Andrés Iniesta : Un Ballon d’or dans les mains

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L’image la plus évidente d’un footballeur élu Ballon d’or, est celle le montrant de façon élégante le Ballon d’or dans les mains. Logique ! Porté par Luka Modric désormais, le trophée forgé par le bijoutier français Mellerio dits Meller n’a jamais dérogé à cette règle. Depuis sa création en 1956, l’orfèvrerie a généralement fait de son propriétaire la plus précieuse des « pierres » balle aux pieds. Un joueur d’exception, un joyau taillé par un Homme. Un chef-d’œuvre humain avec tout ce que ça comporte comme imperfections…

Andres Iniesta par Clément Bucco-Lechat – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Objet de divergences

Aussi prestigieux soit-il, un trophée reste un objet. Incapable il est de trouver son véritable possesseur tout seul. Sa qualité de corps inerte exige qu’il soit guidé. Piloté le cas échéant par une humanité dotée d’une sincère objectivité.

L’année dernière Jorge Valdano déclarait : « Luka est un joueur merveilleux, il est l’un des rares joueurs dans le monde qui peut vous réconcilier avec le football. Modric est clairement le “Andres Iniesta” qui était en Afrique du Sud il y a huit ans, il embellit le football. » Une comparaison excessive qui pourtant a porté ses fruits. L’argentin a été suivi et le croate élu Ballon d’or. Le métronome Merengue a bénéficié de son statut de finaliste du Mondial 2018 pour terminer au premier rang. Une récompense doublée du Prix The Best décerné par la FIFA. Un présent qui entretient son peu glorieux passé récent.

En effet, en septembre 2016 France Football et la Fédération Internationale de Football mirent un terme à leur coopération pour l’attribution du Ballon d’or. Une désunion qui continue toutefois de faire un avec le résultat final, la différence nulle à l’aube de sa troisième année. Ronaldo en 2016 et 2017, Modric maintenant et toujours pas d’Iniesta. Pourtant « il y’a huit ans », le Blaugrana remportait la Coupe du Monde face aux Pays-Bas. Un succès pour « rien » : une deuxième place injuste derrière Lionel Messi au Ballon d’or. L’unique buteur de la finale du premier Mondial Africain connait alors la meilleure performance de sa carrière dans l’histoire de ce classement. Une erreur irréparable que l’autorité compétente du football européen corrigera du mieux qu’elle peut deux ans plus tard…

Luis Suarez par Auteur Inconnu – Wikipedia Domaine Public

Meilleur joueur du Vieux Monde

En 2012 Andrès Iniesta recevait le Prix UEFA du Meilleur Joueur d’Europe. Laquelle parure constitue sa seule « médaille d’or » obtenue sur une saison des institutions du football. A l’origine de la distinction, une seconde victoire de suite à l’Euro après 2008. Une promotion qui relie naturellement le destin du meilleur joueur du Championnat d’Europe en question à celui de Luis Suárez. Le champion d’Europe 1964 reste l’unique Ballon d’or espagnol à ce jour. Barcelonais à l’époque, le coéquipier du légendaire Laszlo Kubala venait de remporter le Championnat d’Espagne et la Coupe d’Europe des Villes de Foire. Nous sommes en Décembre 1960 et la récompense désigne le meilleur joueur évoluant en Europe.

Une précision indispensable : un changement qui interpelle. Depuis que le Ballon d’or désigne le meilleur joueur du monde, aucun espagnol n’a été sacré. Tant en sélection qu’au FC Barcelone, Léo Messi a bénéficié seul de l’hégémonie Ibérique du football. Un jeu collectif porté par un Iniesta stratosphérique et ignoré. Le Don Balón 2009 a pourtant plus impacté le football européen et mondial que son « aîné » Luisito (Surnom de Luis Suárez). Le milieu gauche que France Football assimilait à « L’autorité d’un duc, la précision d’un géomètre et la beauté d’un Apollon » et Di Stefano au « grand architecte du football mondial » n’atteint pas le champion du monde à la cheville. Et ce n’est pas Juan Roman Riquelme qui pourra le nier : « Il faut regarder le jeu de Barcelone pour apprendre. Et surtout Iniesta. Parce que si Messi et Cristiano inscrivent beaucoup de buts, le meilleur c’est Iniesta, il t’apprend à jouer au football. »

