Percy Tau : La Premier League peut attendre, je suis en Champions League

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Recalé pour une histoire de permis de travail, Percy Tau ne peut toujours pas jouer pour l’équipe qui l’a enrôlé. Voilà bientôt deux ans que le Bafana Bafana a quitté les Mamelodi Sundowns pour Brighton & Hove Albion : sans arriver à destination. La raison : pas assez de matches dans les jambes pour mériter la Premier League. « Heureusement », on va dire. Sinon le talentueux gaucher n’aurait pas signé dans un club européen un peu plus digne de son standing : une équipe qui jouera la Champions League.

Paradoxes

Percy Tau a quitté l’Afrique du Sud en 2018. Auréolé d’un titre de champion d’Afrique 2016, le vainqueur de la Supercoupe de la CAF 2017 gagne l’Europe après 5 ans passés sur le Continent Noir. Le but est de prouver qu’il a le niveau pour évoluer dans le Vieux Monde. Un choix guidé par un défi qui commence en D2 Belge pour le double vainqueur de la ABSA Premiership.

Aussi, Brighton le prête au RU Saint-Gilloise. Le meilleur buteur du championnat sud-africain en 2018 s’y impose facilement. Inscrit 12 buts en 35 rencontres. Et est logiquement élu meilleur joueur du championnat. Une performance jugée insuffisante pour les autorités compétentes. Le mondial des clubs auquel il a participé ne suffit pas. L’ancien des Spurs (de Witbank) devait prendre part à la finale de la CAN 2019 pour jouir de ce plaisir. En outre, malgré une Coupe d’Afrique aboutie, le Brésilien*ne pratiquera pas le football au pays du football. Le fait que sa sélection ait sorti celle de Salah en huitièmes (et à domicile), ne lui concède pas encore  ce droit.

Bien mieux que rien

Le FC Bruges saute alors sur l’occasion et attire l’attaquant sous forme de prêt. Une transaction judicieuse. Un transfert qui permet au géant belge d’occuper la première place de la Jupiter League. Mais aussi et surtout de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Prouesse que les brugeois doivent en grande partie à la technique de leur recrue estivale. Auteur de 2 buts en championnat, le natif de Witbank sera le facteur X de cette double confrontation victorieuse contre les autrichiens de Linz. Son impact sur le jeu étant à l’origine des deux dernières réalisations de son écurie.

South Africa Fans Celebration at Soccer City par Celso FLORES – Wikipedia CC BY 2.0

Enfin chez moi

Le finaliste de la C1 1978, passe ainsi d’un dangereux 1-1 à une nette victoire 3-1. L’attaquant de 25 ans causera le corner du but de la délivrance. Et sera passeur sur le but du K.O. Dans la poule A du PSG, du Real Madrid et de Galatasaray, il retrouve de ce pas les premières loges. Les sensations d’une compétition qu’il a gagnée chez lui en Afrique. Sera-t-il capable de réitérer son exploit ? Nul ne le sait. S’il y a une certitude cependant, c’est que jouer les premiers rôles en Belgique, c’est mieux que lutter contre la relégation en Angleterre. Le niveau du football africain d’élite n’équivaut pas à celui de la seconde division européenne.

*Surnom des joueurs du Mamelodi Sundowns

Ballon d’or : le dilemme

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L’histoire entre l’Europe et l’Afrique n’a pas encore fini de se croiser. Le football en est l’exemple parfait. Le sport roi continue d’illustrer cette rencontre de plus en plus problématique. Le souci étant lié à la reconnaissance de l’apport du footballeur africain dans le football européen. Les successeurs de George Weah, qui a reçu le ballon d’or en 1995, tardent à arriver. Pourtant ses remplaçants se sont vite révélés derrière lui. Parmi eux : Drogba, Eto’o, Aubameyang, Salah et surtout Sadio Mané. Le vainqueur de la dernière Ligue des Champions vient encore de marquer les esprits, en inscrivant un doublé qui a permis à Liverpool de remporter la Supercoupe d’Europe face à Chelsea (2-2/5-4 aux t-ab). Ainsi, la saison européenne commence comme elle s’était terminée, c’est-à-dire avec un footballeur africain meilleur joueur d’Europe.

Meilleur joueur africain ?

