PSG : L’équipe idéale

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Le PSG vient de connaître la moins bonne de ses saisons qataries. Une reculade qui semble commencer, Tuchel prolongé jusqu’en 2021. La domination hexagonale est moins évidente ces derniers temps. Les clubs français n’ont plus peur : les clubs français se renforcent. Juninho, Silvinho, Villas-Boas, des personnalités chevronnées arrivent et la compétition prend de l’ampleur. Que faire pour répondre à cette « provocation » et enfin confirmer en Europe ? Voici une proposition idéale pour l’équipe Parisienne de l’année prochaine.

Le Parc des Princes par Kilyac – Wikipedia CC BY-SA 4.0

Entraineur : Julien Stéphan

Vainqueur de la Coupe de France avec panache, c’est un entraineur qui a fait ses preuves dans un petit club. Aussi bien à l’échelle européenne que nationale, il a démontré qu’avec plus de moyens il peut mêler son ambition à celle du PSG.

Départs : Choupo Moting, Cavani, Neymar, Marquinhos, Thiago Silva, Daniel Alves, Buffon et Bernat

Si le transfert de Choupo Moting semble inévitable, il est clair que celui d’Edinson Cavani aura de lourdes conséquences. L’Uruguayen a rendu un grand service au PSG… : il faudrait qu’il parte par la grande porte. C’est un grand attaquant : il peut s’intégrer partout. Son conflit avec les Brésiliens s’arrêterait ainsi pour se poursuivre loin de Paris… Neymar, Marquinhos, Thiago Silva, Daniel Alves n’ont pas réussi à mener le PSG dans une autre dimension.

Il est temps de passer à autre chose. Qu’ils emmenent Marco Verrati avec eux. L’Italien n’a jamais été le nouveau Pirlo. Quant à Gigi Buffon et Juan Bernat, le plus tôt serait le mieux. L’Espagnol n’est plus ce qu’il était et le champion du monde est bon pour les livres d’histoire. Le voir sur un banc comme remplaçant est une triste image. Il mérite des ovations…

Arrivées : Ismaila Sarr, Mbaye Niang, Teddy Savanier, Zagadou, Umtiti, Varane, Griezmann, Irissa Gana Gueye, Alan, Gaya et Sels

Ismaila Sarr et Mbaye Niang sont des très bons joueurs de Ligue 1. Leur envie de progresser sera bénéfique au club. Tout comme celle d’autres excellents pensionnaires de L1 d’ailleurs : Kenny Lala et Teddy Savanier. Pour ce qui est de Zagadou, le sociétaire de Dortmund est un grand défenseur très prometteur. Il pourra « casser la démarche » de certains attaquants aux côtés de Samuel Umtiti, en délicatesse au Barça et de Raphael Varane. L’ancien Lensois veut changer d’air comme Griezmann. Les dirigeants Parisiens devraient en profiter. Sans oublier cependant de se pencher sérieusement sur les cas Idrissa Gana Gueye et Alan : les indispensables. Et pourquoi pas Sels en numéro 2 et Gaya pour remplacer Bernat ?

Equipe type : Areola – Kenny Lala, Varane, Umtiti, Gaya – Gana Gueye, Alan, Griezmann – Sarr, Mbappé, Di Maria (Capitaine)

Remplaçants : Mbaye Niang, Savanier, Zagadou, Draxler, Dagba, Nsoki, Moussa Diaby, Kimpembe, Sels

Classement proposé du PSG par Fouda Fabrice (Image Fofoot) CC0

Pourquoi cette équipe ?

La dernière fois que Paris a remporté une Coupe d’Europe (Coupe des Coupes en 1996), c’était grâce à des recrues du championnat de France et un entraîneur français. Cette équipe n’a l’air de rien, mais elle dégage une certaine cohésion. Ce ne sont pas des joueurs de l’acabit de Neymar : c’est un collectif apte à jouer un football efficace. Sa composition renvoie à de véritables valeurs domestiques et internationales capables d’exporter une identité footballistique.

Neymar : Paris c’est loin

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Quand rien ne va : rien ne va. Proverbe plat, mais fort outillé pour résumer la situation actuelle de Neymar. Accusé de viol. Menacé d’abandon par son père. Invité à revenir vers Jésus et au football par sa mère… Démis de ses fonctions de capitaine de sa sélection. Remplacé par son lieutenant Daniel Alves. Renommé capitaine, le Parisien de 27 ans vient de déclarer forfait pour la prochaine Copa America… au Brésil. Après sa blessure au genou lors d’une séance d’entraînement, la superstar s’est rompu les ligaments croisés. Ironie du sort ou logique du sport, c’était lors d’une rencontre amicale entre son pays et celui de ses propriétaires : le Qatar. Bref, depuis que l’ancien nouveau Pelé a signé à Paris, son football s’est progressivement éloigné des pelouses…

Présentation de Neymar au Parc des Princes par Antoine Dellenbach – Wikimedia Commons CC BY-SA 2.0

Le mauvais choix

Qu’est-ce qu’un mauvais choix ? Pour faire simple, il s’agit d’un chemin qui te conduit à ta perte. Une voie par laquelle tu recules. Honte au sportif qui le fera, le compétiteur vivant des challenges. Plus ils sont grands, mieux c’est pour sa progression. Un joueur qui évolue devrait normalement partir d’un club à un autre qui lui est supérieur.

Qu’est-ce qu’un grand club ? C’est un club qui a connu un succès international indéniable. Real Madrid, Manchester United, Liverpool, Chelsea, Aston Villa, Nottingham Forrest, Juventus, Milan AC, Inter de Milan, Ajax, Bayern, Dortmund, Hambourg, FC Porto, Benfica, Marseille, Celtic de Glasgow, Etoile Rouge de Belgrade, FC Barcelone etc. Le PSG non…

Contrairement au système de pensée qui prévaut de nos jours, le budget ne définit pas la grandeur d’une équipe. Sinon il y aurait plein de grands clubs en Chine et au Qatar. De Di Stéfano à Cristiano Ronaldo en passant par Ronaldo et Zidane, il y’a toujours eu de l’argent dans le sport roi. La différence c’est qu’il servait la cause du succès : de l’esprit « foot ».

En quittant Barcelone pour Paris, Neymar a clairement régressé. Il est passé d’un grand club à un « moyens » club. Son défi aurait pu être honorable s’il avait signé dans la capitale française pour faire progresser le club. Ce qui n’est pas le cas. Neymar à Paris ce n’est pas Maradona à Naples. Messi étant trop puissant pour lui, il a simplement choisi de partir pour être le roi tout seul…

Neymar à Barcelone par Alex Fau – Wikipedia CC BY 2.0

Mauvais départ

C’est sûr, Neymar a plus de talent que Messi. Et plus le temps passait plus ça se voyait. L’Argentin lui-même sentait que le vent commençait à tourner en sa défaveur. On l’a vu lors de la fameuse Remontada contre les hommes Unai Emery. C’est le natif de Mogis Das Cruzes qui a fait tout le match. Vainqueur et co-meilleur buteur de la C1 la saison d’avant, cette année 2017 était celle de la confirmation de son grand génie. Il lui fallait juste attendre un an ou deux : il devait encore mûrir. Il a manqué de patience. Il n’a pas respecté la hiérarchie du club et il est parti. L’erreur de sa vie…

Le Barça a mal fait de vendre Neymar. Les dirigeants Catalans auraient dû penser à leur avenir… : se séparer de Léo quand Ney faisait la tête. Au lieu de conforter le pouvoir de La Pulga, ils se devaient de conserver leur « maillot jaune ». L’ère Léo touche à sa fin et aucune n’anticipation n’a été faite. Conclusion, aujourd’hui ils le payent. Ils se mordent les doigts quand Neymar reste victime de son impatience.