FC Barcelone par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le vrai Andrés

Lionel Andrés Messi Cuccitini a été Ballon d’or de 2009 à 2012 et en 2015. Deux périodes qui coïncident bizarrement avec un gigantesque Andrés Iniesta Luján. Les fortunes diverses des deux Catalans en équipe nationale en sont la preuve. Sans Iniesta, Messi c’est 0 trophées internationaux. Avec Iniesta, Messi c’est 4 Ligues des Champions. Trois avec exactitude, étant donné qu’en 2006 l’espagnol était déjà essentiel au club Bleu et Grenat, contrairement à l’Albicéleste. Arrivé en 2002 en A, utilisé comme latéral droit, avant-centre, ailier, milieu relayeur, offensif et récupérateur par les hollandais Louis Van Gaal et Frank Rijkaard, le stratège cumulait déjà plus de 100 matchs à son actif. On se souvient de ce but magique qui élimine Chelsea et qualifie le Barça pour la finale en 2009. Quand son impact date déjà d’au moins trois ans auparavant.

En 2006 comme en 2009, Iniesta est à l’origine des buts de Samuel Eto’o lors des finales contre Arsenal et Manchester United. Face aux Gunners Henrik Larsson donnera la passe décisive au Camerounais. Mais contre les Mancuniens ce sera le petit génie de la Roja qui servira le Lion Indomptable après une percée héroïque. Une performance qu’il rééditera en 2011 avec Lionel Messi à la finition ensuite et en 2015 avec Rakitic à la conclusion enfin. Deux victoires 3-1 contre Man U « again » et la Juventus qui complètent la somme à quatre sur les cinq succès décomptés par le club en Ligue des Champions. En outre, Iniesta a joué un rôle capital dans les victoires barcelonaises du 21e siècle. Une constance au sommet, l’apologie d’un talent immense qui ne sera jamais gratifié à sa juste valeur. La faute à ce football qui n’a d’yeux que pour le buteur.

Andrés Iniesta en 2015 par Олег Дубина – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Mal tombé

Iniesta est le point d’attache entre la génération des trois « O » et la sienne. Un lien de « Winners » qui fait sans aucun doute de lui le meilleur joueur de l’histoire du Barça et de l’équipe nationale d’Espagne. On n’oublie pas Xavi… Cependant, près de lui l’ancien nouveau Guardiola disparaît malheureusement. Pour admirer le sociétaire d’Al Sadd SC il faut connaître le football : pour admirer Iniesta, il faut aimer le football. Ou pas… Le voir jouer demande même parfois moins qu’un passionné du ballon rond pour l’admirer. Il fait peu trembler les filets… Mais il marque les esprits. Ses réalisations sont inoubliables. 57 buts en 675 matchs au Barça, son total sur 16 ans équivaut à celui de Messi en une saison. Mais les deux sont-ils vraiment comparables ?

En 2015, Javier Martos ancien camarade d’Iniesta, Xavi et Messi à la Masia affirmait : « Pour moi, il est plus complet que Xavi. Ils gardent tous les deux bien la balle et jouent bien. Mais Iniesta peut déborder sur un côté, il marque facilement. (…) J’ai joué avec Messi et beaucoup d’autres, Iniesta est le meilleur joueur que j’ai vu de ma carrière. C’est un super joueur. Il était plus fort que Messi ? Oui, chez les jeunes. Messi est désormais arrivé à maturité, Iniesta était déjà un joueur mature dès son plus jeune âge. (…) C’était le plus fort techniquement, le premier à faire son travail, le premier à courir sur le terrain. Et cela donnait l’envie aux autres de faire pareil. » Une thèse corroborée la même année par Ivan Rakitic : «  Je crois qu’il ne surprend personne. Il est arrivé à un tel niveau que c’est quand il n’est pas à ce niveau qu’on est surpris. Andrès, c’est la magie du foot, on admire tout ce qu’il fait. » Et dire qu’on a failli le perdre…