Alors Sadio Mané est-il le meilleur joueur d’Europe ou le meilleur joueur africain ? La question est d’autant plus intéressante qu’il n’a encore rien gagné sur le sol africain. Contrairement à l’Algérien Youcef Belaili qui a remporté la Ligue des Champions, avec l’Espérance de Tunis et la CAN avec l’Algérie. À l’inverse aussi du capitaine algérien Riyad Mahrez, Mané n’est toujours pas un champion d’Afrique. Son talent attend encore de dominer un football considéré comme inférieur par certains spécialistes. C’est comme si un docteur en mathématiques n’arrivait pas à faire une simple addition, après plusieurs tentatives.

Meilleur joueur évoluant en Europe ?

Sadio Mané est sans aucun doute le meilleur joueur d’Europe aujourd’hui. Son début de saison ne fait que le réaffirmer. Mais sera-t-il confirmé ? Pas si sûr. Le Lion de la Terranga n’a même pas été nommé parmi les trois joueurs qui pourront prétendre au titre de Footballeur UEFA de l’année. Derrière Cristiano Ronaldo, Van Dijk et Messi, Mané est 5e. Une place aux pieds du podium dévoilée le lendemain de sa remarquable prestation en Supercoupe d’Europe.

Qu’en sera-t-il du Ballon d’or ? Probablement pareil. Son issue reste dépendante de la subjectivité d’un scrutin. Ici on crie, on saute, on vote pour celui qu’on aime. Qu’il soit le meilleur ne compte que trop peu. Un footballeur africain soumis à un suffrage européen part donc forcément désavantagé. La seule façon pour lui d’être sûr de triompher, c’est de réaliser des perfomances du niveau de Cristiano Ronaldo. Le portugais d’origine capverdienne subit les mêmes critiques que ses demi-frères. Une remise en question permanente de son génie qu’il conteste par des performances incontestables. En somme, être superieur ne suffit pas. Le footballeur africain evoluant en Europe doit être stratosphérique. 

CAN 2019 : Handball

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Ça aurait été trop beau pour être vrai. Une compétition de football qui se termine sans erreurs majeures d’arbitrage. Un match, une finale qui s’est encore jouée sur un fait de jeu notoire : la main de Guedioura dans la surface de réparation à l’heure jeu. Un coup de sifflet qu’aucun sénégalais n’ose réclamer haut et fort : la main de Gueye en demi-finale contre la Tunisie. Et pourtant l’arbitre Alioum avait bien montré le petit point blanc, quand la VAR l’invita à revoir sa décision…

Guedioura par Clément Bucco-Lechat – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Fausse note

Le visu dans son regard, l’officiel camerounais revient de ce pas sur son choix et annule le tir au but. Pourtant le ralenti montre bien le milieu défensif désireux de détourner la balle du bras. Une intentionnalité indubitable : un geste qu’il répètera en toute fin de match. D’un « smash » l’algérien occasionnera le dernier coup-franc de la partie et de la CAN. Comme quoi, les mauvaises habitudes ont la peau dure…

Coups de main

Le football refuse de se débarrasser de ses tares et en semblent même fier. Le ballon rond est la seule sphère sportive où on se vante encore de ne pas siffler une faute avérée. Certaines d’entre elles sont mêmes déifiées : la main de dieu. Le premier but de Maradona en 1986 contre l’Angleterre : une tricherie célébrée. Un exemple pour Messi, qui imitera Diégo en Liga avec entrain : la duperie revalorisée et portée en triomphe…

Justice rendue

C’est quand même bizarre qu’on soit encore à débattre sur un ballon freiné par une main décollée du corps, qui annule une occasion réelle de but. Autant faire comme dans le jeu FIFA : aller dans les paramètres et décocher l’option qui permet à l’arbitre de sanctionner les fautes de mains. Ou mieux encore : enlever la vidéo pour cesser de décrédibiliser les hommes en noir. Si on est incapable d’interpréter ce genre d’action dans le FOOT moderne, ça ne sert à rien de continuer.

Portugal – France à l’Euro 2000 ; Argentine – Nigeria et France – Croatie en Russie… si on a sifflé pénalty pour les Green Eagles (surnom du Nigeria) en demi-finale contre l’Algérie, c’est qu’on aurait dû le faire pour les tunisiens face aux sénégalais et pour les sénégalais en finale. Les décisions arbitrales doivent mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Dans le cas contraire, le football se fera un plaisir de rendre justice. Un plaisir pas toujours partagé… La preuve : les Lions de la Terranga ont été défaits comme ils ont défait les Aigles de Carthage. C’est-à-dire à cause d’un pénalty valable non-sifflé. Équilibre !