Le Carioca n’aurait pas dû se vendre au PSG. Il a signé dans un club pour un salaire qu’il aurait forcément gagné. Quelle est la différence entre 15 et 30 millions d’euros ? Rien du tout. Un joueur qui gagne 15 millions d’euros n’a rien à envier à un autre qui en gagne 30. Il y’a un niveau de vie où l’accomplissement est plus important que l’argent.

Neymar par Кирилл Венедиктов – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Mauvaise arrivée

Mais le clan Neymar ne partage pas cet avis. Ils se sont fait rouler par la convoitise et leur « Ballon d’or » a perdu du terrain. Ses statistiques françaises ont certainement de la gueule. Cependant, avec lui les octuples champions de France n’ont franchi aucun palier. Ils ont même coulé. Si c’est pour battre Guingamp, Dijon ou Caen, Mbappé suffit largement. Le champion du monde a démontré en son absence qu’il est plus l’avenir du Parc des Princes que lui.

33 buts et dire qu’on ne jouait pas pour lui. Le meilleur joueur et meilleur buteur de Ligue 1 a porté son club tout seul cette saison : il a raison de demander plus de responsabilités. On n’a pas le droit de l’inféoder à un footballeur qui passe la majeure partie de son temps dans la Corbeille. Un joueur qui demande du respect à ses cadets et ne respectent pas ses aînés. La carrière de Neymar a piqué du nez le jour où il s’est attaqué à Cavani…

Edinson Cavani par Anders Henrikson – Wikipedia CC BY 2.0

Ney à Ney

Le football est un jeu juste. On a voulu détourner les paroles de Mbappé lors de la Cérémonie des Trophées UNFP. Les médias ont choisi de faire croire (pour préserver leurs droits) qu’elles étaient destinées à Cavani : que Kyky voulait sa place de numéro 9. Un autre mensonge : une autre attaque gratuite envers un attaquant qu’ils n’ont jamais apprécié à sa juste valeur. Le meilleur buteur de l’histoire du PSG qu’ils n’ont pas cessé de diminuer au profit de la vedette Neymar. C’est vrai que le Peixe ramène des millions de téléspectateurs à la Ligue 1. Mais à quel prix ? Son hygiène de vie semble poser problème. Continûment blessé, il joue moins que prévu. C’est du business, mais on parle aussi football tout de même…

On omet que Mbappé et Neymar ce n’est plus l’amour fou. L’ambiance récente qui les rapproche est très loin de l’entente qu’ils partageaient à chaque match. Le Bleu a dû comprendre que son explosion fait de l’ombre à l’Auriverde. Annoncé à la Maison Blanche, ses performances post Mondial n’ont pas forcément ravi la concurrence. En l’occurrence celle qui était naturellement pressentie dans la capitale espagnole. Autrement dit, la communication de Mbappé n’a fait que répondre à l’attaque de Neymar. Tu étais, dorénavant je suis…

Affaire à suivre…

Pierluigi Collina : Plus fort que la VAR

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Sur le plan technologique, il ne fait aucun doute que le football a progressé. Équipements, stades, Goal Line Technology, VAR, beaucoup de choses ont changé autour du ballon rond. Des améliorations notoires sans réelles modifications toutefois. Deux équipes de 11 joueurs s’affrontent toujours sur une pelouse. Un terrain d’entente, une rencontre maîtrisée par la présence d’un 23e homme : un arbitre. Officiel central, capitaine de la troisième équipe. Escouade qui elle également, joue pour gagner. Pour démontrer que sa prestation reste aussi importante (sinon plus) que celle des 22 autres acteurs. Et qui dit performances arbitrales, dit forcément Pierluigi Collina.

Pierluigi Collina par Fars News Agency – Wikipedia CC BY 4.0

Un signe de sagesse

Collina n’a pas toujours été un arbitre. Il a aussi été défenseur avant de prendre le sifflet. Un choix qui lui a valu une progression fulgurante freinée par une alopécie sévère. Le jeune homme de 24 ans perd ses cheveux en 10 jours et voit sa carrière marquer du pas. Dans le Calcio à l’époque, être un arbitre sans cheveux pouvait provoquer des réactions désagréables dans les gradins. On a donc attendu que sa maladie cesse pour le relancer. Une perte de temps évidemment, le colosse d’1m84 déterminé.

Pour l’ascension qui l’attendait, le septuple meilleur arbitre de Serie A avait besoin d’un look différent. Divin chauve, cette maladie n’a heureusement pas eu un impact sur sa vie. Elle l’a distingué de sa génération et a rapidement fait de lui un sage. Un « moine », un homme à part : le meilleur arbitre de tous les temps. Ou du moins, celui qui a le plus marqué le football de son temps. Sa quote-part sur le gazon était simplement aussi remarquable que celles des Ballons d’or Zidane et Ronaldo à leur époque.

Le maillot de Ronaldo à l’Inter de Milan par Auteur Inconnu – Wikipedia CC BY-SA 2.5

Déférences

On sait à quel point c’est difficile de dire qu’un arbitre a fait un bon match. Surtout lorsqu’on appartient à l’une des deux équipes qu’il sépare. Et pourtant on le disait de lui. Ses prouesses étaient si notables que des penseurs du football tels que Sir Alex Ferguson s’inclinaient devant son génie. Un respect qui s’étendait jusqu’aux amphithéâtres de l’université de Hull. L’économiste y reçut le diplôme honorifique de docteur en sciences, pour ses services rendus au football. Aux joueurs…

Victorieux ou non, certains d’entre eux lui ont même remis leurs maillots après les match. Des stars parmi lesquelles Ronaldo et Dietmar Hamann en finale de la Coupe du monde 2002. Une victoire 2-0 du Brésil sur l’Allemagne ou la consécration d’une immense carrière. Une succession de rencontres en haute définition qui prendra fin trois ans plus tard en Août 2005. Et comme Pelé et autres icônes du 20e siècle, il aura pris le temps avant de marquer les jeunes de son ère. De prêter son image à la jaquette d’un jeu vidéo : le très célèbre Pro Evolution Soccer 3. Il est le seul arbitre à l’avoir fait jusqu’ici. C’est dire…

Juge de touche par chirafat – Pixabay Cc0

Coup de sifflet final

Assistés par la vidéo, lorsqu’on voit le temps que les arbitres prennent pour décider. Le temps qu’ils perdent à se planter parfois, on ressent la régression globale du niveau du football. La technologie a facilité la vie aux  « Men In Black » et réveillé leur orgueil. « Ce n’est pas une machine qui me dictera ma conduite », croirait-on suivre. Aussi, l’image de ce témoin oculaire est altérée, son rôle parfaitement joué. Il présente clairement la vérité et laisse le soin au « refree » de juger. De voir aussi juste que les seuls yeux de l’actuel président du comité des arbitres de la FIFA.

