CAN 2019 : L’union africaine

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Ce ne sera pas l’Egypte. Ce ne sera pas le Cameroun. Les Lions Indomptables se consoleront chez les Lionnes Indomptables du Volley-Ball, finalistes et (peut-être victorieuses) de leur CAN. Quand le septuple champion d’Afrique lui, ne se rassasiera certainement pas du ménage effectué dans sa fédération. Les Pharaons devront encore souffrir de voir leurs « ennemis » algériens tenter de broder une seconde étoile sur leur maillot. Aussi, ils devront passer sur les sénégalais. Lions de la Terranga qui semblent avoir perdu leur légendaire sens de l’hospitalité, le temps de neuf dizaines de minutes.

Victoire !

L’Afrique a gagnée… Sans attendre l’issue de cette finale entre l’Algérie et le Sénégal, on peut le scander. Affirmation tautologique : refrain qui vaut son pesant d’or. Il est cette expression soulignant avec joie, qu’au pays de Mo Salah, Sadio Mané et Riyad Mahrez seront rois. Une triste nouvelle pour le Pharaon, une fierté pour le Lion et le Fennec.

Malheur au perdant certes. Mais l’Afrique restera fière. Fière de compter dans sa grande famille des joueurs de ce rang. Mané, Mahrez, l’un des meilleurs joueurs du monde sera le meilleur joueur de cette CAN. Potentiel The Best, Ballon d’or France Football et Africain, le désormais meilleur joueur sénégalais de tous les temps et le meilleur joueur de PL 2016 sont sûrs d’écrire une page historique. Un script mythique pour l’histoire du football africain, Aliou Cissé et Djamel Belmadi tous deux Africains.

Une tactique revalorisée

Un subsaharien, un maghrébin : l’union africaine dans son élément. Un au sud, l’autre au nord, la coupe d’Afrique des nations se jouera entre deux tacticiens « frères ». Un affrontement mué en rencontre Fair-Play : deux cultures en intelligence. Un exemple, une nouvelle preuve qu’il y’a sur ce continent des techniciens capables de faire dans l’excellence.

Le sénégalais et l’algérien ont montré qu’ils peuvent se mettre au niveau des européens et autres. Deux équipes qui se sont tant cherchées… Qui se sont retrouvées lorsqu’elles sont restées à leurs places. Elles ont fait avec ceux qu’elles avaient : elles ont avancé. L’identité, un remake culturel de la finale de 2017 : une petite touche en plus. Le banc reconsidéré, Hector Cuper et Hugo Broos ont été honorablement substitués. Une grande victoire pour cette Afrique tant mésestimée, tourbillonnée par ces nombreuses incongruités. La qualité au rendez-vous, grâce au football la sagesse africaine regagne du terrain.

Pourquoi le Cameroun sera champion d’Afrique ?

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Ceci n’est qu’une suggestion, mais les Lions indomptables pourraient bien être les nouveaux champions d’Afrique. Sur son nouveau maillot, le Cameroun a été privé des cinq étoiles qui font sa fierté. Ses cinq Coupes d’Afrique… Mais ce n’est pas grave. C’est le signe d’un nouveau départ. Une nouvelle ère commence.

Zambo Anguissa par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Cocorico

Pour étoffer la thèse d’un Cameroun victorieux, on avait déjà évoqué la présence d’une paire de gardiens exceptionnels dans son effectif. Nkono – Bell, Alioum Boukar – Songo’o, Ondoa – Onana, un argument aujourd’hui soutenu par la marque qui bombera leur torse : le Coq Sportif.

Un retour qui marquerait le début d’une autre période dominatrice pour le football camerounais. En effet, la première fois que les Lions Indomptables ont fait trembler le monde, ils portaient une tunique dessinée par la griffe du gallinacé. Le roi de la basse-cour rencontrait alors le roi de la jungle pour une Coupe du Monde 1982 inédite.

Une première pour les coéquipiers de Roger Milla. Trois points, zéro défaite : une sortie la « crête » haute au premier tour. Un tiercé gagnant de matches nuls à l’origine d’une heure de gloire qui les conduira deux ans plus tard à leur premier trophée international : la CAN 1984.

Cocorico 2.0

1984 où l’année qui décrit bien cet autre fait qui devrait mener le Cameroun à une sixième étoile. Une année marquant la naissance de deux grandes écuries mondiales : la France championne d’Europe pour la première fois et le Cameroun champion d’Afrique pour la première fois. L’expression d’un parallélisme qui veut que les périodes fastes des Bleus coïncident toujours avec celles des Félins.