Sadio Mané : Ballon d’or…

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Plus haut tu montes, plus dure sera ta chute, dit un proverbe. Probablement africain étant donné qu’on parle d’un sénégalais. D’un africain qui vient de perdre une finale de coupe d’Afrique. Gros chagrin, double peine pour ce peuple convaincu de disposer d’une foudre de guerre comme sélection. Les favoris ont encore été dévorés. Pas par des Lions Indomptables mais par des Fennecs insatiables, carnivores à l’occasion. C’est triste à dire mais le Sénégal a joué un match amical, l’Algérie une finale…

Sadio Mané par Екатерина Лаут – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cryptonite

Une finale de Coupe d’Afrique. On ne la joue pas on la gagne et les Lions de la Terranga auraient dû le comprendre. On parle de domination, de beau jeu : des mots vains dans les oreilles d’un compétiteur. Bounedjah et boom le Sénégal est K.O à la 2e minute de jeu. Sur les traces du « chinois » Ighalo, meilleur buteur de la CAN : un « qatari ». Auteur de 44 réalisations en 27 matches cette année, le coéquipier de Xavi a démontré qu’il n’y a pas de destination exotique dans le football. Un but, son deuxième : une frappe contrée qui aurait dû forcer Alfred Gomis à se déchirer pour la détourner : pour sa nation. Benlamri a laissé son sang sur la pelouse : le portier de SPAL a accepté d’être battu et son équipe a été battue.

Score final 1-0. Le Sénégal a bien joué et puis quoi ? Alger rit pour reprendre l’Alger-roi Médine. Sous ce maillot de la même couleur verte que le métal capable de plier Superman en deux, DKR pleure. Dommage que Kouyaté et les siens n’aient pas compris que bien faire les choses ne sert à rien quand c’est la défaite qui se profile à l’horizon. On ne joue pas pour jouer. On joue pour gagner. Parler ne suffit pas : il faut agir. Super Mané a fait un très bon match, mais pas celui qu’il fallait. Sur la dernière action par exemple. Sur ce coup-franc légèrement excentré pour son pied droit, le « Onze d’or 2019 » aurait dû prendre ses responsabilités. S’inspirer de Mahrez face au Nigeria et faire le job. On parle d’une occasion en or de revenir… Hélas !

Bravo, tu as perdu…

Pousser ce ballon pour une frappe dans le mur de Salif Sané : le désaveu. Une passe qui cependant n’empêche pas la réalité de penser que le génial n°10 de Liverpool soit aujourd’hui le meilleur joueur du monde. Statut qu’il discutait avec Mo Salah jusqu’ici, sorti trop tôt. Médaille qui assurément a pesé lourd sur les prestations de son équipe. Ragaillardis par leurs talents, elle et lui semblaient convaincus que ce serait la victoire qui viendrait à eux. Sauf que le football marche dans le sens inverse. Les hommes d’Aliou Cissé se sont contentés de la finale et leurs adversaires d’une place dans l’histoire. Quoiqu’à quoi bon gagner dans ce sport moderne où on récompense les perdants.

Modric Ballon d’or, pourquoi pas Mané ? Vainqueur de la Ligue des Champions, il est le footballeur le plus accompli de cette saison. Sauf qu’il est africain. Et dans l’esprit de la majorité de ceux qui votent les premiers de la classe, les footballeurs africains manquent de classe. On sous-estime leur football pourtant Percy Tau a terrassé Salah et Belaili Mané : deux fois. Bref, une qualité qu’on ne présente plus. Aussi, si Eto’o et Drogba n’ont pas été Ballon d’or ce n’est surement pas Mané « Garrincha » qui le sera. A moins que…

Qu’il se console avec le Ballon d’or Africain. Lequel irait bien à un Algérien. Mais comme dirait Djamel Belmadi : « ça faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné en Afrique… »

CAN 2019 : L’union africaine

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Ce ne sera pas l’Egypte. Ce ne sera pas le Cameroun. Les Lions Indomptables se consoleront chez les Lionnes Indomptables du Volley-Ball, encore victorieuses (en Égypte) de leur CAN. Quand le septuple champion d’Afrique lui, ne se rassasiera certainement pas du ménage effectué dans sa fédération. Les Pharaons devront encore souffrir de voir leurs « ennemis » algériens tenter de broder une seconde étoile sur leur maillot. Aussi, ils devront passer sur les sénégalais. Lions de la Terranga qui semblent avoir perdu leur légendaire sens de l’hospitalité, le temps de neuf dizaines de minutes.