Durant plus de 10 ans, le natif de Bologne n’a eu que sa vigilance pour faire son travail. Le surnommé Kojak n’avait pas besoin de visuels pour siffler adéquatement. Son grand regard suffisait pour que sa décision soit bonne. Nommé pour arbitrer votre match, vous étiez sûr de participer à un affrontement équitable. La preuve que les progrès techniques améliorent la vie des hommes sans forcément les changer. Si vous êtes une personne juste vous le resterez. Si vous n’êtes pas un bon arbitre ça se saura. Et si vous voulez progresser, elle vous aidera. Tout le monde n’est pas Collina. PC n’a pas utilisé la VAR, mais il lui reconnaît un grand mérite :

« 95% des décisions prises par les arbitres sans la VAR étaient correctes, et ce pourcentage a augmenté jusqu’ à 99,3% grâce à l’intervention de la V AR. (…) Cela a toujours été dit, la V AR ne signifie pas la perfection. Mais 99,3% en est très proche. » 

The End par geralt – Pixabay CC0

Ils veulent nous la prendre

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Une ligue fermée. C’est l’un des projets qui préoccupe le plus le football dirigé par Aleksander Ceferin. La création d’une sorte de NBA du ballon rond semble ravir plus d’un. Qui ? Citer leurs noms ici ne nous sera d’aucune utilité, étant donné que c’est leur pensée qui nous intéresse. Cette entreprise qui provoquerait la disparition de la Ligue des Champions, la vraie.

Le Milan AC, vainqueur de la Ligue des champions en 2003 par Soccer illustrated – Wikipedia CC BY-SA 3.0

No game no gain

Comment penser à une compétition fermée dans le football quand c’est tout le contraire qui définit ce sport. À l’air libre, sur un gazon, le sport du peuple n’a de sens que lorsqu’il est ouvert à tout le monde. Dans ce football où l’argent prend la place de l’herbe, l’essentiel se dérobe. À tous les prix, on veut gagner beaucoup plus. Au point d’oublier que sans jeu il n’y a pas de gains.

Mais de quel jeu s’agit-il ici ? La National Basket Association est souvent l’exemple de ce football cupide qui frise la stupidité et s’oppose à ses valeurs. Ce qu’on oublie c’est que la force du géant nord-américain ne se trouve pas dans son porte-monnaie. Mais bien dans les principes fondamentaux de l’activité qui le gonflent.

Basket-ball Parc par Free-Photos – Pixabay CC0

En NBA c’est le sport avant tout. On n’a pas peur d’exclure à vie le propriétaire d’une franchise pour des propos racistes. De faire un partenariat gagnant – gagnant avec le basket africain. De voir la vérité en face : de reconnaitre que les plus grands basketteurs de l’histoire ont des origines africaines. Le sénégalais Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA et patron de la NBA Africa :

« Il y a un vide sur le continent en ce qui concerne les compétitions interclubs. La Basketball Africa League proposera un modèle qui, j’en suis certain, attirera du monde. Surtout, cette compétition permettra aux immenses talents du continent africain d’avoir un cadre au sein duquel évoluer. Ce cadre sera professionnel. La NBA va y mettre tout son savoir-faire, toute son énergie et toutes les compétences dont elle dispose. C’est vraiment un jour nouveau pour le basket africain. Nous sommes très heureux de ce partenariat avec la FIBA (…) »

La Basket Africa League, la collaboration de la FIBA Africa et de la NBA permettra au basket africain de grandir sur ses terres. Et à la NBA de s’y implanter directement. Avec la montée en puissance des basketteurs africains, la NBA se verrait dans le cas contraire, forcée de tous les accueillir. De priver le sol africain de ses fils et le sol américain de ses pousses. Elle serait contrainte de faire un choix entre ses talents et les talents des autres et la discrimination naitra. Aussi, à travers cette initiative transcontinentale, l’association américaine rend possible la pérennisation du ballon orange. Et de sa propre existence par la même occasion. Tout le contraire de ce projet européen de ligue fermée.

Les supporters des Celtics de Glasgow célébrant la victoire en Ligue des champions de 1967 par Debbie MC – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Retour aux sources

La Ligue des champions 2018/2019 entrera dans l’histoire pour l’émotion qu’elle a suscitée. Elle a remis le football dans les bras de « sa mère ». Liverpool, Tottenham, qui n’a pas souhaité voir l’Ajax la remporter ? Cette équipe nous a rappelé les vraies raisons pour lesquelles on aime ce sport. De Ligt et compagnie balle au pied, on a su pourquoi ce tournoi nous délecte tant.

Et pourtant les champions des Pays-bas risquent de ne pas être « avec nous » la saison prochaine. Quadruple champions d’Europe, on va leur prendre leurs « joyaux » et ils passeront par les tours préliminaires. Pendant que des quatrièmes seront bel et bien directement qualifiés pour la phase finale.

Johann Cruyff lors de la Supercoupe d’Europe contre les Glasgow Rangers par Nationaal Archief Fotocollectie Anefo – Wikipedia CC BY-SA 3.0 NL

La Ligue des Champions est devenue la compétition la plus regardée au monde grâce à son caractère collectif. Si on a pu admirer des joueurs comme Johann Cruyff, Georghe Hagi, Andryi Schevchenko, Jari Litmanen etc. Ces footballeurs qui sortaient de « l’ordinaire », c’est parce qu’elle plaçait tout le monde sur le même pied d’égalité. Et ceci tant sur le terrain que dans les « tribunes ».

En Afrique par exemple (dans les années 90) il suffisait d’avoir un petit écran pour vibrer. Chaque mardi et mercredi vous aviez droit à un éminent spectacle assis sur votre canapé. Grâce à Canal France Internationale notamment, les chaines nationales africaines avaient la possibilité de retransmettre tous les matchs de la reine des coupes européennes. C’était magnifique, c’était donné et aujourd’hui c’est fini. Les droits télé ont tout pris…

Quoique même jusque-là, certains parviennent à trouver une solution pour entendre cette chanson si particulière. L’hymne écrit par Tony Britten et inspiré de Georg Friedrich Haendel fait dorénavant partie de leur répertoire naturel. Des mesures qu’ils entendront malgré tout de moins en moins, le champ de vision sur la coupe aux longues oreilles se réduisant. La ligue va tourner le dos à sa réalité pour devenir un carré VIP. Cercle fermé qui ne se résume pas qu’à un gros problème financier.

Football, sport et argent par geralt – Pixabay CC0

Du plus petit au plus grand

La boucle se clos pareillement sur un problème d’égalité des chances. Pourquoi vouloir fermer la porte à certains et l’ouvrir à d’autres pour des raisons certainement extra sportives ? Du domestique à l’international, le football européen est si bien organisé qu’il a seulement besoin d’une mise à jour. Maintenant qu’il y’a assez d’argent pour tout le monde, et si on le redistribuait équitablement ? Et si les « petits » championnats (souvent formateurs), bénéficiaient d’une redistribution ou d’une loi leur permettant de jouer dans la cour des grands ? Un texte qui leur permettrait de garder leurs meilleurs joueurs plus longtemps pourrait être voté. On leur pique leurs éléments et on les traite de petites équipes… ?

C’est injuste et ça va de mal en pis. La Coupe des Clubs Champions avant, c‘était seulement les champions qui la jouaient. Après on l’a ouvert aux deuxièmes, troisièmes et quatrièmes de certains pays pour mieux exclure d’autres champions. Et là, on veut totalement la fermer en estimant que certaines ligues n’ont pas leur place au sommet. Le début de la fin…

Match de nuit par Free-Photo – Pixabay CC0

Pas mal !

