflecteur est utilisé.

Le cœur apaisé, on aurait pu se souvenir de Sénégal – Tunisie à la CAN 2004. De ses 10 minutes au moins d’arrêts de jeu : de la colère d’El Hadji Diouf… Du 18 Juin 2000 à Tripoli lors des éliminatoires du Mondial 2002, le Cameroun et son staff arrosés de pierres. Triplé de Patrick Mboma, une victoire 0-3 qui provoquera le courroux de ce public nord-africain difficile à battre. Des fans qui ont de qui tenir cependant, leurs idoles leur montrant la voie. Exemple : RS Berkane – Club Sfaxien.

Tifos des supporters du Club Sfaxien par Citizen59 – Wikipedia CC BY 3.0

Demi-finale retour de la Coupe de la CAF 2018/2019, on va encore assister à du jamais vu. Vainqueur à l’aller 2-0, les Sfaxiens perdent 3-0 chez leurs voisins Berkanis. Une déconvenue due notamment à un arbitrage calamiteux. Lequel néanmoins, ne mérite pas d’être réprimandé de cette façon… Wassim Hnid, Houssem Dagdoug, Aymen Harz, les joueurs. Mahmoud Masmoudi l’entraineur adjoint et son compère Karim Ghorbel se sont tous rués sur l’arbitre Maguette Ndiaye et l’ont frappé. Une image indescriptible, des vestiaires saccagés, les sanctions de la CAF tomberont sans rien changer. Sans réussir à nous faire oublier ce fameux Guinée Equatoriale – Tunisie de la CAN 2015.

Mauvais arbitrage, défaite, l’inconduite à ses aises. Les Aigles de Carthage accusent l’arbitre Mauricien Seechurn Rajindrapasard de partialité. Le lui font savoir à leur manière, évidemment. Se rendent aux vestiaires. Les vandalisent et refusent de s’excuser. Un classique, une conduite à des années lumières de celle du Japon après sa défaite contre la Belgique en Coupe du Monde. Défaits 3-2 en huitièmes, les Nippons avaient quitté la compétition après avoir nettoyé le vestiaire.

Siège historique de l’Espérance de Tunis par Moumou82 – Wikipedia (Domaine Public)

De la tête aux pieds

Aussi on attend toujours que ce football se vide de ses tares. Que les dirigeants de ces entités bien structurées passent outre leur passion excessive pour définitivement progresser : aider l’Afrique à progresser. Même s’ils ne se considèrent pas souvent comme des Africains, ils devraient y songer. Regarder la vérité en face et rappeler leurs supporters à l’ordre. Car si le Maroc n’a pas été choisi pour le Mondial 2026, c’est aussi parce que le Continent Noir lui a tourné le dos.

L’Angleterre a perdu sa royauté le jour où ses supporters ont dérapé. Si aujourd’hui ils sont revenus au sommet, c’est parce qu’ils ont su recadrer leur part d’ombre. Cette attitude peu louable permet aux clubs Maghrébins de gagner des matches. Mais donnent une très mauvaise image de leur gestion. Surtout qu’elle semble majoritairement orientée vers les équipes sub-sahariennes.

Lors des compétitions mondiales jouées au Maroc par exemple, aucun débordement excessif n’a été noté. Enregistré dans les mêmes colonnes que ce qui a pris l’habitude de se passer au Stade Municipal de Berkane. Le Jaraaf, le Raja… l’hospitalité du RSB a quasiment perdu sa crédibilité sur le plan sportif. Professionnel, le club d’Alain Traoré gagne des matches mais reste enclavée par les casseroles qu’il traine. L’accueil, l’arbitrage…

SyntekExifImageTitle ( Ville du 6 Octobre où siège la CAF) par Ahmadpontymageed – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Au sommet de la pyramide

Un supporter, des joueurs et des patrons qui font tout pour que leur équipe gagnent : c’est compréhensible. Mais quand l’instance qui est chargée d’équilibrer les chances n’arrive pas à punir leurs inadvertances : ça devient triste. La CAF siège en Égypte et s’est réunie à Paris pour trouver une issue à la crise née du « Radès Gate ». Conclusion : la finale sera rejouée en terrain neutre. Pourquoi ? Parce qu’un club s’est arrêté de jouer. S’il fallait que toutes les équipes refusent à chaque fois de terminer les matches pour des buts injustement refusés, où irai le football ?