Victoire !

L’Afrique a gagnée… Sans attendre l’issue de cette finale entre l’Algérie et le Sénégal, on peut le scander. Affirmation tautologique : refrain qui vaut son pesant d’or. Il est cette expression soulignant avec joie, qu’au pays de Mo Salah, Sadio Mané et Riyad Mahrez seront rois. Une triste nouvelle pour le Pharaon, une fierté pour le Lion et le Fennec.

Malheur au perdant certes. Mais l’Afrique restera fière. Fière de compter dans sa grande famille des joueurs de ce rang. Mané, Mahrez, l’un des meilleurs joueurs du monde sera le meilleur joueur de cette CAN. Potentiel The Best, Ballon d’or France Football et Africain, le désormais meilleur joueur sénégalais de tous les temps et le meilleur joueur de PL 2016 sont sûrs d’écrire une page historique. Un script mythique pour l’histoire du football africain, Aliou Cissé et Djamel Belmadi tous deux Africains.

Une tactique revalorisée

Un subsaharien, un maghrébin : l’union africaine dans son élément. Un au sud, l’autre au nord, la coupe d’Afrique des nations se jouera entre deux tacticiens « frères ». Un affrontement mué en rencontre Fair-Play : deux cultures en intelligence. Un exemple, une nouvelle preuve qu’il y’a sur ce continent des techniciens capables de faire dans l’excellence.

Le sénégalais et l’algérien ont montré qu’ils peuvent se mettre au niveau des européens et autres. Deux équipes qui se sont tant cherchées… Qui se sont retrouvées lorsqu’elles sont restées à leurs places. Elles ont fait avec ceux qu’elles avaient : elles ont avancé. L’identité, un remake culturel de la finale de 2017 : une petite touche en plus. Le banc reconsidéré, Hector Cuper et Hugo Broos ont été honorablement substitués. Une grande victoire pour cette Afrique tant mésestimée, tourbillonnée par ces nombreuses incongruités. La qualité au rendez-vous, grâce au football la sagesse africaine regagne du terrain.

Pourquoi le Cameroun sera champion d’Afrique ?

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Ceci n’est qu’une suggestion, mais les Lions indomptables pourraient bien être les nouveaux champions d’Afrique. Sur son nouveau maillot, le Cameroun a été privé des cinq étoiles qui font sa fierté. Ses cinq Coupes d’Afrique… Mais ce n’est pas grave. C’est le signe d’un nouveau départ. Une nouvelle ère commence.

Zambo Anguissa par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cocorico

Pour étoffer la thèse d’un Cameroun victorieux, on avait déjà évoqué la présence d’une paire de gardiens exceptionnels dans son effectif. Nkono – Bell, Alioum Boukar – Songo’o, Ondoa – Onana, un argument aujourd’hui soutenu par la marque qui bombera leur torse : le Coq Sportif.

Un retour qui marquerait le début d’une autre période dominatrice pour le football camerounais. En effet, la première fois que les Lions Indomptables ont fait trembler le monde, ils portaient une tunique dessinée par la griffe du gallinacé. Le roi de la basse-cour rencontrait alors le roi de la jungle pour une Coupe du Monde 1982 inédite.

Une première pour les coéquipiers de Roger Milla. Trois points, zéro défaite : une sortie la « crête » haute au premier tour. Un tiercé gagnant de matches nuls à l’origine d’une heure de gloire qui les conduira deux ans plus tard à leur premier trophée international : la CAN 1984.

Cocorico 2.0

1984 où l’année qui décrit bien cet autre fait qui devrait mener le Cameroun à une sixième étoile. Une année marquant la naissance de deux grandes écuries mondiales : la France championne d’Europe pour la première fois et le Cameroun champion d’Afrique pour la première fois. L’expression d’un parallélisme qui veut que les périodes fastes des Bleus coïncident toujours avec celles des Félins.