L’idée d’une ligue réduite n’est pas mauvaise en soi. En tout cas, c’est bien mieux que le « grand cœur » de la FIFA et ses 48 équipes au Mondial. Liguer les meilleurs est une ambition sportive honorable et aguichante. Toutefois, c’est à la pelouse de décider de la grandeur d’une équipe. Pas à une association à but lucratif. Les compétitions domestiques ne doivent pas être étouffées et l’alliance fermée envisagée devrait redevenir la C1 à ses débuts. Reformer cette élite avec les champions de tous les pays européens suffira largement.

Chaque mardi, il y’aurait donc plus de matchs prestigieux à regarder (pour plus de droits télé). La Ligue Europa prendrait ainsi chaque mercredi, une dimension plus forte. C2 qui privée des relégués de la C1, sera composée en intégralité des seconds et troisièmes de chaque championnat. Formule juste qui légitimerait alors la création d’une troisième coupe d’Europe. Nouvelle C3 où tous les jeudis, les quatrièmes et cinquièmes se battraient pour une étoile européenne. Soit un jour avant la C4 : la coupe européenne des vainqueurs des coupes nationales. De ce fait, les championnats nationaux garderaient samedi, dimanche et lundi pour nous fabriquer nos futurs champions.

C1, 2, 3 et 4 : voilà comme une coupe d’Europe 5 étoiles qui a du sens et du challenge. Une supercoupe d’Europe, un pays organisateur, deux demi-finales, une finale et une place bien méritée pour la coupe du monde des clubs.

C’est simple

Que le football européen ait plébiscité à ce point l’Angleterre n’est pas un hasard. Au sein de ce climat défini par les carnets de chèques, le jeu le plus simple a besoin de revenir à une image qui lui sied. Les anglais sont riches mais pas fous. Au lieu de penser à se refermer sur elle-même, l’UEFA devrait montrer l’exemple en respectant la FIFA. Sa supérieure hiérarchique a besoin de ses compétences pour rendre le football plus correct et plus cohérent. La confédération européenne a émerveillé le monde par la qualité de son organisation : c’est ce caractère qu’on attend qu’elle exporte.

Cinq jeunes et un ballon par OpenClipart-Vectors – Pixabay CC0

À l’instar de la NBA sur le Continent Noir, l’UEFA devrait militer pour un football harmonisé et bien organisé à travers le monde. Elle a la responsabilité de s’activer pour des formats uniformisés pour toutes les confédérations. Sans quoi, le sport roi finira en plusieurs morceaux. Si cette ligue fermée voit le jour, l’administration du football européen et mondial se divisera. Schisme qui volera au roi des sports sa couronne…

FC Barcelone : Mourinho a un nouveau prétendant

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Malgré une fantastique saison, le FC Barcelone ne remportera pas la Ligue des Champions. La faute à un Liverpool renversant. Une équipe des Reds battue 3-0 à l’aller, victorieuse 4-0 à Anfield au retour. Couac qui naturellement dans une telle écurie, crée la polémique sur les réelles valeurs de certains cadres. Et comme le roi Messi est intouchable, les regards se tournent forcément vers la touche. Ernesto Valverde est montré du doigt et déposé sur un siège éjectable. Une nouvelle place de libérée pour le Portugais José Mourinho…

José Mourinho par Steindy – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Victime de sa mode

Le 8 Mars 2017, le Barça est devenu le premier club de l’histoire de la Ligue des Champions à se qualifier après avoir perdu 4-0 à l’aller. Les Blaugrana de Luis Enrique humiliaient alors le PSG 6-1 à domicile pour piètrement tomber en quart de finale face à la Juventus. 3-0 à l’aller, 0-0 au retour, les Catalans entamaient ainsi une « Dégringolada » en C1 qui devait porter le sceau de leur « propre création » : la Remontada. Liverpool succède à la Roma et les champions d’Espagne sombrent dans le déni.

Redmontada, Romantanda, l’histoire prend une autre tournure et remet en question la qualité tactique d’un entraîneur qui au final, n’a rien montré sur la scène internationale. On dit que les grandes équipes ne perdent pas deux fois de suite : son FCB a perdu deux fois de suite après avoir gagné au match aller sur trois buts d’écart. C’est suffisant pour être débarqué d’une telle institution.

Il y’a quelques jours, Xavi déclarait : « le Barça doit à nouveau dominer les matches. » En fait ce que l’ancien capitaine des Alzugrana voulait dire, c’est que le Barça doit revenir sur le toit de l’Europe. Son club de cœur domine les rencontres : mais sur la péninsule Ibérique. José Mourinho, en parlant de Messi (donc du Barça) :

« Pour être le meilleur, il faut être un winner, pas seulement un top-player. Il n’est pas possible d’être le meilleur sans gagner des grandes choses. C’est fondamental (…) Je doute donc que Messi mérite le Ballon d’Or. On pensait tous qu’il était de retour, mais il a encore échoué en Ligue des Champions. Pour être le meilleur, il faut gagner. »

Lionel Messi par Laia – Wikimedia Commons CC BY 2.0

Un choix logique

Qui pour gagner dans ce cas ? Pour dire à Messi ce qu’il ne veut pas entendre ? Pour prendre la place de l’ancien technicien de l’Athletic Bilbao ? On sait que le Barça aime ceux qui ont travaillé pour la « Maison ». Les anciens du club sont particulièrement appréciés chez le géant vêtu de Bleu et Grenat. Guardiola, Luis Enrique, Valverde, le Special One ? Une option judicieuse ce serait en tout cas. En plus d’y avoir travaillé aux côtés de feu Bobby Robson, le lusophone a le profil idéal pour rallumer la flamme de la victoire suprême dans ce club. Cette équipe qui l’a adopté dans ces débuts. Cet adversaire qui a nourri sa notoriété. Une formation qui son identité perdue, se transforme de plus en plus en équipe d’Argentine moderne.

On nomme les entraineurs qui font plaisir à Messi et pendant ce temps l’équipe n’évolue pas. Etre titulaire ne se résume plus à la performance sportive mais à la proximité avec La Pulga en dehors du terrain. La présence d’Iniesta a longtemps caché ce fait, mais aujourd’hui c’est trop flagrant. Le Barça est nécessiteux d’un coach de caractère. Un homme capable de mettre fin à cette attitude nonchalante sur la pelouse. José Mourinho, évoquant le quatrième but de Liverpool contre Barcelone en demi-finale retour de Ligue des champions :

« Si cela arrive dans un match de U14 ou de U15, on pourrait se dire: ‘Les gamins sont en train de dormir, ils n’ont pas la mentalité pour jouer au football, ils doivent apprendre les bases du jeu’. Mais on parle des meilleurs joueurs du monde, et le fait de concéder ce but veut tout dire au niveau de leur état d’esprit. »

Neymar face à Piqué par Danilo Borges/Portal da Copa – Wikipedia CC BY 3.0 BR

Le bouquet et le piquet

Dans sa marche impériale sur le terrain (pendant que ses coéquipiers défendent), le quintuple Ballon d’or est accompagné par une paire toute aussi prestigieuse. Le problème c’est qu’elle est à vocation défensive : Busquets et Piqué. Ces deux joueurs sont la preuve qu’il y a énormément d’injustice dans le très fameux football moderne.

