Manchester United : « L’échec » de Mourinho…

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La chasse à l’homme est terminée… Mourinho viré de Manchester United, c’est donc désormais officiel. « Un nouveau manager intérimaire sera nommé jusqu’à la fin de la saison, pendant que le club procédera à un processus de recrutement approfondi pour un nouveau manager à temps plein ». « Maigrichon », « catastrophique », « bancal », « pas mal de dégâts », les éloges n’ont pas tardé à tomber pour qualifier le legs du « Happy One » à United. Les médias sur la toile rivalisent d’ingéniosité pour adouber la troisième virée britannique de cet entraîneur qui a gagné partout où il est passé. Difficile de trouver un article qui dit du mal du double champion d’Europe. C’est à peine s’ils ne le qualifient pas de « plus mauvais entraîneur de l’histoire de Manchester et de tous les temps ». Comment ne pas les suivre…

José Mourinho par Aleksandr Osipov – Image Flickr CC-BY-SA 2.0

Un bilan « négatif »

Arrivé en mai 2016, José Mourinho vient donc de perdre son poste de manager chez les Red Devils. C’est si dramatique pour lui qu’il va retrouver sa famille avec près de 25 millions d’euros d’indemnités dans les poches. Deux saisons et demi d’échecs,avec seulement trois trophées, dont un européen. Le portugais est donc le dernier à avoir remporté un tournoi européen avec une équipe anglaise depuis 2013 (face à l’Ajax après les attentats de Manchester en 2017, une victoire 2-0 qu’il avait dédiée aux habitants mancuniens). Mais comme le dit si gentiment Christophe Dugarry : « Old Trafford c’était le “Théâtre des Rêves”, là c’est le “Théâtre des Cauchemars” avec ce type. C’est un truc de fou. Ce qu’il n’a pas compris, c’est qu’on n’en a rien à foutre de ses titres, on veut juste des émotions et voir du beau football, ce qu’il est incapable de nous procurer. » Le ton est aussi clair que donné. Mou a de nouveaux patrons. Qu’il gagne ou qu’il perde, aucun d’eux ne l’aimera…

José Mourinho par Ronnie MacDonnald – Image Flickr CC-BY 2.0

Pelé a dit une fois : « celui qui pense que la victoire ne compte pas, ne gagnera jamais rien. » Mais ça ne veut rien dire, surtout venant du meilleur joueur de tous les temps. En cette saison 2016/2017, Mourinho a donc détruit Man U en remportant le Community Shield, la Coupe de la Ligue, l’Europa League et en terminant 6e du championnat. Un bilan décevant qui a permis à son équipe de revenir en Ligue des Champions et de jouer la Supercoupe d’Europe. Quels dommages !

Manchester United v Zorya Luhansk (1-0), Europa League, Old Trafford, Manchester, Greater Manchester, England, September 2016 par Ardfern – Wikimedia Commons CC-BY-SA

Ainsi la saison 2017/2018 débutera sur une mauvaise note. Un jeu ultra défensif « sans style » qui leur permettra de remporter trois de leurs huit premiers matchs 4-0 pour finir à la deuxième place à la fin du championnat avec 81 points, 25 victoires, 6 nuls et 7 défaites. Cette position sur le podium est la première depuis le départ de Ferguson. Quelle catastrophe !

José Mourinho par Ronnie MacDonald – Image Flickr CC-BY 2.0

Il faut le virer à tout prix. United court à sa perte… Il est passé de la 6e à la 2e place : la régression est palpable. Comment le nier ? Il a joué la finale de la FA Cup et il est sorti en Huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le FC Séville triple vainqueur de l’Europa League. Ce n’est pas normal ! Les sévillans vainqueurs du Liverpool de Klopp 3-1 en finale de ladite compétition en 2016, n’auraient pas dû l’éliminer. C’est une honte !

José Mourinho par Jaguar Mena – Image Flickr CC-BY 2.0

Ils font une erreur en le prolongeant. Cette saison 2018/2019 s’annonçait très difficile : elle le sera. Mourinho est viré dès la moitié de la saison. Son équipe est au fond du gouffre. 6e en championnat, elle est qualifiée pour les Huitièmes de finale derrière la Juve. La faible Juventus de Cristiano Ronaldo qu’elle a battue à Turin 1-2. Eliminé une seule fois lors de ses six dernières doubles confrontations contre des clubs français : c’était le moment idéal pour le virer. Manchester recevra Paris en Ligue des Champions dans le calme et la sérénité. Le timing est parfait.

José Mourinho par Ronnie MacDonald – Image Flickr CC-BY 2.0

Iznogood

Sous la coupole de José Mourinho, United a perdu toute sa superbe. « Trois » saisons moroses qui n’ont rien à voir avec les beaux débuts de Sir Alex. Les trois premières années de l’écossais furent inoubliables. 11e dès la première, 2e dès la seconde et 11e à la troisième, le tout sans trophées : la messe est dite. Le plus grand entraîneur de l’histoire de Manchester terminera 13e et 6e les saisons suivantes et restera 27 ans à son poste.

Surnommé « The Hair Dryer », son management fût simplement le meilleur. L’ancien buteur des Glasgow Rangers était même capable de blesser une de ses stars, David Beckham, à l’arcade sourcilière en lui lançant une godasse. Ou d’envoyer Wayne Rooney « jouer » dans les tribunes. Mettre Pogba sur le banc semble ainsi assez difficile à défendre comme méthode quand on voit tout ça. C’est grave ! Mourinho est allé vraiment trop loin dans la gestion de son vestiaire… Le technicien lusophone n’aurait pas dû retirer à « Saint » Paul ce brassard qu’il lui a donné. Un joueur qui tient tête à son coach devant ses coéquipiers et critique sa tactique est un capitaine de rêve pour tout manager… : un exemple à suivre et à encourager pour les jeunes joueurs.

José Mourinho par Joshjdss – Image Flickr CC-BY 2.0

Tapis rouge

Guardiola et City ont fini troisièmes de Premier League en 2017. Ils ont été éliminés en Huitièmes de finale de la Ligue des Champions par le géant Monaco cette même année, mais ce n’est pas grave. Klopp et Pocchetino n’ont toujours rien gagné avec Liverpool et Tottenham, mais qu’ils jouent bien ! Arsène Wenger a fait plus de dix ans sans être champion avec Arsenal, environ neuf sans le moindre titre, mais là n’est pas le problème. Le français est un gentleman et cette saison était la pire de l’histoire de Manchester United. Soutenir Mourinho serait considéré comme un crime contre l’humanité moderne. Quoiqu’on va néanmoins souhaiter bonne continuation au premier et unique entraîneur à avoir remporté trois titres dès sa première saison à Manchester…

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