Lors de la saison 2008/2009 Iniesta a connu une grosse dépression. Un dégout de la vie qui succède à un triplé historique avec le Barça et à la mort de son ami et ancien capitaine de l’Espanyol de Barcelone : Dani Jarque. Le mythique n°8 Alzugrana (Surnom des joueurs du Barça) a même songé au suicide : «  Oui, ce sont des situations vraiment extrêmes. Pas parce que je voulais le faire ou ai même eu l’idée de le faire, mais parce que l’on est plus soi-même. Je sais que lorsque l’on est très vulnérable, il est difficile de garder le contrôle et n’importe quoi peut alors se passer, en l’espace de quelques secondes, il y a certaines décisions que l’on prend car on ne se sent pas bien.  »

Heureusement, le pire n’arrivera pas. Iniesta dédiera son but en finale du Mondial 2010 à son ami décédé et poursuivra sa conquête du monde jusqu’en J-League. En 2018 il signe au Vissel Kobe pour « contribuer au développement du foot japonais ». Une destination nippone qui est tout sauf un hasard. Le futur Messi serait du pays du soleil levant : Takefusa Kubo. Affaire à suivre…

FC Barcelone par Christopher Johnson – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Football Total

A lui seul Andrés Iniesta incarne l’identité même du Barça. Il marque, passe, attaque, presse défend… : c’est le football total. Son absence crée derrière lui un vide irremplaçable. Une efficacité que Valverde et ses supérieurs peinent à retrouver. Un espace que seule sa présence peut occuper. L’héritage incommensurable, le style aussi déroutant qu’inspirant pour des jeunes virtuoses tels le Lyonnais Houssem Aouar. Son legs provoque certainement un effet boomerang favorable au futur du football et du Barça : «  Je ne dirais pas que je ne voudrais pas être entraîneur du Barça, mais ce n’est pas une chose à laquelle je pense actuellement. On verra au fil du temps, mais je veux revenir ici dans un rôle qui me conviendra. Je me sens chez moi et j’espère pouvoir transmettre ce que j’ai appris et ce que j’ai ressenti pour ce club.  »

Andres Iniesta par Clément Bucco-Lechat – Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Applaudi par les supporters « ennemis » du Real, l’Espagne unie pour l’aduler, le joueur de 35 ans reviendrait de ce fait sur une cour oublieuse. Non pas celle qui a édifié cette statue en son honneur. Mais bien celle qui a ignoré son statut parmi les meilleurs joueurs de l’histoire du sport roi. Valeureux soldat à tous les sens du terme, il aurait pu déprimer comme Ribery à cause de ce manque criant de reconnaissance. Que non… Il est resté fidèle à ses principes devant la feinte. Une ingratitude matérialisée par ce « Balon de Oro »  qu’il a mérité au moins cinq fois dans sa vie. Sur les 22 succès cumulés par le Barça et le Real Madrid, un seul est réellement espagnol et ce n’est pas lui. C’est dommage ! « Le football, ce n’est pas que le but » suggère-t-il humblement. Encore faudrait-il qu’il soit entendu, l’incompris. Second meilleur passeur de Messi avec 33 caviars, il a porté le Ballon d’or pendant au moins 10 ans sans jamais le recevoir. Logique…

Ballon d’or : De Qui se moque-t-on ?

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« Les victoires restent sur les palmarès, les victoires avec style restent dans les esprits », parole d’Arrigo Sacchi. Pensée d’un tacticien de génie devenue maxime de BEAUTYFOOTBALL. Le blog de Thomas Dimitri « s’adresse aux passionnés exigeants » et ce n’est pas son article « L’idée clé : Le football sans style n’est rien ! » qui dira le contraire. Le blogueur partage ainsi avec nombre de chroniqueurs sportifs cette notion arrêtée du beau jeu. À le lire on croit encore rêver. Rêver d’un monde meilleur ? Hélas non ! L’Espagne entre 2008 et 2012 n’a eu aucun Ballon d’or. L’Allemagne au Brésil et la France en Russie n’ont fait que succéder à la « Furie Rouge ».

Ignazio Abate and Andrés Iniesta Euro 2012 final – Станислав Ведмидь CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Quel esprit !