Certes ce n’est pas normal que la vidéo ne marche pas lors d’un tel événement. Toutefois, s’arrêter pour un motif de ce genre c’est maladroit et pas du tout Fair Play. Les Sang et Or (surnom des joueurs de l’Esperance de Tunis) méritent leur quatrième titre. Les erreurs sont à la portée de tout le monde. La déférence envers les institutions est la seule expression sportive encourageante. Respecter les décisions arbitrales est un devoir. Refuser de le faire c’est se mettre au-dessus des règles.

Le président Ahmad Ahmad a déclaré avoir été menacé par le président de l’Espérance de Tunis :

« Le président de l’Espérance de Tunis m’a menacé devant des témoins. Des grands présidents de club en Afrique condamnent les pratiques de ce club, mais nous n’avons pas de preuves. Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? »

Vrai ? Faux ? Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? C’est à la CAF de répondre à cette question qui n’a pas lieu d’être. C’est elle qui est en charge de l’arbitrage. Pas à l’EST. Ce type de sortie dénote un gros souci. Une suite logique. Le football de l’Afrique « Blanche » se sent supérieur à la CAF. Un état des faits que celle-ci semble cautionner. L’arbitrage, on n’en parle même plus. La peur ? Là-bas on n’est jamais à l’abri d’une grossière erreur. On s’y fait presque… Eux non, bizarrement.

Supporters égyptiens par Citadelite – Wikipedia CC BY-SA 3.0

RDV

Le désordre n’a pas de nationalité. Le but n’est pas de stigmatiser un football. Mais de montrer du doigt un déroulement inacceptable qui semble s’éterniser. Les Pharaons, la plus grande équipe du Berceau de l’Humanité nous vient de ce pan : son côté septentrional. Ils nous incombent donc de le protéger. Et seule la vérité protège. Dire que le football Africain se porte bien après ce qu’on a vu à Radès le 31 mai dernier, c’est mentir. Si elle ne veut pas rester au fond du classement, l’administration Africaine du sport roi doit trouver des solutions. Il y va de sa dignité, de la qualité de la CAN 2019 en Egypte et des prochaines compétitions qui se joueront au nord du Sahara.

Cameroun – Comores : Le TAS après la tasse

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On connaît maintenant les 24 qualifiés pour la CAN 2019 en Égypte. Parmi eux le Cameroun : ancien pays organisateur. Les Lions Indomptables sont sauvagement venus à bout des Comores 3-0 dans leur forteresse imprenable de Mfandena. Un succès sans appel qui prive les Comoriens d’une première participation à la Coupe d’Afrique des Nations. Déconvenue qui ne les empêche pas de garder espoir néanmoins…

Hope par WildOne – Pixabay CC0

Le poisson braisé

C’était sous une pluie battante au Stade Ahmadou Ahidjo. Les supporters étaient venus nombreux pour s’aligner derrière leur équipe. Un choix payant, Choupo-Moting ouvrant facilement le score à la 38e. Le Cameroun maitrise son sujet, va à la pause et revient lui asséner le coup fatal à la 53e. Passe de Zambo Anguissa, but de Bassogog : une rencontre à sens unique. Le match plié, les occasions camerounaises se multiplient et s’achèvent sur un numéro de Clinton Njie à la 89e. Entré en jeu, le Marseillais élimine parfaitement Ahamada pour tranquillement pousser le ballon dans les filets vides des Cœlacanthes. Le poisson est braisé…

C’est la fête dans le vestiaire camerounais. Les Lions ont répondu à leurs détracteurs de la plus belle des manières. Une victoire qui aurait pu ne pas arriver s’ils ne s’étaient pas sentis blessés… : si les Comoriens étaient restés concentrés sur le jeu. Si le Cameroun a pu battre l’Argentine de Maradona – championne du monde en titre – c’est que les Comores auraient pu battre les Camerounais. Il leur fallait seulement trois points pour passer. C’est le goal-average particulier qui compte et ils n’ont pas su en profiter. Ils ont préféré se concentrer sur l’extra-sportif.