De nos jours, ceux qui jouent ne le méritent pas toujours. Ça fait longtemps que les dossards 5 et 3 de Barcelone devraient être sortis des starting lineups. Ils ont suffisamment montré leurs limites sur la pelouse.

Busquets n’est clairement pas un bon numéro 6. Il a juste été entouré de milieux aussi complets que talentueux. Xavi, Iniesta, ou encore Xabi Alonso (en sélection) étaient les arbres qui cachaient sa forêt de défauts. Maintenant que son équipe a fortement besoin de lui, d’un vrai récupérateur, ils ressortent royalement.

Idem pour Gerard Piqué. Pour le passer, il suffit de le fixer. Les performances du conjoint de Shakira font chanter la défense Barcelonaise. Ses partenaires dans l’axe sont obligés de faire un double boulot, tant il est absent. Lui également a eu la « chance » de partager l’axe avec des défenseurs de grande classe. Puyol, Sergio Ramos et les autres ont longtemps couvert ses lacunes : ce n’est plus possible. Les tacticiens à la merci de Messi et de ses acolytes doivent laisser la place aux véritables entraineurs. Si Valverde avait remporté la Ligue des Champions à la place de Klopp ou Pocchetino, ça aurait été injuste. Le football récompense le travail. Les « mecs sympas » n’ont plus leurs places au Camp Nou. José Mourinho :

« La vraie innovation, ce n’est pas la technologie. Tu peux avoir le dernier drone, les derniers GPS, ce qui fait la vraie différence, c’est ce qu’on appelle le ‘know how’ [‘savoir comment faire’]. Beaucoup d’entraîneurs se cachent derrière la technologie, l’innovation, mais le vrai secret n’ est pas là. Quand je travaille, tous les jours je pense : entraînement de qualité. Avoir un entraînement de haut niveau, c’est un droit que les joueurs ont. C’est mon devoir envers les joueurs de le leur donner tous les jours. Une règle d’or. Il y a quelques jours, j’ai entendu un joueur parler de son coach : ‘Mon entraîneur, c’est un bon mec, un mec sympa, il a un grand cœur, c’est un homme fantastique. ‘Mais il ne dit jamais que son entraîneur est un grand entraîneur. Mais que veux-tu que les joueurs disent de toi ? Que tu es un grand entraîneur. La base, c’est ce que tu fais sur le terrain. L’essence de notre métier, la passion, elle est là, sur le terrain. C’est là que tu dois faire la différence. C’est la magie de ce terme : qu’est-ce que fait un entraîneur ? Il entraîne. »  

Ernesto Valverde par Богдан Заяц – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Man City rime avec Mancini

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C’est officiel ! Manchester City est à nouveau champion d’Angleterre. Le club entrainé par Pep Guardiola réalise un doublé historique : une première depuis Manchester United en 2009. Un record amplifié, les Cityzens écrasant Watford 6-0 en finale de la Cup à Wembley. Une performance inédite, aucun club dans l’histoire du football Anglais n’ayant jamais réussi à tout rafler sur le plan domestique en une saison. Les Ciels et Bleus sont donc sur un nuage. Et on se demande bien comment ils y sont arrivés. Comment une telle domination est possible dans un championnat si relevé ?

Les supporters de Manchester City après le titre de 2012 par Oldelpaso -Wikipedia CC BY-SA 3.0

Un vent nouveau

La puissance financière ? On aurait pu attribuer cette hégémonie à ce facteur non-négligeable. Mais l’Ajax nous a montré que les billets verts ne servent pas tant que ça. Surtout si on ne sait pas où les injecter. Le travail de Guardiola ? Champions avec 100 et 98 points c’est énorme. Sauf que tout le monde sait que sans Kompany et son boulet de canon face à Leicester. Sans le capitaine Belge, Aguero et David Silva, le Barcelonais n’aurait probablement rien gagné en Angleterre. Et ces joueurs qui constituent le socle de City, ont tous été recrutés par un homme : Roberto Mancini.

Lorsqu’en 2009 Mancini remplace Mark Hugues, City est un nouveau riche sans véritables valeurs. Et dans un championnat où l’argent ne vaut rien s’il n’est pas utilisé à bon escient, le club d‘Alan Oakes peine à s’imposer. Le technicien italien arrive ainsi avec des valeurs footballistiques auxquelles il soumet le porte-monnaie. Le coup Robinho ayant échoué, il associe d’autres joueurs de talent et de caractère à Carlos Tevez. Parmi eux, Aleksandar Kolarov, James Milner, Jérôme Boateng, Edin Dzeko, Vincent Kompany, Yaya Touré, Kun Aguero, David Silva et Mario Balotelli. C’est la naissance d’une galaxie.

Roberto Mancini par Andy Brannan – Wikipedia CC BY-SA 2.5

Le grand Roberto

Aussi, il faut faire vivre cette constellation. Une entreprise que l’actuel sélectionneur de l’équipe nationale d’Italie met sur pied en greffant à ces transfuges l’esprit du club. Souffle qui arrive par le truchement d’un joueur issu du centre de formation et d’un autre venu de Shrewsbury Town (D3 Anglaise). Le mythique buteur de la Sampdoria de Gênes titularise le briscard Micah Richards en défense et Joe Hart dans les buts. Le club remporte la Cup en 2011, le premier trophée du président Khaldoon Al Mubarak : le premier depuis 35 ans. Et se qualifie pour la Ligue des Champions en terminant troisième devant Arsenal et derrière Chelsea.

Une position sur le podium synonyme de progression. En effet, les hommes du triple champion d’Italie (avec l’Inter) sont passés du cinquième rang en 2010 au bronze l’an suivant. Avant de grappiller deux nouvelles places et de terminer en tête devant le frère ennemi United. Titre glané à l’issue d’un finish haletant. Un scénario marqué par trois victoires rocambolesques. Le 1-6 infligé à Manchester à Old Trafford. La victoire 1-0 sur ces mêmes Red Devils au retour grâce à un but de la tête de l’inévitable Kompany. Et la victoire à l’arraché 3-2 devant QPR sur un but en toute fin de rencontre d’Aguero.

En conséquence, voilà comment Man City est redevenu un monstre sur la scène anglaise. Depuis ce sprint qu’ils ont réussi à remporter face au géant entraîné par Sir Alex Ferguson, les Sky Blues ont appris à gérer les temps forts et les temps faibles d’une saison de PL. Une équipe avec des cadres tout désignés est née depuis, et on voit les fruits. Après le départ de Mancini, City a remporté trois titres de champion, quatre coupes de la Ligue, deux FA Cup et cinq Community Shield. La question maintenant c’est : que deviendra cette équipe après l’héritage laissé par le meilleur joueur de Série A en 1991 ? On se souvient qu’à la saison liminaire de Guardiola, lorsqu’il a tenté d’écarter Kompany et Aguero après Joe Hart, le club n’a rien gagné…

Manchester City à domicile contre le Bayern en 2012 en Ligue des champions par LordHorst – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Et l’Europe alors ?

Malgré cette domination domestique outrageuse, Manchester City ne sera pas la meilleure équipe anglaise cette année. Il y aura un champion d’Europe anglais (voire deux). Liverpool ou Tottenham volera la vedette à leur incroyable saison. C’est triste mais c’est le football. Le quadruplé de City devrait passer après la future victoire anglaise en C1. Un échec pour autant ? Un objectif manqué. Malgré les bonnes bases posées, Guardiola n’a pas « remporté les trois Ligues des Champions qu’on lui avait demandées ». S’il a remplacé Pellegrini, c’est bien pour réussir où Mancini a échoué. Jusqu’ici c’est le prédécesseur de l’ancien coach du Bayern qui possède le meilleur rendement européen de l’ère émiratie. Une demi-finale perdue face au Real Madrid en 2016.