Entre 1982 et 1988, la France remporte l’Euro 84 et joue deux demi-finales de Coupe du Monde. Pendant que le Cameroun remporte deux Coupes d’Afrique (1984 et 1988) sur trois finales successives jouées. Entre 1998 et 2002, la France remporte la Coupe du Monde en 1998 et l’Euro en 2000. Pendant que le Cameroun remporte successivement deux autres CAN en 2000 et 2002. Et entre 2017 et ce jour, la France a été championne du monde en 2018. Et le Cameroun a remporté la CAN en 2017 (et 2019 ?).

We The North

Lorsqu’on évoque les favoris pour la CAN 2019, le Sénégal revient naturellement. On voit le Onze d’Or 2019 Sadio Mané et ses nombreux coéquipiers titulaires sur le Vieux Continent. Omnibulé à juste titre, on se range et omet qu’il y a eu la Côte d’Ivoire de Didier Drogba avant eux… : que pour remporter ce trophée, jouer en Europe ne suffit pas. Le niveau de la CAN est plus élevé que celui de la Ligue des Champions et des autres compétitions Européennes de club. Les meilleurs joueurs Africains du monde réunis, la Zambie de Kalaba et l’Égypte d’Aboutrika l’ont prouvé : il faut un supplément d’âme pour aller la chercher. D’autant plus que celle-ci ne se joue pas dans un endroit anodin.

Jouer et gagner en Égypte demande une force de caractère au-dessus de la moyenne. Une personnalité très forte que seules trois équipes possèdent au sud du Sahara : le Cameroun, le Ghana et le Nigeria. Les frères ennemis sont les seules équipes d’Afrique subsaharienne à avoir remporté une CAN en Afrique du Nord. Ne pas les citer comme favorites est une grosse erreur. Mais bon, on est habitué. Tu peux être sextuple, quintuple, quadruple ou triple champion d’Afrique et ne pas être favori pour soulever la Coupe d’Afrique. Cependant…Quoiqu’on dise, le Cameroun et l’Égypte restent les potentiels vainqueurs de la prochaine Coupe d’Afrique. Ce sont les derniers finalistes et les deux meilleures équipes du Continent.

La CAN, la Coupe d’Afrique du Nord

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Tunis, le 31 mai 2019 au Stade de Radès. Perdu dans un nuage épais né de fumigènes, le cuir. Un ballon qui part de l’entrée de la surface pour son flanc gauche. Centre, tête et la toile d’araignée de Jridi est nettoyée. On joue la 58e minute, le Wydad de Casablanca répond à la sublime frappe enroulée de Belaïli et revient au score. Un but clair, une action contestée. L’arbitre Bakary Gassama doute et annule l’égalisation d’El Karti. Stupéfait, Noussir son capitaine va rencontrer l’officiel Sénégalais et réclame la vidéo… : la vidéo ne marche pas. Consternés, les Marocains refusent de reprendre le match. Le temps s’écoule : la fin est sifflée. L’Espérance de Tunis l’emporte et reçoit son trophée. Une joie immense, nous sommes en finale de Ligue des Champions.

L’Espérance de Tunis en 2011 contre le Wydad de Casablanca en finale de Ligue des champions par mustapha_ennaimi – Wikipedia CC BY 2.0

Contrastes

Quand on a vu la finale entre Tottenham et Liverpool. Lorsqu’on se remet celle entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, on se demande ce qui se passe réellement en Afrique. Le football Africain peine toujours à mûrir et c’est dans son domaine supposé le plus développé qu’on le constate amèrement.

Jouer en Afrique du Nord est devenu un véritable supplice. Même le Wydad qui y siège n’a pas pu supporter ce que le club Angolais de Primeiro de Agosto a enduré l’an passé. Les Wydadis ont encore démontré que jouer « chez eux » ; se rendre dans cette partie du monde pour un match relève presque de l’héroïsme. Les histoires racontées par ces enceintes donnent souvent la chair de poule. Et le pire c’est que ça va de mal en pis.

Supporters tunisiens au Stade Olympique de Radès par Anja S. in Radès Stadium for DrFO.Jr.Tn – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un passé ultra présent

On aurait pourtant espéré le contraire. Après la mort d’Albert Ebossé, les choses auraient dû bouger. Hélas, rien n’a changé. Le retour dans le futur est plus que jamais acté. Les bus des visiteurs caillassés, les supporters ont conservé leur show bouillant : leurs lasers verts. Objets très dangereux qu’ils promènent sur le visage des joueurs adverses en toute impunité. Inconscience qui peut sérieusement endommager la vue des personnes sur lesquelles le réflecteur est utilisé.