Entre 1982 et 1988, la France remporte l’Euro 84 et joue deux demi-finales de Coupe du Monde. Pendant que le Cameroun remporte deux Coupes d’Afrique (1984 et 1988) sur trois finales successives jouées. Entre 1998 et 2002, la France remporte la Coupe du Monde en 1998 et l’Euro en 2000. Pendant que le Cameroun remporte successivement deux autres CAN en 2000 et 2002. Et entre 2017 et ce jour, la France a été championne du monde en 2018. Et le Cameroun a remporté la CAN en 2017 (et 2019 ?).

We The North

Lorsqu’on évoque les favoris pour la CAN 2019, le Sénégal revient naturellement. On voit le Onze d’Or 2019 Sadio Mané et ses nombreux coéquipiers titulaires sur le Vieux Continent. Omnibulé à juste titre, on se range et omet qu’il y a eu la Côte d’Ivoire de Didier Drogba avant eux… : que pour remporter ce trophée, jouer en Europe ne suffit pas. Le niveau de la CAN est plus élevé que celui de la Ligue des Champions et des autres compétitions Européennes de club. Les meilleurs joueurs Africains du monde réunis, la Zambie de Kalaba et l’Égypte d’Aboutrika l’ont prouvé : il faut un supplément d’âme pour aller la chercher. D’autant plus que celle-ci ne se joue pas dans un endroit anodin.

Jouer et gagner en Égypte demande une force de caractère au-dessus de la moyenne. Une personnalité très forte que seules trois équipes possèdent au sud du Sahara : le Cameroun, le Ghana et le Nigeria. Les frères ennemis sont les seules équipes d’Afrique subsaharienne à avoir remporté une CAN en Afrique du Nord. Ne pas les citer comme favorites est une grosse erreur. Mais bon, on est habitué. Tu peux être sextuple, quintuple, quadruple ou triple champion d’Afrique et ne pas être favori pour soulever la Coupe d’Afrique. Cependant…Quoiqu’on dise, le Cameroun et l’Égypte restent les potentiels vainqueurs de la prochaine Coupe d’Afrique. Ce sont les derniers finalistes et les deux meilleures équipes du Continent.

La CAN, la Coupe d’Afrique du Nord

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Tunis, le 31 mai 2019 au Stade de Radès. Perdu dans un nuage épais né de fumigènes, le cuir. Un ballon qui part de l’entrée de la surface pour son flanc gauche. Centre, tête et la toile d’araignée de Jridi est nettoyée. On joue la 58e minute, le Wydad de Casablanca répond à la sublime frappe enroulée de Belaïli et revient au score. Un but clair, une action contestée. L’arbitre Bakary Gassama doute et annule l’égalisation d’El Karti. Stupéfait, Noussir son capitaine va rencontrer l’officiel Sénégalais et réclame la vidéo… : la vidéo ne marche pas. Consternés, les Marocains refusent de reprendre le match. Le temps s’écoule : la fin est sifflée. L’Espérance de Tunis l’emporte et reçoit son trophée. Une joie immense, nous sommes en finale de Ligue des Champions.

L’Espérance de Tunis en 2011 contre le Wydad de Casablanca en finale de Ligue des champions par mustapha_ennaimi – Wikipedia CC BY 2.0

Contrastes

Quand on a vu la finale entre Tottenham et Liverpool. Lorsqu’on se remet celle entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, on se demande ce qui se passe réellement en Afrique. Le football Africain peine toujours à mûrir et c’est dans son domaine supposé le plus développé qu’on le constate amèrement.

Jouer en Afrique du Nord est devenu un véritable supplice. Même le Wydad qui y siège n’a pas pu supporter ce que le club Angolais de Primeiro de Agosto a enduré l’an passé. Les Wydadis ont encore démontré que jouer « chez eux » ; se rendre dans cette partie du monde pour un match relève presque de l’héroïsme. Les histoires racontées par ces enceintes donnent souvent la chair de poule. Et le pire c’est que ça va de mal en pis.

Supporters tunisiens au Stade Olympique de Radès par Anja S. in Radès Stadium for DrFO.Jr.Tn – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un passé ultra présent

On aurait pourtant espéré le contraire. Après la mort d’Albert Ebossé, les choses auraient dû bouger. Hélas, rien n’a changé. Le retour dans le futur est plus que jamais acté. Les bus des visiteurs caillassés, les supporters ont conservé leur show bouillant : leurs lasers verts. Objets très dangereux qu’ils promènent sur le visage des joueurs adverses en toute impunité. Inconscience qui peut sérieusement endommager la vue des personnes sur lesquelles le réflecteur est utilisé.