Man City a besoin de franchir un palier en Champions League pour rejoindre les grandes écuries de la Premier League. Pour tourner définitivement la page Mancini, Pep devra remporter la C1 avec des cadres que lui-même il a choisis. En revanche s’il part, on peut craindre le pire. Quand on pense au Bayern, au Barça… Quand on sait que les clubs se remettent difficilement des passages de Pep, on peut s’inquiéter pour le second club de Manchester.

Jürgen Klopp : L’Afrique te dit Merci

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Qu’ils sont rares de nos jours, ces entraîneurs de grands clubs européens qui font aveuglement confiance aux joueurs Africains. Ces techniciens en mesure de mettre l’intelligentsia du Continent Noir au centre de leur philosophie tactique. Des managers à l’image de Mourinho, capables d’acheter Adebayor le Togolais et Essien le Ghanéen au Real Madrid. D’insister pour avoir Drogba l’Ivoirien quand on lui propose Adriano, le Brésilien. D’échanger (la joie au cœur) Zlatan Ibrahimovic contre Samuel Eto’o, le Camerounais. Bref de remettre chacun à la place qu’il mérite. Depuis le FC Porto avec Benny McCarthy le Sud-africain, le Special One n’a jamais « évolué » dans un club sans emmener un Africain avec lui. Et quand on sait le succès qu’il a eu, on comprend pourquoi… Pourquoi Jürgen Klopp semble depuis environ 5 ans maintenant, marcher sur ses traces.

Jürgen Klopp (au centre avec les lunettes) par Martin Davidsen – Wikipedia CC BY 2.0

L’audace d’espérer

Après le retournement épique auquel on a assisté à Anfield le 7 Mai passé, plus personne ne peut nier la force de Jürgen Klopp. Le manager Allemand mérite amplement cette récompense qui couronne son gros travail. José Mourinho :

« Pour moi, cette Remontada porte un nom : Jürgen. Je ne parle pas de tactique, je ne parle pas de philosophie, je parle de cœur, d’âme, de l’empathie fantastique qu’il a créée avec son groupe de joueurs. Il mérite de remporter cette Ligue des Champions. Vraiment, je le lui souhaite. »

Un vœu sincère, un énoncé qui contredit le « personne ne veut que Liverpool gagne » de Raheem Sterling. Et anoblit encore la bonne qualité du management du natif de Stuttgart. Une consécration qu’il doit aux choix courageux qu’il a faits depuis son arrivée à Liverpool en 2015. Des options surprenantes qui donnent depuis des frissons dans le dos. Dans ce nouveau football où pour remporter de grands trophées, il faut des grands noms.

On ne gagne pas la Ligue des Champions ou la Premier League en renouvelant sans cesse sa confiance à Divock Origi (qui ne joue pas). En allant chercher Wijnaldum chez le relégué Newcastle. En remplaçant Suarez par Firmino d’Hoffenheim. En allant prendre Robertson à Hull City. Ou encore et surtout en transférant le Camerounais Matip de Schalke 04, le Sénégalais Sadio Mané de Southampton, l’Egyptien Mohamed Salah de l’AS Roma et le Guinéen Naby Keita du RB Leipzig. Et ce après avoir laissé partir le Brésilien Coutinho en janvier. On ne soulève toujours pas la « coupe aux longues oreilles » en tentant ce genre de coup. On va en finale de C1 deux années successives… en espèrant que cette fois sera la bonne.

Sadio Mane par Werner100359 – Wikipmedia Commons CC0 1.0

Une victoire pour l’Afrique

En face de Klopp à Madrid ce sera un autre entraîneur qui attend un trophée depuis très longtemps. Un premier, une première pour Mauricio Pochettino et Tottenham. Ou un début de succès pour l’ancien milieu du FSV Mayence 05 en Europe. Il le mérite bien après ses trois finales perdues à Dortmund en 2013 (C1) et à Liverpool en 2016 (C3) et 2018 (C1). Il offrirait ainsi à l’Afrique un véritable sacre. Un bonheur doublement fêté si Arsenal et son ancien protégé au BVB, le Gabonais PEA, venait à remporter la Ligue Europa. Ce serait alors une belle récompense pour le « Footballeur Africain » au vu de la saison exceptionnelle de ses stars. Ziyech, Onana… et ces attaquants qu’on ne se lasse pas de citer : Mané, Salah et Aubameyang. Les trois meilleurs buteurs de Premier League cette année avec chacun 22 buts. Des finisseurs hors-normes naturellement portés par le milieu Naby Keita (dit Déco) et le défenseur central Joël Matip. Lequel stoppeur aura été indomptable aux côtés de Van Dijk dans la seconde moitié de la saison. Et spécialement face au Barça…

Soccer China Africa par Eric_Manzi – Pixabay CC0

Africa Football Club

Lorsque José allait chercher Salah au FC Bâle, il savait ce qu’il faisait. Le Pharaon n’a pas assez joué à Chelsea, mais il a appris la PL sous les ordres du Portugais. Une férule convaincue par le génie Africain. Il l’a vu à l’œuvre. Il l’a mis à l’épreuve. Et il sait que sa réussite n’est pas fortuite. Elle est évidente. C’est normal que Kalidou Coulibaly, Mané, Salah et Aubameyang fassent partie des meilleurs joueurs du monde. Ils sont les héritiers d’une lignée exceptionnelle qui partage les mêmes origines que le roi Pelé. La preuve qu’en gardant ta nationalité Africaine tu peux faire une grande carrière.

Ce n’est donc pas grave si on songe à eux beaucoup plus en D2 ou quand il n’y a pas ou plus de moyens. Si lorsqu’on pense superstar, on ignore les « black stars ». On ne fait que conforter Pep dans sa belle philosophie de jeu. Idées rationnelles qui préfèrent Phil Foden le meilleur joueur de tous les temps, à Riyad Mahrez le meilleur joueur de Premier League en 2016. Dans ce sprint (finalement gagné) pour le titre, l’Algérien n’aurait pas pu faire ce que la pépite Anglaise a fait. Son but à Brighton le confirme : les choix de son coach étaient les meilleurs. Judicieuses options du Catalan : preuves qu’il n’y a pas que le sport dans le football.