« C’est officiel. La Fédération de foot des Comores a déposé une procédure d’appel auprès du TAS contre la décision de la CAF de refuser d’exclure le Cameroun de la CAN 2019 après lui avoir retiré l’organisation, conformément à l’article 92 du règlement de la CAN. »

Cette orientation administrative a coûté très cher aux locataires du Stade Said Mohamed Cheikh. Avant la plainte les Comores c’est : 5 points de pris sur 15. Après c’est zéro sur trois. Ils ont perdu le match qu’il ne fallait pas perdre et leur rêve s’est noyé dans un cauchemar. Ben Amir Saadi :

« Les règlements sont simples et les précédents faciles à trouver : le CHAN 2017 avec le Kenya exclu, le Maroc en 2015, ou Madagascar lors de la CAN des jeunes. On veut donc que nos droits soient respectés. Mais la CAF fait tout pour que notre procédure n’aille pas au bout. (…) »

Voilà comment une équipe qui avait son destin entre les pieds, s’est retrouvé la queue entre les jambes. Et pendant qu’elle passait de plateaux en plateaux pour se plaindre, les Malawites eux se préparaient à prendre leur troisième place.

Ali Ahamada par GuillaumeG – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Un combat pour rien

Chose promise, chose due. Les Comores se sont préparés pour un procès, ils ont perdu le match de foot. Le Cameroun est parti et le Malawi est revenu. Les coéquipiers de Gerard Phiri Jr ont fait 0-0 à domicile contre le Maroc et les revoilà en position « qualificative ». Les Flammes (surnom des joueurs du Malawi) comptent désormais le même nombre de points que les Comores mais passent devant à la différence de buts particulière. Règle basée sur l’issue de la confrontation aller-retour qui donne la victoire à l’ancien Nyassaland. Victoire 1-0 à l’aller et défaite 2-1 au retour à Moroni (capitale des Comores). Patrick Phiri est l’auteur de ce but à l’extérieur qui réduit drastiquement les chances des Comores de s’envoler pour Le Caire.

Bien qu’elle soit prête à la contester, cette loi sur la double confrontation n’a pas été établie pour éliminer l’équipe nationale comorienne. Le Mozambique qui comptait également le même nombre de points (8) que la Namibie, a lui aussi été victime de la différence de buts particulière. Malgré une différence de buts générale défavorable (-2 contre 0), les Namibiens sont sortis du groupe K aux dépens des Mozambicains. Les Courageux Guerriers de Windhoek ont battu les Mambas de Maputo sur l’ensemble des deux manches pour empocher leur ticket. 1-2 à l’aller et 1-0 au retour. Conclusion : si le recours aboutissait, c’est le Malawi qui partirait à la CAN (avec le Mozambique). Et ce même si on annulait le match contre le Cameroun.

Le Château de Béthusy, abritant le siège du Tribunal arbitral du sport à Lausanne, Suisse par Fanny Schertzer – Wikipedia CC BY 3.0

Oh TAS toi qui sait tout !

Les Comores vont donc probablement tout perdre avec leur recours devant le Tribunal Arbitral du Sport. Entreprise devenue monnaie courante depuis l’éviction de Platini de la FIFA. L’instance basée à Lausanne a donné raison au français et depuis tout le monde veut gagner en appel. Mais comment expliquer ces propos non-coupables de Michel Platini :

« Quand on a organisé le calendrier, si on (la France) finissait premier et le Brésil premier, ils ne pouvaient pas se rencontrer avant la finale. Ecoutez, on est à la maison, il faut bien profiter des choses, alors on ne va pas s’emmerder pendant six ans à organiser la Coupe du monde si on ne peut pas faire quelques petites magouilles : vous pensez que les autres ne le faisaient pas aux autres Coupes du monde ? »

Un forfait justifie-t-il un autre ? Pourquoi n’a-t-on pas rejoué Cameroun – Chili en 1998, Chelsea – Barcelone en 2009 ou France – Irlande en 2010 comme Afrique du Sud – Sénégal en 2018 ? Où sont passés les quatre matchs de suspension écopés par Lionel Messi à la fin des éliminatoires du Mondial 2018 ? Pourquoi l’Australie est un pays asiatique et le Suriname voisin du Brésil, un pays nord-américain ? Pourquoi tant de questions « existentielles » pour le jeu le plus simple ? Parce qu’il y’a des questions dans le football auxquelles on ne peut pas répondre.