Le cœur apaisé, on aurait pu se souvenir de Sénégal – Tunisie à la CAN 2004. De ses 10 minutes au moins d’arrêts de jeu : de la colère d’El Hadji Diouf… Du 18 Juin 2000 à Tripoli lors des éliminatoires du Mondial 2002, le Cameroun et son staff arrosés de pierres. Triplé de Patrick Mboma, une victoire 0-3 qui provoquera le courroux de ce public nord-africain difficile à battre. Des fans qui ont de qui tenir cependant, leurs idoles leur montrant la voie. Exemple : RS Berkane – Club Sfaxien.

Tifos des supporters du Club Sfaxien par Citizen59 – Wikipedia CC BY 3.0

Demi-finale retour de la Coupe de la CAF 2018/2019, on va encore assister à du jamais vu. Vainqueur à l’aller 2-0, les Sfaxiens perdent 3-0 chez leurs voisins Berkanis. Une déconvenue due notamment à un arbitrage calamiteux. Lequel néanmoins, ne mérite pas d’être réprimandé de cette façon… Wassim Hnid, Houssem Dagdoug, Aymen Harz, les joueurs. Mahmoud Masmoudi l’entraineur adjoint et son compère Karim Ghorbel se sont tous rués sur l’arbitre Maguette Ndiaye et l’ont frappé. Une image indescriptible, des vestiaires saccagés, les sanctions de la CAF tomberont sans rien changer. Sans réussir à nous faire oublier ce fameux Guinée Equatoriale – Tunisie de la CAN 2015.

Mauvais arbitrage, défaite, l’inconduite à ses aises. Les Aigles de Carthage accusent l’arbitre Mauricien Seechurn Rajindrapasard de partialité. Le lui font savoir à leur manière, évidemment. Se rendent aux vestiaires. Les vandalisent et refusent de s’excuser. Un classique, une conduite à des années lumières de celle du Japon après sa défaite contre la Belgique en Coupe du Monde. Défaits 3-2 en huitièmes, les Nippons avaient quitté la compétition après avoir nettoyé le vestiaire.

Siège historique de l’Espérance de Tunis par Moumou82 – Wikipedia (Domaine Public)

De la tête aux pieds

Aussi on attend toujours que ce football se vide de ses tares. Que les dirigeants de ces entités bien structurées passent outre leur passion excessive pour définitivement progresser : aider l’Afrique à progresser. Même s’ils ne se considèrent pas souvent comme des Africains, ils devraient y songer. Regarder la vérité en face et rappeler leurs supporters à l’ordre. Car si le Maroc n’a pas été choisi pour le Mondial 2026, c’est aussi parce que le Continent Noir lui a tourné le dos.

L’Angleterre a perdu sa royauté le jour où ses supporters ont dérapé. Si aujourd’hui ils sont revenus au sommet, c’est parce qu’ils ont su recadrer leur part d’ombre. Cette attitude peu louable permet aux clubs Maghrébins de gagner des matches. Mais donnent une très mauvaise image de leur gestion. Surtout qu’elle semble majoritairement orientée vers les équipes sub-sahariennes.

Lors des compétitions mondiales jouées au Maroc par exemple, aucun débordement excessif n’a été noté. Enregistré dans les mêmes colonnes que ce qui a pris l’habitude de se passer au Stade Municipal de Berkane. Le Jaraaf, le Raja… l’hospitalité du RSB a quasiment perdu sa crédibilité sur le plan sportif. Professionnel, le club d’Alain Traoré gagne des matches mais reste enclavée par les casseroles qu’il traine. L’accueil, l’arbitrage…

SyntekExifImageTitle ( Ville du 6 Octobre où siège la CAF) par Ahmadpontymageed – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Au sommet de la pyramide

Un supporter, des joueurs et des patrons qui font tout pour que leur équipe gagnent : c’est compréhensible. Mais quand l’instance qui est chargée d’équilibrer les chances n’arrive pas à punir leurs inadvertances : ça devient triste. La CAF siège en Égypte et s’est réunie à Paris pour trouver une issue à la crise née du « Radès Gate ». Conclusion : la finale sera rejouée en terrain neutre. Pourquoi ? Parce qu’un club s’est arrêté de jouer. S’il fallait que toutes les équipes refusent à chaque fois de terminer les matches pour des buts injustement refusés, où irai le football ?