Football à la plage en Afrique par dongpung – Pixabay CC0

Il y’a aussi le feeling, l’autre nom du marketing. Toutefois, signer un joueur pour sa valeur mercatique, c’est recruter un mannequin et perdre un footballeur. Et le maître penseur des Scousers (surnom des joueurs de Liverpool) l’a en tête. L’avantage de compter un joueur Africain dans ses rangs, c’est celui d’avoir un footballeur acheté (et vendu) pour ses prouesses. Son pays souvent « pauvre », il ne vient pas vendre un nombre incalculable de maillots. Encore moins attirer les plus prestigieux sponsors. Il vient jouer au football…

Angleterre : le football de retour sur ses terres

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La semaine des 7, 8 et 9 mai 2019 restera à jamais inscrite dans la légende du ballon rond. Elle marque le couronnement historique d’un football longtemps nié par ses nombreux détracteurs. Le championnat anglais est-il le meilleur au monde ? On a une réponse incontestable aujourd’hui, retracée par deux scénarios improbables. 4 clubs se disputeront les plus prestigieux trophées d’Europe. Liverpool – Tottenham en Champions League et Arsenal – Chelsea en Europa League. Représenté par trois clubs sur le quatuor, Londres est la capitale du football européen. Le sport roi joue à domicile…

Statue de Bobby Moore par coombesy – Pixabay CCO

Fucking Giants

Après la double victoire des Golden States Warriors sur les Rockets de Houston en demi-finale de Conférence Ouest, Steve Kerr (leur coach) paraphrasait Jurgen Klopp et déclarait que ses joueurs étaient des « putains de géants ». Kevin Durant blessé, nous sommes en NBA et la victoire 4-0 de Liverpool sur le FC Barcelone continue de se faire respecter. Battus 3-0 à l’aller, les coéquipiers de Sadio Mané sont parvenus à renverser la tendance devant leur public. Un exploit qui arrive alors que les Reds sont privés de Salah, Firmino et Naby Keita. « Goliath » n’avait qu’à bien se tenir. Un grand n’est pas un petit…

C’est connu, les meilleurs souffrent toujours d’oppositions. Souvent pour se donner du genre, pour être le premier à avoir détecté un trou dans la serrure, les contestateurs se lâchent. Geste qui ne fait que confirmer encore la supériorité de leur cible. Comparer les ligues est une perte de temps. Mais s’il le faut pour rendre à Lucas Moura les honneurs de son fantastique coup du chapeau, ce sera fait.

Didier Drogba par rayand – Wikipedia CC BY-SA 2.0

Petit rappel des faits

La qualité d’une solution dépend des composantes qu’elle renferme. Le foot anglais compte le plus grand nombre de vainqueurs de la Ligue des Champions. Soit un total de 5. Liverpool (5), Manchester United (3), Chelsea (1) en Premier League. Aston Villa (1) et Nottingham Forrest (2) en Championship. Le club du mythique Peter Shilton est d’ailleurs la seule équipe européenne à avoir remporté plus de C1 que de championnats. Deux pour un…

Un football qui si vous l’avez remarqué, possède des vainqueurs de C1 en D1 et D2. Déjà un inédit et pourtant on ne parle même pas encore de la Coupe de l’UEFA (actuelle Europa League). Un trophée qu’Ipswich Town, Everton, Tottenham (Liverpool, Chelsea et Manchester United) ont remporté. De la Coupe des Vainqueurs de Coupes (maintenant disparue) glanée par Manchester City, West Ham, Arsenal (Everton, Manchester United, Tottenham et Chelsea).

Danny Blanchflower (à gauche) et George Best (à droite) par NL-HaNA, ANEFO / neg. stroken, 1945-1989 – Wikipedia CC BY-SA 3.0 NL

Aussi, au-delà de tout ce prestige le championnat d’Angleterre est celui qui détient le record de victoires consécutives en Ligue des Champions. C’est-à-dire 6. Entre 1977 et 1983 la « First Division » a tout raflé dans le Vieux monde. Liverpool en 1977 et 1978 ; Nottingham Forrest en 1979 et 1980 ; Liverpool en 1981 et Aston Villa en 1982… Trois saisons avant l’exclusion de 5 ans des clubs anglais de toutes les Coupes d’Europe par l’UEFA. Une sanction quelque peu exagérée, les hooligans de Liverpool étant les principaux responsables de cette tragédie : le Drame du Heysel.

Est-il juste de punir une famille parce qu’un de ses membres est fautif ? Non. It looks like… a « fucking disgrace ». Comme dirait Didier Drogba le 6 mai 2009 face à cet arbitrage catastrophique qui a facilité l’élimination des Blues contre Barcelone. Deux finales 100% anglaises successives ? Deux Manchester United – Chelsea de suite ? Cela ne se peut pas. À l’image des années 1980 où le « sport des anglais » était omnipotent, on a stoppé l’hémorragie avec un « coup de poing ». Quoique : « chassez la nature, elle revient au galop ! »

Fan anglais par milldesign – Pixabay CC0

Football is back

10 ans plus tard, les anglais peuvent une nouvelle fois être fiers de leurs équipes. Les facteurs externes évoqués pour blesser leur amour-propre sont infondés. Ceux qui pensent le contraire font fausse route. Nous sommes bien sur une suite logique. En 2016, Man City a joué les demi-finales de la Ligue des Champions et Liverpool la finale de l’Europa League. Man United a remporté l’Europa League en 2017. Liverpool a perdu la finale de la Ligue des champions l’an passé. Harry Kane a été meilleur buteur au dernier Mondial Russie 2018 où son pays a fini quatrième. Une place aux pieds du podium pour une sélection désormais qualifiée pour le « Final Four » 2019 de la Ligue des Nations. Conclusion : ce n’est pas un « Hazard » si cette année semble si magique dans la tanière des Three Lions…

De ce fait, qui pourra nier le rôle qu’a joué James Milner aux côtés d’Henderson dans ce succès renversant à Anfield contre les Blaugrana ? Et que dire de Trent Alexander Arnold et de son coup de génie ? Des deux passes décisives de Dele Alli ? Du petit pont de Danny Rose sur le puissant De Ligt, à l’origine du but qui déclenche la révolte des Spurs à Amsterdam ? De Kieran Trippier et sa patte droite ? Du but de Loftus Cheek, la fine finition dans un angle impossible contre Frankfurt à Stamford Bridge ? Ou du centre précis du jeune Maitland-Niles pour le second but du triplé d’Aubameyang à Valence ?

Liverpool, champion d’Europe en 2005 par Stomart – Wikipedia CC BY-SA 3.0

King of Fighting Spirit

Il y a un dicton urbain camerounais qui dit : « quand quelqu’un te dépasse porte son sac ». L’argument de l’étranger qui sauve l’Angleterre est teintée de mauvaise foi. Quand on a assisté au « Miracle d’Istanbul » ou à la victoire de Manchester sur le Bayern en 1999 au Camp Nou, on ne peut pas retirer aux anglais leur mérite. D’autant plus que Di Stefano, Puskas, Raymond Kopa, Zidane, Figo, Roberto Carlos, Ronaldo, Cristiano Ronaldo, Gareth Bale, Marcelo, Modric, Varane, Casemiro… Cruyff, Ronaldinho, Messi, Suarez, Rakitic, Neymar, Daniel Alves etc. étaient des étrangers quand le Real Madrid et le FC Barcelone faisaient triompher l’Espagne. Les clubs ne sont pas des équipes nationales. C’est normal d’avoir des étrangers dans son équipe, surtout de nos jours. De nombreux clubs européens ont été créé par des allochtones, très souvent anglais d’ailleurs. On leur reproche le Brexit et on pointe du doigt leurs étrangers. Etrange !