On doit juste comprendre que la justice humaine est imparfaite et faire avec. Si le TAS juge que le Cameroun n’est pas habileté à jouer la prochaine CAN, il peut quand même comprendre que les champions en titre aient été graciés par le président de la CAF. A tort, à raison, la grâce est un acte de droit… comme le sport est une surface de réparation des injustices humaines. Au-dessus de la franchise altérée des Hommes, il donne toujours raison à la bonne personne. Si le Cameroun ne méritait pas de se qualifier pour cette compétition, les Comores les auraient éliminés.

Confédération Africaine de Football par EOZyo – Wikipedia (Domaine Public)

Cafophonie

En revanche, l’évidence ici c’est que le football africain traverse de sérieuses mésaventures. Des accrocs qui abîment l’image de son organisation. On pense à l’annulation curieuse de la suspension du club égyptien  du SC Ismaily de la Ligue des Champions Africaine. On rumine ce « retourné acrobatique » et on assimile mieux le courroux des Comores. Irritation qui fait toutefois mal de croire que le Cameroun ait été sanctionné. Il n’y a pas eu de peines, il n’y avait donc pas de tort. C’est aussi naïf que ça. On ne punit pas un innocent…

Pourquoi donc ce retrait de la CAN au Cameroun ? Possiblement pour compenser. Le septentrion du Continent Noir a dû se sentir lésé derrière toutes ces attributions. Aussi, l’équilibre devait être rétabli après les lourdes sanctions subies par le Maroc en 2015. L’Afrique du Nord n’a surement pas voulu attendre que le Cameroun, la Côte d’Ivoire et la Guinée passent pour faire son retour. Six ans c’est beaucoup… Surtout quand on sait que les équipes Maghrébines sont faibles au sud du Sahara et fortes chez elles. Elles qui n’ont plus gagné de CAN depuis 2010 avec l’Égypte.

Il y’a donc certainement eu un forcing nord-africain. Lequel a tout d’abord écarté l’Afrique du sud – pays africain le mieux indiqué pour reprendre « de volée » une CAN à 24 équipes. Et créé enfin le fameux glissement : Cameroun 2021, Côte d’Ivoire 2023 et Guinée 2025. Pour le compte du bloc, le Maroc faisait ainsi diversion pendant que les Pharaons se servaient. Au grand bonheur de Mohamed Salah ; meilleur joueur africain qui par hasard n’a toujours rien gagné en Afrique à cause du pays d’Aboubakar Vincent.

Aboubakar Vincent (contre le Chili) par Дмитрий Садовник – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Fou fou Foot…

Fallait-il éviter le Cameroun ? Un grand rival de moins, c’est toujours ça de gagner. Il y’a clairement comme un acharnement sur ce quintuple champion d’Afrique. On a tendance à vite oublier ce que ces derniers ont fait pour le football africain : à facilement les traîner dans la boue. Le Cameroun n’est pas parfait mais il n’est pas insupportable non plus. La victoire sur le terrain après l’organisation, les premiers « maux » d’Ahmad Ahmad étaient bien contre la terre natale de son prédécesseur Issa Hayatou. Ça sent une tentative dupliquée d’écarter l’incorrigible félin. Quoiqu’il n’y a pas plus dangereux qu’une sélection camerounaise qui se sent injustement combattue.

François Omam Biyik par Auteur Inconnu – Wikipedia (Domaine Public)

Après le retrait de la CAN, le Cameroun aurait pu appeler au TAS. Il l’a même fait par la voix de l’Association des Clubs de Football Amateur du Cameroun (ACFAC). Un dessein vite désavoué par la Fédération Camerounaise de Football. L’instance dirigée par Seidou Mbombo Njoya a choisi de se projeter sur les échéances à venir et de respecter la décision de la Confédération Africaine de Football. Communiqué :

« La Fécafoot tient à condamner et à décourager toute action contrevenante à la volonté des acteurs de bonne foi de travailler, avec la CAF et les autres partenaires extérieurs du Cameroun, au développement du football. (…) »

Une attitude qui a valu à sa « Chère Patrie » une éventuelle double qualification. Triomphes qui prouvent bien que la place d’une équipe de football est sur la pelouse. Le Cameroun participera à sa dix-neuvième CAN parce qu’il joue mieux au football que les Comores. C’est tout….