Certes ce n’est pas normal que la vidéo ne marche pas lors d’un tel événement. Toutefois, s’arrêter pour un motif de ce genre c’est maladroit et pas du tout Fair Play. Les Sang et Or (surnom des joueurs de l’Esperance de Tunis) méritent leur quatrième titre. Les erreurs sont à la portée de tout le monde. La déférence envers les institutions est la seule expression sportive encourageante. Respecter les décisions arbitrales est un devoir. Refuser de le faire c’est se mettre au-dessus des règles.

Le président Ahmad Ahmad a déclaré avoir été menacé par le président de l’Espérance de Tunis :

« Le président de l’Espérance de Tunis m’a menacé devant des témoins. Des grands présidents de club en Afrique condamnent les pratiques de ce club, mais nous n’avons pas de preuves. Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? »

Vrai ? Faux ? Pourquoi la VAR marche partout mais pas à Tunis ? C’est à la CAF de répondre à cette question qui n’a pas lieu d’être. C’est elle qui est en charge de l’arbitrage. Pas à l’EST. Ce type de sortie dénote un gros souci. Une suite logique. Le football de l’Afrique « Blanche » se sent supérieur à la CAF. Un état des faits que celle-ci semble cautionner. L’arbitrage, on n’en parle même plus. La peur ? Là-bas on n’est jamais à l’abri d’une grossière erreur. On s’y fait presque… Eux non, bizarrement.

Supporters égyptiens par Citadelite – Wikipedia CC BY-SA 3.0

RDV

Le désordre n’a pas de nationalité. Le but n’est pas de stigmatiser un football. Mais de montrer du doigt un déroulement inacceptable qui semble s’éterniser. Les Pharaons, la plus grande équipe du Berceau de l’Humanité nous vient de ce pan : son côté septentrional. Ils nous incombent donc de le protéger. Et seule la vérité protège. Dire que le football Africain se porte bien après ce qu’on a vu à Radès le 31 mai dernier, c’est mentir. Si elle ne veut pas rester au fond du classement, l’administration Africaine du sport roi doit trouver des solutions. Il y va de sa dignité, de la qualité de la CAN 2019 en Egypte et des prochaines compétitions qui se joueront au nord du Sahara.

Jürgen Klopp : L’Afrique te dit Merci

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Qu’ils sont rares de nos jours, ces entraîneurs de grands clubs européens qui font aveuglement confiance aux joueurs Africains. Ces techniciens en mesure de mettre l’intelligentsia du Continent Noir au centre de leur philosophie tactique. Des managers à l’image de Mourinho, capables d’acheter Adebayor le Togolais et Essien le Ghanéen au Real Madrid. D’insister pour avoir Drogba l’Ivoirien quand on lui propose Adriano, le Brésilien. D’échanger (la joie au cœur) Zlatan Ibrahimovic contre Samuel Eto’o, le Camerounais. Bref de remettre chacun à la place qu’il mérite. Depuis le FC Porto avec Benny McCarthy le Sud-africain, le Special One n’a jamais « évolué » dans un club sans emmener un Africain avec lui. Et quand on sait le succès qu’il a eu, on comprend pourquoi… Pourquoi Jürgen Klopp semble depuis environ 5 ans maintenant, marcher sur ses traces.

Jürgen Klopp (au centre avec les lunettes) par Martin Davidsen – Wikipedia CC BY 2.0

L’audace d’espérer

Après le retournement épique auquel on a assisté à Anfield le 7 Mai passé, plus personne ne peut nier la force de Jürgen Klopp. Le manager Allemand mérite amplement cette récompense qui couronne son gros travail. José Mourinho :

« Pour moi, cette Remontada porte un nom : Jürgen. Je ne parle pas de tactique, je ne parle pas de philosophie, je parle de cœur, d’âme, de l’empathie fantastique qu’il a créée avec son groupe de joueurs. Il mérite de remporter cette Ligue des Champions. Vraiment, je le lui souhaite. »

Un vœu sincère, un énoncé qui contredit le « personne ne veut que Liverpool gagne » de Raheem Sterling. Et anoblit encore la bonne qualité du management du natif de Stuttgart. Une consécration qu’il doit aux choix courageux qu’il a faits depuis son arrivée à Liverpool en 2015. Des options surprenantes qui donnent depuis des frissons dans le dos. Dans ce nouveau football où pour remporter de grands trophées, il faut des grands noms.