Le cœur apaisé, on aurait pu se souvenir de Sénégal – Tunisie à la CAN 2004. De ses 10 minutes au moins d’arrêts de jeu : de la colère d’El Hadji Diouf… Du 18 Juin 2000 à Tripoli lors des éliminatoires du Mondial 2002, le Cameroun et son staff arrosés de pierres. Triplé de Patrick Mboma, une victoire 0-3 qui provoquera le courroux de ce public nord-africain difficile à battre. Des fans qui ont de qui tenir cependant, leurs idoles leur montrant la voie. Exemple : RS Berkane – Club Sfaxien.

Tifos des supporters du Club Sfaxien par Citizen59 – Wikipedia CC BY 3.0

Demi-finale retour de la Coupe de la CAF 2018/2019, on va encore assister à du jamais vu. Vainqueur à l’aller 2-0, les Sfaxiens perdent 3-0 chez leurs voisins Berkanis. Une déconvenue due notamment à un arbitrage calamiteux. Lequel néanmoins, ne mérite pas d’être réprimandé de cette façon… Wassim Hnid, Houssem Dagdoug, Aymen Harz, les joueurs. Mahmoud Masmoudi l’entraineur adjoint et son compère Karim Ghorbel se sont tous rués sur l’arbitre Maguette Ndiaye et l’ont frappé. Une image indescriptible, des vestiaires saccagés, les sanctions de la CAF tomberont sans rien changer. Sans réussir à nous faire oublier ce fameux Guinée Equatoriale – Tunisie de la CAN 2015.

Mauvais arbitrage, défaite, l’inconduite à ses aises. Les Aigles de Carthage accusent l’arbitre Mauricien Seechurn Rajindrapasard de partialité. Le lui font savoir à leur manière, évidemment. Se rendent aux vestiaires. Les vandalisent et refusent de s’excuser. Un classique, une conduite à des années lumières de celle du Japon après sa défaite contre la Belgique en Coupe du Monde. Défaits 3-2 en huitièmes, les Nippons avaient quitté la compétition après avoir nettoyé le vestiaire.

Siège historique de l’Espérance de Tunis par Moumou82 – Wikipedia (Domaine Public)

De la tête aux pieds

Aussi on attend toujours que ce football se vide de ses tares. Que les dirigeants de ces entités bien structurées passent outre leur passion excessive pour définitivement progresser : aider l’Afrique à progresser. Même s’ils ne se considèrent pas souvent comme des Africains, ils devraient y songer. Regarder la vérité en face et rappeler leurs supporters à l’ordre. Car si le Maroc n’a pas été choisi pour le Mondial 2026, c’est aussi parce que le Continent Noir lui a tourné le dos.

L’Angleterre a perdu sa royauté le jour où ses supporters ont dérapé. Si aujourd’hui ils sont revenus au sommet, c’est parce qu’ils ont su recadrer leur part d’ombre. Cette attitude peu louable permet aux clubs Maghrébins de gagner des matches. Mais donnent une très mauvaise image de leur gestion. Surtout qu’elle semble majoritairement orientée vers les équipes sub-sahariennes.

Lors des compétitions mondiales jouées au Maroc par exemple, aucun débordement excessif n’a été noté. Enregistré dans les mêmes colonnes que ce qui a pris l’habitude de se passer au Stade Municipal de Berkane. Le Jaraaf, le Raja… l’hospitalité du RSB a quasiment perdu sa crédibilité sur le plan sportif. Professionnel, le club d’Alain Traoré gagne des matches mais reste enclavée par les casseroles qu’il traine. L’accueil, l’arbitrage…

SyntekExifImageTitle ( Ville du 6 Octobre où siège la CAF) par Ahmadpontymageed – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Au sommet de la pyramide

Un supporter, des joueurs et des patrons qui font tout pour que leur équipe gagnent : c’est compréhensible. Mais quand l’instance qui est chargée d’équilibrer les chances n’arrive pas à punir leurs inadvertances : ça devient triste. La CAF siège en Égypte et s’est réunie à Paris pour trouver une issue à la crise née du « Radès Gate ». Conclusion : la finale sera rejouée en terrain neutre. Pourquoi ? Parce qu’un club s’est arrêté de jouer. S’il fallait que toutes les équipes refusent à chaque fois de terminer les matches pour des buts injustement refusés, où irai le football ?

