Les deux dernières coupes d’Afrique (Gabon – Guinée équatoriale et Afrique du Sud) ont eu la particularité d’avoir survécu sans deux gros morceaux du football africain : le Cameroun (4 fois vainqueur) et l’Égypte (7 fois vainqueur). En analysant de près le début des éliminatoires de la prochaine CAN, on a envie de dire : à qui le tour ? Le Nigeria piétine mais les supers eagles aiment bien conclure à la fin. Il serait donc fort probable que malgré leur début catastrophique, ils défendent leur titre au Maroc, mais … A qui donc le tour ? Et si c’était le tour de la Côte d’Ivoire ?

Un favori pas comme les autres

Une fois vainqueur de la coupe d’Afrique – en 1992 au Sénégal –, la Côte d’Ivoire est devenue au début du 21e siècle – notamment avec l’arrivée de Drogba – le meilleur favori du football africain. Avec leur génération dite dorée, elle a toujours été considérée par les médias comme la meilleure équipe africaine mais l’est-elle effectivement ? L’a-t-elle vraiment été ? Durant huit années au sommet des pronostics les plus sûrs, les ivoiriens n’ont jamais rien gagné. De 2006 à 2014, malgré deux finales jouées, les pachydermes sont restés des figurants dans le groupe de la mort.

Aujourd’hui encore après avoir été éliminée au premier tour par une Grèce nettement inférieure à elle, la côte d’Ivoire repart aux éliminatoires sur les mêmes bases : vainqueur sur le papier et perdante sur la pelouse. Avec une victoire défaitiste face à une Sierra Leone en crise et une raclée à Yaoundé, les oranges restent égaux à eux-mêmes : favoris. A ce triste sort s’ajoute la perte de leur capitaine emblématique, le winning eleven Didier Drogba, dont la seule présence faisait trembler les filets. Yaya Touré aura du mal à porter ce brassard déjà très lourd après deux rencontres et remplacer Tito sur l’herbe et dans le cœur des ivoiriens. Pour les hommes d’Hervé Renard, troisièmes avec trois points, la RDC sera très difficile à jouer dans cet aller-retour crucial. Il est temps pour eux d’être des favoris qui gagnent.

 

Quatre ans après l’avoir quitté en quart de finale, le Cameroun est sur le point de retrouver cette coupe d’Afrique qui lui est si chère. Barrée tour à tour par le Sénégal en 2012 et le Cap-Vert en 2013, la sélection tricolore a le devoir de nous faire oublier leurs différentes débâcles internationales, aussi bien sur le continent qu’en dehors. Avec six points de pris sur six possibles, face à la RDC (0-2) et à la Côte d’Ivoire (4-1), les coéquipiers de Stéphane Mbia semblent bien partis pour le Maroc. Prendre six autres – précieux – points dans cette double confrontation avec la Sierra-Léone, le petit poucet du groupe, ne devrait leurs pas causer de problèmes.

Un contexte favorable

A la suite du mondial camerounais au Brésil les carottes semblaient cuites. Les prestations comportementales et sportives de Samuel et les autres faisaient – à juste titre – de nos lions des bonnets d’ânes. C’était sans compter sur la portée négative de cet accident prémédité du ndamba (1) en terre camerounaise. En 2010 la pilule était passée mais après Manaus, ils ont tous été chassés. Le Cameroun a été exorcisé et a pu repartir à zéro. Le drapeau est reparti dans les bras de Wolke Finke et Stéphane Mbia est nommé capitaine au nez et à la barbe de l’ancien vice-capitaine Nicolas Nkoulou. Il sera respectivement secondé dans son action par Vincent Aboubakar et Eric Maxime Choupo-Moting. Le Cameroun gagne donc une nouvelle ère et les premiers résultats sont très prometteurs : six buts marqués et un encaissé en deux matches : il y’a de quoi s’enflammer.

Une équipe jeune en forme et puissance

Beaucoup pensaient qu’après la génération Eto’o, le Cameroun aurait du mal à trouver le chemin des filets. C’est vrai, au vu de ses statistiques historiques et stratosphériques, qu’il sera dur de l’oublier mais il faut savoir déjà que personne n’est éternel, personne n’est irremplaçable (surtout quand on n’est pas irréprochable). S’il a remplacé, il sera remplacé. C’est certainement vrai que la vitesse avec laquelle ils ont été remplacés est inhabituelle pour la science du football. Mais il est plus certainement vrai encore que le football camerounais est pétri de talents. Il est odieusement vrai que la gérontocratie était plus qu’en vigueur dans les vestiaires des lions depuis au moins quatre ans. Les jeunes étaient sélectionnés et systématiquement ignorés. On voit avec ce nouvel état d’esprit qu’ils ont tort de tuer la jeunesse, qu’ils ont eu tort de nous priver du « président » Clinton Njié. Auprès d’une telle forme, le fond ne saurait être un obstacle surtout que derrière le fiasco brésilien, les crinières, les têtes fortes de la tanière (Mbia, Nkoulou, Choupo-Moting, Matip, Njié, Aboubakar) semblent avoir retrouvé le poil de la bête. Rendez-vous les 11 et 15 octobre pour la conclusion.

Liste des joueurs convoqués:

I- GARDIENS

NDY ASSEMBE FC Nancy
ABOGO Pierre Sylvain Tonnerre de Yaoundé
ONDOUA Joseph Fabrice FC Barcelona

II- DEFENSEURS

DJEUGOU Cédric – Coton Sport de Garoua
GUIHOTA Jérôme – FC Valenciennes
NLATE EKONGOLO Brice – O. Marseille
NKOULOU Nicolas – O. Marseille
BANA MOUSSA – Coton Sport de Garoua
BAGNACK Frank – FC Barcelona
OYONGO BITOLO Ambroise – New York Red Bulls
Bedimo Henri

III- MILIEUX:

ENOW EYONG –
MBIA Stéphane –
LOE Raoul Cédric – C.A Osasuna
SALLI Edgar – A.S Monaco
ZOCK Guy Christian – Cosmo de Bafia
MANDJECK Georges – Kayseri Erciyesspor
KOM Franck – Etoile Sportive du Sahel

KIBONG à MBAMBA Marc – Konyarspor

IV- Attaquants

CHOUPO-MOTING Eric – Schalke 04
MOUKANDJO Benjamin – Stade Reims
ABOUBAKAR Vincent FC – Lorient/Porto
KWEUKE Léonard – Caykur Rizespor
N’JIE Clinton – O. Lyon
ETOUNDI Franck – FC Zurich

NB : Matip sera le grand absent

1 ballon dans le langage urbain camerounais