Double championne d’Europe et championne du monde, la « Roja » est une preuve tangible de la duplicité récente de la désignation du Ballon d’or. Vous ne rêvez pas, leur incontestable domination est restée dans les esprits… Les esprits du football moderne en charge de la prestigieuse médaille ont décidé qu’au pays d’Iniesta il n’y avait guère d’artistes. Pourquoi ? Simplement parce que le Ballon d’or autant que le football n’est plus ce qu’il était. La victoire au tapis, ça va même de mal en pis. Cette enjolivure qui longtemps a brillé par ses choix pour la plupart judicieux, semble avoir perdu toute sa verve sous le règne du roi Léo. La « démocratie » a fait irruption dans ce monde justement totalitaire pour faire d’un champion du monde un citoyen lambda.

Ben Sutherland – Image Flikr CC-BY 2.0

Votez le premier de la classe !

Luka Modric est donc l’heureux élu de ce scrutin qui désigne le meilleur joueur de la planète. Une nomination qui n’étonne pas forcément, le talent du natif de Zadar énorme. Toutefois lorsqu’on se demande pourquoi il a été meilleur que les autres, on prend froid. Le croate ne mérite clairement pas le Ballon d’or, aussi bien que le titre « The Best » qu’il a reçu de la FIFA. Didier Deschamps mériterait-il sinon le trophée d’entraîneur de l’année qu’il a justement reçu ? Même l’argument du Ballon d’or de la Coupe du Monde n’est pas assez pesant pour défendre cette décision. Le « cadeau » remis au capitaine des « Valtreni » n’est qu’un lot de consolation pour les vaincus. Si la Croatie avait gagné à Loujniki, le meilleur joueur aurait été un français. Et c’est déplorable car ces derniers temps, les instances du football mondial ont tendance à récompenser les perdants… Une orientation totalement contraire à l’essence même du football. Le meilleur joueur d’une compétition devrait être de l’équipe victorieuse de la compétition.

Robot275 – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Finie l’époque où la FIFA était accusée de dénaturer le Ballon d’or France Football. La concordance du média et de l’institution est désormais avérée et le tort partagé… Modric est un joueur exceptionnel certes mais cette saison il y a eu mieux. S’il fallait choisir sur le plan émotionnel ; choisir instinctivement un joueur qui a fait vibrer la planète football en 2018, Mbappé serait tout indiqué. Sauf qu’étant donné qu’il s’agisse d’un débat scientifique, Raphael Varane devient l’option idéale. Le défenseur central Merengue est champion du monde et vainqueur de la Ligue des Champions. Un parcours plus que prodigieux qui lui a valu une belle septième place. « BECKENBAUER oublié », il remplace « BECKENNEUER » et rejoint le Panthéon des incompris. Les experts ont statué…

Katabasis – Image Flikr CC-BY-SA 2.0

Lecture aléatoire

La position du vice-capitaine de la sélection française dans cette liste, est également un hasard qui en dit long sur une certaine mitoyenneté. Le dossard de KM7 le parisien est aussi le chiffre préféré du rappeur Booba. Le but, le beau jeu : on connaît la chanson. La proximité entre le rap et le football n’est plus à établir. Dans l’hexagone notamment, le couple est une double issue de sortie à la « France d’en bas » pour reprendre Brasco. Booba proche de Benzema c’est aussi cartésien que Booba en featuring avec Médine. Ironie du sort ou logique du sport, l’actualité c’est pareillement cette fusion lunatique. L’ours hurlant devant un croissant lunaire, ceux qui ne l’ont pas suivi en ont sûrement entendu parler. KYLL : « le son qui met la pression » ou « le jour et la nuit sur chanson ». Très loin du Vegedream dansant qui « ramène la coupe à la maison » les deux rappeurs sont. « Du nègre et de l’algérien font du Kylian Mbappé », le refrain parle de lui-même. Le « Duc de Boulogne » et l’« Alger-Roi » s’attaquent à l’unisson aux derniers vestiges de la discrimination.