Certes ce n’est pas normal que la vidéo ne marche pas lors d’un tel événement. Toutefois, s’arrêter pour un motif de ce genre c’est maladroit et pas du tout Fair Play. Les Sang et Or (surnom des joueurs de l’Esperance de Tunis) méritent leur quatrième titre. Les erreurs sont à la portée de tout le monde. La déférence envers les institutions est la seule expression sportive encourageante. Respecter les décisions arbitrales est un devoir. Refuser de le faire c’est se mettre au-dessus des règles.

Le président Ahmad Ahmad a déclaré avoir été menacé par le président de l’Espérance de Tunis :

« Le président de l’Espérance de Tunis m’a menacé devant des témoins. Des grands présidents de club en Afrique condamnent les pratiques de ce club, mais nous n’avons pas de preuves. Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? »

Vrai ? Faux ? Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? C’est à la CAF de répondre à cette question qui n’a pas lieu d’être. C’est elle qui est en charge de l’arbitrage. Pas à l’EST. Ce type de sortie dénote un gros souci. Une suite logique. Le football de l’Afrique « Blanche » se sent supérieur à la CAF. Un état des faits que celle-ci semble cautionner. L’arbitrage, on n’en parle même plus. La peur ? Là-bas on n’est jamais à l’abri d’une grossière erreur. On s’y fait presque… Eux non, bizarrement.

Supporters égyptiens par Citadelite – Wikipedia CC BY-SA 3.0

RDV

Le désordre n’a pas de nationalité. Le but n’est pas de stigmatiser un football. Mais de montrer du doigt un déroulement inacceptable qui semble s’éterniser. Les Pharaons, la plus grande équipe du Berceau de l’Humanité nous vient de ce pan : son côté septentrional. Ils nous incombent donc de le protéger. Et seule la vérité protège. Dire que le football Africain se porte bien après ce qu’on a vu à Radès le 31 mai dernier, c’est mentir. Si elle ne veut pas rester au fond du classement, l’administration Africaine du sport roi doit trouver des solutions. Il y va de sa dignité, de la qualité de la CAN 2019 en Egypte et des prochaines compétitions qui se joueront au nord du Sahara.

Jürgen Klopp : L’Afrique te dit Merci

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Qu’ils sont rares de nos jours, ces entraîneurs de grands clubs européens qui font aveuglement confiance aux joueurs Africains. Ces techniciens en mesure de mettre l’intelligentsia du Continent Noir au centre de leur philosophie tactique. Des managers à l’image de Mourinho, capables d’acheter Adebayor le Togolais et Essien le Ghanéen au Real Madrid. D’insister pour avoir Drogba l’Ivoirien quand on lui propose Adriano, le Brésilien. D’échanger (la joie au cœur) Zlatan Ibrahimovic contre Samuel Eto’o, le Camerounais. Bref de remettre chacun à la place qu’il mérite. Depuis le FC Porto avec Benny McCarthy le Sud-africain, le Special One n’a jamais « évolué » dans un club sans emmener un Africain avec lui. Et quand on sait le succès qu’il a eu, on comprend pourquoi… Pourquoi Jürgen Klopp semble depuis environ 5 ans maintenant, marcher sur ses traces.

Jürgen Klopp (au centre avec les lunettes) par Martin Davidsen – Wikipedia CC BY 2.0

L’audace d’espérer

Après le retournement épique auquel on a assisté à Anfield le 7 Mai passé, plus personne ne peut nier la force de Jürgen Klopp. Le manager Allemand mérite amplement cette récompense qui couronne son gros travail. José Mourinho :

« Pour moi, cette Remontada porte un nom : Jürgen. Je ne parle pas de tactique, je ne parle pas de philosophie, je parle de cœur, d’âme, de l’empathie fantastique qu’il a créée avec son groupe de joueurs. Il mérite de remporter cette Ligue des Champions. Vraiment, je le lui souhaite. »

Un vœu sincère, un énoncé qui contredit le « personne ne veut que Liverpool gagne » de Raheem Sterling. Et anoblit encore la bonne qualité du management du natif de Stuttgart. Une consécration qu’il doit aux choix courageux qu’il a faits depuis son arrivée à Liverpool en 2015. Des options surprenantes qui donnent depuis des frissons dans le dos. Dans ce nouveau football où pour remporter de grands trophées, il faut des grands noms.