On ne gagne pas la Ligue des Champions ou la Premier League en renouvelant sans cesse sa confiance à Divock Origi (qui ne joue pas). En allant chercher Wijnaldum chez le relégué Newcastle. En remplaçant Suarez par Firmino d’Hoffenheim. En allant prendre Robertson à Hull City. Ou encore et surtout en transférant le Camerounais Matip de Schalke 04, le Sénégalais Sadio Mané de Southampton, l’Egyptien Mohamed Salah de l’AS Roma et le Guinéen Naby Keita du RB Leipzig. Et ce après avoir laissé partir le Brésilien Coutinho en janvier. On ne soulève toujours pas la « coupe aux longues oreilles » en tentant ce genre de coup. On va en finale de C1 deux années successives… en espèrant que cette fois sera la bonne.

Sadio Mane par Werner100359 – Wikipmedia Commons CC0 1.0

Une victoire pour l’Afrique

En face de Klopp à Madrid ce sera un autre entraîneur qui attend un trophée depuis très longtemps. Un premier, une première pour Mauricio Pochettino et Tottenham. Ou un début de succès pour l’ancien milieu du FSV Mayence 05 en Europe. Il le mérite bien après ses trois finales perdues à Dortmund en 2013 (C1) et à Liverpool en 2016 (C3) et 2018 (C1). Il offrirait ainsi à l’Afrique un véritable sacre. Un bonheur doublement fêté si Arsenal et son ancien protégé au BVB, le Gabonais PEA, venait à remporter la Ligue Europa. Ce serait alors une belle récompense pour le « Footballeur Africain » au vu de la saison exceptionnelle de ses stars. Ziyech, Onana… et ces attaquants qu’on ne se lasse pas de citer : Mané, Salah et Aubameyang. Les trois meilleurs buteurs de Premier League cette année avec chacun 22 buts. Des finisseurs hors-normes naturellement portés par le milieu Naby Keita (dit Déco) et le défenseur central Joël Matip. Lequel stoppeur aura été indomptable aux côtés de Van Dijk dans la seconde moitié de la saison. Et spécialement face au Barça…

Soccer China Africa par Eric_Manzi – Pixabay CC0

Africa Football Club

Lorsque José allait chercher Salah au FC Bâle, il savait ce qu’il faisait. Le Pharaon n’a pas assez joué à Chelsea, mais il a appris la PL sous les ordres du Portugais. Une férule convaincue par le génie Africain. Il l’a vu à l’œuvre. Il l’a mis à l’épreuve. Et il sait que sa réussite n’est pas fortuite. Elle est évidente. C’est normal que Kalidou Coulibaly, Mané, Salah et Aubameyang fassent partie des meilleurs joueurs du monde. Ils sont les héritiers d’une lignée exceptionnelle qui partage les mêmes origines que le roi Pelé. La preuve qu’en gardant ta nationalité Africaine tu peux faire une grande carrière.

Ce n’est donc pas grave si on songe à eux beaucoup plus en D2 ou quand il n’y a pas ou plus de moyens. Si lorsqu’on pense superstar, on ignore les « black stars ». On ne fait que conforter Pep dans sa belle philosophie de jeu. Idées rationnelles qui préfèrent Phil Foden le meilleur joueur de tous les temps, à Riyad Mahrez le meilleur joueur de Premier League en 2016. Dans ce sprint (finalement gagné) pour le titre, l’Algérien n’aurait pas pu faire ce que la pépite Anglaise a fait. Son but à Brighton le confirme : les choix de son coach étaient les meilleurs. Judicieuses options du Catalan : preuves qu’il n’y a pas que le sport dans le football.

Football à la plage en Afrique par dongpung – Pixabay CC0

Il y’a aussi le feeling, l’autre nom du marketing. Toutefois, signer un joueur pour sa valeur mercatique, c’est recruter un mannequin et perdre un footballeur. Et le maître penseur des Scousers (surnom des joueurs de Liverpool) l’a en tête. L’avantage de compter un joueur Africain dans ses rangs, c’est celui d’avoir un footballeur acheté (et vendu) pour ses prouesses. Son pays souvent « pauvre », il ne vient pas vendre un nombre incalculable de maillots. Encore moins attirer les plus prestigieux sponsors. Il vient jouer au football…