Marco Verch – Image Flikr CC-BY 2.0

Une piste, le diminutif de Kylian condense le récit d’un malaise. «Dans l’histoire, les meilleurs c’étaient des noirs et des arabes» suggérait la pépite de Bondy à l’âge de 12 ans en évoquant les Bleus. Une actualité coincée entre les crocs de l’affaire du fichage ethnique à Paris et le cérémonial du Ballon d’or. À son insu, le classement France Football participe du discrédit des footballeurs noirs et africains dans le monde de la balle blanche tachée de noir. Kylian a raison… « Ce ne sont pas des chèvres devant ». Cependant derrière aussi c’est le cas. Un joueur est jugé sur toute sa saison. C’est la qualité de la victoire qui différencie les meilleurs de la masse.

Bekhap – Image Flikr CC-BY 2.0

Il faut remonter à 2006 pour revoir le triomphe être gratifié d’un Ballon d’or au cours d’une saison de Coupe du Monde. Le dernier lauréat de ce type c’était Fabio Cannavaro. Sa nomination a fait une pléthore de déçus, mais le stoppeur italien le méritait vraiment. Champion du monde en titre, il était au sommet. 12 ans après c’était donc l’occasion parfaite pour France Football de renouer avec le vrai football. Un passé « juste » où les récompenses saluaient les performances. « Squadra Azzura » signifiant mêmement « l’équipe des Bleus », comment ne pas faire le lien ? L’ancien capitaine des « Azzuri » a été sacré par la revue devant Gigi Buffon son compatriote et Thierry Henry finaliste du mondial comme Modric aujourd’hui. Varane lui, n’est même pas sur le podium. Le « Sang et Or » se morfond loin de « Kyky ». Le digne héritier de Titi occupe le quatrième rang derrière Griezmann… Comment ne pas se poser des questions sur la réelle valeur de l’égalité des chances dans le football européen ? « Courir comme un noir pour vivre comme un blanc » est-il de Samuel Eto’o un simple adage ?

Cliff – Image Flikr CC-BY 2.0

Génialité

Pelé devait certainement être un « monstre » pire que ce qu’il était pour le noir qu’il est : le meilleur joueur de tous les temps. CR7 et ses proches origines capverdiennes doivent bénéficier d’un sponsor de poids pour terminer seconds sans le mériter. Zidane meilleur joueur français de tous les temps, le Brésil maillot jaune de l’histoire du sport roi : ils n’ont pas vraiment eu le choix. Ici malheureusement, certains doivent transpirer plus que d’autres pour voir les projecteurs. Dans ce football où on tire à bout portant sur Cavani et trouve des raisons à Giroud, d’aucuns doivent vivre d’exploits pour exister. Éjecter Messi du podium n’a rien changé. Sa cinquième place n’est même pas une diversion. Le mal est trop profond. L’image crayonnée par le Ballon d’or cette dernière décennie est à la limite de l’acceptable. Le courroux d’Habib Beye  en faveur des africains Mohamed Salah et Sadio Mané dans le Late Football Club sur Canal + a toute sa place dans ce sport-là et possiblement dans son futur : « (…) Si demain, ils s’appelaient Salahinho ou Manéinho… Il y a souvent eu un manque de reconnaissance. Rappelez-vous de Samuel Eto’o et Didier Drogba. (…) Je pense que ce classement du Ballon d’Or ne veut plus rien dire. »

Spartak Moscow VS. Liverpool – Дмитрий Садовников CC-BY-SA (Wikimedia Commons)

Podium

Eden Hazard 8e, Harry Kane 10e, Ngolo Kanté 11e… Ce qui est fait est fait. Indépendamment de la colère de certains et de la joie d’autres, l’histoire ne reviendra plus sur ses pas. Modric remporte la mise, Mbappé le premier titre du Trophée Kopa du meilleur jeune et Ana Hegerberg le premier Ballon d’or féminin. Le cri de l’ancien international sénégalais comme la redistribution des places qui sera énoncée ici, n’aura donc plus aucune importance. Ils pourront peut-être servir pour la suite des évènements… ou non. Notre podium :

1- Raphael Varane

2- Kyllian Mbappé 

3- Antoine Griezmann …

Frederic Humbert – Image Flikr CC-BY-SA