On ne gagne pas la Ligue des Champions ou la Premier League en renouvelant sans cesse sa confiance à Divock Origi (qui ne joue pas). En allant chercher Wijnaldum chez le relégué Newcastle. En remplaçant Suarez par Firmino d’Hoffenheim. En allant prendre Robertson à Hull City. Ou encore et surtout en transférant le Camerounais Matip de Schalke 04, le Sénégalais Sadio Mané de Southampton, l’Egyptien Mohamed Salah de l’AS Roma et le Guinéen Naby Keita du RB Leipzig. Et ce après avoir laissé partir le Brésilien Coutinho en janvier. On ne soulève toujours pas la « coupe aux longues oreilles » en tentant ce genre de coup. On va en finale de C1 deux années successives… en espèrant que cette fois sera la bonne.

Sadio Mane par Werner100359 – Wikipmedia Commons CC0 1.0

Une victoire pour l’Afrique

En face de Klopp à Madrid ce sera un autre entraîneur qui attend un trophée depuis très longtemps. Un premier, une première pour Mauricio Pochettino et Tottenham. Ou un début de succès pour l’ancien milieu du FSV Mayence 05 en Europe. Il le mérite bien après ses trois finales perdues à Dortmund en 2013 (C1) et à Liverpool en 2016 (C3) et 2018 (C1). Il offrirait ainsi à l’Afrique un véritable sacre. Un bonheur doublement fêté si Arsenal et son ancien protégé au BVB, le Gabonais PEA, venait à remporter la Ligue Europa. Ce serait alors une belle récompense pour le « Footballeur Africain » au vu de la saison exceptionnelle de ses stars. Ziyech, Onana… et ces attaquants qu’on ne se lasse pas de citer : Mané, Salah et Aubameyang. Les trois meilleurs buteurs de Premier League cette année avec chacun 22 buts. Des finisseurs hors-normes naturellement portés par le milieu Naby Keita (dit Déco) et le défenseur central Joël Matip. Lequel stoppeur aura été indomptable aux côtés de Van Dijk dans la seconde moitié de la saison. Et spécialement face au Barça…

Soccer China Africa par Eric_Manzi – Pixabay CC0

Africa Football Club

Lorsque José allait chercher Salah au FC Bâle, il savait ce qu’il faisait. Le Pharaon n’a pas assez joué à Chelsea, mais il a appris la PL sous les ordres du Portugais. Une férule convaincue par le génie Africain. Il l’a vu à l’œuvre. Il l’a mis à l’épreuve. Et il sait que sa réussite n’est pas fortuite. Elle est évidente. C’est normal que Kalidou Coulibaly, Mané, Salah et Aubameyang fassent partie des meilleurs joueurs du monde. Ils sont les héritiers d’une lignée exceptionnelle qui partage les mêmes origines que le roi Pelé. La preuve qu’en gardant ta nationalité Africaine tu peux faire une grande carrière.

Ce n’est donc pas grave si on songe à eux beaucoup plus en D2 ou quand il n’y a pas ou plus de moyens. Si lorsqu’on pense superstar, on ignore les « black stars ». On ne fait que conforter Pep dans sa belle philosophie de jeu. Idées rationnelles qui préfèrent Phil Foden le meilleur joueur de tous les temps, à Riyad Mahrez le meilleur joueur de Premier League en 2016. Dans ce sprint (finalement gagné) pour le titre, l’Algérien n’aurait pas pu faire ce que la pépite Anglaise a fait. Son but à Brighton le confirme : les choix de son coach étaient les meilleurs. Judicieuses options du Catalan : preuves qu’il n’y a pas que le sport dans le football.

Football à la plage en Afrique par dongpung – Pixabay CC0

Il y’a aussi le feeling, l’autre nom du marketing. Toutefois, signer un joueur pour sa valeur mercatique, c’est recruter un mannequin et perdre un footballeur. Et le maître penseur des Scousers (surnom des joueurs de Liverpool) l’a en tête. L’avantage de compter un joueur Africain dans ses rangs, c’est celui d’avoir un footballeur acheté (et vendu) pour ses prouesses. Son pays souvent « pauvre », il ne vient pas vendre un nombre incalculable de maillots. Encore moins attirer les plus prestigieux sponsors. Il vient jouer au football…