Anfield Football Fans par anwo00 – Pixabay CC0

La réalité c’est qu’on ne peut pas être ouvert et fermé à la fois. Les anglais ne sont pas tous des saints, oui. Mais l’esprit qui règne chez eux… Cette atmosphère qui a fait la force de Liverpool, Tottenham, Arsenal et Chelsea, est la preuve que tu peux préserver ton identité en t’ouvrant aux autres. Brexit ou pas, ils démontrent que les valeurs passent avant les Euros. Ce n’est pas l’argent qui a conduit au sacre de la Premier League. C’est le respect des principes du sport. « Never Give Up » sur le t-shirt noir de Mo Salah, ils ont investi leurs millions sur des footballeurs qui ont de la personnalité. Le caractère, c’est ce qui fait un homme : un entraîneur. Où sont City, United et Paris et leurs billets verts ? Origi, Wijnaldum, Lucas ou Llorente, les joueurs qui ont été prépondérants dans la consécration anglaise n’ont pas coûté 400 Millions d’Euros. Loin de là… Si les Spurs ont réussi où le Real et la Juventus ont échoué. S’ils ont renversé l’Ajax (0-1 à l’aller, 2-3 au retour) à la Cruyff Arena, c’est qu’ils partagent la même opinion que les Lanciers (Surnom des joueurs de l’Ajax) :

« L’argent n’achète pas le cœur » (Frank Mc Court, président de l’Olympique de Marseille)

Lille : Le beau travail de Bielsa

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Le club emblématique de Leeds United est sur le point de remonter dans l’élite Anglaise. Une première depuis 2010, une « happy end » qui cependant attendra l’issue des barrages pour célébrer ce come-back. Les Peacocks (surnom des joueurs de Leeds) devront d’abord passer le Derby County de Frank Lampard avant de jouer une finale à Wembley contre Aston Villa ou West Bromwich Albion. Et de terminer cette histoire qui a débuté dans le nord de la France avec un  « fou »…

Le début de la fin

Pour la réception de Nîmes il y’a deux semaines, le Stade Pierre Mauroy a encore eu la chance d’accueillir José Mourinho. Le Special One vient une seconde fois assister à la prestation d’un groupe bourré de jeunes talents très prometteurs : une équipe sauvée de justesse l’année passée. Alors entraînés par l’argentin Marcelo Bielsa, les Dogues (surnom des joueurs de Lille) sombraient progressivement dans les limbes jusqu’à ce qu’un « petit homme vert débarque ». Ça n’a pas été un jeu, mais le Stéphanois a réussi à mettre chaque joueur à son poste : à redonner de l’allant aux nordiques. Les tactiques folles d’El Loco ont laissé des traces à tous les niveaux. Christophe Galtier :

« L’an dernier, j’ai passé mon temps à vous mentir (les médias) en affirmant après les matches, en conférence de presse, que ça allait le faire, quitte à passer par les barrages, que ça allait passer d’un millimètre. Mais lorsque je rentrais chez moi, je m’effondrais par terre en pleurs et je disais à mon épouse que je n’allais pas y arriver. Elle me répondait : « Tu ne peux pas me dire ça ». Le lendemain, j’allais au marché, place du Concert (près de son domicile lillois) et les gens me disaient : « Christophe, on compte sur vous ». Alors, tu continues à travailler, à chercher autre chose »

Des traces néfastes, souvent aussi écœurantes que ce mea-culpa de l’ancien coach de Saint-Étienne. Symbole du projet de la présidence de Gérard Lopez, « l’homme assis sur une glacière » a poussé (malgré lui) les supporters à la révolte avec ses résultats catastrophiques. Il est quasiment le « producteur » de ce chant « Ultra » triste. La Lilloise… : « Si on descend, on vous descend ! » Une ballade ponctuée sur une impasse, les joueurs pris à partie par « leurs » fans sur leur terrain. Le projet « LOSC Unlimited » de Luis Campos s’effrite. Le jeu flamboyant envisagé se transforme en cauchemar et le top 5 visé en rêve. Le club est menacé de relégation à titre conservatoire et interdit de recrutements. Atmosphère délétère qui s’achève finalement sur une querelle financière opposant le natif de Rosario à ses patrons. L’ancien entraîneur Marseillais :

« Lille est le pire souvenir de ma carrière. Pas à cause de la ville, des joueurs, des supporters ou des employés du club. Mon ego a été touché comme ce n’était encore jamais arrivé dans ma carrière. Ce n’est pas non plus à cause des résultats, suffisamment mauvais pour entamer l’estime que j’ai de moi-même, mais parce que j’ai été débarqué par les personnes qui m’avaient embauché alors que nous avions joué à peine 20 % des matches. »

Marcelo Bielsa par Рыбакова Елена – Wikipedia CC BY-SA 3.0

Naïvement vôtre

Eric Cantona déclara jadis : « Tout être différent, sortant de la norme, est considéré comme fou. » Une expression qui définit à ravir l’être Bielsa. Pendant que tous se cherchent une touche en cuir pour se projeter sur la pelouse, notre technicien n’arrête pas de se lancer des défis. Les écuries des divisions les plus prestigieuses du Vieux Continent qui aimeraient enrôler Bielsa sont certainement nombreuses… : et il choisit une division inférieure. Une option curieuse, l’amour pour le challenge. Une aventure flétrie par l’affaire du Spygate, sans véritables conséquences. MB a espionné les entraînements de ses adversaires en Championship, il a payé l’amende de sa poche (230.000 Euros). Preuve que le sélectionneur Chilien (2007 – 2010) veux bien être en Angleterre. « En mission » il est à Leeds comme il l’était à Lille.

Une mission impossible pour un type atypique. Un meneur qui a apporté au triple champion de France une pépinière de jeunes virtuoses. Footballeurs d’exception qui portent aujourd’hui la « médaille d’argent » de Ligue 1. Ramener les sextuples vainqueurs de la Coupe de France au sommet, Bielsa a réussi son pari. Même si ça ne se voit plus, il est à la base de ce collectif en puissance qui suscite les convoitises dans les plus hautes sphères du Ballon Rond. Mike Maignan, Thiago Mendes, Thiago Maia, Luis Araujo, Ballo Touré… on pense notamment à Nicolas Pépé, premier choix du manager des Whites (surnom des joueurs de Leeds) :

« J’ai eu de très bons rapports avec Bielsa, c’est un coach qui a une philosophie de jeu différente. Il m’a fait jouer avant-centre, mais c’est bien, car c’est cela qui m’a fait grandir mentalement. Quand on ne marque pas, on doute et ça vous forge le caractère. C’est un peu grâce à lui que j’ai appris la patience donc c’était une expérience positive. »

L’efficacité à la baguette

C’était donc un beau football sans expérience. Une débauche d’énergie qui laisse entrevoir un excellent fond de jeu sans réussite notoire. Ce style où on joue tout pour l’attaque en laissant de gros espaces dans le dos de la défense. Football total à moitié, attitude débonnaire qui prouve bien que pour mieux rajeunir il faut savoir vieillir. Apprendre à se laisser bercer par une voix autoritaire qui vous dicte la conduite à suivre. Cette voie là-même qui encadre vos acquis. Tel un fruit vert de jouvence, Lille avait besoin de mûrir. Pour se rendre agréable au roi des sports, le LOSC était dans l’obligation de s’attirer du « vécu ». Chose que Galtier a compris et idéalement appliqué. Les internationaux Portugais et Français, le défenseur central José Fonte et l’avant-centre Loïc Remy sont les principales clefs du succès des Lillois cette saison. Sans oublier Brice Samba, Jonathan Ikoné, Soumaré, Soumahoro ou Célik, on tire le chapeau à ces acteurs qui ont pérennisé le beau travail de Marcelo Bielsa, dit « le fou »…

Chess par Devanath – Pixabay CC0